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Full text of "Dictionnaire Etymologique De La Langue Latine, Ernout - Meillet"

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DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 
DELA 

LANGUE LATINE 


DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

DE LA 

LANGUE LATINE 

HISTOIRE DES MOTS 

PAR 

t Alfred ERNOUT et t Alfred MEILLET 

Membre de l’Institut Membre de l’Institut 

retirage de la 4 e édition augmentée d’additions et de corrections 
par Jacques ANDRÉ 


Paris 

Klincksieck 

2001 


première édition : 1932 
2 e édition : 1939 
3 e édition : 1951 
4 e édition : 1959 
révision : 1985 


retirage de la 4° édition, nouveau format 
© Librairie C. Küncksieck et Cie, 20U1 
ISBN 2-252-03359-2 


AVERTISSEMENT 


On s’est proposé de présenter ici un exposé historique du vocabulaire latin. 

Les deux auteurs du livre se sont partagé la tâche de manière inégale. 

M. A. Emout a traité de ce que l’on peut connaître par l’étude des textes. C’est lui qui est res- 
ponsable de tout ce qui est enseigné sur le développement du vocabulaire latin depuis les plus anciens 
monuments jusqu’au début de l’époque romane. 

M. A. Meillet s’est chargé de la partie préhistorique. Il est seul responsable de ce qui est enseigné 
sur le développement du vocabulaire latin entre l’indo-européen commun et les premiers témoignages 
ayant un caractère historique. 

Néanmoins, il a semblé inutile et incommode de marquer, dans chaque article, la part qui a été 
traitée par l’un ou par l’autre des deux auteurs : l’histoire d’une langue est chose continue, et le 
fait que, pour l’étudier, on doit recourir à deux méthodes, la méthode comparative et l’étude philo- 
logique des textes, n’oblige pas à diviser l’exposé en deux parties séparées. 

Dans chaque article, on trouvera, d’abord, l’état des choses à l’époque historique du latin, exposé 
par M. Emout, puis, là où il y a lieu, des indications, par M. Meillet, sur l’histoire du mot avant les 
premières données des textes. 

A. E. et A. M. 

Le lecteur sera déçu par la partie d’étymologie préhistorique de ce livre : il n’y trouvera ni 
toutes les étymologies, même possibles, qui ont été proposées, ni aucune étymologie neuve. 

Dans une langue comme le latin, il faut envisager, d’une part, des mots indo-européens ou faits 
avec des éléments indo-européens, de l’autre, des mots empruntés. 

On a estimé qu’une étymologie indo-européenne n’était utile que si le rapprochement proposé 
avec d’autres langues de la famille était ou certain ou du moins très probable. Tous les rapproche- 
ments qui ne sont que possibles ont été, de propos délibéré, passés sous silence. En l’état actuel du 
travail, il importe avant tout de déblayer la recherche des hypothèses vaiùes qui l’encombrent. 

Depuis plus d’un siècle que les savants les plus pénétrants et les mieux armés travaillent à rap- 
procher les mots latins de ceux des autres langues indo-européennes, il est probable que toutes les 
étymologies évidentes ont été proposées. Il convenait donc de ne pas essayer d’en proposer ici de 
nouvelles ; si l’on croyait en avoir trouvé une, il faudrait l’entourer de considérations de détail dont 
la place n’est .pas dans un livre destiné à résumer avec critique les résultats acquis. 

Comme on n’a retenu ici que des rapprochements qu’on croyait certains ou, du moins, haute- 
ment probables, il était superflu de faire l’historique des étymologies ou de donner des renvois biblick 
graphiques. Pour cela, on renvoie une fois pour toutes au Lateinisches etymologisches Wôrterbuch 
d’A. Walde, dont M. J. B. Hofmann publie maintenant une troisième édition améliorée à tous égards 
et a fait un livre nouveau — le présent ouvrage ne se propose pas de le remplacer — , et aussi à YAÜ- 
italisches Wôrterbuch de M. Fr. Muller. Redonner ici cette bibliographie serait faire un double emploi. 

Un rapprochement qui n’est que possible ne saurait servir à faire l’histoire d’un mot. Les voca- 
bulaires des langues indo-européennes sont divers ; les altérations phonétiques ont eu pour consé- 
quence que beaucoup de phonèmes de la plupart des langues admettent plusieurs origines, et parfois 
huit ou dix origines distinctes, ainsi /- initial en latin ; les procédés de formation des mots sont mul- 


VIII 


tipleB; les sens sont flexibles. Ceci posé, c’est merveifle £ en* 

*■ •*- - ““' °“ - 

que les étymologistes perdent P arf ™<* e ™ e , haut aUema „d et pdf» du védique satisfait, 

Si le rapprochement de pecu ave fi , t ^ ce po i n t pour la forme, le genre, la 

c’est qu’U ne saurait être indo-européen. Si l’on n’a fait que 

structure et l’emploi ; ils cont,nu ^ d ° gkr . dkdnvat i « U court, ü coule rapidement », c est 

mentionner le rapprochement do la e0nc0 rdance ne s’étend pas au delà de la 

mie /- initial du latin admet des origines multiples fl , m ême ag men tionné le 

mie, et que la ressemblance de » : 

rapprochement de gruô dans con Z ru0 ' J’ avec ra5j e t que le gr. -XP® 4 " est lom de toutes 

puie pas l’idée que con-gruô et m-gruo a,e " 1 ™ f ,, on gig ^ alant nombre d’étymologies qui 

** *« ■■>«»“• " 

fpntatiori d’y en insérer aucun. 

Du reste, peu des mots qui ont chance d’être d’origine indo-européenne restent sans une étymo- 
10g,e pl"'tous les verbes radicaux, les " 

corps et des principales notions de paren , P nature llement, les pronoms personnels, 

tiels comme nouus, netus, pruscus, l ““f" ’ . ’ reconnaissent aisément pour indo-européens, 

les démonstratifs, les interrogatifs et mdéfmis évide nt, il ne suffit pas de signaler quelques 

Pour tous ces mots dont le caractère ^^^^"‘llldo-européens que le latin a conser- 
correspondances. 11 S’agit non i de simp cs_mci ^ . Qn , a gtructur e et la valeur. Ce n’est pas 

vés, et dont on peut et 1 on doit dé # racine » indo-européenne, 

donner une étymologie que de rattacher un mo , ^ ^ de gkr bhdr âmi, etc. Il faut mar- 

H ne suffît pas dé dire que lat . ferô est a app et la flexion athématique : ferô 

quer que la racine *bher- admettait à l^foia a e *'°" ^ , 6fter _ avait dog f or mes monosyllabiques 

et ferl s’expliquent également. Il autsp lier qu et , e d i„ gy ii a be radical de fcnculum, 

et des formes dissyllabiques : le monosyllabe rad 4 ^ indiquait un procès qm se 

ïof-Veru-mentaïont indo-européens 1 un et T • ’ aoriste ni parfait, et l’on comprend 

poursuit sans terme défini ; elle ne fournissait en mdo^Jn ^ P logie ée]aire 

Lsi pourquoi le latin a complété par * ? remploi un détaü inexpliqué, 

la foiroe et l’emploi du mot, e tant quü reste d«s laformee ^ ^ ^ 

iztü s. Srrü ïtfS * - *■ ^ ^ a - - *“■ prt “ 

de ce genre qui donnent à l’étymologie une réalité. d , origine indo-européenne. Tel mot est 

Il ne faut pas se contenter de l°2s, ainsi le mot que continue lat. 

indo-européen commun, et représenté celiioue d’une part, en indo-iranien, de 1 autre, 

poter. Mais tel autre ne se trouve qu en italique ^ t ’ des extrémités du domaine indo-euro- 

ainsi crsdê ou res, 1er, dans deux des langue» qm occupât é geu]ement par des 

péen : ici, l’on est en présence d’un vocab * fl* * *’P a ™ daM h 

groupes détachés de bonne heure du gros de la nat rencontre que dans une partie du do- 

tie* centrale du domaine. Tel autre, porcus par exemple, ne se rencontre que 


. 


IX — 


maine indo-européen qui, pour les termes de civilisation, présente nombre de coïncidences particu- 
lières : il y a une part du vocabulaire latin qui ne trouve de mots apparentés que dans une région 
qui va du slave au celtique et à l’italique. Pour faire l’étymologie d’un mot, il est nécessaire de déter- 
miner l’aire où l’on rencontre des correspondants. 

Tous les mots ne sont pas à un même niveau ; il y a des mots « nobles » et des mots « roturiers ». 
Les mots qui désignaient les idées les plus générales, comme morï et uiuere , les actes essentiels, esse 
et bibere, les relations de famille, pater, mater , /rater, les principaux animaux domestiques, equus , 
ouis , süs , l’habitation de la famille qui était l’unité principale, domus et fores, etc., représentent le 
vocabulaire de l’aristocratie indo-européenne qui s’est étendu à tout le domaine ; ces mots désignent 
des notions ; ils n’ont pas de valeur affective, et ils ont un minimum de valeur concrète : bôs, ouis , 
süs s’appliquent à la fois au mâle et à là femelle ; ce sont des termes qui indiquent des biens, non des 
termes d’éleveurs ; de même, domus et forés évoquent l’habitation du chef, non une construction 
matérielle. La valeur abstraite des mots, liée au caractère aristocratique de la langue, est un trait 
essentiel du vocabulaire indo-européen. Mais il y avait aussi des mots de caractère « populaire », 
reconnaissables à beaucoup de traits, vocalisme radical d, gémination de consonnes intérieures, etc. ; 
ces mots ont souvent une valeur affective, souvent un caractère technique. La plupart du temps, 
au moins sous les formes qu’ils ont en latin, les mots de ce genre n’ont de correspondants que dans 
peu de langues ; beaucoup n’en ont pas. Le vocabulaire « populaire » est aussi instable que le voca- 
bulaire aristocratique est permanent. Des noms de parties du corps comme lingua , ôs, lièn attestent 
la variabilité de forme des termes « populaires ». Dans la mesure où des étymologies ont été admises, 
on s’est donc attaché à marquer le caractère des mots considérés. 

En somme, on s’est efforcé de ne pas se borner à des comparaisons brutes et de mettre derrière 
chaque rapprochement avec d’autres langues indo-européennes des réalités, les unes de caractère 
morphologique, d’autres de caractère sémantique, d’autres de caractère social. L’objet de ce diction- 
naire est d’éclairer les mots tels qu’ils ont été employés depuis l’indo-européen jusqu’au latin, et non 
de se borner à une dissection linguistique. 

On a essayé aussi de faire apparaître que, là même où un mot latin continue exactement un 
mot indo-européen, il a pu changer entièrement de nature. Pour le sens, il y a moins loin de fr. voix 
à lat. uôx qu’il n’y a de lat. uôx à son original indo-européen. Tout en laissant penser à uocâre , le 
mot uôx est isolé en latin, tandis que le « thème » indo-européen qu’il représente était la forme nomi- 
nale d’une racine indo-européenne ; et uôx indique la « voix » telle que l’entend un moderne, tandis 
que le mot indo-européen désignait une force ayant une valeur religieuse, encore bien sensible dans 
le vâk védique, et même dans les emplois homériques de 6mx. (à l’accusatif) et du dérivé êcraa. Entre 
l’époque indo-européenne et l’époque romaine, tous les noms d’action ont changé de valeur parce que 
les conceptions ont changé. 

Mais il n’y a aucune langue indo-européenne dont le vocabulaire soit tout entier d’origine indo- 
européenne, comme la morphologie l’est entièrement. Les petits groupes de chefs qui ont étendu leur 
domination du centre de l’Asie à l’océan Atlantique, de la presqu’île Scandinave à la Méditerranée 
ont trouvé dans les pays qu’ils occupaient des civilisations qui, au moins au point de vue matériel, 
étaient souvent plus avancées que la leur, et des objets qui n’avaient pas de nom dans leur langue. 
Tous ont donc « emprunté » des mots. 

Or, dans aucune langue indo-européenne, on ne peut discerner au juste quelle est la part des 
emprunts. Il va de soi que le fait, pour un motj de n’avoir pas de correspondant clair dans une autre 
langue de la famille n’apporte même pas une présomption en faveur de l’emprunt : si, pour faire 
l’étymologie de fr. rien , on n’avait que des rapprochements avec d’autres langues romanes, rien 
n’indiquerait le caractère latin du mot ; c’est seulement le témoignage du latin ancien rem qui aver- 


— x — 


D’autre part, on ignore presque toujours qu ü on leg observe à l’époque historique. 

contrés au cours de leurs déplacements et s^ le temto , 8 indo-européennes une part 

-ttkîs: r *sr- — «- - 

Les verbes s’empruntent peu, et les verbes radicaux ont chanc ^ ^ ^ ou rumpô 

rr £ “ ^0^ 0^ 

pas que ces verbes doivent être d’origme mdo-européenn^ saISs 8e reconnaît pour 

Lhrit^r - - - 

indo-européens par leur sens autant q»< ! des marc bandises, des plantes cultivées, 

Au contraire, les substantifs qui dés.gnent de o t d'étymologie mdo-euro- 

ont les plus grandes chances d’être empruntés ^ ^ ne P^ P ? ^ Mum s'explique 

péenne 'que dans les cas où la formation d un^manière é ^ ^ ^ ^ 

trop aisément comme un nom d instrument en * , J ot ait été inséré par « étymologie 

emprunt. Encore, dans les cas de ce genw, est-il p q origina irement : le fait qu’un mot s ex- 
populaire » dans une famille à laquelle il n app a8 un emprunt, 

plique dans la famille où U figure ne prouve donc pas ^ _ V > * n’ait pas subi 

P inversement, le fait qu’un mot est ancien dans * **££ P Mais c >‘ 8t sans doute à l’imita- 
d’influences étrangères. Le fr .on représente J — t, ■ sa vaJeur indéfinie ; le parallélisme 

tien des emplois germaniques du «om de 1 « homme » £ plusieur8 sièc ies, du vi« auix«, 

de fr. on et de ail. man n’est pas accidentel. il Leu J Dans ]e8 anciennes langues indo- 

U y a eu en France des sujets parlant a la fois latin et germ 4 fl de ce tte sorte, 

européennes, on ne peut, faute de ou reconnaître ou du moins entrevoir. 

Une part des emprunts du latin a d autres a gu ^ de8 langues plus ou moins 

Certains emprunts sont faciles à établir parce qu 1 d grandes conséquences, a laissé j 

L’invasion d„ <M*k, vt . .1^ XXn ta. d» indigin. 

» Rome quelques mot. imporUnt. : le ■?” au Mb d» terme, d. eivilimtion, « 
Dès avant les plus anciens textes^ le grec a comme olïua oleum ; et depuis le latin 

partie populaires, comme machina, m&(ft)iraor ou ^ ’ devenus’ plus rares, les emprunts 

n’a cessé d’emprunter an grec. Quand les «^^^Xque de la rhétorique, comme «p«- 
à la langue du christianisme sont intervenus . qu un te _ * fourni des mots français aussi cou- 
rt. «X grâce à l’Évangile, devenu un £*%£££££% extension du vocabulaim latin, 
rants que parole, parler, en dit long 6lir e informé lè latin a emprunté à des idiomes 

MA .■». A l««r ” >' Xtatin moî — r» « *«—>• *»»*“ à 

dont le vocabulaire est inconnu, ou peu nrimual indo-européen, et aucune forme du groupe 

f «ov ; mais les deux mots ne représentent pas ^ . ant à J B emprun té, directement ou indi- 

de gr. J4*o * ne rend compte de lat. rosa. Le grec surprenant : les colons 

rectement, à un même vocabulaire, sur lequel on ne sait rien. Et ce n es p 


XI 


de langue indo-européenne qui se sont établis dans la région méditerranéenne y ont trouvé des civi- 
lisations matérielles particulièrement avancées. Or, du vocabulaire de oes civilisations, on ignore 
presque tout. Il n’en est pas moins sûr que le vocabulaire grec et le vocabulaire latin lui doivent 
beaucoup. 

Si le latin a emprunté l’alpbabet grec, c’est par voie étrusque. On voit assez par là que l’action 
du vocabulaire étrusque sur le vocabulaire latin doit avoir été grande. Sans doute est-ce par l’Étru- 
rie que des mots de la civilisation méditerranéenne ont, pour la plus large part, pénétré à Rome. 
Des détails avertissent que même certains mots grecs sont venus au latin par un intermédiaire 
étrusque : sporta remonte à gr. «nroplç « corbeille », acc. sg. owuptëa ; le -t- latin au lieu du d attendu 
établit le passage par l’étrusque. Grâce au hasard qui a fait trouver un monument étrusque où le 
mot persil est écrit à côté d’un masque de théâtre, ou aperçoit que lat. persôna est d’origine étrusque. 
M. Emout a montré, dans le Bulletin de la Société de linguistique , XXX, p. 82 et suiv., combien de 
mots latins sont suspects d’avoir été pris à l’étrusque. Mais présomption n’est pas preuve. Comme le 
vocabulaire technique de l’étrusque n’est guère connu et que ce sont des termes plus ou moins tech- 
niques que le latin a reçus de l’étrusque, la part à faire à l’élément étrusque dans le vocabulaire latin 
n’est pas déterminable. 

Ce qui achève de rendre malaisée à préciser la part des emprunts dans le vocabulaire latin, c’est 
que les origines de Rome sont complexes. Rome est un lieu de passage, et a dû au fait qu’elle tenait 
le pont par lequel l’Italie du Nord communique avec l’Italie du Sud beaucoup de sa grandeur. Il y 
a, dans le vocabulaire latin, des formes qui manifestent la diversité de ces origines : ni l’ô de rôbus 
ni 1’/ de rüfus ne s’expliquent par les règles de la phonétique romaine. Et, à Rome, le b de bôs ne 
s’expliquerait pas, non plus que le Z de oie 5. 

En somme, rien ne serait plus vain que de vouloir expliquer tout le vocabulaire « latin » par la 
tradition indo-européenne et par les formes normales du latin de Rome. En particulier, parmi les 
termes techniques et dans les mots « populaires », la plus grande partie est d’origine inconnue ou mal 
connue. Il y a donc, dans ce dictionnaire, beaucoup de mots sur l’origine desquels rien n’est enseigné. 
Mais, pour la plupart, ce sont de ces termes dont seule l’histoire des techniques et du commerce 
permettrait de connaître le passé, ou des mots « populaires ». La plus grande partie du vocabulaire 
général a une étymologie, et c’est surtout cette étymologie qu’on a essayé d’exposer ici avec l’exac- 
titude que comportent les études déjà faites. 

Les recherches précises sur l’histoire du vocabulaire sont à leurs débuts. On en est à poser les 
problèmes plus qu’à donner les solutions. Les quelques cas où Ton a pu fournir des explications 
complexes et précisés, donnent une idée de ce qu’il reste à faire pour éclairer l’histoire du vocabulaire 
latin. Le présent dictionnaire aurait manqué son but s’il donnait l’impression que l’étymologie du 
latin est achevée et s’il ne faisait pas sentir qu’il y a encore un grand travail à exécuter. 

A. Meillet. . 

En rédigeant la partie proprement latine de ce dictionnaire étymologique, on s’est efforcé de 
fixer avec autant de précision que possible le sens de chaque mot, de montrer les valeurs anciennes 
qu’il a conservées, et qui reflètent avec une fidélité plus ou moins grande la mentalité indo-euro- 
péenne, comme de faire apparaître aussi les développements et les acquisitions propres au latin, qui 
révèlent un changement dans les modes de vivre, de penser et de sentir. 

Le vocabulaire d’une langue est composite : à côté d’un fonds ancien de termes généraux dont 
la fixité n’est pas, du reste, immuable, il comporte une grande part d’éléments spéciaux et chan- 
geants, de toute provenance, créés à mesure qu’il faut exprimer des concepts ou des objets nouveaux. 
De ceB mots, souvent techniques, savants ou vulgaires, les origines sont diverses : formations analo- 
giques, créations par composition ou dérivation, emprunts, calques sémantiques, spécialisation ou 


— XII 


G n&<nale ou inversement. 

ï= ESHI:£= î=i: 
ilb=£Ka=: 

documents ècrns ru v tf tTllrie a per du son mdependance, et les i m h , erg empr unts 

wMMm§^S. 

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.Z d. distanc*, « P—»* ^.3^“-^* F**>» J “* .* ‘“f«Ï 

:3E-ï^^ 


XIII 


son apparition jusqu’à sa mort ou à sa survivance dans les langues romanes. On a noté les valeurs 
anciennes qu’il a gardées, les développements de sens qu’il a pu présenter au cours de son existence, 
la vitalité dont il a fait preuve, les dérivés et les composés qu’il a servi à former, en marquant briè- 
vement les relations sémantiques des membres du groupe, les rapports qui peuvent l’unir à d’autres 
groupes, et comment certains se pénètrent et se complètent l’un l’autre. On a indiqué aussi la « cou- 
leur » du mot, noble ou familier, savant ou populaire, et le degré de fréquence dans l’emploi. Bref, 
au lieu de se borner à une définition schématique, on s’est efforcé de faire apparaître les faits dans 
la complexité de leur développement. Il se peut que le livre puisse ainsi rendre service non seulement 
aux linguistes, mais aux latinistes tout simplement. Du reste, tous les problèmes n’ont pu être posés ; 
et ceux qui ont pu l’être n’ont pas tous reçu de solution. Peut-être, en tout cas, ce livre éveillera-t-il 
l’attention sur des études qui ne font que naître, et, comme il met en lumière la nouveauté de pareilles 
questions, attirera-t-il sur ce terrain des chercheurs pour l’explorer. 

A. Ernotjt. 

Plusieurs personnes amies ont reçu communication d’une épreuve de ce dictionnaire et ont 
fourni des observations grâce auxquelles des fautes graves ont été effacées et des compléments no- 
tables ont été apportés : MM. E. Benveniste, Jules Bloch, Oscar Bloch, Max Niedermann, J. Ven- 
dryes. Bien entendu, ces Messieurs n’ont pas visé à corriger les épreuves ; les auteurs sont seuls res- 
ponsables de toutes les fautes qui subsistent, chacun pour leur part de rédaction. Mais nous devons 
trop à ceux qui ont bien voulu accepter de nous aider et de nous critiquer pour ne pas leur exprimer 
notre reconnaissance, et pour ne pas prier le lecteur de leur savoir aussi gré d’une part au moins de 
ce qu’ils pourront trouver d’utile dans notre livre. 

A. E. et A. M. 




préface de la deuxième édition 

Des deux auteurs de ce dictionnaire, un seul a pu avait rédigée. Mais 

- 

n ’° nt d^rdoie de r étymologie ^eTdu Ima 

"S des omi8sioM " vo ' 

depu^ m ! 

desTritiques publiques été négligé pour rendre le DrcUonmure 

tous les lecteurs. 


préface de la troisième édition 


Cette troisième édition, entièrement recomposée, a bénéficié des recherches personnelles que 
l’auteur a poursuivies dans ces dix dernières années sur l’origine et l’histoire du vocabulaire latin ; 
elle a profité aussi des corrections, des suggestions et des critiques qu’on a bien voulu lui adresser. 

Il a, naturellement, été tenu compte des fascicules parus depuis 1939 du Thésaurus Linguae 
Latinae et du Laieinisches etymologisches Wôrterhuch de Walde-Hofmann, qui va maintenant jusqu’à 
la lettre p (il s’arrête au mot praeda). L’information de M. J. B. Hofmann est toujours abondante et 
sûre ; et les listes de formes latines qu’il donne permettent de suppléer aux lacunes du Thésaurus. 
Le nombre des mots étudiés et cités, notamment des dérivés et composés, a pu être ainsi passable- 
ment augmenté, les dates d’apparition plus d’une fois rectifiées. 


Pour répondre à un désir souvent exprimé, j’ai indiqué les emprunts faits au latin par les langues 
celtiques et les langues germaniques. La substance de ces indications m’a été fournie par les travaux 
de J. Loth, J. Yendryes, H. Pedersen pour le celtique, de F. Kluge pour le germanique. Pour le cel- 
tique, j’ai signalé les mots empruntés par la langue de l’Église, bien qu’il s’agisse là d’emprunts 
savants et, à vrai dire, de transcriptions plutôt que d’emprunts : le lecteur n’aura, du reste, pas de 
peine à les reconnaître. Le témoignage des langues romanes à été revu et complété. 

J’ai fait figurer aussi, sur le conseil de M. Niedermann, un plus grand nombre de mots grecs. 
Ici, le départ est souvent difficile à faire entre ce qui est emprunt véritable et simple transcription. 
J’ai accueilli les termes les plus courants introduits par l’Église chrétienne, et aussi d’autres termes 
techniques (scientifiques, médicaux, etc.), qui, par les dérivés de forme latine qu’ils ont fournis, par 
les déformations phonétiques ou morphologiques qu’ils présentent, par les changements de sens, ou 
enfin par leur survie dans les langues romanes, attestent qu’ils ont véritablement pénétré dans le 
latin. L’étude des mots grecs en latin n’a pas encore été faite de façon satisfaisante : je souhaite que 
les trop brèves et trop rares indications de ce Dictionnaire engagent quelque philologue jeune et 
courageux à reprendre le travail. 

J’ai peu touché à la partie étymologique, estimant que l’œuvre de Meillet résiste à l’épreuve du 
temps. J’ai ajouté pourtant quelques formes hittites, que Meillet; n’avait pu connaître, et qui m’ont 
été obligeamment communiquées par M. Laroche, de Strasbourg. 

Le sens de certains mots (notamment de noms de plantes ou de poissons) a pu être précisé ou 
corrigé, souvent grâce aux travaux du chanoine P. Fournier et de MM. André et de Saint-Denis. 
Enfin, chaque article a été l’objet d’une révision minutieuse. Certains ont été remaniés partiellement, 
d’autres entièrement récrits ; les renvois d’un article à l’autre, permettant de confronter et de grou- 
per des formations semblables, sont devenus plus nombreux ; et, dans ce domaine, M. Minard, pro- 
fesseur à la Faculté des Lettres de Lyon, m’a apporté une aide précieuse. Bref, il n’est pas de page, 
ou à peu près, qui ne présente un changement et, je l’espère, une amélioration. 



préface de la quatrième édition 


Vmm» W> P» D 

on du texte sur deux -colonnes par ,, œil étant mo ins fatigué par la longueur des hgne 

icilité de lecture et de consultatio p g 7 nombreux des occasions de se reposer. 
t>“ V- to. W bto» « W ««»»“ J d. n,«dm .cto T« **. ““Æ 
Mais la révision du texte lui-meme n a digtin ce qui est emprunt ventable 

, nassé dans la langue commune de ce qui es P _ là encore , Je départ est malaise entre 

ormes mal attestés, de date tardive et de iflcielle d - un VOC able « barbare » ; m’adressant 
es meta proprement latins et ce qm est “ ™ nombre, d’après O. Blocb-von Warf 

lurtout à un public de langue française^ 1 “ ‘JJ obscurcifpar des changements de forme ou de sens. 
>urg, les mots français dont l’ongme latine a ^bscmc P ^ ■ A . Maillet restent tou- 

l’ ai très peu modifié la partie étymologique , les étymo ■ peu qu > U eût acceptées, 

ol values, et, de celles qu’on a propos depms S a mort convainC re, de consulter les 

!n raison de leur caractère incertain la partie latine a subi de nombreux 

comptes rendus donnés chaque année par GMta. A ^ par leur orig i n e, se rattachaient a 
remaniements: J’ai consacré des notmes spécml restrictions P ou développements de sens s en 

une même famille, mais qui, par des ^ P "Srum crlmcn, ont été disjoints de cerna, exerceo de 
étaient fortement éloignés (par ont été entièrement récrits (par ex. 

arceô, exiguus de agô, êduco Ae data) . «J foeduSi flâuos, fucus , gains,, 

dêcrepilus, déliais, farfara, fascm , ^ concernant la forme ou le fond : c est ain q , 

D’autres articles ont reçu des corrections de detaü, ^ Homonymies radic ales en indo-europeen 
pour domô et domus, j’ai utilise 1 Jj * v 14 . 4 1. Le sens des mots osco-ombriens a 

que M. Benveniste a publiée dans le BSL, t. L1 (19te) P ]ement admi8 es devaient etre mo- 
le contrôlé, et il est apparu que Fla S giûi BO us flagrà). A comparer cette non- 

r “ r 

autant que possible. , » nn * aid 4 à corriger certaines fautes d agréer 

Je prie toutes les personnes qui, par leurs cn M u - ont particulièrement à M. J. André, 

l’expression de ma sincère reconnaissance. Mes ^erciem P de ^ tâche ingrate 

quil bien voulu m’assister dans et s e^ ^ ^ formes otites 

avec un soin méritoire; à M Laroche scientifique a contribué pour une 

jeune, de notre très vive gratitude. 


Pari», janvier 1959. 


INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES 


Outre le Dictionnaire étymologique latin de Bréal et Bailly, cité en abrégé par les lettres B. B. (Paris, Hachette, 
1885), dont le détail est vieilli, mais la tendance excellente, il faut utiliser : 

A. Walde, Lateinisches etymologisches Wôrterbuch , dont la 3 e édition, entièrement refondue par les soins de 
J, B. Hofmann, est maintenant terminée : Heidelberg (Winter), 1930-1956. Ouvrage fondamental, à la fois précis et 
nourri, où le lecteur trouvera tout ce qu’il peut y avoir d’utile dans la bibliographie du sujet, et auquel on renvoie une 
fois pour toutes à ce point de vue. Abrégé en W. H. 

Fr. Muller, Aüitalisches Wôrterbuch , Gôttingen (Vandenhoeck u. Ruprccht), 1926. Livre personnel et qui fait 
toujours réfléchir. 

Le Thésaurus linguae latinac n’a pas besoin d’être rappelé ; il a pu être utilisé pour les lettres A , B, C, D, E, F, 
G, D, et partiellement pour J, M, dont la publication est en cours. Notices étymologiques très brèves de R. Thur- 
neysen, puis de J. B. Hofmann. Pour suppléer à la partie manquante, on peut consulter : 

Alexander Souter, A Glossary of later Latin , to 600 a. d., Oxford, 1949, et pour le vocabulaire chrétien : Albert 
Blaise, Dictionnaire latin-français des auteurs chrétiens , Strasbourg, 1954. 

Pour les termes de botanique : Jacques André, Lexique des termes de botanique en latin, Paris (Klincksieck), 1956. 

De plus, il y a maintenant un livre général (publié après la mort de l’auteür) : A. Walde, Vergleichendes Wôr- 
terbuch der indogermanischen Sprachen, herausgegeben von Poxorny, Berlin (W. de Gruyter), 1927-1931 (2® éd. en 
cours de publication). 

Beaucoup de faits sont réunis dans l’ouvrage de G. D. Bucx, A Dictionary of Sélected Synonyme in the Principal 
Indo-European Lan g nages, The University of Chicago Press, 1949. 

Pour s’orienter d’une manière générale sur les faits latins, voir : 

M. Niedermann, Phonétique historique du latin (une 3® édition, très augmentée et améliorée, a paru, Paris (Klinck- 
sieck), 1953, et A. Ernout, Morphologie historique du latin , Paris (Klincksieck), 3® éd. revue et corrigée, 1953. 

A. Ernout et F. Thomas, Syntaxe latine , Paris (Klincksieck), 2® éd., 1953. 

A. Meillet et J. Vendryes, Traité de grammaire comparée des langues classiques , 2® éd., Paris (Champion), 1948. 

W. M. Lïndsay-H. Nohl, Die lateinische Sprache , Leipzig (S. Hirzel), 1897. 

F. Sommer, Handbuch der lateinischen Laut - und Formenlehre , 2® éd., Heidelberg (Winter), 1914, avec un fasci- 
cule de Kritische Erlàuterungen. Ouvrage aussi plein de faits que nourri d’une ferme doctrine. 

Stolz-Schxalz, Lateinische Grammatik , 5® éd., entièrement refondue (en réalité un livre nouveau) par M. Leu- 
mann et J. B. Hofmann, Munich (Beck), 1926 et 1928. Ouvrage ample, largement informé, qui est le manuel le mieux 
à jour et, actuellement, le plus sûr. Épuisé ; une deuxième édition serait souhaitable. 

La 2® partie du l® r volume de la Historische Grammatik der lateinischen Sprache de Stolz est une Stammbildungs - 
lehre , Leipzig (Teubner), 1895. C’est le seul ouvrage développé sur la formation des mots latins. Utile, quoique vieilli. 

Pour l’osco-ombrien, voir C. D. Buck, A grammar of Oscan and Umbrian , Boston (Ginn), 1904 ; 2® éd., 1928, 
et E. Vetter, Handbuch d. Italischen Dialekle , ï r B and, Heidelberg (Winter), 1953 (abrégé en Vetter, Hdb.). 

Vittore Pisani, Le lingue deWItalia antica oltre il latino, Turin (Rosenberg et Sellier), 1953. 

Gino Bottiglioni, Manuale dei dialetti italici , Bologne, 1954. 

Pour l’histoire générale de la langue latine, voir : 

Stolz, Geschichte der lateinischen Sprache , 3® éd. revue par A. Debrunner, Berlin et Leipzig (W. de Gruyter), 
1953 [très bref]. 

J. Marouzeau, Le latin , dix causeries , Toulouse et. Paris (Didier), 1923 (sommaire, mais oriente bien sur le carac- 
tère des faits latins). 

A Meillet, Esquisse d'une histoire de la langue latine , 3 e éd., Paris (Hachette), 1933. 

G. Devoto, Storia deüa Lingua di Borna , Bologne (L. Cappelli) ; 2® éd., 1944. 

L. R. Palmer, The Latin Language , Londres (Faber a. Faber), s. d. 

A. Ernout, Phüologica, I et II, Paris (Klincksieck), 1946 et 1957, où sont réunies plusieurs études concernant 
l’histoire du Vocabulaire latin. 

A. Ernout, Aspects du vocabulaire latin , Paris (Klincksieck), 1954. 


— xvm — 

, . . , Snrache Frankfurt-am-Mem (Vitt. Klostermann) , «51. Traite surtout 

Franz Aitbbim, Geschichte der lateintschen Spraehe, Fran 

'£SSï--“âSSÏ- 

k »« » J » i. ^ |4 ». B»P~M 

. - »»“»'» ~ 'W— «a 

^^a5^ïss, i ssr " 7 ; • 

g t kan Cousin Bibliographie de la langue latine , 1S$0 ’ « ^ ^ Philologie, 50 volumes, 1877-1926). 

s-s: Kr i*îsrs-~ - - — *• <— <•- r — " 

étymologique principes que le nôtre (abrégé en B. W.). Pedersen, citée plus haut, et 

qui s'inspire des paniques sont signalés d'après la grammairede H. Pederse ^ J De hiber . 

les onvragedde 0 ^ LÆTHÎ'ia » 1 ^^^nëmsumpsèruM P^s^G^^lincSe^rtSO^. eVp^ 1^'^®» Etymol. WSrterb. 

Mâ efBSL pour es M^L et Bulletin de la Société de av ponr avestique, gall. pour gallois. 


NOTE 

CONCERNANT L’USAGE 
DU QUATRIÈME TIRAGE DE LA 4 e ÉDITION 


En raison de l’augmentation considérable des «Additions et cor- 
rections» figurant à la fin du volume (pages 815 à 833), on a jugé utile 
de les signaler au lecteur dans le corps même du volume en utilisant le 
signe î comme renvoi aux «Additions et corrections». 

Quand un mot nouveau a été ajouté, ce signe figure à la fin du mot 
précédent. 



A 


£, £h, aha : interjection destinée à exprimer des émo- 
tions ou des passions assez fortes. Gomme telle, appar- 
tient surtout à la langue parlée et à la poésie. L’A de 
ah représente une notation de la longue ou une pronon- 
ciation emphatique. Aha attesté chez Plaute et dans la 
Vulgatc est une forme à redoublement, issue sans doute 
de ah -f a, cf. J.-B. Hofmann, Lai. Umgangsspr ., p. 19. 
Cf. gr. à, àà, i, etc. — V. ha. 

ab, abs,f & : préverbe et préposition. Abs présente 
vis-à-vis de ab le même élargissement en -s que sus- de 
*subs > *sup8, os- de *ohs > *ops vis-à-vis de ob, sub. 
En composition, ab s’emploie devant voyelle, devant h 
et devant les consonnes i (= ./), d , i, n, r, s : abauus , 
abëgï, abigô , aborior, abütï ; ab(j)iciô, abdô , ablàtus , 
abnuô,' abripiô, absum (prononcé apsum) ; abs- devant 
les explosives c et t : abscondô, abstrahô , abstineô, abstulï 
(en face de ablàtum) ; devant un p initial, abs sc réduit 
à as- : asportô , aspellô et aspernor de *ab{s)pernor ; à 
est la forme réduite de *abs devant les labiales sonores 
m, u, b : àmoueô , duettô de *a(b)zmoueô, *a(b)zuellô , 
âéïtô, cf. sëairî de *scxuirî. Afuï, parfait de absum , est 
une forme analogique ; devant la sourde / le latin recou- 
rait d’ordinaire à un autre préverbe, au-, cf. plus bas. 
Dans la phrase, les emplois de ab, abs, à sont aussi 
réglés par l’initiale du mot suivant, et suivant les mêmes 
règles qu’en composition ; toutefois, l’usage comporte 
plus de liberté : on trouvera par ex. abs tè et à te, etc., 
et toujours à paire. Des raisons d’euphonie et de clarté 
— notamment le désir d’éviter des confusions avec les 
composés d c ad — - semblent avoir réglé l’emploi des 
diverses formes de ab (à-, abs-, as -, et aussi au-). 

Ab signifie « en s’éloignant, en partant de, depuis, 
de », et marque le point de départ (des environs, du voi- 
sinage d’un endroit, et non de l’intérieur de), ce qui 
explique qu’il accompagne l’ablatif ; il se dit aussi de 
l’espace comme du temps, avec ou sans idée de mou- 
vement : Caesar maturat ab urbe proficisci, Cés.f BG. I 7 ; 
hic locus aequo fere s patio ab castris Ariouisti obérât, id., 
ibid., I 43, 1 ; mulieres... ab re diuina (« au sortir de », 
d’où « après *) apparebunt domi, Plt., Poe. 617 ; secun- 
dus a rege, Hirt., B. Al. 66.Î C’est le sens de « en s’éloi- 
gnant de » qui explique ab rë « contrairement aux inté- 
rêts * (par opp. à in rem). A absum s’oppose adsum, et 
à absëns, praesëns (la variation de préverbe est instruc- 
tive). Ab se distingue de «c et de de. Ex marque la sor- 
tie de l’intérieur d’un lieu et s’oppose à in qui indique 
la présence ou l’arrivée à l’intérieur d’un endroit. Quant 
à dë, il exprime une idée de retranchement, de diminu- 
tion, et aussi un mouvement de haut en bas, cf. Yarron, 
fgm. ap. Scaurum GLK VII 32, 2. Généralement les 
différences de sens sont observées par les bons écrivains. 
Ennius distingue : Diana jacem iacit a laeua , Sc. 33 ; 
oüi crateris ex auratis hauserunt, A. 624 ; Hector is nalam 


de Troiano muro iactari , Sc. 82. Cicéron, Caec. 30, 84, 
établit dans une subtile discussion juridique la diffé- 
rence entre deicere ab et deicere ex : Vnde deiectus est 
Cinna ? Ex urbe. Vnde Télesinus ? Ab urbe. Vnde deiecti 
Galli? A Capitolio. Vnde qui cum Graccho fuerunt ? Ex 
Capiiolio. Toutefois, dès l’époque de Plaute, des confu- 
sions tendent à sc produire dans la langue populaire : 
ainsi on lit dans Plaute abire de foro Men. 599 et a fora... 
abeunt, Pc. 442 (v. Lindsay, Synt. of Plautus, pp. 86-87), 
et Lucrèce écrit indifféremment I 787-8 meare a caelo 
ad terram , de terra ad sidéra mundi. On dit abhinc , mais 
deinde , exim ; ab et dê, ex integrô , etc. C’est dê qui est la 
particule vivante, et dont l’emploi se généralise aux 
dépens de ab et de ex, qui perdent petit à petit leur va- 
leur précise. Sur ces faits, v. Thés'. I 13, 37 ; 17, 39. Ab 
est souvent en corrélation avec ad pour marquer le pas- 
sage du point de départ au point d’arrivée : alterum 
'(scil. siderum genus ) ab ortu ad occasum comme ans, Cic., 
N. D. 2, 19, 49. La différence entre ab et per est mar- 
quée par Cicéron, De inu. 2, 80 (textes dans Thés. I 30, 
84) : a quo et per quos et quomodo. . . statui de ca re conue- 
nerit ; ad Brut. 1, 1, 1, aliquid a suis uel per suos potius 
iniquos ad te esse delatum ; Rose. Amer. 80 quid ais? 
uolgo occidebantur? per quos ? et a quibus ? « par quelles 
mains? et sur l’ordre de qui (et de qui venait l’ordre)? ». 
Per, dont le sens propre est « à travers, pendant, du- 
rant », a signifié secondairement c par l’intermédiaire 
de, au moyen de, par », puis « à cause de » ; c. g. Plt., 
Cap. 690, qui per uirtutem interiit ai non interii ne dif- 
fère guère de Cic., Att. 3, 17, 1, litteras non tam explo- 
ratas a timoré ; cf. ab arte et per artem. On conçoit que 
dë et per, formes plus pleines, et qui, ayant l’avantage 
de commencer par une consonne, gardaient mieux leur 
autonomie dans la phrase et risquaient moins de se 
confondre avec la finale du mot précédent, aient réussi 
à éliminer ab et ex comme prépositions ; aussi la pré- 
position est-elle peu et mal représentée dans les 1. ro- 
manes, cf. M. L. 1. L’italien da semble une contamina- 
tion de à et de dë. Ab marquant le point de départ a 
servi à l’époque impériale à introduire le complément 
du comparatif ; maior Petrô « plus grand que Pierre », 
c.-à-d. « relativement grand en partant de Pierre », a 
été renforcé en maior à Petrô, sans doute en commen- 
çant par des expressions locales du type citerior, infe - 
rior, superior à, cf. Thés. I 39, 40 sqq. L’emploi s’en 
est étendu à dos verbes marquant la supériorité ou 
l’infériorité : minuere, minôrâre, etc., et on le trouve 
même après un positif. Ainsi s’expliquent dans Diosco- 
ride les formes abalbus, abangustus qui équivalent à des 
comparatifs, cf. Thés. s. u. 

Le sens de ab explique qu’il ait pu servir à introduire 
le complément du verbe passif, non pas, comme on le 
dit souvent, pour marquer le nom de l’agent, le sujet 
« logique » de l’action, mais — tout au moins à l’origine 



— 2 — 


— 3 — 


aboleô 


ib, abs, â 

— pour indiquer de qui provient l’action exprimée par 
e verbe ; ainsi Enn. ap. Auct. ad Her., 2, 24, 38, iniu- 
•ia abs te {= qui me vient de toi) aflicior , où le sens 
îst le même que dans : leuior est plaga ab amico quam 
\ debitorc, Cic., Fam. 9, 16, 7, « la blessure est plus 
égère venant d’un ami que d’un débiteur ». Ce sens ne 
liffère pas beaucoup de « la blessure est plus légère, 
portée par un ami que par un débiteur » ; et l’on com- 
prend que ab ait pu parfois servir à introduire le nom 
ie l’agent ; mais c’est un emploi secondaire, et du reste 
'are. 

Ab , dans une phrase comme doleo ab animo , doleo ab 
jcvlis, doleo ab aegritudine , Fit., Ci. CO, pouvait se com- 
prendre « je souffre d’une douleur qui me vient de l’âme », 
du « je souffre du côté de l’âme ». Ab a pu prendre ainsi 
le sens de « par suite de, du côté de, en ce qui concerne », 
ce qui explique les expressions de la langue impériale 
Narcissùm ab epistulis , PaUantem a rationibus, Suét., 
CI. 28, dont le prototype se trouve déjà dans Cicéron : 
Pollex, seruus a pedibus meus , Att. 8, 5, 1. Cf. aussi 
store ab « être du côté de, du parti de ». 

Dans la basse latinité, l’usage s’ est développé de ren- 
forcer à l’aide de à, ab certains adverbes ou prépositions 
dont le sens s’était affaibli : abintus, abinuicem , cf. fr. 
avant , it. avanti de abante, cf. M. L. 20 abextra, 21 abhinc 
(classique), 28 abinde, 29 abintro , 30 abintus, 51 b. ab 
ultra, a foras , a foris. Mais les formes avec dë sont plus 
fréquentes ; v. dé. 

Ab a servi également 5 renforcer des verbes composés, 
dont le préverbe s’était affaibli : abrelegô , - rélictus , -re- 
missiô, - renuntiô , tous tardifs, et de la 1. de l’Egl., sans 
doute faits sur des modèles grecs. 

Ab préverbe marque l’éloignement, l’absence, et par 
suite la privation : abdûcô, abeô, aborior , quelquefois 
aussi, comme ep, l’achèvement : absorbeô, abütor. En 
composition, il à servi à former quelques adjectifs qui, 
par rapport au simple, marquent la privation, l’ab- 
sence : âmëns, âuius , abnormis , absimüis , absonus, ab- 
surdus ; ab oculïs — gr. ôp.(xàxa>v a passé dans les 
langues romanes (fr. aveugle ), M. L. 33, B. W. s. u. Ce 
type de formation est assez rare, ab se trouvant concur- 
rencé par dê- (démens), dis- (dissimilis) , e(x)- ( ënormis ), 
in-, per -, ui-. La particule sert aussi, dans les noms de 
parenté, à former certains noms d’aïeux, abauus, abauia, 
abauonculus , abmâtertera , abamita, abpatruus, abnepôs, 
abneptis , absocer : v. anus. 

Ab est, pour le sens, à ex ce que gr. Ato est à i£, et, 
avec une racine différente, ce que v. si. otü ( ot -) est à 
is, iz. La différence est symétrique à celle entre ad et in ; 
elle n’a rien de surprenant, car le finnois distingue un 
ablatif d’un élatif, comme un allatif d’un illatif, et un 
adessif d’un inessif, là où l’indo-européen a un cas 
unique : le locatif. 

Le latin n’a que ab, avec le b constant à la finale, tan- 
dis que l’ombrien a ap- dans apehtre « ab extra, extrin- 
secus » (même opposition entre lat. sub et osq. avn ; 
entre lat. ob et osq. ùp, op). On interprète d’ordinaire 
lat. aperiô et operiô par *ap-weryô , *op-weryô\ mais il 
est étrange que p figure devant *w seulement dans cette 
paire de mots ; la forme sonore serait seule possible ; il 
faut envisager une autre explication; v. sous aperiô. 

Quant à l’origine, rien ne prouve que ab ait perdu la 
voyelle finale qu’on observe dans les formes parentes : 


gr. àno (préposition et préverbe), indo-iran. apa (seu- j 
lement préverbe), hitt. appa et qui figurait sans doute 
dans l’orig nal de got. af, etc. : là où une voyelle finale j 
s’est amuie, le latin a une sourde, ainsi dans et, cf. 
gr. fri, et nec, ci. neque ; du reste le lituanien ai (cf. 
si. ot-) se trouve en face de ata-, et le slave u en face de 
skr. âva ; *ap (ab) peut donc être ancien ; on voit par 
subter que sub n’a perdu aucune voyelle finale. Le trai- 
tement -b d’une labiale finale ancienne est parallèle au 
traitement -d des anciennes dentales finales. 

Le au- qui devant / sert de préverbe, dans au-ferô (à 
côté de abs-tuli, ab-lâtus), au-fugiô, répond à v. M. 6, 
ua et àîp. pruss. au-, v- si. u, cf. skr. âva et lat. uë-. 

C’est un mot différent. Il à prévalu en irlandais parce 
que, p ne subsistant pas en celtique, le groupe de *ap(o) 
y perdait sa caractéristique principale. 

La forme abs- du type abstulï, qui oppose nettement 
attulï à abstulï, répond à gr. &ty, avec addition de -5 qui 
figure dans beaucoup de formes adverbiales; cf. skr. 
avâh en face de âva, gr. 4p.<p(ç en face de etc. Le 
-b- figure ici par réaction étymologique, comme on le 
voit par suspiciô, sustulï , où b ne se rencontre jamais. 

C’est seulement dans asportô que le b manque, pour une 
raison évidente. Le caractère non phonétique de la pré- 
sence de -b- dans abstulï, etc., ressort aussi de os-tendô, 
cf. ombr. ostendu « ostenditô » ; il s’agit de *a(b)s- de- 
vant consonne, en face de ab-. Cet -s de abs-, *su(b)s -, 
*o(b)s-, à côté de ab, sub, o b, diffère du -s constant de 
ex (cf. toutefois ec-/erô). 

Étant donné que ex- aboutit à ë- devant m, u (con- 
sonne), on expliquera de même par abs- 1*5 de : àmoueô, 
âuertô, àuellô, âuehô (tandis que l’on a abdo, abdûcô en 
face de ëdô, ëducô). Mais la forme 5- de l’osco-ombrien 
dans osq. aamanaffed « mandâuit », ombr. ahavendu 
« âuertitô », ahairipursatu, ahtrepufatu, etc. « *abstri- 
podâtô » reste énigmatique. Phonétique dans des cas 
tels que 5 më , â nôbis, à uôbis, été., le â résulte d’une 
extension dans des cas tels que âtë,â cane, â puerô, etc. 

La forme af, attestée sporadiquement à l’époque répu- 
blicaine (af uobeis CIL I 2 586, 156 av. J.-C. ; âf solo 
X 5837 ; af muro I 2 1471 ; af Capûa I 1 638) et qui, pour 
Cicéron (Oral. 158), ne subsistait que dans des expres- 
sions fixées, n’est pas expliquée (v. .Eraout, El. dial., 
s. u.). On la retrouve en pélignien : afded « abiitî»; 
l’osque aflukad « déférât? » est très incertain. 

Le groupe de lat. ab, gr. &nà, etc., est apparenté à 
*po- (v. ce mot) de poliô, etc., *pos- (v. post), *epi (gr. 

Int, etc.), à got. afar « après », etc. 

absque (apsqtte) : composé de abs et de que, usité sur- 
tout à l’époque archaïque dans l’expression absque foret 
te, absque ted esset (cf. Plt., Tri. 832), qui est proprement 
une proposition conditionnelle à forme coordonnée et 
généralement en parenthèse, dont le sens est « et la 
chose se serait passée ainsi en dehors de toi, sans toi ». 

— « Le sens conditionnel ne résulte pas de absque, ni 
d’un des éléments de absque , mais de la forme verbale... 

Mais le sens général de l’expression et certaines phrases 
ont pu faire croire plus tard à l’existence d’une prépo- 
sition absque. Cette méprise a été commise par Fron- 
ton qui a choisi absque à titre de Vieux mot. Mis à la 
mode, absque s’est propagé avec les fonctions et le sens 
d’une préposition » (Lejay, II. Phil. 26 (1912), 259 ; sur 


d’autres essais d’explication, voir Schmalz-Hofmann, 
LaL Gr*, p. 531). 

"ababalsamum, -In. : forme vulgaire pour opobalsa- 
mum (emprunt de la 1. impériale au gr., d’où opobalsa- 
mëtum ), blâmée par l’app. Probi, et qu’on retrouve dans 
Mid. Chiron. 

abaeus, -I m. (forme courante latinisée du gr. &6ai; ; 
on trouve aussi la transcription pure et simple abax ; 
abaeus est sans doute bâti sur le gén. &6ocxoç ; cf. ele- 
phantus de éXéipavTOÇ, trugohus de Tpoyévoç, delphïnus 
de ScXçtvoç) : toute espèce de table (simple, précieuse, 
à jouer ; t. de géométrie, t. de Pythagorc, etc.) ; puis : 
console, tailloir d’un chapiteau sur lequel vient reposer 
l’architrave ; plaque de revêtement d’une paroi. 

Emprunt technique ; déjà dans Caton. 

Dérivés : abaculus ; abacinus. 

abaddir ind. : 6 patruXoç; ; « abaddir deus dicitur, quo 
nomine lapis uocatur quem deuorauit Saturnus pro loue. » 
Gloss. Pap. CGL V 615, 37. 

Mot oriental, désignant sans doute une pierre divine ; 
non attesté avant l’époque impériale (S* Aug.). 

*abantes : mortui (quos Graeci elibantes (i. e. 4X16 av- 
*reç) appeüanty, CGL IV 201, 5 et V 435, 4. Cf. sans 
'doute "Afiavreç* ot EôSœïç xat xoXoooot, vexpo t, Hes. 

abantonift : v. am bac tus. 

ab&UUS : v. aüus. 

abba, abbSs, -fitis m. ; abbàtissa , -ae L ; abbàtia , -ae f. 
Mots d’Église, introduits seulement dans la basse lati- 
nité, et empruntés sans doute au gr. 4665 € père », lui- 
même venu de l’araméen. Panroman, sauf roumain. 
M. L. 8-10. Gelt. irl. abb, etc. 

*abbô, -Sreî : — çiX£> cmSpan ô XipcTOU trcl (Ipéipooç : 
abbo, basio, CGL II 472, 8. Mot du langage enfantin, 
non attesté dans les textes. Même géminée que dans 
acca , amma , atta, etc. 

abdô : v. dô. 

abdôrnen, -luis (abdûmen, Charis., Gloss., avec chan- 
gement de suffixe, v. Ernout, Élém. dial., p. 89 et s.) n. : 
ventre, panse ; matrice, cf. Plin. 11, 211 (= gr. vjjÔôç). 
S’emploie au sg. et au pl. Se dit des animaux, surtout 
du porc, et de l’homme, mais, en ce cas, souvent avec 
Un sens péjoratif : gurges atque heUuo natus abdomini 
suo, Cic., Pis. 41. Quelquefois employé pour octôoîa, 
cf. Plt., Mi. 1398, et Don., Eu. 424. Semble appartenir 
à la langue familière ; banni de la poésie, à l’exception 
des comiques et des satiriques. Figure dans la langue 
médicale (Celse, 4, 1, p. 122). Non roman. 

Pas d’étymologie sûre. Le rapprochement de abdô 
peut être dû à l’étymologie populaire ; et la présence du 
suffixe instrumental -men ne se justifie pas sémantique- 
ment (cf. legûmen). Sans doute déformation d’un mot 
non i.-e. — En général, les noms du * ventre » sont 
d’origine obscure quand ils ne sont pas tirés de la notion 
de « intérieur », comme v. h. a. intuoma « exta » = lat. 
*indômen. 

abecedirius, -a, -um : adj. dérivé de A, B, C, « qui 
concerne l’alphabet, alphabétique » ; -m n. ; alphabet, 
abécédaire. Calque de alphabëtum. Bas-latin (S* Aug., 


Fulg.) ; cf. CGL II 578, 14, elemenlarius ; qui discit abi - 
diale '—r ABC est peut-être conservé dans certaines 
formes romanes, cf. M. L, 16; et en celt., irl. abgùer , 
apgitir , etc. V. alphabëtum. 

Àbella, -ae f. : nom d’une ville de Campanie, sans 
doute proprement « la ville des pommes », cf. Vg. , Aen. 7, 
740, ... maliferae... moenia Abellae. 

Dérivés : abeüànus (cf. osq. dat. sg. m. Abellanûi) 
qui a servi d’épithète à nux pour désigner la noisette 
(it. esp. aveüana) et le coudrier ; cf. aussi *abeüània ; 
abellïnus, M. L. 17, 18. B. W. sous aveline. 
L’indication de Vg. donne lieu de croire que l’italique 
avait conservé les noms de la « pomme » et du < pom- 
mier » qui sont attestés dans le vocabulaire indo-euro- 
péen du Nord-Ouest, depuis v. si. abluko « pomme », 
ablanï * pommier » et lit. ôbhlas « pomme », obells c pom- 
mier » jusqu’à irl. aboli < pommier » (et tout le celtique : 
gau J. avaüo « pôma », fr. Avallon ; cf. Dottin, Langue 
Gavl. 229 et v. Rev. Gelt. 43, 233), en passant par got. 
crim. apel, v. h. a. apful , v. angl. ceppel , v. isl. eple. Ce 
nom, qui désignait la « pomme » des anciens peuples de 
langue indo-européenne dans l’Europe du Nord, a été 
remplacé en Italie par un nom méditerranéen, désignant 
sans doute un fruit amélioré, lat. màlum (v. s. u.) ; l’adj. 
abeüànus n’a aucune trace du sens ancien. 

abéO : v. eô, Abeôna. 

abiës, -ëtis f. (souvent dissyllabe chez les poètes dac- 
tyliques avec i consonne ; la longue du nominatif repré- 
sente *abiess de *abid-st m , les langues romanes ont perdu 
le jod et généralisé € (c.-à-d. e fermé au cas régime, d’où 
abëte comme parëte de pariés, cf. M. L. Einf. z , p. 137) : 

« sapin »; puis « bois de sapin » et, comme gr. iXdmj et 
sans doute & son imitation dans la langue de la poésie, 
tout objet de sapin, « tablette, vaisseau (cf. alnus), 
lance ». — Ancien, usuel. — M. L. 24. 

Dérivés : abiegnus (-g ne us, -gnius, -gineus) : de 
sapin. Formation analogique d’après ïlignus , sali- 
gnus , larignus; abiegneus comme ïligneus, saligneus 
sans doute d’après ligneus ; abie gineus d’après fàgi- 
neus , etc. ; abietâlis ; abietârius , tardifs. Les 1. rom. 
attestent aussi *ab(i)ëteus, M. L. 25. 

Origine inconnue. Les noms des conifères varient 
d’une langue indo-européenne à l’autre. On ne sait de 
quel parler vient la glose d’Hésychius : 46iv èXdmjv, ol 

Sè 7CC1JJOJV. 

abiga, -ae f.-; abigeus : v. abigô, sous agô. 

ahitôrium -I n. : làtrina publica. De abeô ; cf. ail. 
Abtritt. 

abUqucô : v. laque us. 

ablegmina, -um n. pl. : — partes extorum quae dis im - 
molabant , P. F. 19, 10; cf. Gl. Seal., CGL V 589, 28, 
ablegmina partes extorum, quae prosegmina dicuntur. 
Seuls ex. dp mot. 

Ancien mot en -men conservé dans la langue reli- 
gieuse, se rattachant à legô au sens de « prélèvement ». 
Cf. prosegmina. 

aboleô, -Ô8, -ëul (ainsi Suét. Aug. 32 ; mais Prise. GLK 
II 490 enseigne àbolëui et abolul ; cf. CIL VI 10407 e 
aboluerit ; pour Diomède le parfait est abolëuï en face 


boila — 

a supin abolit um), abolitum (d’où aboliiur Eusèb.), 
Bre : détruire, anéantir, abolir, effacer et par suite 
faire perdre le souvenir de » ; abolitus « oublié », et à 
asse époque abolitiô « destruction »* et « oubli, amms- 
ie », cl. Oros., Hist. 2, 17, 25, quod factionis genus ... 
mnestiam uocauerunt , i.-c. abolitionem malorum ; abo- 
itor , abolëfaciô (Tert.). La glose 6m ocXel<p«, GGL II 
32 45, sc justifie parce que aboleô s’emploie souvent de 
écriture : a. nômina, scrïpta, carmina , libres, etc., cf. 
"hes I 116, 51 sqq. Les formes les plus fréquentes sont 
infinitif présent et le participe passé. Attesté seule- 
ment à partir de Vg. et de T. L. (Cicéron ne connaît 
[uc dëleô), et rare au premier siècle de l’Empire ; les 
lérivés sont tous’ tardifs. M. L. 33 a. 

Il en est de même pour abolëscô , dont le premier ex. 
st dans Virgile, Ae. 7, 231, nec... ianti... abolescet gratia 
acti , où Servius note abolescet : abolebitur. Et usus est 
nckoatiua forma cum opus non esset. — Abolëo , -léscô 
>nt formé couple antithétique avec adolëscô, adoleô que 
’étymologie populaire avait rapprochés (cf. adoléo ) ; et 
’on peut se demander si ce n’est pas le sens de « augëre » 
lonné à adoleô qui a amené la création de aboleô ; cf. 
Srnout, Philologica, I, 53 et s. Il y a peu de cas à faire 
le la glose oleri, deUri , CGL V 544, 23 ; 316, 5 ; 377, 2 ; 
>Zérî, qui n’est pas autrement attesté, a peut-être été 
Aré arbitrairement de aboleô. Dans les gloses, les verbes 
în -scô étant devenus pour la plupart transitifs, ado- 
\iscô est confondu avec aboleô et traduit <bcoX*lçû>. 

Le sens et la forme obligent à rapprocher : aboleô , 
ibolëuï — peut-être dëleô, délëul — adolëscô (ainsi, parce 
[pie adoleô [avec perfectum adolëuï ] est un autre verbe) 

— inolëscô , inolëuî — exolëscô , exolëüi. — Ce groupe 
est, d’autre part, inséparable de alô, alui — ind-olës, 
prôlës , sub-olës — abus. Le sens particulier de chacun 
des mots du groupe de aboleô, etc., est déterminé par 
le préverbe. Mais il -y a une formation commune en -ë- 
qui donne à tous ces verbes un caractère propre en face 
de alô. — Il a été émis des opinions autres ; de aboleô, 
on a rapproché gr. iXc* dans 6XXüpi, <ï>Xeaa ; depuis 
Priscien, on a coupé dëleô en dë-leô , cf. létum. Mais la 
structure dans dë-leô en face de lëtum n’est pas claire ; 
lëtum est à rapprocher sans doute de gr. èXe-. Le mieux 
semble être de ne pas rompre le groupe de ab-oleô, etc. 

— Pour l’étymologie, v. alô. 

abolis, -ae f. : « manteau », de laine grossière, épais 
et double, dont se couvraient les soldats et les paysans, 
et que certains philosophes portaient par affectation. — 
Attesté depuis Varron. Origine inconnue. La forme 
grecque tardive £6éXXa semble être une transcription 
du mot latin ; de même aussi le mot cité par Hésyehius : 
dfioXeîç' 7tept6oXal ûwi EixeXSv. 

abôminfi : v. ômen. 

aborlginês -um m. pl. : les « autochtones », ou pre- 
miers habitants du Latium et de l’Italie dont les rois 
légendaires sont Latinus, Picus, Saturnus, Faunus. 

Souvent expliqué comme dérivé de ab origine, comme 
de pede plànô « de plain pied » est dérivé dans le cod. 
Theod. pedeplàna « les lieux qui sont de plain pied », 
de à manü est dérivé dmanuënsis « scribe, secrétaire », 
etc. Mais l’emploi comme nom propre par les historiens 
(Caton, Salluste, Tite-Live) laisse à penser qu’il s’agit 


peut-être d’un nom de peuple ancien, déformé par l’éty- 
mologie populaire.1 

abraeadabra : mot magique (Seien. Sam mon. 935). 
V. Axel Nelson, Eranos Rudbergianus, 326 et s. Cf. 
Abraxas. 

abrotomim, -I n. (-tonus m.) : aurone. Emprunt au 
gr. dêpê-rovov, conservé plus ou moins altéré dans les 1. 
romanes. M. L. 39; B. W. s. u. 

abseonsus : doublet tardif de absconditus , refait sur 
abscondï, forme de parfait qui s’est substituée à. abscon- 
didï, attestée à partir de Sénèque. 

absida, -ae f. : chœur d’une église, abside. Emprunt 
populaire, répandu dans la 1. de l’Église, fait sur l’acc. 
gr. <i4>ï8a, sans l’aspirée et avec passage à la l r ® déclin, 
(cf. lampada, etc.) ; pour le b, et. absinthium. Portugais : 
ousia. M. L. 45. 

Dérivés : apsidâtus, -dula. On trouve aussi la trans- 
cription savante (sans l’aspiration) : apsis, -idis ; l’as- 
pirée n’apparalt qu’une fois dans Pline le J. 2. 17. 8, 
où il faut sans doute rétablir le mot grec. 

ab sinthium , -I n. : absinthe. Emprunt au gr. à+lvOtov 
déjà dans Plaute. M. L. 44 ; B. W. s. u. La graphie ab- 
au lieu de ap- est analogique de absum, etc. 

Dérivé : absinthiâtus (Diosc.). 

absque : v. ab, in fine, 
abstëmius : v. tëmëtum. 

absurdus, -a, -nm : discordant. Sens voisin de absonus 
auquel il est joint par Cic., De Or. 3, 41, uox... quasi 
extra modum absona atque absurda. De là : hors de pro- 
pos (qui n’est pas dans le ton, aliënus ), absurde. Cf. 
dbrqxTK, <bro>8<Sç ; skr. apasvara-. — Ancien, usuel. M. 
L. 50. 

. Dérivé : absurdités : dissonance (1. grammaticale, 
Priscien), et (b. lat.) absurdité. 

De *ab-sur-do-s. V. susurrus. 
abondé : v. unda. 

abyssns, -If.: = gr. fi6ocrooç « abîme ». Non attesté 
avant Tertullien. A passé par l’intermédiaire de l’Église 
sous üne forme savante dans les 1. rom. avec un dou- 
blet populaire *abismus, d’après les mots en -ismus ; 
cf. M. L. 31 et 56 ; B. W. s. u. ; et en irl. abis, britt. 
affwys. 

ac : v. atque , sous at. 

ftcaunumarga (aeauno-) , -ae f. : espèce de marne pier- 
reuse, Plin. 17, 44. Mot celtique ; cf. Acaunus , nom de 
lieu chez les Nantuates. 

Aces : terme du langage enfantin désignant la ma- 
man, cf. skr. akkâ, gr. ’Axxco « mater Cereris ». De même 
que ce dernier, employé comme nom propre, et passé 
dans la légende, y a désigné la mère nourricière de Ré- 
mus et Romulus, femme de Faustulus, et mère des douze 
frères Arvales, Acca Lârentia , peut-être d’origine 
étrusque, à qui on offrait des fêtes : Aecâlia, Làrcntàlia. 
Cf. aussi Acca, Accaua, -caus (pélignien), Accius, etc. 
Même gémination de consonnes que dans abbô , anna , 
atta , etc. V. Frisk, Gr. et. Wôrt., s. u. 


aeeeia, aeeia, -ae f. (Ital.) : bécasse. Mot tardif, sans 
doute étranger. M. L. 66. 

aeeendfi : v. cand(eô). 
aecersft : v. arcessô. 

Accherûns, -untis m .(acche- chez Plaute, àchë- chez 
les poètes dactyliques à partir d’Ennius ; pour la gémi- 
née, et. bracchium) : Achéron. Emprunt au gr. ’Axépcav 
par un intermédiaire étrusque ; pour la finale, cf. le type 
Arrüns, - untis ; la forme proprement latine serait 
*Acherô, ônis. V. Pasquali, St. etruschi 1, 291 et s. ; 
Devoto, ibid., 2, 325 et s. 

Dérivé : accherunticus (Plt.). 

accidô : v. cadô. 
aCCÏdÔ : v. caedô. 

aceipiter, -trism. (f. dans Lcr.) : oiseau de proie, 
épervier ou faucon. 

Dérivés artificiels : accipitrô , -âs, « lacéré » Lae- 
vius ; accipetrïna (scil. manus), « f üràtrlx » Plt., 
Ba. 274. 

Rapproché par étymologie populaire de accipiô , cf. 
Isid., Orig. 12, 7, 55; et Caper, GLK VII 107, 8, acci- 
piter , non acceptor. Le nom rustique est tinnunculus ; 
et. Col. 8, 8, 7, genus accipitris, tinnunculum uocant rus- 
tici. C’est acceptor qui est passé dans les langues romanes. 
Cf. M. L. 68 et acceptôràrius 69 ; et c’est de acceptor que 
dérive sans doute la forme astur (v. ce mot) qu’on lit 
dans un passage récent et interpolé de Firmicus ; et il 
faut renoncer à voir dans astur un emprunt au gr. iare- 
plaç (scil. lépaÇ), influencé par uoltur. La forme tar- 
dive auceptor est influencée par auceps ; v. B. W. sous 
autour. 

Si l’on fait abstraction de l’influence de accipiô, le 
mot aceipiter est parallèle à acupcdius . De 

même que acu-pedius rappelle gr. àxé-7rouç, aceipiter 
rappelle gr. àxé-7frepo<; (cf. II. 13, 62), skr. âçu-patoan- 
e qui vole rapidement ». L’fi qui se trouve dans.gr côxvx;, 
etc. , est conservé dans lat. ôcior (v. ce mot). La forme lat. 
acu- aurait le vocalisme zéro du type gr. (ïapéç, etc. ; 
le ô de lat. ôcior représente un degré plein, normal au 
comparatif, tandis qüe lat. acu- aurait un a- issu de 
i.-e. *9 dont aucun correspondant n’a été signalé (l’éli- 
npination vient peut-être de. ce qu’un conflit avec le 
groupe de aceô , etc., a été évité). — Quant à - piler , v. 
sous pro-ptervus et petô. — Pour le sens, cf. v. si. jas- 
trçbü « autour » (chez Berneker, SI. et. Wôrt., p. 32) dont 
le radical serait celui de lat. ôcior. 

So- ; àcefi, ècidufi ; âeerbus ; àeiës ; àeus ; Seer. La 
racine àc- « être piquant, aigu, pointu » a servi à former 
des mots dont le sens propre ou dérivé, physique ou 
moral, est demeuré en général proche du sens originel. 

1° Tout d’abord une série de mots s’appliquant aux 
sensations du goût : aceô, -ës : être aigre ou acide (déjà 
dans Caton), acëscô , -is, (ex-) : s’aigrir ; et acor, -ôris m. 
(Colum., Pline), acidus (déjà dans Plt.), acidulus, -la 
(M. L. 104, 105 ; fr. oseille, B. W. s. u.) ; dérivés tardifs 
acidô, -âs, acidités f. (à. X. Marcellus), acidîua f. « aigreur 
.d’estomac » (Marc., Anthim.), acidônicus. 

acëtum, -i : vinaigre (M. L. 98), peut-être neutre subs- 
tantivé d’un adj- *acëtus qui serait à aceô comme exo- 


— âcer 

lëtus à exolëscô, etc. Passé en germ. : got. akët, akeit , 
ags. eced, m.. h. a. ezzik « Essig » (de *atëcum), et de là 
en V. si. odUl ; en irl. acat. — D’où acëtô, -âs « s’aigrir » 
(très tardif) ; acëtâbulum : vinaigrier, puis mesure con- 
tenant le quart d’une hémine ; puis toute sorte d’çbjets 
rappelant par leur forme le vinaigrier ; acëtârium : sa- 
lade, ou mets préparé au vinaigre ; *acëteus M. L. 97 b. 

acerbus : aigre, sur (souvent de fruits non mûrs), cf. 
Serv., ad Ae. 6, 429, quos (sc. infantes)... abstulit atra 
dies et funere mcrsil acerbo : acerbo, immaturo, translatif 
a pomis , cf. Thés. I 368, 5 sqq. Au sens moral, fréquent, 
« prématuré » et surtout « amer, aigu » et « cruel » ; mala 
acria atque acerba dit Plt., Ba. 628 ; cf. Cic., Brut. 221. 
Ancien, class., usuel. M. L. 94 ; celt., gall. agarw, irl. 
acarb. De là : acerbitâs, et à l’époque impériale acerbô, 
-âs, exacerbé; acerbitûdô (Gell.). Semble formé comme 
probus, superbus. 

2° Des mots désignant la pointe : aciës, -ei f. (dérivé 
en -yë-, cf. glaciës) : pointe, faculté de pénétration (sens 
physique et moral), en particulier « faculté de pénétra- 
tion du regard », et par métonymie « organe qui possède 
cette qualité, pupille » et même « œil ». Dans la langue 
militaire aciës désigne le « front » d’une armée, la « ligne 
de bataille * considérée comme comparable au fil d’une 
lame (cf. cuneus et son opposé forfex ; serra, globus ; sur 
ces termes v. Kretschmer, Glotta 6, 30), et par exten- 
sion le « combat » lui-même. — Ancien, usuel. Les repré- 
sentants romans sont rares, v. M. L. 106-107. 

acieris : mot de gloss., securis aerea qua in sacrificiis 
utebantur sacerdotes , P. F. 9, 7. Cf. accsculus (ou ascicu- 
lus de ascia?; la forme est douteuse) : instrument de 
lapidaire, dolabre ; acisculârius (et ex acisclô, -âs). Le 
rapprochement de portisculus, lui-même obscur, n’en- 
seigne rien. 

à[c]ciârium n. : ferrum durum (Gloss. ; acciârum Orib.), 
M. L. 103 (et *aciâle également passé en germanique). 

acus, -fis f. : aiguille (et « aiguille de mer » fkXévq). 

— Ancien, usuel. Les 1. rom. attestent une flexion acus, 
-oris, et âes formes de diminutifs, acuLa, acûcula et aeü - 
c{u)la (d’où acuculârius?), *acucëüa , cf. M. L. 130, 120, 
121, 123, 119, 118. A acus se rattache aciaî. (sans rap- 
port avec aciës, cf. auus fauia, etc.) ; aiguillée de fil,' 
ital. accia, M. L. 102. Cf. ab acid et ab aeü qui corres- 
pond à notre * de fil en aiguille ». De acus dérivent 
acuô, -is : aiguiser (sens physique et moral) et exacuô ; 
acùtus , M. L. 135 (panroman, sauf roumain ; irl. acuit), 
acûtulus, bisaeûtus (M. L. 1122, cf. fr. besaigue ) ; et, 
tardif, acütô, -âs et exaeûtô ; acümen : pointe, perçant 
(sens physique et moral), a servi aussi à traduire le gr. 
dbcjj.7), M. L. 128 ; acûminô (ex-), -âs ; acùtus (sc. clàuus) : 
clou. De acùtus : *acütia ; *acütiô , -âs, panroman, sauf 
roumain, M. L. 133-134, acùtiâtor (gloss.). Sur la valeur 
substantive de acùtus , v. Sofer, p. 82. 

Acu- sert de premier terme de composé dans acipen- 
ser, acu-dëns (= é^uéSouç?), -pës, -pedius ; et acüpictus , 
acüpictùra , tardifs. 

aculeus m. (aculea f., bas lat.) : aiguillon, épine, et 
aculeâtus , M. L. 125-127. Les formes romanes supposent 
aussi aquileus , acùleo (Gl. Reich.), *aculeâre, v. M. L. s. 
U. Cf. pour la formation equos jeculeus. Cf. B. W. sous 
églantier. 

3° ljn adjectif à voyelle longue : âcer, écris, âcre ; 
aigu, pointu ; et en parlant du goût « piquant ». Pline 15, 


I 


— 6 — 


distingue dans les saveurs : saporum généra ... dut- 
suauis pinguis amarus austerus acer acutus acerbus 
lus salsus... Du sens de « piquant* pénétrant » on 
se à celui de * prêt à foncer », acrem àciemâi tEnn., 
jr 325 ; d’où, au sens moral, « énergique, ardent » 
violent ». De là : âcritâs {arch., Accius, et b. latin), 
U'üdô (arch.), àcrimônià (d’ou àcrimônwsus, Gloss. , 
s’emploient surtout au sens moral ; peràcer (Uc.), 
iculus. En bas-latin acror , M. L. 114 ; *acrümen 115. 
verbe : âcriter . 

icer est premier terme de composé dans acnfolium 
uifolium et aquifolia de *acu-fohum) : houx. M. L. 
i. La forme âcrifolium semble, du reste, la plus ré- 
ite. V. aussi occa. 

La déclinaison de àcer, écris est le produit d une nor- 
disation ; Enn., A. 400, a un nom. masc. sg . acris : 
nnus... acris ; inversement Naevius dit, Ep. 54, famés 
„ r De bonne heure apparaît une flexion àcer, ocra, 
rum (dans Gn. Matius, antérieur à Vairon, cité par 
larisius, GLK I 117, 13) qui a dû se répandre dans 
1 populaire, cf. Thés. I 357, 2 sqq. Les formes romanes 
montent à acrus , -a, -um {agrus) qu’on lit dans Mu- 
ai. Chir., cf. M. L. 92. Panroman. Celt : îrl. acher. 

Le groupe de aciés , àcer fait des difficultés à 1 étymo- 
ristc parce que le vocalisme en est hors des alter- 
inces employées par la morphologie ; il ne paraît pas 
ie la racine ait fourni à l’indo-européen des formes 
‘rbales ; la forme grecque «beoxi^voç est isolée ; le lat 
est un dérivé. De plus, les formations^ divergent 
resque d’une langue à l’autre, et, dans la plupart des 
ngues les voyelles sont d’origine ambiguë. Le grec a 
JL avec a initial ; mais le vieux slave ostrü a un o 
mbigu (ancien a ou o) ; de même lit. aStrùs « tranchant ». 
’ionien a «xpu; « pointe (d’une montagne » à côté de 
3m feepu;, et de même v. lat. ocris « collme », ombr. 
kar, ocar (gén. sg. ocrer, etc.), Sri. ochar « coin » ; mais 
osque a akrid « âcriter » et peut-ctre aussi 1 ombrien 
ans peracri- « oplmus » (sens contesté) ; dans skr. dprià 
côté coupant, coin », l’a est d’origine ambiguë. Sur 
»s dérivés celtiques de cette racine, v. J. Loth, Kev. 

^Il y a eu en indo-européen un thème *ak- « pointe », 
ni n’est pas attesté, mais dont on a des dérivés nom- 
breux * lat. ac-iês est à *ak- ce que spec-iés est à spek-, 
tc • on a aussi acia. Le présent aceâ et l’adjectif acidus 
ont sans doute dérivés de ce thème nominal *ak- dis- 
paru à l’époque historique. Le grec a des dérivés mul- 
iples : âodç (-t5cç)« pointe » et &xr\ ; àxpx\ « pointe » ; 
t surtout le groupe de formes à suffixe *-en- :&xwv 
focovroç) « javelot », et &«uva t pointe, aiguillon », 
beoevoç « sorte de chardon » (gr. &cocv6a, «xavOoç, etc., 
ont sans doute des adaptations de mots étrangers), cf. 
kr. açdnih : arme mythique. Le nominatif-accusatif cor- 
respondant à la forme en *-en- doit être en -r- ou -Z- ; 
e gr &ccpv<x « sorte de chardon », d’une part, 1 arm. 
, sein (gén. aslan) « aiguille », de l’autre (cf. lat. acu- 
eus?), en sont peut-être des traces. Cf. Benveniste, Ori- 
gines', p. 5. 

5 La forme en -u- de acus (avec le dérivé acuô, acümen , 
îtc.) n’a pas de correspondant sûr ; v. si. osü-tü « char- 
don » admet une autre interprétation ; cf. cependant 
lit. aiutai « poils grossiers (de la crinière, de la queue) ». 

La voyelle longue de àccr, qui rappelle celle de sàcris 


en face de sâcer , n’a pas de correspondant sûr , le per- 
san âs « pierre à moudre » a un sens tout autre • la 
gr toelç* ô£u est sans doute extraite d un second terme 
de composé, où l’a serait naturel. — Le dérivé acerbus 

a On est tenté de rapprocher des formes du type* po- 
pulaire » à ak- (v. acus « balle de gram ») ou à -**- (v. 
occa). 

V. aussi accipiter et ôcior. 

acëdia, -ae t. : anxiété, peine de cœur, dégoût^Em- 
prunt de la langue de l’Église au gr *o]S(a qui a donné 
les dérivés acêdior, -arts, àcldiSsus. Les formes romanes 
(qui appartiennent à la langue savante) remontent > 
acidm, accidia, forme influencée psraccuUre qu on 
trouve dans les Gloses, CGL IV 5, 32 ; M. L. 90. V. Er- 
nout, Mél. Desrousseaux, p. 161 et s. 

acer, -erisf. et n. : érable (Vg., Ov.). Adj. dérivé : 

accrnus {-neus^ Vg. • 

Une flexion acer, -cris d’un nom de genre fénurnn 
était étrange ; aussi Ovide et Pline font le mot neutre 
(d’après über, -eris, etc.) ; en outre il s est créé un dou- 
blet acerus (d’après pôpuhis, etc.). Frg. Bob. GLK 
559, 13 : acer apéySapvoç licct quibusdam hacc acerus 
nominatiuo dici debere placent-, cf. it. deero. En outre, 
Ven. Fort, emploie acernus (cf. germ. v. h a. ahcra). 
Dans les gloses apparaît une forme acerabulus CGL V 
340, 1, composé hybride dont le second élément est sans 
doute le gaulois *abolos qu’ou restitue d’après le gall. 
cri-ajol « sorbier des oiseaux ». Les formes romanes 
remontent à acer, -eris ; •acre (esp 
reus, cf. M. L. 91, 95 ; acerabulus (fr. érable), cf. B. W. 
s. U., M. L. 93. 

L’existence du v. h. a. ahom montre que le mot ap- 
partient au vocabulaire occidental de l’i.-e. Lès autres 
rapprochements sont peu clairs. Les gloses grecques 
«xutoro;- i) oçév*op.vo« et «xopvcf Sdign) sont lointaines 
pour la forme ou pour le sens. D’autres noms d arbres, 
en partie anciens, ne sont pas clairs pour la plupart , 
v. fàgus , fraxinus , quercus , etc. 

Scer, acerbus : v. ac-. 

acerra -ae f. : — ara , quae ante mortuum poni solebat, 
in qua adores incendebant. Alüdicunt arculam esse tura- 
riam, scüicet ubi tus reponebant. P. F. 17, 3. 

Ancien terme du vocabulaire religieux; peut-être 
étrusque (cf. Accrrônia), conservé surtout par la poésie. 
Sert aussi de surnom. 

aeeruus, -I m. : tas, monceau (de blé, de pierres, etc.). 
Ancien, usuel. Non roman. 

Dérivés : aceruô, - âs « entasser » (non attesté avant 

T. L.) ; aceruâtim , accruâtiô, et coaceruô ; *aceruâle 

M. L. 97 a. . 

Pour la formation, cf. caterua , -vMim. Etymologie 
inconnue. 

acia, aciés, acier is, etc. : v. ac-. 

acina? * nom d’un insecte inconnu dans Polem. Silv. 
(Ghron. Min. 1), p. 544, 3. M. L. 109 (lorr. an « taon »?). 
Sans doute identique au suivant. 

admis, -1 m. (pl. collectif acina employé par Caton, 
Agr. 112, 2 et 3 ; cf". H- Zimmermann, Glotta, 13, 224 ; 


— 7 — 


ad 


d’où sans doute acinum n., et acina f., tardif) : grain 
de raisin, puis de tout autre fruit, grenade, sureau, etc. 
— Ancien, technique, M. L. 109 acina, 110 acinus . 

Dérivés : acinârius : qüi sert au raisin, nourri de 

raisin ; acinâticius : de raisin (sec) ; acinôsus : en forme 

de grain. Pour dur acinus, v. dur us. 

Sans étymologie : provient sans doute d’une langue 
méditerranéenne, comme pampinus. 

acipënser ( acipënsis , cf. uomer et uomis , - eris , acci -, 
acu ), -Î8 m. (les graphies aquipenser, accipenser ont été 
déterminées par des rapprochements avec aqua, ou acci- 
piâ) : poisson rare et renommé, sans doute l’esturgeon. 
Cf., dans Athénée, 7, 294’, la description de l’dboa7rqaioç ; 
et Plin. 9, 60 : apud antiques piscium nobüissimus habi- 
tus acipenser , unus omnium squamis ad os uersis contra 
quam in nando meant, nullo nunc in honore est, quod 
quidem miror, cum sit rarus inuentu. — Attesté depuis 
Plaute ; conservé dans quelques dial, du nord de l’Ita- 
lie, M. L. 129, mais remplacé par le nom d’origine ger- 
manique sturiô, cf, B. W., sous esturgeon. — Sans éty- 
mologie sûre ; sans doute composé dont le premier terme 
serait du groupe de aciés, acus. 

acisculus : v. ac-. 

aclassi8 : tunica ab [ h)umeris non consuta. P. F. 18, 
31. Pas d’autre exemple. Cf. peut-être CGL II 13, 49 
aclassi, XcofjuxTa (~rc?). 

aelys, -ydis f. : petit javelot. Premier ex. dans Vg., 
Ae. 7, 730 qui l’attribue aux Osques et aux Campa- 
nïens. Terme désuet d’après Servius ad loc. ; rare et 
poétique. Vg. a un riomin. pl. grec aelydës (cf. aspidës). 
Du gr. àyxuXlç, par un intermédiaire étrusque (les 
Étrusques ont manié cette arme)? 

aenua, -ae ( agnua , agnà) f.? : nom en latin rustique 
de Yactus quadratus, « mesure de 120 pieds carrés ». Cf. 
Varr., R. R. 1 10, 2, is modus aenua latine appeUatur. 
Columelle, 5, 1, 5, attribue l’emploi du mot aux rustici 
de la Bétique ; cfl le gaul. acina (?). Rare et technique. 
V. Isid., Or., 15, 15, 5, et Sofer, p. 164. 

acrëdula, -ae [agr- par étymologie populaire) f. : -ae 
ranae paruelae in sicco uel agro marantes , undc et nun- 
cupatae , Isid., Or. 12, 6, 59. Désigne aussi un oiseau 
inconnu, correspondant à l’èXoXuY^v des Grecs, cf. Cie., 
Diu. 1, 8, 44 et la note de St. Pease, dans son édition ; 
pour le double sens, cf. büfô et bübô. Pour la forme, cf. 
ficédula, monédula , querquëdula (- tula ), d’origine incer- 
taine. Pas d’étymologie. 

æridium ( agridium ), -I n. :î scammonia, quam Latini 
acridium uocant, herba suci . plena ... uenit ex Mysia 
Asioe, Isid., Or. 17, 9, 64. 

Déformation de SæcpéSiov « suc de la scammonée », 
sans doute d’après àcer. Cf. acrimônia (et agrimônia), de 
àpYe[Ao>v7) « aigremoine ». 

âcrifolium : v. ac-. 

acrimônia : 1° v. acer , sous ac- ; 2° v. argemônia ; et 
acridium. 

acri8iola, -ae f. : pustule. Attesté dans Oribasc VI 
362, 5. Variante agressiola ? v. Berliner phil. Woch., 
1909, col. 1092. Rattaché à àcer par A. Thomas, Mél. 
Havet, p. 505.Î 


aeroama, -atis n. : emprunt au gr. dbepéa^ux «audition, 
concert », qui, outre ce sens, a également celui de « ar- 
tiste, virtuose » (Cic., etc.). 

actûtum adv. : sur-le-champ : actütum deriuatum est 
ab actu i. e. ccleritale , Prise., GLK III 76. Fréquemment 
joint à des impératifs, et notamment à dès verbes de 
mouvement, ce qui rend vraisemblable l’étymologie de 
Priscien. Neutre d’un. adj. *actütus (et. asti i, astütus). 
Il est peu vraisemblable d’y voir l’ablatif-instru mental 
de actus accompagné de l’enclitique tum, comme dans 
etiamtum. Mot du langage familier, dont l’usage, fré- 
quent chez Plaute; tend à disparaître après lui. N’est 
représenté dans la littérature impériale que par des 
exemples isolés, sauf chez Apulée, qui l’emploie cinq 
fois, par affectation d’archaïsme. 

aculeu8 : v. acus, sous àc-, 

acupedius : composé sans doute archaïque, qui n’est 
plus attesté que dans la glose : — dicebatur cui praeci- 
puum erat in currendo acumen pedurii , P. F. 9, 5. Les 
gloses ont, en outre, acupes «xuttouç, acupedium ô£i>7ro- 
SCa. Adaptation de ôÇÛ7rou<;, comme celeripes de <î>xu- 
7couç. V. accipiter. Pour la formation, cf. acquicrürius. 

acus, -eris n. : balle (du grain), purgamentum jru- 
mentû — Ancien (Caton), technique (Colum., Plin.). 
M. L. 131. Colum. 2, 10, 4 confond acus, -eris, et acus, 
-üs : durissimae quidem acus reiectae separataeque erunt 
a cudentibus, minutae ucro... aliter secernentur. Les gloses 
ont un pl. acérés;' ces hésitations de genre proviennent 
de la répugnance qu’éprouvait la langue à employer au 
pluriel le neutre collectif acus, -eris. 

Dérivés : acer àt us : -m lutum cum paleis mixtum, 
P. F. 18, 30 ; acerôsus : frumentum et panis non sine 
paleis acerôsus dictus, P. F. 203, 7 ; et peut-être ace- 
râle : Xoc6%; XaxruXou, CGL II 529, 3 (ab acere quan- 
tum digito prendas?) ; ob-acerô, q. u. 

Pour le sens, cf. gr. âxupov « balle », &xv7j « balle (de 
blé, d’avoine, etc.) » et got. ahana « balle », v. isl. ogn, 
v. h. a. agana, et, pour la forme, got. ahs « épi » (dérivé 
en *-o- du thème en -es-), v. h. a. ahir « Ahre » ; en 
latin même, agna « épi » repose sur *aknà, ci. got. ahana 
pour la forme. La gutturale est un i.-e. *kh, que le bal- 
tique représente par k : v. pr. àckons (dans le Vocabu- 
laire d’Elbing), lit. akutas * barbe (d’épi) ». Le kh inté- 
rieur, qu’établissent gr. x et balt. Àr, mais sur lequel le 
latin ne fournit aucune indication, n’a rien de surpre- 
nant dans un mot technique, populaire, comme le nom 
de la « balle » ; ce kh peut se trouver, par suite, à côté de 
l’ancien k du groupe de lat. aciés, etc. 

acus, -Ü8 : v. ac- 

ad : préverbe et préposition. En composition, le d 
final s’assimile le plus souvent à la consonne qui suit, 
cf. Prise., GLK II 47, 20 ; il s’élimine devant les groupes 
-gn-, -sc-, -sp- : agnitus , ascendô , aspiciô. On trouve iso- 
lément dans les inscriptions de l’époque républicaine, 
surtout devant les labiales / et u, une forme accessoire 
ar, e. g. SG Bac., CIL I* 581, arfuise, aruorsum, qui figure 
aussi sans doute dans arcessô et arbiter , ci. Thés. I 472, 
48. Ar- est peut-être d’origine dialectale, cf. Ernout, 
El. dial. 111. Sens : « dans la direction de, vers, à, dans 
le voisinage de » (généralement avec idée de mouve- 


— 8 


ent- d’où l’accusatif) ; se dit comme ab de l’espace et 
, temps. Distingué de in, comme a» de «; cf. Diom. 
lui reproduit l’enseignement de Varron), GLK I 415, 

« ad* et « in » quae et ipsae non unum idcmque signi- 
cant quia « in forum ire * est in ipsum forum mtrare , 
ad forum autem ire » in locum foro proximum ; ut * m 
ibunal » et « ad tribunal » uenire non unum est , quia ad 
ibunal u cnit litigator, in tribunal uero praetor aut iudex. 
t Plt Gap. 43, reducemque faciet liberum in patriam ad 
atrem] Titius, Or., p. 204, inde ad comùium uadunt... 
eniunt in comitium . Toutefois, comme le note Probus, 
jy 150 , 9, il y a des cas où la distinction entre 
d et in est peu sensible ; cf. Thcs. I 485, 25 sqq. 

Lucilius, 1134, distingue ad et apud : sic<item) apud 
e longe ah[u]d est, neque idem ualet ad se : \ intro nos 
vocal ad sese , tenet intrus apud s«>; et Servius, Ae. I 24, 
pud semper in loco signifient; ad, et in loco et ad locum. 
Du sens de « dans la direction de, vers . sont issues 
llverses acceptions dérivées, ainsi : « en vue de, pour » 
aptus, nâtus, idôneus ad) ; « auprès de, c.-à-d. en com- 
paraison de, en proportion de »; « approchant », doù 
: environ » (par ex. dans remploi avec un nom de 
îombrc homines ad centum ) ; « à l’image de, en ce qui 
ouche à, concernant » ; sens qui a dû naître de locutions 
Somme nü ad rem attinet , puis, par abréviation, nü ad 
*em m , et le souvenir du verbe s’étant perdu, ad a pu 
s’employer dans une phrase comme : ita ad Capuam res 
[les affaires concernant Capoue) compositae concilia ab 
omni parte laudabüi , T.-L. 26, 16, 11- 
Gomme préverbe, ad- marque l’approche, la direction 
vers et par suite le commencement d’une action (cf. 
Barbelenet, dans Mél. Yendryes, pp. 9-40), aussi est-il 
assez fréquemment joint à des inchoatifs : eôfadeô; 
ueniô /adueniô ; amôfadamô « je m’éprends de »; ado- 
letcô « je grandis ». Même sens dans les adjectifs com- 
posés * uneus faduncus ; edô J a d f s u s « entamé ». Il ex- 
prime aussi l’addition :dô, addô' iungô , adiungô; d’où 
provient sans doute le sens intensif signalé par Aulu- 
Gelle 6, 7, 5, quod 4 a£ praeuerbium tum ferme acueretur, 
cum significaret èwlwiv quam intentionem nos dici- 
mus, sicut « adfabre », et « admodum » et « adprobe » 
dicuntur. Cf. aussi apprïmé , adaugeô, etc. Enfin, il 
semble que ad serve à exprimer parfois un sens moyen ; 
mais cette valeur est beaucoup moins nette ; cf. Barbe- 
lenet, loc. laud. J 

Gomme ab, ad se joint à des adverbes de lieu mar- 
quant un mouvement vers un but : adeô, adhûc (cf. 
abhinc). Par extension apparaît à basse époque adubi, 
toujours avec le sens temporel, M. L. 204. Ad a servi, 
en outre, à renforcer d’autres formes adverbiales ; cf. 
adpost , ad pressum , ad prope, ad rétro , ad satis, ad semel, 
ad subito, ad supra , ad tenus, ad trans, ad uix , M. L. s. 
u., et des formes verbales dont le préverbe s’était affai- 
bli; v. F. Thomas, Recherches sur le développement du 
préverbe latin « ad », Paris, 1938. 

Dans bien des cas, l’emploi de ad et de l’accusatif 
était voisin de l’emploi du datif ; et, dès le début de la 
tradition, des verbes marquant lés mouvements, tels 
que f mitterre, adferre , etc., se construisent des deux 
façons, suivant que l’on considérait soit à l’intention 
de qui’ l’action était faite (datif), soit vers qui elle était 
dirigée {ad et accusatif). Souvent, la distinction était 
fuyante. D’autre part, certains composés verbaux en 


ad- étaient construits avec la préposition, e. g. accom- 
modàre ad, sans qu’une idée de mouvement fût impli- 
quée. Aussi, dès le début de la tradition, ad entre-t-il 
en concurrence avec le datif : GIL I* 756, 7, sei quod ad 
eam aedem donum dation donatum dedicatumquc ent ; 
Tér., Hec. 29, Hecyram ad uos refero ; et dans le prologue 
[sans doute postérieur à Plaute] de la Gasina 22, benigne 
ut operam detis ad nostrum gregem. Par contre, on trouve 
en poésie des phrases comme ù clamor caelo. Get état 
de trouble a favorisé l’extension de l’emploi de ad aux 
dépens du datif. — Attesté de tout temps. Panroman ; 

M. L: 136. . - _ . .. 

L’osco-ombrien employait ad, de même que le latin, 
comme préposition, avec l’accusatif, et comme pré- 
verbe : ombr. -af -a (postposé), et osq. ad-, ombr. af- 
ors- (préverbe). L’osq. adpûd répond, pour le sens, à 
lat. quoad. L’osco-ombrien a des formes élargies par -s 
(cf. ab, abs) : osq. az hûrtûm « ad lücum » (tabla 
d’Agnone). Le traitement aberrant or- de v. lat. aruor- 
sum , etc., a des parallèles dans des traitements autres, 
mais aussi aberrants, de d final en ombrien, ainsi dans 
af-putrati « arbitrâtü » ; pour un échange entre d et r à 
l’intervocalique, v. càdüceus et merïdiês. Hors de l’ita- 
lique, ad- se retrouve en celtique, mais seulement 
comme préverbe, ainsi v. irl. ad-con-darc « j’ai vu » 
(v H Pedersen, V. G. d . kelt. Spr., II 5 585, 1; p. 291), 
en germanique, got. at, etc., comme préverbe, et aussi 
comme préposition accompagnée du datif souvent, et 
aussi de l’accusatif, en phrygien (o66eper, oWooar, 
dSauvrîv). Hors de ces quatre langues, ad ne se retrouve 
pas ; il y a ici un fait dialectal indo-européen ; toutefois, 
on peut sc demander si, dans skr. dcchd « vers » et dans 
arm. c (suivi de l’accusatif; même sens), il n’y aurait 
pas une forme apparentée h ad, avec une particule ana- 
logue à ce que l’on trouve dans gr. hm et dans lat. 
usque. Le sens de lat. ad, etc., est à peu près celui de 
gr. Ttpoç, irpott et won et des mots correspondants en 
indo-iranien, en baltique et en slave. — A en juger par 
v. h. a. z-ougen en face de got. at-augjan « montrer », 
peut-être aussi par lat. dücô (v. ce mot) et dônec , il y 
aurait eu une forme *d- qu’il serait possible de rappro- 
cher de gr. 8e, v. si. do « jusqu’à », etc. ; de irl. to- f do-, 
et, par suite, du groupe de lat. et, etc. Mais ces rappro- 
chements sont lointains et douteux. Cf. aussi Vendryes, 
Rev. Gclt., 42, 401-403. 

adagiO, -Oui» f. (et adagium, -i n.) : v. aiô. 
adamis -antis (et adamins par étymologie populaire 
qui le rapproche de adamàre; pour l’extension de la 
terminaison participiale, cf. inciéns, praegnàns) m. : 
lo fer (ou métal) très dur, solidoque adamante columnae, 
Vg., Ae. 6, 552 ; 2° diamant. Emprunt d’abord exclusi- 
vement poétique, puis répandu par la 1. de l’Église, au 
gr. àSdpaç. Mais au sens de « fer dur » du nom grec 
s’est ajouté celui de magnés , e. g. Plin. 37, 61 adamas 
dissidet cum magnete in tantum ut iuxta positus ferrum 
non patiatur abstrahi ; d’où fr. aimant à côté de diamant. 
Les formes romanes remontent à adamas, *adimas et 
*diamas, M. L. 142, v. B. W. sous aimant et diamant ; 
l’irl. ad am aint à adamantem . Adimas est le représentant 
phonétique attendu de i&&[uxq. Ce peut être la forme 
orale, tandis que adamas est une transcription savante, 
cf. elephantus. Diamas , d’après ôiwpavfc, se comprend 


9 — 


adülor 


mieux si *adimas et adamas ont vécu côte à côte. 

adarea, -M ( adarçë , -és) f. : écume de roseau, gr. xaXa- 
jioxvoôç, plante parasite employée en médecine ; cf. 
Plin. 16, 167 ; 20, 241 ; 32, 140. Mot gaulois, mais sans 
doute passé dans Pline par l’intermédiaire du gr. àMp- 
xjjç, -xtj. V. Frisk, s. u. 

adaâia : m. de gloss. — ouïs uetula recentis portas. 
P. F. 11, 13 ; cf. GGL II 564, 18, adasa : pro (1. prae?) 
senectute sterüis. Non expliqué ; sans autre exemple. 

addax, -aeis m. — sorte de gazelle. Mot africain, 
signalé par Pline, 11, 124. 

adeô adv. : v. eô. 

adeps (adips), -ipig c. Le genre féminin semble avoir 
prévalu jusqu’à Gelse et Golumelle ; puis le masculin 
domine, cf. Thés. I 630, 13 sqq. : s’emploie aussi au 
pl. adipis ; un doublet alipes blâmé par l’app. Probi, et 
qui figure aussi dans les Gloses, cf. Ernout, El. dial., 
p. 98, a survécu dans les langues romanes, M. L. 161 : 
graisse, et « terre grasse » ou « partie de l’arbre qui est 
pleine de sève ». — Ancien (Lucil., Varr.), technique et 
populaire. Formes romanes rares. 

Dérivés : adipdtus (class.) : gras; adipâlis , - peus , 

-pinus (tardifs). 

Se retrouve en ombrien afipes, afepes « adipibus », 
également au pluriel collectif. Peut être emprunté à un 
dialecte italique, qui lui même aurait emprunté le gr. 
&ciç« ; cf. les flottements qui apparaissent en latin 
même, dans odor : oleâ, sedeô : solium, etc. 

ftdfaüm : v. fatis. 

admini eolma (-elum Plt.) , 4 n. : étai, échalas, appui 
(matériel ou moral). Dérivés : adminicidor et admini- 
culô « étayer, appuyer, aider » ; adminiculdtié , -culdbun- 
dus (tardifs) ; adminicida « servante » (Ven. Fort.). — 
Ancien mot de la langue rustique ; usuel et classique. — 
Non roman. 

Terme technique d’étymologie incertaine ; mais le 
rapport avec le groupe de minas est plus probable que 
le rattachement à moenia. 

admisafirius : v.. admiuô'som mittô. 

adoleô, -és, -fui, adultum ( adultus dans les Gramm., 
cf. Thés. I 793, 41 sqq. ; adolitus,adolgtus dans les Gloss.), 
-ère : faire brûler, consumer par le feu. Appartient sur- 
tout à la langue religieuse ; n’apparaît dans la langue 
commune que chez les écrivains de l’Empire, surtout 
chez les poètes. Verbe rare, de couleur archaïque. 

Le sens de « faire brûler » est bien attesté, tant dans 
les textes que par les Gloses ; cf. Vg., B. 8, 65, uerbe- 
nasque adole pinguis ; Ae. 3* 547 ; 7, 71, etc. ; et, entre 
autres, Festus, 190, 24, Lacedaemonii in monte T aygeto 
equum uentis immolant , ibidemque advient, ut eorum flatu 
cinis eius per finis quam latissime differatur. C’est ce 
sens qui est conservé aussi dans l’indigitamentum Ado- 
lenda et le composé adolefaciô (Acta Ara. 16, a. 224). 
Toutefois, en raison de la rareté et du caractère tech- 
nique du verbe, le sens ancien a cessé rapidement d’être 
compris, et l’étymologie populaire a rattaché adoleô à 
adolëscô, l’opposant à aboleô, sur le modèle fourni par 
les groupes adeô, dbeô, etc. Ainsi Servius, Ae. 4, 57, et 
Nonius interprètent adolére par auctius facere, augëre , 


et Tacite écrit, A. 14, 30, captiuo cruore adolere penales. 
Inversement,- adoleô semble avoir déterminé certains 
emplois de aboleô ; v. Ernout, Philologica, I, 53 et s. Plus 
tard même, a été rapproché de oleô « sentir ». 

Inchoatif : adolëscô (Vg., G. 4, 379). 

Ombr. : ufetu « adolêtum » indique que l’a intérieur 
de adoleô serait un ancien o (en face de l’a de altàre). 
On rapproche souvent des mots germaniques isolés et 
tout différents, comme v. isl. ylr « chaleur ». V. akà- 
ria. 

Aucun rapprochement sûr. Le mot ne semble pas 
attesté en dehors de l’italique. 

adolëscô : v. aboleô, alô. 

ador, -oris n. : sorte de blé ; farris genus, P. F. 3, 19 ; 
frumenti genus. Non. 52, 20. La forme edor signalée par 
l’abrégé de Festus comme ancienne est sans doute une 
pure invention pour justifier l’étymologie « ab edendo ». 
Les grammairiens enseignent que l’a de adoris peut être 
long, ce qui est singulier. Priscien déjà s’en étonne, 
GLK II 236, 21. En fait, la longue n’èst attestée que 
dans un seul ex. (Gannius cité par Prise., loc. laud.) et 
dans le dérivé adôreus e. g. Vg., Ae. 7, 109, instituuntque 
dopes et adorea liba per herbam, où elle sert à éviter une 
suite de quatre brèves. Les autres passages où figure 
adoris ont l’o bref ; et adôreus peut être une licence mé- 
trique favorisée par l’étymologie populaire qui rappro- 
chait ador de adôràre, cf. Non. 52, 14 et Priscien, GLK II 
236, 21. Mots rares et vieillis ; cf. Plin. 18, 81, far quod 
adoreum ueteres appellauere. Non roman. 

Le rapprochement, tentant, avec got. atisk « cnnS- 
pt pet », v„ h. a. ezxesc , se heurte à l’isolement du mot 
germanique; gr. dtfWjp « barbe d’épi, pointe » est loin 
pour le sens. V. Frisk, s. u. 

adôria, [adôrea) f. ; gloire ou récompense militaire. 
Térme rare et archaïque, qui reparaît à basse époque. 
Les anciens, par étymologie populaire, le dérivent de 
ador « quia gloriosum cum putabant qui farris copia abun- 
daret », P. F. 3, 22, pu def adôro, e. g. Serv. auct., ad 
Ae. 10, 677, ueteres adorare adloqui dicebant; nam ideo 
et adorea {-ria F) laus bettica , quod ■ omnes cum gratida- 
tione adloquebantur qui in bello fortiter fecit. 

Sans étymologie. Il n’y a rien à tirer de la glose isolée 
odorat , triumfat, CGL IV 483, 14, ni de Lyd., Mag. 1, 46, 
<£8<i>pàTopcç, Pcrtpovot, xlptovcç ; 1, 47 dt8o>pdrropcç ol *Po>- 
puxtoi toÙç <jbcojzâx°u<; xaXoûoiv. 

adnersas : v. uertô . 

sdfilor, -Iris, -Jttus snm, -Iri (doublet arch. et post- 
class. adûlô, cf. Thés.: I 877, 58 sqq. : le déponent peut 
être analogique de blandior , comme la construction avec 
le datif : cf. Quintilien, I. O. 9, 3, 1, « huic » non « hune » 
adulor iam dicitur) : flatter, caresser. Le verbe semble 
avoir eu à l’originê un sens concret, comme le gr. oofao, 
et s’être dit des animaux', notamment des chiens, qui, 
pour témoigner leur joie du flatter leur maître, s’ap- 
prochent {ad-} en remuant la queue, cf. par ex. Ov., 
M. 14, 46, perque ferarum / agmen adulantum media pro- 
cedit ab aida (Circe),e t id., ibid. 14, 259; et Non., 17, 
2, adulatio : blandimentum proprie canum, quod et ad 
homines tractum consuetudine est ; Gel!., 5, 14, 12, leo 
caudam more atque ritu adulantium canum clementer et 
blonde moud, hominisque corpori se adiungit. S’est en- 


uller 


— 10 — 


— 11 — 


it e appliqué à l’homme. S’emploie absolument, ou 
ec un complément au dat. ou à l’acc. Ancien (Accius), 
uel et classique, mais non dans les comiques. Non 

man. 

Dérivés : adûlàtiô (class.), -tor, -trïx, -tôruts (tous 
trois d’époque impériale) ; adûlàtus, -üs m. (Gloss.) ; 
adûlâbilis (Non., Amm.). 

Dénominatif? On rapproche skr. vâlah, vàrah « queue », 
t. valal « queue de cheval ». 
adnlter : v.alter. 

Aecetia : v. acquus. 

aedfis {aedis; ancien aidés), -isf. : est, pour la forme, 
un verbe *aedô, non attesté, cf. gr. ottOo (en latin aes- 
is, acstâs) comme cacdés k caedô. Sens premier « foyer, 
iècc où l’on fait du feu ». Le singulier désigne spécia- 
îinent la demeure du dieu, le temple, qui n’est à l’ori- 
ine composé que d’une seule pièce, et a dû d’abord 
'appliquer à Yaedês Vcstac , dont la forme ronde rap- 
pelle la hutte primitive avec le feu au milieu (cf. le sens 
[e acdicula). Le pl. acdés , -ium a la valeur d’un collec- 
if, comme forés , et désigne l’ensemble d’une construc- 
ion. A l’époque impériale, aedés est devenu un terme 
général sans rapport avec sa signification première : 
[ppeüatione... autem aediumomnes species aedijicii con- 
inentur , Gaius, Dig. 47, 9, 9; — Ancien et usuel ; non 
•oman. 

Dérivés et composés : acdicula et aedicla ; aedïîis : 
qui aedis sacras et priuatas proeuraret , Varr., L. L. 5, 
81, emprunté par l’osque : aldil ; et aedilitâs (pour la 
forme, cf. tribülis) ; aedüicius ; aedificô , -às : olxo- 
So[lS>, et ses dérivés, M. L. 229, et exaedificô ; aedifi- 
cium a donné irl. aicdc (?) ; aeditumus [-timus), aedi- 
tuus : « gardien de temple ». Le premier de ces mots 
est ancien d’après Varr., R. R. I 2, 1, et serait formé 
de même que fïnitumus, légitimus , comme l’a vu Ser- 
vius Claudius ap. Cic., Top. 36 ; aedituus est récent 
et formé « a tuendis aedibus », cf. Yarron dans A. G. 
12, 10, 1. Lucrèce a une forme acditucntés , et Pompo- 
nius un verbe aeditumor ; on trouve épigraphiquement 
aeditua , -ae, et aedituô , -as. L’abrégé de Festus dis- 
tingue les deux mots : « aedituus, aedis sacras tuitor, 
i. e. curam a gens, aeditimus , aedis intimus », distinc- 
tion établie uniquement pour justifier la coexistence 
des deux formes. Sur aeditumus est formé daustritu- 
mus (Laevius). Subaedànus (-didnus) : qui travaille 
dans la maison (Inscr.). 

Le mot latin appartient à la famille que représentent 
skr. édhah et idhmdh « bois à brûler » et inddhi (3« phir. 
indhaté) « il s’allume », gr. al0o> « je brûle » et fôapé<; 
« clair », irl. àed « feu », v. angl. âd et v. h. a. eit « bû- 
cher », racine représentée aussi en latin par aestûs et 
aestus. Gomme plébés à côté de plébs et nûbés k côté de 
nübs, comme sédés dont on a l’ablatif sëde et le génitif 
pluriel sédum , le mot aedés , aedis repose sur un ancien 
thème radical, de forme *(a)idh-, etc. Ce thème n’est 
conservé nulle part, mais les dérivés grecs aMHjp, otiôéç, 
atfcûv, aïôo<J>,î alOouca en supposent l’existence ; le vé- 
dique a sam-idham , sam-idhe « pour, faire flamber » et 
su-fom-idh-d c avec le fait de bien brûler (?) » en face 
de agnîdh- « qui fait brûler le feu ». En latin, l’élargisse- 
ment -i- a été généralisé (abl. aedi, gén. plur. aedium , 




acc. pl. aedis , k côté de quelques aedés , tandis que l’acc. 
pl. sédés est constant). 

aeger, -gra, -groin : malade (en insistant sur l’idée de 
souffrance et de peine causés par la maladie). 

De là aegrum n. : peine, chagrin : Plt., Am. 640, 
plus aegri ex abitu uiri quam ex aduentu uoluptatis cepi ; 
aegrë : avec peine, d’où « difficilement », opposé à facile , 
Cic., CM. 72 ; Sali., lu. 83, 1 ; aegrimônia (- nium n. arch. 
et rare) et aegritüdô : souffrance (surtout morale). 
Aegritâs n’existe que dans Pseud. Gypr., adu. Iud. 5. 

Le malade, la maladie physique s’expriment par le 
dérivé de aeger , aegrôius (M. L. 231), d’où aegrôtô , tous 
deux anciens, aegrôtàtiô et d’autres dérivés tardifs et 
techniques; cf. Serv., Ae. 1, 208, aeger est et tristis et 
male ualens , aegrotus ... s lue aegrotans tantummodo male 
ualens ; et Cic., Tusc. 4, 29, ut aegrotatio incorpore, sic 
aegritudo in animo nomen habet non seiunctum a dolore. 
— Ancien, usuel. Non roman. 

Aeger est l’adjectif de morbus ; sur la différence entre 
aegrôtàtiô et morbus , voir ce dernier. 

Autres dérivés : aegror, -ôris (Lucr.), aegreô (id.), 
aegrêscô , - is . Les gloses ont aussi un composé aegripô- 
mium fait sur le modèle de gr. çOivé-rccopov. 

La dérivation de aegrôtus est sans autre exemple en 
latin (sauf peut-être Çaprôtînus). V. Gnomon 3, 657. 
L’influence du type grec en -<ùtoç semble difficile à ad- 
mettre parce que les adj. en -oiroç ne s’appliquent pas 
(comme le type verbal en -<ooo<ù) aux maladies, et que, 
d’autre part, -oroç ne formait de dérivés que de subs- 
tantifs et non d’adjectifs. M. Manu Leumann a sup- 
posé, en dernier lieu (Die Sprache, Bd. 1, p. 211 et s.), 
qu’il fallait partir du verbe aegrôtô , hybride gréco-latin, 
formé sur aeger comme T\xpXâ>ooco (-tto) sur T09X&Ç, qui 
serait un terme de médecine. Aegrôtus serait un adj. 
tiré secondairement du verbe. 

Pas de correspondant en dehors de tokh. A ekro, 
B aik(a)re « malade ». Le* noms de maladies se renou- 
vellent souvent, et, par suite, on ne saurait s’attendre 
à leur trouver une étymologie indo-européenne com- 
mune. La diphtongue en a- se retrouve dans nombre 
de formes c populaires » exprimant une infirmité, caecus , 
scaeuus , taeter, un malaise, taedet , etc. ; cf. aussi caedô, 
laedô. V. de Saussure, Adj. i.-e. du type caecus , dans 
Recueil de publ. scient., 1922, p. 595 et sqq. 

Àegyptus, -I m. : Égypte ; emprunt au gr. Atywcroç. 
De là àegyptus, aegyptius {aeguptius), aegyptiâcus, *ae- 
gyptànus passés dans quelques dialectes romans avec 
des sens divers, M. L. 233-235. 

aemidus, -a, -um : turnidus, inflâtus. Non attesté en 
dehors de Festus et des gloses. 

Cf. arm. aytnum « je m’enfle, je me gonfle », aytumn 
« enflure » ; et, avec un autre vocalisme, gr. ol&£*> « je 
m’enfle, je me gonfle », oIÔoç « gonflement », oT8pa 
« gonflement des vagues » ; le vocalisme de v. h. a. eix 
« abcès. Ulcère » est ambigu. On partirait de *aid-me jo- 
ou *aid-sme fo « enflure ». Pour la diphtongue, cf. aeger. 

aemulus, -a, -um (adj. très souvent substantivé au 
masc.) : émule, et « rival, envieux »; cf. Serv., Ae. 6, 
173, — .modo eiusdem rei studiosus ... alias inimicus 
inuenitur. — Ancien, usuel. Non roman. 

Dérivés : aemulor , -ôris ( aemulô ) : égaler en imitant, 


être émule ou rival de ; àemulàtiô (souvent avec un 
sens péjoratif, cf. Cic., Tusc. 4, 17 ; Non. 43, 7) ; aemu- 
lâtor (un seul ex. de Cic. ; tous les autres sont de 
l’époque impériale) ; aemulàtus (Tac.). 

Aucun rapprochement sûr. On pense naturellement 
à imitor , lui-même obscur. Formation de nomen agentis 
en -ulus, et. bibidus, crédulus, etc. Pour la diphtongue, 
cf. aeger, aequus. Pour l’alternance aefi, cf. caedô et 
scindé , maereô et miser ; gr. af0o> et I0ap6ç. 

aequor : v. le suivant. 

aequus, -a, -um ( aiquos CIL I* 581, 26 S. C. Ba. ; 
aequos, accus ) : uni, plan dans le sens horizontal, qui ne 
présente pas d’inégalités; cf. Dion. Hal., Ant. 15, 4, 
alxov... bnb tô>v *P<ûjiat<ùV t 6 |x.7jôe{j.toev Ijçn èÇoxrçv xa- 
Xeïrai, et in aequum locum deducere de Sali., lu. 42, 
qui correspond au tlg tcov xarocSatveiv de Xén., 
An. 4, 6, 18. De cc sens physique sont dérivés des sens 
moraux : 

1° « égal, ne penchant d’aucun côté », et par suite 
€ juste, impartial » (souvent avec nuance laudative et 
joint à bonum, cf. Thés. I 1041, 1) ; Serv. Ae. 2, 426, 
iustum sccundum leges uel cliqua ratione constrictum , 
aequum iuxta naturam. C’est le sens aussi de acquit as, 
-àtis (f.), cf. Don., Ad., p. 51, ius est quod omnia recta 
aique inflexibilia exigit, aequitas est quac de iurc mulium 
remittit. 

2° dans la langue militaire, par opposition à iniquus , 
aequus a désigné un avantage de terrain pour l’un des 
partis et a pris le sens de « avantageux, favorable », cf. 
Gaes. , B. C. I 85, 2, qui etiam bond condieione et loco et 
tempore aequo confligere noluerü, sens qui s’est étendu 
aux personnes. Le fait que aequus a pris cette valeur 
par opposition à iniquus apparaît dans des exemples 
comme T.-L., 38, 40, 14, prout locus iniquus acquusue 
his aut illis , et Ov., Tr. I 2, 6, aequa Venus Teucris, Pal- 
las iniqua fuit. — Ancien, usuel. 

Dérivés : acqué adv. (sur la construction du type 
nuüus me... aeque miser, v. H. Morland, Symb. Os- 
loenses, 11, 77) ; aequor , -ôris n. : surface plane ; cf. 
Enn., A. 137, tractatus per acquora campi; Col., 8, 17, 
3, maris aequor ; d’où spécialement c surface de la 
mer », Enn., Praet. 4, et acquora salsa ueges ingentibus 
undis , peut-être d’après gr. irfrarfoç, et généralement 
« mer ». Pour le genre, cf. rôbur , rôbôris. Les deux noms 
sont neutres, parce qu’ils désignent des choses, par 
opposition au typé nigror , -ôris (m.), qui désigne des 
qualités. Aequor est surtout usité dans la poésie dac- 
tylique, où il remplace des formes amétriques de mare 
[ mdrlâ , etc.) ou fournit des dactyles commodes. 

aequitâs, -àtis i. : presque uniquement employé au 
sens moral « équité », M. L. 239 a. Il y a en volsque 
un nom propre Aecetia qui correspondrait à un latin 
Aequitia. V, Thés. s. u. 

aeqùô, -às : aplanir, rendre égal, d’où « égaliser, 
égaler », M. L. 239; germ. ïkôn « aichen »; aequdtiô , 
-tor. De là : ad-aequô , M. L. 138 ; ex aequo, M. L. 2930 ; 
inaequô , 4330 ; inaequàtus : non égalé ; aequàmen 
{- mentum) : niveau ; aequàlis, acquàbilis, que la langue 
a différenciés dans l’emploi : 

1 1° aequàlis (de aequus, comme sociàlis de socius) : 
de même taille, de même grandeur, et par là « de 


»5r 

même âge », puis « égal » (cf. pour le suffixe sodâlis). 
M. L. 238 et 237. *aequâliâre. Subst. aequàlitàs (class. 
= parfois éjjuxXérrçç, 6 jioi 6 tïj<;), M. L. 238 a 

adv. aequâliter. 

Composés : coaequâlis, inaequàlis (époq. imp.) ; 
inaequâlitàs (Varr.). 

2° acquàbilis (de aequo) : égal dans toutes ses par- 
ties (avec idée de totalité ou de continuité), qui peut 
être égalé à (Plt., Cap. 302) ; équitable, ou « toujours 
égal, constant * (joint à cônstâns, perpetuus). De même, 
aequàbilitàs désigne l’égalité d’humeur, la constance. 
Varron l’emploie, en outre, pour traduire àvaXoyla 
comme il rend àvtofxaXia par inaequàbilitàs, L. L. 9, 
1. Adv. aequàbüiter. Mots de la prose et de la langue 
écrite. 

Le contraire de aequus est iniquus qui a le triple 
sens de : « inégal ; inique ; défavorable » ; de là ini- 
quitàs. M. L. 4438. 39. 

Aequus sert de premier terme à de nombreux com- 
posés, appartenant à la poésie ou aux langues tech- 
niques, dont beaucoup ne sont que des calques de 
composés grecs en loo- ou parfois en ôpo- : aequani - 
mis {-mus) : dérivé de la locution courante aequo 
animô « d’une âme égale », d’où aequanimitàs , aequani- 
miter ; aequaeuus = Icr^xpovcx; ; aequiangulus — Icro- 
ycôv'cx; ; aequicrûrius = tooaxeXfjç ; aequidiâlis = 
l<rr}[xcpo<; ; aequidicus = IcréXexToç ; acquiformus 
{-mis), aequilaterus {-lotus) = l<T6TcXEUf>o<; ; aequüïbri- 
tàs — icrovojxla ; acquilïbrium = lowrra0p.ta ; aequi- 
membris — laéxcaXoç ; aequinoctium , -i = Urovôxnov 
d’où irl. ecenocht ; aequipollëns — larô&jvajjtoç ;1 ae qui- 
sonus — laéfOoYYoç, laérovoç ; acquiuocus — ôjiwvu- 
poç, etc. 

aequiternus , -a, -um (Sid., Claud.) : formé d’après 
sem piler nus. 

aequiperô, -às et ses dérivés ; qui ne peut être tiré 
de *acqui-parô, mais semble plutôt le dénominatif 
d’un adjectif *aequi-pcrus (cf. puerpera). C’est secon- 
dairement que aequiperô a été couplé avec superô , et. 
Corn. Ncp., Them. 6, 1, ut ipsam urbem dignitate ae- 
quiperaret, utilitate superareL Dans la basse latinité, 
on a dit aequipàr d’après pàr. 

Aucun rapprochement sûr, comme pour la plupart 
des mots à diphtongue en -ae-.\ 

fiêr, iêiis m. : air ; emprunt à gr. <fclj p, dépoç. Au temps 
d’Ennius, le mot était senti comme étranger, ainsi qu’on 
le voit par Ennius, K. 148 V* : uento quem perhibent 
Graium genus aéra lingua. Toutefois, tout en attribuant 
encore le mot aux Grecs, Ennius emploie dans son Epi- 
charme, Var. v. 56, l’accusatif latinisé àërem ; et, pour 
Plaute, le mot àér est courant, puisqu’il parle, dans 
FAsinaria v. 99, de piscari in acre. Et Cicéron constate 
que àér est devenu latin (N. D., 2, 91 ; Acad. I 26) ; en 
revanche, l’effort fait depuis Pacuvius pour latiniser 
aethir n’a pas abouti (v. Cicéron, ibid.). Du reste, àér a 
gardé, notamment dans la poésie dactylique, sa forme 
grecque dans acc. àera, d’où ital. aria; au contraire, 
fr. air repose sur la forme latinisée âcrem. — Ancien, 
usuel. Panroman, M. L. 240; irl. der , britt. ayr. L’adj. 
dérivé àerius, attesté à partir de Varron d’Atax, Ca- 
tulle, Lucrèce, et surtout poétique, transcrit le gr. U- 
ptoç. On a aussi Serinus : d’air, couleur d’air. 


acra 


— 12 — 


aéra, -ae (éra) f. (sans doute pluriel de aes,acris consi- 
déré^mme un léminin singulier) : 1» n ° m * re ’ c £ 

(sens qu’avait le n. pl. aéra, ci. Cic. ap. Non-, 193, 1 , 
soles si aéra tingida probasti, summum. . . non probant) , 
2 ..èré d’où STaer. - Mot de basse époqueV^Ku- 
bitschek, Grdr. d. antiken Zeitreehnung, p. 77 ; et Sofer, 
p. 116- M. L. 241- 

aera, -a© 1- : ivraie, mauvaise herbe, dans Plin. 18, 
155. Transcription du gr. odpa. 
ærSni8 : v. aes. 

sert, -ônifl (irô, hérô, -ônis) m. : panier, corbeille ser- 
vant à porter et à monter des matériaux. Terme tech- 
nique, dérivé sans doute de gr- 4 * l P“- a - .P* u ^ 

être aerumna, aerumnula. M. L. 2903. Dénvé : («)«* 
nàlisA 

aerumna, -aef. : souffrance, épreuve. Aerumna est 
défini par Cicéron aegritudo laborwsa , Tu 4 8, 18, et 
qualifié de tristissimum uerbum , Fi. 2, 35. C est un terme 
plus expressif que îabor ou dolor. 

Dérivés : aerumnula : aerumnulas Plauius referl fur- 
cillas quibus religatas sarcinas uiatores gerebant ... Ita- 
çue aerumnae laborés dnerosos signifieant; siue a 
Graeco sermons deducuntur. Nam crfpetv Graece La- 
tine ioüere dicitur. P. F. 22, 13 ; aerumnàtus, -nôsus ; 
aerumnàbilis (Lcr.). . 

Comme on le voit par le diminutif, aerumna a dû dési- 
gner un faix, une charge, avant de prendre un sens mo- 
ral (cf. le sens pris par le fr. travail , de bas latin tri- 
palium * instrument de torture formé de trois pieux ») ; 
de là, aerumnâs ferre , gerere (Ennius), sustinire, Uuàre ; 
aerumna grauescù (Lcr,)- H est archaïque et poétique ; 
et, en prose, il garde un cachet particulier. Toutefois, 
sous l’Empire, Tusagc s’en raréfie dans la poésie (Vg. 
l’ignore), pour devenir plus fréquent dans la prose. On 
le trouve dans la Vulgate. Àmmicn l’emploie avec le 
sens de « défaite ». 

Aerumna est généralement expliqué, d’après Festus, 
comme venant de olpopévrj, mais il n’y a pas d’exemple 
en grec d’emploi substantivé de ce participe féminin. 
XJn emprunt à l’étrusque n’est pas impossible, v. Er- 
nout, Phiîologica, I, p. 33. 

ærviSCÔ -ir© : quémander; verbe archaïque (Liv. 
Andr.) cité par des glossateurs, notamment Festus, et 
par Aulu-Gelle, qui le rattachent, par étymologie popu- 
laire, à aes : aeruscare : aéra undique , i. e. pecunias eoüi- 
gere P. F. 22, 23. Un dérivé aeruseilor est dans Aulu- 

La forme rappelle un thème, de type unique en mdo- 
iranien, plusieurs fois attesté dans les gâthâ de l’Avesta, 
celui de iiasà « je cherche à obtenir »; pour la forme, 
cf. gr. dpéoxcd. Il s’agirait du dérivé d’un thème 
aisas-ke fo-, de la racine représentée par v. h. a. eiscôn 
et lit. Sikoti « désirer » (avec le même procédé de déri- 
vation qu’on observe dans lat. aeruscàrc), arm. aye « re- 
cherche » et par skr. iechdte , av. isaiti « il désire » (alter- 
nance aisfis -, comme dans aemulus , imiter?).! L’« de 
ombr. eiscurent « arcessierint » est ambigu ; de quelque 
façon qu’on l’interprète, ce mot atteste l’existence de 
la racine en italique. Pour la forme, cf. coruscâre. 

ms (anc. *i*) f aeris n. : « cuivre » et « bronze ». A. fac- 


tum « bronze travaillé » et a. infectum « quod m massis 
est » ; o. gràue « bronze au poids », première forme de 
la monnaie (cf. per aes et libram ) remplacée par 1 «. 
sitnStum « bronze estampé • ; a. candidum « laiton ». 
Ancien, usuel. - Spécialisé bientôt dans le sens . mon- 
naie, argent », de là aerârium « trésor publm»; aes aUf- 
num « argent d’autrui, dette ., cf. Ulp., Dig. 50, 16, 
213, 1, aes alienum est quod nos a lits debemus, aes suum 
est quod alii nobis debent ; obaerâlus, cl. Varr., L. L. 7, 
105, et aerâtor : débiteur (gl.) ; aesculor : amasser de la 
petite monnaie (tardif), Aussi le sens de « bronze » a-t-il 
finalement été réservé aux dérivés aerâmen aerâmentum, 
proprement . Objet de bronze, cf. gr. Aéra- 

men, arSmen est demeuré dans les 1. romanes. M. L. 242 , 

B. W. sous airain. . 

L’ancien adjectif dérivé est tenus, aUnus, issu de 
*ayes-no-s, d. ombr. alternes « abênls ». L allongement 
de la seconde voyelle à la suite de l’amuissement de 1 » 
faesnos > •aesnos > ainus) a eu pour conséquence le 
maintien de l’« initial, d’où iinus on face de an -, en 
latin comme en ombrien, ceci a été marqué par 1 intro- 
duction d’un A purement graphique : ahlnus (ci. ahala 
etc.). L’étrangeté de la forme a frappé les érudits, cf. 
Serir Ae 1 357, soluiio dicenda est quomodo dicunus aena 
(1 aéra?) et aëna. Hoc auiem solum huiuscemodi uerbum 
in Latia inueniiur. Sous i’in licence du type en -eu» des 
adjectifs indiquant la matière, on a fait «W*neus; cf. 
terrâneus. La dérivation aes | a(h)ênus était inintelli- 
gible en latin ; d’après ferrum | ferreus, etc., sur le thème 
aer- du génitif a été créé l’adj. aereus , non attesté avant 
Varron Virgile emploie conjointement la forme an- 
cienne et la forme nouvelle, Ac. 1 448-449 - Aerta eu i 
gradibus surgebant limina nexaeque | Acre trabes fonbus 
cardo stridebat ahenis. De ainus {aineus) dénve ainàior 
(aineàtor) « joueur de trompette ». 

Autres dérivés : aerâtus : bronzé, aerôius « sntoxàX- 
xoc » aeràrius « concernant le bronze, ou la monnaie, 
le trésor » ; et peut-être aerànis? qu’on lit dans Isid., 
Or 12 1, 53, ceruinus est color equi, quem uolgo gaura- 
nem dicunt. Aeranem idem uolgus uocat , quod in modum 
sit aerei coloris ; mais, dans le lib. Gloss., le mot est donné 
sous la forme aeramen, cf. Thés. s. u. et Sofer, 21 et s. 
M. L. 242 (ae- et * or amen) ; aerâmentum (v. Lofsteat, 
Phil. Comm . x. Peregr. Aeth ., p. 231) *, aerügô (avec un 
doublet aerüca, -ae) : rouille de cuivre, vert-de-gris ; cf. 
jerrügô, linugô , rôbïgô ; d’où aerüginôsus ; les formes 
romanes remontent à aerügo et aerïgo (ce dernier sans 
doute d’après rôbïgô }, M. L. 243. Sur aesculor « *«Xxo- 
XoyS », v. Samuelsson, Glotta, 6, 229. 

Composés : ahénobarbus : surnom de la gens Domitia, 
avec un vocalisme o au lieu de i, étonnant, mais non 
sans exemple, cf. Prïmogenia (influence du type grec 
en -o? ; cf. Stolz-Lcumann, Lat. Gr.*, p. 248). — En 
outre, nombreux composés poétiques en - aeri traduisant 
pour la plupart des adjectifs grecs en xa>xo- : aericre- 
pâns xoXxéxporoc ; aeripes tcouç ; aerisonus X a>x6- 

Un verbe adaerô, -às « taxer, évaluer en argent » est 
également attesté, avec son dérivé adaerâtiô , dans- la 
basse latinité. Pour aestumô , v. ce mot. 

Ce nom indo-européen du « cuivre » ou du « bronze » 
est aussi conservé en germanique : got. aiz (gén. aizis), 
etc., et en indo-iranien : skr. dyah (gén. dyasab), av. ayô 


— 13 


acuus 


(gén. ayanhô). Ainsi que le pense M. Niedermann, aes 
repose sans doute sur *ay{o)st avec syncope, comme rûs 
sur *rcw(p)s. 

Aes a les deux sens « cuivre » et « bronze » (cf. Plin. 34, 
1 aeris métallo.) . Le nom du « cuivre » cuprum n’apparaît 
que tardivement ; v. ce mot. 

aeseuluSjî-ï ( aesclus , esculus) f. : variété do chêne, 
peut-être celle qui produit le gland doux, qui diffère du 
quercusj du rôbur et de Vîlex. Ce serait le Quercus Far- 
netto d’après P. Fournier. Attesté depuis Veranius. Rat- 
taché à esca par étymologie populaire, cf. Isid., Or. 17, 
7, 28 ; et esculcntus. Conservé en ital., M. L. 244. Celt. : 
irl. escal. 

Dérivés : aesculeus, aesculinus , aesculneus (pour la 
formation, cf. populus : populnus , -eus) ; aesculètum : 
chênaie ; nom d’une place de Rome, cf. Varr., L. L. 5, 
152 ( esculêtUm ). 

Le rapprochement avec gr. alylXaxj' « sorte de chêne » 
et avec v. h. a.î eih, v. isl. eik « chêne » ne se laisse pas 
préciser. Mot méditerranéen? Cf. H. Schuchardt, Die 
roman. Lehnw. i. Ber ber., p. 16 et s., et Bertoldi, Ling. 
stor p. 191, qui rapprochent berb. ikéir, basq. eskur , 
gr. (Scxpa (v. Frisk, s. u.) 

æstâs, -âtis f. ; aestus, -Üs m. Cf. aedés. Aestàs 
semble issu par haplologie de *aestitâs, comme honestâs 
de *honestitàs , cf. honestus. La parenté des deux termes 
était sentie des anciens, « ab aestu aestas » dit Varr., L. 
L. 6, 9. La langue les a différenciés dans l’emploi, bien 
qu’à l’origine ils aient désigné l’un et l’autre une chaleur 
brûlante : 

1° aestàs : été. — est pars anni , aes tus calor[temporis], 
Aestus a nimio colore nomen accepit, aestas nomen non 
amittet (1. amittit?), etiam si temperata est , GLK VII 521, 
21. De là aestïuus * d’été » (de *aesfâxîuits?^ et au n.pl. 
aestïua : quartiers d’été (opp. à hiberna) ; aestiuô, -às ; 
aestîuâlis. — Ancien, usuel. M. L. 245, 248. 

2° aestus : chaleur brûlante, provenant d’une subs- 
tance enflammée, notamment du soleil ; comporte sou- 
vent une idée d’excès : cui dubium est quin , si aestus 
malum est , et aestuare malum sit ? Sén., Ep. 117, 18. 

L’agitation des flots de la mer peut être comparée 
au bouillonnement produit par la chaleur, et l’écume 
des flots à l’écume qui se forme sur un liquide bouillant. 
Aussi aestus a-t-il désigné l’agitation des flots (cf. Serv. 
auct., Ac. 11, 627, aestus proprie est maris incerta com- 
motio ), la marée, les courants marins, et finalement la 
mer. Cf. Pacuv., Trag. 416, feruit aestu pelagus ; Varr., 
L. L. 7, 22, quod in fretum saepe concwrrat aestus atque 
efferuescat. Aestus a pris aussi un sens moral de « bouil- 
lonnements de l’âme, trouble, fureur ». — Ancien, usuel. 

Dérivés : aestuô , -às [exaestuô] ; aestuàtiô, -tuàbun- 
dus (tardifs) ; aestuôsus (Plt.) ; aestüàrium, conservé 
en fr. (étier, étiage) prov., et dans les 1. hispaniques, 
cf. M. L. 250. Composés : aestifer ; aestifluus. 

Les mots aestàs et aestus ne peuvent s’expliquer que 
comme des dérivés du thème en *-es- attesté par skr. 
édhah « bois à brûler », avec av, aèsmô et pers. (arsacide) 
hëzum m bois à brûler », v. isl. eisa « cendre brûlante », 
gi*. alOoç, n. On ne saurait préciser l’histoire de la for- 
mation. Pour la racine, v. aedés. 

aestumô { aestimô ), -fis, -fiul, -âtum, -Sre : fixer le 


prix ou la voleur de, estimer (à) ; parut, magnï aesti- 
mâre * estimer comme étant d’un petit, d’un grand 
prix » ; litem aestimâfe. Par suite, « faire cas de » ; puis, 
par affaiblissement de sens, « juger, penser » (comme 
arbitror, cènseô , putô, reor , tous verbes qui avaient aussi 
à l’origine un sens technique, concret et fort). Un rap- 
port avec aes a été senti par les anciens ; cf. P. F., 23, 1, 
aestimata poena ab antiquis ab aere dicta est , qui eam 
aestimauerunt aere , ouem decussis, bouem centussis , hoc 
est decem uel centum assibus. — Ancien, usuel. M. L. 246. 

Les dérivés de aestimô n’appellent pas de remarque, 
sauf aestimàbilis , création de Cicéron pour rendre le 
terme stoïcien grec AÇlav et le mot technique aes- 
timium (-mia) « estimation ». 

Le composé existimô (attesté depuis Plaute) et ses 
dérivés ont seulement le sens de « juger, estimer ». Les 
1. rom. attestent aussi *adaestimo , M. L. 139. 

L. Havet, MSL 6, 18, a expliqué aestumô comme 
étant un dénominatif de *ais- temos « celui qui coupe 
le bronze » et rapproché l’expression juridique per aes 
et libram expendere atque aestimare . Mais la racine *tem- 
« couper » n’est pas représentée en latin. Aucune des 
autres explications proposées ne comporte un commen- 
cement de preuve. - 

aei&s : v. aevus. 

ftethôr, -ôris n. : éther, puis « ciel ». Emprunt savant, 
déjà dans Ennius, A. 472 (acc. gr. acthera) au gr. 
d’où aetherius. Irl. aeder , ethiar. V. air. 

aënus m., aeuum, -I n. : « temps «considéré dans sa 
durée, par opposition à tempus , qui désigne, tout au 
moins à l’origine, un aspect ponctuel de la durée. De 
là des. acceptions particulières, étendues ou restreintes, 
dé acuus : 1° durée de la vie, âge, génération ; 2° éter- 
nité. 

Le genre masculin est attesté chez les auteurs ar- 
chaïques (Plt., Poe. 1187 ; Lucr. 2, 561 ; 3, 605); c’est 
aussi celui de gr. attàv, de got. aitvs ; il correspond à 
une conception « animée » de la durée ; le triomphe du 
neutre aeuom , qui est également ancien, a pu être favo- 
risé par l’influence de tempus. Terme archaïque, conservé 
à l’époque impériale par la langue écrite, surtout poé- 
tique, et qui, à basse époque et chez les écrivains ecclé- 
siastiques, a été remplacé partiellement par saeculum , 
qui a servi à traduire alœv (v. saeculum). Pas de pluriel. 
Non roman, 

Dérivés : aetàs ( aeuitàs , Lex XII Tab., cf. osq., aita- 
teis « aetâtis »,pél. aetatu « aetâte », formes peut-être 
empruntées au latin; sur la dérivation, voir plus 
bas) : âge, vie (au sens de « temps à vivre » agere 
aetâtem). Aussi c période de la vie » : aetâtis hominis 
(çf. en fr. l’âge viril) ; aetàtula : âge tendre. Puis « gé- 
nération » ; .et « époque, temps ». — Terme courant 
qui tend à remplacer aeuom. Panroman, sauf rou- 
main. M. L. 251. Certaines formes romanes supposent 
encore ae[u) itàs, ae(u)ita (cf. iuuentàs et iuuenta ). 

aeuitemus, puis aeternus : qui dure toute la vie, 
éternel (opposé à mortàlis , e. g. Cic., Ac. 2, 124). De 
là : aeternitâs peut-être créé par Cicéron ; gr. alomé- 
tijç (Gl.) ; aeternô , -às (Varr.), coaeternus (lat. eccl.). 
Le suffixe de aeternus se retrouve dans hesternus , sem- 
piternus, et rappelle les formations analogues : diur- 


aî 


— 14 — 


nus, nocturnus, hibcrnus , hodiernus , modernus , qui 
servent également à l’expression du temps. 

D'après mortâlîs, la langue de l'Église a créé aeter- 
nâlis (déjà signalé par S* Augustin), qui a remplacé 
aeternus. Les gloses ont aussi aeuitdneus : qui in aeuo 
durât ; aetàneus : IjXtÇ ; et à basse époque coaetàneus 
traduit 6p7}XU;, ouvîjXiÇ. Composés : longaeuus = 
&7]va(oç ; grandaeuus — poxpalov ; grandaeuitâs. 

Le latin conserve ici, sous forme d’un dérivé en -o- «pii 
se retrouve dans got. aiws, le nom indo-européen de la 
« durée » (en général la « longue durée », la « durée sans 
limite ») ; ce nom était de la forme *àyu, *yu- et com- 
porte des suffixes de dérivation variés. Le védique offre : 
âyüh (masc.) « génie de la force vitale », avec les déri- 
vés àyuh, gén. àyufah (neutre) « force vitale » et un loca- 
tif âyuni (même sens), ce qui est sans doute le sens le 
plus ancien du mot, si, comme l’a proposé M. Benve- 
niste, BSL 33, p. 103, Til faut en rapprocher les mots du 
type iuuenis (de *yu-ucn-), avec le degré zéro de la 
racine devant suffixe de dérivation, comme il est nor- 
mal. L'Avesta a le neutre gàth. àyu « durée »; les cas 
obliques sont, dans les gàthâ, de la forme gén. yaoi , 
dat. yavôi, instr. yavà ; du datif yavôi (av. réc. y ave), 
employé adverbialement, est dérivé l’abstrait : yavaëtât- 
« perpetuitâs »; l’emprunt arménien à l’iranien yawct 
« toujours » et le persan javid « éternel « sont des déri- 
vés du datif *yavai. Le grec a, d'une part, ochov (alû- 
voç) « durée » et l’adverbe hom. alév « toujours » ; et, 
de l’autre, les anciens locatifs de thème en -es- : lac. 
<xl*ç,îhér. deeç, hom. a tel, att. dtel; acc. v. att. aUù ; la 
forme du datif-locatif de thème non pourvu d’un élar- 
gissement est attestée en éolien et en arcadien : lesb. Su 
(de *aiFi), thess. aiv, béot. ai, arc. ai (le au de Milet 
doit être une survivance d’un parler antérieur à l’io- 
nien) ; cf. la flexion avestique. C’est sur une forme ad- 
verbiale telle que ce *aiwi, attesté par l’éolo-achéen, que 
reposent les dérivés lat. aetàs et aeternus , qui ne peuvent 
guère s'expliquer par le substantif aeuom. L'adverbe 
got. aiw (dans ni... aiw « oùSLiorc », suns-aiw « cù- 
8é«*; », etc.) peut reposer sur *aiwi ; rien n’oblige à y 
reconnaître l'accusatif. Le got. aiws « aliov » n’a pas de 
correspondant exact dans les autres langues germa- 
niques ; ainsi l’on a v. h. a. ëwa (féminin) ; tout le ger- 
manique a des représentants adverbiaux du type aiw : 
v. isl. ei, oe, v. angl. à , ô, v. h. a. eô ; de cet adverbe 
est dérivé l’abstrait v. h. a. ëwido « éternité ». D'autre 
part, le gotique a in ajukdup « clç tôv a IG va », cf. v. 
angl. ëce « éternel ». L’irlandais a deux mots dis [des), 
l’un neutre et thème en -o- (gén. dis Sg. 63 b 5), l’autre 
masculin et thème en -u- (gén. ôesso). L’un signifie « vie, 
âge », et l'autre désigne les gens qui vivent ; gail. oes f., 
« âge, vie », et oed m», « âge, moment ».T 

af : v. ab. 

afan dm, -irum f. pl : sottises Ne se trouve que dans 
Apulée, Mét. 9, 10 et 10, 10. 

Cf. apinae. M. Graur, Mil. ling. , p. 18, suppose que 
le sens de afannae est « chose embrouillée » et il en dérive 
le verbe *afannàre « se donner de la peine » (it. affanarsi, 
v. fr. ahaner) que supposent les langues romanes ; cf. M. 
L. 252. Sans doute tiré de *iç 'Açàvoç, locution grecque 
en jeu de mots avec içomfc, employée à propos de choses 
obscures (avec géminée expressive?) ; cf. Thés. s. u. 


aler, -ra, -rum : africain, d’Afrique ; africus, -a, -uni 
-uentus. Cf. M. L. 272. 

affatim : v. * jolis. 

africia, -ne f. : sorte de gâteau. Un ex. dans Amobe 7, 
24. y. Glotta 15, 274, et cf. M. L., 271. 

afrütum, -1 n. : transcription du gr. àfpurév « sp Ci- 
me um », influencé par dëfrütum. Dérivé : afrütâbulum. 
Mots de basse époque (Anthime, Gloss., Isid.). 

agaga, -ne : entremetteur? Un seul ex. dans Pétr. 69. 
On trouve aussi dans les gloses agagula : lenocinator, 
fornicator. Proviendrait d'un gr. ^àyayâç d’après W. He- 
raeus, Kl. Schr. 106, qui rapproche gr. 7rpoaY<oy6<; « lènO ». 

ag2sô, -Onia m. : écuyer, palefrenier ; cf. P. F. 23, 18, 
agasones equos agentes, i. e. minantes. Les anciens le 
rattachent à agô , mais ce type de dérivation est sans 
exemple ; equisô semble formé d’après agâsà. Transcrip- 
tion d’une forme dorienne : ’H-prjoojv? Archaïque et 
postclassique ; appartient à la langue vulgaire d’après 
Servius ; sur ces formations en -ô, -ënis, v. Cooper, 
Wordformation in the roman sermo plebeius, p. 54, et 
Fisch, Die lat. nomina personalia auf -ô, -ônis. — M. 
L. 274. 

âge : v. agô. 

agfii, -æ f. (et agëum , -ï?) : — uia in naui dicta, quod 
in ea maxime quaeque res agi solet, P. F., 9, 24 ; — uiae 
sunt uel loca in naui per quae ad remiges hortator acce- 
dit, Isid., Or. 19. 2, 4. De là agiâtor : hortâtor (Gloss.). 
Un seul ex. dans Ennius, A. 492, en dehors des gloses. 
De gr.îàyuia ; v. Ernout, Élém. dialectaux, p. 96. 

ager, -grï m. : « champ », et par suite « domaine » 
(public ou privé, a. püblicus , a. prïuàtus), « territoire » 
[a. Campânus). S’oppose à urbs, e. g. Enn., Tr. 112, 
inter se sortiunt urbem et agros , et à domus. Spéciale- 
ment « terre cultivée », cf. Serv., in G. 2, 412, agros in- 
cultes « rura » dicebant , i. e. siluas et pascua , « agrum » 
uero qui colebatur. Les anciens rattachent ager à agere , 
cf. Varr., L. L. 5, 34, mais n’ont pas été sans voir la 
parenté, avec dfcypéç. — Usité de tout temps. Panroman 
(souvent dans des sens dérivés, cf. campus ). M. L. 276. 

Dérivés : agcüus, M. L. 275 b, ageüulus ; agellàrius : 
petit fermier (tardif) ; agrârius ( agrâris , -lis, tardifs) 
au f . pl. agrâriae : postes militaires dans la campagne, 
et agràriinscs nâuës ; agrestis (sans doute dissimilé de 
*agrestris, cf. terrestris ; v. ce mot), siluestris, compos- 
ais et sur lequel semble avoir été formé cadestis), M. 
L. 295 ; sur. la déformation, très tardive, de or gestes 
gr. «ipYÉcmjç « vent d’ouest », en agrestis , v. Isid., 
Or., 13, 11, 10, et Sofer, p. 88 ; agrâticum : impôt éta- 
bli sur les terres (cod. Theod.). Il n'y a pas de verbe 
dérivé de ager ; agrô est une formation unique et de 
basse époque (Marius Victorinus) d’après per agrô, 
verbe tiré de per agrôs (ire, ambulâre >. Ager est pre- 
mier terme de composé dans agricole,' etc , agrifo- 
lium : bryonée (Ps. Ap.), agriminsor calque du grec 
Yccapirp7)ç, agripeta = xXqpoûxoç, mot de Cicéron. 

Pour peregri, peregrï, v. ce mot. 

Cf., avec la même forme et le même sens, ombr. ager , 
véd. djrafr « champ (non cultivé) », gr. dtypéç (la place 
du ton ne concorde pas en sanskrit et en grec), got. 



ago 


aJcrs, ainsi chez Homère p 182 èÇ àypoîo tt6Xiv Sè... 
l£v ai OU a 185 aypoüfv6a<pi -éXrçoç. Mais le mot est 
inconnu à l’iranien, au slave, au baltique, au celtique. 
L’arménien a art (gén. artoy), avec un t au lieu du c 
attendu. — Le nom i.-s. *agro- désignait la « campagne », 
un terrain de parcours qui s’oppose aux endroits habi- 
tés. Le grec désigne par <£ypioç ou dypôrepoç un animal 
qui ne vit pas à l’état de domesticité ; l’adjectif latin 
équivalent est agrestis, où apparaît sans doute (avec 
dissimilation) un suffixe dérivé de *-tero-, -tro-. 

agger, -ris m. — matériaux apportés ou entassés, 
amas de terre ; d’où « terrasse, rempart, digue, route 
pavée, etc. », le sens variant suivant les emplois tech- 
niques. Terme surtout militaire et rural, attesté depuis 
Lncilius, peut-être postverbal tiré de aggerô, dont il 
serait l’ancien impératif de commandement substan- 
tivé, comme liber, biberis m. : « boisson » a été tiré à 
basse époque de l’expression biber dore, où biber est la 
forme syncopée de l’infinitif, v. Thcs. II 1959, 40 sqq. 
Toutefois, agger pourrait être un composé du type re- 
dux, etc. Cf. Eutychus, GLK V 481, 18, aggero, -is... 
ex quo uerbo nomen fit agger , et ab eo uerbum deriuatum 
aggero, -âs. Le dénominatif aggerô, -às a eu un composé 
exaggerô, -âs « entasser des terres » et, au. sens moral, 

« exagérer, grossir » ; de là exaggerâliô, qui, dans la langue 
de la rhétorique, traduit aü^triç et SeCveacriç. 

L’existence de arger, attribué aux « antiquissimi » par 
Priscien, est douteuse ; cf. Indog. Anz. 39, 32 et ALLG, 
13, 37 *, l’accusatif arginem supposé par ital. argine, esp! 
arcén, cf. Meyer-Lübkc, 277, et Einf . 3 , p. 187, est de 
toute façon une forme récente, du reste obscure, 
agilis : v. agô. 

agïna, -ac (les formes romanes attestent l’î) f.': châsse 
d’une balance ; — est quo inseritur scapus trutinae , i. e., 
in quo foramine irutina se uerlit, unde aginatores dicuri- 
iur qui paruo lucro tnoueniur. P. F., 9, 12 ; cf. Rich, s. u. 

Féminin d’un adj. *agînus, dérivé de agô (cf. coquô, 
coquïna) au sens de « peser », proprement « entraîner le 
fléau de la balance », cf. gr. &y<ù, et les sens spéciaux de 
exigé, exâgium « pesée, balance », examen « curseur ver- 
tical ». Conservé dans un parler sarde, M. L. 282. 

«igînôj -as, -ârc (ï, cf. agïna) : « se démener » (comme 
le curseur vertical oscille dans Y agïna) ; un ex. dans 
Pétr., 61, ëgï, agïnâuï. De agïnô a été tiré à basse époque 
un subst. postverbal *agïna « effort, bâte » supposé par 
les langues romanes, cf. M. L. 281 et cf. aussi agïnàtor 
dans la glose de Fcstus. 

agmen : v. agô. 

agna : « pennatas inpennatasque agnas in Sal(ï)>ari 
carminé spicas significat cum aristis et alias sine aristis » 

P. F., 231, 5. Lire aena? 

Pour l’étymologie, v. acus ( aceris ). 

agiras, -ï m. (commun dans l’ancienne langue ; pour 
indiquer le sexe on ajoute mâs ou fëmina ; le féminin 
agna (cf. àp.v^, àjzvtç), quoique déjà dans Caton, au 
témoignage de Priscien, GLK II 85, 5 et 257, 17, est 
relativement récent (cf. Thcs. 1 1361, 75 sqq.) /agneau, 
agnelle. Usité de tout temps. M. L. 290 ; B. W. sous 
agneau. Souvent remplacé par des diminutifs, agnulus, 
agnellus (-a) [on attendrait *agellus, qui aurait l’incon- 


vénient de se confondre avec le dérivé de ager}, M. 
L. 284 ; agniculus , -la, agniceüus , agnicellulus, ces der- 
niers attestés à basse époque. Autres dérivés et compo- 
sés : agnïnus, M. L. 287 ; agneUïnus ; agneus (Greg. 
Tur.) ; agnïle (Gloss, d’après ouïle ; cf. M. L. 286). 

ambiegnus : vieil adjectif du rituel {ambeghus, arnbi- 
gnus) , cf. Varr., L. L. 7, 31, ambiegna bos apud augures 
quam circum aliae hostiae constituuntur ] et P. F. 4 26 
ambegni bos et uerbix appellabantur, cum ad J eorum 
utraque latera agni in sacrificium ducebantur ; Fulg., 
Serai, ant. 6. Cf. ambô, ambi-, 

V. aussi auillus et aububulcus. 

Des deux mots indo-européens pour « agneau », l’un, 
celui (pie représente gr. Fa. pTjv, Fapv6ç, se retrouve en 
arménien et en indo-iranien (cf. uerucx), l’autre, celui 
que représente gr. àpvéç, de *<*6v6ç < *agwnds, se re- 
trouve dans agnus. A la différence des noms spécifiques, 
comme celui du « mouton » (v. ouis), les noms de jeunes 
animaux varient d’une langue à l’autre ; l’agneau est le 
seul dont on ait des noms remontant à l’indo-européen. 
Les formes celtiques, irl. uan et gall. oen , ont un o ini- 
tial ; si. agne Tat agnlcî offre une voyeJlc longue initiale, 
*ô ou *â ; le dérivé germanique représenté par v. angl.’ 
ëanian « agneler » a un représentant d’un *k w ou d’un 
*g"h intérieur, mais exclut un qncien *g”. Ailleurs il 
y a des mots isolés, ainsi en germanique avec got. lamb, 
etc., ou en baltique avec lit. ’eras. Mot de forme instable’ 
comme beaucoup de noms de ce genre. 

agnusîcastus : gattïlier (Scrib., Plin.). Du gr. 5yvoç 
avec influence de àyv<5ç a pur, saint » ; cf. ail. Keusch- 
lamm. V. André, Lexique, et Frisk, s. u. 

agô 3 -finis : v. le suivant, p. 16. 

**£^3 "* s 3 àctum, agere (ancien optatif en -s-, 
àxim ; et adàxint) : pousser devant soi (par opposition 
a dûcô, qui signifie « marcher à la tête de, guider »). 
Ancien terme de la langue pastorale, cf. agolum : pas- 
torale baexdum quo pecudes aguntur, P. F., 27 7 (cf 
gr. dy&Tj : troupeau) ; Gaius, Dig. 50, 16, 235, 'proprie 
dicimus agi ea quae animalia sunt (opposé à ferrï et por- 
tàri) ; Ov., F. 1, 324, pars quia non ueniant pecudes sed 
agantur, ab actu | nomen Agonalcm crédit habere diem. 
Cf. agere praedam; ferre agere, qui a un correspondant 
dans le gr. àyeiv xal çépeiv. Sc dit aussi des hommes, 
avec le sens de « pousser, poursuivre, mener », et des 
choses : agere uïneàs, cuniculôs. Agô s’emploie absolu- 
ment dans le sens de « se diriger, avancer, aller » : PIt., 
Pc. 216, quo agis?, à côté de Amp. 450, quo agis te ? et 
de agor dans Vg., Ae. 7, 384 ; cf. agmen « marche » et 
« armée en marche », classique, usuel ; agilis « qui avance 
vite, agile, rapide » (conservé en roumain, M. L. 280), 
d où agilitâs, qui semble créé par Cicéron, cf. ad Att. 1, 
17, 4 àctuârius (v. plus loin). C’est à cette valeur abso- 
lue qu il faut rattacher l’emploi de âge, seul ou renforcé 
de la particule -dum, agedùm , qui, comme le grec <£ye, 
£ye Sri, a une valeur exhortative : avance, allons. Bien 
que le pluriel agite, agitedum soit attesté, âge a pu être 
joint à un verbe au pluriel : âge... non est modo uerbum 
imperantis, sed hortantis aduerbium adeo ut plerumque 
« âge facile » dicamus , et singularem numerum cop ulemus 
plurali, Serv., Ae. 2, 707. Sur cette valeur de l’impé- 
ratif singulier, voir Wackcrnagcl, Varies., I, p. 85, qui 



agô 


compare les emplois grecs de àye, e Inè, ?0i, 6pa, çépe, 
ou allemands de siehe, wart einmal. Il y a chance, d’ail- 
leurs, étant donné que beaucoup d’exclamations latines 

ainsi apage , euge — sont empruntées au grec, que 

cet emploi de âge soit dû à l’influence du grec &yc. 

Le sens original de agô « pousser en avant » le dési- 
gnait pour exprimer l’activité dans son exercice con- 
tinu, tandis que facere exprime l’activité prise sur le fait 
dans un certain instant. Quid agis ? signifie : à quoi vous 
occupez-vous? Quid facis? quel acte exécutez-vous? 
Agere s’oppose à quiescere . Gic., N. D. II 53 : aliud agendi 
tempus, aliud quiescendi. Il n’y a point de terme auquel 
facere puisse s’opposer directement. Yarron remarque 
que inficiens pour dire « inactif » est « impropre » (Bréal- 
Bailly). — Agô est essentiellement « duratif »; faciô, 
presque « déterminé ». Cette distinction est confusément 
sentie par les anciens. Yarron note, L. L. 6, 77, propter 
similitudinem agendi et jaciendi et gerendi quidam error 
his qui putant esse unum. Potest enim aliQquis) quid facere 
et non agere , ut poeta facit fabulam et non agit , contra 
actor agit et non facit ; et, 6, 78, qui quid administrai , 
cuius o pus non exstat quod sub sensum uenial , ab agi- 
talu... magis agere quam facere putatur. — Agere se dit 
d’une activité qui se déploie, facere d’une chose qui se 
fait ; de là agere uitam, aeuom , aetâtem ; custôdiàs agere , 
uigiliâs agere, paenitentiam agere , toutes expressions qui 
sont des sortes de présents intensifs, et dans lesquelles 
la langue familière a tendu à remplacer agere par son 
fréquentatif agitâre. 

Ce sens général du verbe rend compte des acceptions 
particulières qu’il a prises dans les différentes langues 
techniques : dans la langue religieuse, agere signifie 
« accomplir les rites du sacrifice, sacrifier », cf. hoc âge ; 
agoni de *agô-ne? cf. Ov., F. I 317 sqq. ; Sén., Contr. 2, 
3 (11) 19 ; agô , -ônis m. « le sacrificateur » (cf. Schol. 
Stat., Theb. 4, 463) ; agônius , a , um] Agônâlés { diés ) : 
dies agonales per quos rex in regia arietem immolât, dicti 
ab agon , et les noms propres mons Quirïnâlis Agônus, 
coîlïna porta Agônénsis. 

Dans la langue du droit, agere s’emploie absolument : 
agere lëge « mener une affaire, agir, procéder, agir con- 
formément à la loi », agere dé « discuter de », agere cum 
« discuter avec », ou avec un complément : agere rem, 
agere lltem, agere causam ; àcliô « procès, poursuite judi- 
ciaire » (cf. Thés. I 1934) : d’où dans la langue courante 
àcta rës est, âctum est dont le grammairien Donat signale 
l’origine juridique, ad Ter. Ph. 419, Eu. 54, An. 465 
(Thés. I 1394, 83; 1395, 5 sqq.). Dans la langue du 
barreau, agere a été employé pour « plaider », de là âctor 
« avocat » ; âctiô (attesté depuis la Rhetor. ad Herenn.) 
« fait de plaider, plaidoyer » et « action oratoire ». 

Dans la langue théâtrale, agere a signifié « représen- 
ter tout au long », d’où « jouer » a. fàbulam ; a. portés 
« tenir un rôle » (d’où âctus « fait de jouer un rôle, action 
d’une pièce », et « division de cette action, acte » ; âctor, 
déjà dans Plaute avec ce sens, Ba. 213) et a pris ainsi 
le sens de U7roxp(vscr0ai et de ses dérivés. 

Dans la langue de la grammaire, agere « être actif » 
s’est opposé à patï « être passif », agëns, âctiuus à pa- 
tiéns, passïuus , cf. Gell. 18, 12 tit. -, morem istum ueteri- 
bus nostris fuisse uerba patiendi mutare ac uertere in 
agendi modum. 

Enfin, on a vu par agïna que agô a dû désigner, 


comme gr. àyoo, l’action de peser, sens dont il s’est dé- 
pouillé au profit de son composé exigé. 

Malgré la fréquence et la multiplicité de ses emplois, 
n’est représenté dans les langues romanes que par des 
emprunts de la langue écrite. 

De agô existe un fréquentatif-intensif déjà signalé 
agité, -âs « pousser vivement ou avec force » : slimulô 
bouës agitâre ; d’où « agiter, poursuivre » au sens phy- 
sique comme au sens moral (cf. iactâre, uexâre) « ne pas 
laisser en repos, remuer sans cesse (dans son esprit 
animô, mente ; cf. côgitô), débattre », conservé dans 
quelques formes romanes, M. L. 283. Le nom concret 
agitàtor désigne le cocher, le jockey : — asellï Vg., G. 1, 

273 ; agitàtiô a surtout un sens moral « agitation », et 
« méditation, pratique constante ». 

Agité a fourni à son tour des composés : côgitô de 
*co-agitô, spécialement au sens de « agiter des pensées », 
Varr., L; L. 6, 43, cogitare a cogendo dictum ; mens plura 
in unùm cogit, unde eligere possit] P. F., 58, 6, cogitatio 
dicta uelut coagitatio , i. e. longa eiusdem rei agit(at)>io 
in eadem mora consilii explicandi. Ancien, usuel ; pan- 
roman, M. L. 2027 et 2028, côgitâtus. 

Dérivés : côgitâtiô , etc. 

Bien qu’à l’origine les anciens eussent le sentiment 
d’un verbe composé, ils ont traité côgitô comme un verbe 
simple, de là les composés con -, ex- (fréquent), in- (à. 

X. d’Hor., Ep. 2, 1, 22, traduisant km 6ouXeô«, èwoéw), 
prae-, re-côgitàre avec les dérivés usuels ; et les formes 
avec in- privatif : incô gitans, -tantia, - tâlus , -tâbilis (sans 
doute d’après gr. dvérjroç, etc.). 

Exagitô , -âs « poursuivre sans relâche, exaspérer », 

M. L. 2931. Un composé a subi l’apophonie : subigitô, 

-âs, -are souvent employé comme submittere avec le sens 
de « conduire la femelle au mâle » ; à moins — ce qui 
est plus vraisemblable — que le verbe n’ait été formé 
directement sut subigere. Dérivé : subigitâtiô . 

A agô se rattachent un certain nombre de noms con- 
crets et abstraits et d’adjectifs, déjà signalés en partie. 

On a vu agô, -ônis, agmen, -inis, agilis et les seiis spé- 
ciaux de âctus et de âctiô. Actus (attesté depuis Térence 
et Pacuvius) à d’autres sens techniques, plus voisins du 
sens premier de agere : il signifie « marche, mouvement, 
impulsion » (cf. le sens de âctuârius dans âctuària nâuis , 
et l’adverbe âçtütum, q. u.) , et « passage ». Dans la langue 
rurale, il désigne une mesure d’arpentage, « in quo boues 
aguntur cum araiur, cum impetu iusto », dit Pline, 18, 

59 (cf. le sens « rural » de uersus ). On voit par là com- 
ment il est possible de rattacher ager à agere. Ce n’est 
qu’à l’époque impériale que âctus est employé pour âc- 
tiô. De âefus provient irl. acht. 

Actiô, -ônis différencié dans l’usage de âctus a surtout 
le sens philosophique secondaire de « façon d’agir, action 
(abstrait et concret, d’où âctiônës), activité (= irpôcÇiç, 
èvépyeia) ». A ces noms se rattachent des formations 
dérivées, l’ad j. âctîuus, terme de la langue philosophique 
(Sénèque) ou grammaticale (Gharisius) qui traduit le 
gr. rcpaxTixéç par opposition à 0eo>p7]Ttxéç, et son subs- 
tantif attesté tardivement âctïuitâs (Probus) ; âctuâlis 
(Macroba) = 7rpaxTix6ç, d’où irl. achtdil] le fréquenta- j 
tif âctitô, qui dans la bonne langue (Gic.) ne signifie que j 
« plaider souvent » ou « jouer souvent » et n’a pris le 
sens de « faire souvent » qu’à l’époque impériale (Ta- 
cite), par suite d’une confusion avec factitô. Le neutre 



de l’adj. verbal âctum, -l « ce qui est accompli, acte », 
est fréquemment au pluriel dans la langue politique : 
àcta senôlüs, populï Rômânï pour désigner tout ce qui 
concerne l’activité du Sénat ou des assemblées et des 
magistrats ; puis,, par métonymie, il a désigné les docu- 
ments écrits (journaux, livres, etc.) qui relataient cette 
activité : acta diurna, que Dion Cassius traduit par rà 
SrniScrta ûnop.vrjp.ccrcc. De là : âctuârius ( âctàrius ). 

Enfin, de la racine ag- existe un. mot-racine *ag- qui 
figure comme second terme de composé, par ex. dans 
rëmex « celui qui pousse les rames, rameur », formation 
exactement semblable à auspex, artifex , etc. Phonéti- 
quement, le nominatif devrait être *rëmâx, Va du mot 
racine *ag- devant s’allonger, comme celui de âctus, en 
héritant des vibrations du g devenu sourd devant s; 
cf., du reste, aureax sous aurïga, où Va s’est maintenu 
par suite d’une différenciation due à Ve précédent. Rë- 
mex a été refait sur rëmigis , pour éviter une flexion 
aberrante *rëmâx rëmigis, et le mot est entré dans la 
catégorie des mots en -ex, -icis ou -igis. Un phénomène 
d’analogie comparable se constate dans index, index, cf. 
s. dicô. Rëmex b. eu à son tour un dénominatif rëmigô 
un abstrait rëmigium ; cf. aussi nâuigô , -âs, nâuigium ; 
lîtigô, lïtigium, où, du reste, il n’y a pas de *nâuex 
*litex attestés ; iür(i)gô , iür(i)gium. De ces formes la 
langue a extrait un suffixe -gô \-igô) qui a servi à former 
des verbes dérivés, ainsi de *falis, fatïgô, de flamma 
flammigô ; de fümus, fümigô, etc. 

Une forme à voyelle longue apparat! dans les compo- 
sés ambâgës et indâgô : v. ces mots. 1 

Agô précédé de préverbes a fourni de nombreux com- 
posés, la plupart en -igô ; quelques-uns sont contractés 
[côgô, dëgô). . 

abigo : (formé comme skr. apâjâmi , gr. àrc£ytû) « éloi- 
gner en poussant, chasser » ; d’où « faire avorter » (cf. 
abiga, féminin, de *abigus, -a, -um, désignant l’ivétte 
sorte de germandrée : chamaepitys latine abiga uocaiur 
propter abortus, Plin. 24, 29). S’emploie souvent d’ani- 
maux domestiques qu’on emmène ou qu’on enlève e. 
f; Ç ic V. Verr - _ 3 ’ 1 \ f am üiam abduxit, pecus abegif 

d ou abigeus, -i ( abigeius ) «voleur de troupeaux », qu’Ul- 
pien définit et oppose au für, Dig. 47, 14, il; et ses 
dérivés : *abigô , -ônis, qui subsiste en portugais, cf. M. 

adigô : mener, pousser vers ; spécialement « amener 
à prêter serment » alqm ad iüs iürandum adigere. A 
1 époque impériale, le sens premier s’étant effacé on 
trouve adtgere au sens de « contraindre » suivi de l’abla- 
tif-instrumental : popvlum iure iurando adegit. M. L 
137 a, adactum. ~ ' 

ambigô : pousser de part et d’autre ; et « mettre sur 
les plateaux de la balance », d’où « laisser en suspens 
douter. ». De la ambiguus (pour la forme, cf. exiguus) 

-a, -um : -m est quod in ambas agi partes animo potest. 
auiusmoai apud Graecos àpçtêoXa dicuntur, P. F. 15 
27 ; ambiguïtés. Cf. ambiaxium, sous ambi. 

côgô, - is , coëgl (trisyllabe), coâctum (sur la graphie 
quactum, v. Isid., Or. 20, 2, 35, Sofer, p. 151; et cf 
coaxare , quaxâre), côgere : mener ensemble, réunir dans 

liLTT 6 Y*’ ra f emb ‘ er (*= ouvi T“) ; côgere pecus 
Uoint à conducere dans Cés., B. G. 1, 4 2 etc ) De là 

dans la langue rurale, a pris le sens de’« condenser’ 
épaissir, réduire » : frigore mella cogit hiems, Vg., G. U, 


36, et spécialement « cailler » (caseus a coaeta lacté, 
varr L. L. 5, 108), d’où codgulum et son dérivé coâgu- 
Utre et, de coâctus, de nombreux dérivés techniques ayant 
trait a la fabrication du fromage et demeurés dans les 
langues romanes (cf. M. L. 2026 côgere ; 2005-2006 coâ- 

fnnT* COaguLuni ' et en celt - - britt. caul ; 2003 coactus ; 
2000 coactiare). Codgulum présente le même à que am- 
bagës , indâgô. 

D’autres formations se rattachant au sens de « serrer 
presser » sont attestées par les verbes du type français 
Tîf V* 6 Wtoe ’ v - B - W - s - u- ou catir, de *coactïre 
r onP; 2 ° 01, CoàctÜLS tt fcmlé n [té lânâ), noté qu{o)acti- 
lis, 2001 a coactile. Ces formations, qui ne figurent dans 
aucun texte, montrent l’importance de côgere, coâctum 
ans es langues techniques. — Côgere « pousser en- 
semble » impliquait souvent l’idée de force employée * 
aussi le verbe a-t-il signifié « forcer à, contraindre », cf. le’ 
lus cogendi coercendi, et l’expression inuüus et coactus 
d ou incoâctus dans Sén. et excôgô (Grom.) = praecipiô - 
coctare M. L. 2015. Ce sens apparaît dans coâctor « col- 
ecteurd impôts », gr. xoptob^p, cf. comâctôrës, argen- 
taru Gl. ’ 8 

De coâctus Lucrèce a dérivé coactô, -âs, conservé en 
iogud. cattare « presser », M. L. 1999. 

dëgô: verbe assez rare, qui a deux sens. Dans l’un le 
preverbe marque l’idée de séparation et le verbe signifie 
« enlever » (sens archaïque), PL, Aul. 165, laborem degam 
et demmuam tibi ; Epid. 65, degetur corium de tergo meo 
deagetur Lmds.). Dans le second, dê- marque seulement 

! contmuité ’ d’achèvement : dêgere uitam, aetà- 

tem, bellum. 

exigé : pousser, chasser (= èÇàyo) : exacti reges ; puis 
« faire sortir de », exigere pecunias a ciuùatibus ; exiger e 
poenas , et par suite « exiger » de quelqu’un ; de là exâc- 
tw, exactor. Dans un second sens, ex- marque l’achève- 
ment (comme dans efficiô) et le verbe signifie « achever 
mener à^terme » : Vg., Ae. 1, 78, omnee ut tecum... annos 
exigat Hor., C. 3, 30, 1, exegi monumentum aere peren- 
nius. Enfin, exigere a le sens de peser (achever une pe- 
sée peser, exactement : Suet., Caes. 47, margaritarum 
pondus sua manu exigere), d’où « fixer, déterminer » : 
g-, Ae. 4 476, decreuitque mori : tempus secum ipsa 
modumque | exigu, M. L. 3014. De là : exagium glosé 
pensatio « pesée » (bas latin), M. L. 2932, cf. aquagium 
periagium « rouleau »; exàctus, -a, -um : exactement 
pesé, précis, exact, d’où *exactâre, M. L. 2928 a • et exi- 
guus (v. l’article spécial). 

inigô (= eloàyco) : terme qui est resté de la langue 
ruraïe, « pousser, mener [le bétail] dans ou vers ». Sur 
indigo, v. Niedermann, dans Emerita XII (1944) p 72 
prôdigô : pousser devant soi ; Varr., R. R. 2, 4 prodï- 
gere pecus (= Tcpoàyco) ; d’où « jeter devant soi,’ dissiper 
prodiguer » (cf. profundere, auquel Cic. joint prodigue] 

Y n j- : P rodl S l Çui..., pecunias profundurU in eas 
res...) Prodigus a fourni des substantifs dérivés prodi- 
guas (un ex de Lucilius ap. Non. 159, 36) ; prodigalités 

di r %/rT’n 0rm f- d ’ ap j ès llberm às) ; prôdigentia, mot 
ae tacite. Un adj. prodiguus est également attesté : -ae 
hostiae uocantur, ut ait Veranius, quae consumuntur ; 
unde nommes quoque luxuriosi prodigi, F. 296, 22. 

Pour prôdigium , voir ce mot. 

rédigé : ramener en arrière, réduire (sens physique et 
moral) (= dcvdÉyw). H 


— 18 — 


• conduire sous, soumettre (= ÙTràyco) ; dans 
'rustique : mener la femelle au mâle (cf. subi- 
aussi « retourner la terre, labourer », d’où subac- 
)0U r * subactus modo significat molhtus ; modo 
modo compulsus ; ut cum dicimus pecus sub ar- 
i ibactum-, modo coaclus. P. F. 405 1. Conservé 
langues romanes sous la forme subagere, M. ii. 

g 5 : pousser à travers ; et mener à terme, ache- 
L. 4510, 8853. 

JzgJ : mener autour (= nept-ayu»)- Ancien juxta- 
ircum n’est pas préverbe. 
ô : mener à terme, achever (d’après perficion. 
ms Ennius, mais au perfectum. Classique ; cf. 

’ésent agô offre le même thème que irl. -aig « il 
» gr àyto arm. acem « je conduis », skr. â]ati, 
iti« il conduit », v. isl. aka « uehï » ; seul le pré- 
. cette racine est indo-européen ; le perfectum 
3 c son ë, n’a d’équivalent nulle part. Le verbe 
ique commun : osq. acum « agere », actud, ombr. 
gitô ». Pour le sens, on remarquera que gr. ay&>] 
une « troupe », un « troupeau » ; cf. agolum. 
ubstantif agmen répond pour le sens et pour la 
k véd. djma n. « marche dans la bataille, ordre 

fille »• . j 

tre part, agilis rappelle skr. ajirdh « rapide ». 
e certains usages religieux qu’on entrevoit seu- 
le développement de sens italique est condi- 
par le fait que l’italique n’a pas conservé la racine 
ver g'- « agir », de got. waurkfan , gr. £éÇ<û, 2p8« 

: dzyeili , arm. gorcem. Le groupe indien n’a pas 
ns trace de cette racine, si bien représentée en 
; et, en iranien même, où la racine est représen- 
• des formes verbales, le substantif correspondant 
f jr y£p-y 0 v et v. h. a. werk n’est pas conservé. Le 
ie et le slave n’ont pas trace de *werg'~ non plus 
; *ag'-. En celtique, où *k w el- n’a pas survécu, 
représenté par gr. àpuptrcoXoç et lat. anculus (v. ce 
i été remplacé par ambactos , bien attesté en gau- 

Ijonction de préverbes a servi à former des mots 
s technique, qui se sont détachés du verbe simple 
formé des groupes indépendants. 

lum : v. agô. 

nia, -a© f. : emprunt qui apparaît à basse époque, 
•tout dans la langue de l’Église, au gr. àywvta 
ble '» avec agônizô , -zâtio (Greg Tur.). M. L. 291 
•ôniô, -âs 292. 

esta, -ae f. (Cael. Aurel. 4, 3, 66) : raisin vert, ou, 
vg André, « chiendent », latinisation de £ypco<mç? 
tassé dans les langues romanes (it. agresto) et, par 
ns les langues slaves et en lituanien, où il désigne 
seille à maquereau ; cf. Bemeker, Slao. etym. Wôrt. 
M. L. 295. 

ls étymologie sûre ; sans doute non i.-e. Même 
que dans arista , genesta. 

imônia : v. argemônia. 

ippa, -ae m. : conservé seulement dans l’onomas- 


tique. Le sens est donné par Pline, 7, 45 : in pedes pro- 
cidere nascentem contra naturam est, quo argumento eos 
appellauere agrippas , ut aegre partos... 

Dérivés : Agrippïna, -nus ; agrippiânus, - pimanus , 
-plnënsis. 

Ce nom a été employé comme praenômen et surtout 
comme cognômen. Il appartient à un type de noms 
familiers en -a (v. Vendryes, MSL 22, 97 et smv.) ; 
rapprochant skr. agre-gâh « qui va en avant », agre-pah 
« qui boit le premier », etc., M. W. Schulze y a reconnu 
une forme hypocoristique d’un composé dont le pre- 
mier terme est apparenté à skr. âgram «pointe », av. 
ayrô « premier », lett. agrs « qui arrive de bonne heure ». 

Le second terme, mutilé, est le nom du « pied ». La gé- 
mination de p caractérise un mot expressif. Survivance 
isolée d’un mot attesté seulement en indo-iranien et un 
peu en baltique. 

Aiâx, -âcis m. : transcription du gr.lAlaç, -vroç, rap- 
proché par étymologie populaire des adjectifs en -ax, 
-âcis. Une influence de Alaxôç est peu probable ; de 
même un intermédiaire osque *Aias, *Aiakeis (Schwe- 
ring, IF. 30, 220 ; 32, 364 sqq.). 

aiô (prononcé aiiô, cf. Quintilien, I. O. 1, 4, 11, et 
Marins Victorinus, GLK VI 27, 9, d’où la scansion 
longue de la première syllabe comme dans mai(i)or, 
etc) Verbe défectif : les formes les plus usitées sont 
ai(i)ô , aïs (scandé dis, dis , ais monosyllabe, cf. Sommer, 
Hdb 2 p 545), d’où ain interrogatif (monos. générale- 
ment! diss. chez Plt., Am. 284) ; ai impératif (diss. ; cf. 
plus bas); aù {ait et aü) ; ai{i)unf, aiëbam et aibam, 
ai(ë)bat , ai{ë)bant ; aids , 2 p. subj. prés., est isolé (Plt., 
Ru. 427), de même aientibus , Cic., Top. 49 ; les formes 
aiere , aieret sont des reconstructions artificielles qu on 
trouve seulement à basse époque (Amobe, S* Aug.) » 
comme le montre dis , le verbe est en - ire ; cf. Thés. 1 
1452, 66 sqq. ; Neue-Wagener III 3 633 : sens premier 
« dire oui », cf. Naeu., Com. 125, an nota est sponsa prae- 
gnans ? uel ai uel nega. Par suite « àffirmer », et, par af- 
faiblissement de sens, « dire », synonyme de dicô, inquam. 
Souvent en incise, seul ou précédé d’une conjonction 
comme ut, ou dans une interrogation destinée à appeler 
l’attention de l’interlocuteur : [sed] quid ais ? Mais s’em- 
ploie aussi avec un complément (pronom, ou prop. com- 
plétive) Les grammairiens essaient de distinguer dans 
l’emploi aiô de dicô ; cf. Thés. I 1453, 42 sqq., e. g. Do- 
pât, in Ph. 380, ait dicimus de eis qui uana loquontux ; 
dicere autcm dicimus de eis qui ualidiora . La distinc- 
tion n’est pas fondée; Plt. juxtapose Mi. 60 dixerunl ; 
61-63 inquit, inquit; 66 aibant; cf. Am. 759, Ru. 1025, 
etc. ; Thés. I 1457, 20 sqq. Une fois le sens confondu 
avec celui de dicô , aiô n’avait plus de raison de subsis- 
ter, et, bien qu’attesté à toutes les époques de la litté- 
rature, il a disparu des langues romanes, comme 1 autre 
défectif inquam . 

A aiô se rattache le nom de l’ancienne divinité Aius 
Loquëns , Aius Locütius, qui avait révélé aux Romains 
l’invasion prochaine des Gaulois : Aius deus appeUatus 
araque ei statuta est , queue est <m> infima noua uia , quod 
in eo loco diuinitus uox édita erat , Varr. ap. Gell. 16, 17, 
2. Sur Aius Locütius, v. Wissowa, Religion u . KuLtus 
d. Rômer *, p. 55. 

Aiô représente un ancien *ag-yô\ la forme ag- est 


— 19 — 


aiaternus 


conservée dans ad-agium ( adagiô , -ônis, Varr., L. L. 7, 
31 ; Don. in Eun. 428), synonyme de prôuerbium , où 
la conservation du timbre a a fait supposer que l’a 
aurait été long comme dans indâgô, ambages vis-à-vis 
de agô. 

L’ancienne langue religieuse a gardé la trace d’un dé- 
sidératif en -s-, axâre, glosé nôminâre P. F. 7, 27, d’oü 
axâmenta : dicebantur carmina Saliaria , quae a Saliis 
sacerdotibus componebantur , in uniuersos homines (lege 
deos?) composita , P. F. 3, 12. 

La glose anaxant, ôvop.à^ouot, CGL II 17, 2 (cf. 
anxati, nominati , uocati, ibid L IV 206, 28), semble être 
une corruption de la glose de Festus, cf» CGL I 28, 156, 
359 ; et il n’y a pas lieu d’y voir, avec M. v. Planta, 
Gr. d. Osk.- Umbr. Dial. II 456, une forme avec le pré- 
verbe an-. 

Enfin, certains rattachent à aiô le substantif prôdi- 
gium, dont le sens premier serait, en ce cas, « parole 
prophétique ». Mais il n’y a rien dans l’usage du mot à 
l’époque historique qui témoigne de ce sens, et, d’autre 
part, prôdigium serait étrange en face de adagium, si 
dans ce dernier l’a était long. 

Du groupe de aiô, on peut rapprocher deux groupes, 
l’un grec, l’autre arménien, tous deux peu clairs. Le 
grec 9j « dit-il » peut reposer sur *ëg-t ; le y de -^xoevev * 
eTrcev peut provenir des flottements qui se produisent 
à la fin des thèmes du type athématique ; le sens de 
(ïv-coya « je pousse à, j’ordonne » est aberrant. En armé- 
nien, le substantif ar-ac « adagium » peut se couper en 
ar, préposition qui pour lé sens équivaut à lat. ad et -ac, 


cf. angues alites , Pac., Trag. 397, puis subst.) formé 
comme eques, - itis , M. L. 333 b ; *ôlituus attesté seu- 
lement sous la forme âlituum a été formé sans doute 
d’après perpes, perpetuus : ne se rencontre que dans la 
poésie dactylique pour éviter le crétique dans *àlitüm 
genus par ex. ; âlàtus, âlâris (- rius ) ; âlâtor a rabatteur » 
(Serv. auct., Ae. 4, 121) ; âlipës = gr. tctepotcouç ; 
*exâlâre? , M. L. 2032 a. 

Lat. âla répond à v. isl. oxl , v. angl. eaxl, v. sax. ahsla 
« articulation de l’épaule »; cf., avec à et sans le suf- 
fixe Z, v. h. a. uochisa et v. angl. ôxn « aisselle » ; emploi 
particulier du mot attesté en latin par axis ; dans 
l’Avesta, le génitif duel asayâ désigne l’articulation de 
l’épaule, et, inversement, pour « essieu », le gallois a echel. 

V. axis .î 

ala? inula quam rustici alam uocant , radice aromatisa , 
Isid., Or. 17, 11, 9. V. Sofer, p. 96 sqq. 

alabaster,î-trî m. : albâtre. Latinisation du gr. ôxà- 
OacTpoç ; depuis Cic. M. L. 306. 

alabrum : v. alibrum . 

alacer (et alacris), -cris (et alacer), -e : vif, plein d’ar- 
deur, ou d’enthousiasme ; joyeux. Opposé à tristis, Tér., 
Eu. 304 ; joint à laetus , Cic., Verr., 1, 17 ; Mur. 49 ; à 
promptus , Cés., B. G. 3, 19, 6. Uni par le sentiment 
populaire à àcer, cf. Flor., Epit. 4, 2, 46 numquam aerior 
neque alacrior exercitus... fuit ; cf. impetu alacri , Plt., 
Amp. 245, et impetus acer, Lucr. 6, 128. Terme expres- 
sif ; se dit des hommes et des choses. — Ancien, usuel. 


nom verbal au second terme d’un composé ; le verbe 
asem « je dis » ne se laisse rapprocher qu’en supposant 
qu’il serait fait sur une forme *as « dit-il », altérée de 
*ac, comme es « moi » est altéré de *ec , cf. lat. ego, etc. 
Ni l’un ni l’autre rapprochement n’est clair. 

âla, -ae (cf. le cognomen Ahala ; et Cic., Or, 153, quo- 
modo uester Axilla Ala foetus nisi fuga litterae uastioris ? 
Pour l’emploi de Ahala « aisselle » comme cognomen, 
cf. P. Cornélius Lentulus Sûra « mollet ») f. : proprement 
« point d’articulation de l’aile ou du bras (cf. axis) », 
d’où « aisselle, épaule », cf. Plt., Ps. 738 hircum ab alis ; 
T.-L. 30, 34, ala deinde et umbonibus puisantes. Puis, le 
sens de « aisselle » ayant été réservé au diminutif axilla 
(M. L. 842), irl. ochsall, asgell , britt. ascall (d’une forme 
vulgaire avec métathèse oscilla, à laquelle remonte it. 
asceüa ), âla n’a plus désigné que « l’aile », cf. Isid., 
Or. 11, 1, 65 ; PI., Pseud. 738 ; Pers. 307 (Thés. I 1467, 
57 sqq.), aux sens propre et figuré : 1° aile d’oiseau, 
puis de tout animal volant ; 2° ailes d’un bâtiment 
(deux parties qui de chaque côté s’adjoignent au corps 
principal), Vitr. 4, 7, 2, cf. gr. irTepà ; ailes d’une armée ; 
cf. Cincius ap. Gell. 16, 4, 6, alae dictae equitum ordines , 
quod circum legiones dextra sinistraque tanquam alae in 
auium corporibus locabanîur. Comparer l’emploi de ter- 
gus (T.-L. 25, 21, 19). Toutefois, âlipilus (Sén., Inscr.), 
âlipilàrius (Gloss.) « épilateur (des aisselles) » (v. pilus, 
püàre), ont conservé le sens ancien : cf. aussi subâla, 
Mul. Chir., M. L. 8346; subalàris, Sofer, p. 17. — 
Attesté de tout temps. Panroman, sauf roumain. M. 
L. 304. 

Les dérivés et composés se rapportent tous au sens 
(propre ou dérivé) de « aile » ; aies , -itis (d’abord adj., 


Représenté dans les langues romanes, dont quelques 
formes supposent le doublet à a bref phonétiquement 
altéré : *alicer, *alecris, cf. M. L. 307, et EinfA, p. 137 
et 189. B. W. sous allègre. 

Dérivés : alacrités , alacriter, alacrimônia (Gloss.). 
L’élément radical de cet adjectif se retrouve sans 
doute dans ambulâre. Mais le détail de la formation est 
obscur. L’a intérieur s’est maintenu par un phénomène 
d’harmonie vocalique, comme dans alapa, anas, cala- 
mités, etc. ; v. Devoto, Riv. di Filol. Class. 54, 518 sqq. 

alapa, -ae f. : soufflet, gifle. — Mot de la langue po- 
pulaire, non attesté avant Phèdre, Martial et Juvénal ; 
fréquent dans la langue de l’Église. M. L. 310, 310 a, 
311. B. W. aube III. 

Dérivés : alapus, -i m. : qui propter mercedem alapas 
patitur, CGL., Seal. V 589, 24; alapor, -àris (alapô) : 
-ri est alapas minari, CGL., Plac. V 4, 11 ; M. L. 311 ; 
alapâtor (Gloss.) ; alapizô = xoXaçiÇw ; exalapô , -as 
(S f Aug.). Le composé subalapa [~pô] que certains 
lisent dans Pétr. 38, 11, est des plus douteux. — 
Noms propres : Alapa, Alapônius. 

Sans étymologie connue. Le gr. âlarvcx^cù « ruiner, 
détruire » est loin pour le sens. L’étrusque alapu est 
obscur. 

alapieiôsus : caluus (Gloss.). Déformation de alôpe- 
ciôsus, lui-même dérivé de alôpecia , qui est emprunté 
au grec. Les gloses ont une autre forme apiciôsus : 
caluus , caluaster , qui semble un doublet influencé peut- 
être par apica. 

aiaternus ( alternus ), -ï f. : bourg-épine ou nerprun, 
alaterne, plante (Col., Plin.). M. L. 312. 


âlâtoc 


— 20 — 


Sans étymologie. V. Battisti, St. Etr. 5, 648, 4 , An 
dré. Lexique , s. u. 
âlâtor : v. âla. 

alauda -aef. : alouette. Mot gaulois : «h* golerua. 
Jît&M dicUur, Marc. Emp. 29 ». ; PI». 11, 

Verg. G. 1, 140. 

alausa, -ae f. : alose (Ausone) ; sans .doute mot gau- 
loilML 314 ; germ. h- «• « Alsen ». 

albus -a, -tun : blanc (mat), même sens que gr. Xeo- 
«jfaserv G. 3, 82, aliud est ca ndidum esse, >• - V» 
j Mi lice verfusum, àUud album, quai potion 

dam ralenti luxe u confu sion est Iré- 

™Tn?é “T Lucr. 2, '731, 771. S’applique entre autres 
queute , àrétoae du matin, d’oufr. aube, 

esp S °iîi.« et. aussi inalbô « s’éclaircir » (en parlant du 

temps). M. L “■ , Î*%““5 PbW ïïïïiû 

ëasss 

les'formules de droit, les têtes solennelles, etc. : album 

vraetôris Le nom s’est étendu à toute espece de régi - 

—Ancien usuel. Panroman, avec des sens divers. M. L. 
331. Mais concurrencé par une torme germanique , v. . 

W Nombreux dérivés, dont quelques-uns ont dans des 

langues techniques des sens spéciaux : 

- m. l. 32? 

«xflM "feVu 2933) « blanchir, crépir », d’o ùMJUus, 

M L 319 a • inalbô « blanchir », M. L. 4332 ; 

M L 321 - ’alfcâtô, Mitas (tous deux tardifs), Mttudo 
L , Mi S ô « leùcôme » (Plin.), M. L. 327 a (d’apres 
ferrage) ; albüginôsus (Vég.) ; otiûmen (oléa- 

' ® , m \ i a t méd. « blanc d’œuf » (d après ferru 

men , rius) « fait en crépi, en stuc », 

ML »7 MlL "icateir » et sorte d’herbe dite 
«IM» et subst. atéuas -» 

« ablette . M L, 328, cf. néerl. of/t, elft 

Albe ; alburnus, M. L. 320 (ü apres eom , 
aubier ; «dtan*» (Plin.) ; otêorus, ÇGL II 264^ 33 
(rf *albarus « peuplier blanc », M. L. 318) , aLùucus, 
et albLium n.f« asphodèle », M. L. 326 ; albuélu » « sorte 
de vigne », M. L. 327, dont la formation rappelle car_ 
duIùTlct .toutefois, André, Lex., s. u.) et oliena, et 
peut-être aussi les noms propres ^iénla, nom du Tibre 
« ab albo aquae colore » aquae Albulae, près ' 

ic ,, rd -hui Acque AlbuHr, Albo (douteux) Albtus, - AIH- 
r .ùs,Albïnouânus ; la torme dialectale Alpus (cf. omhr. 
ail-) et ses dérivés, peut-être le nom propre 
faternum « AlfaternQrum» . Les s .5? 

*albânus M. L. 316, *Master 319, *Mlcellus32ï, Mi 
folium 322 a, albüca 324 a et 325, Misptna 329, albura 

Mo-, traduisant souvent des com- 
Dosés grecs en Xeuxo- ; albicolor — Xnjx6 x pouç , albico- 
Jxeoxéxopoc; Mice-rus (-cens, -eôrâtue) ; Mtpe- 


dius, etc.; MogMrus, -l m. : bonnet blanc du flâmen 
““/de ombr. alfu . alba » pl.nl montre quelle é de M 
bus , repose sur 'blanche »; SX<p‘, 

^ 6 “ne d’orgë ».lDe plus, sans ^oute^le, nom 
germanique du.cygne »^ v^ ^ j e kl’ed', ne sont 

pSs -&"-ge », les noms de coeurs 

ltIt m reXnsTon n en‘est médiocre. Il est probable que 

car le grec a iûbaupàg à côté de oXçôc. Cf. alpus. 

alcana, -ae f. : nom d’une pl a nte(l’or°nce ? )dite ^ 
aussi can* cerebrum ou dvgitus Veneris (Ps. Ap. 8;, 
adn.). Égyptien? 

alcê, -88 (ou alces?) et ate, ^ P^^ét 

If™ t Te “f ftVTne'.T c'elletrme tnanLs 
Snatus subsütue nn mot grec Hélix, cf. Keller, Loi. 

VM n!n,é l - 2 Z, comme cernas, Ur clous, etc. 

alcëdô (cas obliques non attestés) f. 

flots). Emprunt au gr. ^'arr. L. L. 5, 79, arrangé 
sous rmfluonce'des rTts’ en -êdô (du re^e 'e grec a uD 

grecque : cdcyonis ritu, cf. Var , . la quantité 

est fait d’après alcyonius ^ ü p ^ t être 

de F o est incertaine ; dans Plaute, G . , P 

bref ou long- 

âlea -ae f : sorte de jeu de dés (qui se joue avec^ 
aiea, ae i. * 3551 j eu de hasard, 

des m sur une tabula, cf. Plt., Lu. d ), j R R 
et par image « hasard » (oppose à rat , , 

f 8 8) - Ancien, usuel. Isolé en italien. M. L. 333 
’ Dérivés • Sleârius Plt. (-ôris Cael. Aur.) ; Motor 
(Pltj, -I Sri* {Cic.l; akü, -eni, m. (cl. 

SrSSTï Zi — « j; 
I.?» 4U. stàSSA 

tTrZtVu n Km"nin de l’adj. gr. ^ ■ P-r« 

intermédiaire dorieu *4Xsi n’a aucun appui dans le sens 

aies : v. âla. 


aléa -aef.: algue, varech. Ancien (Turpilius). ; 
M. L. 334. 

Dérivés : cdgênsis ] algôsus. 

M. Lidén, Stud. z. ai. u. vgl. Sprachgesch J. 29 e 
suiv a rapproché skr. rjisdh « glissant visqueux , 
X’« metei, mucus, glaire », etc. hes (sens ; diflèren 
beaucoup. Un mot de ce genre a toutes chances 
n’être pas indo-européen. 


— 21 — 


alius 


algeô, -es, alsï, alsum, algêre : avoir froid (opp. à aes- 
lyô, différent de frïgëre « être froid »). 

Formes nominales, dérivés et composés : algor, -ôris 
m< (de Plaute à Ennodius) et aigus, -ûs p. (rare, surtout 
arch.) : froid (glacial) ; terme plus expressif que frïgus ; 
Implique souvent une idée de souffrance, peut-être due 
au fait que le verbe correspondant a été rapproché de 
, cf. P. F: 5, 22 algeo ex graeco àXyû ducitur , i. e. 
doleo, ut sit frigus dolor quidam membrorum rigore con- 
lectus. 

algéscô, - is (rare et tardif) ; algidus (depuis Naev.) ; 
algificus, &. X. dans Aülu-Oelle 19, 4, 4, où il traduit 
«jnjXpoTroiéç ; alsius (a. X. dans Lucr.) « frileux » ; dérivé 
de alsus , cf. noxa et noxius, angô, anxius ; d’où alsiôsus 
(Van*., Plin., avec des variantes tardives alsôsus et 
algiôsus, ce dernier refait sur algeô), alsitô. — Mots assez 
rares, bien qu’attestés durant toute la latinité. Un seul 
représentant de algëre dans les langues romanes, M. 
L. 335. 

La ressemblance de aigus et de gr. &Xyoç est for- 
tuite : la forme ancienne du mot grec est *àXeyoç, cf. 
fazyzi v6ç, etc. Le rapprochement avec un mot germa- 
nique isolé (v. isl. elgiar gén. « neige gelée »), que pro- 
pose M. Lidén, Stud. z. ahind. u. agi. Sprachgesch., 
p. 66, est indémontrable. Y. Walde-Pokorny I 91. 

alibï : v. alius. 

alibmm, -ï ; alabrum, -î n. : dévidoir, alibrum quod 
in eo librantur fila, i. e. uoluuntur, Isid., Or. 19, 29, 2. 
Le latin médiéval ne connaît que alabrum et alabrâre. 
Sur ce mot, obscur et de basse époque, v. Sofer, p. 116. 

alica, -ae f. (sans h, d’après Verrius, quoique Luei- 
lius semble écrire halicàrius ; l’abrégé de Festus écrit 
alica : — dicitur quod alit corpus, P. F. 7, 10, et alicâ- 
rius, 7, 11) : 1° épeautre, sorte de blé; 2° bouillie ou 
boisson préparée avec ce grain. Attesté depuisîVarron. 
Conservé en sarde, en sicilien et en espagnol, cf. M. 

L. 337 alica, -e, -um. 

Dérivés : alicastrum : même sens ; alicàrius : de 

meunier, ou de brasseur; cf. alicàriae mereiricës ap. 

Fest-. 1, 1. 

On est tenté de rapprocher le nom de la « bière », v. 
russe olü, v. pr. alu , lit. alùs, v. isl. ol, surtout si, avec 
F. de Saussure, ce mot est rattaché au groupe indo- 
européen de gr. ccXéco, ÆXeupov. Mais le groupe de aXéw 
semble dialectal, limité à grec, arménien et indo-iranien ; 

M. Y. Bertoldi, Siudi italiani di fil. class ., VII (1929), 
p. 251 sqq., a rapproché gr. £XiÇa •' rj Xeûxtj t<ôv SevSpcav 
et àXfjTcopov *. Xeuxèv t6 <£v0oç, ainsi que divers substan- 
tifs de la région gauloise. V. aussi ïat. olor. 

Peut-être simplement emprunt au gr. ÆXixa, acc. de 
fiXtÇ « gruau d’épeautre » (Chrys. Tyan. ap. Athen.). 
Le mot, d’usage récent selon Pline, NH 22, 128, aurait 
été introduit à Rome, avec la chose, par les médecins 
grecs. V. Frisk, s. u. 

alicula, -a© f. : vêtement à manches courtes (Pétr. 
40, 5). 

Peut-être à rapprocher de tbess. dcXXiÇ’ xXapùç, Hes. ; 
aurait été refait d’après âla. 

aliênus : v. alius. 

âlipilus : v. âla. 


aliquis, aliôquî : v. alius. 

âlium, -In. (alius; on trouve aussi, à l’époque impé- 
riale, allium, allius, auquel peuvent remonter les formes 
romanes, et une forme campagnarde âleum , âleus , cf. 
Porphyr. ad Hor. Epod. 3, 3) : ail. Panroman, M. L. 366. 

Dérivés : âliârius ; -um compitum : marché à l’ail ; 
àliâtus { ale -, Plt., Mo. 48) ; âliâmentum : mets à, l’ail ; 
al[l)iterium (Gloss.) : mortier à ail (de terô). 

Le rapprochement avec anhëlàre, qui supposerait un 
ancien *anslo -, n’est pas probable, car en latin anhëlàre 
n’éveille pas l’idée de « odeur forte » ; au surplus, il 
semble écarté par la forme osque allô- (cf. «S&Xrçv* Xdya- 
vov ’ItocXoC Hes., etgr. àXXâç), si on en admet l’authen- 
ticité. Le skr âluh « sorte de plante bulbeuse » n’a pas 
de correspondant hors dn sanskrit, et l’on ne voit pas 
pourquoi ce nom de plante aurait subsisté seulement 
en italique et en indo-iranien. Un mot de ce genre a de 
grandes chances de n’être ni indo-européen ni dérivé 
de quelque mot italique hérité de l’indo-européen. Le 
rapport avec halus, alum est indéterminable ; la quan- 
tité de Va dans ces formes est inconnue et le sens incer- 
tain. 

à) alius, -a, -ud (il y a quelques exemples d’un dou- 
blet alis , alid à l’époque républicaine ; Lucr. emploie, 
notamment, le groupe alid ex alio pour éviter le tri- 
braque, cf. Thés. I 1623, 41 sqq. ; d’après quis, quid?). 
Comme aller, suit la déclinaison pronominale : gén. alius 
(c.-à-d. aliius), dàt. alii {ali). Toutefois, la langue évite 
ces formes et tend à remplacer le gén. alius par alterïus 
ou par l’épithète aliênus, ou encore par un génitif aliï, 
et le datif alii par aliô m. n. ; aliae f. A côté de aliud , 
la langue vulgaire a créé un n. alium, d’après alterum. 
Sens : « autre » en parlant de plus de deux. Il arrive quel- 
quefois que la distinction entre alius et aller et cëterus 
ne soit pas rigoureusement observée : alius, aliï (p!.) 
traduisent <3cXXoç, fiXXoi et ô 5XXoç, ol ÆXXoi, Tér., Hau. 
456 ut alla {— cëtera) omittam ; T.-L. 7, 26 alia multitudo 
(= o àXXoç erpaxéç de Xén., Gyr. 6, 4, 1) terga uertit ; 
et l’on trouve aussi alius en corrélation avec aller , 
comme en grec êrepoç piv... ÆXXoç Sè... .Alius répété sert 
à opposer un individu ou un groupe à d’autres indi- 
vidus ou à d’autres groupes. Alius aliud dicit « l’un dit 
une chose, un autre en dit une autre » a son correspon- 
dant dans le gr. ôXXoç ÆXXo Xéy«, Xén., An. 2, 1, 15. 
Enfin, comme «ScXXoç, alius a aussi le sens de « différent ». 

Alius est traité syntaxiquement comme un compa- 
ratif : il est précédé d’adverbes à l’ablatif en -ô : mvltô , 
etc. ; et son complément est à l’ablatif ou accompagné 
de quam (en dehors de l’emploi ordinaire de ac, atque). 
A basse époque, alius est construit avec ab comme alië- 
nus , cf. Thés. I 1636, 59 sqq. 

Formes adverbiales : aliô , alid, alias, aliter , alibï [aliubï, 
d’après alicubï ?, aliunde). Aliter èst peut-être le type 
sur lequel se sont formés les adverbes en -ter, cf. Stolz- 
Leumann-Hofmann, Lai. Gr. 6 , p. 299. De aliô avec ad- 
jonction de l’ablatif de l’indéfini quis, quid dérive aliô- 
quï (cf. aiquï, ecquï , cëterôquï) : de quelque autre ma- 
nière, d’ailleurs, autrement. La forme aliôquïn est ré- 
cente (époque impériale) et a dû subir l’influence de 
quïn, cf. atquïn , cëterôquïn. Cf. encore alwrsum (-sus) de 
*aliô uorsum. 


aliênuS 


îî 


indéfinie - a <7 adverbes dérivés : aliquandô, aliquàm- 

M. L. 344 a; * 

9U :^r a r d"a4e^i i consc^dans S son second 
terme la forme «m otl 

Xi£«» est peu représenté es les mga inienu . ^ 

aller en a pris la ^ aCe .' ° ^ n composé de aliquis, *ali- 
^ uem t-r a ^de fortune ; enfin, des formes 
'SiïïXK, Zgul, alwrsuin, al^uandô, aUubt, 

ÏÏtàS. 34t"« P °3 r 49 ;Tw. sous adleurs ; 

et aucun, aussi sous si. 

. . .a -urn dérivé de alius, « qui appartient 

b > alienus, a, nm correspondant au gr. 

4 un ’ aM alignum , „u, abso- 

aXK6 rpioç. S oppose a su p eut être 

lument, aliênum , à I précédé ou non de ab, 

accompagné d’une complément précédé o» # , 

« étranger a ; hostile » : aliéna mens. De 

„n passe aussi au sens do «MOT ^ rendre 

C0 7teX™ Tet indigena-, alUnilo- 

qU T- les langues his- 

M L 340. La formation de l’adjectif n est 
pas'clairè ; v. Stolz-Leumann, Lai. Gr. 5 , p. 224 : e 

•ali-tnus avec dissimilation t 

.1 olter -tera, -uni (rac. *d- + suffixe de compara- 
c) alter, ter , v & d ' apr ès alius, la flexion 

Wêêimsê 

deux) »; « run... l’autre » et « le suivant » (dans les 
oeuxj , v-- « i e lendemain », T.-L. 3, 

H"» — t, afiero 3 uam condim Borna ^ 
Souvent^ en corrélation avec anus, dans le sens de .le 

S Tflt signifie souvent . un autre » P- opposition ^ un 

a * 

’ . -, D’autre part dès l’époque împé- 

SST Xr «T ~ otc£— 

avec lui, cfi Thés I ZZrutfl 

HZlZ tZZalZrn ZZa Unguil, uliutnjub 
ZTucat. Aussi aller, qui avait plus de corps, s est-il 

; Homenaie a M. Pidal, p. 109 sqq. 

*■ Enta aller se dit souvent par euphémisme pour mffi- 
ouer qu’une chose arrive autrement qu elle ne devrait . 
Oter e*V<> ru>n bono ponilur, ut m augurus altéra cum 


appellatur nuis, juae utigue prosper ar ton est £«• a hier 

M. h. 383 ; et le 

composé ancien fSrlre mXnJ 

cialement .corrompre Tcommettre l’adul- 

e ; (le^su jet étant le plus souvent un homme), 

M Sur ont été 

populaire explique par q ^ ct aduUerium , M. 

t foTZïZt Zàtair-, ‘adulterâiw . altération 
ZuZrlt 'u UX ■; -a signa dicuntur alunis anulu 

facta V. F - 25 ' 26 , composés : alternas : alternatif, un 

deux et sis dérivés, dont aller nüâs, terme de gram- 

sur deux , et ses ’ iwMuIttic • alternâmentum. 

maire transcrivant le gr. imûXô-njç, •“ 

(Claud. Mamert ). forme déponente 

^ r T’ t JulZLT Zor), sans doute dénomi- 

"rS /ite^et P. F. 6, 25, Ohercorio : iurgatia. 

"ffirem"p- nlids -altrimsecus (en- 

corliricux mots dans ^’P""Trmatt 
owOev, arch. ; allrôuorsum (arch.), tournas. 

'"TrÆ‘i.ïï«^ *> 

ÿa ÎJdu i devenir «n composé dont le second terme 
S te S ’c e omposé n lrp to glosé duplex ne figure que dans 

*ti irr-Ær=». ■ « •-*- 

fedial. i.-e., p. 26. Pour arm. api (gén. 

n- et non I-; on a ainsi got. anpar, gr. dvcpoç (qu^ 
BSL U 68 ré p en 95Td°e Ç ?Ies adjlcXInt des corre^ 

la^forme°a&er ipa^e IioiTesponda^t J’en 

du radical Z- pour indiquer l’objet éioiguM - . 

gardé aucune forme claire du radical L n- ^de - ’ upe 
le celtioue n’a non plus aucun représentant du group 
de got. anpar , etc. Inversement, l’indo-iramen, ou 


— 23 — 


alO 


vait à désigner l’objet éloigné, n’a, en face de lat. alius , 
que le type à radical n : skr. anyâh , etc. Le suffixe 
*-tero - a cessé de bonne heure d’être clair en latin : uter 
ji’y est plus analysable, non plus que céleri ; et les formes 
analysables telles que ul-le-rior, ci-te-rior, etc., ont reçu 
le suffixe du « comparatif » latin ; c’est ce qui fait que, 
eû latin vulgaire, alter a pu aisément perdre sa valeur 
propre et céder à la pression qui résultait des formes 
telles que alterius , alterî substituées à alius (gén.), aliï 
(datif) ambigus. — Quant à ali- de v. lat. alid et de 
ali-quis , ali-cubî , etc., on n’en a pas, hors du latin, de 
correspondant certain, sauf gall. eil a autre » ; cependant, 
il y a là quelque chose d’ancien ; cf., au premier terme 
de composés, medi- en face de médius , le -i- n’ayant pas 
nécessairement une communauté avec -yo- ; cf. skr. 
rjrâ-, mais rji- au premier terme de composés. 

aliuta : v. alius. 
allée, aJlex : v. halléc. 

alléluia : transcription du gr. biblique àWujXouCa, dont 
a été tiré à basse époque aüéluiaticus , -cum. 

allers : v. ars. 
almus : v. alô. 

ahms, -I f. : aune, et, par métonymie, objet fait en 
aune, spécialement « barque » (poét., cf. abies). — An- 
cien ; l’adjectif alneus est dans Accius. Panroman (sou- 
vent sous des formes dérivées ou altérées). M. L. 376 ; 
B. W. s. u. 

Dérivés : alneus, -a, -um ; *aineus, -i, M. L. 375 ; 
alnétum : aunaie, alnétânus (GGL YI, 205, 51, con- 
servé en italien et dans les dialectes italiens, M. L. 
374; alnïnus (tardif), M. L. 375 a. 

Cf., avec même sens, v. angl. alor ; v. h. a. élira (d’où 
erila >- Erle ) ; lit. élksnis, alksnis et aliksnis ; v. serbe 
jelixa ; pol. olcha. Le détail du mot diffère d’un groupe 
linguistique à l’autre, comme dans la plupart des noms 
d’arbres ; v. acer.] 

alô, -is, -uï, altum (alitum), -ere: nourrir [dé nütrîce, 
sens ancien, mais rare ; dé cibô , dé terra). Souvent joint 
à êducâre, augëre ; s’emploie au propre comjne au figuré, 
à l’actif comme au médiopassif. — Ancien et usuel ; mais 
a subi la concurrence de nûtriô, qui l’a remplacé dans 
les langues romanes. — Le pcp. aUus s’est spécialisé 
dans le sens de.« haut » (qui a grandi) et n’a plus de 
rapport sémantique avec le verbe ; aussi a-t-il été rem- 
placé par alitus , cf. Diom., GLK I 375, 14, alor, aleris, 
altus sum. Sallustius (lu. 63, 3) « Arpini aUus ». Melius 
est autem dicere uitandae ambiguitatis gratia « alitus ». 
Nam et alimenta dicuntur. Les auteurs anciens n’em- 
ploient que aUus, cf. Thés. I 1706, 37 sqq. 

Dérivés : almus : nourricier, d’où « bienfaisant » (cf . 
gr. Tp6<ptp.oç). Épithète de déesses (Vénus, Gérés, 
Maia), de parëns, genetrïx, nûtrix ; joint aussi à ager, 
uîtis, übera, cf. Thés. I 1704, 27 sqq. ; alumnus ; 
alumna (ancien pcp. médiopassif substantivé)î: nour- 
risson (=îrpoq>t[A6ç, cf. Serv., Ae. 11, 33) ; et à basse 
époque « nourricier, -ère », cf. Non. 242, 32 ; et aussi 
« esclave né dans la maison » (= OpeTtréç, et remplace 
uerna) ; de là alumnula î. ; alumnor, -âris (tardif) ; 
alimentum (surtout au plur.) : aliment, nourriture, 


d’où alimenlârius ; alimenté , -âs (Chir.) ; alimô , -ônis 
(Gloss., Plao., Anth.) ; alimônia (- mônium ) « nourri- 
ture » (Varr. et n e s. de l’Empire) ; aliiûdô , -inis (ale-) 
f ., corporis pinguëdô, P. F. 25, 10 (de Caton?) ; Gloss. ; 
àlitüra (Gell.) ; aleber (-bris), -bris, -bre (Gloss, et P. 
F. 23, 17 -bria, bene alentia; cf. salüber) \ alibilis ; 
altor, altrix : rares et surtout poétiques, uerba... ac- 
commodata... historico aut poetae, Fortun., Rhet. 3, 4, 
p. 123 (ni al(i)tiô, ni al(i)tu$ n’existent) ; altilis : qu’on 
nourrit, qu’on engraisse (se dit surtout de la vo- 
laille) ; de là altilia , -ium ; altüitâs (Gloss. Plac.), 
altüiârius. 

De alô il y a un inchoatif alêscô « se nourrir », d’où 
« grandir, croître », attesté par Varr., Gens. 14, 2, adu- 
lescentes ab alescendo sic nominatos, et dans le composé 
coaléscô , -is, -lui, -litum « grandir ensemble, se coali- 
ser ». C’est également de alêscô que dérive alétüdô. 

En composition, le verbe a le vocalisme o, u : dbo- 
lëscô, adoléscô , aduléscô, etc. ; de même, un substantif 
-olés figure dans ind-olës,- sub-olés, prôlès. Les anciens, 
pour expliquer ces formes, supposent l’existence d’un 
inchoatif oléscô ; ainsi Festus, 402, 19, suboles ab oles- 
cendo , î. e. crescendo, ut adolescentes quoque, et adultae 
et indoles dicitur... ; et P. F. 5, 12, exoletus qui excessit 
olescendi , i. e. crescendi , modum ; et inoleuit , i. e. creuit ; 
cf. aussi olescô, Thés. Gloss, emend. s. u. Mais adoléscô, 
aduléscô peuvent représenter phonétiquement *ad- 
alëscô, comme indolës, subolés , proies peuvent être com- 
posés de *ind-alës, *sub-alës, *pro-alës ; *alês étant à 
alô, comme caedës à caedô. Il est donc inutile, et sans 
doute erroné, d’admettre des simples *olës, *oleô (cf. abo- 
leô), *olëscô qui ne se rencontrent pas dans les textes. 

abolêscô , -is, -ëuî, -ere : vieillir, se perdre, être aboli ; 
cf. aboleô. 

adoléscô , -is, adolëui, adultum, adolëscere : grandir. Le 
vocalisme u est plutôt réservé à adulèscéns substantïvé 
« jeune homme » et à ses dérivés adulëscentulus et adu- 
lëscentia, qui désigne une période intermédiaire entre 
pueritia, et iuventüs, qui chez les hommes va de quinze 
à trente ans environ. Le fait que adulés centula sert de 
féminin à adulëscéns s’explique d’abord par ceci qu’un 
participe tel que adulëscéns ne comporte par lui-même 
aucune forme féminine, mais on a aussi remarqué que 
gr. toxi S tcnaj sert de féminin à toxïç, lit. tarnâité à tdrnas, 
et même lat. ancilla, puella à *anculus , puer. Le parti- 
cipe adidtus signifie a qui a grandi, adulte ». M. L. 189 a. 

exolëscô, -is, -êüi (T.-L., -uï Gharis.)., -ëtus, - ëscere : 
1° cesser de grandir; 2° tomber dans l’oubli, devenir 
hors d’usage ; mourir (Colum., ApuL). L’époque répu- 
blicaine ne connaît que exoletus (avec vocalisme diffé- 
rent de celui de abolitus et de adultus, d’après crëtus, cf. 
obsolëtusl) ; cf. P. F. 70, 17, exoletus qui adolescere, i. e. 
crescere desiit (cf. 5, 12, cité plus haut) ; exolëta uirgô, dit 
Plt. d’après Prise., GLK II 490, 1. C’est seulement à 
l’époque impériale qu’on voit apparaître des formes 
personnelles du verbe (Tite-Live, Tac., Plin., Suét.). — 
Il semble qu’il y ait eu contamination avec obsolëscô et 
que exoletus ait été rattaché dans le sens de « passé de 
mode » à soleô. C’est par ce sens de « passé de mode, 
vieilli » qu’on serait arrivé à celui de exoletus « mignon » 
(e. g. Cic. Mil. 21, 55), cf. scortum exolëtum, Plt., Poen. 17. 
Ç’àurait d’abord été une épithète injurieuse, appliquée 
à un mignon, ou une prostituée « hors d’âge », qui en- 


alogiô 


— 24 — 


• tr 

de grandir » (Lucil.) et subplisco « naître a la sut , 

mer nne lignée ». arrrnissement ». Il est 

Indolis a signifié d’abord “ ac “ 0 "” le sens de 
glosé inerëmentum P. F. 94, 12. P e t des 

ÇSÆÏÏIiS 

"fe aussi soéofe avec ' 

progéniture ». 5uWa et prdlfe ront tous deux rares 

IHH 

ou £mprôi£s, -fus « qui nondum uir est », cf . P- F. , , 

S ^ ny a m des e co^es S pondants exacts en celtique, où le 
«« a, pa? exemple, no-l-uil « çpn pourrit », 
et en germanique, où l’on a le verte j. isl. 7%L,7cüf 
alan « nourrir », got. alands « ’ ’i e “- 

„ on 0-1 aytZ/Z V h a. ait « ancien », qui ale meme voca 
J'i que Fa de lut. «M et de v. angl. aia. es 
un — a; il gotique a, de plus, «p artoporf^ 

« m-reoTéç ». Le sens de got. aipe w, 

ne concorde pas exactement avec celui de lat mius , 
mais on voit par là que l’adjectil en *-.o- tendrnt au 
moins dialectalement, vers une spéaalisataon de sen 
Cf du reste lat. ad-ultus et le verbe ad-olesco. 11 n y 
avait ni ancien parlait ni ancien aoriste ; car 1 irlandais 
a le prétérit ro ait « il a mangé », tandis que le lata a 
aLu l P L , e rapprochement de l’épithète hom. dv-oX-mç 
« insatiable est incertain. Mais on ne saurait séparer 
c ormes bâties sans doute sur des thèmes verbaux a 
*-dhe/o- et à *-de/o- suffixé : hom. 
sodvo), hom. ba-S-fi-oxovxoç «croissant», hom. 

Ta a guéri » et àu-aX- 9 -^-osaeov « vous guenrez », ion 
a-e-X <0 et SX- L’-é- qui figure dans lat 
ad-ol-é-scô est du même type que celui qu onada " 
hom àX-B-fpmcovToç; la constance de -e- dans les 
formes latines exclut l’hypothèse d’un ancien causatif 
du type de moneô , monui, momtus. — Les formes latines 


alimentum, etc., indiqueraient une racine dissyllabique ; 
mais altus ne concorde pas. 

aiogiô, -âs, -âre : aratwnis tramite deuiare (Aug., 
Ep. 36). Emprunt tardif au gr. aXo-yecû. 

alnxinum -I laloxanus, alosanus) n. : absinthe. Mot 
aloxmum, 1 époque, sans doute étranger. M. 
très rare et de basse epocpe. a uhsan. 

L. 377 ; B. W. sous absinthe , germ. v. 


i 

i 


alnha indécl. : transcription du gr. TÙSXça, usité 
daS latinité impériale (Mart. 2, 57, 4) au sens de 
« primus ». , e 

alnhflhëtum -I n. : transcription du gr. aXça^Toç, | 
empfoyfdaas l’a langue de l’Église à côté de abecedanu*. 

alnus • album... Sabini lumen alpum dixerunt.Vnde 
arXot'J— Alpium a candare s— 
p F u 8 La forme alpus dénoncé peut-etre une pro 
noncatlon étrusque. Le'rapport entre alpus et Alpes est 
sans doute imaginaire, 
alsius, alsitô : V. algeô. 

onf étfrd^t 

?rande“orm suai in gibus igné -P. F. 5, 

14 • altâria est joint a adolere , Lucr. 4, 1 » S-» * 

sun^icîa 5 uod diis superis m ^ “ ^ 

soumis sac™ /«ieéam; ^7, “ • cî Serv. ld 

L On rapproche la racine de adoleô. Le suffixe est -al , 
avec la dissimilation normale de l. 

altellus -.-Romains dicebaXur, quasi ate us 
U ai auod tellurem suam aleret ; siue quod aleretur tels, 

également obscurs. 

alter, altéra : v. aZiws. 
altercum, -I «“!>’ 

iuod Graeci iooaéagov aocanf, qui bibarunt... 

lienantur, oum quadam nerborummtercaUone. mdeh^ 

namen herba trahit altercum, Scnb. Larg. 181. L y 
pop.? - 

obus -a -um : proprement participe passé de alo] 


— 25 — 


ainârus 


H hoch), et celt. : irl. ait, gall. alll. De là ahitüdô, -inis 
f rempl acé eü roman par *altitia , M. L. 386. 

' *Le n. altum désigne la haute mer ; de ce sens dérive 

itânus -l m- ' autan, vent qui vient de la haute mer, 
5. L. 380 . B. W. s. u. 

En bas-latin apparaissent allô , -âs, remplacé, du reste, 
en roman par altiô , -âre (cf. M. L. 385, et Thés. s. u.) ; 
aliëscô , aitificô (Ital.). 

Alto est peut-être tiré de exaltô « exhausser, relever », 
oui semble un peu plus ancien (Col., Sén.), d’où exaltà- 
tiô (langue de l’Église.), exakâtiuë (Cassiod.). Altiâre est 
sans doute bâti sur le comparatif, cf. leuiâre , ampliàre ; 
d’où *exaltiâre , M. L. 2935. 

altiusculus : un peu plus haut (Suét.) ; peraltus (T.-L.). 

Composés en alti- dont la plupart traduisent des com- 
posés grecs en ôtju- (comme altithronus = uij>£0povoç) ; 
quelques-uns sont proprement latins, par exemple le 
terme de rituel altilâneus : de haute laine. 

Pour l’étymologie, v. alô. 

alucinor, -âris, -àrî (et hal(l)ucinor , graphie tardive ; 
Y h initial semble adventice comme dans honera , honus- 
tus, cf. Gell. 2, 3, 3 ; la quantité de Va et de Vu n’est 
pas connue) : dormir debout, rêver, divaguer. Verbe 
rare; non attesté avant Cic., ne reparaît plus avant 
Colum. — Dérivé de gr. ôXéetv par Cloatius Verus, cité 
par Gell. 16, 12, 3. Formé sans doute comme uâticinor , 
raXiôcinor , etc. 

Dérivés : alucinâtiô et alucinâtor (dans Festus). 

alucita, -ae (f.?) : moucheron, cousin (un seul exemple 
attribué à Pétrone par Fulgence). 

aiueus, -i m. (et alueum n. tardif, cf. Thés. I 1789, 
18 sqq.) : vase de bois, cuve, auge ; cf. CGL V 439, 3, 
lignum excauatum in quo lauantur infantes ; Plin. 16, 53, 
alueis ualidi roboris ; 24, 67. Puis « cale d’un vaisseau, 
lit d’un fleuve, table à jeu (cf. alueolus ) ». A basse 
époque, confondu parfois avec aluus. Ancien (Cat.), 
usuel. M. L. 392 ( aiueus , albeus, -uea, -bea), B. W. sous 
auge. 

Dérivés : alueolus ( alueolum , P. F. 7, 17), M. L. 391 ; 

alueâria , -ium n. pl., d’où aJueârium, -î n. : ruche, M. 

L. 390 a ; alueâtus : creusé en forme de canal ; alueo- 

lâtus. Cf. aussi M. L. 393, *alvlna. 

Pour l’étymologie probable, v. aluus. — Pour l’em- 
ploi au sens de « ventre », on verra sous uenter que les 
noms de cette partie du corps sont sujets à beaucoup 
de renouvellements. 

alum, -î n. ( alus [àa-] m.) : plante mal identifiée 
( cotonea chez les Vénètes, oûjzçutov TCrpaiov chez les 
Grecs), peut-être la grande consoude (cf. Philologus 91, 
p. 449 sqq.). Sur les différents noms de cette plante, v. 
Scribonius Largus, 83 : symphiti radix (= conferua , sol- 
dago , herba consolida) qüam quidam inulam rusticam uo- 
cant, quidam autem alum Gallicum. André, s. u. 

V. it. alo , vén. luganico. 

V. âlium et halus. 

alümen, -inis n. : alun. Non attesté avant Claudius 
Quadrig. Panroman, sauf roumain, M. L. 389, et germ. : 
ags. alifne ; celt. : irl. ailim , gall. elyf. Cf. bitümen , et 
comme celui-ci sans doute mot étranger. 

Dérivés : alüminàrius, -ï; alüminâtus {ex-), -minô- 


sus. Peut-être faut-il y rattacher alüla, -ae f. : ciiir 
assoupli avec l’alun, peau souple (déjà dans Caton?), 
M. L. 390, d’où alütàcius , -a, -ufn. 

Le seul terme qui se laisse rapprocher est un mot 
grec occidental : àXuS (o ) cpov ' mxpôv 7 rapà Scîxppovt Hes. 
Terme technique d’origine obscure. 

alumnus : v. alô. 
alüta : v. alümen. 

alutiae, -ârum?, mot obscur (ibérique?) qui figure 
dans un seul passage de Pline, 34, 157, in aurariis metal- 
lis, quae alutias ( alutia codd. deter., aluta Hardouin), 
uocant. Cf. talutium. 

aluus, -ï f. (m. anté- et postclass.) : 1 ° ventre ou plu- 
tôt cavité intestinale (de l’homme et des animaux), cf. 
Cic., N. D. 2, 136 ; Isid. T Diff. 1 , 38, aluus interius recep- 
taculum çibi est quo sordes defluunt , et CGL II 351, 41, 
aluus : xoilloc i] ëaoi A ce sens se rattache aluinus : qui 
a le flux de ventre (Plin.) Se dit aussi pour utérus , cf. 
P. F. 17, 18, aluus , uenter feminae ; 2 ° ruche. Mais, dans 
ce sens, aluârium (singulier rare et refait sans doute 
secondairement sur le pluriel), aluària , -ium est plus 
fréquent. — Ancien, usuel, technique. Non roman. Cf. 
aiueus. 

Sans doute apparenté à gr. aùX 6 ç, aùX<ov, lit. aulys , 
avilÿs « aluus apium ». Pour la métathèse, dans un mot 
de caractère technique et populaire, cf. neruus et veu- 
pov, et les articles paruus, taurus. 

ama {ha-), -ae f. : vase, récipient; en particulier, 
seau à incendie. Emprunt ancien (Caton) au gr. àp. 73 . 
Uh, sporadique, est dû sans doute à l’influence méca- 
nique de hamus. Diminutif : {h)amula (Colum.). 

Le simple subsiste dialectalement en français sous la 
forme aime ; hamula dans les dial. ital. et en provençal, 
M. L. 4014 et 4024 ; les deux en germ. : m. h. a. âme 
« Ohm », v. angl. amol. 

amâracus, -ï m. : marjolaine ; adj. amàracinus. Em- 
prunt (depuis Lucr., Gatul.) au gr. àp,à paxoç. M. L. 398. 

amârus, -a, -um : amer, sens physique et moral. Tra- 
duit mxpéç et 8 pi(xéç. Souvent joint à tristis, opposé à 
suâuis, dulcis. En jeu de mots fréquent avec amor, 
amâre , cf. Plt., Ci. 48, an amare occipere amarumst ? — 
Ancien, usuel. M. L. 406. 

Dérivés : amàrulentus , renforcement de amârus 
(Gell.,Macr.), d’après lutulentus, etc. ; amâror, -ôris m. 
(rare, arch.) ; amdritüdô (fréquent), M .L. 405 ; amâ- 
ritia (Gloss.), M. L. 403 ; amàritiës (a. X. Catul.), ama- 
ritâs (Vitr. et Gloss.). M. L. 402 c ; B. W. sous amer- 
tume. 

Apparaissent en bas latin : amâriter , amârô , -âs ; amâ- 
rêfaeiô ; amârëscô, -is, M. L. 400 ; amàricô, -âs (Itala, 
trad. 7 rapa 7 uxpa£vcû), id. 401, d’où amâricôsus, id. 402, 
*amâricus, id. 402 a ; amâritôsus ; amarizô (hybride 
latin-grec de Plin.-Val. d’après 7 uxp£^£o) ; amârificô ; 
amàricidô (Diosc.) ; amârifolium (Gloss.), M. L. 402 b ; 
examâricô (cf. exacerbô) ; amârola f., v. André, s. u. 

On rapproche skr. amlâh « aigre », suéd. et v. néerl. 
amper « aigre » (ail. Amp fer « oseille »). Comme le re- 
marque déjà Aulu-Gelle, 10 , 5, 3, la formation rappelle 
celle de auârus à côté de aueô ; elle n’est pas représentée 
autrement. 


amâta 


— 26 


amâta, -a© f. : « uirgO uestâlis ». Cf. Gcll. 1, 12, 19, 
amata inter capiendum a pontifice maximo appellatur , 
quoniam quae prima capta est hoc fuisse nomen traditum 
est. Cf. le nom de la femme de Latinus et mère dë Lavi- 
nie Amâta, le gentilice Amàtius auquel on peut compa- 
rer l’étrusque amQni. 

Certains voient dans amâta le participe passé passif 
de amô et dans la formule prononcée par le pontife « ita 
te , amata , capio » une sorte de prise de possession de 
l’épouse par l’époux; interprétation qui s’accorde mal 
avec le sens de capiô et, du reste, avec l’âge où l’on choi- 
sit les vestales {entre six et dix ans, cf. Gelî. ad 1.). Du 
reste, capiô se dit également du choix des prêtres mas- 
culins, flamines de Jupiter, pontifes, augures. L’expli- 
cation d’Aulu-Gelle est la meilleure : capi autem uirgo 
propterea dici uidetur , quia pontificis maximi manu 
prensa ab eo parente , in cuius potestate est , ueluti bello 
capta abducitur. 

ambactus, -ï m. : — apud Ennium (A. 605) lingua 
gallica seruus appellatur , ... seruus ambactus , i. e. cir- 
cumactus dicitur , P. F. 4, 20 ; dans César, B. G. 6, 15, 2, 
il est également appliqué aux Gaulois. Mot étranger — 
non pas mot d’emprunt. 

Sont à rapprocher ambascia, qu’on lit dans la lex 
Bürg. et la lex Sal., cf. M. L. 408 a, ambactia et aban- 
tonia , synonyme de ancitta , qu’on lit également lex Sal. 
cap. VI 5. V. B. W. sous ambassade. 

Substitut gaulois de i.-e. *ambhi-k" olos ; v. sous an- 
culus. 

ambages, -um f . pi. (le singulier n’apparaît qu’à par- 
tir d’Ov., à l’ablatif ambâgë) : « sinuosités, détours » et, 
au sens moral, « circonlocutions, ambages », cf. Plt., 
Ps. 1255, quid opust me multos agere ambages ? Doublet 
tardif ambâgë, -inis ; adj. ambâgiôsus , Gell. 14, 1, 33. 

De amb + âg-, forme à voyelle longue de la racine de 
âgô, sans doute élargissement d’un ancien nom racine ; 
cf. contages , contâgium en face de tango avec â. Même 
forme dans indâgô. V. ambigô sous agô. — Ancien, usuel, 
mais ignoré de la prose classique. Le sens propre n’est 
pas attesté avant Virgile. Sans doute ancien terme tech- 
nique. Non roman. 

ambar, -aris n. : ambre gris. Un exemple tardif 
dans Carm. Epigr. 796. Venu sans doute de l’arabe. 
Cf. nectar. 

ambascia : v. ambactus. 

ambi-, amb-, am-, an- : particule attestée seulement 
comme premier élément de composé. Une trace de son 
emploi comme préposition est encore dans Charisius, 
GLK I 231, 11, qui cite am fines, am segetes (cf. P. F. 19, 
16, amsegetes dicuntur quorum ager uiarn tangit). Pour 
le sens, cf. P. F. 4, 22, am praepositio loquelaris signifi- 
cat circum , unde supra seruus ambactus , i. e. circumactus 
dicitur. Le sens est plutôt « de chaque côté de » que 
« autour » (i circum et gr. rapt) proprement dit. 

Ambi- ne figure plus que dans des mots archaïques 
conservés par les grammairiens et les glossateurs : am- 
biaxium (1. ambaxium ?) dans P. F. 24, 11 ; ambiaxioque 
circumeuntes cateruatim, de ambi- + axium, apparenté 
à agere ou à axis? ; ambiegnus ( ambignus Fulg.), cf. 
agnus ; et sans doute ap. Varr., L. L. 7, 43, ancilia ab 


ambecisu (qu’il faut vraisemblablement lire ambicisu ) ; 
ambüustrum (Servius) ; cf. Ambiuius. 

Ambidêns semble une création de Festus faite pour 
expliquer bidëns sur le modèle de àpcpéSouç ; ambidexter 
est une transcription tardive de àpçoTepoSéÇioç ; am- 
bifârius, -riam (d’après bifàriam) ne sont attestés qu’à 
partir d’Apulée ; ambigenus est dans Eugène de Tolède, 
ambimanus dans les gloses. Ces formes se rattachent à 
ambô, et non à ambi-, 

Amb- est la forme normale devant voyelle : ambactus, 
ambages, ambaruâlës, ambegnï, ambedô , ambiguus, am- 
biô , ambulô, amburbiàlës , ambustvs ; am-, an- s’emploie 
devant consonne : ancile (?), ancîsus , anculus, anciila, 
amfâriam , anquirô, amiciô, amplector, ampterminî, am- 
putô. Pour anceps, Y. ambô. 

Le préverbe latin amb-, de amb-ürô , amb-ustus, etc., 
est évidemment apparenté à gr. dqztpi. A côté de *ambhi, 
ainsi attesté, le celtique et le germanique ont *mbhi : 
v. irl. imb-, imm-, v. h. a. umbi « autour ». Le skr. abhi 
est ambigu pour la forme et pour le sens (cf . lat. oh) ; 
le gotique a bi « près de » ; le sens de « autour » n’est net 
et constant que dans les formes comprenant une nasale 
visible comme gr. àp.(pC et v. h. a. umbi. — Le b de ombr. 
amb-oltu « ambulàtô » est issu de /, comme on le voit 
par osq. amfret « ambiunt », en face de ombr. amprehtu 
« ambïtô », ambretuto (plur.) ; v. anfractus ; toutefois, 
Vetter, Hdb ., p. 11 et 183, explique amfret par *am-feret 
et amprehtu par *am-prae-itô. Une forme am- est dans 
osq. amnûd « circuitü ». 

ambicus : poisson inconnu (Polem. Silu.). Peut-être 
gaulois. 

ambigô ; ambiguus, -a, -um : v. -agô. 

ambiô, -ïs, -ïuï, -ïtum, -ïre : aller autour, faire le 
tour de ; spécialisé dans la langue politique en parlant 
de candidats qui briguent une magistrature et font leur 
cour aux électeurs, cf. Varr., L. L. 5, 28, qui populum 
candidatus circum it, ambit. Cette restriction du sens a 
contribué à détacher le verbe de eô, dont il est un com- 
posé, pour le faire passer à la 4 e conjugaison. Cf. Prise., 
GLK II 547, 2, ambio ab « eo » compositum solum mu- 
tauit paenultimam e in i', itaque in -io quidem desinen - 
tium regulam seruauit in participio et supino , quippe pro- 
ducta paenultima : ambïtus ; in nomine autem differen- 
tiae causa in -eo terminantium regulam seruans corripuit 
paenultimam : ambltus. Ov., Tac., Plin. emploient ambï- 
bat, Pline a encore amblbunt ; mais dès Velléiusse répand 
l’imparfait ambiëbam, et Sénèque, dans Œd. 505, a un 
futur ambiet. Mais ambltus, ambïtiô ont gardé l’ï de ïtus, 
ïtum. 

Ambitus et ambitiô se sont différenciés dans l’usage : 
ambitus est surtout employé au sens propre « chemin 
qui fait le tour de ; pourtour » (cf. Varr., L. L. 5, 22) ; 
sens resté dans la langue des arpenteurs et géomètres, 
e. g. CIL V 506, 8 suppl., locus cum arnbitu datus , cf. 
Pomp. Dig. 47, 12, 5 ; P. F. 5, 6 ; 15, 20 ; et M. L. 410. 
Le sens de « brigue » est rare, quoique attesté (ad He- 
renn. 2, 27, 43). — Ambitiô, dans toute la langue clas- 
sique, n’a d’autre sens que « brigue, ambition ». Le sens 
propre n’apparaît qu’à basse époque, chez les archaï- 
sants, et semble recréé par affectation étymologique. 



ambulô 


pe même pour ambitiôsus, qui signifie presque unique- 
ment « intrigant, ambitieux ». 

On trouve en bas latin ambitor, -ôris m. ; ambitûdô, 
. inis f. « évolution » ; et en roman *ambitâre, M. L. 409 ; 
esp. et port, andar, etc. ; *ambitânus, fr. andain , B. W. 
s u. ; ou composé exambiô dans la langue de l’Église. 

V. les formes osco-ombriennes sous ambi. 

ambô, -a©, -ô : collectif duel, employé à l’origine pour 
désigner deux individus ou deux objets envisagés comme 
un ensemble dont les deux éléments sont conjoints, au 
contraire de uterque, ce qu’indique, inexactement, d’ail- 
leurs, le passage de Charisius, GLK I 65, 26, ambo... 
non est dicendum nisi de his qui uno tempore quid faciunt , 
ut puta Eteocles et Polynices ambo perierunt, quasi « una ». 
Romulus autem et Africanus non ambo triumphauerunt , 
sed uterque, quia diuerso tempore. Le sens est donc « tous 
les deux, les deux ensemble », e. g. Lex XII Tab. ap. 
Gell. 17, 2, 10, cum pérorant ambo praesentes. Mais a été 
souvent confondu avec uterque, c. g. Vg., B. 7, 4, ambo 
florentes aetatibus , Arcades ambo (d’après Théocr. 8, 3) ; 
Ov., F. 6, 287, utraque nupserunt , ambae peperisse fe- 
runtur. 

Ancienne forme de duel, que le latin a rendue com- 
mune aux trois genres {ambô fém. dans Plt., Ci. 525) ; le 
nominatif ambae peut, comme duae, être ancien ; cf. le 
nominatif-accusatif féminin (et neutre) skr. ubhé, v. si. 
obë. Mais l’influence analogique des autres adjectifs a 
déterminé la création d’un accusatif masculin arnbôs, 
d’un féminin ambâs, ambâbus (cf. duâs, duâbus). La 
scansion ambô qui apparaît à partir de Valérius Flaccus 
est due à l’influence de duo. A basse époque apparaît 
même une forme ambi (comme dul), cf. Nips. Grom. 
p. 288, 12, in ambis lapidibus, et Virg., Gramm. Ep. 6, 
p. 46, 11. On trouve aussi ambô joint à duo ; ainsi am- 
baeduae dans le scoliaste d’Aratus, p. 296, 8; forme 
conservée en roman, cf. M. L. 411. 

Au premier terme de composés, ambi- dans ambidêns, 
ambifàriam, ambiformiter (Arn.), ambiuium d’après les 
formes correspondantes en bi- ; avec syncope, anceps. 

Ambô répond à gr. <£p<pco et a aussi un correspondant 
en tokharien (tokh. B. ant-api « tous deux »).TLe mot 
se laissé couper en *ambh-bhô. Pour le premier terme, 
v. Iat. amb- dans amb-igô , amb-ulô, etc. Quant au second 
terme, got. bai « tous les deux », qui est passé à la 
flexion du pluriel parce que le germanique a perdu les 
formes nominales du duel, montre que i.-e. *bhô- dési- 
gnait par lui-même « tous les deux » ; les dialectes ger- 
maniques ont élargi cette forme simple de manières 
diverses.! Le baltique et le slave mettent devant le 
représentant de *bhô les formes de la préposition qui 
répond pour le sens à gr. âpçi, lat. amb-, d’où lit. abù , 
v. si. obâ. L’indo-iranien a un autre renforcement, u-, 
d’origine obscure, d’où véd. ubhâ, gâth. ubâ. T — Au pre- 
mier terme des composés, ambi- = gr. dfzqji-, comme 
bi- = 8(F)t- (v. sous duo). 

ambricês pl. : — regulae quae transuersae asseribus 
et tegulis inter ponuntur, P. F. 15, 16 ; lattes transver- 
sales introduites entre les chevrons et les tuiles d’une 
toiture. Technique. 

Rappelle imbrex, imbricës , dont il pourrait être, 
comme le suggère M. Niedermann, un doublet dialec- 
tal : ambricês en face de imbricës rappelle osq. ana- 


friss = lat. imbribus (v.,- toutefois, imber). Pour le b 
en face de î’/,.cf. rôbus en face de rüf us. 

ambrÔnë8, -mn : — fuerunt gens quaedam Gallica, 
qui subita inundatione maris cum amisissent sedes suas, 
rapinis et praedalionibus se suosque alere coeperunt... Ex 
quo tractum est ut turpis uitae homines ambrones diceren - 
tur, P. F. 15, 29 ; cf. Thés. Gloss, emend. s. u. Sans 
exemple dans les textes.] 

ambübâia, -a© f. : joueuse de flûte syrienne, par suite 
« femme de rien, prostituée » ; cf. Porphyrion ad Hor 
Sat. 1, 2, 1. 

Le mot est originaire de Syrie, comme les femmes 
qu il désigne r syr. abbûb « flûte », abbübaj « joueur de 
flûte ». Non attesté avant l’époque impériale. Pour 
Vm de amb-, cf. sambücus et sâbücus sambatus et sab- 
batus. 

ambübâia (-(e)ia), -a© f. : chicorée sauvage (Gels., 
Plin.). Autre nom de Yintubus [intuba). Ainsi appelée 
sans doute par mauvais jeu de mots : intubus intibus 
rapproché de tibia, tuba et par là de ambübâia. V. An- 
dré, s. u. 

ambulô, -as, -âuï, -âtum, -are : composé ayant pour 
premier terme le préverbe amb-, et glosé, correctement 
au point de vue étymologique, -epiTrccTw ou circumeô. 
Le sens premier était « aller autour, faire un tour », 
d’où « se promener », encore fréquemment attesté de- 
puis Plaute, cf. Thés. I 1872, 59 sqq. Dans la langue 
familière, à laquelle le verbe appartient spécialement 
(malgré l’emploi assez fréquent qu’en fait Cic., cf. Thés. 

1, 1870, 76 ; la poésie épique l’évite absolument’peut-être 
en raison du crétique qu’il forme le plus souvent), s’em- 
ploie comme synonyme de eô, gradior, uâdô avec le sens 
de i marcher (au pas) », « cheminer », « aller », et s’op- 
pose à stô, sedeô, currô , cf. Gell. 16, 18, 14. Usité dans 
la langue juridique (cf. la formule in ius ambula) mili- 
taire et médicale (Thés. I 1874, 21 sqq.). Se dit quelque- 
fois d’objets inanimés, cf. Cat., Agr. 1, 3, mare aux am- 
nis, qua noues ambulant. Fréquent à basse époque, no- 
tamment dans la langue de l’Église (Itala, Vulg.), au 
sens physique et moral : a. in « marcher dans la voie 
de », a. in deo. — Bien représenté dans les langues ro- 
manes, où il a, avec uâdô, suppléé ïre. M. L. 412 ; B. W 
sous aller. 

Dérivés et composés : ambulus, conservé comme 
second terme de composé dans fûn-ambulus ; ambu- 
lâtiô : promenade (abstrait et concret) ; ambulâîiun- 
cula (Cic.) ; ambulâtor, - trîx , -tôrius (M. L. 413), -tÜra 
f. « amble » (Vég., Ghir:), -tus (Arn.), -tluus (n. pl. 
tïua) ; ambulàcrum , ambulâbilis (Boèce, trad. sans 
doute 3aSicmx6ç), -tilis (Vitr., S* Aug.) ; ab-, ad-, 
de-, ex-, in-, ob-, per-, red-ambulô rarement attestés, 
et leurs dérivés [dèambulâcrum, etc., tardifs). 
amb-ulâre est un verbe duràtif en -â- précédé de pré- 
verbe, comme ë-ducâre , oc-cupâre. L’ombrien a une forme 
verbale sans le suflixe -à- dans amb-oltu « ambulàtô » 

(T. E. VI b. 52, sens contesté par Vetter, Hdb., p. 261) 
et le latin a alacer (v. ce mot). La forme radicale *el- 
apparaît en second terme de composé : ex-ul. Hors de 
1 italique une racine *el- « aller » est attestée en celtique 
(m. gall. el « qu’il aille », etc. ; cf. Pedersen, Vergl. Gr. Il 
353). On a, en outre, rapproché gr. dXdojxai, lette aluôt 


amburbium 


— 2Ô — 


« errer », dont les sens sont trop différents, et, mieux, 
le groupe de' gr. èXaévco, èXàaai, avec les formes élargies 
hom. i;Xu0ov, ion.-att. 9jX0ov (thèmes *.el-u -, *el-u-dhe -, 
*el-dhe-) , peut-être arm. eli « je suis monté, je suis sorti ». 

amburbium, -bâle : v. urbs.l 

amellus, -ï ( amella , -ae) f. amellc, {xeXlçuXXov. At- 
testé depuis Virgile. Étymologie populaire dans Serv., 
G. 4, 278, Mella fluuius Galliae est, iuxta quem haec 
herba plurima nascitur, unde et amella dicitur. GaUlois? 

amentum : alumen scissum (Theod. Prise.). Sans ex- 
plication. T 

âmes, -itis m. : perche ; perche à oiseleur ; manche 
d’outil, levier. Le pluriel amitës désigne les brancards 
ou les bâtons d’une chaise à porteur, les traverses hori- 
zontales d’une barrière à claire-voie, etc. Cf. Rich, s. u. 
— Attesté depuis Horace. Technique. M. L. 419. A 
chance d’être emprunté, comme beaucoup de termes 
techniques en - es , -itis : cf. termes. 

amfractus : V. anfractus. 

amicinum : utris pediculum ex quo uinum defunditur , 
P. F. 14, 8, et Gloss. 

amiciô, -ïs, amicuï (amixï), amictum, amicïre : jeter 
un vêtement autour de soi (cf. la glose amiciô : jrepi- 
6aXX<o Epaxtov. et, pour le sens, cf. aussi <xp.7t£x6v7] et 
l’emprunt tardif amphibalum). — Ancien, usuel. 

Le rapport étymologique avec iaciô est encore senti 
dans Varron, L. L. 5, 131, amictui dictum quod amiec- 
tum , i. e. circumiectum (cf. P. F. 26, 4, amiculum... a 
circumiectu dictum) ; et le même Varron écrit primum 
induiui , tum amictui quete sunt tangam , distinguant le 
« fait de jeter autour de soi un manteau », amictus , du 
« fait d’enfiler un vêtement », indütus. Amictus a dési- 
gné ensuite le vêtement lui-même, comme amiculum , 
-ï n. Toutefois, par suite de la spécialisation de sens, le 
rapport avec iacëre s’est généralement effacé et amiciô 
est passé à la 4 e conjugaison, comme les autres verbes 
en -iô dont le suffixe est précédé de deux brèves, cf. pa- 
rère /reperïre ( amicirier , Plt., Cas. 723 ; amicïbor , Pe. 307). 
On voit même apparaître tardivement un parfait ami- 
cil et un participe amicïtus. Autres dérivés : amictôrius ; 
amicïmen (Apul.) ; amictor , -âris (tardif). Cf. aussi, sans 
doute, redimiculum et redimiô. 

De amb- et iaciô , mais avec un traitement singulier. 

amïeus : v. arrio. 

amiddula, -ae f. : amande, amandier. Emprunt po- 
pulaire et latinisé au gr. àp.uySaX7j que la langue écrite 
se contente de transcrire : amÿdala , -dalum. Outre amid- 
dula , condamné par l’App. Probi, on trouve aussi aman- 
dola , - dula , d’après amandus , plutôt que d’après man- 
dere. Le mot apparaît diversement déformé dans les 
langues romanes ; v. M. L. 436, et B. W. sous amande. 
Passé en germ. : v. b. a. mandala « Mandel ». 

amilum ( amylum ), -ï n. (sur la forme, v. Meyer- 
Lübke, Litbl. f. germ. u. rom. Philol., 1917, 241 sqq.) : 
amidon ; M. L. 437, B. W. s. u. ; germ. v. h. a. amal , etc. 

Emprunt au gr. ÆpuXov, d’abord attesté sous la forme 
amilum, puis amylum , amulum et aussi amolum, par un 
faux rapprochement avec mola, ci. Thés. s. u. De là le 


dénominatif (tardif) amylô, -as (et amolô). Cf. molucrum 
et péXaxpov. 

amiô : v. hamiô.] 

amita, -ae f. : sœur du père, tante paternelle. Ancien, 
bien que non attesté avant Cic., Glu. 39. M. L. 424; 
B. W. s. u. ; irl. ammait? De là : amita magna « grand’- 
tante », M. L. 424 a, maior , maxima\ abamita (cf. 
abauus) ; amitinus : cousin germain. 

Amita est à rapprocher de amma , comme auunculus 
de auus. La tante du côté maternel se dit matertera , 
mais la distinction n’a pas été maintenue dans les 
langues romanes, où ne sont gardées que les formes 
familières et tendres : amita, au[u)ncxdus. 

Ces formes de noms familiers et enfantins se pré- 
sentent avec consonne intérieure simple ou géminée ; v. 
sous anus. Le type est comparable à celui de lit. anyta 
« belle-mère », en face de lat. anus ; mais, à la différence 
du lituanien, le latin a une voyelle intérieure brève. 
V. amma. 

amma, -ae f. : oiseau de nuit. V. le suivant. 

amma, -ae f. : maman. Mot du langage enfantin, non 
attesté directement (tandis que mamma existe dans les 
textes), mais dont l’existence est supposée par le témoi- 
gnage des langues romanes, cf. M. L. 425, et par la glose 
d’Isidore, Or. 12, 7, 42, haec auis ( strix ) uulgo amma 
(cf. amma, auis nocturna , Lib. Gloss, et Thés. Gloss, 
emend. s. u.) dicitur ab amando paruulos, unde et lac 
praebere fertur nascentibus. Cf. les noms propres Amma, 
Ammius , Ammia, Ammiânus, osq. Am mal nMàtrï », 
nom d’une divinité, etc. Mais amma, dans Palladius, 
Hist. monac. 1, 21, p. 3006, n’est que la transcription 
du gr. àpfxôç « mère (spirituelle) ». Même géminée expres- 
sive que dans anna (?), atta , pappa. De amma dérivent 
amita (comme de atta , atauus, de auus, au(u)ncvlus ) et 
peut-être amàre. 

Cf. v. isl; amma a grand’ mère », v. h. a. arrima « maman 
(qui nourrit) ». Ces mots populaires, expressifs, cons- 
tamment refaits, ont des formes variées ; cf. gr. Serra, et 
x£rra, Taxa, sous atta, etc. Il y a lieu d’en considérer le 
type plus que de tenter de restituer des prototypes. Cf. 
mamma et amita. 

ammeutum, (âmentum), -ï n. : courroie de javelot, 
lacet de soulier. Ammenta quibus ut mitti possint uin - 
ciunlur iacula , siue solearum lora; ex Graeco, quod est 
5p.ga exa, sic appellala , uel qui optantes ea ad mentum 
trahant , P. F. 11, 3. 

Les manuscrits anciens ont la graphie ammentum 
(MPR de Vg., Ae. 9, 665 ; a de Cés., BG 5, 48, 5, tan- 
dis que la famille p a amentum) ; les formes romanes 
remontent à amentum, amentâre ; cf. M. L. 417. 

Dérivés : àmentàtus (Cic.), d’où âmentô, -as (époque 

impériale) ; âmentâtiô (Tert.). 

Sans doute de *ap-men-tum, cf. apiô ; non de *ag- 
men-tum. 

amnis, -is m. ; fém. à l’époque archaïque. Le mascu- 
lin est dû peut-être à l’influence de fluuius (sur la répar- 
tition des formes d’ablatif en -ï et en -e, v. Thés. 1 1942, 
57 sqq.) : fleuve, cours d’eau (souvent personnifié et 
divinisé ; cf. Thés. s. u. 1948, 11 sqq.}. Mot surtout poé- 
tiqne et du style noble, cf. Thés. I 1943, 5 sqq., usité 


29 — 


amolocia 


au* époques archaïque et classique et dans la latinité 
d’argent, mais qui disparaît ensuite à peu près totale- 
ment de la littérature. César l’ignore, alors qu’il emploie 
flümen plus de 200 fois ; Cornélius Népos également ; de 
même Suétone ; Salluste n’en a qu’un exemple (contre 
vingt-deux dé flümen). Tite-Live est le seul des histo- 
riens qui en use souvent, en raison du caractère poétique 
de son style. Même rareté des dérivés et composés : 
amnçlis, CIL XIV 364, d’après fluuiâlis ; amniculus (â. 
X de T.-L.) ; amnicus (non attesté avant Pline) ; amni- 
cola, amnigenus, composés poétiques de la langue impé- 
riale ; amnënsis ( urbs) dans P. F. 16, 5. V. en dernier 
lieu, K. Van der Heyde, Mnemos. 60, 146 sqq. 

Cf. les noms de ville Interamna (d’un adjectif *inte- 
ramnus), Antemnae, dont Varr., L. L. 5, 28, a bien vu 
l’étymologie ; le cognomen Interemnia . 

Motîitalo-celtique ; cf. le substantif féminin irl. abann, 
gall. afon « rivière » et le nom de rivière, v. brittonique 
Abona (Firl. amhain semble emprunté au latin).ÎLe rap- 
prochement avec le nom, du genre animé, de F « eau » 
en indo-iranien, ap- (skr. apdh , etc.) est probable, mais 
non sûr: Le mot baltique correspondant, v. pruss. ope, 
lit. ùpè, signifie « cours d’eau cf. arm. get a fleuve », 
de la famille du si. voda « eau », etc. L’opposition entre 
le p indo-iranien et baltique et le b italo-celtique a beau- 
coup- d’analogues et s’expliquerait aisément à la fin d’un 
thème de type athématique. Pour l’-i-, cf . le rôle de -i- 
dans canis , iuuenis, etc., et apis, unguis , etc. V. aqua. 

amô, -as, -âuï, -àtum, -are : aimer. Terme général, 
qui s’emploie dans toutes les acceptions du verbe, tran- 
sitif et absolu : « faire l’amour », e. g. Sali., Ca. 11, 6, 
ibi primum insueuii exercitus populi Romani amare, po- 
tare ; « être amoureux », « avoir une maîtresse » (d’où 
amans, amâtor), cf. Tér., An. 185, meum gnatum rumor 
est amare', puis, d’une manière générale, « aimer », 
d’amour comme d’amitié, « aimer à » (avec un infinitif), 
comme grec <ptXé« (cf. Quint. IX 3, 17). Se dit des 
dieux (cf. la formule courante ita me di ament), des per- 
sonnes et des choses ; usité aussi dans les formules de 
politesse, amô té, amàbô, où le sens est très affaibli. Tra- 
duit <p iXéco comme épata ; différencié de dîligere, cf. Non. 
421, 28, amare uim habet maiorem ; düigere est leuius 
amare, et Cic., ad Brut. 1, 1, Clodius ualde me diligit , uel, 
ut èp<paxtxcî>xepov dicam, ualde me amat ; Isid., Diff. 1, 
17, amare nobis naturaliter insitum, düigere uero elec- 
tione. Mot expressif, et affectif, particulièrement usité 
dans la langue familière et parlée, qui l’emploie, entre 
autres, comme synonyme de verbes de sens plus abs- 
trait laudo, probô , grâtus sum, cf. J. B. Hofmann, Lat. 
Umgangsspr., p. 141. Usité de tout temps, panroman, 
sauf roumain. M. L. 399; B. W. s. u. 

Dérivés et composés : amor m. « amitié » et « amour », 
traduit Iptoç et <piXla. Nom de genre animé (cf. sopor) ; 
personnifié et divinisé, correspond à gr. "Eptoç; le 
pluriel amôrës a le sens abstrait et concret : amores et 
deliciae tuae, Cic., Diu. 1, 36. M. L. 427 ; B. W. sous 
amour. Dérivés et composés : amôrâbundus (Laber. 
ap. Gell. 11, 15, 1) ; amôrâtus, CIL VT 10185 ; amô- 
rifer, amôrificus, tardifs et rares. 
amïeus adj. (arch. ameicus, cf. Thés. I 1902, 36 ; et 
amecus d’après P. F. 14, 13 : ab antiquis autem ameci 
et amecae per E litteram efferebantur ) : ami (de) ; subst. 


amïeus, arnica, ce dernier, dans la langue érotique, avec 
le sens de « maîtresse, amante » ; M. L. 422 ; amïcitia : 
amitié (et non amour, sens réservé à amor), remplacé 
dans les langues romanes par *amïcitàs , M. L. 421 ; 
amîcàlis, tardif, sans doute fait sur <p£Xioç, çtXtxéç ; 
amïcâbilis, tardif et rare ; amïculus , -a, diminutifs fami- 
liers attestés depuis Cicéron ; amïcârius, -côsus (Diom 
GLK I 326, 17). 

A. amïeus s’oppose inimïcus, -a, -um « ennemi » 
(d’abord « ennemi privé », cf. hostis), M. L. 4435, qui a 
aussi des dérivés, inimïcüia, etc. 

A amô se rattachent : amàsius (Plt.), dont Vs semble 
dénoncer le caractère dialectal ; amâsiô (tardif) ; amâ- 
siunculus (Pétr.) ; amâtor (classique, attesté depuis 
Plaute, qui l’emploie seulement au sens de « amant, ga- 
lant », tandis que Cic. l’emploie en bonne part), M. 
L. 407; amâtrïx f., M. L. 408; amâtiô (Plt.) ; amâtô- 
rius = épcoxixéç, d’où amâtôrium n. = «ptXxpov. Amâ- 
tor suivi d’un génitif a servi à traduire des composés 
grecs en «ptXo- : a. ciuitâtis = <ptXo 7 roXÎX 7 ]ç ; a. frâ- 
trum = <piXaSeX<poç ; a. pecüniae , uerbôrum = «piXàp- 
yupoç, çiXoXoyoç ; amâscô,-is (rare, Naevius, Gramm.), 
amâturiô, -ïre (Gramm.) ; adamô , -às : « s’éprendre de », 
noii attesté avant Cicéron, usité le plus souvent au per- 
fectum ; a surtout la valeur inchoative, a dû se substi- 
tuer à un ancien *adamâscô ; cf. Thés. s. u. Dérivés tar- 
difs et rares : adamâtor, -tôrius. 

deamô : uehementius amô; cf. dëpereô. Mot de la 
langue comique et familière. 

redamô, -às : création de Cic., Lael. 49 (cf. Laurand, 
ad loc.), pour traduire âvxtçtXôi. 

Cf. la glose d’Hesychius : àSap.veïv* xà <piXeîv xal 
«bpuyeç xov «ptXov àSap.va xaXouaiv, glose confirmée par 
d’autres témoignages. Or a8- est un préverbe connu du 
phrygien. L’étrusque aminQ « Amor » (divinité), rap- 
proché par Kretschmer, est, de toute façon, lointain. 
On peut se demander aussi si amàre, qui a la forme 
d’un dénominatif, ne serait pas un mot populaire ex- 
pressif à rapprocher de amita, amma ; cf. cacâre en face 
de gr. xoxxiq. 

Le marr. amatens « amâuerunt », Vetter, Hdb., n° 218, 
est obscur. 

amoeniiSj -a, -um ; aimable, agréable. Se dit surtout 
des choses et des lieux, comme le gr. épowoç. Mais 
amoenitâs a un sens plus large que l’adjectif et se dit 
également des personnes. — Ancien (Enn., Plt.), clas- 
sique. Nom roman ; irl. aimind. Dénominatif tardif 
amoenô ; composé amoenifer (Ven. Fort.). 

Rapproché de amàre par les anciens : amoena loca... 
quod solum amorem praestent et ad $e amanda alliciant , 
Varr. àp. Isid., Or. 14, 8, 33 ; cf. P. F. 2, 19. Mais la déri- 
vation est obscure. Zimmermann, K. Z. 44, 368 sqq., 
47, 174, suppose l’adjectif dérivé d’un mot enfantin 
*amoi (thème en -oi) et compare Mamo(i), Mamoena, 
CIL X 5532, Mammona, X, 4213, gr. Ma (?). 

Le rapprochement de moenus, münus (cf. Verrius Flac- 
cus ap. Isid., Or. 14, 8, 33) n’est qu’un mauvais jeu de 
mots (cf. Plt., Tru. Prol. 2). Mais la diphtongue oe, au 
lieu d’aboutir à ü, s’est maintenue devant n comme dans 
poena ; Poenus, moenia. Cf. lagôna. 

amolocia ( ama -), -ae f. : synonyme de chamaemelon, 
sorte de camomille, campanien d’après le Ps.. Ap 23, 


aiupendicSs 



11 sqq. : Itali beneolentem , ... Campani amolocia, Tusci 
abiàna, Daci amolusta (ama-)... — Passé avec diverses 
déformations dans quelques dialectes romans, cf. M. 
L. 395 et 396. La forme latine est elle-même mal fixée. 
La finale de amolusta fait penser aux mots en -esta, -ista, 
- usta , du type genesta , etc. 

ampendicës : v. pendeô. 

amphora, -ae f. : amphore. Emprunt ancien (déjà 
dans Caton et Naevius) et latinisé au grec m. à{xçopeuç 
avec un changement de déclinaison qui a amené un 
changement de genre, comme dans beaucoup d’em- 
prunts populaires, cf. glaucüma. Amphora doit être fait 
sur une forme d’accusatif contracté, toutefois la seule 
forme attestée est àfnpopéoc ; çf. Debrunner, IF 46, 1928, 
p. 91. L’origine étrangère a toujours été sentie ; ainsi 
Cael. Aurel., Chron. 2, 2, 23, testea uascula, quas Graeci 
amphoras uocant, siue uitrea. 

Dérivés tardifs : amphorârius, amphorula. 

Une trace d’une prononciation ancienne ampora est 
conservée dans l’appendix Probi : àmfora , non ampora . 
Il semble que — dans la mesure où elle avait le mot — 
la langue populaire ait gardé la forme sans aspirée (cf. 
purpura) qui est la seule attestée pour le diminutif : 

ampuüa, -ae (qui n’a pas suivi le sort de amphora , 
parce que le lien des deux mots n’était plus senti à 
l’époque classique) « petit vase de terre ou de cuir; 
ampoule de verre » ; puis, comme gr. XiqxuOoç et à son 
imitation, « mots sonores; style ampoulé »;.d’où am- 
pullâri (Hor., Ep. 1, 3, 14) : XïjxuOtÇeiv, cf. Recueil 
Edm. Pottier, p. 318 ; ampuUàrius : Xj]xu0O7coi6ç ; am- 
pullàceus « en forme d’amphore ( ampullàcium , etc.) ; 
ampullula. 

M. L. 431 ; B. W. sous ampoule . Tandis que ampuüa 
a survécu sans la langue parlée, amphora n’a pas per- 
sisté, mais est demeuré en germ. : v. h. a. ambar, etc. 

ampla, -ae f. : poignée (d’un bouclier), anse (d’un 
vase) = gr. Xoc6t), Xaêîjç; puis, métaphoriquement 
(comme ânsa), occasion (rare, peut-être dans Cic., 
Verr. 3, 60). En dehors de cet exemple douteux, ne se 
trouve que dans Ammien, Rufin et Servius. M. L. 429. 

Les rapprochements proposés pour expliquer ce mot 
technique sont tous incertains. 

amplector (-plexor) : v. plectô. 

amplus, -a, -um : large, ample, vaste, puis « grand, 
abondant, nombreux » ; souvent avec idée d’éloge ou 
de respect, d’où uir amplissimus , etc. — Ancien (Liv. 
Andr.). Panroman, sauf roumain. M. L. 430. 

De l’adverbe ample [ampliter), le comparatif amplius 
a été employé dans la langue juridique pour réclamer 
un supplément d’enquête ; de là le double sens de am- 
pliâre « augmenter, agrandir » et, dans la langue du 
droit, « ajourner » ; ampliâtiô ; exampliô. Amplius, dans 
la langue commune, a le sens de ultra, praetereâ, ou sim- 
plement plûs. Conservé peut-être dans le v. fr. amplois 
Dim. : ampliusculus (arch..). 

Amplitûdô, -inis f. (sens physique et moral). 

Amplâre, qui est dans Pacuvius, a été remplacé par 
une forme plus pleine dérivée de l’adjectif composé am- 
plificus, amplificàre ; de là amplificâtiô qui dans la langue 
de la rhétorique traduit auÇ-rçatç ; exampli fico. 

Aucun rapprochement net.T 


amptermillï : v. ambi et per termine, terminus. 

amptruô, -as, -are ( antr -, andr-; sur la forme, v. 
Marx, Lucilius 320) : sans doute ancien terme de rituel, 
conservé par Festus, dont les manuscrits hésitent entre 
amptruare , antruare, andruare , antroare ; ainsi, 334, 19, 
redantruare dicitur in Saliorum exultaiionibus : « cum 
praesul amptruauit », quod est motus edidit, ei referuntur 
idem motus , Lucilius (330), Pacuuius (104) ; P. F. 9, 1, 
andruare i. e. recurrere a Graeco uerbo <xva8pap.eïv uenit ; 
hinc et drua uocata est ; id. 9, 3, antroare gratias (1. gra- 
dus ?) referre. Truant mouentur. Truam quoque uocant 
quo permouent coquentes exta. 

De am(b)-truô? La graphie andruare est peut-être 
influencée par l’étymologie grecque* à laquelle songe 
Festus. 

ampulla : v. amphora. 

amputô : v. putô. 

amulëtum ( amo -), -In.: = çuXaxvqpiov amulette, 
talisman. Attesté depuis Varron. L’origine du mot étant 
inconnue, la forme ancienne n’en peut être précisée. La 
graphie amoletum ( amolitum dans le cod. Bob. de Chari- 
sius, GLK I 105, 9) est peut-être due à un rapproche- 
ment avec rnolliô { cf. Varr. ap. Charis., GLK I 105, 9) 
ou avec âmôlïrl, cf. la glose amolimentum... çuXax-rr)- 
ptov, CGL II 473, 49. Y. R. Wünsch, Glotta 2, 219-250. 

amulus, -î m. : amble (ombre) chevalier (Polem. Silu.). 
M. L. 432. Sans doute gaulois, cf. Jud, Arch. Rom. 6, 201; 

amurca (amurga), -ae f. : eau provenant de la pres- 
sion de l’olive. Emprunt probable au gr. àfiép-prj, attesté 
depuis Caton. L’affirmation d’Isidore, Or. 17, 7, 69, que 
le mot grec vient du mot latin est invraisemblable, étant 
donné l’emprunt de oleum, otiuom , oliua. D’après Ser- 
vius, Georg. 1, 194, la prononciation est amurga ; les 
langues romanes attestent à la fois amurca et amurga, . 
cf. M. L. 433 ; l’irl. a amarc ; cf. aussi le dérivé *amur- 
cüla 435. Le c de amurca peut s’expliquer par un inter- 
médiaire étrusque. 

Dérivé : amurcârius , -a, -um : et examurgô, -âs : écu- 

mer (rare et tardif). 

amussis, -is f. : niveau, règle ou équerre de charpen- 
tier ; outil de fer pour polir lès pierres ; cf. Varr., Quaest. 
Plaut. lib. II cité par Non. 9, 3. Ancien, technique. De 
là ; amussium (Vitr.) ; adamussim (formé comme admo - 
dum), cf. gr. xarà crrà0p.7]v, d’où l’on a tiré amussim ; 
examussim glosé par P. F. 70, 21, regülariter ; amussis 
enim régula fdbrorum est uel, ut alii uolunt , ferramentum 
quo in poliendo utuntur. Dans examussim, ex sert sans 
doute à renforcer amussim, considéré comme un adverbe 
en -im ; ci. fatim tiré de ad fatim : et emussüàta employé 
par Plaute, Mil. 632, et que P. F. 67, 1, glose ad amus- 
sim facta. Formes archaïques, qui ont disparu du latin 
classique. Sans étymologie connue.î 

amylum : v. amilum. 

*an : préverbe que l’on a voulu retrouver en latin (cf . 
anhêlô), mais dont l’existence est des plus douteuses ; 
les formes où il semble figurer s’expliquent par am(b)-, 
am-, ou par ante (avec haplologie dans antestâri). 

an, aune ; particule interrogative, marquant un doute 


-31 


imeorago 


assez fort ou une restriction « est-ce que peut-être, 
est-ce que vraiment? ou bien est-ce que » ; d’où l’emploi 
avec des formules de politesse comme obsecrô, amâbô, 
quaesô ; dans des interrogations d’allure rhétorique, an 
existimas, an credis , an tibi uidetur , an ignoras , an non 
putas, an non aides , et, à l’époque impériale, an forte, 
an fortasse, an forsitan, qui supposent une réponse néga- 
tive. Anne, rare (Tér., Haut. 999), s’emploie surtout 
dans les interrogations doubles, devant voyelle, ou après 
un an, ou pour des raisons de rythme ou d’harmonie. 

Le sens dubitatif de an en justifie l’emploi dans les 
interrogations doubles ou triples : iuben an non iubes?, 
plt., Cap. 846; est an non est?, Tér., Eun. 546; puli- 
cesne an cimices an.pedes ?, Liv. Andr., Com. 1, dont 
les seconds termes sont présentés comme moins sûrs que 
le premier ; et dans l’intèrrogation indirecte après les mots 
impliquant le doute ou l’ignorance : dubitô, ambigitur, 
quaerô, quaestiô est , nïl rëfert , nés cio, haud sciô , fors an, 
forsitan, cf. Thés. II 7, 65 sqq., ou dans le second 
membre de l’interrogation double : nunc mi incertum est 
abeam an maneam, an adeam , an fugiam, Plt., Au. 729. 
Une construction comme celle de Tertullien, adu. Iud. 6, 
quaerendum an iam uenerit an neene, est incorrecte. 

L’emploi des particules gr. ion.-att. écv et même got. 
an est autre. On s’est demandé si lat. an ne serait pas 
une forme brève de anne , qui peut s’analyser en *at-ne 
(cf. at)^ Mais cette hypothèse se heurte au fait que an 
est toujours scandé bref, cf. Lindsay, Early latin verse , 
p. 123, § 13. Anne est sans doute à an comme nonne à 
non. Ceci posé, il reste possible que, dans les trois 
langues, les emplois s’expliquent par des développe- 
ments différents d’une même particule *an servant à 
affirmer : c’est ce qu’admet M. Musié, Rad de l’Acadé- 
mie de Zagreb, 237 (1929), p. 194 sqq. 

anaphus : uas uinarium quod rustici uocant hanap- 
pum... rectius autem scribitur anaphus. Graeci enim di- 
cunt illud anaphos et ymnoforos (= olvoçopoç), CGL V 
583, 8. Latinisation pédante d’un mot germanique M 
L. 4153. ’ 

anas, -atls (-itis ; gén. pl. - tum et - tium ) f. ; canard. 
Attesté de tout temps. La langue hésite entre anas , -itis 
avec apophonie (Plaute, Cic.) et anas , -atis (Varr. et les 
écrivains postérieurs) ; cf. le cas de alacer. La différence 
se retrouve dans les dérivés : anaticula et aniticula. On 
trouve aussi anatïna , -ae (Pétr. 56, 3 ; certains, toutefois, 
lisent anetina, v. commentaire de Perrochat, ad 1.)* 
anaticus, -a, -um (Greg. Tur.) ; anatiàrius (Inscr.) : mar- 
chand de canards. Panroman, sauf roumain. Les formes 
romanes remontent à anas , -atis, anaticula ; et à *ani- 
tra, M. L. 439-440 ; B. W. sous cane ; anatem a fourni 
peut-être le bas-all. ante. 

T ‘ v * h* a * unut, liti dntis, v. russe utovï 

et serbe ûtva (supposant *oty), donc *anot- « canard ». 
Au meme sens, le grec a béot. vacraa, ion. vîqaact, att. 
wj-rra, donc *vâ.vycc. L’â de véd. cUih, qui désigne un 
« oiseau aquatique », est ambigu ; on peut y voir *no, 
c’est-à-dire *n , et rapprocher le mot sanskrit des pré- 
cédents. Cf. nô, nâre? 

an axant : v. aiô. 

ancaesa, -orum n. pl. ; — dicta sunt ab antiquis uasa, 
quae caelata appeUamus, quod circumcaedendo talia fiunt. 


P. F. 18, 19. Cf. anclle, ancîsus. Toutefois, la forme ne 
présente pas l’apophonie, et on peut se demander si l’on 
n’a pas affaire à un mot dialectal avec an (= in) -f- 
caesa — incisa, qui convient peut être mieux au sens 
que circumcisa. 

ancentus, -ÜS : v. accentus sous canô. 

anceps, -cipitis adj. (forme ancienne ancipes) : v. 
ambô et caput. 

ancîle, -is n. (gén. anciliorum, Hor., Od. 3, 5, 10 ; 
-lium. Tac., H. 1, 89) : bouclier ovale, échancrédes deux 
côtés dans le milieu (tombé du ciel sous le règne de 
Numa Pompilius ; sur la légende, v. P. F. 117, 13 ; Ov., 
F. 3, 259-398). Vieux mot conservé seulement par la 
tradition. 

L’étymologie ancienne dérive le mot de *am(b) -f un 
adjectif dérivé de caedô (en composition -cîdô), cf. scu- 
tum breue quod ideo sic est appellatum quod ex utroque 
latere erat recisum ut summum infimumque eius latius 
medio pateret, P. F. 1. 1. L’hypothèse est plausible. Le 
suffixe serait *-sli. Cf. ancîsus employé par Lucr. 3, 660 ; 
ancîsiô dans Isid., Or, 18, 12, 3 ; et incilis , incite. Tou- 
tefois, ce bouclier est représenté à Cnossos, à Mycènes, 
et il peut s’agir d’un mot emprunté. Cf. G. Dumézil’ 
Jupiter , Mars, Quirinus, p. 234 sqq. 

anciüa : v. anculus. 

*anelâbris, -e : — mensa ministeriis aptata diuinis. 
Vasa quoque in ea (aenea?) quibus sacerdotes utuntur , 
anclabria appellantur, P. F. 10, 18; anclabris (mensa) 
ea qua in sacrificiis dis anclatur, quod est hauritur minis- 
traturque, id. 67, 28. Cf. encore CGL II, 567, 5 ; anclator 
( anciator codd.) minister fidelis et occulta sciens. 

Terme do rituel, non attesté dans les textes, sans, 
doute dérivé de anclô, plutôt que de anculô (cf. anculus). 

anclô, -âs, -arc ( anclor d’après Pris., GLK II, 391, 
1) : puiser, vider. Archaïque (Livius Andr., frg. 36, où 
anclabatur traduit TjcpôaasTo) et rare. Composé : exan- 
clô, exantlô (sur exantlô, v. Plt., St. 273, et Sergïus, ad 
loc.), que Quintilien, 1, 6, 40, range parmi les mots « ab 
ultimis et iam oblitteratis repetita temporibus ». 

Comme l’ont vu les Latins, le mot est emprunté au 
gr. avrXeîv, v. P. F. 10, 16, cf. opsônô, -âs en face de 
o<J>cov£co. Il faut sans doute y rapporter anclabris et an- 
culô, dont l’explication par anculus doit reposer sur une 
étymologie populaire ; cf. la glose anclator , uTojpérrjç. 

ancôra, -ao f. (graphie fréquente anchora, Serv., Ae. 1, 
689, hoc nomen cum in Graeco unde originem ducil aspi- 
rationem non habeat , in Latino aspiratur fcf. lachruma ;]) : 
ancre. Emprunt ancien au gr.Técyxupa ; noter, toutefois, 
la correspondance ü = ô, qui se trouve maintenir l’ac- 
cent sur l’antépénultième, tmais qui, comme le laisse 
supposer l’aspirée, s’expliquerait par un intermédiaire 
étrusque, de même que pour aplustria. Cf. Deecke-Mül- 
ler. Die Etrusker , 2« éd., p. 284. Panroman, sauf rou- 
main, M. L. 483 b, et germ. ; ags. oncor, v. isl. akkeri, 
y. h. a. anchar, etc. ; finn. ankkurit ; et celt. : irl. ancoire, 
ingor ; gall. angor. 

Dérivés : ancorâlis : d’ancre ; d’où ancorâle, n. 

« câble de l’ancre » ; ancorârius ; ancorâtus. 

ancorago, -inis f. : poisson du Rhin, saumon? (Cas- 


ancra 


— 32 — 


— 33 — 


angulns 


siod.) ; autres formes : ancora(u)us, Polem. Silv. ; ancora 
en latin médiéval. Mot tardif, non latin, peut-être cel- 
tique. M. L. 445. 

ancra ( antra ) , -ae m. : antras : conualles, uel arborum 
inierualla , P. F. 10, 22. Attesté épigraphiqueraent, cf. 
Fraccaro, Iscr. de via Valeria, Athen. 29, 94 sqq. Autres 
graphies : angra , ancrea, ancriaA 

anculus, -ï m., ail cilla, -ae f. : serviteur, servante. 
Dénominatif : anculô, -as : servir. Cf. P. F. 18, 15, an- 
cillae... ideo sic appellantur quod antiqui anculare dice- 
bant pro ministrare, ex quo di quoque ac deae feruntur 
coli , quibus nomina sunt Anculi et Anculae. Toutefois, 
anculô est peut-être un doublet de anclô (cf. perïclum, 
perïculum), rattaché faussement par les grammairiens à 
anculus. 

Anculus (et les dérivés ancula, ancidô) ne sont pas 
attestés dans la littérature, peut-être parce que anculus 
était spécialisé dans un sens liturgique (Duvau, BSL 39, 
vu), et anculus a été remplacé par famvlus et seruus. 
Le diminutif d’affection ancüla, bâti sur anculus , ana- 
lysé anc-ulus , est, au contraire, usuel et a passé dans les 
langues romanes (M. L. 443) ; il sert de féminin à seruus, 
comme en gr. 7cai8laxai à SoüXoi (Wackernagel, Gl. 2, 
1909, p. 7). — On dit serui, anciüae et non anculi, ancil- 
lae (ou anculae ) ou serui , seruae. Serua, dans Plaute, 
est le plus souvent adjectif et s’oppose à libéra (Ru. 217- 
218, 1106) ou à ingenua, Mi. 961. Il désigne la condition 
juridique où vit Vancilla. 

De ancüla : anciüula ; ancülâris ; ancülor, -âris ; ancil- 
lâius, -üs ; anciüàriolus « qui courtise les servantes » 
(Sén., Mart.). 

Anculus répond à gr. dqopbcoXoç et signifie originaire- 
ment « qui circule autour ». Mais la racine *k w el- a perdu 
en latin son sens général de « circuler », et colô a pris des 
sens spéciaux qui se manifestent dans inquüïnus, incola, 
agricola’, dès lors, anculus a été inanalysable. — En 
celtique, où la racine *k w el- est peu représentée, un mot 
correspondant à gr. <£p<pl7roXoç et lat. anculus a dû exis- 
ter ; il a été remplacé par le mot attesté en gallo-latin 
sous la forme ambactus , qui a fait une grande fortune 
(fr. ambassadeur, ail. Amt, etc.). 

*aneumilentus, -a, -um : mot de gloss, -ae feminae 
menstruo tempore appellantur ; unde trahitur inquina- 
mentum, P. F. 10, 20. Pas d’exemple dans les textes. 
De cuniô ? ou de cunnus (cf. lutulentus)? Le préfixe an- 
indique une origine dialectale. 

an CU S, -a, -um : — appellatur qui aduncum bracchium 
habet , et exporrigi non potest, P. F. 18, 13 ; CGL II 17, 
27, ancus : mancus. Cf. uncus et aduncusA Même mot 
que le praenomen Ancus, qui n’a rien à voir avec ancu- 
lus, cf. Auct. de praen. 4 : Ancum praenomen Varro e 
Sabinis translatum putal. Valerius Antias <£ ita uocatum 
regem AncurrCy scribit quod cubitum uitiosum habuerit, 
qui graece uocatur àyxtov. Semble conservé dans les dia- 
lectes italiens et en galicien. M. L. 446. Sur la conser- 
vation de àyxcov en Espagne, v. Isid. 9, 4, 4, et Sofer, 
p. 164, n. 6. 

Pour l’étymologie, v. uncus ; sur la coexistence de a- 
et o- à l’initiale, v. auris. Sans doute doublet dialectal 
de uncusA 

andabata, -ae m. : gladiateur qui combat sans y voir. 


Déjà dans Varron, qui en fait le titre d’une de ses. Mé- 
nippées. Mot étranger (gaulois?) ; très rare. On pourrait 
interpréter le premier terme anda- comme le représen- 
tant celtique de skr. andhdh « aveugle », zd anda- « id. » 
(Yendryes, MSL 20, 279). Le second terme -bata est 
peut-être à rapprocher de battuô. Cf., toutefois, angobata. 

andrâgô, -inis f. : latinisation de àvSpaxvq, d’après 
le synonyme porciüâgô, doublet de portulâca « pour- 
pier ». 

andruô : v. amptruô. 

anellus : v. anus. 

anêsum (-sus, anïsum), -ï n. : anis vert. Différencié de 
anëthum (= Ævrçôov « fenouil, aneth », M. L. 453-454; 
irl. aineit) dans Celse, Pline. Mot méditerranéen ; gr. 
(Jcv/]cr(a)ov. 

anfractus (am-),.~ a, -um : -m est flexum, ab origine 
duplici dicttim, ab ambitu et frangendo : ab eo leges iubent 
in directo pedum VII J octo esse uiam , in anfracto XVI , 
i. e. flexu, Varr., L. L. 7, 15. Cf. anfractum, -în. : tour- 
nant ; et anfractus, -üs m. : tournant, repli, sinuosité, 
circonvolution (sens propre et figuré ; ancien, usuel, con- 
servé en v. ital., M. L. 457) ; d’où en bas latin anfrac- 
tuôsus. 

Les glossateurs, après Varron, rapprochent les formes 
de frangere, comme le prouvent leurs explications, par 
circumfrâctum, confràctum. De am.fr -act us, mot sans 
doute emprunté à des parlera osques? Pour osq. amfr-, 
v. ambi -, amb-. 

angarius, -î m. : courrier. Emprunt (attesté dans 
Lucilïus) au gr. ayyapoç comme angaria f. (et n. anga- 
rium) = àyyapela. ; angariô , -as ( angarizô ) == àyyapeûco 
« requérir pour une corvée de transports », d’où « con- 
traindre ». 

Le mot grec lui-même est emprunté au perse. ; 
v. Frisk, s. u. Lat. angarius , usité dans la langue du 
droit et dans celle de l’Église, a passé par là dans les 
langues romanes ; cf. M. L. 458 (it. , esp., port.), avec in- 
fluence de angô, et en germ. : néerl. enger ; en celt. gall. 
aner. V. B. W. hangar . 

angélus, -ï m. : 1° envoyé (Apul.) ; 2° ange. Emprunt 
de la langue de l’Église au gr. ayyeXoç (= hébr. maTak ), 
comme angelicus transcrit àyyeXixéç. Hybride : ange- 
lificô (Tert.). Panroman ; M. L. 457 a; et germ., got. 
angüus «c Engel », etc. ; celt. : irl. aingel , britt. angel. 

Angerona (-nia Macr. ; o long?), -ae f. : déesse pro- 
tectrice de Rome, représentée la bouche close, un doigt 
sur les lèvres : ore obligato obsignatoque simulacrum ha- 
bet, Plin. 3, 64 ; cf. Macr., Sat. 3, 9, 4 ; 1. 10, 7. Dérivé : 
Angeronâlia. Les étymologies anciennes ne sont que des 
calembours « quod angores aique sollicitudines animorum 
propitiatçL depellat », ou encore « quod P. R. morbo, qui 
angina dicitur, praemisso uoto sit liberatus ». 

Sans doute emprunté à l’étrusque Ancaru (E. Fiesel, 
Language 11, 122 sqq.) ; cf. LâtônaA 

angina, -ae f. : angine « genus morbi, eo quod angat , 
et Graece ouvàyxT] appellatur », Non. 35, 8. Emprunt an- 
cien (Pit., Lucil.) au gr. àyxovrj avec apophonie normale 
de o intérieur en ï (Lucil. 864; Ssr. Samm. 278), rap- 


proché de angô par étymologie populaire. Cf. M. Leu- 
jnann, Sprache I, 205. 

angiportus, -ÜS m. (et angïportum n.) : =' uïeus an- 
gustus, ruelle, cul-de-sac. Le premier terme semble être 
j e thème d’un, adjectif *angus apparenté à, angô qui a 
disparu au profit de angustus ; le second est le. mot por- 
tas, qui a conservé ici le sens indo-européen de « pas- 
sage ». Formé ainsi de deux archaïsmes, angiportus a 
cessé rapidement d’être compris et employé; rare à 
l’époque républicaine, il disparaît à l’époque impériale 
(sauf des glossaires qui en donnent des explications bi- 
zarres), supplanté par uïeus. 

angistrum, -î n. : instrument de chirurgie (Isid.). 
Autre forme de ancistrum (Gael. Aurel., etc.) du grec 
acyxiorpov, rapprochée par l’étymologie populaire de 

angô. 

angô, -is, -xï, anctum, -ere : étreindre, oppresser, 
serrer (la gorge) ; Ov., M. 9, 78, angebar, ceu guUurafor- 
cipe pressus. Attesté à toutes les époques ; mais anxï èt 
anctus ne figurent que dans les grammairiens. M. L. 
458 b. — Angô se dit du physique et du moral ; ce même 
double sens se . retrouve dans les substantifs dérivés : 
angor , -ôris (m.) ; ancien thème en -s, cf. angustus ; rare 
au sens de <c angine », s’emploie plutôt de l’oppression 
morale, de l’angoisse : angor est aegritudo p remens, Cic., 
Tu. 4, 18 ; le sens physique est réservé à angina. 

angustus : étroit, serré ; angustia, employé surtout au 
pluriel angustiae au sens de « défilé » (cf. faucës), puis 
au sens moral « gêne », et dans la langue de l’Église 
« angoisse(s) »; Tert., Idol. 12, angustias et cruciatus. 
De là : angustô, -âs et angustiô, -as (bas latin), *angus- 
tiôsus , cf. M.- L. 467-471 ; B. W. s. u. ; co(a)ngustus, -tô, 
-âs ; congustia > esp. congo j a, etc. 

angustus figure comme premier terme de composé 
dans angusticlâuus , -clâuius (cf. lâticlâuus). 

Dérivé d’une forme en -s-, anxus, citée par Priscien, 
GLK II 525, 1 : anxius (cf. noxa, noxius et noceô ; alsus, 
alsius et algeô) : sens actif et passif « anxieux, angoissé » 
et « angoissant », Lucr. 3, 993, anxius angor ; toujours 
au sens. moral. Le féminin anxia substantivé est attesté 
peut-être dans Lucr. 6, 14 (?), en bas latin et en roman ; 
M. L. 509-510. 

Dérivés : anxietâs et anxitüdô (arch. et postcl.) ; 

anxiôsus (b. lat.) ; anxiô, -âs et anxior (1. de l’Égl.) ; 

anxifer (poét.). 

La forme verbale angô (perf. anxï ) n’a de correspon- 
dant qu’en grec : <£yx<» (3jyÇa) ; ce présent peut être an- 
cien, au moins dans une petite portion du domaine indo- 
européen. D’autre part, le slave vçzo, vçzati « attacher », 
avec un v- ajouté à l’initiale, supposerait plutôt un an- 
cien présent athématique, ce qui rendait compte de la 
mauvaise conservation du thème verbal. — La forme 
la plus répandue est celle du thème en -u- : irl. cum-ung 
« étroit », gall. yng et cyf-yng « id. », skr. airihûh, v. si. 
ozü-kü, arm. anjuk , got. aggwus ; c’est sur cette forme 
qu’est peut-être fait lat. angustus (avec ses dérivés) ; cf. 
v. h. a. angust « angoisse », mais le thème en -es- de lat. 
angor se retrouve dans skr. âmhah « étroitesse », av. azô ; 
angustus peut-être également tiré de là, cf. le type au- 
gustus, rôbustus. L’élargissement par -5- qu’on a dans 
anxius figure aussi dans lit. ankstas « étroit ». 


angobatae : sorte d’automate. Se trouve dans Vi- 
truve 10, 7, 4. Forme peu sûre : lire aerobatae ? Cf., tou- 
tefois, andabata. 

anguilla : v. le suivant. 

anguiSj -is m. (et f. à l’ép. arch. ; anguen, -inis n. 
dans Jul. Val. (douteux ; cf. W. Heraeus, KL Schr. 229, 
n. 2) anguena f. gloss.) : serpent. Mot ancien, employé 
dans la langue religieuse ; cf. Thés. II 53, 49 sqq. A pour 
substituts des adjectifs : sërpëns (bëstia), uïpera, sans 
doute aussi coluber, colubra ; ou l’emprunt au gr. draeô. 
Poétique ; rare en prose (T.-L.) ; un exemple dans Colu- 
melle ; 40 exemples contre 360 de serpëns dans Pline ; 
cf. Thés. II 51, 76. Caton et Varron l’ignorent, tout en 
employant anguïnus. N’a survécu que dans quelques 
parlers italiens, cf. M. L. 462. 

Dérivés : anguiculus m. (Cic.) ; anguïnus (ancien), 
-neus ; angueus (Sol.). Composés poétiques : anguifer 
(— ocpioü^oç) ; -ger ; -gêna ; -manus, -pes. S’y rat- 
tache sans doute anguilla (anguïla) f. : anguille, M. 
L. 461, dont la loi Salique a un adjectif dérivé anguil- 
lâricius. 

Mot de date indo-européenne, mais dont les formes 
ont été variées intentionnellement, comme on le voit par 
les substitutions telles que serpëns ou uïpera (cf. aussi 
lupus , aper ). La forme anguis est superposable à v. 
pruss. angis « serpent (non venimeux) », lit. angist. (acc. 
angi) « serpent (venimeux) », pol. waz (gén. wçza) ; une 
forme visiblement déviée, anxdris , désigne en vieux 
prussien le « serpent venimeux ». Le traitement g, en 
face de lat. gu, dans irl. esc-ung « anguille », gén." escon- 
gan (litt. « serpent d’eau ») en face de lat. anguis indi- 
querait l’aspirée. Mais le grec offre lesb. ïp-^piç- ëy^e- 
Xuç. MTjfiujivaïot Hes., à côté de 6<piç, gyysXuç et 
de #pei<r ëx'cLç Hes. L’indo-iranien a skr. âhih, av. 
azis « serpent », dont l’a est ambigu. L’i de arm. iz (gén. 
izi) ne peut guère reposer que sur *ë. On ne peut donc 
restituer un original indo-européen. Le flottement porte 
sur l’initiale : *ê-, *o-, *n-, *an-, et sur les consonnes 
*g w , *g w K *gh, les formes de plusieurs langues étant, du 
reste, ambiguës. — La désignation de « l’anguille » par 
un dérivé, anguilla, de anguis, a son pendant dans v. 
pruss. angurgis , lit. ungutys, pol. wegorz, russe ûgor', etc. 
Le v. f1. ogulja jegulja semble emprunté au latin. 

angulus, -i (anglus dans l’app. Probi) m. : coin [d’un 
édifice], angle (ycovCa). Ancien, technique, usuel. M. L. 
465 ; B. W. s. u. ; britt. ongl. 

Dérivés : angellus : petit coin, petit angle ; angu- 
lâris (lapis) ; angulârius (&. X.) ; angulâtus : muni 
d’angles ; d’où angulâre, M. L. 464 ; angvlôsus : tcoXu- 
yc&vioç. 

Second terme de composés : acuti -, obtüsi-, rect -, tri-, " 
quadri-, sex -, oct-, uïginti-angulus, qui traduisent des 
composés techniques grecs en -ycovioç, ôÇuycùvioç, etc. 

Même mot en ombrien : angluto « ab angulô », angiome 
« ad angulum ». 

Le v. si. ogülü « angle, coin » est trop pareil à lat. an- 
gulus pour n’être pas suspect d’être emprunté. Mais il 
y a un ancien g dans arm. ankiwn « coin » ; en faisant 
alterner k/g, on rapprochera gr. àyxcov « courbure du 
bras, coude », àyxùXoç « courbé », etc. ; v. les mots lat. 
ancus et uncus, \ 


M 


— 34 — 


— 35 — 


ânsàrius 


âügustus 

angustus : v.. angô. 
anhëlô, -âs, -âuï, -àtum, -are : haleter, être hors 
d’haleine ; d’où « exhaler des vapeurs, être brûlant » et 
transitif « exhaler ». Terme expressif, ancien, usuel. 

Dérivés : anhëlus « qui halète » et « qui fait haleter », 
et par suite « qui a chaud, brûlant » (chez les poètes 
de l’époque impériale), adjectif postverbal de anhëlô ; 
anhëlitus , -üs m. (cf. hâliius) « souffle, soupir, halète- 
ment, essoufflement », anhëlàiiô ; anhëlàbundus, anhë- 
lôsus (= àa0[iaTLx6ç) . 

Le féminin de anhëlus a dû être substantivé, *anhëla , 
d’où avec métathèse *alëna , cf. GGL III 597, 38, « anhe- 
litum : qui de aliéna (= alena <C ( h)anela ) laborant », 
*alënâre , qui ont passé dans les langues romanes ; cf. 
M. L. 472-474 ; B. W. sous haleine. 

Si un préverbe an - existait en latin, on serait tenté de 
voir dans hôlâre un ancien *hansl- et couper an-hàlâre. 
Mais pareil préverbe ne se retrouve dans aucun autre 
exemple net. Du reste, on n’obtient pas ainsi une éty- 
mologie ; car on ne rend pas compte de h- initial et l’on 
ne voit pas comment concilier un *ansl- avec la racine 
dissyllabique de animus, anima. V. hôlâre. 

anima, -ae f. ; animus, -I m. Mots de genre «animé » 
{sur lesquels, v. Wackemagel, Vorles. ü b. Syntax II, 
p. 13-14). Le premier, qui est l’équivalent sémantique 
du gr. et en a, de plus, subi l’influence, veut dire 
proprement « souffle, air », cf. Cic., N. D. 2, 138, quae 
spiritu in pulmones anima ducitur , ea calescit, puis « air 
en qualité de principe vital, souffle de vie, âme », et 
enfin « âme des morts » (en tant que souffle vital échappé 
du mourant et qui a passé les enfers). 

Animus , qui correspond au gr. Ou^éç, désigne « le 
principe pensant » et s’oppose à corpus , d’une part, à 
anima , de l’autre. Les anciens s’efforcent de distinguer 
les deux mots, du moins à l’origine, ainsi Acc., Trag. 
296, sapimus animo , jruimur anima ; sine animo anima 
est debilis. On voit que animus , principe supérieur, est 
mâle ; anima , qui lui est soumis, est féminin. Animus 
est souvent joint à mens ( mëns animl ), à côgitâtiô. Dési- 
gnant l’esprit, îL s’applique spécialement aux disposi- 
tions de l’esprit, au « cœur » en tant que siège dos pas- 
sions, du courage, du désir, des penchants (par opposi- 
tion à mëns « intelligence, pensée »), d’où une série 
d’expressions comme addere animum « donner du cœur », 
dëficere animo « perdre courage », animo môrem gerere 
€ suivre ses penchants », animï causa « par plaisir ». Il 
a ainsi une double valeur, rationnelle et affective. 

Toutefois, il y a tendance à employer anima dans le 
sens de animus (tandis que la réciproque n’existe pas), 
ainsi Sali., Ca. 2, 8, quibus profecto contra naturam cor- 
pus uoluptati , anima oneri fuit ; lu. 2, 1, nam uti genus 
hominum compositum ex corpore.et anima est, ita res 
cunctae studiaque omnia fiostra corporis alia , alia animi 
naturam secuntur (noter ici l’emploi indifférent de anima 
et animus ) ; cf. aussi 2, 3, et Lucr. 3, 421 sqq., tu fac 
utrumque uno sub iungas nomine eorum/atque animam 
uerbi causa cum dicere pergam/mortalem esse docens , ani- 
mum quoque dicere credas/quatenus est unum inter se 
coniunctaque res est. 

D’autre part, à l’époque impériale, spïritus , traduc- 
tion du gr. irveupa, tend à se substituer à animus , au- 
quel il est joint e. g. dans Sén., Q. N. 2, 35, Jouem... 


animum ac spiritum mundi. T.-L. écrit déjà, 2, 35, Co- 
riolanus hostiles iam spiritus (= animos) gerens. Cet 
u~age se répand et devient général dans la langue de 
l’Église. Aussi animus n’a-t-il pas survécu dans les 
langues romanes, qui ont conservé anima (panromân, 
M. L. 475 ; B. W. sous âme), celt. bret- cneff et spïritus , 
ce dernier d’abord dans le sens religieux : le ^sain£> 
esprit, M. L. 8158 ; B. W. s. u. 

A anima se rattachent plus spécialement : animo , -âs : 
animer, donner la vie (mais animâtus a plutôt le sens 
de animo affectas) ; et animons m. : sens absolu « qui 
vit, qui respire », « être animé » pour cette valeur du 
participe présent, cf. gignentia, e. g. Sali., lu. 79, 6; 
96, 4, etc., et ëuidëns), cf. gg^X 0 ? i animâlis : qui res- 
pire, animé; d’où animal , -àlis n. « être vivant », sou- 
vent en parlant des animaux, par opposition à l’homme 
(déjà dans Yarr., L. L. 7, 103, multa ab animalium uoci- 
bus translata in homines , sens passé dans les langues 
romanes, M. L. 476 (v. fr. aumaillë) et en britt. anifail). 
Dans la langue de l’Église, animâlis s’oppose à spïritâ- 
lis , animôlitâs à spïritâlitâs ; animâtor « qui donne la 
vie à » (b. lat.) ; animula ; animula mâtris , autre nom 
du serpolet { serpülum , -lus), ainsi dit « propter quod 
menstrua moueaX », cf. Isid. 17, 7, 7, et Sofer 117 et 176 ;î 
ex-animus ; ex-animis ; exanimô , -âs, exanimâîis ; ina- 
nimus (-mis) ; inanimâtus ; sëmianimus, sëmianimis. 

Dérivés et composés de animus : animôsus : coura- 
geux, ardent ; orgueilleux, irrité. Traduit 0upix<Sç et 
0upocvnx6ç, 0upd>S7)ç ; animôsitas (tardif) ; animulus 
m. : petit cœur, terme de tendresse (Plaute) ; ani- 
maduerlô, de animum aduertô, juxtaposé encore à 
l’époque archaïque et devenu composé par la suite : 
« tourner son esprit vers, remarquer » ; souvent avec 
une nuance de blâme (comme notàre , auquel il est 
joint par Cic., Brut. 316; De Or. I 109), d’où (par 
litote) « sévir contre, punir ». Même sens dans ani- 
maduersor (Cic. = cënsor) ; animaduersiô. 

Il y a, en outre, une série de formes où animus et 
anima sont indiscernables : aequanimus {= toô^uxoç) 
reformé d’après l’expression aequo aniniô ferre , aequa - 
nimitâs (et, à basse époque, animaequus, animaequiiâs) ; 
magnanimus = peyàOupoç, {jLEyaXé^Jû^oç , -Oupoç : sur ce 
composé et sur le groupe magnitüdô animï , v. U. Knoch, 
magnitudo animi Unters. z. Entstéhung u. Entwicklung 
eines rômischen Wertgedank.es , Leipzig, Dieterich, 1935 ; 
magnanimùâs — fieY a ^°4’ u X^ a i ünanimus ; ünanimitâs ; 
longanimis , -mitâs =' pocxp60u(jtoç, -jxta (lat. d’Égl.). 

Animus a un correspondant exact dans gr. £vep,oç.ÎLa 
racine, qui est dissyllabique, offre des formes verbales : 
skr. âni-ti « il souffle » et got. uz-an-an « expirer ». Comme 
dans &ve-p.oç, ani-mus, la forme dissyllabique *ano- de 
la racine se voit, avec d’autres suffixes, dans skr. dni-la-h 
« souffle » et gall. ana-dl , m. irl. anal « souffle » ; sur des 
représentants celtiques de. *anamô, v. Pedersen, F. Gr. 
d. Je. Spr. II, p. 111. Avec 1 vocalisme o , cf. sans doute 
arm. holm (gén. hohnoy) « vent », qui pourrait reposer 
sur *ons-mo-. Il faut citer, de plus, v. isl. andi « âme, 
esprit », ond « souffle ». Les mots slaves oxati « répandre 
une odeur » et vonja « odeur » sont plus aberrants pour 
la forme et pour le sens. — En latin, c’est le groupe de 
spïrâre, spïritus qui, au sens de « souffler, souffle (de la 
respiration) », a remplacé le groupe de lat. anima , skr. 
dniti « il souffle », etc. 


anus : v. annus. T 

aimepum (-pus?) : — cratera, uas uinarium quod et 
gaUeta, annapum , sc(l)alam, CGL Y, 564, 48. Germa- 
nique. Cf. anaphus. 

annôna : v. le suivant. 

annus, -î m. : an, année ; et dans la langue rustique 
« produit de l’année, récolte », e. g. nec arare terram aut 
expectore annum. Tac., Germ. 14 ; cf. annôna. Sans rap- 
port avec anus [annus) « anneau », malgré Varr., L. L. 6, 
8. — Ancien, usuel. Panroman. M. L. 487. 

Dérivés et composés : annuus : qui dure un an ; 
annâlis : annuel (opposé à mënstruus). Cf. le clàuos 
annàlis « qui figebatur in parietibus sacrarum aedium 
per annos singulos, ut per eos numerus colligeretur an- 
norum », P. F. 49, 7 ; d’où annâlës (librï), irl. anndla ; 
annuâlis : contamination en bas latin de annuus et 
de annâlis, M. L. 486 ; annârius ; -a lex dicebatur ab 
antiquis ea qua finiuntur anni magistratus càpiendi », 
P. F. 25, 5 ; annuârius (Cael. Aur.) ; annuâtim (équi- 
valent bas latin de quotannïs) ; anniculus : d’un an 
(par opposition à bïmus ), usité dans la langue des éle- 
veurs et demeuré dans les langues romanes, M. L. 481 
(sur cet adjectif, où la notation numérique « un » reste 
inexprimée, v. Brugmann, I. F. 21, p. 1 sqq.) ; *anni- 
cellus, M. L. 480 a ; annôsus : 7toXuer/)ç (poét.) ; annô- 
sitâs (tardif. S* Aug.) ; annôtinus (cf. pour le suffixe 
diûtinus) : de l’année précédente, M. L. 485, cf. *an- 
noticus , 484 ; annô, -âs : passer l’année (seulement 
dans Macrobé, à propos de Anna Perenna dans la 
formule annare perennareque) ; annïuum dans Schol. 
Hor., Epod. 2, 47, horna uina : huius anni quod plebei 
dicunt anniuum, cf. plus bas hocannïuus; annifer 
(Plin.) : [plante] qui produit chaque année ; anniuer- 
sârius : qui revient chaque année, M. L. 418 a ; 
perennis (un doublet *perennus figure dans le nom de 
la divinité Anna Perenna ; cf. imberbus et imberbis, 
etc.) : qui dure toute l’année (se dit, notamment, des 
rivières, des sources, etc., mais aussi d’autres objets : 
auës perennës , Plin. 10, 73), d’où « qui dure sans discon- 
tinuité, qui dure toujours », et ses dérivés ; quotannïs : 
de quot annïs , dont les éléments se sont soudés ; cf. quoi 
diëbus , quot mënsibus ; quot calendïs , Plt., St. 60 ; bien- 
nis, biennium; triennis, iriennium,\ etc. Cf. Priscien, 
GLK III 416, 22. Ce type d’adjectif, pour la série qui 
va jusqu’à quatre (quadriennis) , est, du reste, rare et 
tardivement attesté ; il se trouve en concurrence, au 
moins dans la langue de l’agriculture, avec le type 
bïmus (v. hiems) : Horace dit encore bïmum merum, 
C. I 19, 15, quadrïmum merum, ibid. I 9, 7, mais uïnum 
quinquenne, S. 2, 8, 47, ainsi que l’a noté W. Schulze. 
Cf. aussi *anteannum « antan », esp. antano. 

Pour sollemnis, v. ce mot. 

A annus les Latins rattachaient encore les noms de 
deux divinités : 

1° Anna Perenna (Peranna) ou Anna ac Peranna 
(Varr., Men. 506) : déesse de l’année considérée dans son 
écoulement régulier et son retour perpétuel, dont la fête 
avait lieu au commencement de l’ancienne année, en 
mars ; cf. Ov., F. 3, 146, 523 sqq., qui en fait une déesse 
lunaire : sunt quibus haec Luna est, quia mënsibus im- 
pleat annum, 657 ; cf. Macr., Sat. 1, 12, 5. Vieille divi- 


nité italique dont le culte semble avoir eu peu d’éclat 
et dont la signification s’est, rapidement perdue. Il se 
peut, toutefois, que anna soit un doublet de anus (avec 
la gémination de consonne propre aux hypocoristiques) 
ou qu’il ait été identifié avec ce mot. M. Dumézil (Le 
festin d immortalité, p. 133) interprète Anna Perenna 
comme « la nourrice de pérennité », la personnification 
d’une « nourriture d’immortalité », mais le sens de anna 
« nourrice » est douteux ; le annanutrix de CIL III 2012 
est peu probant, et les noms propres Annaeus, Annius, 
osq. Anniei (s) n’enseignent rien. 

2° Annôna : cf. Bellôna, Pômôna ; «c déesse qui veille 
à la récolte de l’année » (a remplacé Anna) et « récolte 
de l’année » elle-même, cf. Plin. 18, 320, ciuilis et aequi 
patris familias modus est annôna cuiusque anni uti (dé 
uinô) ; spécialement « récolte en blé » et « approvi- 
sionnement en blé ; blé ». Cf. le cürâlor annônae et les 
divers magistrats chargés de ce service. De là, annô- 
nârius : relatif à l’annone, et annônô, -âs (b. lat.) : 
nourrir. M. L. 483 a. Passé en got. anno « solde ». 

Cf. got. afinam (dat. plur.) traduisant êviavjToôç une 
fois, et ata-opni « êviauTÔç », de *-atni-o- ; le sens ancien 
aurait donc été « année révolue », et ceci explique bien 
les emplois du mot latin. Si l’on admet en osco-ombrien 
le passage de *-tn- à *-kn- il est naturel de rapprocher 
osq. akenei « in annô », ombr. aenu « annôs », péraknem 
« anniculum » (pour la forme, cf. lat. per-ennis ), sev- 
akne « sollemnem ». Le latin n’a conservé aucun des 
anciens noms de l’année : *u>et-, de gr. Féroç, etc. (cf. 
toutefois uetus) ; *en-, de gr. St-evoç « de deux ans », 
etc. ; *yër-, de got. jer, etc. 

anôcatum n. : par en haut et par en bas. Mot tardif 
de la langue médicale, dérivé de la locution grecque <5cvco 
xc£tco, désignant un dérangement du corps provoquant 
des vomissements et des diarrhées. 

anquda, -ae f. : transcription tardive (Ambr., M us- 
cio, Gl.) du gr. àyxôXy} au sens de « jarret ». 

anquîna, -ae f. : funis . . . quod ad malum antenna cons- 
tringitur, Isid., Or. 19, 4, 7, « drosse ». Emprunt au gr. 
fiyxotva, depuis Lucilius. M. L. 489. 

anqulTÔ : v. quaerô. 

ânsa, -ae (graphie phonétique osa app. Probi, GLK 
IV 198, 9) f. : anse [de vase] ; et généralement tout ce 
qui sert à prendre, poignée, etc. ; a. gubernâculï , Vitr. 
10, 8, 5 ; a. rudentium, id. 10, 18, 2. D’où « prise, occa- 
sion » (cf. ampla). Ancien. — M. L. 490 ; B. W. sous 
anse. 

Dérivés : ânsula, M. L. 491 ; ânsâtus, adjectif « muni 
d anse », substantivé dans ânsàta : iaculamentum cum 
ansa. 

ânsa répond à lit. asà, lett. uosa « anse (de pot) », cf. 
aussi v. pruss. ansis « crochet latéral » et v. isl. œs « trou 
latéral pour passer le lien (d’un soulier) », de *ansyô, 
ail. mod. Ose. Le sens initial a dû être « prise latérale 
permettant de saisir un objet ». Mot du vocabulaire du 
Nord-Ouest, comme barba, etc. 

ânsàrius, -a, -nm adj. : employé substantivement 
dans ânsâria , ânsàriùm : droit d’octroi. 

Latinité impériale. Semble dérivé de ânsa, mais le 
rapport sémantique n’est pas clair. 


âuser 


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ânser, -eris (doublet ânsar, - aris , blâmé par l’app. 
Probi) m. (fém. Varron) : oie. Sert aussi de cognomen. 

Dérivés : ânserculus ; ânseràrius x*]vo{3oox<5ç ; ànse- 

rïnus. 

Ancien, usuel. — A basse époque est doublé par auca 
(cf. auis), qui a seul survécu dans les langues romanes. 
M. L. 826 ; B. W. sous oie. 

Mot rural, comme le prouve l’absence d’A initial dont 
aucune trace n’est attestée et dont il est arbitraire d’ex- 
pliquer l’absence par l’influence de anas. Ancien thème 
*ghans-, élargi à l’aide d’un suffixe -er- ou -is-, pour évi- 
ter une flexion *(h)ans, *ansis sans analogue en latin. 
G’est sans doute ce même suffixe qu’on a dans les formes 
de gén. pl. bouerum , louerum signalées par Varron, L. 
L. 8, 74, et qui se rattachent aussi à des nominatifs 
anomaux et dans passer . Cf. mënsis et as, assis , asser. 

Le nom indo-européen de 1’ « oie » est conservé par 
av. zâ, zyâo, gr. x7J v <k (dor. béot. x<*v, xôv^Ç ; éol. 
gén. x«w°ç)> avec élargissement en -i- dans v. h. a. 
gans , lit. zasîs (gén. plur. zasü), v. si. gosï. Le m. irl. 
géis (de celt. *gansi-) désigne l’oie sauvage, puis le cygne. 
L’oie domestique a pris dans les langues celtiques un 
nom nouveau (irl. géd, gall. gwydd). Les formes déri- 
vées skr. hamsàh, hamsi désignent certains oiseaux aqua- 
tiques. 

anta, -ae (usité surtout au pl. antae, -ârum) f . : antes, 
piliers qui encadrent la porte ; contreforts, pilastres. 
Correspond au gr. xapacrniSeç, cf. Rich s. u. Ancien 
(Lex Puteol. 105 av. J.-G.). Conservé dans les dialectes 
italiens, cf. M, L. 492. 

Cf. skr. àtâh (au fém. pluriel) « encadrement de la 
porte » (avec à- issu de n -f- o, c’est-à-dire *a) et le dérivé 
avestique aiQya (même sens). L’arménien a dr-and et le 
dérivé dr-andi « encadrement de porte ». On rapproche 
aussi v. isl. ond « vestitule ». — Le lat. antae n’a pas 
trace de la forme dissyllabique *anot- attendue d’après 
la forme védique. 

antârius : v. ante. 

ante : de anti (cf. autistes , -stô, anticipé ) avec passage 
de ï à ë en finale absolue, comme dans mare , forte, etc. 
Peut être renforcé comme post(i) de la particule -d[e) : 
antid (cf. postiçL) conservé dans antideà, T.-L. 22, 10, 6, 
comme postidsà ; antidhàc , Plt., Poe. 742, cf. Thés. II 
150', 17 sqq. ; antideô doublet archaïque de anteeô pour 
éviter l’hiatus, cf. prôdeô. Dans la langue populaire, ante 
tend à se renforcer d’une particule préposée : abante 
(qui apparaît dès le second siècle de notre ère ; d’où 
*abantiâre, cf. M. L. 4 et 5 ; B. W. avant, avancer), 
deante, exante, inante, M. L. 4335, subante. Adverbe, 
préverbe et préposition (suivie de l’accusatif) de temps 
et de lieu : « en face de » et « avant, devant ». Les ad- 
verbes anteâ, antidhàc semblent indiquer, au contraire, 
que ante s’accompagnait à l’origine de l’ablatif ; cf. post. 
Au sens local, se dit surtout d’une chose qu’on a devant 
les yeux : Hannibal ante muros urbis constitit ; mais Ro- 
mani pro mûris pugnabant, « ils combattaient en avant 
de », c’est-à-dire en les ayant derrière eux ; de même 
ante oculôs et non pro oculis. — Mais cette distinction 
n’est pas constante. C’est sans doute à une action de 
prô sur ante que sont dus les exemples, rares et tardifs, 
de ante avec l’ablatif (cf. Thés. II 136, 21). Les dérivés 


anteâ, anlehàc n’ont que le sens temporel. Usité de tout 
temps ; M. L. 494. — Le v. fr. ains est issu de *antius, 
comme puis de postius (d’après melius?). Gommé pré- 
verbe, a servi à former un grand nombre de juxtaposés 
et de composés, de sens temporel ou local, dont certains 
sont représentés dans les langues romanes : anteannum, 
antecessor, -cessas (-sius) ; antenàtus, anteparàre, ante- 
vîsum , v. M. L. s. u. 

Accompagné de quam , forme une conjonction subor- 
donnante équivalant au gr. 7tpiv « avant que », de 
même sens que prius... quam, qui semble davantage 
recherché par les puristes, ce qui se comprend, « avant » 
introduisant une idée de comparaison (César évite rigou- 
reusement ante quam). Les éléments de la conjonction 
restent longtemps séparables ; toutefois, la langue fa- 
milière tend à redoubler ante devant quam , quand le 
premier est trop loin, e. g. Varr., R. R. 2, 8, 1, uos 
ante ire non paXiar ante quam mihi reddideritis tertium 
actum. 

A basse époque apparaît un adjectif anterior (non at- 
testé avant Gelse, fréquent dans la langue de l’Église) ; 
la langue classique emploie prior, comme elle préfère 
priusquam. Anterior n’a ni positif ni superlatif, au con- 
traire de posterior {posteras, postrëmus), auquel il s’op- 
pose et sur lequel il est formé. Sur anterior a été fait 
anteritâs. Gloss. Virg. epist. 7, p. 175, 25, d’après poste- 
rior, posteritâs. Les adjectifs dérivés sont : 

antîcus : rare, employé surtout au sens local comme 
postîcus (tandis que antïquus et posterus ont le sens tem- 
porel), terme de la langue augurale, cf. P. F. 244, 6, quae 
ante nos sunt antica, et quae post nos sunt postica dicun- 
tur , et dexteram anticam, sinistram posticam dicimus. Sic 
etiam ea caeli pars, quae sole inlustratur ad meridiem, 
antica nominatur , quae ad septemtrionem, postica ; rur- 
sumque diuiduntur in duos partes, orientem atque occi- 
dentem, et Varr., L. L. 7, 7. Pour le suffixe, cf. priscus. 

antïquus : ancien, antique. Le nominatif antïquus, qui 
phonétiquement devait aboutir à antîcus , s’est maintenu 
sous l’influence d’autres formes où qu subsistait; du 
reste, de bons manuscrits ont des graphies anticus ( anti - 
qus) anticum, cf. Thés. II 177, 23 sqq. Bret. entic. B. W. 
sous antique. 

Antïquus est une formation unique ; il n’y a pas de 
*postïquus à côté de postîcus ; ce qui correspond à antï- 
quus, c’est posterus, à antïquitàs, posteritâs. — Antïquus 
n’a que le sens temporel, de même antïquitàs, antïquitus 
(adv.) et antïquàrius (lat. imp.) « antiquaire, qui aime 
l’antiquité », puis « scribe, copiste » (àpxaioypàçoç xaX- 
Xiypàcpoç). Mais une trace de la valeur locale subsiste 
au comparatif : antïquior au sens de « préférable » (cf. 
The^v. II 580, 9) repose sur le sens propre « qui est plus 
en avant », e. g. Cic., Inü. 2, 143, legibus antiquius nil 
habere oportere. Cf. peut-être aussi antiquissima cura 
dans Cic., Att. 10, 8. De antïquus dérive le verbe antï- 
quô, -âs, terme de droit « rejeter, abroger », a. lëgem, 
rogâtiônem, puis, à basse époque, « faire tomber dans 
l’oubli ». L’abrégé de Festus l’explique par in morem 
pristinum reducere, P. F. 24, 19. Dérivé : antïquâtiâ 
(Cod. Iust.). 

antârius , -a, -um : -m bellum, quod ante urbem geritur, 
P. F. 7, 26, cf. Serv., Ae. 11, 156. Joint à fünis dans 
Yitr. 10, 2, 3 {machinas maioris) antarii funes ante laxi 
conloceniur (= 7rp6TOvoç, dont c’est peut-être le calque). 



anus 


c f. Mau, P. W. Realencycl. I 2347, Pour la forme, cf. 

prïmârius. 

Autres dérivés et composés de ante : antêla, antilëna, 
f. ; avant-selle, poitrail (opp. à postëla « croupière, ava- 
joire »). Formation obscure, comme cantüëna. L. 
496 b. 

antës, -ium m. pl. : extremi ordines uinearum , P. F. 15, 
18 « rangs de ceps qui bordent une vigne en avant », 
cf. M. L. 501 ; et aussi « rangs de cavaliers », cf. Cat. ap. 
Philarg-, Verg. Georg. 2, 417, pedites quattuor agminibus, 
équités duobus antibus ducas. Terme technique de for- 
mation singulière ; peut-être créé d’après frontës, ou pos- 
tes, considéré comme un dérivé de post. 

antiae , -ârum f. pl. : boucles de cheveux tombant sur 
le front, accroche-cœur, cf. P. F. 16, 3, qui rapproche 
déjà le gr. dcvTÎov ; Isid., Or. 19, 31, 8. 

Dérivé : antiôsus ; ci. v. h. a. andi, endi « front ». 

antenàtus : synonyme vulgaire et tardif de prïuignus, 
interprété comme prius genitus , cf. Isid. 9, 6, 21, et 
Sofer, p. 118 ; M. L. 497 ; cf. antecessus, -cessor. 

antifer, -ï m. : iaitzpoç ; Stella in occidente. Rare et 
tardif, formé d’après lücifer. 

La glose antioper : izpb toutou est trop obscure pour 
qu’on puisse en faire état ; v. Leumann; Fesfschr. Wac- 
kemagel, 339. 

Lat. ante, qui se retrouve dans osque ant, répond en 
gros à gr. ovt£ et à skr. dnti. Mais la place du ton n’est 
pas la même dans gr. àvr£ et dans skr. dnti. La cons- 
truction diffère dans les trois langues : ante se construit 
avec l’accusatif, gr. àvx£ avec le génitif, et skr. dnti ne 
s’emploie qu’absolument, au sens de « en face » et sur- 
tout de « de près ». En grec, <xvr£ « en face de, à la place 
de » est un ancien locatif qui s’oppose à l’accusatif <3tvra 
(ëv-ocvra est parallèle à èv-ûrox). En védique, l’emploi 
comme locatif est net, ainsi RV 1, 94, 9 : düré và yé 
dnti vâ « ceux qui sont loin ou ceux qui sont près ». La 
préposition arménienne ond, dont l’origine et les emplois 
sont multiples, appartient sans doute au groupe de gr. 
<xvt£, au moins quand le sens est « au lieu de » et que 
le cas suivant est le génitif : ond nora « à la place de 
celui-là » (v. Finck, K. Z. 39, p. 501 sqq.). — Le grec, 
qui a gardé des restes de déclinaison dans <5cvra, àvr£, a, 
d’autre part, un présent Ævropai « je vais au devant » ; 
le hitt. a lhante-zzis « le premier ». — Une forme, sans 
doute du type de gr. cbro, a fourni le groupe germanique 
de got. and « sur, le long de », avec la forme anda- en 
composition, ainsi : andastapjis « àvx£8ixoç », andala- 
nui « àvnpta6£a », etc., et dans lit. ant (anta) « sur, 
vers ». Pour le sens, lat. antiae rappelle v. isl. enni, v. h. 
a. andi et irl. étan « front ». De plus loin, cf. skr. dntah 
« bout » et got. andeis « fin ». 

Quant à antïquus , le -quo- n’y peut être un suffixe, car 
l’indo-européen n’avait pas de suffixe *-k w o- ; la forma- 
tion rappelle la paire, du reste obscure, longinquus/pro- 
pinquus. Il y a ici un composé dont le second terme est, 
sans doute, le nom signifiant « aspect, œil », mais, 
comme dans skr. nïcâ , v. si. nicï, sous forme de dérivé 
thématique *ok w -o- ; cf. praeceps, sous capot. 

anteïana, -ae f. : forme vulgaire de antiphona, du 
gr. àvr£<p€ûvoç, emprunté par la langue de l’Eglise : fr. 
antienne. Y. M. L. 505, et B. W. s. u. 

antegeriô (anti-) : — antiqui pro ualde dixerunt, P. 


F. 7, 23. Mot de glossaire, sans doute de ante et gerô. 
Cf. praeferô. ■ 

antemna, -ae f. (surtout au pluriel, parce que la 
vergue est souvent formée de deux pièces de sapin liées 
ensemble, cf. Rich. s. u. ; la graphie antenna doit noter 
une prononciation tardive, avec assimilation du groupe 
-mn-) : vergue (s) ; correspond à gr. <br£xpiov. Déjà dans 
Plaute ; technique. M. L. 498. Mot sans doute emprunté, 
comme la plupart des termes nautiques du latin. 

antes, antiae, antïquus: v. ante. 
anticipé, -âs : v. capiô. 
autistes : v. stô. 

antrum, -ï n. : caverne, antre. Emprunt d’abord poé- 
tique et littéraire (Vg., époque d’Aug.) au gr. écvrpov, 
passé ensuite dans la prose (Pétr., Plin.) et chez les au- 
teurs chrétiens. 

Dérivé tardif : antràlis. 

antura, -ae f. : sorte d’herbe, mouron (Marcel., 
Med. 8, 143). V. tara. 

anus, — ÜS f. : vieille femme ; joint à senex , opposé à 
puer . Sert aussi d’épithète à des noms féminins, anus 
mâtrôna , etc., et même à des noms d’objets inanimés. 
Ancien, mais très rare dans la latinité impériale et dans 
le latin d’Église. Un seul exemple dans la Vulgate, un de 
S* Augustin, un de S* Jérôme. Il semble qu’on ait voulu, 
au moment où la distinction entre a et à s’effaçait, évi- 
ter l’homonymie de ànus. Non roman. Autre forme plus 
familière : anna. 

Dérivés : anula (Front.), Anutta, anicula (le plus 
fréquent), d’où aniculàris (S* Aug.) w ,laniceUa (Varr.) : 
anïlis (ci. puerïlis, senïlis) et ses dérivés ; aneô, -ës 
(Plt. &. X.) d’après seneô , anëscô, -is ; anitâs (= ypocà- 
T7jç Gloss. Anthol.), anitüs, -ûtis (Gloss.) d’après se- 
nectüs. La glose de P. F. 26, 24, anatem dicebant mor- 
bum anuum, i. e. uetularum, sicut senium morbum 
senum (comme penâtës , penu'i ), est très obscure, et 
peut-être faut-il lire, avec M. Pisani, anïlitâtem ? 
Comme atta, etc., mot du vocabulaire familier. Les 
mots de ce genre existent avec consonne intérieure 
simple ou géminée, ainsi v. h. a. ana « aïeule » à côté de 
ano « aïeul », et hevi-anna « sage-femme » (cf. ail. 
hebamme). Le hittite a \hannas « grand’mère », l’arménien 
han « auia » (avec Un h hystérogène ; cf. haw en face de 
lat. auus), le grec écwiç- jjcQTpôç i) Traxpôç [rqxTjp, le 
vieux prussien ane « vieille mère », le lituanien anyta 
« belle-mère ». Le type en -us de anus provient de l’in- 
fluence de socrus, nurus. Cf. Anna s. annus. 

anus, -ï m. : anneau ; encore dans ce sens dans Plt., 
Men. 85, compediti anum lima praeterunt , spécialisé en- 
suite dans l’acception que définit bien la glose anus : 
SoxtuXioç ô t% éS paç. — Rare et technique dans ce 
sens. Dérivé : ànàtus , -a, -um (Gloss.). 

Le sens de « anneau » est passé aux diminutifs : ânu- 
lus (ancien ; usuel) ; ânellus (familier, panroman, cf. M. 
L. 452), dont dérivent : ânulâris : annulaire ; ânulàrius : 
fabricant d’anneaux ; ânulâtus : orné d’anneaux ; ânu- 
loculter (Tert.) ; ànellârius = ânulàrius. M. L. 451. 

F La graphie annus , annulus semble avoir subi l’in- 
fluence de annus « année », par suite d’un faux rapport 


anxius 


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étymologique. Anus n’a de correspondant que dans y. 
irl. ânne, âinne « anneau », si toutefois ce dernier n’est 
pas un emprunt au latin, cf. Veiidryes, De hibernicis 
uocabulis, p. 111. 

anxius : Y. angô. 

apage : « écarte loin de moi », « fi ». Interjection de 
la langue comique empruntée au gr. foraye. M. L. 511 a. 
Cf. âge. 

apalus, -a -um : emprunt bas latin au gr. ÆroxXoç 
sans l’aspiration, sauf dans Gaelius Aurelianus ; et tou- 
jours joint à ôuum : (œuf) mollet. Conservé dans les dia- 
lectes suditaliques, cf. M. L. 512. Dérivé : ( h)apalàre , 
-is ( aplâre ) n. : cuiller pour manger les œufs (Aus.). 

ape : — apud antiquos dicebatur prohibe , compesce, P. 
F. 21, 4. Les gloses ont aussi les formes apet (1. apit ?), 
apere. De apiô , apere ? 

apenâriï : v. apinae. 

aper, aprî m. : 1° sanglier ; 2° poisson, peut-être le 
« verrat » de Nice. Ancien, usuel ; mais n’est guère con- 
servé qu’en sarde, dans des dérivés. M. L. 513. 

Dérivés : aprïnus (rare, mais dans Yarr.) ; apru- 
gnus (Plt.) et aprûnus (époq. imp.), aprugineus (bas 
îat.) ; aprârius (Paul., Dig. 33, 7, 22); apriculus : 
poisson inconnu (= gr. xdbrptcxoç) ; aprunculus : 
marcassin ; dérivé de aprô , -ônis qui existe en om- 
brien : abrunu « aprônem » et dans les noms propres 
du type Aprônius (cf., toutefois, Schulze, Lot. Eigenn. 
111, 124, v. Grienberger, IF 23, 348 ; Benveniste, 
BSL 32, 72) ; cf. aussi aprônia, nom d’une plante dans 
Pline 23, 27 : uitis nigra, quam proprie bryoniam uo- 
cant , ... alii gynaecanthem aut aproniam ; sur *aprogo 
dans Ps. Apul., Herb. 98, 8; v. André, s. u. 

Aper et ses dérivés ont fourni de nombreux noms 
propres : Apra , Aprius , Apriânus , Apricius, Apri{u)lus, 
Apriclius, Apridius, Aprïnus , Aprüla , Aprônius , Aprô- 
niânus, Aprunculus, Aprulla , Apriô, Aprucius , Aprofi- 
nius , Aprufenios , Aprufclano (dialectal), Apellius , Aprâ- 
rius. Le nombre de ces cognomina prouve l’importance 
du sanglier dans la faune italique, et sans doute l’exis- 
tence d’anciennes croyances. 

Ombr. apruf, abrof « aprôs » et abrunu « aprum», abrons 
« *aprônës ». Ce mot sc présente ailleurs, avec des formes 
divergentes, en grec avec une particule préposée k- dans 
xdbr poç (toutefois, ce rapprochement a été contesté, no- 
tamment par Sturtevant, Indo-hitt. Laryng. 48, 3, qui 
n’admet pas cette alternance k/zéro à l’initiale, pas plus 
ici que dans os /costa; odiurn : got. hatis ; ôs/côram ), en 
germanique avec vocalisme e : v. K a. ebur, etc. (cf. 
thrace ëëpoç « bouc ») ; en slave avec vocalisme e et v- 
préposé : v. si. çeprl, variations qui s’expliquent sans 
doute par un « tabou » de chasse. En indo-européen, le 
terme qui désignait le porc domestique servait aussi à 
désigner le « sanglier » ; v. Iat. sus. 

a) aperiô, -Is, -uï, apertum, aperîre : ouvrir (opposé 
à operiô, Cat., Agr. 161, 2, semen stramentis... operito , 
... deinde aperito), par suite « découvrir » (sens physique 
et moral) <t dévoiler ». — Ancien, usuel. Panroman. M. 
L. 515 ; B. W. s. u. 

Peu de dérivés ; aperlus , apertë ; apertô , -às (Plt. et 


Ara.) ; apertibilis ; apertiô (attesté à partir de. Var- 
ron), apertüra « ouverture », M. L. 516 ; apertïuus 
(Cael. Aur.) ; aperilis , création de grammairiens pour 
expliquer le nom du mois Aprïlis ; exaperiô, rare, 
tardif. 

b J operiô, -ïs, -uî, opertum, operïre : fermer, cou- 
vrir ; tenir caché. De là : operïmentum et operculum : 
couvercle, M. L. 6073. 

Composés : ad-aperiô (depuis Varr. ; ni dans Gic. ni 
dans Cés., surtout de l’époque impériale) ; et surtout 
cooperiô { côperiô ) ; cooperïmentum, cooperculum ( çô -) n. 
cooperiôrium : couvercle, M. L. 2203-2206 ; d’où dé •>, dis- 
cooperiô (Itala), M. L. 2659 ; redoperiô (id.), percooperiô. 

Aperiô, operiô sont généralement considérés comme 
issus de *ap-ueriô, *op-ueriô, composés d’un simple *ue- 
riô, dont le correspondant existerait dans les langues 
balto-slaves : lit. ùi-veriu a je ferme », àt-veriu <r j ’ouvre » ; 
cf. le simple lituanien verià, vérti ; v. si. vira, vrëti « je 
ferme ». Le sanskrit a un verbe avec in fixe nasal apavr- 
nôti « il ouvre », apivrnôti « il ferme ». Un substantif 
apparenté serait osq. veru « porte » (cf. ombr. uerir 
[abl. pl.] « porte », etc.). Mais le maintien de la sourde 
finale des préverbes ap , op devant voyelle serait unique 
en latin ; le traitement de aperiô contraste avec celui de 
âuehô, comme celui de operiô avec celui de obueniô. 
L’hypothèse a été contestée par Bréal, puis par Nieder- 
mann, IF 26, p. 50 sqq. L’explication de Niedermann 
par *al-ueriô, lit. àt-veriu ne rend pas compte de la 
sourde p plus que l’explication ordinaire. Étant donné 
que, comme l’enseigne M. Sommer, Hdb. z , p. 221, *tw- 
initial a donné lat. p- (v. pariés), on peut se demander 
si *-tw- intérieur appuyé n’aurait pas été traité de même 
et si, par suite, *ap-tweryô , *op-tweryô n’auraient pas 
abouti à aperiô, operiô ; on rapprocherait donc les verbes 
v. si. za-tvorài a xXeïaai, <&7 coxXeîooci », o(t)-tvoriti « ou- 
vrir », cf. lit. ài-tveriu « j’enclos ». Il est vrai que *twer - 
n’est pas représenté en latin autrement que par pariés 
et qu’il n’y a pas trace des pp géminés qu’on attendrait. 
Gas peu clair. 

apex, -icis m. : pointe, sommet (sens propre et 
figuré) ; e. g. Varr., RR. 1, 48, 1, grani apex ; spéciale- 
ment partie supérieure du bonnet du flamme qui se com- 
pose d’une petite baguette entourée de laine ; cf. Serv., 
Ae. 2, 683, apex proprie dicüur in summo flaminis pileo 
uirga lanata, hoc est in cuius extremitate modica lana 
est... modo autem summiialem pilei inteüegimus, et par 
suite le « bonnet » lui-même, tiare, mitre, etc., et « ai- 
grette » ; « langue de flamme » (poét.) ; 2° dans l’écriture, 
trait vertical placé au-dessus des voyelles longues. M. 
L. 518. 

Les anciens rattachent le mot à apiô , apere (cf. uertex 
et uertô ) ; ce qui conviendrait assez si le sens premier est 
celui de « partie supérieure du bonnet » qu’on attache 
{apiô) avec un lien, cf. P. F. 17, 6 ; Fest. 222, 13. Mais 
il est impossible de décider si le sens général de « pointe » 
est primitif ou dérivé ; et, s’il est primitif, l’étymologie 
ancienne ne convient pas. Une étymologie étrusque est 
possible, cf. F. Müller, Z. Gesch. d. rom. Satire, Philôlo- 
gus 78 (1923), p. 265. 

Dérivés : apicâtus : coiffé de l’apex; apiculum : 
filum quo flamines uelatum apicem gerunt, P. F. 21, 
10; apicïre': ligârc (Gloss.), formé d’après amicïre ? 


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aplûda 


apexabô (- xauô , -xaô), -ônis m. : sorte de boudin ou 
3e hachis employé dans les sacrifices (cf, Am. 7, 24). 
Étymologie populaire dans Varr., L. L. 5, 111, quod 
in hoc jarcimine summo quiddam eminet, ab eo quod ut 
in capite apex , apexabo dicta. — La finale rappelle lon- 
gâuô. 

aphoros, -ï m. : — pisciculus qui propter exiguüatem 
capi non potest , Isid. 12, 6, 40. Sans doute déformation 
populaire de <xç péç, autre nom de â<péyj (v. apua ), sous 
l’influence de £<popoç? V. Sofer, p. 11. 

apiâgô : mélisse, apiastrum. Seulement dans Isid. 17, 
9 5 80, mais de type ancien ; v. Ernout, Philologica, 
I } p. 167 ; André, Lex., s. u. 

apiaster (-tram) j v. apium. 

apiastra, -ae f. : guêpier; uocantur apiastrae , quia 
apes comedunt, Serv., G. 4, 14. Correspond au gr. 

« merops apiaster », ail. Bienenfresser, v. Relier, Tiere des 
Jdass. Altertums, p. 284. 

apica, -ae f. : — dicitur ouis qiiae uentrem glabrum 
habet, P. F. 23, 31. Mot rustique, ne se trouve que dans 
Varr. et Plin. Gr. <5broxo ç? 

apinae, -àrum f. pl. : bagatelles, brimborions ; joint 
à trïcae par Martial 14, 1, 17.Î 

Dérivés : apinârius {ape-) &. X Trebell. Gall. 8, 3 ; 

apinor , -âris : ebtaioXoyôi (Gloss.). 

Mot populaire, extrêmement rare et tardif. Cf. afan- 
nae. 

apiô, -is, *êpï (conservé dans co-ëpï), aptus, apere : 
lier, attacher. Ne figure, en dehors des glossaires (e. g. 
P. F. 17, 7, comprehendere antiqui uinculo apere dice- 
bant ; cf. ape?), que dans un seul exemple d’Ennius, 
A. 499 (var. rapiunt). 

L’adjectif aptus, qui a le sens de « attaché », propre 
et figuré, a pris une nuance laudative, « bien attaché 
à », cf. fipfxooroç et habüis, et par suite « apte à », aptus 
ad, ou aptus et le datif. M. L. 566. Même évolution de 
sens dans le skr. yuktah. De là le dénominatif aptô , -as 
« appliquer, adapter » et « équiper », qui a eu en bas latin 
toute une série de dérivés, et un composé récent adapté, 
cf. M. L. 563-566 ; adaptus , 146 ; *exadaptus, 2929, et 
exaptàre, 2938 a, de exaptus déjà dans Lucilius. Le con- 
traire de aptus est ineptus « impropre, maladroit, sot », 
d’où ineptia , déjà dans Plaute, usité surtout au pluriel, 
ineptiae « sottises » et ineptiô , -ïs. 

Apiô a un inchoatif apïscor, - eris , aptus sum (pour la 
dérivation, cf. faciô, pro-ficïscor) dont il existe Un dou- 
blet actif apïscô chez les archaïques, cf. J. -B. Hofmann, 
De uerbis... deponentibus, p. 12, 32, 40; apiscitur est 
passif chez Plt., Tri. 367 : « s’attacher à », d’où « at- 
teindre, obtenir ». 

Apïscor, rare, quoique classique (Cic., T.-L.), a fourni 
les composés adipïscor, d’où adeptiô (Cic.) ; indipïscor 
(et indipïscô; aussi indepïscï, P. F. 94, 18); rsdipïscor 
(Plt., Tri. 1022). Indipïscor a conservé la forme ancienne 
du préverbe ind(u) (cf. indaudïre) de end[o), sans doute 
sous l’influence de adipïscor, redipïscor , avec lesquels il 
se joignait naturellement, et aussi peut-être pour éviter 
Une confusion possible du participe de *in-ipïscor avec 
l’adjectif ineptus. Mais le maintien de ind- donnait au 
verbe un aspect archaïque ; aussi a-t-il été éliminé de 


la langue classique au profit de adipïscor, seule forme 
usuelle. De indeptus existe un dénominatif indeptô , -âs, 
cité par P. F. 94, 14. 

Composés : côpula de *co-apu!a ; co-ëpï (voir ces mots). 
Cf. aussi apud , ammentum. 

Le groupe verbal de véd. parf. apa « il a. atteint, ob- 
tenu », aor. âpat, apparaît surtout au parfait et à l’ao- 
riste ; ceci explique l’importance de coëpî en latin. Le 
présent skr. âpnôti « il atteint » est déjà dans l’Atharva- 
veda ; il est secondaire, comme apiô et apïscor le sont 
en latin. Le hittite epmi « je prends » (3 e s g. epzi, etc.) 
indique un ancien présent athématique que donnait à 
supposer lat. apiô. Pour hitt. e représentant ë, cf. es- = 
gr. 7) u-, skr. âs-. L’adjectif skr âptdh n’est pas ancien ; 
il ne se superpose pas à aptus. Le sanskrit a généralisé 
le représentant de Yë conservé dans lat. co-ëpï ou d’un 
ancien ô que suppose arm. unim « je tiens, j’ai », de 
*ôp-ne-, et le latin a tendu à généraliser le degré zéro a 
attesté par lat. aptus. V. apud. 

apis, -is (gén. pl. apum ou apium , cf. Neue-Wagener, 
Form 3 . 1 259, ce qui indique un ancien thème consonan- 
tique avec élargissement partiel en -i-, comme canis , 
mënsis, etc., v. Ernout, Philologica, I p. 135 sqq.) f. ; 
abeille. — Ancien, usuel. M. L. 525 ; B. W. sous abeille. 

Dérivés : apicüla (rare, mais déjà dans Plaute, 
Cu. 10), M. L. 523 ; apidrius : apiculteur, M. L. 522 ; 
apiârium : rucher (cf. Gell. 2, 20, 8), M. L. 521 ; apiâ- 
nus , usité au féminin apiàna ( üua ) « raisin affectionné 
des abeilles »; apïcius : même sens. V. aussi apium , 
apiastra. 

Les dialectes indo-européens qui vont du slave à 
l’italo-celtique ont eu un nom de 1’ « abeille » inconnu 
aux autres langues : v. sous lat. fucus ; ce nom était de 
la forme *bhei-. Il n’est pas impossible que *ap-, *api-, 
supposé par le latin, ait quelque rapport avec ce mot. 
Mais on ne saurait préciser. 

apïscor : v. apiô. 

apium, -I n. {apius à basse époque) : 1° ache des ma- 
rais (céleri, plante mellifère) ; 2° persil. Attesté depuis 
Virgile. Panroman, sauf roumain, M. L. 526 ; germ. : 
v. h. a. çpfi, tch. et pol. opich, v. André, Lex., s. u. 

Dérivés : apiâcus : d’ache ; apiàna : camomille (Ps. 
Apul.), cf. toutefois apis ; apiaster m. et apiastrum 
n. : mélisse ; apiastellum : renoncule, bryone ou cou- 
leuvrée (se dit aussi apium rïsus) ; apiâtus : bouilli 
avec de l’ache, tacheté, moucheté {de mensis citreis, 
ueluti grani congerie) ; apiôsus : se dit d’une maladie 
du cheval « cuius et mens hebetatur et uisus », Vég. 1, 
25, 3, 2 ; cf. 3, 10. On l’explique siue quod apio cura- 
batur, siue quod ui magica apii putabatur oriri ? 

Cf. aussi petrapium et apiâgô. 

Apium est pour les Latins « l’herbe aux abeilles » et 
correspond, ainsi que apiastrum, au gr. peXlçuXXov, pe- 
XurcréçuXXov, cf. Pseud. Ap., Herb. 119 ; Varr., R. R. 3, 
16, 10 ; et id., Ibid. 3, 16, 13, oportet domi serere quae 
maxime secuntur apes... apiastrum..., etc. Apiaster est 
formé comme oleaster. La graphie appium, tardive, est 
sans valeur. 

aplüda [adplüda), -ae f. ; criblure, menue paille. 

Mot sans doute non romain, rare et archaïque ; cf. 
Ernout, Él. dial. 110 sqq. 


aplusira 


— 40 — 


aplustra [-tria), -iuun.pl. (le singulier n’apparaît qu’à, 
partir de Lucain : aplustre) : aplustres, ornement de la 
poupe du vaisseau. Du grec &pXaarov, peut-être par un 
intermédiaire étrusque. Terme uniquement poétique, 
attesté depuis Ennius jusqu’à Sidoine, mais ne se trouve 
ni dans Vg. ni dans Hor. Cf. pour la finale ballista et 
ballistra , genesta et genestra, lepesta , lepistra. Influence 
des mots en *-trum, suffixe d’instrument, comme tràns- 
trum? 

apocalama : nom d’un vêtement de soie ou de coton 
dans Isid. 19, 22, 13. Inexpliqué; v. Sofer, p. 31. 

apoeulô, -âs, -are (variante apocalô) : mot d’argot 
que Pétrone, 62, 67, met dans la bouche d’esclaves ou 
d’affranchis. Se conjugue pronominalement : ego me apo- 
culo « je décampe, je m’esbigne ». Origine inconnue. On 
l’a fait dériver de àiioyaXâoi (cf. calô) et aussi de à 7 ro- 
xcxXtù ; d’autres en ont fait un dénominatif de àn et 
oculus , hybride formé d’après cl-k ojifxàrwv ou enfin de 
aizb et cülus (d’après le type du fr. reculer ), mais la quan- 
tité de Vu est inconnue. 

Apollô, -inls m. : emprunt ancien au gr.ÎArrôXXtov, 
-<ovo ç, latinisé en -ô, -ïnis. Dérivés : apollinàris, - e , -ria 
[herba] : morelle ; -neus (Ov.). Étr. Aplu, Apulu. 

apologô, -âs, -âuï, -are : repousser ; dénominatif tiré 
de à7r6Xoyoç (déjà dans Rh. ad Her.) avec le sens de 
<xrco>.oy (Ça», Sén., Ep. 47, 9. V. Hammarstrôm, IF 1932, 
140. 

apopores (- peres ) : citrouille. Mot espagnol, seule- 
ment dans Isid. 17, 10, 16. V. Sofer, p. 118, 163 ; Ales- 
sîo, Riv. di Filol., 1938, 376 sq. ; André, Lex., M. L. 
529. 

aporia, -ae f. : emprunt tardif au gr. dbtopla « embar- 
ras », dont a été tiré le dénominatif aporior, pcp. apo- 
riâtus ( = (X7ropoûp.Evoç, Ital.) ; d’où exaporior. 

apostata, -ae m. : emprunt de la langue de l’Église 
au gr. dcTcooTcxTTjç ; de là apostatô, -âs ; apostatrïx f . ; apos- 
tat ât us, -fis. 

apostolus, -i m. : emprunt de la langue de l’Église au 
gr. à7n$<rroXo ç, M. L. 580 a, et celt. : irl. apstal, britt. 
abostol. Dérivés : apostola f. ; apostolâtus, -ûs m.; -liôus, 
M. L. 530. 

apostôma, -ae f. : abcès. Emprunt vulgaire et tardif 
au gr. àTcécmQpa, avec passage à la l re déclinaison, chan- 
gement de genre et influence des mots en -<opa (carci- 
nôma, etc.). Y. Sofer, p. 152, n. 

apothëca, -ae f. : magasin à vivres ; cellier. Emprunt 
au gr. dt7roôi)XT], déjà dans Varr. et Gic. De là : apothë- 
cârius ; apothëcô , -âs. M. L. 531 ; B. W. sous boutique. 

appellô, -âs, -âuï, -àtiun, -âre : s’adresser à, en appe- 
ler à (cl. Enn. : hominem appellat , Sc. 50), appeler, puis, 
par affaiblissement, « nommer, désigner ». Usité de tout 
temps; panroman, sauf roumain. M. L. 542. 

Dérivés et composés : appeüâtiô (class., équivalent 

de prouoeâtiô ), appellâtor , -tôrius ; appellâtïuus, calque 

de TrpocnjYopixéç ; appeïlitô , -âs (rare, époq. imp.) ; cf. 

nôminitô. 

compeüô : adresser la parole à, interpeller (souvent 
dans la prose classique avec une nuance de blâme ou 


d’insulte, d’où le sens de « accuser ») ; compellâliô a re- 
proche, réprimande ». 

interpellé : interrompre par la parole : Plt., Men. 1121, 
si interpellas ego tacebo ; interpeller. S’emploie comme 
synonyme de interrumpô avec le sens de « troubler dans 
l’exercice de » ; i. alqm in iure suo, Cés., B. G. 1, 44 ; se 
dit aussi des choses : i. iam partam uictoriam , id., B. 

G. 3, 73. Gomme interdïcô, peut être suivi d’une complé- 
tive introduite par né , quïn, quôminus. 

Composés à préverbes d’un intensiLduratif en -5, 
*pellô, -âs, en face de pellô , -is, à valeur moyenne « se 
pousser vers, se diriger » (cf. lauô, -âs, en face de lauô, 
-is) ; pellô, -âs n’existe que dans des composés comme 
occupé , edücô, -âs, en face de capiô , dücô, -is. La spécia- 
lisation de sens les a vite détachés du simple peüé, -is. 

appendix, -icis f. : épine-vinette : spina et appendix 
appellata, quoniam bacae puniceo colore in ea appendices 
uocantur (Plin. 24, 114). V. pendô. 

appiânum [màlum) : variété de pomme obtenue par 
un certain Appius, cf. Plin. 15, 49. M. L. 546 b ; B. 
W., api. 

aprïcus, -a, -um : exposé au soleil, ensoleillé (dès 
Varron, qui l’oppose à opàcus). Rapproché par étym. 
pop. de aperié « a sole apertus », dit P. F. 2, 6. M. L. 561 ; 

B. W. sous abri. 

Dérivés : aprîcitâs (Gol.) ; aprîcor, -âris (et aprîcé, 

-âs à basse époque, cf. M. L. 560), « réchauffer, se ré- 
chauffer » et ses dérivés. 

Sans correspondant net. 

aprïlis, -is m. : avril ; second mois de l’ancienne an- 
née romaine. Sans douté adjectif substantivé. Étym. 
pop. dans Varr., L. L. 6, 33 ( mensis dictus) secundus... 
a Venere quod ea sit ’AçpoSt-nj, ma gis puto dictum quod 
uer omnia aperit ; Macr., Sat. I 12, 14, Aprilem... quasi 
aperilem , et Sén., Ep.'67, 1, uer aperire se coepit. — Pan- 
roman, M. L. 562, et celt. : irl. april, britt. ebriU. De 
là les noms propres de petites gens : Aprïlis , AprUiânus, 
Aprïlïna. 

A. Cuny, MSL 14, 286, rapprochant quintïlis et sextï- 
lis, a supposé qu ''aprïlis serait un dérivé du mot indo- 
européen attesté par skr. âparah « postérieur (par rap- 
port à un seul autre), second », got. afar « après ». Éty- 
mologie contestée par M. Benyeniste >v gui suppose, aVëC\ 
"Btüvçasser, W. Stud. 31, 146^qu’aprîZts v remonte à( étr. >7 
apr Remprunté lui-même a\i gr. ’AtppÆ hypocoristnpre 
-dê^AçpoSCTrj, v. BSL 32, p. ôV'sqqrTiTypo thèse appuyée 
par Eva Fiesel, qui rapproche la dérivation du nom du 
mois de mai en étrusque : Ampiles de *ampüe , v. St. 
Etruschi 7, 295-297, et par l’étude de S. P. Gortsen, 
Glotta, 1938, 26, 270. On a supposé aussi que aprïlis 
dériverait de l’étrüsque aplu «ÎApollo », avec dissimila- 
tion. Mais il resterait à expliquer l’introduction de ce 
nom étranger dans les noms de mois romains. 

apsis : V. absida. 
aptus : v. apiô. 

apua, -ae f. : menuise. Emprunt ancien, latinisé, au 
gr. à<pu7j, Cf. Plin. 31, 95 : apuam nostri, aphyen Graeci 
uocant, M. L. 520. Gf. aphorus. 

apud (apul ; formes dialectales apor (P. F. 24, 12), 


— 41 — 


aqua 


aour, ainsi en territoire mârse apur finem, CIL l a 5, cf. 
jJfar.’Vict., GLK VT 9, 17; cf. ad, ar; les gloses ont 
aussi ape : roxpdc, GGL II 21, 40) : auprès de, chez, dans ; 
sens physique et moral : apud së esse (contraire de fr. 
« être hors de soi »)- Uniquement préposition ; ne s’em- 
ploie ni comme préverbe ou premier terme de composé, 
ni comme adverbe, ce qui prouve le caractère relative- 
ment récent du mot dans l’emploi qu’il occupe ; et, en 
effet, il n’a de correspondant nulle part, pas même en 
os co-ombrien. Il s’agit peut-être d’une forme nominale 
se rattachant à la racine de apié, et dans laquelle l’em- 
ploi prépositionnel se serait développé comine dans penes 
et, plus tard, dans le bas latin casus (= chez ; v. casa) ; 
mais le détail de la forme n’est pas expliqué (participe 
parfait n. *apuot , *apuod?). 

Depuis Lucilius, les grammairiens latins différencient 
ad, in, apud, penes ; ainsi Scaurus, GLK VII 30, 18 
(d’après Varron) : ad et apud accusatiuae sunt prasposi- 
liones, ut « accédé ad me » ; « qui domi nati sunt apud me » 
(cf- Servius, Ae. 1, 24) ; et VII 31, 7 : item uitiose dicitur 
« senatum habere apud aedem Apollinis » quod a in aede 
Castoris » dici oportet) ; et Ulpien, Dig. 50, 16, 63 : 
« penes te » amplius est quarn a apud te » ; nam « apud te » 
est quod qualiterqualiter a te teneatur ; « penes te » est quod 
quodam modo possidetur ; cf. P. F. 20, 19. 

Régulièrement construit avec l’accusatif et employé 
— le plus souvent près de noms de personnes (cf. tou- 
tefois apud aedem, SG Bac. ; apud oppidum , Gés., B. . G. 
.2, 7, 3; apud Anienem, Gic., Mur. 84) — quand la 
phrase ne comporte pas d’idée de mouvement, on le 
trouve en latin vulgaire avec l’ablatif, ainsi Ital., Matth. 
19, 26, apud hominibus (= roxpà dcvOpduroiç), ou avec 
des verbes de mouvement ; ainsi Sali., Hist. 1, 119, ille 
Conisturgim apud legiones uenit ; Ital., Gen. 43, 9, si non 
adduxero eum apud te (= gr. -rcpéç ae), v. Anders Ga- 
gner, Eranos, vol. 26. En Gaule, apud s’emploie au sens 
de « avec »; ainsi Querol., p. 22, iste qui apud me est 
locutus, cf. ALLG *2, 26. Attesté de tout temps ; mais 
appartient plutôt à la langue familière. M. L. 567 ; v, 
B. W. sous avec. 

aqua, -ae f. (acua GE 930, 2, acqua blâmé par l’App. 
Probi ; cf. Lucr. 6, 552 et 1072, qui en fait un trisyllabe) : 
eau, considérée comme élément, cf. Gic., Ac. 1, 26, aer... 
et ignis et aqua et terra prima sunt ; le plus souvent 
jointe et opposée au feu, cf. ignï et aquà interdïcere, et 
l’usage religieux signalé par Varron, L. L. 5, 61, suivant 
lequel l’époux accueillait l’épouse au seuil de sa maison 
avec le feu, élément mâle et créateur, et l’eau, élément 
femelle : igitur causa nascendi duplex : ignis et aqua. Ideo 
ea nuptiis in limine adhibentur , quod coniungit hic , et 
mas ignis, quod ibi semen, aqua femina, . quod fétus ab 
eius ( h)umore , et horum uinctionis uis Venus ; cf. les réfé- 
rences de Goetz-Schoell ad loc. Quelquefois aussi aqua 
est joint à terra : aquam terramque poscere. Pour le 
genre, cf. Meillet, Ling. gén ., p. 218. Le caractère origi- 
nairement animé et divin de aqua apparaît aux épi- 
thètes qu’on y joint : ad aquae lene caput sacrae, Hor., 
G. 1 , 1 , 22 ; nec castas pollue... aquas , Ov., F. 2, 174, etc. 

Les poètes usent indifféremment de aqua et de unda ; 
ainsi, Ov. écrit, M. I 432, cum... sit ignis aquas pugnax, 
en face de F. 4, 788, sunt duo discordes, ignis et unda, 
dei ; Tr. I 8, 1, unda dabit flammas et dabit ignis aquas. 


Toutefois, unda désigne plutôt l’eau considérée dans sa 
mobilité; dans le dernier vers d’Ovide cité, unda est 
joint à flammas , l’élément jaillissant du feu. La compa- 
raison des dérivés de aqua et de unda fait bien ressortir 
la différence de sens : aquàrï veut dire « faire de l’eau, 

. s’approvisionner d’eau », aquésus « aqueux », undâre 
« être ondoyant, ou agité » (en parlant des flots), ex- 
undàre « déborder », undôsus « aux flots agités ». 

Le pluriel aquae s’emploie lorsque l’on considère les 
parties constitutives de l’eau, e. g. Vg., G. 4, 410, aut 
in aquas lenuis dilapsus abibit , ou les différentes sortes 
d’eaux (ainsi Sén., NQ^ 3, 23), ou les eaux courantes, 
animées et divinisées, Varr., L. L. 5, 71, a fontibus et 
fluminibus ac celeris aquis dei ut Tiberinus ab Tiberi; 
cf. aquae perennës (qui se renouvellent sans cesse), decur- 
sus aquarum, Lucr. 5, 263. Aussi Aquae est-il constant 
dans les désignations de noms de lieux (où se trouvent 
généralement des eaux jaillissantes et qui sont l’objet 
d’un culte, cf. Thés. II 353, 47 sqq., 363, 59 sqq.). Aquae 
désigne aussi l’ensemble des eaux: Eleg. in Maec. 101, 

( hieme ) conglacientur aquae ; les pluies : T.-L. 24, 9, 6, 
aquas magnas bis eo anno fuerunt, Tiberisque agros inun- 
dauit. — Aquae est plus fréquent chez les poètes ; le 
pluriel est plus concret. — Usité de tout temps. Pan- 
roman. M. L. 570 ; B. W. s. u. 

Dérivés : aqûor, -âris : s’approvisionner d’eau, et 
aquâtié, M. L. 578 ; aquâtus : mêlé d’eau ; aquésus : 
aqueux, M. L. 588; aquâlis : plein d’eau, à eau. — 
Subst. aquâlis m. : pot à eau, M. L. 572 a ; aquàrius : 
à eau ; aquàrius m. : porteur d’eau, magistrat pré- 
posé au service des eaux, verseau (signe du Zodiaque) ; 
aquâriolus (- i dicebantur mulierum imp udic arum sor- 
didi adseculae, P. F. 20, 24) ; aquarium : réservoir 
à eau, évier, M. L. 576 ; B. W. s. u. ; aquâliculus (-um),. 
-ï : panse, ventre ; aquâticus, aquàtilis : aquatique ; 
aquâtilia n. pl. : tumeurs aqueuses ou hyatides ; aqui- 
lentus (formé d’après uïnolentus), M. L. 585; aquola 
(acula), -ae f. : filet d’eau (diminutif). 

Composés en aqui- dont certains formés sur le modèle 
de composés grecs en ô8p- : aquiducus (-dux) = ôSpa- 
Yoïyéç, Cael. Aur. ; aquifolium « houx », cf. acri- ; aqui- 
fuga = <peÔY*>8poç, id. ; aquigenus , -a, -um (Tert., cf. 
terrigenus) ; aquiductus, aquiductium = û8pocYd>Y LOV 
aquiuergium, endroit où l’eau s’écoule (Gram.), compo- 
sés tardifs ; la langue classique ne connaît que le juxta- 
posé aquae ductus ; cf. aussi M. L. 581, *aquiducium\ 
aquilsx, -icis, -legus m. : sourcier ; aquüicium, -ï ( aquas - 
licium) : sacrifice pour obtenir de la pluie ; aquaemanâle 
( aquiminâle , aquaemanïle, aquiminârium) : aiguière, 
M. L. 572 ; v. mâné. Gf. aussi aquagium, terme de droit, 
synonyme de aquae ductus ; aqu(a)e mola (Gloss.) : 68po- 
{jlôXtq, plante. 

Les langues romanes supposent aussi, M. L. 573, 
*aquâna; 579, *aquatéria ; cf. en outre 147, adaquàri’, 
4336, inaquâre ; 2939, exaquâre ; en germ. aquasductus 
(formes modernes) et aquarium, v. h. a. ahhàri. 

aqua a son correspondant exact en germanique : got. 
ahwa « 7toTap6ç », etc., et semble se retrouver en celtique, 
mais seulement dans des noms de lieu. Le germanique 
offre, d’autre part, un dérivé attesté par v. h. a. ouwa 
(ail. mod. Aue) « prairie marécageuse, île », et le nom 
propre Scandin-auia ; le dérivé v. isl. ægir « mer, dieu 
de la mer », avec un ancien ë initial, donne à penser 


— 42 — 


aquila 

que Va de lat. aqua , got. ahwa représenterait un i.-e. *9 
(*ëk w / 3 k w ~). Si ce mot ne se retrouve pas ailleurs, ce 
n’est sans doute pas un hasard : tandis que le nom dési- 
gnant P « eau » en tant que chose est commun à tout le 
monde indo-européen (v. sous lat. unda), les noms de 
genre essentiellement animé qui désignent P « eau » en 
tant qu’être actif — et divin — n’ont qu’une faible ex- 
tension dialectale. Il y a ce mot, commun au latin et 
au germanique ; un autre mot, indo-iran. *ap-, souvent 
employé au pluriel (véd. âpah, etc.) comme lat. aquae , 
a des correspondants en haltique ; cf. amnis . — Il n’est 
pas accidentel que le nom germanique du « dieu de la 
mer » appartienne au groupe de got. ahwa , lat. aqua 
désignant originairement P « eau » en tant qu’être actif. 

aquila, -ae c. : 1° aigle (oiseau, étoile ou enseigne), 
cf. fulua... auis D’Ovide, F. 5, 782 ; 2° aigle de mer ou 
mourine (sorte de raie). Dérivés et composés : aquili- 
nus ; aquilifer . — Ancien. Panroman. M. L. 582 ; irl, 
aicü. Cf. peut-être aussi aquileia : ancolie, M. L. 583, et 
B. W. s. u. Gf. Aquilônia? 

Le nom de P «' aigle », le premier des oiseaux, et qui 
avait un caractère religieux, varie d’une langue indo- 
européenne* à l’autre et résulte surtout d’arrangements 
relativement récents. V. aquilus. 

aquilex : V. aqua. 

aquilô, -Suis (et aquilus , cf. Thés. II 376, 9 sqq. ; 
M. L. 586 et 587) m. : aquilon. Le nom complet est 
aquilô uentus (cf. Nep. Mi. 1, 5 ; P. F. 20, 14, aquilo 
uentus a uehementissimo uolalu ad instar aquila e appel - 
latur). On voit par Festus que les anciens rattachent 
aquilô à aquila et non à aquilus comme le font les mo- 
dernes. Ce sont les anciens qui ont probablement raison ; 
aquilô n’est pas le vent sombre ; il est qualifié de clàrus 
par Vg., G. 1, 460, par opposition à nigerrimus auster, 
3, 278 ; cf. Thés. II 376, 48 sqq. L’explication rapportée 
par Isid., Nat. rer. (Suét., p. 229 Reiff.), aquilo , qui et 
boreas uocatur , ex alto -flans gelidus atque siccus et sine 
pluuia , qui non discutit nubes sed stringü, paraît avoir 
été inventée dans sa dernière partie pour rattacher coûte 
que coûte aquilô à aquilus. 

De là : aquïlônius ; aquilônôlis (aquilônâris ap. Aug.) 
formé d’après septentriônâlis ; aquilôniànus (b. lat.) ; 
aquilônigena (Aus.). 

Le rapprochement avec un mot baltique, lit. âklas 
« aveugle », etc., n’explique guère la forme et pas du 
tout le sens (Meillet). — Cf., toutefois, xaixCaç « vent du 
nord-est », lat. caecus ? 

aquilus, -a, -um adj. : brun noir. Rare ; archaïque et 
postclassique. Les anciens le rapprochent de aquila et 
en font un dérivé de aqua (d’après nübilus, nübës) ; ainsi 
Festus : aquilus color est fuscus et subniger, a quo aquila 
dicta esse uidetur . . . aquilus autem color est ab aqua nomi- 
natus. Nam cum antiqui duos omnino naturales nossent , 
i. e. album et nigrum , interuenerit autem is quoque , qui 
ita neutri similis est, ut tamen ab utroque proprietatem 
trahat, potissimum ab aqua eum denominarunt, cuius 
incertus est color , P. F. 20, 7. Composé subaquilus (en 
jeu de mots avec subuolturius, Plt., Ru. 422). L’expli- 
cation par aqua rend mal compte du sens de l’adjectif ; 
on ne voit pas pourquoi l’eau aurait été prise pour dési- 
gner une couleur tirant sur le noir (Plaute applique 


aquilus à une négresse). Peut-être à rattacher à aquila , 
l’aigle étant l’oiseau sombre, ale-roü... piXavoç. II. $ 
252. Les adjectifs désignant la couleur sont souvent 
empruntés à des noms d’animaux, et réciproquement 
ceux-ci peuvent être désignés par le nom de leur cou- 
leur, cf. columba. 

ar : ad. 

âra, -aef. (ancienne forme âsa, cf. Macr., Sat. 3, 2, 8, 
qui cite Yarron, et Serv. auct. Ae. 4, 219 ; osq. aasas 
« ârae », ombr. asam-af « ad àram ») et peut-êtreîhitt. 
hassas « foyer » : autel (premier sens sans doute), « foyer 
de la divinité », par opposition à focus , cf. l’expression 
pro aris et focis. Conservé seulement dans quelques par- 
îers judéo-romans, cf. M. L. 586 a.T 

Dérivés : ârula; âràlia , - ium , CIL VIII 19929. 

Les grammairiens anciens distinguent âra de altâre, 
ainsi Yarron dans Serv. auct., B. 5, 66, Varro dis supe- 
ris altaria, terrestribus aras, inferis focos dicari adfrmat ; 
cf. Vg., ibid., en quattuor aras : ecce duos tibi , Daphni, 
duas altaria Phoebo. Le dieu reçoit les altaria, réservés 
aux grandes divinités ; Daphnis n’a que des ârae , terme 
général désignant un au tpi quelconque. Italique, com- 
mun, usuel. Mais a disparu devant altâre. 

Cf. âreô ? 

arâneus, -I m. (gén. arânei , trisyllabe, Lucr. 3, 383) ; 
arânea, -a© f. : araignée. Ancien, usuel. Arâneus est 
la forme ancienne ; le féminin arânea est réservé pour 
la toile ou le fil de l’araignée et, par extension, une 
espèce de fil très fin, et ne désigne l’animal qu’à partir 
de Catulle, en poésie, et seulement à partir de Fronton, 
en prose. Toutefois j Cicéron ale diminutif arâneola (en 
face de Varàneolus du Gulex). L’italien a les représen- 
tants des deux formes : ragno et ragna ; le français et 
l’espagnol n’ont que le féminin : araigne (v. B. W. sous 
araignée }, arana; les deux diminutifs sont également 
représentés en roman, cf. M. L. 593-596. Arâneus dé- 
signe aussi la « vive » (poisson) ; adjectif joint à müs, la 
musaraigne (g.uYaX^), M. L. 5765 ; arânea, une maladie 
de peau : arânea uerrïna (= gr. xeyxpiaç ou Xeix^jv), 
v. B. W. rogne ; cf. mus araneum (sic, cf. arâneum dans 
Phèdre), cuius morsu aranea, Isid. 12, 3, 4; v. Sofer, 
p. 16, 170. 

Dérivés : arârieôsus : couvert de toiles d’araignée ; 

arâneâns (Apul.). 

Arâneus , arânea n’ont de correspondant qu’en grec : 
àpot^vT} « araignée », àpà^viov « toile d’araignée », àpoex- 
vaîoç « d’araignée » et àp<xyyaxt\ f. « araignée ». La res- 
semblance est trop étroite pour qu’on ne voie pas dans 
le mot latin un emprunt au grec ou, du moins, un em- 
prunt à une langue inconnue fait indépendamment dans 
chacune des deux langues. L’objection que arâneus s’ex- 
plique en partant de *arak-s-n- (cf. Benveniste, Ori- 
gines , p. 101) n’est pas décisive ; les mots de ce type, 
essentiellement populaires, admettent des dérogations à 
la phonétique normale, comme le montrent les formes 
romanes elles-mêmes. Le rapprochement de âpxoç 
.« filet » souvent proposé n’explique pas la forme grecque. 
Le mot a pu s’introduire avec la légende d’Arachné. 

arbiter, -tri m. : 1° témoin (qui par son arrivée assiste 
à une chose ; souvent joint à testis, e. g. Cic., Q. Rose. 38 ; 
T.-L. 21, 10, 3) : cl. Plt., Mer. 1005, eamus intro ; non 


— 43 


arceo 


t lbilest hic locus, jadis tuis, | dum memoramus, arbitri 
U l sint qui praetereant per uias ; 2° arbitre choisi par les 
deux parties (sens aussi anciennement attesté que le 
«renfler), juge ( arbitrâlis , -e), et par suite, « maître de 
la destinée de. ». Ancien (Loi des XII T. 7, 2, 2 ; 12, 3), 
usuel, classique. Les sens se retrouvent dans arbürium : 

10 fait d’être témoin (sens non attesté avant l’époque 
impériale, où il peut être dû à une affectation d’ar- 
chaïsme) ; 2° arbitrage, sentence arbitrale et « pouvoir 
de décider de »; liberum arbitrium attesté à partir de 
T _L. ; cf. Thés. II 411, 76 sqq., ce qui explique le sens 
dé « arbitraire » qu’a l’adjectif arbitràrius à partir 
d’Aulu-Gelle. Conservé dans les langues romanes. M. 

L. 605. 

Autres dérivés : arbitror , -ârîs (arbitré archaïque) : 
jo observer, épier, être témoin de ; 2° arbitrer, estimer 
(dé arbitré) ; et dans la langue commune, par une géné- 
ralisation et un affaiblissement de sens identiques à ce- 
lui de cënseô, dücô, putô , etc., « juger, penser ». Tér., 
Haut. 990, an tu... esse ilium iralum putas? — non arbi- 
tror. De là : arbitrâtor, -trîx (tardifs, forme avec haplo- 
logie arbitrix, CIL VI 10128) ; arbitrâtus , -üs m. : arbi- 
trage, pouvoir de décider, volonté, jugement. M. L. 604. 

Le seul rapprochement qui semble s’imposer, celui 
avec ombr. arputrati « arbitrâtû », n’éclaire pas le mot 
latin. Ar- peut être une forme dialectale de ad. Le rap- 
prochement avec baetô est douteux. 

arbôs ( arbor ), arbôris f. : arbre ; mât ; arbre de pres- 
soir. Sur arbor « monstre marin »? v. de S* Denis, Vocab. 
des animaux marins , s. u. Ancien thème en -s ; cf. arbo- 
sem , P. F. 14, 9 ; arboses, F. 280, 9-ÎSeul féminin de ce 
type ; cf. le type voisin Cerës, -ëris. Arbor est une forme 
récente créée d’après les cas obliques lorsque s intervo- 
calique se fut sonorisé en latin. L’ê du thème est con- 
firmé par le dérivé arbustus ; cf. onus (ancien *onos), 
onustus , uenus (ancien uenos ), ue nus tus, etc. Le genre 
féminin s’explique facilement : l’arbre, considéré comme 
un être animé, est « la productrice » des fruits. Toute- 
fois, en bas latin, à partir de l’Itala, il apparaît mascu- 
lin, sans doute sous l’influence des autres mots en -or, 
-ôris et aussi des noms d’arbres en -us, du type fâgus, 
qui avaient abandonné pour le masculin l’ancien genre 
féminin ; cf. Thés. II 419, 61 sqq. C’est le masculin qui 
est le plus répandu en roman ; seuls le logoudorien et le 
portugais ont le féminin. Pourtant, en français, la forme 
même du mot « arbre », avec sa terminaison par un e 
muet, tend à le faire passer de nouveau au féminin : 
* la belle arbre ». Attesté de tout temps. Panroman. 

M. L. 606 ; B. W. s. u., et germ. v. h. a. albar , etc. 
Dérivés en arbus- et en arbor- (ces derniers plus ré- 
cents) : 1° arbuscula : jeune arbre (d’où arbusculôsus 
dans les Gloses) ; *arbuscsllum, M. L. 608 ; arbriscellus 
(Gl. Reich.) ; arbustus : planté d’arbres ; d’où le n. arbus - 
tum : bosquet, pépinière (le plus souvent au pluriel ar- 
busta ( loca ), cf. Gell. 17, 2, 25, arboreta, ignobilius uer- 
bum : arbusta celebratius) ; puis « jeunes arbres » (comme 

11 y en a dans les pépinières) ; surtout poétique dans ce 
sens, Vg., B. 4, 2, non omnis arbusta iuuant humilesque 
myricae ; d’où à très basse époque arbusta, -ae (Greg. 
Tur.). 

2° arboreus, M. L. 607 a; arborâcia (Gloss.) : « cor 
arboris »; sans doute n. pl. d’un adjectif *arborâceusl; 


arborâns (Gloss.) : SsvSplnqq ; arborârius, -a, -um, et 
subst. = SevSpoxo-rcéç) ; arbor âlor : qui taille les arbres; 
arborëscô, -is (Plin.) : devenir arbre ; arborëtum : verger 
(cf. plus haut), M. L. 607 arborôsus : SevSpoet 8?jç. 

Aucun rapprochement net. Le latin n’a pas trace du 
nom indo-européen de l’arbre, représenté par hitt. taru, 
i.-ir. ddru , dru-, got. triu, v. si. drëvo, gr. Spvç, etc. V. 
G. D. Buck, Dict. of sel. Synonyms, p. 48, s. u. Tree. 

arbutus ( arbitus , graphie des manuscrits de Lucrèce, 
concordant avec certaines formes romanes, cf. M. L. 
610), -lf. (pl. n. arbuta, -ôrum d’après Phocas, GLK V 
426, 18) : arbousier. S’y rattachent : arbutum (- bi -), -ï 
n. : arbouse ; arbuteus : [d’jarbousier ; M. L. 609 ; B. W. 
s. u. 

Sans étymologie ; un autre nom est unëdô. V. Ber- 
toldi, Linguistica Storica , 2 e éd., p. 174. 

area, -ae f. : coffre, boîte, caisse, surtout à argent : 
area publica qui s’oppose à fiscus ; cachot, cercueil ; 
dans les langues techniques : borne, batardeau, chê- 
neau ; dans la langue de l’Église : « arche » (= gr. xiêco- 
t 6ç). Ancien, usuel. Panroman, sauf roumain ; passé 
également en got. arka, en germanique, et de là en 
slave. M. L. 611 ; B. W. s. u. ; irl. arc, britt. arch. 

Dérivés : arculus : putabatur esse deus qui tutelam 
gereret arcarum, P. F. 15, 9 ; arcula , arcella , arcellula : 
coffret, bière, M. L. 615; arcânus : actif et passif 
« caché, secret » et « discret, qui cache »; dans la 
langue religieuse, « mystérieux, magique » ; arednum : 
mystère ; arcârius : de caisse ; arcârius m. : caissier ; 
arculârius (Plt.) : porteur de coffret ; arcera (arch.) : 
chariot couvert (d’après cumera?). Cf. aussi *arcüc, 
M. L. 615. 

Sans doute apparenté à arceô (cf. Parca et parco ?) : 
area quod arcebantur jures ab ea clausa, Varr., L. L. 5, 
128. 

arceô, -es, -nî, -ère : 1° contenir, maintenir. Sens 
qui paraît le plus ancien, encore attesté dans les textes, 
cf. Enn., dub. 2 ; Cic., Rep. 6, 17, N. D. 2, 136, où le 
verbe est joint à continëre, de même que coercëre, N. D. 2, 
58 ; P. F. 14, 2, arcere est continere. Mais l’emploi dans 
cette acception est rare, inconnu même de la prose cou- 
rante et de la langue parlée. — 2° maintenir au loin, 
écarter (= continëre; cf. le fr. « contenir l’ennemi ») : 
arcere prohiberc est. Similiter abarcet, prohibet. Porcet 
quoque dictum ab antiquis, quasi porro arcet, P. F. 14, 
24 et 244, 7. Sens dérivé et de beaucoup le plus fré- 
quent. De là, arcula : dicebatur auis quae in auspiciis 
aliquid uetabat jieri, P. F. 15, 11. Pas de substantifs 
dérivés. — Composés : abarceô, qui, en dehors des glos- 
saires, ne figure que dans une inscription, CIL XIII 
485 ; porceô, de *po-arceô (même préverbe que dans 
pônô), rare et archaïque (exemples dans Nonius 159, 38). 

coerceô : contenir, enfermer, d’où au sens moral « répri- 
mer, réfréner » (cf. contineô, cohibeô ) ; coercitiô. 

Pour exerceô, v. ce mot. 

A arceô se rattache arcijînius ; arciflnâlis, adjectif 
joint à ager : [champ] conquis sur l’ennemi « ab arcendis 
finibus », dit Varron, au témoignage de Frontin, Grom. 6, 
1, qui le définit encore « qui nulla mensura contihetur. 
Finitur secundum antiquam obseruationem fluminibus , 
fossis, montibus , arboribus ante mis sis, aquarum diuer- 


— 44 — 




üicm 

giis, et si qua loca a uetere possessore potuerunt optlneri. » 
Cf. encore arcifînium , -ï n. : borne d’un champ; area 
finâlis. 

Pour laper eus, v. ce mot. 

Arceô est à rapprocher de gr. àpxéco (aor. hom. ifexeaa, 
àpxéaaai) « j’écarte, je protège ». Le groupé de arm. 
argel « empêchement », argelum « j’èmpêche » (aor. ar- 
geli) concorde aussi pour le sens ; mais le suffixe -el- ne 
se retrouve pas en latin. 

Quant à lit. rakinti « fermer », râktas « clef » et v. h. a. 
rigü « verrou », la forme et le sens sont éloignés, et le 
rapprochement ne s’impose pas. 

arcera : v. area. 

arceraca, (-laça) f. sorte de vigne que Pline, N. 
H. 14, 35, assimile à Vargïtis de Vg., G. 2, 99? 

arcessô [aecersô, adcèrso), -is, -ïuî (-il), -Itum, -ere: 
faire venir, aller chercher, mander, et spécialement « ci- 
ter en justice » ; « rechercher ». Dans les manuscrits, la 
répartition de arcessô et de aecersô dépend des habitudes 
des copistes, cf. Thés. II 448, 67 sqq. ; Plaute semble 
jouer sur les deux formes, Tru. 130, quem arcéssis ? Ar- 
chilinem , et Mo. 509, uiuom me accersunt Accheruntem 
mortui ; dans les inscriptions, arcessô , cf. CIL I 2 235, 
arcessita (Fasti Praenest.). Sur l’essai d’une différencia- 
tion des deux formes, cf. Yelius Longus, GLK YII 71, 
17 : « arcessô » et « accerso » putauerunt quandam differen- 
tiam esse , ut « accerso » sit uoco, tractum ab acciendo, 
« arcessô » summoueo , ab arcendo tractum. Sed errauerunt : 
« accerso » enim pro eo quod est arceo numquam posilum 
est. Verum quod putant r litteram obstare significalioni 
errant : d enim non minus in r litteram transit quam in c. 
On trouve aussi accessô , arcersô. A l’époque impériale, 
sur arcessïui se bâtit un présent arcessiô [accersiô, acces- 
siô) ; arcessïri est déjà dans T.-L. 3, 45, 3. — Ancien* 
usuel, classique. Non roman. 

Dérivés, tous rares, la plupart tardifs : arcessïtus, 

-üs m. {-tiô-) ; arcessiô [ accersiô ] « appel » ; arcessïtor : 

qui appelle, accusateur ; arcessïbilis (Gloss.). 

Par sa forme et par son sens, arcessô se dénonce 
comme un désidératif ; cf., par exemple, Cic., Yerr. 1, 
27, arcessil... consul... Siculos\ ueniunt nonnuili. Mais 
l’étymologie reste incertaine, en raison même de l’in- 
certitude de la forme- Si arcessô est la forme la plus an- 
cienne, le rapprochement de arceô est séduisant. Étant 
donné le grand nombre d’emplois où arcessô est accom- 
pagné d’un ablatif d’origine (cf. Thés. II 450, 72 sqq.), 
le sens premier aurait été « chercher à écarter d’un en- 
droit (pour faire venir à soi) ». On a rapproché aussi 
arcessô de incessô (v. ce mot) ; avec une forme ar- du 
préverbe, v. ad. En tout cas, le *aruocessô, du reste 
proposé avec hésitation par Thumeysen dans le Thés., 
est à rejeter. 

archi- : préfixe grec, marquant le commandement, 
qui, introduit par des mots grecs d’emprunt, comme 
archipïrâta (Cic.), archimagïrus (Juv.), a formé à basse 
époque quelques hybrides, comme archisacerdôs (Fort.), 
archisellium : place d’honneur (Not. Tir.) archieallus 
(Plin.). 

architectes, -ï m; = àpxiTèxrcùv. Emprunt ancien, 
avec passage à la 2 e déclinaison (par influence de tegô. 


tëctus, tëctum ?) ; architectôn , -onis (déjà dans Plaute) est 
la transcription du grec. La forme architectus est la pl*^ 
fréquente, et la seule classique. 

Dérivés proprement latins : architector , -âris ; archi - ! 

tector, -ôris (tardif) ; archüectiô, -ônis f. (Itala) formé 
sur le modèle des noms d’action verbaux en -tiô ; j e 
calque du grec architectonor , -âris (= àpxiTex-rovâ) 
est de basse époque (Itala) ; architectüra , -ae f., etc. 

Sur ce groupe, voir en dernier lieu M. Niedermann 
Glotta 19, 1 sqq. 

arcifmius : v. arceô. 
arcisellium : v. arcus. 

arcisum : nom de plante, dans CGL III 535, 46. Y. 
André, Lex., s. u. 

arcubius : v. arx. 
arcula : v. area et arceô. 
arcûmen : v. arcus. 

arcus, -üs m. (féminin dans Enn. et Yitr., d’après 
porlicus) ; un génitif arqui est attesté à partir de Lucr. 6 ] 

525, où il désigne l’arc-èn-ciel ; d’autres formes de la 
2 e déclinaison apparaissent de bonne heure, e. g. un 
nominatif pluriel arcl dans Yarr. ; cf. Thés. II 475 
80 sqq. Le datif pluriel est arcubus , arcibus étant ré- 
servé à arx. Nonius distingue arcus et arquus , 425, 11 ; 

« arcus . . . omnis suspensus fornix appellatur ; arquus non 
nisi qui in caelo apparet , quam Irim poetae dixerunt. 
Vnde et arquaii dicuntur quibus color et oculi uirent quasi 
in arqui similitudinem » : arc ; de là, dans les langues 
techniques, tout objet en forme d’arc : arc-en-ciel, arche, 
voûte. Attesté de tout temps. Panroman. Mi L. 618 * 

B. W. s. u. 

Dérivés et composés : arques , -itis m. : archer (Fes- 
tus. Gloss.), d’après eques , pedes ; arquâtus [ arcuàtus ), 
scil. morbus : jaunisse ; cf. plus haut le texte de No- 
nius ; M. L. 664 a, 8348 ; et tardif arquâticus ; arcû- 
men ; cf.Isid. 17, 9, 9 : iris IUyrica a similitudine Iris 
caelestis nomen aecepit. Vnde et a Latinis arcumen dici- 
tur , quod flos eius coloris uarietate eundem arcum cae - 
lestem imitatur ; v. Sofer, p. 8 ; arculus : coussinet en 
forme d’arc ; arculàtus : en forme de coussinet 
(= ombr. arçlataf « arculâtâs »), cf. P. F. 15, 6 et 10 ; 
inarculum, P. F. 101, 5 ; arcuârius , adj. et subst. : 
qui concerne les arcs ; faiseur d’arcs ; arcuô , -âs : cour- 
ber en arc, voûter, et ses dérivés ; arcifer = toÇoço- 
poç ; arci-potëns , arci-tenëns [arqui-) adj. (poétique) ; 
arci-sellium [-solium] : siège circulaire, sella arcuâta ; 

. arcubaüista : arbalète; M. L. 618 a. 

Cf. v. isl. or (gén. orvar) et v. angl. earh, avec le dérivé 
got. arhwazna , tous mots signifiant « flèche » ; de germ. 
*arhwô, *arhwas-. Les noms d’armes n’ont généralement 
pas d’étymologie indo-européenne ; et l’arc n’est pas 
l’arme aristocratique ; il n’est donc pas surprenant que 
le rapprochement se soit borné à deux langues, toutes 
deux occidentales. En revanche, le groupe de skr. isuh 
« flèche », gr. loç n’est pas représenté à l’Occident. 

ardaliô [ardeliô Gl.), -ônis m. (non attesté avant 
Phèdre) : empressé, faiseur d’embarras, brouillon. Puis, 
dans les Gloss., « gourmand, goinfre », cf. CGL V 491, 

66 ; 590, 7 ; et ardaliolus : bucco[n), CGL V 299, 62, 


— 45 — 


argentuin 


_ s doute formation en -iô dérivée de gr. àpSocXoç ; 
j « tacher, salir » et a troubler ». Mot venu par 

jV mime ou l’atellane. 

ardea, -ae f. ; ardeola, -ae (- dio -) : héron, cf. CGL V 
615 35» ardea est auis, i. e. haron. Attesté depuis Vir- 
j e ’ jd. L. 619. On compare v. isl. aria « sarcelle »; 
g r . Ipadiàc, est loin. 

ardeôj -ës ; ardor, -ôris : v. âreô. 

arduus, -a, -um adj. (comparatif et superlatif peu 
usités, quoique Caton ait arduior , -üissimus, cf. Prise., 
GLK II 8?, 10) : qui se dresse en hauteur (glose ërectus), 
çn pente raide, escarpé, ardu (sens physique et moral). 

Ancien et usuel, mais, à pàrtir de l’Empire, surtout 

fréquent chez les poètes. 

Dérivés rares : ardue (S 4 Jér., Cassiod.) ; arduit&s 
(un exemple de Varr., R. R.. 2, 10 r 3). 

Cf. sans doute irl. ard « haut », gaul. Arduenna, nom 


d’une montagne. D’autres langues présentent des mots 
à *-dh- intérieur qui ne sauraient être rapprochés, car 
on aurait lat. b ; du reste, le sens de gr. opdôç « droit » 
(de fopOfoç) et même du skr. ürdhçdh « droit » est un 
peu différent. Av. orodwô « droit » est ambigu. 


ârea, -ae (firia à basse époque) f. : rattaché à âreô 
par Varron, L. L. 5, 6, 38, ubi frumenta secta; ut teran- 
tur, [ et] arescunt , area. Le mot ne désigne pas seulement 
« l’aire » de la grange, mais tout espace dépourvu de 
construction, la place devant le temple ou l’autel, la 
cour au milieu de l’atrium (P. F. 12, 17), etc. ; cf. jFlor., 
Dig. 50, 16, 211, locus... sine aedificio in urbe ared , rure 
ager appellatur ; et la spécialisation dans le sens de « aire » 
est peut-être secondaire. — Ancien, usuel. Panroman, 
M. L. 626 ; B. W. s. u. — Le diminutif âreola désigne 


une petite cour, une planche de jardin, un parterre ; 
M. L. 632. Adj. àreâlis : relatif à l’aire. M. L. 627 ; àreâ- 
tor, -iûra (Golum.). 

Pas de rapprochement sûr. 


arëna, -ae f. : v. harëna. 


âreô, -es, -lû, -ère : être sec. — Ancien, usuel. 

Dérivés et composés : âridus (et ardus , cf. Thés. II 
565 , 16 ) : sec, desséché (sens physique et moral) ; de 
là, dans la Bible, àrida = £7}pà « la terre »; ôridum : 
terre ferme ; àridulus ; âriditâs et âritûdô ; ârëscô , -is : 
se dessécher (et exârêscô), interârêscô (Cic.) ; ârefaciô, 
-is [arfaciô dans les manuscrits de Caton ; Lucr. sé- 
pare encore les deux éléments facit are , 6 , 962). 

Il n’y a pas de substantif *âror correspondant à âreô 
(cf. tepor , tepeô, tepidus, etc.). Le substantif correspon- 
dant à âridus est ârdor. Mais ârdor a perdu le sens de 
« sécheresse », qui est réservé à âriditâs et ne signifie 
plus que « chaleur ardente, ardeur (sens physique et 
moral), éclat (d’un corps en flamme) ». A ârdor se rat- 
tache ârdeô, -ës, ârsï ( ardui , Acta Fr. Aru.), àrsum et 
*assum, cf. assus « brûler, être en feu ; brûler de (avec 
ad, in , ou l’infinitif seul) », dont le parfait en -sï et le 
supin en -sum attestent le caractère récent. Ardeô a un 
inchoatif ârdëscô [exârdëscô et exârdeô , formé sur exàr- 
dui, M. L. 2939 a) ; à àrsum se rattache ârsüra. 

Les langues romanes ont conservé ardëre et ardëre, 
fr. ardre , M. L. 620, ardor 624, *ardicâre 622, *ardüra 
625, *arsio 680, arsüra 682, tous mots qui expriment 


l’idée de brûler ; âridus , M. L. 644, qui est peu repré- 
senté en dehors de l’italien et a été concurrencé par une 
formation plus expressive, siccus, panroman. Cf. aussi 
*areüâre, M. L. 628. 

On rapproche tokh. A âsar « sec », skr. âsah « cendre », 
et, avec des élargissements variés, à dentale : tch. ozditi 
« sécher », gr. « je sèche », àÇaXéoç « sec », ou à gut- 
turale : k (ou g) v. h. a. asca « cendre », etc., ou gh : 
got. azgo « cendre », cf. arm. azazem « je sèche » (avec z 
pouvant être issu de */ représentant *zgh). V. assus. 
S’y rattache peut-être âra. 

arepennis [arpennis ; aripennus ; arapennis d’après 
arâre), -is m. : arpent. Mot gaulois; cf. Colum. 5, 1, 6, 
Galli... semiiugerum quoque arepennum icocant, M. L.. 
634. Sur les diverses formes du mot dans les Gloses et 
les textes tardifs, v. Sofer, p. 118 sqq., 176. 

arepo : mot qui figure dans le « carré magique », 
CIL XII 202. Sans doute opéra écrit à rebours.î 

arferia : — aqua, quae inferis libabatur dicta a ferendo, 
siue uas uini quod sacris adhibebatur , P. F. 10, 23. Terme 
du rituel, féminin d’un adjectif *arferius (cf. ferô) peut- 
être d’origine dialectale, cf. Emout, -Élém. dial. 111. Le 
termf latin est adferial , qu’on lit CGL II 462, 26 ; 564, 
48. Cf. ombr. arfertur « adfertor » ; et inferius. 

argemônia, -ae f. : plante. Sorte de pavot sauvage. 
Attesté depuis Celse et Pline. Adaptation du gr. àpye- 
[xtovTj (cf. argemon , argemonion dans Pline),, souvent cor- 
rompue en agrimonia , M. L. 295 a, acrimonia , argimo- 
nia. V. André, Lex., s. u. 

argentum, -I n. : argent ; argenterie, objet d’argent ; 
argent (monnaie, déjà dans Plaute) ; argentum uîuum = 
ùSpàpyupoç. Ancien, usuel. Panroman. M. L. 640. 

Dérivés : argenteus et subst. argenteus m. : monnaie 
d’argent, M. L. 639 ; argentârius : relatif à l’argent 
(monnaie), et argentârius m. : banquier, frappeur d’ar- 
gent, M. L. 637 ; argentâria : banque, mine d’argent ; 
argenteolus : [monnaie], d’argent ; argentâtus (et inar- 
gentâtus , Plin., Ital.) : argenté ; d’où est tiré le verbe 
argentô, -âs ; argents s us : mêlé d’argent ; Argentinus : 
dieu de l’Argent (Àug., Gin. 4, 21) ; argentifodïna : 
mine d’argent (ancien juxtaposé) ; argentüla : plante 
à feuilles argentées ; v. André Lex., s. u. 

Le nom est neutre, en face de gr. Apyopo ç, comme tous 
les noms de métaux latins, cf. aurum en face de ypuaAç, 
etc. ; pour le suffixe, cf. unguentum ; et v. Benveniste, 
Origines , p. 12, 151. 

argentum est l’un des noms, tirés d’une même racine, 
par lesquels est désigné l’argent. Le celtique a la même 
forme : gaul. arganto- dans Argantomagus, litt. « champ 
de l’argent », irl. airget , arget , gall. ariant. Mais la forme 
osque aragetud « argentô » ne concorde pas exactement, 
tandis que fai. arcentelom « *argentulum » est proche du 
latin. Arm. arca£ « argent », tokh. A ârkyant , av. ara- 
zalam et skr. rajatdm diffèrent plus encore.î Quant à 
gr. Æpyopoç, c’est un dérivé du thème en -u- qui appa- 
raît dans lat. arguô (v. ce mot). On entrevoit donc ici 
une même manière, déjà indo-européenne, de désigner 
1’ « argent » comme métal « brillant », de même que 
1’ « or » était nommé métal « jaune » (v. le mot heluos), 
cf. gr. àpyoç « clair, brillant »T; mais on ne peut restituer 


— 46 — 


argilla 

un nom indo-européen : c’cst que l’argent cl l’or sont 
nommés d’après leur aspect, tandis que le nom du 
« cuivre » (et du « bronze »), lat. aes, etc., désigne pure- 
ment et simplement l’objet et ne se laisse pas analyser. 
V. Schrader, RL II 3 394 ; Ipsen, Festschr. Streitberg 
228. — La désignation inîio-europécnne de 1* « argent » 
a été remplacée par un mot emprunté qui offre des 
formes diverses en germanique, en baltique et en slave. 

— V. arguo. 

argilla (î, cf. Ettmayer Zeits. f. rom. Phil. 30, 524 5 , 
527), -ae f. : argile. Emprunt au gr. <3cpyiXoç (àpyOXoç), 
déjà dans Caton, Agr. 40, 2 ; le double l a sans doute 
pour objet de noter le caractère palatal de la liquide 
(cf. nulle , stêlla). Panroman, sauf roumain. M. L. 641, 
et germ. : v. h. a. argil. 

Dérivés : argilleus , M. L. 642 ; argillâceus : d’argile ; 

argillôsus : argileux. 

Même racine que argentum ; argilla c’est la « terre 
blanche ». Étymologie populaire dans Isid., Or. 16, 1, 
6, argilla ab Argis uocata, apud quos primum ex ea uasa 
confecta sunl. Les anciens y rattachent sans doute avec 
raison le nom propre Argïlëtum . Cf. Varr., L. L. 5, 157 ; 
Serv., Ae. 8, 345. 

argîtis, -tidis f. : sorte de vigne qui produit le raisin 
blanc. Sans doute emprunt à un dérivé du gr. àpyôç, 
mais le mot grec n’est pas attesté. 

argüô (trisyll.), -is, -ni, -ütiun (-uitum), -ere : 1° indi- 
quer, démontrer ; 2° convaincre de (= èXéyx<ù), cf. Ulp., 
Dig. 50, 16, 197, indieasse est detulisse ; arguisse , accu- 
sasse et conuicisse ; le plus souvent a le sens dérivé de 
« vouloir démontrer, accuser », e. g. Plt., Am. 885, quae 
neque facta sunt neque ego... admisi arguit, et devient 
synonyme de accüsô, èyxaXéogai, cf. Enn., Trag. 194, 
tu delinquis, ego arguer. — Ancien, classique ; appar- 
tient plutôt à la langue écrite.|/4rguô est le dénominatif 
d’un substantif en -u- *argu(sj, -üs « éclat » ou « blan- 
cheur », dont l’adjectif est argütus (cf. status, statuô, 
statülus; cornu , cornütus). L’u de arguë apparaît dans 
les adjectifs grecs dpyupoç, <£pyu<poç, skr. drfu-nah , déri- 
vés d’un thème en -u- *argu - (cf. sous argentum). Le 
sens premier de arguë était donc « faire briller, éclaircir, 
éclairer » (sens physique et moral) ; sens qui apparaît 
encore dans argentum et argütüs « clair, perçant, pi- 
quant » (se dit de la voix et du regard, comme clârus , 
puis du goût). L’adjectif a pris ensuite des sens dérivés : 
« pénétrant, pointu » ; « expressif, fin, subtil, rusé » ; et 
finalement « bavard ». En dérivent : argütiae (pluriel 
comme ineptiae) : arguties, subtilité(s), bavardage ; ar- 
gûtor, (-të)\ - ârî , M. L. 643, et ses dérivés ; argümentum : 
preuve, argument, Cic., Top. 8, esse... argumentum... 
rationem quae rei dubiae faciat fidem ; d’où : 1° justifi- 
cation, raison ; 2° matière, sujet (à expliquer, à traiter) 

— grec ÔTcéOecuç. Argümentum a un dénominatif argü - 
mentor , -àrï qui a fourni de nouveaux dérivés. ïrl. argu- 
minl. 

De arguë : coarguë (aspect déterminé) : démontrer, 
convaincre [d’erreur], d’où « condamner »; redarguë : 
réfuter (joint à refellere , Cic., Tusc. 2, 2, 5). Au témoi- 
gnage de Festus, 384, 28, Scipio Africanus Pauli filius 
employait la forme à apophonie rederguë (cf. contrectô 
et contracté, etc.). 


ariëna (ou ariera), -ae f. : banane, fruit de l’arbré 
indien pala (= tala). — Mot étranger, cité par Pline 
12, 24. 

ariës, arietis m. (le génitif est toujours trisyllabiqn e 
dans la poésie dactylique, et la première syllabe compte 
pour longue, cf. abiês , pariés , etc.) : 1° bélier (animal, 
signe du zodiaque = Kptéç, machine de guerre) ; 2° sorte 
de poisson, épaulard? (cf. mülus pour le double sens). 
— Ancien, usuel. M. L.' 645 ( arête comme *par(i)ête-, y, 
ce mot). 

Dérivés : arietë , -as : frapper comme un bélier, ou 
du bélier, se butter ; arietïnus ; arietârius. 

Cf. ombr. erietu «c arietem », gr. Êpiçoç « petit bouc », 
ïrl. carb avec un suffixe - bho -, et, avec sens général, arm. 


aru « mâle ». Pour cette manière de désigner un mâle 
particulier, v. lat. uerrës. 

arillâtor, -ôris m. = cëciô d’après Aulu-Gelle 16, 7 ; 
P. F. 19, 1 : courtier. Se trouve aussi dans les gloses. 
Cf. orra? T 

arinca, -ae f. : sorte de blé, v. André, Lex., s. u. 
Mot gaulois (ou ligure)? Cf. Plin. 18, 81, [ex frumentis] 
arinca Galliarum propria , copiosa et Italiae est. 

aringns, -ï {ha-} m. : hareng. Transcription, attestée 
à très basse époque, du v. h. a. hàring. M. L. 4046. 

arista, -ae (les représentants romans remontent à 
artsta ou arësta) f. : barbe d’épi et épi [barbelé] ; à basse 
époque, « arête » (de poisson), Aus. 334, 86, capito (le 
chevêne) . . . fartim congestus aristis. — Depuis Varron ; 
technique. Panroman, sauf roumain. M. L. 648 ; B. W. 
arête. 

Dérivés et composés : aristis, -idis i. : genre de gra- 


I 

4 


I 


minée (orge des murs). Pline décline le mot comme 


si c’était un mot grec : *àpicrrtç, -CSoç ; cf. N. H. 27, 
90 : [arista holci ] circa capot alligata uel circa lacertum 
educit e corpore aristas. Quidam oh id aristida uocant. 
— *aristula, M. L. 649 ; aristâtus : barbelé ; aristësus 
(Ven. Fort.) ; aristifer (Prud.) : fécond en épis. 

La finale de arista/ aresta rappelle celle de agresta , 
genesta/ genista, lepista/lepesta. Il s’agit sans doute d’un 
emprunt, ou d’un ancien mot indigène. 


arithmêtïeus, -a, -um : emprunt savant au gr. dtpiO- 
pTjTixéç. Depuis Gic., passé dans les langues romanes, 
avec altérations diverses. M. L. 649 a. 


aringa : v. aruiga. 

arma, -orum (n. pl. collectif ; gén. pi. armum dans 
Acc., Trag. 319 ; à basse époque apparaît un féminin 
arma , -ae, Itin. Ant. Plac. 41, p. 187 Vind., cf. M. L, 650) : 
armes, spécialement « armes défensives » qui s’ajustent 
au corps (cf. armus , artus), par opposition à tria, e. g. 
T.-L. 1, 43, 2 : arma his imperata galea, clipeum, ocreae, 
lorica... haec ut tegmenta corporis essent , tela in hostem 
hastaque et gladius. Désigne souvent seulement le bou- 
clier, cf. Serv. auct., Ae. 4, 495, hoc est scutum quod 
Graecis solum ÔrrXov dicitur. Toutefois a le plus souvent 
le sens d’ « armes » en général : arma capere , poscere , ferre , 
in armis esse , armis pugnare ; arma deponere, adimere. 
Le sens de « agrès d’un vaisseau, outils, équipement », 
poétique et non attesté avant Vg., semble une imitation 


— 47 — 


armus 


or. 6?tXa. Par métonymie, arma désigne aussi la 
^erre* les combats ou l’armée. — Ancien, usuel. Pan- 
£ u M. L. 650, et emprunté par le celtique : ïrl. arm, 
* arf- Dénominatif : armë, -as, M. L. 651 (refait sur 

/tw*** 5 ?)» qui à son tour a de nombreux dérivés, dont 
^ rrn gtûra, M. L. 653, et le composé exarmë (époque im- 

^ Autres dérivés : armàrium (d’un adj. armàrius; le 
bas-latin a un doublet fém. armdria) : a dû signifier 
d’abord « arsenal », mais, ce sens ayant été réservé à 
(ffjjiâmentum (= ÔTcXo0fjx7j), armàrium , dans la langue 
commune, a pris le sens général d’ « armoire, coffre, 
bibliothèque », et même en bas latin « cercueil ». M. 
h 652 ; B. W. armoire ; irl. or maire. 

Armi- est le premier terme d’un certain nombre de 
composés, pour la plupart imités des composés grecs en 
4 tcXo-. Un terme rituel est armilustrium : purification 
de l’armée ; cf. Varr., L. L. 6, 22. 

A arma se rattachent : inermis (-mus) : sans armes ; 
ggjni-ermis (-mus) : à demi désarmé. 

L’élément radical est le môme que dans armus , etc. 
y. ce mot. Bréal, MSL, 4, 82, envisage arma comme 
ayant été tiré de or mare, dérivé lui-même de armus , 
comme pugna a été fait sur pugnàre , dérivé de pugnus. 

armenius, -a, -um : d’Arménie (Armenia — gr. ’Ap- 
jitvta) : — mûa : hermine ; armeniacum (pëmum) : abricot 
{= gr. itfpxwuxôç). M. L. 654-655 ; B. W. hermine. 

armentum, -I n. (usité surtout au pluriel armenta-, 
delà un féminin armenta, -ae déjà, dans Enn., A. 603, 
et Pac., Tr. 349) : mot collectif désignant le troupeau 
de gros bétail (chevaux, bœufs, non domestiqués, cf. 
l’opposition établie par Varron, R. R. praef. 4, entre 
armentum et bâs domitus). D’après les juristes de l’Em- 
pire (cf. Thés. II 611, 25), armentum désignerait exclu- 
sivement le troupeau de bœufs, le troupeau de chevaux 
se disant grex, et Colum. 2, 14, 4 différencie armenta de 
iümenta comme Ov., M. 8, 555, oppose armenta à equi ; 
mais c’est sans doute en vertu de la doctrine étymolo- 
gique qui fait dériver armentum de arë, cf. Varr., L. 
L. 5, 96, et Colum. 6 praef. 3. Virgile, Ae. 11, 571, ap- 
plique l’adjectif armentâlis à equa : armentalis equae 
mammie et Iode ferino nutribat , mais dans un cas tout 
particulier et dont on ne peut rien tirer pour le nom 
général de armentum. Le sens le plus répandu de armen- 
tum est celui de « troupeau de bœufs », et, dans les dia- 
lectes rhéto-romans, le mot a pris le sens de « vache ». 
— M. L. 658. 

Dérivés : armentâlis ; armentàrius, M. L. 657; ar- 
ment icius : armentluus ; armentësus. 

Sans doute de *ar-nvy-to-m, de la racine qu’on a dans 
armus. Le vocalisme radical n’ exclut pas le rapproche- 
ment avec germ. *ermana- attesté par v. isl. jqrmuni 
« gros bétail » (bœufs, chevaux), got. A irmana-[reiks] ; 
ce rapprochement est le seul qu r on aperçoive ; l’a- latin 
aurait lé caractère d’une prothèse. V. sous armus. 

armflausa (-lausia), -se f. : vêtement militaire, ca- 
saque sans manches. Mot de très basse époque ; germa- 
nique? V. Isidore 19, 22, 8, et Sofer, p. 74. 

annillse, limita : v. armus. 

UTOflhun, -1 n. : uas uinarium in saeris dictum quod 


armo, i. e., umero deportetur, P. F. 2, 12. Rare et ar- 
chaïque. 

Rattaché par certains, comme armita, à ombr. arsmor 
« rïtüs » (?), où le groupe rs est la notation d’un d spi- 
rant (f en alphabet indigène) ; v. Vendryes, Rev. celt., 
1914, p. 212. Sans doute mot d’emprunt ; le rapproche- 
ment avec armus doit être une étymologie populaire. 

armita : v. armus. Peut-être mot étranger, comme 
armiUum. ' 

arm i tés n. pl.? : mot de glossaire, défini ÔTcXCrat ot 
èv èax&Tj] vàÇn; 7r<xpàx<zÇiç IvÔTtXcov. Peut-être n. pl. 
d’un subst. * armes formé sur arma d’après pedes , eques. 

armoracea (armoracia, armoracium n.), -ae f. : rai- 
fort. Pline, 19, 82, donne le mot comme italique : [ra- 
phani genus] unum siluestre Graeci cerain uocant. . . nos- 
tri armoraciam ... ; cf. 20, 22, [raphanum siluestrem]. . . 
in Jtalia et armoraciam uocant. Cf. Biosc. gr. 2, 112, 
it. ramolaccio, etc. (formes souvent altérées). M. L. 660. 

armus, -I m. (à très basse époque, on trouve un plu- 
riel armora n.f; sur ces pluriels en -or a, comme locora , 
nîdora , etc. (de locus, nîdus), qui survivent dans des 
patois italiens et en roumain, voir Sittl, ALLG, 2, 
570 sqq: ; Frick, ibid. 7, 443 sqq. ; Graur, Rev. de Phil., 
3 e série, t. XI (1937), p. 265 sqq. : haut du bras (avec 
l’épaule ; cf. P. F. 23, 20, armiUas... quod antiqui ume- 
ros cum brachiis armos uocabant) et spécialement 
« épaule ». Selon les Latins, armus est réservé aux ani- 
maux, umerus aux hommes, ainsi Ov., M. 10, 700, ex 
umeris... armi fiunt (il s’agit d’Hippomène et d’Atalante 
changés en lions) ; mais la distinction n’est pas cons- 
tante, cf. P. F. 4, 1, armita dieebatur uirgo sacrificans 
cui lacinia togae in umerum erat rciecta. Legibus etiam 
Laurentum sanctum est ne pomum ex alieno legatur in 
armum , i. e., quod umeri onus sit. Vg. n’en tient pas 
compte. Tac. emploie armus au sens de « bras », H. 1, 
36, 9. Toutefois, le représentant français ars ne se dit 
que du cheval. Attesté depuis Plaute, usuel. M. L. 661. 

Dérivés : armiüae (toujours au pluriel jusqu’à 
Phèdre, qui est le premier à employer le singulier ; 
remplacé à l’époque impériale par bràchiâlia , cf. 
Prise., GLK II 462, 31, armiUae quae nunc brachialia 
uocant , comme eoüàrt remplace torquls) : bracelet, 
composé de plusieurs tours, ce qui explique le plu- 
riel ; et, spécialement, bracelet d’or et d’argent donné 
comme récompense militaire ; cf. P. F. 23, 20 ; 41, 2. 
Le sens du mot s’est élargi peu à peu, et il a servi à 
désigner toute espèce d’anneau destiné à la parure, 
collier, etc. Il en est de même de armillàtus ; e. g. a. 
canis, Prop. 4, 8, 24. Cf. M. L. 659 ; bret. armel (?). 
Sur le genre féminin du mot, par opposition à armus, 
et sur l’emploi, pour désigner des vêtements, des pa- 
rures, etc., de diminutifs de mots désignant la partie 
du corps correspondante, v. M. Niedermann, Essais 
(Tétym. et de crit. oerb ., p. 41. 

Le mot armus pose un problème délicat. Il y a un 
mot signifiant c articulation de l’épaule », d’où « bras », 
qui va de l’indo-iranien au germanique ; mais l’élément 
radical y est de la forme *aro-, *-r : skr. irmdh (cf. v. 
pruss. irmo « bras *), av. ors ma- « bras », serbe rame et 
rame, tch. rdm 9, v. h. a. aram (got. arme) ; arm. armukn 
« coude » n’enseigne rien sur le vocalisme. — Ceci ne 



— 48 — 


se concilie pas avec gr. âpji .6ç « jointure, épaule », de 
+ar-smo- (comme & ppux « attelage » est issu de *ar-smn ; 
cf. âpiiovC7), àppuSÇto). C’est à gr. àppéç que ressemble 
lat. armus. — En arménien, 1* « épaule (d’animal) » se 
dit eri, à côté de y-eriwrcl « ajuster ». La racine y est 
donc de la forme er-, et l’on retrouve un procédé ana- 
logue à gr. àppuSç et lat. armus (pour une trace de voca- 
lisme e en germanique, v. sous armentum). 

La même racine *er- ( ar -} fournit artus (avec le dérivé 
articulus ) et le gr. àpOpov, et ara (v. ces mots). C’est 
celle de gr. àpapcïv « arranger » et de arm. arari « j’ai 
fait » (prés, arnem « je fais »), avec tout ce qui s’y rat- 
tache. Avec élargissement *-<?£-, elle apparaît dans lat. 
ritus, irl. rim « compte » {adrtmi « il compte »), gall. rhif 
« nombre », v. h. a. rïm « rangée, nombre » et gr. <£pi- 
Optéç « nombre ». 

La forte valeur religieuse de rîtus n’est pas chose nou- 
velle. On en a le pendant en indo-iranien : véd. rtdm, 
av. a&tm sont les termes qui désignent 1’ « ordre », la 
« correction religieuse » par excellence. Et le dérivé arm. 
ardar signifie « juste ». Cf., d’autre part, gr. àpéoxco, 
àpcr^, dcpclcjv, àpiaroç. Cf. peut-être, dès lors, lat. 
ôrdô, etc. 

V. aussi artus « étroit ». 

arô, -ils, -5uï, -itum, -ire : labourer, puis plus géné- 
ralement « cultiver ». — Ancien, usuel. Panroman. M. 
L. 598 ; B. W. sous labourer . 

Dérivés et composés : aràtor : laboureur, M. L. 600 ; 

arâtrum : araire, charrue, M. L. 602 ; B. W. charrue ; 

arâtiô : labour ; aràtôrius : aratoire, M. L. 601 ; arâ- 

tûra , M. L. 602 a; arâbilis : qui peut être labouré 

(Plt.). 

exarô , -às : 1° enlever en labourant, creuser, déchaus- 
ser, d’où « tracer, écrire ». — 2° cultiver ; produire en 
labourant ; exarâtiô. 

La racine dissyllabique *aro- désigne la notion de 
« labourer » dans tout le domaine européen. Le présent 
était sans doute un présent radical athématique dont 
le thème était *aro- ; il a été remplacé par un présent 
en *yc/or dans v. sL orjo, lit. ariù , got. àrfa, v. irl. airim. 
gall. arddu « labourer » et, en grec, par un dérivé dcpéw. 
— La forme *arà- de la racine est attestée par arm 
araçpr « charrue » (de *arâtro~) , qui répond à lat. arâ 
trum , et par tarent, dcpaovrt, dont l’a est probable menl 
long ; de là sort le présent lat. arô, ordre. — Le nom de 
la « charrue » est un nom d’instrument dont la forma- 
tion varie d’une langue à l’autre : le grec a étporpov 
(crét. aparpov), le lituanien drklas , le slave *ordlo (v. 
si. ralo, tch. rddlo, etc.), supposant *ar»-dhlo- ; le cel- 
tique, irl. arathar , gall. aradar , etc. 

Pour aruum , v. ce mot. 

arra, -ae f. : arrhes. Forme populaire syncopée de 
arrabô , -ônis, emprunté au gr. àppaficàv (lui-même em- 
prunté au sémitique) peut-être par un intermédiaire 
étrusque (cf. tpersu en face de persôna) ; cf. Gell. 17, 2, 
21, nunc arrabo in sordidis uerbis haberi coeptus est , ac 
multo uidetur sordidius arra , quamquam arra quoque ue- 
teres saepe dixerint et compluriens Laberius. Au lieu de 
arra , Plaute crée plaisamment rabo, Tru. 688. Autre- 
ment, Plaute et Térence ne connaissent que arrabô. 
C’est parce qu' arrabô appartenait à l’argot des mar- 
chands, et peut-être spécialement, des lënônës (cf. Plt.., 


Ru. 44, ad lenonem deuenit , minis triginta sibi puellam H 
destinai /datque arrabonem ), qu’il a pu être altéré et i 
écourté 'en arra. A l’époque d’Aulu-Gelle, on voit qu'jj il 
y a eu réaction des puristes contre l’emploi de la form e il 
syncopée ou non. En dehors de Labérius, arra n’app a ’ J 
raît qu’à partir de Pline ; puis il devient fréquent chez \ 
les jurisconsultes, avec un adjectif arrâlis (Cod. ÏUst.) 
et dans la langue de l’Église. Arra eôt un exemple de 3 
mot populaire entré dans la langue écrite et technique 
Le terme classique était pignus, quoique S* Augustin 
ait essayé de différencier les deux mots par le sens 
Serm. 378, quando datur pignus , reddit homo quod accg. 
pit\ arra autem quando datur , non recipitur, sed super 
additur , ut impleatur. Sens spécial : arra... sponsio 
coniugalis , cf. Paul., Dig. 23, 2, 38. M. L. 665; B. 
arrhes. Cf. dans les Glos. curare : guadiare ; arratam ■ 
desponsatam. 

arragia, -ae f. : galerie de mine [d’or]; cf. Plin. 33 
70, cunicidis per magna spolia actis cauantur montes, 
arrugias id uocant. Les langues romanes attestent l’ü : 
cf. M. L. 678. Y. corrugus et runcô. Mais le mot peut 3 
être emprunté. 

arrfirâbîljter : « à la paysanne » (sc. futuere, pœdï- 
càre ), adverbe attesté sur un graifito de Pompéi, CIL ; 
IV, 4126, dérivation plaisante et obscène de ad -f- rûràre. 
d’après irrümâbUiter, ceuentinàbüiter. 

ara, arfcis f. (ancien thème en -i- *artis, gén. pl. ar. 
iium ) : façon d’être ou d’agir (naturelle ou acquise, 
bonne ou mauvaise) : ors tGv jjIotov est, unde male sine 
epitheto ponitur , dit Servius, Ae. 1, 657, et le Ps. Pro- 
bus, GLK IY 47, note ueteres artem pro uirtute fréquen- 
ter usurpant. Cf. Plt., Mer. 892, tempe rare istac aetau 
istis decebat artibus ; Vg., G. 3, 100, animas aeuomqi 
notabis praecipue ; hinc alias artis {= uirtutes, Serv.auct.) 
prolemque parentum ; T.-L. 1, 53, 4, minime arte Romana, 
fraude ac dolo , ad g res s us est. Joint à môrës par Ov., R. : 
Am. 713, mores quoque confer et artes. Cf. le sens de m. 
h. a. art « manière ». 

Àrs désigne souvent une habileté acquise par l’étude 
ou par la pratique, une connaissance technique : ars est 
rei cuiusque scientia usu uel traditione percepta tendent 
ad usum aliquem uitae necessarium , Dioin., GLK I 421 ; 
d’où « talent, art » (sens abstrait et concret), opposé à 
nâtûra, Cic., Bru. 236 ; à ingenium , Ov., Am. 1, 15, 14 ; 
Sén., Ep. 90, 44, et, d’autre part, à scientia (êmtrd){wj). 
Dans ce sens, il peut également prendre une nuance 
péjorative « artifice, ruse », cf. Vg., Ae. 2, 152, üledolis 
instructus et arte Pelasga. Du sens de « talent, art », on 
passe enfin à celiii de « métier, profession » : ars me- 
deridi, ars rhëtorica, grammatica ; liberales , ingenuae 
artës opposé à sordidae artes (d’où artifex < artisan, ar- 
tiste » conservé en italien, M. L. 688, artificium et leurs 
dérivés artificiôsus (Cic.), -ciâlis (Quint.), etc.), et même 
dé « travail, œuvre », cf. Vg., Ae. 5, 359, et clipeum ef- 
ferri iussit , Didymacnis artes, pluriel de sens concret, 
peut-être calque du grec (cf. téxvïj dans Sdph. Oed. 
Col. 472). Ars a pu servir ainsi à: traduire véxvq, dont 
il a pris la valeur, notamment dans la langue de la rhé- 
torique et de la grammaire, où il a reçu le sens de 
« traité », cf. ad Herenn. 1, 1, ars est praeceptio quae dai 
certain uiam rationemque faciendi aliquid ; Cic.., De Or. 2, 


— 49 — 


arnndô 


H 44 ; 2, 7, 30 : Ac. 2, 7, 20 ; et on en a tiré à basse 
époque un composé hybride artigrapkus. _ Ancien, 
usuel- Panroman, sauf roumain. M. L. 679. 

A ars se rattachent les adjectifs : 
iners : cf- Lucil. 386, ut perhibetur iners , ars in qüo 
non erit ulla, et Cic., Fin. 2, 115, lustremus anima has 
jnaximas artes, quibus qui carebant inertes a maioribus 
nominabantur, « inhabile [à] », iners dicendî\ d’où « pa- 
resseux, inactif, inerte », cf. M. L. 4390, et inertàre, 4391. 
De là : inertia; inerticulus (-a uïtis : sorte de vigne qui 
donne un vin faible). 

sollers : habile/adroit, ingénieux (cf. soUus) ; sollertia. 
Enfin, les gloses signalent un adjectif : 
allers, alers , -tis : doctus, eruditus, sollers (non attesté 
dans les textes ; forme douteuse). 

Thème en *-ti- de la racine étudiée sous armus. L’im- 
portance des composés est à noter : c’est sans doute de 
composés que ars a été détaché à date très ancienne. Il 
n’y a pas de rapport direct avec le mot sanskrit peu 
ancien et peu employé rti-. 

artemisia, -ae f. : armoise. Emprunt au gr. ipreui- 
a(a (cf. Pline, H. N. 25, 73) passé dans les langues ro- 
manes, M. L. 685. V Wagler, P. W. III, 193 ; André 
lex., s. u. 

irtemô, -ônis m. : <(mât d’)> artimon. Vitruve, 10 2 
9 , donne le mot pour latin : tertio troclea... eam auOem 
Graeci btdyovTcc, nostri artemonem appeüant. Néan- 
moins, il est probable que artemô, comme un grand 
nombre de termes nautiques, est emprunté au gr. dcp-ré- 
pwv, de dpréofiac, comme ^yé(x<ov de ^yéofxat. 
articulas : v. artus. 


artopta, -ae f. : tourtière ; artopticius (Pline). Em- 
prunt oral et populaire au gr. àçnànrou; comme l’in- 
dique le changement de genre et de déclinaison, cf. co- 
clea, charta, baüista, etc. 

artos, -uum, m. pl. ; dat. abl. artubus pour le diffé- 
rencier de artibus dat.-abl. de oh ; Plt. a un nom. pl. 
n. artua, Men. 856, formé d’après membra , ossua aux- 
quels ils est joint. Dénominatif : artuô, -às « mJmbrâ- 
tm concidere » (Firm.), d’où artuâtim « membrâtim » 
{FiTm.), deartuô « découper, démembrer » (Plt.). Le sin- 
gulier n’est pas employé ; les exemples en sont extrê- 
mement rares et de mauvaise latinité i singulari numéro 
artus non dicimus, dit Charis, GLK I 45, 6. Le sens et 
1 étymologie sont indiqués par Festus : artus ex Graeco 
appeUantur quos üli ÆpOpa uocant, siue artus dicti quod 
membra membns artentur, P. F. 19, 8 ; artus est le plus 
souvent le synonyme poétique de membrum, qui est le 
mot de la prose. Vg. écrit, par exemple, Ae. 5, 422, ma- 
gnos membrorum artus, où les deux mots se répètent 
sans qu il y ait entre eux une différence de sens, simple- 
ment par effet d’insistance ; cf. Lejay, ad Ioc. Le sens 
primitif «jointure, articulation » est à peine attesté, 
cf. Thés. II 720, 20 sqq., et réservé au diminutif. 
articulus, -i ( artu -) m. : articulation, jointure, qui, en 
utre, désigne les nœuds des arbres (par suite de leur 
ressemblance de forme avec la saillie du coude, du ge- 
ï^\ et TTr’ les petits mem hres, et spécialement les doigts 
il- , orieil }- Par extension, appliqué au temps 
désigne le « moment précis » où se fait la jonction entre 
«eux événements : articulus diei, temporis ; in articula 


TnZlt "T SenS , de ‘ j° inture . jonction articulus 
rh?w d Ü erl f neS ,angues techniques (grammaire et 
é dX; n d T t ’,r C ) 16 S6nS de * division, article 
• ' d 4 ’ 26 ' articulus dicitur cum singula uerba 

interualhs disunguuntur caesa oraxionc, hoc modo : . acri- 
j™'ï' a ; uoltu aduersarios perlerruüti » ; Gaius 

S p„ “ duos articules dedu- 

gr ‘ Sp6pov {sens dé J à dans 
Varron) , cf. Pr, sc . ; GLK II 54, 12, qui distingue arti- 

Url- fi rlT (cf. pronomsn articu - 

lemnWil 51 !? 6 aUSS1 ,articulaHon d’«n mot, toujours sur 

ton? M Ie i d «? ea: , enfln ’ Une toute petite pectie d’un 
tout. M. L. 687 ; irl. anicol , gall. erthygl. 

sur 1. l énVeS d ® ar , twulus sont pour la plupart calqués 

lZl -1 '' ? ' _& , = ip0p4 “’ *«papé»; aZu- 

iatus - £vapQpoç ; articulons, -rius = àpOpinc * l’ad- 

ifnîn Gmpnint - aU greC ’ arthriticu s, est passé dans les 
langues romanes sous des formes savantes, M. L. 686 
e c O n trouve à basse époque articulâmentum (Mulom’ 
Glur ) ; coarticulô, -as : faire parler distinctement (Am.) i 
exart icido, - lotus : désarticulé (Tert.). 1 

Pour la racine, v. sous armus. La formation en *-teu- 
est ancienne; cf. skr. rtuh « temps déterminé, saison », 
1°*, n ; ardu ) et z-ard (gén. z-ardu ) « ornement », 
a . mitlé * et <i P TÛ< °. àp'rôvw « j’ajuste ». 
Meme vocalisme zéro que dans portas ; v. ce mot. 

artus, -a, -um : étroit, serré. Adjectif en -to- dérivé 
de la racine ar- qu’on a dansîors, artus ; sans rapport 
a J no arceo : la graphie ardus n’a aucune autorité ; le 
sens premier est « bien ajusté », cf. le fr. « juste » ; d’où 
« court » cf. le sens de gr. fip- n « récemment », lit. artt 
* , *’ r - td * ■ bien ajusté, convenable ». Substantif 

artum, d ou m artô « à l’étroit ». Ancien, usuel 

Dérivés et composés : artiô, -îs (archaïque et popu- 
laire) : faire entrer de force ; doublet de artô -às (et 
'\ SeTTer fortement; réduire, abréger ». Sur 
ces doublets en -ire et -are voir Lindsay-Nohl, Latein 

o® nservé dans Fes P- « obliger, for- 
cer ». m. h. 684 ; coartô, -dre. 

*“!**•• hari « a ’ ’trtrttgà) ou ariuga, 
-a* t. . bélier de sacnüce. Archaïque (Accius) et rare ; 

î 11 r ni la forme n ’ en 80114 sûrs - Donat, ad Phorm. 

4, 4, 28, le rapproche de haruspex ; Varron, L. L. 5 98 
de ânes ; aucune de ces étymologies n’est à retenir. 

aralna, -ae (doublet arbïna dans les gloses et dans 

fnrnf 1011 ^ 118 de T PIt ‘ €t Vg * ra PP™che de la 

forme citée par Hésychius : <xp6(w7j* xpéaç SixeXol 
mais les inscriptions où le nom figure comme cognômen 
ne donnent que la graphie Aruina) f. : graisse, lard ; Serv.’ 
Ae. 7, 627, secundum Suetonium... aruina est durum 
pmgue quod est inter cutem et uiscus 

P -* Pinguedo corporis, 

P. F 19, 11 ; cf. M. L. 603, 691 ; aruïnula (Ital. 
Vulg.). v 

Étymologie inconnue ; la forme sicilienne peut pro- 
venir dn latin. La finale rappelle les mots étrusques en 
-ëna, - m(n)a . ^ 

àrnncns, -I m. : barbe de chèvre (Plin., H. N. 8 204) 

Du gr. fipuYYoç (fau- att.) avec substitution de suffixe, 
amndd : v. harundô. 


aruom 


— 50 — 


— 51 — 


&88U8 


antoni ( aruum ), -In., toujours dissyllabique : champ 
labouré, employé surtout au pluriel arua , -ôrum. Une 
forme de féminin arua est dans Naevius et Pacuvius, 
cf. Thés., s. u., 731, 36 sqq., et se retrouve en ombrien 
arvam-en « in aruam ». Conservé en logud. areu, M. 
L. 692. 

Dérivé : aruâlis adj., employé seulement dans le 
groupe Fratrês Aruâlés * qui sacra publica faciunt 
propterea ut fruges feront arua », Varr., L. L. 5, 85 ; et 
ambaruâlis : hostia quae rei diùinae causa circum 

arua ducitur , Macr., Sat. 3, 5, 7. 

Aruom est sans doute le neutre d’un adjectif aruos , 
qu’on trouve chez Plaute, Tru. 149 (opposé à pascuos ; 
Cic., Hep. 5, 3 (Van*., L. L. 5, 39 ; cf. Servius ad Geo. 1, 
prooem), appliqué à ager. La forme semble inséparable 
de arô, mais n’a pas trace du dissyllabisme de la racine : 
on partirait de *ar-wo-. On rapproche gr. Æpoopa, gall. 
erw « guéret ». Avec un autre suffixe, le slave a : v. si. 
ralïja « guéret », r. rélja, etc. (avec un or- initial à l’into- 
nation douce, excluant un ancien *aro-). 

ara, arcis f. : partie la plus élevée d’une ville où est 
établie la citadelle, comme le gr. dbtpÔTtoXu; ; « refuge » 
et par suite « rempart », et aussi « sommet » ; dans ce 
sens, rapproché de caput, 1 * arx de Rome étant le Capitô- 
lium , e . g. Cic., ND. 2, 140 : sensus... in capite quasi in 
arce conlocati sunt. — Les Latins apparentaient arx à 
arceô, cf. Varr. L. L. 5, 151, arx ab arcendo , quod is locus 
munitissimus urbis , a quo faciüime possit hostis prohiberi; 
cette étymologie est généralement admise, v. Emout- 
Meillet, 2 e éd., p. 67 ; Walde-Hofmann, Lai. etym. Wôrt ., 
s. u. arceô . Arx serait un mot racine comme ïûx, uôx, 
prex , etc. Mais il n’y a peut-être là qu’une étymologie 
populaire, et arx , comme urbs, a toutes chances d’être 
un mot emprunté. — Ancien (Enn.), usuel ; non roman. 
Composé : arcubius : qui cubât in arce (Gloss.), issu de 
*arcircubius. 

Ss (c’est-à-dire ass ; assis à l’époque impériale ; gén. 
pl. assium ; assum (Varron) est fait d’après aerum ), as- 
sis m. : proprement unité d’un système duodécimal di- 
visé en douze parts ( uncid ) et qui sert surtout d’étalon 
monétaire, l’â* primitif étant de la valeur d’une livre 
( 5 $ lîbrâlis). Le sens premier est conservé dans l’expres- 
sion juridique keres ex asse « héritier unique » (de la tota- 
lité), par opposition aux héritiers partiels ex uncid, ex 
quadrante , ex dodrante , etc. 

U as était d’abord une plaque de bronze rectangulaire 
et non estampée {ace graue, rude). Le poids en a été 
diminué à plusieurs reprises, et conséquemment la va- 
leur : ass es unciales , a. semiunciales ; d’où proverbiale- 
ment Caton ap. Sen., Ep. 94, 27, quod non opus est, asse 
carurn est ; ad assem « jusqu’au dernier soü », etc. La 
forme de l’as s’étant modifiée et étant devenue ronde, 
âs, à l’époque impériale, désigne un « rond », Plin. 26, 
121, mandragorae radix secatur in asses ut cucumis ; cf. 
inversement fr. populaire « n’avoir pas le rond ». 

Dérivés et composés : assârius : Charis., GLK I 76, 
3, assarius dicebatur ab antiquis ; nunc as dicimus non 
assis ; cf. Varr., L. L. 8, 71, debet... dici... non equum 
publicum mille assarium esse, sed mille assariorum’, 
assipondium : Varr., L. L. 5, 169, unum pondus assi- 
pondium dicebatur, id ideo quod as eràt libra pondus ; 


assiforânus, -a, - um , CIL II 6278 (SC. sur la diminué 
tion des frais des jeux, an. 176/7) : itaque censeo i^ff 
munera , quae assiforana appeüantur , in sua forrnq ji 
mane(d)nt. Cf. circumforânus. 

As figure comme second terme de composé dans Une w 
série de multiples ou de sous-multiples, où, du reste, jj 
a souvent été rendu méconnaissable par des abrévîa- ? 
lions intentionnelles qui ne relèvent d’aucune règle ph 0 . ^ 
nétique : semis (souvent réduit à ses- en composition) 
sëmissis les 6/12 de l’as ; bës, bessis (les 8/12 binae paru 
assis) ; très sis, quinquessis , uicessis ; etc. ; o^oxooaç, qd^ • 
dr assis ; dus sis ; quattus ; octussis ; nônussis ; decussis 
centussis ; cf. Varr., L. L. 5, 169 ; Prise., GLK III, 416 ! 
17. La forme du bas-latin tremissis pour triens est faite 
analogiquement sur sëmissis , faussement analysé en sê- j 
missis , d’après së-modius. 

Comme libra, nummus , âs doit être un mot emprunté. 
Étant donné qu’il fait partie d’un système duodécimal 
on a pensé à une origine étrusque. Cf. Deecke-Mûllei! 
Die Etrusker, I, p. 296. Semble sans rapport avec assis 

malgré la forme primitive de l’as. 

■ 

asarum, -I n. (et asarus) : as are t (Plin.). Du gr. £<**. 
pov. L’ital asero suppose *aserum, avec apophonie régu- 
lière. M. L. 693. 

ascalônia [ cœpa ] : échalote (Col., Plin.). Pan roman. 

M. L. 694 ; B. W. s. u. Transcription du féminin de l’ad- 
jectif grec ’AoxaXcbvtoç « d’Ascalon », ville de Syrie, 
dont l’échalote doit être originaire. 

aseariï, -ôrum m. pl. : désigne une espèce de soldats 
(Amm., Not. dign.). Dérivé de dcaxéç d’après Mommsen 
= utriculàrü? 

ascia ( ascea ), -ae f. : 1° outil à polir du charpentier 
ou du lapidaire; doloire, herminette, marteline ;a 
2° truelle ; 3° houe, pioche. Attesté depuis les XII Tables 
rogum ascia {-cea) ne polito. Technique. M. L. 696 ; v. fr. 
aisce. 

Dérivés et composés : asciola, M. L. 698, v. fr. ais- 
seau ; asciô, -âs : gâcher avec la truelle, aplanir, cf. 
asciàta, M. L. 697 ; de asciô : 1® aplanir, effacer ; 2° es- 
croquer (cf. abràdô) ; exasciô : ébaucher, dégrossir ; 
asciculus (et acisculus , sous l’influence du groupe de 
aciës?) m. : petit pic ; d’où ex ascidô : briser avec la 
hache. 

On rapproche avec quelque vraisemblance gr. AÇtvjj 
« hache » et got. aqùti , qui traduit dÇivrj ; v. h. a. acchu 
< hache », etc. Mais la métathèse que supposerait ce rap- 
prochement ne se retrouve pas dans les mots normaux 
axis, texô, etc. Toutefois, le rapprochement de lat. uis- 
cus et de gr. tÇ6ç « gui » semble fournir Une métathèse 
analogue ; c’est qu’un mot technique, comme celui-ci, 
peut avoir une histoire autre que des mots de la langue 
générale tels que axis, texô. Gf. le suivant. 

asciflaf-(cdla) : v. axiüa sous âla. 

ascopa, -ae f. : sacoche, besace ; outre en cuir. Adap- 
tation populaire du gr. àoxo7n>rf.v7) et dumoit^pa, cf. 
Suét., Nero, 45, 2. M. L. 699. 

a(88)er, as(s)ar : v. assyr. 

*asia, -ae (1. sasia?) f. : nom du seigle chez les Taurini, 
cf. Plin. 18, 141 : secale Taurini sub Alpibus asiam {sCr 


lapit) uocant. Mot ligure? S’il faut lire sasia, serait 
** t -être à rapprocher de gall. haidd, bret. heiz « orge » 
Je (*sasio-), cf. Pedersen, F. G. d. k. S., I 69. 

♦agifolium {assefolium, assi-), -I n. : = grâmen. Tar- 
jjf peut-être mot étranger, rapproché par étymologie 
populaire de folium', cf. Diosc. 4, 30, iypûxmç... Tw- 
Juxtoi Tf x *i ACV ’ ol &Ji<péXioup. 

ggignae : xpé* pcpiÇéjxeva, CGL II 24, 6. Sans doute 
ancien terme de rituel, d’origine dialectale ; cf. marr. 
asignas. Analysé souvent en *an-sec-na (avec un prê- 
che an- usité en osco-ombrien, mais dont l’existence 
en latin est des plus douteuses, cf. anhelô) ; v. Bréal, 
j(SL 6, 84, 137, et Vetter, Hdb., qui traduit asignas 
non par * prosiciae », mais par « non prosectae ». 

asflus, -I m. : taon ; correspond au gr. olorpoç. At- 
testé depuis Virgile. M. L. 702. Mot d’emprunt ou plu- 
tôt mot indigène. Usité comme nom propre en étrusque : 
Asilus, Asüas , cf. Sil. 14, 149, et Serv. auct. ad Ae. 12, 
127. L’animal se dit aussi tabânus ; v. ce mot. 

aginus, -I m. : âne ; aussi terme d’injure. Ter., Hau. 
677, quae sunt dicta in stulto , caudex, stipes, as inus, 
plumbeus. — Ancien, usuel. Panroman. M. L. 704 ; irl. 
asan, osai ; britt. asyn. 

Dérivés : asina (d. abl. pl. asinàbus) : ânesse. Mot 
de la langue des éleveurs, sans doute de création arti- 
ficielle (le gr. dit Ôvoç) ; aseüus, aseüa ; aseüulus : 
ânon. Diminutif familier, de caractère populaire, 
passé dans les langues romanes (ital.), M. L. 701, où 
il désigne aussi un poisson, merlucius cyprinus , et. 
gr. èvtaxoç; et aussi dans les langues germaniques 
(got. asilus , ail. Esel) et de là en slave ; asinàrius : 
d’âne ; cf. la comédie de Plaute Asinôria ; asinàrius, 
M. L. 703 ; asellifer ; aseüiô : ânier; asinàricius (Ital.) ; 
asinàlis (Apul.) ; asinïnus : d’âne; asinastra {ficus) 
f. : sorte de figue ; asinusca : sorte de raisin (couleur 
d’âne? cf. Plin. 14, 42, contra damnantur etiam uisu 
cinerea et rabuscula et asinusca , minus tamen coudas 
uulpium imitata alopecis ; même formation que 
âtrusca, ceruisca, labrusca). — Asina sert de cogno- 
men, Asinius de gentilice. 

Tandis que le « cheval » est par excellence l’animal 
du chef indo-européen, 1’ « âne » est anatolien, méditer- 
ranéen. Le nom est nouveau dans chaque langue indo- 
européenne. Asinus est isolé ; l’absence de rhotacisme 
indique un mot non latin. M. Benveniste, après Schra- 
der, R. L. I* 271, a signalé que les formes, divergentes, 
de asinus,. de gr. Ôvoç et de arm. ëë (gén. iioy) doivent 
s expliquer par sumérien aniu « âne ». 

SSP&ngllS, -I (et asp argus, sparagus , isparagus , etc. ; 
t. Thés. s. u.) m. et f. (tardif) : asperge. Emprunt (sud- 
italique?) au gr. àmcdqMcyoç, attesté dès Ennius et Caton, 
■«gr. 6, 3, et passé dans les langues romanes. M. L. 707! 

»8p«r, aspera, aspenun (les formes du type asprï, 
uprls sont employées par les poètes dactylïques pour 
éviter le crétique) : rocailleux, rugueux, rude, âpre (au 
toucher, au goût, à l’oreille ; sens physique et moral). 
Aspera artêria == Tpax«a dpnjpfo. — Ancien, usuel. 
Panroman. M. L. 708. 

Dérivés : asperitàs : rudesse ; as perd, -Os : rendre 
rude ou raboteux (banni de la bonne prose, qui em- 


ploie le composé exas perd surtout au sens moral) ; 
asperàtiô (Cael. Aur.) ; asperügô, -inis t. : râpette? 
Plin., HN 26, 102. Dans là langue médicale et en bas 
latin apparaissent de nombreux dérivés en aspr- : 
aspràtilis (formé comme saxâtilis) : qui habite les ro- 
chers (se dit des poissons, cf. G. Rudberg, Symb. Osl. 
XI 61), rude au toucher ; asprâtüra ; aspriô, -ônis m. : 
petite monnaie ; asprëdô (cf. dulcëdô), Celse, langue 
médicale = Tpaxônjç TpaxoapuSç ; aspritüdô = rpaxo- 
Tp<£x<o(xa ; as prêta, -ôrum (cf. dümëta) : terrain 
rocailleux, M. L. 712 ; asperôsus (Diosc., joint à sar- 
mentôsus, lignôsus) ; inaspericô : s’enrouer (tardif). Cf. 
aussi M. L. 709, *aspereüa. 

Aucun rapprochement net. 

aspis, -idis f. : aspic. Emprunt, attesté depuis Var- 
ron, au gr. ëundç. La langue de l’Église en a fait un 
masculin, d’après an guis, draeô. M. L. 711 ; irl. asp. 
Aspic est fait sur basilic ; v. B. W. s. u. 

assaràtum : v. assyr. 
assecula m. : cf. assequor sous sequor. 
assefolium : v. asifolium. 
assentor : v. eentiô. 

laser, -cris (b. lat. assar, - aris ) m. : petite pièce de 
bois, perche ou poteau fixé dans un mur ou sur quelque 
chose, cf. Rich. s. u. ; usité surtout au pl. asserës : che- 
vrons. — Ancien ; technique. M. L. 725. Diminutif : 
asserculus ( asserculum n. Caton). M. L. 726 ; dénomina- 
tif : inasserô, -às. V. assis. 

tassiddae mônsae; assiduus : v. assideô , sous sedeô. 
assis, -is m. : ais ; cf. axis 2. 

Dérivés : assula (et astula issu sans doute d’une 
prononciation *assla, d’où *asûa, astula ; les formes 
romanes remontent à * ostia, ascia, cf. Cassiod., GLK 
VII 205, 7 : très consonantes tertio loco r habent et alias 
l litteram, ut astula et in élisions ascia ; et M. L. 736, 
britt. asclawd, asclodyn) f. : copeau, rognure ; ais, 
planche, d’où assulàtim ; exassulàre ; as te Ua (bas lat.) 
f. : attelle, M. L. 740, ]B. W. sons atelier, etc., irl. stiall ; 
gall. asteU. — Ancien (Plt.), technique. 

Sans étymologie claire ; un pareil mot a chance d’être 
emprunté. On peut se demander si assis , axis, asser ne 
sont pas trois formes d’un môme mot dont la flexion 
aurait été * assis, ass cris (comme cinis, -eris). Le pluriel 
plus fréquent asserës aurait amené la formation d’un 
singulier asser ; axis représenterait un « hyperurba- 
nisme » pour assis. 

*assis&, -ae? : flux. Attesté seulement dans Isidore ; 
tradition douteuse. Lire accessa, comme le contraire re- 
cessa? 

assula : v. assis, 

assus, «a, -um : grillé, cuit sans eau, rôti (= gr. 6 jv- 
t6ç) , opposé à êlixus ; d’où le neutre subst. assum « rôti » ; 
puis « sans eau », d’où « sans liquide » et « sans mélange », 

« pur » et, enfin, « seul » (cf. mërus). Cette évolution du 
sens explique les différents emplois de l’adjectif : assa 
nutrix... quae lac non praestat inf antibus, Schol. Iuv. 14, 
108 ; quae materiae fùmt de assis, i. e. siccis lapidibus ; 
unde et assus tibioc dicuntur quibus canitur sine chori 


assyr 


- 52 — 


uoce , Serv., G. 2, 417 ; de même, assa uoce , sola uice lin- 
guae , cf. Non. 76, 30 ; 77, 1 sqq. Ancien, usuel. 

Assus est issu de *ars(s)us, comme Fa vu Isid., Or. 20, 
2, 22; c’est proprement l’adjectif verbal en -to- de âr- 
deâ ; la spécialisation de sens de l’adjectif, en l’éloignant 
du verbe, a favorisé l’évolution phonétique du groupe 
-rss- vers -ss-, comme dans prôsa. Il s’agit, du reste, d’un 
mot technique et populaire. 

Dérivés et composés : assô, -âs : griller, rôtir (attesté 

depuis Apulée, populaire), M. L. 716; assâtor , - türa ; 

assidâre, M. L. 737 ; semiassus ; subassô. 

*a88yr : cf. P. F. 15, 13, assaratum apud antiques 
dicebatur genus quoddam potionis ex uino et sanguine 
temperaium , quod Latini prisci sanguinem assyr uoca- 
rent. La forme citée par l’abrégé de Festus assyr est 
évidemment fautive ; les gloses ont oser, CGL II 23, 56, 
ou ascer , V 441, 31 ; 492, 5, qui ne sont pas plus corrects. 
Mais il serait imprudent de vouloir rétablir la forme 
latine, d’autant plus qu’il s’agit peut-être d’un mot dia- 
lectal introduit dans le rituel, cf. Ernout, Élém . dial. s. 
u. oser. A l’époque de Festus, le nom était depuis long- 
temps sorti de l’usage et n’était plus conservé que par 
une tradition corrompue. 

Trace du vieux nom neutre du « sang » qui est attesté 
par skr. dsrk, gén. asndh , gr.. ëap et Ijap, hitt. eshar, 
gènAeénaS, lett. as ins, arm. ariwn, tokh.î ysâr ; sur ce 
groupe, v. Benveniste, Origines..., p. 8 et 26; Ernout, 
Aspects , p. 119 sqq. — Le latin a un nom de genre hési- 
tant sanguen n. (ancien, Enn.) ou classique sanguîs m., 
où l’on peut soupçonner une forme apparentée au 
groupe de skr. dsrk. V. aussi cruor. 

ast : particule invariable « d’un autre côté ». S’em- 
ploie : 1° pour introduire une seconde condition dans 
une phrase conditionnelle, et correspond pour le sens 
au gr. èàv Si, c. g. Leg. XII Tab. 5, 7, si furiosus escit , 
ast ei custos nec escit ; Lex Sera. Tull. ap. Fest. 260, 9, 
si parentem puer uerberit, ast olle plorassit... ; Plt., Cap. 
683, si ego hic peribo , ast ille ut dixit non redit, j at erit 
mi hoc factum mortuo memorabile, cf. Tri. 74 ; 2° pour 
introduire la phrase indiquant qu’un acte sera exécuté 
(apodose), si une condition préalable est remplie (pro- 
tase), e. g. T. L. 10, 19,-17, BeUona , si hodie nobis uic- 
toriam duis, ast ego (moi, de mon côté) tibi templum 
uoueo (prière d’Appius) ; 3° au sens de sï dans des. condi- 
tionnelle s simples ; sens que lui donne Cicéron reprenant 
de vieilles formules juridiques, e. g. ast quandô = sï 
quandô, Leg. 3, 9 ; ast quid — si quid, ibid. 3, 11, etc. ; 
cf. Thés. II 942, 58 sqq. L’usage de ast dans ces sens 
est archaïque.. Déjà dans Plaute, Mer. 246, et à l’époque 
classique ast (qui en prose n’êst guère attesté que dans 
les lettres de Cicéron) n’a pas d’autre sens que at : ast 
significat at, sed , autem , dit P. F. 5, 24. C’est le sens 
que lui donnent également les poètes, qui sont presque 
seuls à l’employer à l’époque impériale, ast fournissant 
une longue commode au commencement du vers devant 
voyelle. La paronymie de ai a pu influer sur l’évolution 
du sens. Toutefois, un emploi comme celui qu’en fait 
Lucain, Phars. 8, 150-151, Pompeiumque minus... ast il- 
ium... ingemuit popidus est abusif et sans autre exemple. 

Sur l’étymologie on n’a que des hypothèses inconsis- 
tantes ; at doit se cacher sous ast , mais on ne sait pas 
comment. 


*a8ta : carminari dicitur tum lana, cum ex ea carunt 
quod in ea haeret neque est lana , quae in Romulo Naeuii ts 
(Praet. 1 R.) appeUat asta ab Oscis, Varr., L. L. 7, 54 
Forme unique et obscure, qu’on a corrigée diversement’ 

astacus, -I [astagô, -inis, Plin. Yaler.) m. : homard 
emprunt au gr. à<rccac6q (Plin. 9, 97). Conservé dans 
quelques dialectes italiens et en catalan. M. L. 738. 

astella : v. assis. 

astercum, -In.: herba urceolâris, pariétaire (Pline) 
Sans étymologie. 

asthma, -atis n. : emprunt savant au gr. ioO^ 
(Plin. 25, 82, ex coni. ; Celse 4, 2, en grec). Mais une forme 
populaire est supposée par ital. asima. M. L. 741 ; y. B. 
W. asthme. 

♦astracum : v. ostrœum. 


astrum, -I n. : astre. Emprunt, d’abord de caractère 
savant et poétique (Varr., L. L. 9, 25; Cic., Arat, 
frg. 32 b), au gr. êcoxpov (àcrrijp étant emprunté par les 
langues techniques dans des sens spéciaux, cf. Thés. s. 
u.). Le mot proprement latin est sïdus. * Vocabulum astri 
tum potissimum elegi uidetur, cum corporum caelestium 
natura diuina uel laetifica tangitur » (Thés.). Les compo- 
sés de astrum : astrifer , astri ficus, - ficô , astriger, astrilo- 
quus , etc., appartiennent tous à la langue artificielle de 
la poésie. Toutefois, à mesure que l’on descend dans la 
latinité, on voit astrum se substituer à sïdus (cf. Thés. II 
969, 15 sqq.), qu’il a supplanté dans les langues ro- 
manes, sous des formes savantes. M. L. 749. 

Dérivés : astràlis : astral; astrôsus : né sous une 
mauvaise étoile, M. L. 746 (contraire de *astrücus, 
M. L. 747), cf. Isid. 8, 9, 9, et Sofer, p. 72. Cf. aussi 
*astrâtum, 744 ; astrologue , 745 a. B. W. désastre. 
Composés artificiels et récents du type astrifer , -ger 
(poét.),. - ficus , -ficô, -loquus, -lücus (Mart. Cap.). 

Sur un mot latin du groupe, v. stëlla. 

♦astratium? : remède contre l’éternûment. Forme 
douteuse ; sans doute faut-il lire strutium = orpoéOiov 
« saponaire »; cf. Imm., Thés, s, u., André, Alma, 1954, 
p. 52, et Drabkin, Cael. Aurel., Chron. 1, 4, 116; 
Celse 5, 22, 8. Sans rapport avec nasturtium, comme 
l’a suggéré M. Niedermann.î 

asturcô, -duis m. : cheval d’amble (ainsi nommé 
d’après son origine, ab Asturicus, cf. Plin. 8, 166), ratta- 
ché à astur par étymologie populaire ; asturcôndrius , 
CIL VI 6238. Attesté depuis la Rhét. à Hérenn. 4, 50, 63. 
M. L. 749 a. 

astus, -fis ni. (ou astü n.?) : habileté, ruse. La langue 
archaïque ne connaît que l’ablatif astü (souvent accom- 
pagné de docte), forme qui elle-même est bannie de la 
langue strictement classique : Cicéron dit astütê. Astü 
reparaît à l’époque impériale (sauf chez Horace et Ti- 
bulle, qui sont ennemis des anciens), d’abord chez les 
poètes, puis chez les prosateurs ; Sénèque semble être le 
premier à avoir employé une autre forme que l’ablatif ; 
l’accusatif se rencontre dans ses tragédies. Étant donné 
l’époque tardive à laquelle se rencontrent les accusatifs 
astum , astüs, oh peut se demander si le genre de ces 


1 pas été influencé par celui de dolus 


% Festus donne le mot sous la forme astu nem égé 
, -explique par un emprunt au gr. : ast u ' J?® 8 . «t 

iam significat cums engo ex Grae c„ r 0 V BidofV Uu 
. 1 in Quo qui conseruati assidue ^ J-«otu 


Zducitur, in quo qui conseruati assidue sintl„) * CTTU 
^Uuideantur' P. F. 5, 18. Astü abî^Crl?^ 
calque plaisant — d’argot théâtral sans doute Un 
urbânê ; et il est possible crue _ Io rmé 


calque uuute * — 

/T’anrès urbânê ; et ü est possible que o Pvidô _ f 0 ?mé 
formation analogue. On ne connaît ^^ente 
me plus satisfaisante. 

ë De là : astvtus, -tulus ; astütia ; cf. t _ 

iri. andsud?, galî. astul? * ; 


at (sur une prononciation emphatique an j 
P e. 248, Cas. 802, St. 737, voir Havet, M anu Tf^-, 
conjonction adversative sans doute d’abord «m 7 %) : 
dans la conversation, puis dans le récit, « a P lo yée 
côté, d’autre part ; mais » (at ego « moi de A autre 
p p. 11, 29, at differentiam rerum signifie m m c ^té ) . 
fjius : Scipio est beüator, at Marcus Goto oratc** 11 
«du moins », e. g. Cic., Verr. 5, 44, sit fur , Sac r j là 

at est bonus imperaior, al felix... Cf. Prise., GLK T U5 "' 
21, al quoque pro sallem, et uel et aut inuehitur * 
y g., Ae. 6, 405, si te nidla mouet tantae pietatij ^ °ite 
at ramum hune agnosces. Souvent, dans un réo^^ 0 ' ' 
valeur de Si. Étant donné son sens, af*est souv lt ’. a 
à d’autres particules qu’on renforce : * contre! j0int 
ai saltem ; al emm (= àtXKà yàp) ; al uërô ; m ’. <tt Ce/ ^ê, 
at tamen encore disjoint dans Plaute, e. g ; 

non malitiose tamen feci. At entre en compos t* ^ 
atque et atquï. — Ancien, usuel ; mais a dû 1011 ^ ans 
de bonne heure de la langue parlée, à cause ^ aispar ^ître 


i avec ast ; non roman. 


3 sa confu- 


Cf. gr. àx -dp et got. ap-pan « àXkà o5v » • j e 
la particule latine indique la chute anci * de 
voyelle finale (i) dont il n’y a trace nulle part 1 . 6 ^ u he 
et. — Av: ai n’a sans doute rien à faire ici. 1 ' cj * aut , 

atque (quelquefois noté adque dans les în 
e. g. Mon. Ancyr. 4, 30), ae. Atque est l e SCri P t ions, 
employé devant voyelles et h, ac devant consîf 
qu’il y ait là une règle stricte. Sens ancien^ 0 ^ 6 ’ sans 
part », Plt., Am. 282, credo edepoî equidem do ^ ^ a Ùtre 
lem, atque adpotum probe/, de là « et qui plus So ~ 

une gradation, e. g. Sali., Ca. 52, 35, intr a m,?.*’ dans 
in sinu urbis ; ou « et pourtant ». Le se ns atque 

püque qu’il soit joint à quidem, equidem, p 0 ?- ai 9 i te ex- 
souvent à marquer une insistance, dans \ es ^ sert 
doubles, les allitérations, les oppositions f^J^ssions 
iUllc; haec atque alia ; ünus atque Idem- eti^ 
etiam, etc. Du reste, le sens de atque s^st******* 1 at q ue 
affaibli ; on le trouve en corrélation avec ~ Q ^ P ei1 
peu à peu il n’est plus que l’équivalent dL^’ et 
«f, auxquels àc. lé joint, e. g. Phil. 3 s 3 g ~ qUe ou <j e 
ordinè exque republica ; Diu. 1, 66, o poemà at q u * 
moratum atque molle. et 

C’est du sens de « et d’autre part » qu’ji f 
pour expliquer l’emploi de atque , ac dans lo i 1 part ir 
comparatives du type aequê ac, alius, idem S 
où il est équivalent de quam. Le sens ancî^ 0 ^ 1 * 6 * 
encore e. g. dans Plt., Ep. 403, diuortunt rn^ paraît 
longe atque lupae. Atque ainsi interprété CQxnrT* uir S^ni 
lent de quam a pu s’employer avec des adW«* e ^^va- 
paratif, o. g. Plt., Cas. 680, More. 897, au com- 

• ’ ^«'quefote 


ohrases où le premier terme de la com- 
même dans de» Ba 54g _ quemesse amicum ratus 

paraison j*' 1 ’ e j i psus sum mihi. Aussi ac sï s'em- 

pZ^iTpoZÎulSdLns la langue familière et en bas 

latin. M. L. 57. 

nronre « mais de toute façon », d’où « et 
atquï . s p ^ men t avec valeur emphatique ; cor- 
pourtant ^^néral^ ^ ^ ^ ^ 

respond po pour la formation, cf. aliôquï, cëte - 

tqi, xal deuX éléments sont encore distincts 

roqui u g46, al pal qui audies poSt. La forme 

dans rit., _ comme aliôquïn, et due à l’influence 
atquine s ' în quîn 

“Tnt avec mgne dans les manuscrit. 

i 11 -ae f : vase de terre employé dans les sacri- 
at&lia, - * * .- s dans les Acta lud. saec. Aug. 107, 

TsTàiïauàmfuerunt Sms doute diminutif de attena.I 
llrm TI 22 25, elSoç Trorrjpiou ôorpocxou (ôorrpocxl- 
r fl-ûUTdcvetç èv xalç ôoolaiç xP^vroct. Cf. aussi 
vouî) M O P I]n eX emple de Nigidius est cité par 

, e itaaue acre in Saliaribus adtanus tintinat, 
Nomus.40 15 ^ he ]a glose d >HésychiJ 

'• T«1 rrXoxoô, 4 for’ aÔT<av exeuaï^t; 

il atla-7) - poculi fictüis genus quo 
et a^nuu.tum ( p * ÿ _ 

“ont M v£nulus (-lum) qa’«n lit dans les Gloses n’est 

^xtéCÆituel tombés en désuétude. Sur un 
vieux t de altanus avec étrusque adene, voir 

s— ■■ «»■ 

p. 272 sqq.; Mus. Helv. 2, 127. 
atauus : v. auus. 

« ü - -ae f. : GLK I 489, 32, teHia species 

ateuan 9 Tniinarum quae a ciuitate Oscorum Atella, 

T primum coeptae,- appela* sum Atellanac, aegu- 

meniis dictisque mentor^ sinü* s«y rlcl s fabula grae- 
cis; cf. T.-L. 7, 2, 12 , Tac-, A. 4, 12. 

Stram ^ DOÎr » sombre (semble s’opposer à 
5 \^onieer à candidus, cf. Cic., PhU. 2, 41, is, 
t?<àZ aterne fuerit ignoras). Implique souvent (mais 

non nécessairement, “ 


r de malheur, de mort, et ce caractère affectif 

il rlaLrtïf explique qu’il soit particulièrement usité 
de 1 adjec ^ p rf is €mp loyé, comme yxhkq, au sens 
en P^^.^Vyenimeux » ô*rl um.fi,, dente. Cf. 
€ bilis == lAsXoTX 0 ^- Toutefois, ce n’est peut- 

aussi alra J FaSjectif dans l’expression âirï diës 

^ ilsî délLie par Hemina, Hist. 2, et Gell., 
<pl1 Macr., Sat. 1, 16, 24 : pontifices... statuisse 

Ann. 15, p- jpalendas Nonas J dus atros dies haben- 


postridie omnes 


. - A neut-étre ae inamiuae ae considérer 

sion pro » 0 irs » ceux qui viennent après les ides, 

commedesjou^u^ ^ par opposition aux 

c est-à-*r P Ja lune croissante, cf. Lydus, de mens. 
SJ"? et Wackernagel, Arch. f. Religionswiss. 22, 

1923 1924’ P 215 (qui rapproche de diës àtrl les formes 
1923-192 , p sj-go septimâtrüs , désignation des jours 

qu^uoirus s^mr , ^ eIle n . a rien de 

^ de vg„ par exemple Ae. 6, 429. _ 


athanuuium 


— 54 


L’adjectif est assez employé, mais semble appartenir 
surtout à la langue écrite ; il est pourtant représenté 
dans les langues romanes ; M. L. 753 ; fr. airelle. 

Dérivés : âtràius : noirci, vêtu de noir; àtritàs : 
noirceur (Plt.) ; àtrâmentum : encre, v. fr. airement , 
M. L. 758, v. h. a. attarmirza ; d’où âtrâmentârium , 
àtrâmentâlc « encrier », àtràmentô , -àre (b. lat.) 
« écrire », àlrusca : sorte de raisin (cf. as inus ca) ; com- 
posé tardif et artificiel : àtribux (Ans. gloss.) — âtrls 
buccls. Cf. airôx. 

Adjectif italique : ombr. atru, adro « àtra », etc. Cf. 
peut-être irl. dith (gén. diho) f. « fourneau », gall. odyn 
f. « id. », serb. vàtra « feu », arm. ayrem * je brûle » et av. 
âtarô « feu ». Le sens serait « noirci par le feu ». Cf. une 
remarque sous atrium] et v. atrôx. — Le mot le plus 
semblable serait lette âtris « rapide » ; mais le sens en 
est autre. 

Les noms propres, lat. Atrius, osq. Aadiriis, Ateüa , 
osq. Aderl. sont sans doute sans rapport avec ôter. 

athammium : v. ataüa. 

*atïnia, -ae f. : sorte d’orme (o. cilié), gaulois (cf. Co- 
lum. 5, 6, 2, Plin. 16, 72, etc.). Sans doute mot étranger, 
féminin d’un adj. dérivé d’Atina, ville de Yénétie. : ul- 
mus Atinia , syn. de u. Gaüica , v. André, Lex., sous id- 
mus. 

atque 3 atqul : v. at. 

atriplex ( atriplexum Fest.) m. : arroche. — Sans 
doute emprunt au gr. àvpàçaÇvx; et dvSpiqxxÇtç (d’ori- 
gine inconnue) attesté depuis Columelle. — Les formes 
romanes remontent peut-être à une forme plus voisine 
de l’original grec *atrapex , *atripex (on a adripicis , CGL 
III 616, 15 ; adrafax , III 550, 20), cf. B. W. sous ar- 
roche , M. L. 759 et Festchr. Louis Gauchat, p. 40, n. 3. 
Le mot apparaît déformé de plusieurs manières dans les 
Gloses et l’Oribase latin. 

Sirram, -ï n. : pièce principale de la maison romaine, 
salle commune située immédiatement après l’entrée et 
le vestibule et caractérisée par sa forme carrée et par 
son toit percé d’une ouverture au centre {compluvium), 
à laquelle correspondait un bassin {imphiuium) dans le 
plancher. Le nom d’dfirium a été également donné à 
certains monuments publics : à. Lïbertâtis, Stria Lici- 
nia , etc. ; dans la langue de l’JÜglise, traduit oûXlj la 
« cour » du roi, ou désigne les abords de* la basilique, et 
parfois la basilique elle-même ; d’où fr. aître, v. B. W. 
sous être. — Ancien, usuel. Conservé dans le port, adro , 
M. L. 760. Dérivés : âtriolum ; âtriënsis ( âtrênsis , etc.), 
le plus souvent subs tan tivé : (esclave), concierge, inten- 
dant. 

Les anciens en donnent différentes étymologies : ab 
ôter ; cf. Serv., Ae. 1, 726, ibi et eulina erat , unde atrium 
dictum est ; atrum enim erat ex fumo (mais la cuisine ne 
figurait pas dans l’atrium) ; ab Atria , ville d’Êtrurie 
(Yarr., L. L. 5, 161, atrium ab Atriatibus Tuscis ; iüinc 
enim exemplum sumptum). On a rapproché aussi gr. aï- 
Optov (avec à = at comme dans crâpula?). Il est pro- 
bable que le mot est d’origine étrusque : a. tuscànicum. 

Si V atrium n’est pas étrusque, ce serait un souvenir 
de l’ancienne maison où la fümée du foyer s’échappait 
par une ouverture ménagée dans le toit (v. aedis) ; il y 


aurait ici soit un dérivé d’un ancien nom du « feu », 
un dérivé de àter. 

atrôx, -ôcis adj. : à l’aspect noir, c’est-à-dire « ^ 
freux », e. g. Naeu., Carm. fr. 41, simid atrocia proicerem 
exta ministratores ; d’où « terrible, cruel, atroce »; 
sens attesté pour atrôcitâs et atrôciter. — Ancien, usiiel - 
mais appartient surtout à la langue écrite. Terme pl^’ 
littéraire que populaire. Non roman. 


L’a de atrôx est bref et alterne avec Va de ôter ; C f 
àcer/àcerbus ; vocalisme radical réduit dans l’élément 
radical d’un dérivé. Le second élément Sx, -ôcis est 
peut-être, comme l’a supposé J. Schmidt, Plurabild 
388 sqq., un mot racine voulant dire « visage, aspect » 
cf. oculus et gr. par exemple dans xéxXonJi ; même 
formation que ferôx. Le second terme du composé dont 
l’origine et le sens se seraient effacés serait devenu un 
morphème qui aurait servi à former des adjectifs de sens 
analogue aux adjectifs en -Sx : cf. uëlôx comme capàx- 
cf., toutefois, Ernout, Philologicâ, I, p. 156, et Brugmann* 
Grdr. II 1, p. 501, § 383. 


atrusca : v. àter. 


atta, -a® m. : grand-père, ou plutôt « grand-papa ». 
Attam pro reuerentia seni cuilibet dicimus , quasi eum aui 
nomine appellerons, P. F. Il, 20. Mot du langage enfan- 
tin, qu’on retrouve sans doute dans atauus. 

L’un des noms familiers du « père » (pater était un 
nom solennel, à forte valeur juridique et religieuse). CfJ 
gr. ixxa, got. atta (dérivé en *-en-), v. si. otlcl (dérivé 
en *-iko -), alb. a*.î — Cf. le groupe de lat. tata et, pour 
le type, lat. amma, acca. 

att&e : appettantur qui propter uitium crurum aut pc- 
dum^ plant is insistant et adtingunt terram ma gis quam 
ambulant, quod cognomen Quintio poêlas adhaesit , P. 
F. Il, 17. Mot de type populaire à vocalisme et dési- 
nence en a (cf. uatia, pansa), et qui a une consonne 
géminée comme beaucoup d’adjectifs marquant une 
difformité. N’est attesté que comme cognômen ; cf . At- 
tus, Attius. 

attagëas, -a® f. : gélinottc des bois. Forme latinisée 
de à-rroy^v, tirée de l’accusatif grec. Horace, Epod. 2, 
54, emploie attagen. 

attimillô : v. contàminô. 

ait&nus : v. ataüa. 


attat { attàt , Plt., Au. 712, sans doute avec allonge- 
ment « emphatique », cf. Hofmann, Latein . Umgangsspr 
p. 11) : interjection marquant l’étonnement à l’aspect 
d’une chose dont on s’aperçoit. Diom., GLK I 419, 1, 
ex improuiso aliquid deprehendentem (signifient interiec- 
tio). Le grec a des formes ivrotroï, dvrarocTaï (dtrra- 
xaiaJi) que la comédie latine a empruntées : attatae , attat- 
tatae . 

L’existence de la forme rencontrée en grec donne à 
supposer que attat doit être, lui aussi, emprunté. Mais 
il ne semble pas que ottot soit attesté. En tout cas, 
l’explication de L. Havet, Manuel, § 296, qui voit dans 
attat le redoublement de àt(t), ne concorde pas avec le 
sens de l’interjection et n’explique pas les formes atta- 
tae, attattatae. 

-a® f. : hutte, cabane. Premier exemple dans 




juvénal, Sat 14, 196, qui le joint à Maurorum. En de- 
hors de Juvénal, le mot ne se retrouve que dans une 
inscription gauloise, CIL XIII 6054, et semble être d’ori- 
gine gauloise; cf. les noms propres 'Adtegia, Adteia(e), 
jttsgwfa- Passé en gr. moderne àrérfsux, dxéy iov, en 
basque ihegi « hangar » et en tyrol. thei « châîet alpin ». 
M. 8616 a, tegia? 

W tegriw : est uinum in sacrificiis augere. Integrare 
enim adtegrare minus factum est in statum redigere, 
-> F. 11, 6. Formé d’après integer, integrare. Cf. atta- 
m inô. Sans exemple dans les textes. 

attieissô, -5s : verbe plautinien (Men. 11) formé sur 
(fr-nÆ 0 * 

attillô, -âs : chatouiller. "A. X de Jul. Val. ; cf. tïtillô. 
attflns, -I m. : gros poisson du Pô (l’esturgeon?), 
Plin- 44 * Mot non latin, représenté dans quelques 
dialectes de l’Italie du Nord, cf. M. L. 766. 

attinac, -ârum f. pl. ; sorte de mur en pierres sèches 
fait pour limiter un champ ; cf. Sic. Flacc., Grom., 
p, 142, 26, aut congeries lapidum aceruatim congestae 
quos scorpwnes appeüant, aut in effigie maceriarum quale 
attinae appellantur. Sans doute à rapprocher de attmei. 

au : interjection marquant l’émotion et l’étonnement. 
Les comiques la réservent aux femmes, e. g. Tér., 
Ad. 336, au, au, mi homo, sanusne es ? Du grec ocô. 

au- : préverbe marquant l’éloignement, la séparation 
mpîoyé comme substitut de ab devant les verbes qui 
commencent par / : auferô, aufugiô, pour éviter des con- 
fusions entre ad- et ab-. 

V. sous ab. 

auSrus, -a, -um : «paipyopoç, d’où 1° cupide, ttXeo- 
vhcrrjç, ou 20 avare, oxvupôç. La langue a spécialisé 
euariis dans le sens de « qui aime l’argent » ; le sens 
général de « avide » a été réservé à auidus et n’est attesté 
pour auarus que rarement, seulement chez les poètes 
de 1 époque impériale. 

Dérivés : auârüia {- tiës ) : Cic., Inu. 1, 42, genus 
est., cupiditas... pars est... auarüia. Toujours em- 
ployé seul, sans complément d’objet ; auàriter. — 
Ancien, usuel. Panroman, sauf roumain. M. L. 814 
et 813 a; B. W. s. u. 

Le lien avec aueô semble évident ; mais la formation 
« est pas expliquée. Cf. amàrus. 

: poster bouum (uel - uium ), CGL V 346 
9. Contamination de aubulcus, qui voudrait dire pastor 
omum et de bubulcus? Mais le texte de la glose est 
peut-être corrompu. 

auea, aaceps : v. auis. 
auctor, anctüntls ; v. augeô. 


J 8H8 ’ andëre («n ancien optatif au - 

dC nLfa-r -s af qUe archaI, I ne = «jnelques traces 
im p^fait ausj) : dénominatif de auidut ; le sens pre- 

' d t i ‘ reUï de ' vonIoir bkn » «a» attesté dans 
S eS em ploïS, e. g. PU., Tru. 425, non audes aliquid 
£ f 8 " "«-«*«» ! Vg„ Ae. 8, 364, aude (= veuille) 
.?**• et dans la f »™ule de politesse 
* 1 S0d& ? £i tn le désires . s ’a te plaît . (cf. 

» “«**). on est passé au sens usuel et classique 


de « oser avoir 1 audace de »; cf. audàx « audacieux » 
et souvent avec un sens péjoratif « effronté, impudent* 
que rien n arrête », et inaudâx { Hor., Qd. 3, 20, 2) fait 
sur fivoXpof; ; audâcia (avec pour doublets poétiques au- 
et représentants rares et douteux en 

A M ‘ru 777 a) ; audàculus ' diminutif familier 
(retr A G.) ; ausus,. -fis (latinité impériale); ausum 
n. . acte d audace, et mausus « non osé » (Vg ) * d’où à 
basse époque, un dénominatif ausô, -às, qui a éliminé 
le semi-déponent anormal et auquel remontent les formes 
romanes, ital. osare, fr. oser, esp. osar ; cf. M. L. 801 
D autres formes supposent *ausicàre , id. 804, et *audi- 
iT' 809 78 ^ PartiGipe ausus a fourni Dit. oso, le v. fr. os, 

V. sous aueô. 

sndi8,-Is, -loi (-il), -Itum, -Ire : entendre ; d’où . pré- 
er 1 oreille à, écouter ». De ce sens dérivent les sens de 
« comprendre », « obéir » (avec le datif : dictô audiëns 
esse et cf. le composé oboedîre), et finalement, en parlant 
des dieux, « entendre la prière de, exaucer » (sens réservé 
surtout au composé d’aspect déterminé exaudiô). Enfin 
audio, comme son équivalent gr. dbcoù<o 5 peut s’employer 
absolument avec un adverbe bene, male « s’entendre 
bien ou mal traiter », c’est-à-dire * avoir bonne ou mau- 
vaise réputation » (cf. clueô). - Ancien, usuel. Panro- 
man. M L. 779 ; vieilli en français, v. B. W. sous ouïr 
et entendre. 

Les dérivés de audiô, audïtus, M. L. 780, -tor, -tiô 
778 b ,-tôruim, -entia et les composés ez- (à valeur aug- 
mentative « exaucer »), in-audiô (et ind-audiô, Plt.) ; 
mauditus « inouï », n’offrent rien de remarquable, ni 
pour le sens, ni pour la forme, sauf oboedio, q. u. 

Verbe nouveau qui remplace dans ses emplois les 
formes de l’ancien *kleu- (v. clueô, inclüus), dénué de 
présent en indo-européen et, par suite, sujet à s’élimi- 
ner partout. On rapproche gr. àLo « j’entends » {sans 
doute ancien *aF«o), èn-âx<sroç, aloOdcvofxai, et skr. 
aoih « évidemment », gàth. âoiSya- « évident », v. si. aPA 
« manifestement ». Mais la formation du mot latin est 
obscure ainsi que la forme oboediô. Les conditions où 
s est produit oboediô sont inconnues. L’absence d’alté- 
ration de au dans exaudiô, indaudiô { inaudiô ) montre 
que ces combinaisons, qui n’ont pas abouti à des sens 
spécialisés, ne seraient pas bien anciennes ; cf. le fait 
que les formes à préverbes au sens de « voir » n’appar- 
tiennent pas a uideô, mais à aspicià. Le fréquentatif 
auscidtàre (v ce mot) n’appartient pas non plus au 
groupe de audire ; le rapport avec auris, souvent pro- 
posé, n’est pas plus clair. 

Tw^Tr^onn % à , rép ° qUe in *P ériale > haui, cf. 
Thés. II 1300, 48) : formule de salutation des arrivants 
correspondant au gr. X aïpe (cf. S‘ Jér. in Math. 10, 11* 
quod graece dicitur X aïpe et latine « aue »), qui fait pen- 
de ceux Tui prennent congé (cf. 
Pétr Sat. 74). Employée également sur les tombeaux 
pour forcer le passant qui lisait l’inscription à voix 
haute, à saluer le mort ; cf. Thés. II 1301, 60 sqq. ; 1302 
53 sqq. Quelquefois joint à ualë, e. g. Catul. 101, 1 aue 
atque uale. ’ ’ 

4 anf S fl aphies Ies P Ius anciennes n’ont pas h, cf. Thés. II 
1300, 40 sqq., mais, à l’époque impériale, la prononcia- 
tion courante était hauë, et, d’après Quintüien I 6 21 


— 57 — 


augcd 


anëna 


56 


- 4 tait une prononciation savante et artificielle . mul- 
L i^us qui sine aspiration* et producta 
tum enim h^atus^ * esl enim j e , calefaeere 

secundo, syllaba Aû-imus Les formes auête, 

d ^ r - Ü ShàJsS^l q C*t 35, 5), autre të uolo , et à basse 
auêto (déjà, dans bal montrent trae dans lé sen- 
époque auras, X correspon- 

- ïi rtpiit s’ agir là d’une création analogique. 

Toutefois, il peut s agir u 10 01, 

6 gl ^ % temus te saluer*, rr^r.-s^eu pu^ 
jJ. Tri 48, a amice salue... -et tu edepol salue , Tru.123, 
Sua sis. - s* »; Mo. 448, ers, salue, saluant te adue- 

"Ttot émules- de salut sont souvent empruntées. 

Isssss 

dermann). _ . , , , 

nnëna -ae t : avoine et « toile avoine ». Considérée 

généKdement c .°^^-^ e . ^f^Serv^^B^S,' 37^**®^*™ 

îLZZsiZ 1, altos nam 

fHp est bonne à, faire du fourrage , cf. Loium. z iv, o , 

G a iTl54 ^Sens dérivés : paille ^av°me,^ha- 

lumeau. Panroman, sauf roumain. M. L. 818 , B. W. . 
ii * g-erm * v. b. a. evina. . 

■ ’ Dérivés : auênârius, M. L. 819 ; auénOceus : d avoine, 
et lit aaiià, lett. àuza, V. prnss. «g/se, v. si. wfau , 

doute non indo-européen. 

nu^nfâS 

L auiium si auidùaUm, e* guiéus prampaa . oup^Kas 
mfifsqqToSt'ce'sens de^audêre a peut-être 
été inventé par les g° U ^aï^.' < D’apîS' Aolù- 

olf wt r"poéte Laeviul' contemporain de Cicé- 

Vg^fî’emploni. En somme, verbe rare, non popu- 
laire. Il n’y a pas de subst. auor. 


A aueô correspondent les adjectifs auidus : avide [de], 
« nfl ffall awydd, d’où àuiditàs, et auarus qm sont 
tuels De Si dérive audsë, issu de *«**.,. j 
La langue archaïque connaît un nom auentut t. (Clan 4 . 

rapproche P-. de 

conserve », m. ^l.ryma^ R. Celt. 4„, 

f 5 4 i Le groupe de P sto. JS « fl - ^jouit, fl aide » et 

a -tih et aide » oma « favorable » est lom, pour le sens, 
et du groupe latin et du groupe celtique. Étymologie 
peu claire. 


àuemmeô : cf. uerruncô . I 

.. f . porte-manteau, valise. Mot de basse 
auerte, ae . • P . , p; m p run t, peut-être, an 

époque (Dioclétien, Tbtodose n P ^^ €rvé daM 
macédonien ioprq, ocSepn) (buwasj. «> 
oueloues dialectes italiens. M. L. 824. 

^ Dérivés : auertârius, -t m. : porteur de valise. 

aucefi -5s, and, auetum, augëre : emploi transita 

„3S; - ^ 

e^n r usue “' Ci Zlgwn : Accroissement, terme archaïque 
cien, usuel, ui. aug augmentum , terme 

de Aa^làngue'commune comme des 

(droit grammaire et rhétorique, religion, cf. aOÇqmç), 

foù Æ en bas latin le dénommât* augmenta, -as -, 

ci. M. L. 783, 783 a. ^ laccro t tre » apparaît dans un 
granVnoXe de 

*^nCt souvenTptas sensible. Tels sont aagar, 
SSr» râtr ancien ne. 

du“type fZgur/iulgttris ou 

Prise., GLK U ZJ * I dérivé augustus atteste, 

aMg -Té thlme neutre e : 

3 °° 1, LÏÏens dû mot devait être à l’origine « ac 

ÆS p T ^^ACtdœ 

“7 MS^f 234 238 (v aussi Flinck, Augurdt, 
bd, tés, cf. m 22 234 ^ J conservé da® 

U. Verwandtes, 1921). rapportée par 

le vocabulaire religieux, cf. la p ^aesoaue i tii 

T L 29 27 Diui âiuaeque... uos precor qua^oqvt 
^ in ^imperia gesta sunt, geruntur, postque ger* 


ea bonis auctibus auxitis. Le rapport entre augeô , 
llir [tf r ilâs et augur apparaît dans cette phrase de Çicé- 
a De har. resp. 18, rerum bene gerendarum auctoritates 
l ffvrio ... contineri , dont s’est souvenu Valère Maxime, 
\ • Tîiaiores statas sollemnesque caerimonias pontificum 
^'cientia, i>ene gerendarum rerum auctoritas augurum 
S J)seruatione, Apollinis praedictiones uatum libris , por- 
untoro™ depulsiones Etrusca disciplina explicari uolue- 
un t ; le rapport entre augur, augurium et augustus est 
lumineusement marqué dans les vers d’Ovide, F. 1, 
609 sqq- : 

Sancta uocant augusta patres , augusta uocantur 
Templa sacerdotum rite die ata manu . 

Huius et augurium dependet origine uerbi. 

Et quodeumque sua Iuppiter auget ope. 

De même, Servius glose l’expression augusta moenia 
de Vg., Ae. 7, 133, par augurio consecrata ; et Ennius, 
A 424, emploie la figura etymologica augustum augu- 

rium. 

Ainsi donc, augar désigne celui qui donne les présages 
assurant l’accroissement d’une entreprise. L’adjectif 
dérivé est augustus : consacré par les augures, ou « entre- 
pris sous des augures favorables ». L’adjectif ne s’ap- 
plique qu’à, des choses pendant toute la période répu- 
blicaine ; ce n’est qu’en l’année 727 de Rome qu’on le 
voit appliqué à Octave, avec le sens du grec Se6aar6ç. 
Augurium est le « présage » [favorable] dans le sens le 
plus large du mot ; c’est un terme beaucoup plus com- 
préhensif que auspicium , qui désigne simplement l’ob- 
servation des oiseaux ; et l’époque archaïque distingue 
nettement les deux termes, cf. Thés. II 1371, 51, 55, 73, 
80 ; 1372, 3 sqq., 70 sqq. ; 1373, 64 sqq. et passim. Mais 
l’identité phonétique de la syllabe initiale et aussi le 
fait que le présage le plus facile à prendre et le plus 
répandu était fourni par l’observation du vol des oiseaux 
ont amené des confusions de sens — du reste partielles 
— entre augur , augurium et auspex , auspicium. Il est 
à noter que jamais auspex n’a été employé pour dési- 
gner la qualité d 1 augur. Augur est un titre officiel ; l’au- 
gur est un prêtre-magistrat, faisant partie d’un collège, 
et dont l’action est soumise à des règles. 

De augur est également tiré le dénominatif auguré, 
-as { auguror ; le déponent n’apparaît pas avant Cicé- 
ron) ; prendre les augures ; augurer ; prédire ; d’où inau- 
guré (ancien, classique) et son contraire exauguré 
«rendre profane ». A l’époque impériale apparaissent les 
formes dissimilées agurium, agustus, cf. Thés. II 1371, 
12 sqq. ; 1379, 32 sqq. ; et M. L. 784, a(u)gurâre ; 785, 
a[u)gurium ; 786, a(u)gustus , ce dernier, passé en ger- 
manique : got. agustus, devenu nom d’un mois d’été 
(v. B. W. août) , a pris beaucoup de sens nouveaux en 
roman ; celtique : irl. auguist , britt. awst. — Sur augus- 
tus, voir F. Muller, « Augustus », dans Meded. d. Kon. 
Akad. v. Wet., Afd. Letterkunde, 63, A 11, Amsterdam, 
l?27.ï 

auctor c. ( auctor commuais erat generis apud antiquos , 
P. F. 26, 13) : sens premier « celui qui fait croître, ou 
(pli fait pousser », e. g. Vg., G. 1, 27, auctorem frugum 
tempestaîumque potentem. Dans des expressions comme 
auctor gentis , generis, le mot signifiait à la fois « celui 
qui accroît » et t celui qui fonde », « fondateur, auteur », 
(pii a fini par prendre toutes les acceptions que le fran- 


çais donne à « aUiteur ». En dehors de ce sens, le mot 
semble avoir appartenu dès la période italique commune 
aux langues de la religion et du droit. L’ombrien a la 
forme uhtur « auctor », titre d’un magistrat des jratres 
Atiedii analogue au xopu<paîoç grec ; on peut rappro- 
cher l’emploi, dans la langue officielle latine, de auctor 
« qui in senatu primus sententiam dicit », e. g. Gic., Pis. 35, 
senatus decreuit Cn . Pompeio auctore et eius sententiae 
principe. De là le sens dérivé de « instigateur, conseil- 
ler ». En droit, auctor désigne le « garant », cf. Cic., 
Caec. 72, quod millier sine tuiore , auctore promiserit de- 
ber i. Enfin, comme la vente aux enchères se dit auctiô , 
auctor a pris le sens de « vendeur (aux enchères) » par 
opposition à ! emptor , et de là celui de « possesseur ». Sur 
ces développements, v. M. Leumann, Gnomon, 13 (1937), 
p. 32. Celt. : irl. auctor, gall. awdur , awdurdod. 

auctéritâs : fait d’être auctor , avec tous les sens du 
mot. Le sens premier est Vare, mais non sans exemple : 
ainsi, Cic., Inu. 1, 28, 43, eius facti qui sint principes 
et inuentores , qui denique auctoritatis eius (abstrait cor- 
respondant à principes) et inuentionis probatores ; « ins- 
tigation, autorité » (avec tous les sens que le mot a gar- 
dés en français, abstrait et concret) ; « garantie » ; * avis 
prononcé le premier ; avis prédominant » ; d’où auctéri- 
tâs senâtüs — senâtûs cénsultum . 

Du sens de auctor « vendeur » dérive celui de auctéri- 
tâs « qualité de vendeur », d’où « possession » (le vendeur 
d’une chose étant généralement celui qui la possède), 
et par là, « droit de [revendication en] propriété ». Ainsi 
s’explique le sens du mot dans l’axiome de la loi des 
XII Tables cité par Cic., Off. 1, 37, aduersus hostem 
aeterna auctoritas < este > « vis-h- vis de l’étranger, le droit 
de [revendication en] propriété demeure imprescrip- 
tible ». 

aueléré , -âs (et auciéror ) : a deux sens qui proviennent 
de deux valeurs différentes de auctor : « garant » et « ven- 
deur ». Il y a là, en réalité, deux verbes : 1° garantir 
(terme technique du droit, cf. Thés. II 1234, 70 sqq.) ; 
2° dans la langue des gladiateurs, qui se louaient au 
plus offrant : vendre ou louer moyennant salaire [sê 
auctor are) ; auctérâtus; auctérâtié, cf. Scol. Hor. Sat. 2, 
7, 59, qui se uendunt ludo, auctorati dicuntur : auctor ai io 
enim dicitur uenditio gladiatorum ; a uctérâmentum : 
solde; salaire (généralement en mauvaise part). De auc- 
téré la langue militaire a tiré exauctôré , -âs : mettre en 
congé (proprement « priver de solde »), qui a souvent 
Une valeur infamante ; cf. *auctéricâre, M. L. 775. 

auctié : vente aux enchères, seul sens attesté à bonne 
époque ; le sens de « accroissement » au^ertç étant 
réservé à auctus, -üs, et n’apparaissant pour auctiô qu’à 
basse époque et chez des auteurs peu corrects. C’est de 
auctiô que auctor a tiré le sens de « vendeur » qu’on a 
signalé, et c’est sur auctor pris dans cette acception qu’a 
été bâti auctôré, qui s’est spécialisé, tandis que le dérivé 
de auctiô, auctiénor, -âris, gardait le sens général de 
«c vendre aux enchères ». 

auxüium : secours ; proprement « accroissement de 
forces, renfort », ferre auxüium, etc. Le rapport avec 
augeô est déjà indiqué par Varron, L. L. 5, 90, auxüium 
appellatum ab auctu , cum accesserant ei qui adiumento 
essent alienigenae; toutefois, la dérivation s’explique 
difficilement. M. Kretschmer, Glotta 6, 31 sqq., a sup- 
posé qu’il fallait partir du pluriel auxüia (scil. agmina) 


aura 


— 58 — 


a troupes de renfort », nominatif pluriel d’un adjectif 
*auxüis (sur .Fs de *auxüium, v. plus bas) ; de ce pluriel 
neutre on aurait tiré abusivement un substantif auxi- 
lium (cf. iugerum reformé sur le pluriel iugera). Irl. axai. 

Dérivés : auxüior, -àris ; auxüiàris, etc. 

augeô a la formation en -eô qui se trouve souvent là, 
où il n’y avait pas de présent indo-européen susceptible 
de se maintenir ; le type thématique de got. aukan , v. 
isl. auka « augmenter » ne prouve pas l’antiquité de ce 
présent : le verbe germanique occidental, v. angl. éacian,- 
v. h. a. ouhhôn , est de type faible ; lit. dugu a au- iptoné 
rude qui indique une ancienne diphtongue *âu. Hors 
du germanique et du baltique, il n’y a aueun présent 
de cette sorte. Pedersen rapproche irl. uagim « je couds » ; 
mais le sens est si éloigné qu’on ne peut faire état du 
rapprochement (uagim peut d’ailleurs sortir d’une ra- 
cine *peug-< piquer »). — L’indo-iranien a le substantif 
skr. éjah « force », av. aojô, et l’adjectif skr. ugrdh « fort », 
av. gàth. ugrô. Rien ne prouve que la diphtongue qui 
est dans skr. éjah, etc., soit un ancien *au-. Mais il faut 
rapprocher lat. augustus , etc. — En face existe une 
forme *weg- de la racine dans le dérivé skr. vajah « force, 
prise de combat », got. çpokrs « produit, intérêt ». 

Racine à formes variées *aweg-, *âug -, *ug- et avec 
élargissement -s- (à valeur anciennement désidérative) : 
gr. à(f )iÇ<a, aÙÇ<û, aêÇàvto ; got. wahsjan et vl h. a. wah- 
san « croître » ; lit. dukëtas « haut » ; skr. ûkfati « il croît », 
avec parfait vavdk§a et causatif vakfdyati ; g&th. uxiaf 
« il va croître » ; av. uxSyaiii « il croît », vaxëayeiii « il fait 
croître ». Le substantif auxilium en porte trace en latin ; 
cf. anxius en face de angô ; alsius et algeô. 

aura, -a© f. : plante indéterminée, dont le nom rap- 
pelle auia « grand’mère » comme « seneçon » représente 
seneciô. Représentants romans douteux. M. L. 824? 

*auiïius 5 -I m. : mot de glossaire : agnus recentis parîus. 

Trace de l’ancienne labio-vélaire passée à g dans agnus 
(v. ce mot)? 

suis, -is f. : oiseau. — Usité de tout temps. 

Dérivés : auiârius : d’oiseau ; subst. auiârius : oise- 
leur ; auiârium : volière ; auitium (Apul.) : race des 

oiseaux ; cf. equitium. 

Auis est peu représenté dans les langues romanes, cf. 
M. L. 831. Il a tendu en latin même à être remplacé par 
des formes plus pleines de diminutifs : auicula , aucula 
(Inscr.) et' auceüa , auceüus , cf. Varr., L. L. 8, 79, minima 
in quibusdam non sunt ut auis , auicula , auceüa (et aussi 
par passer). Apicius emploie auceüa , et les gloses ont 
aucellus : oiseau, moineau ; auceUâtor : oiseleur. Cf. M. 
I. 827-828 ; B. W. oiseau ; noter aussi les cognomina 
Auceüa , Oeeüiô. — Auis subsiste en tant que nom géné- 
rique joint au nom de l’espèce, e. g. auis merula, a. san- 
quâlis , a. noctua ~ etc. ; certains de ces juxtaposés ont 
passé dans les langues romanes, auis struthius > au- 
truche (forme savante), M. L. 933, et auis tarda (Polem. 
Silu.) > ou(s)tarde, M. L. 832 ; B. W. s. u. 

Sur le modèle de êpviç, qui dans le grec hellénistique 
ne désigne plus que la poule, auis apparaît avec le sens 
de « poule » dans Columelle 8, 5, 3 et 8, 5, 4 ; cf. Nieder- 
mann, Mnemosyne, 3® sér., 3 (1936), p. 275. 

Sur le diminutif auceüa a sans doute été construit 
auca (une graphie pcfcja dans CGL Y 615, 40) : oie, pro- 


prement « l’oiseau » (de basse-cour), substitut de (A) an- 
ser, attesté dans Avien (iv®-v* siècles) et dans les gloses 
et qui n’est peut-être pas proprement latin. De auca \{ 
y a un dérivé en -iô : auciô m. attesté comme nom propre 
sur un vase de terre gaulois, CIL XIII 10010, 218 ; cf. 
fr. osson, oison , M. L. 826 ; B. W. oie. 

Auis figure comme premier terme de composé dans 
au-ceps , aucupis m. : oiseleur ; d’où « homme à l’affût 
de », de *aui-cap-s. 

Dérivés : aucupium : chasse aux oiseaux (acupio 
CGL Y 5607) et s piège à oiseaux » ; Aucupius nom 
propre (et Acupius, Thés. II 1238, 67) ; aucupor, -àris 
et aucupô : chasser aux oiseaux, et au figuré « guetter » 
avec ses dérivés, M. L. 776-777. 
auspex : 1° qui examine le vol des oiseaux = gr. olca- 
vooxéTcpç. Comme le soin d’examiner le vol des oiseaux 
(auspicium) est réservé au chef d’une entreprise ( côn - 
sul, praetor , imper âtor, etc.), auspex prend le sens dérivé 
de « chef, guide », de même que auspicium arrive à se 
confondre avec duc tus, imperium , auquel il est souvent 
joint, e. g. CIL I 541, ductu auspicio imperioque eius 
Achaia capta ; Plt., Am. 196. Dans un mariage, auspex 
désigne aussi le paranymphe. 2° en parlant des dieux, 
celui qui fournit les auspices sous lesquels une chose est 
entreprise ; et de ce chef il acquiert une valeur adjective 
avec le sens de « favorable » (non attesté avant Vg., e. 
g. Ae. 3, 20 ; 4, 45, dis equidem auspicibus et Junone 
secunda). 

auspicium : 1° fait de prendre les auspices ; 2° aus- 
pice, signe fourni par l’observation du vol des oiseaux. 
A l’époque de Cicéron, V auspicium n’est plus observé ; 
cf. N. D. 2, 9; Thés. II 1543, 48; aussi auspicium dé- 
signe-t-il toute espèce de présages : Diu. 2, 43, fulmen, 
quod idem omnibus rebus optumum auspicium habemus, 
si sinistrum fuit... ; mais l’abus est peut-être plus an- 
cien, cf. les pedestria auspicia , piacidaria auspicia, pes- 
tifera auspicia dans P. F. 287, 1 sqq. .Dans la langue 
commune, auspicium est devenu synonyme de exordium , 
initium , comme le verbe auspicor, -àris ( auspicô) « je 
prends les augures », a signifié « commencer ». Compo- 
sés : exauspicô et redauspicë (-cor?, Plt.,. Cap. 767). 

Ombr. avef, auif « auis » (acc. plur.j, etc., et avie- 
kate « auspicâtae » ; cf., sans voyelle initiale, les formes 
indo-iraniennes : véd. véh « oiseau » (nom. plur. vdyah, 
instr. plur. çibhih , etc.), av. vayô (nom. plur.) et gr. dUa- 
voç « grand oiseau, présage, augure » (de ♦ofyoûvoç), 
aleréç « aigle » ( otlScréç* ok-nSç ncpyœïot, Hés. ) ; 
F « aigle » est l’oiseau par excellence (v. si. ortiü, lit erë- 
lis, « aigle *), en face de gr. 6pvtç « oiseau ». L’arménien 
a aussi haw « oiseau », où h doit être sans valeur étymo- 
logique. Y. ôuum. 

auis, «*&© f. : emprunt au gr. ouXtj « cour », atrium, 
parc à bestiaux et en particulier « cour du palais royal ». 
Attesté depuis Cic., Fam. 15, 4, 5. Surtout fréquent en 
poésie.! Dans la langue de l’Église, désigne le temple, 
comme atrium. 

Dérivé : aidicus = aùXixéç. 

aalaeum (-lëmn, -lima), -I n. (avl(a)ea f. tardif) : 
tapisserie, rideau de scène. Emprunt au gr. dcuXafa, au- 
Xetd, depuis Lucilius. Synonyme de cortina. Technique, 
usuel. 


— 59 — 


anris 


guliS, -8nls m. : flûtiste (CGL II 26, 35), aiWç. De 
abkk- 

Dérivé : auUcus (tardif). 

aulls? -sa (aida) f. ; forme populaire avec réduction de 
la diphtongue : ôüa et même un exemple de oüum 
Thés. II 22) ; P. F. 21, 30, aidas antiqui dicebarü 

qU as nos dicunus oüas quia nuüam liueram geminabant . 
Jtaque auiicocia (1. -coda) exta quae in oüis coquebantur , 
dicebarü, i. e. elixa) : pot, marmite, et en particulier - 
vase à recueillir les cendres des morts de pauvre condi- 
tion (ôüa). 

Dérivés et composés : aidula (ôüida) ; aululârius 
conservé dans le titre de la comédie de Plaute?’ 
auxiüa : oüa paruula, P. F. 23, 8 ; aidicoctus Act’ 
Aru. i, 21 (CIL VI a 87), cf. P. F. plus haut, et ôüi- 
coquus, Varr., L. L. 5, 104. 

Les langues romanes attestent ôüa , pan roman passé 
aussi en germanique : v. h. a. üla ; ôüârius , M. L 6059 
et 6060 ; B. W. sous oüa -podrida. 

Çî. skr. ukhh « marmite » (et ukkâh), got. aühns de 
*uk~n°3, y. suéd. ugn « poêle », etc. Le suffixe latin 
serait -slà avec s conservé dans auxiüa. Terme popu- 
laire dont la forme primitive ne peut être exactement 
définie. Losq. ùlam est douteux, v. Vetter, Hdb. 
p . 33. ’ ’’ 

aura, «a© f. : air en mouvement, souffle, brise ; effluve 
Emprunt au gr. oeflpa, d’abord réservé à la langue litté- 
raire et poétique (Ennius) ; la langue des comiques 

UT 1 * 6 ' tP é » étré ensuite ^s langues techniques 
(Colum., Pline), puis dans la langue courante (Yulff ) 

S emploie au propre comme au figuré (a. populâris) au 
singulier comme au pluriel. Bien représenté dans’ les 
langues romanes, sous la forme du simple (ital. ora ) de 
dérivés (type fr. orage), M. L. 788, et *auridiâre 794 
ou de composés : *exaurâre « essorer », M. L. 2941 * b’ 

W. s. u. ’ 

/n D f; Vés : «wàrius « fautor, fauisor »; aurôsus 
(Unh.J ; aurula , tous rares et tardifs. 

auriehalciiîllj -î ( orichalcum ) n. Emprunt au gr. <W£- 
Xahtoç, transformé par l’étymologie populaire sous Vin- 
fluenw d eaurum (avec lequel il forme un jeu de mots 
dans Plt., Cu. 202 ; Cic., Off. 3, 23, 92) et passé au neutre 
commeles noms de matière en latin, cf marmor, plum- 
bum, etc. Les dactyliques reviennent à Srîchalcum cf 
h l C0ITes P°ndant à la diphtongue ci 
du grec est dû sans doute à Finflüence des composés 
en aurï- ( aurlcolor , etc.). On trouve aussi aurochalcum 

rZ7^f lnUS dan fJ € Iatin TUl ^ aire - en grec et 

dans la langue poétique un métal précieux (alliage) dont 

Jf.°^ sltlon n est pas autrement connue ; à partir du 

M T S1 ^99 w iag€ d€ CUiTr€ et de ZÜÎC ’ cf * fr * <^chal, 

M. L. 792, B. W. s. u. ; v. h. a. ôrchalc. 

-a© (Ôrïga dans le manuscrit des R. R. ^ 
arron et dans le Schol. de Juvénal 6, 345) m. - cocher" 

A?w/T dC ; a " sens fi 8 uré : P’ ,ote ’ conducteur.’ 

populL ?n m -7 ’ teChniq " e - M0t de fOTmation 

Dérivés : aurïgô, -âs (-gor Varr.) ; aurîgàtiô , -gàtor 
-garius (ces trois derniers de l’époque impériale) 

L’abrégé de Fcstus, P. F. 8, 5, a une glose obscure. 


Z J Uri / a ' AureaS mim ^ bat ^ (L dicebant) ire - 
num quod ad aures equorum religabatur , orias (Toren) 
juoora cohercebantur. La distinction établie pai-FeSÏÏ 
entre aurem et créas est artificielle et n’est établie 
pour justifier la double graphie ou- et e-, La forae 
aunga peut être due à un faux rapprochement avec 

n f Q saürait tirer une P^uve de l’existent 
en latin d une forme en au- de ôs, ôris {v. ce mot). 

Aunga est expliqué ordinairement comme un com 
posé ormé de W (ou *ôre-?) + aga « ^ 
duit le mors » (cf. de Saussure, Mél. Havet p 468 • 

AS W , ôrt - s - aus 'ï ’ raais le sens est bizarre’ 
et 1 i fait difficulté : on attendrait *auHga (ôrïga) In- 

îsr^ÆSr u 

m } 9 L : oreille. Usité surtout au pluriel sauf 
quand il s agit d’une seule oreille nommément désignée 1 
La prononciation ôris est attestée pour l’époque impé- 

1 l 8ll, ? ération , de Ta <=-> Ann. 1, 41, aures oZL 
aduertere. Ancien, nsuel et classique. Mais remplacé dLi 

miThS 16 P®pAlaire par le diminutif auricula > Sricla 

1 aP ?i ^ rol ” 1 aUrU non -Auricula 

(noté ortezda, cricla dans une tabella defixionis antérieure 

est . Cf ‘ Emont » TextKS “•<*-, n» 140, 1. 24) 

danslf I 8 ” 8 PJa “ te *‘ dans Varron ; il est très répandu 
dans la langue de l’Église; cf. le développement de 
«rrfov, aripiov en grec. Le sufflie de oculws toclus sur 
une toéeBa defix., Audollent 135 b, 12) a pu influer sur 

I Wn° 0I Tü’ Cnt de nru:ula - d’adjectif se rapportant à 
1 oreille est, du reste, dérivé du diminutif : auriculàris 
auriculanus. Auris est à peine attesté dans les langues’ 
romanes, qui ont ; toutes des représentants de JAÎT-, 

- -793, 797, v. aussi 798, auris maris ; 2942 a 

*’ attesté s€uiement dans <?- 

S 7" 0nyme de Aerba Montra (Ps. 
le^n \ i" adn '^ Srlclirla : pariétaire (ici. 82. 1. 6 adn ) 
leçon douteuse ; cf. urceolària. 1 

aurïtus : aux grandes oreilles. 

M : t peD * <mls d’oreille. Depuis Plaute. 

M. L. 4337. Sans doute calque de gr. éWÆiov, éwintw 
mwnS, -is J-rior) » ausculte ., trad. de WrtComa 
(Ital., Aug., Psalt), inawicula. 

ré^uTrf’,™ f ° rigine “do-européenne, mais la forme 
résulte d un arrangement latin. Le nom de 1’ . oreille » 
organe non actif, est le plus souvent neutre. L’Avestâ 
a un nommatif-accusatif duel uii (seule trace du mot 
en indo-iranien, ou le vieux nom de l’oreille a été rem- 
placé par un mot nouveau, de genre masculin) ; le vieux 

thé™*,. ‘ hS (d6UX) oreilles *• indiquant un ancien 

thème racine neutre ; c’est sans doute sur une forme 
telle que »ou»f (duel) que le lituanien a constreit ^ 
I-"- *! min ' n (le « énitif Pluriel lit. o usa in- 
d " th , ème i 10 «“inin est ancien 
en baltique comme en latin ; car le vieux prussien a déià 

EnchT^l P H Uriel “T“ da ” S le Vocat) n | aire (àusd, 
le duel ’i t te ,.“ ana!t aussi à c6té de auiu. Quand 
inlafi 1 SOrt ‘ dasag e, l’ancien *ausi a été remplacé 
en latm par une flexion plurielle du thème en -i-, soit 
nom. aures, acc auris, gén. aurium. Le singulier auris 

cîen * ° rtlr de . là - Sans doute y a-t-ü trace d’un an- 
cien aus- neutre dans aus-çuUôre et dans * ausuUre sup- 


anffôm 


— 60 — 


posé par quelques formes de parlera italiens, M. L. 808. 
— Le latin n’a trace ni de l’élargissement -es- qui figure 
dans v. si. uxo (gén. usese) e oreille », dans v. irl. au (à), 
gén. aue , et, sans doute, dans att. oCç de *ousos, ni de 
de l’élargissement *-en- qui (parti sans doute de cas 
autres que le nominatif-accusatif) apparaît dans got. 
auso , gén. ausins et dans le gén. sg. hom. oôoctoç (att. 
<ùt 6 ç). L’arm, unkn repose sur une forme en -en- influen- 
cée par le nom. akn de 1’ « oeil ». — Le latin n’a pas non 
plus l’ô que supposent dor. <üç, de *ôu- (plur. &F ara chez 
Alcman) et alb. ves. — En dehors de av. usi et de arm. 
unkn , toutes les formes attestées commencent par une 
diphtongue : le grec a *ou- à, côté de *au- dans àavOa* 
eîSoç èvcoxCou roxpà ’AXxpccvi. Hes., l’italique et le cel- 
tique *au- ; le germanique, le baltique et le slave sont 
ambigus et admettent *ou- ou *au -. 

aurôra, -ae f. : aurore. Les anciens dérivent le mot 
de ab aurô , cf. Varr., L, L. 7, 83, aurôra dicitur ante solis 
ortum , ab eo quod ab igni solis tum aureo aer aurescit. 
Ancien, poétique : l’Aurore est souvent personnifiée et 
déifiée. — Les représentants romans sont sans doute de 
la langue savante ; M. L. 799. 

Dérivés : aurôrô,'-às (Varr.) ; aurôrëscô (Ruf., Ps. 
Am.). 

Nom indo-européen, thème eh *-es-, de genre animé 
(féminin), à, valeur religieuse, conservé en indo-iranien : 
skr. u§ah (gén. sg. usdsah ), et avec diphtongue initiale 
*âu-, en grec : éol. orfS «oç, hom. ijt ü>ç, att. (de *Kâôs). 
En latin, ce thème apparaît élargi par *â, d’où aurôra , 
comme Flora sur flôs, cf. W. Schulze, Berlin. Sitzb. 1916, 
1329 (on n’a pas le moyen de décider si Vau- initial re- 
pose sur du ou sur au-). Une trace de la forme non élar- 
gie apparaît peut-être dans le nom propre Aurélia ( gens ) 
ex Sabinis oriunda a Sole dicta , P. F. 22, 5, dérivé de 
*ausel -, contamination de *ausôs et de *sàuel, v. soi? ■_ — 
Le latin n’a rien conservé du dérivé en -r- qu’on a dans 
véd. u§ar-bhût « qui s’éveille à l’aurore », usrdh « du ma- 
tin » — lit. auërà « aurore » (avec le même type en -â 
qu’offre lat. aurôra) ; gr. &yx-aupoç « qui est près du 
matin », aôpiov « demain * (litt. « le matin » : cf. mâne ) ; 
v. h. a. ôstar « au levant ». Il n’est conservé de formes 
verbales que dans les dialectes orientaux, ainsi skr. 
ucchàti « le jour vient, la lumière vient » et lit. aüëta e le 
jour vient ». 

aurum, -I n. (ancien *ausom d’après P. F. 8, 14 : 
quod illi (sc. Sabini) ausum dicebant ; sur la prononcia- 
tion ôrum , v. aurichalcum , et plus bas la note relative 
à aurâta / ôràta) : or (métal) ; or, travaillé ou monnayé ; 
richesse. — Ancien, usuel. Panroman, M. L. 800, et 
celtique : irl. or, gall. aur, alb. dr. 

Dérivés et composés : aureus ; aureolus : d’or, M. 
L. 791, d’où v. isl. eyrir, suéd. ôre, fr. loriot ; auràrius 
et subst. auràrius m. : orfèvre (= aurifex) ; aurâria 
f. : mine d’or (= aurifodïna) ; aurügô (tardif, d’après 
ferrûgô), aurïgôt; aurëscô , -is ; aurô, -às (technique et 
rare) : dorer, -peut-être refait sur auràtus « doré », cf . 
aurâta {ôràta) : dorade (= gr. xP^®o<ppv>ç). Orata genus 
piscis a colore auri quod rustici orum dicebant , ut auri- 
culas oriculas, Fest. 196, 26 ; M. L. 789, et *exaurâ- 
tus , 2942. Aurô a de nombreux dérivés, dont aurâ- 
türa, cf. M. L. 790, et composés de- (B. W. dorer), in -, 
sub-aurârc. 


Composés en auri-, les uns proprement latins comme 
auri-jex , M. L. 795 (cf. aussi 796, aurigalbulus) , d’autres 
artificiels et poétiques, imités de composés grecs en 
Xpo<jo- : auricomus = xpouéxojxoç, etc. 

Le sabin ausorn attesté par Festus montre que -r- de 
aurum est issu de s. En effet, le vieux prussien a ausis 
« or » (cf. lit. duksas , avec un k énigmatique) et tokha- 
rien A vas « or ». La différence de genre entre lat. aurum 
et v. pruss. ausis (masculin, et non neutre) est de même 
ordre que celle entre lat. argentum et gr. fipyupoç, par 
exemple ; neutres dans la plupart des langues indo-euro- 
péennes, les noms de métaux sont masculins en grec et 
en baltique. — Il y avait en indo-européen une autre 
manière de désigner 1’ « or », par des formations diverses 
d’une racine signifiant « jaune », de skr. hiranyam à 
got. gulp. - — Gr. xpucréç est un mot emprunté au sémi- 
tique. 

auscultô, -às, -âuï, -âtum, -are ( auscultor , Charis., 
GLK I 293, 24) : prêter l’oreille à, écouter: Opposé à 
audio par Pacuvius, Trag. 85, nam isti qui linguam 
auium intellegunt . . . magis audiendum quam auscultan- 
dum censeo ; cf. Caec., Com. 196; Com. pall. inc. 74; 
Cat., Or. fr. 40, 1 (GeU.l, 15, 8). Appartient surtout à 
la langue parlée ou populaire. Cicéron n’en a qu’un 
exemple dans un discours de jeunesse, pro. S. Rose. 104. 
A basse époque, auscultô aboutit , par dissimilation à 
ascultô (cf. augurium >• agurium) attesté par Caper, 
GLK VII 108, 6 ; et panroman, cf. M. L. 802 ; B. W. 
écouter. Cette prononciation entraîne la graphie abscul- 
târe, constante, par exemple, chez Grégoire de Tours, 
tandis que les « puristes », par réaction contré la pronon- 
ciation populaire, préféraient écrire obscultâre, ainsi 
CIL IV 2360, etc., d’après les autres mots qui com- 
mencent par le préfixe ohs-, os-. 

Dérivés (rares) : auscultatiô , -tor, -tus. 

Cf. aussi proscultô ? 

Pour le premier élément de ce verbe, qui a l’air d’un 
juxtaposé, comme gr. wT-axouorécû, v. auris ; quant à 
-< cuUô , l’origine en est inconnue ; l’hypothèse d’un déno- 
minatif *cvltô, issu par métathèse de *clutus (v. clueô ), 
est arbitraire et peu vraisemblable. 

âlispax : v. auis. 

aust©F, -tri m. : 1° auster, vent du Midi, le véroç des 
Grecs, qualifié d'imbricus par Plt., Mer. 876. Vent ve- 
nant d’Afrique, qui amène lac pluie et la tempête ; pen- 
dant de l’aquilon. Pline, 2, 127, néanmoins, distingue 
un auster siccus, serënus d’un auster umidüs ; 2° la région 
d’où souffle ce vent, le Midi, ad austrum = xpàç vérov, 
s’opposant kad aquilônem, ab boreae partes (= ad sep- 
temtriônés, -nem) ; de là austràlis : austral ; austrinâlis, 
-nâtiô (Ital) ; austroafricus ; austerâlis (sc. herba, Ps. 
Ap. 106, 8, interp.) : bergamote. Les représentants du 
mot dans les langues romanes sont de la langue savante ; 
cf. M. L. 807. Les gloses oht un verbe austrâre expliqué 
par humefacere, cf. Thés. s. U. 

Le rapprochement avec v. h. a. ôstar « de l’Est » (v. 
sous aurôra), séduisant pour la forme, ne va pas pour 
le sens. On peut imaginer que le mot, séparé de son 
groupe, ait désigné un vent de sens différent de celui 
qu’il désignait d’abord. Mais on ne voit pas comment se 
serait fixé le sens latin : peut-être par suite d’une fausse 


— 61 — 


auus 


orientation, cf. E. Oberhnmmer, Festschr. d. 57 Phil. 
Vers., Salzhurg, 1929, 156. Étymologie obscure. — Les 
n0 ms latins des vents sont en général d’origine étran- 
gère, grecs pour la plupart ; mais le grec n’explique pas 


celui-ci- 


austlnis 5 -& 5 ”Um : emprunt au gr. ocùcrrqpéç c rude, 
âpre » (se dit de toute saveur ou odeur, en opposition 
â duleis, et aussi avec un sens moral). De là i austëritàs , 
non attesté avant Sénèque et Pline. 


sut - ou, ou bien. — Usité de tout temps. Panroman. 
M. L. 810. Conjonction disjonctive qui sert à distinguer 
deux objets ou deux idées dont l’un exclut l’autre. La 
différence de sens avec uel est bien marquée par Festus, 
P. F. 507, 20 : « uel » conligatio quidem est disiunctiua, 
sed non [ex] earum rerum, quae natura disiuncta sunt in 
quibus « aut » coniunctione rectius utimur , ut : aut dies 
est aut nox , sed earum , quae non sunt contra, e quibus 
quae eligatur nihil interest , ut Ennius (Var. 4) : « Vel tu 
diciator, uel equorum equitumque magister | Esto, uel con- 
sul. » Il y a un sens fort de aut « on sinon, ou sans cela » 
fréquent dans l’expression aut... aut. Du reste, aut se 
rencontre là où uel serait légitime ; et les deux particules 
sont souvent employées conjointement : mélange de. aut 
et de uel dans Cic., De Or. 1, 53 ; Cat. mai. 57 (cf. Thés. 
II 1570, 59 sqq.) ; de aut et ue, Vg., G. 1, 93, etc. (Thés, 
ibid., 75 sqq.), cf. Hor., C. i, 41 ; cf. encore Thés. Il 
1571, 21 sqq.). De ce sens affaibli, aut , seul ou redoublé, 
est passé, comme uel^k un sens voisin de et, v. Lôfstedt,' 
Philol. Komment. z. JPereg. Aeth., p. 197. 

Aut a remplacé an dans la langue populaire pour in- 
troduire le second membre d’une interrogation double : 
le premier exemple sûr est dans Varr., L. L. 7, 32 , dubi- 
tatur... in hoc , utrum primum una canis aut canes sit 
appeüata. Fréquent dans î’Itala sous la forme aut non 
pour traduire 5) 06 ; cf. déjà dans Tér., Ad. 396, sinerem 
ilium? aut non sex totis mensibus | Prius olfecissem quam 
die quicquam coeperet. De là, à basse époque, remplace 
an dans 1 interrogation simple et passe dans certaines 
langues romanes. Aut est souvent renforcé par d’autres 
adverbes : a. adeô, a. certë , a. etiam , a. omninô, a. uêrô , 
a. contra , a. potius , a. fortasse, a. dënique, a. posîrëmô 

a summum 1 


a. summum. 


Renforcé de la particule -em (cf. ita, item), il a donné 
aidem : d’autre part, or. Conjonction qui se place géné- 
ralement après le premier mot de la phrasé et qui cor- 
respond pour le sens au gr. M. Cicéron se sert de qui- 
dem... autemp our rendre l’opposition piéy... U. S’em- 
ploie aussi, dans la langue parlée, pour reprendre, sur 
le ton interrogatif, une affirmation contre laquelle on 
proteste, cf. Tér., Ad. 940, Foc : promisi ego illis. — 
Promisti autem? Le rapport avec aut est encore sensible 
e. g. dans Tér., Haut. 38, neque semper seruos currens, 
iratus senex, | audax parasitas, sycophanta autem impu- 
dens, J auarus leno adsidue agendi sint mihi. Noter les 
groupes sed autem , uërum autem, at autem, etc. V. autu- 
mâre. 


Lat aut est un mot italique dont la forme ancienne 
tau auti : osq. auti « ou », aut ^ autem » (distingué 
ae auti sur la Table de Bantia), ombr. ute, ote « ou ». 

a particule enclitique ue, trop peu expressive a été 
en grande partie remplacée par des procédés nouveaux 
(v. aussi uel). Il y a ici une particule *au, largement 


représentée partout : mdo-iran. u, gr. aéjelc. Cette par- 
ticule a été-souvent élargie par d’autres éléments, d’où 
par exemple : gr. ocô-te, aè-Tiç, aé-ye « de nouveau »’ 
au-ixxp etc., et got. au-k « aussi » qui, pour la forme’ 
répond a gr. aè-ye. 

Dans autem, la finale -em doit être une particule, 
ajoutée a ^auti, comme dans id-em, quidem et en-im (cf. 
nem-pe et ombr. en-em). Le sens ancien y est demeuré 
tandis que *auti prenait une valeur spéciale. 

*authep8a 9 -ae f. ; sorte de samovar, contenant à la 
fois réchaud et bouilloire ; cf. Cic., S. Rose. 433 et schol. 
I) un gr. *aû0e^ç non attesté. 

Autunmns, -ï m. : Automne, personnifié et divinisé 
(comme Vertumnus), cf. Ov., M. 2, 29; Hor., Ep 2 18 
et les représentations figurées du dieu Automne dans 
les mosaïques. Ancien (Enn.). Panroman (formes en par- 
tie savantes). M. L. 812. 

autumnus, -a ? -um : figure aussi comme adjectif 
cf. Caton, Agr. 5, 8, post imbrem autumnum , d’où autum - 
num (sc. tempos) n. : automne, e. g. ap. Varr. cité par 
Non., 71, 15, autumnum uentosum fuerat. 

Dérivés : autumnitâs (Varr., Cat.), substantif de 
autumnus comme nouitàs de nouus, créé peut-être 
d’après aestâs ; autumnâlis (attesté dès Vairon) créé 
quand autumnus eut cessé d’être usité comme adjec- 
tif ; autumnô, -as : cf. uernô, -as, M. L. 811 ; autum- 
nâscô. 

Il est difficile de dire si l’emploi adjectif est le plus 
ancien. Les anciens rapprochent autumnus de augëre , 
austô ; ainsi P . F. 21, 27, autumnum quidam dictum exis- 
timant quod tune maxime augeantur hominum opes, coac - 
tis agrorum fructibus ; de là la graphie auctumnus qu’on 
trouve parfois dans les manuscrits, cf. Thés. II 1603, 
20. Etymologie populaire favorisée par l’amuissement 
de l’explosive devant t : -pt- -et- > -f(f) : Sans doute 
d’origine étrusque, comme Vertumnus. 

autumô, -Is, -are : affirmer, prétendre. Archaïque et 
poétique : Quint. 8, 3, 26, le range parmi les mots quibus 
dignitatem dat antiquitas. Repris à l’époque impériale 
et dans la basse latinité (langue de l’Eglise) par affec- 
tation d’archaïsme, avec le sens de « croire, penser », 
sans doute sous l’influence de aestumô, v. Emout Lato- 
mus I,- p. 75. 

Étymologie incertaine; peut-être dérivé de autem 
comme negô de nec, ne g-. Sur autumô a été bâti negumô 
signalé par Festus, mais non attesté dans la littérature. 

âüOllClllus, -ï ( aunc{u)lus , auonc(u)lus) m. : oncle 
(frère de la mère ; le frère dn père est patruus ; a pour 
correspondant féminin mâtertera). Diminutif familier 
(cf. Serv. auct. ad Ae. 3, 343, quidam « auunculus » humi- 
liter in heroico carminé dictum accipiunt) de auus [quod 
aui locum optineat et proximitate tueatur sororis filiam, 

P. F. 13, 6 ; cf. amita et amma). De là : auonculus ma- 
gnas, ou jnaior « grand-oncle » ; auonculus maximus 
(= abauonculus). — Cf. amita. M. L. 838 ; B. W. sous 
oncle. 

V. auus. 

amas {auos ; forme vulgaire aus blâmée par l’app. 
Probi ; cf. aunculus), »! m. : grand-père, paternel ou ma- 
ternel , pour préciser, on ajoute pater nus ou mâtsrnuis. 



auxilium 


62 — 


Ancien. M. L. 839; auulus , 837, et *auula, 836 a?.; 
*auiolus, 830 ; B. W. aïeul. 

Dérivés et composés : auia (et aua, Ven. Fortun., 
M. L. 823 et 813) : grand’mère (sur lequel a été fait 
sporadiquement auiùs , comme aua sur auus) ; auüus 
(dont la dérivation est obscure ; cf. marïtus, patrüus) : 
de grand-père, M. L. 834 ; auiâticus adj., et subst. 
« oncle * : M. L. 825 ; pro -, ab- , ai-, trit-auus : aïeul, 
bisaïeul, etc. ; cf. Dig. 38, 10, 10, 16 : atauus est abaui 
uel abauiae pater... huius appeüatio personas complec- 
titur sedecim appellatione facta per mares..., pater , 
auus , proauus , abauus , atauus ; Isid., Or. 9, 6, 23 : 
patris mei abauus mihi atauus est, ego illi trinepos, P. 
F. 13, 1, qui explique atauus par atta aui\ cf. amita. 
V. tritauus. — Quelques représentants de atauia en 
roman, M. L. 752. Af-.de atauus est sans doute à rap- 
procher de atta , tritauus rappelle rpLnanrcoq, cf. tri- 
iiepôs . *Bisauus est supposé par it. bisavolo , M. L. 
9647. Pour strittauus , v. ce mot. 
auus, comme anus, n’était pas d’abord l’un des noms 
de parenté indiquant une situation nettement définie. 
C’est originairement un nom familier désignant un « an- 
cien » du groupe. L’islandais a âe au sens de « grand- 
père », et l’arménien haw « grand-père » (avec h, comme 
han ; v. sous anus), le hittite huhhaS. Des dérivés latins, 
aua et auia, désignent la « grand’ mère », de même que 
le dérivé gotique awo. Désignant un « ancien » qui n’est 
pas le père, ce mot, avec ses dérivés, s’est prêté ù dési- 
gner P « oncle maternel » ; c’est ce que l’on observe dans 
v. pruss. awis, lit. avÿnas, v. si. u/l ; v. irl. aue « petit- 
fils » semble dérivé de *awa. En italo-celtique, un dérivé 
en *-en-, élargi de façons différentes en latin et en cel- 
tique, a le sens de « oncle » : gall. ewythr, bret. eontr , 
lat. auonculus ; le thème on -en- se voit aussi dans le 
composé germanique représenté par v. h. a. ôheim, v. 
angl. éam « oncle ». Lat. abauus « trisaïeul » est, pour la 
forme, à auus ce que v. perse apanyàka « arrière-grand- 
père » est à nyâka « grand-père ». L’emploi du pré- 
. fixe pro- dans proauus se retrouve dans d’autres 
langues : skr. prapitamahd, gr. 7rp6mx7rTccx;, 7cpoTOXT<op, 
si. pradioü. 

auxilium : v. augeô. 
auxilla : v. aulla. 
axàmenta, axfire : v. aïô. 
axëdfi, -finis : v. axis. 
axilla, -ae : v. àla. 

axifi, -finis m. : hibou (Plin. 10, 68 ; 29, 117). — M. 
L. 843. 

1. axis, -is m. (avec à d’après les grammairiens) : 
essieu, axe ; et en poésie « axe du monde, pôle » (à l’imi- 
tation du gr. £Ç<ov), d’où « ciel, climat ; orbe d’une vo- 
lute ». — Ancien (Caton), technique. M. L. 845. 

Dérivés : axiculus : essieu, et axiculàrius ; axeârius 
(Inscr.) ; axêdô f. : cheville, clavette d’essieu (Mar- 


ccll.. Gloss.). Cf. aussi M. L. : *axâlis, 840 ; *oi UU M 

841. B. W. essieu. 

Premier terme de composé dans ax-ungia : graisse S 
pour essieu ; et simplement « graisse de porc ». A basse 1 
époque, le premier terme du composé n’apparaissant ' 
plus, ax- a été assimilé à un préfixe, d’où absungùi 
assungia (Mul. Chir., Diosc.), exungia (Theod. Prise, ii 
19 ; Mul. Chir.), etc. M. L. 846 ; irl. usca. 

Cf. peut-être amb-axium, attesté seulement dans la 
glose de Paul. Fest. 26 : ambaxioque circumeuntes : coter : * 
uatim. 

Lit. aèis , v. pruss. assis , v. si. osï. Irl. aies « voiture » 
qu’on lit dans un dictionnaire moderne n’a guère d’in- 1 
térêt. Le thème *aksi- « essieu * est l’élargissement par 
-i- d’un nom *aks- de 1’ « essieu », dont la forme ancienne 
n’est pas attestée. Mais ce thème est supposé par les j 
autres formes élargies : un élargissement par *-cn- dans 
v. h. a. ahsa et gr. <££oùv (tandis que le dérivé gr. cqjL- a Ç- a 
« chariot » [littéralement « voiture à un seul essieu :»] estl 
tiré de *aks- et non de *aks-en-} ; un élargissement par 
-o- dans la forme indo-iranienne attestée par skr. dk?af i, 
av. aëa-. En latin même, le dérivé âla (de *aks-lâ) est 
tiré de *afcs- ; et lè brittonique a aussi un dérivé en -i- • 
gall. echel « essieu ». V. àla. 

2. axis, -is m. : ais, planche. Peut-être autre graphie $ 
de assis, cf. asser. Le diminutif axula doit de. même se 
lire assula. 

3. *axis, -is m. : sorte de bœuf sauvage, originaire de 
l’Inde d’après Plin. 8, 76. 

*&XÎti& ( axicia , acicia?) f. ou n. pl. : objet de toilette 
féminin : "A. X. de Plt., Cu. 578. Forme et sens obscurs. 
V,ÎE. Leumann, Glotta 11, 188, et 12, 148. 

♦axitifisus, -a, -wn : adjectif attesté seulement dans 
deux fragments de comédies attribuées à Plaute (Astr. 2 J 
Sitel. 1) où il est appliqué aux femmes. Sens incertain ; j 
cf. Van*., L. L. 7, 66 : Claudius scribit axitiosas démons - 
trari consupplicatrices, ab agendo axitiosas. Vt ab una 1 
faciendo, factiosae , sic ab una agendo actiosae ( axitiosae 
A. Spengel) dictaeye t P. F. 3, 6. 

Les gloses ont un substantif axitiô glosé factiô, cf. ) 
GGL V 6, 32. Le rapport avec agô [axim) a peut-être 
été imaginé par les grammairiens pour expliquer un 
terme désuet, de sens oublié. Dérivé de axitia < aimant 
les bijoux »? 

axungia : v. axis 1. 

azaniae, -arum f. pl. : Plin. 16, 107, quae (nuces) se ; 
in arbore ipsa diuisere , azaniae uocantur, laeduntque cetc- 
ras nisi detrahantur. De iÇaCvco, àÇtfcvopai. 

azymus, -a, -um : sans levain. Emprunt au gr.TàÇu- 
poç, particulier à la langue médicale et à la langue de 
l’Église. Une prononciation azimus est attestée par les 
graphies des gloses. Les poètes latins scandent le mot 
avec la seconde syllabe brève, sans doute pour conser- 
ver l’accent grec sur l’initiale.îLes formes romanes re- 
montent soit à dzimus, soit à azimus. M. L. 850. 


B 


3T 


t a sonore simple b était à peu près inusitée à l’initiale 
( l’un mot indo-européen normal. Tous les b initiaux 
résultent donc de phénomènes postérieurs à l’époque 

indo-européenne. 

Quelques-uns proviennent d’innovations phonétiques : 
•dw- a passé à b- au cours de la période historique du 
latin (v. bonus) ; ailleurs, il y eut des assimilations, ainsi 
dans bibô et barba. 

plupart des mots à b initial n’ont pénétré que 
secondairement, dans des onomatopées ou tout au plus 
dans des mots populaires expressifs tels que balbus, 
bucca, broccus , ou par ' emprunt, ainsi bâca , buxus, 
ou sont d’origine dialectale, comme bôs, etc. D’autres 
enfin ne sont que des transcriptions de mots étrangers, 
sans existence réelle en latin. 

Dans ces conditions, la lettre b ne contient presque 
pas de verbes et peu de substantifs ou d’adjectifs de la 
langue noble. 

babae : exclamation de la langue comique ; = pa6a(, 
comme papas — mutai ; cf. fr. bah, M. L. 851. 

b&baecalus, -I m.? Origine et sens inconnus ; terme 
d’injure, adressé à des esclaves par un interlocuteur du 
banquet de Trimalcion dans Pétrone, se retrouve dans 
Araobe appliqué à des jeunes gens frivoles et débau- 
chés. De paêal xaXéç (ou xaXôç, suivant A. H. Salonius, 
Comment, in honorera I. A. Heikel, p. 132) « oh le 
beau »? 

babbiae? Plin. 15, 15, quae regiae uocantur (scil. oliuae) 
ab aliis maiorinae ab aliis babbiae (var. bambiae). Mot 
bsque? Le nom propre Babbius est fréquent dans les 
régions de langue osque. 

habit : yocoptqc (Gloss.). Cf. babiger = « stultus », babo 
« interiectio inridentis », babulus (cf. ital. babbio « stul- 
tus »), baburrus « stultus », bauôsus = babôsus?, Vîtae 
patrum 5, 14, 4, et les articles bab , *baba dans M. L. 
852, 853 ; fr. babil , babiller. Formations onomato- 
péiques, cf. (kx&lÇciv, dans Hésychius, et *babbus, M. 
L. 857, nom enfantin du père, ital. babbo, etc. Le type à 
redoublement baba- se trouve dans beaucoup de langues 
pour désigner le « papa » ou la « maman », soit le « bébé ». 
Cf. bambalô. 

biea, -ae f. : 1° baie {d’un arbre ; cf. CGL V 559, 51, 
baeas omnis fructus agrestium arborum). En ce sens, an- 
cien, usuel et classique ; 2° par image, « objet en forme 
de baie, boule », et surtout « perle » (poétique). — Pan- 
roman, sauf roumain. M. L. 859. Celt. : irl. bagaid , 
britt. bagad. 

Dérivés et composés : bàcula : petite baie, M. L. 
873 ; bücâlis ; bdcâlia , -ae f. : laurier à baies ; bâcâtus : 
perlé ; bàcifer. Sur la forme bacca, v. Thés. II 1657, 
14 sqq. 


Les mots qui se rapportent à la culture de la vigne 
et au vin (v. sous uïnum) sont d’origine méditerra- 
néenne. Le rapprochement avec Bdx^oç, divinité thrace, 
est séduisant. D’autre part, Varron dit, L. L. VII, 87, 
que uinum in Hispania bacca. V. aussi bacar. 

bacalusiae, -arum f. pl.?: mot de Pétr. de sens incer- 
tain « folle supposition »? Bücheler rapproche (îauxà- 
Xt)(jux, xaTa6auxdX7)cnç. 

♦bacar? ; uas uinarium simile bacrioni, P. F. 28, 3. 
Cf. dans les gloses bacarioy* urccolï genus », bacarium 
« uâs uînârium » ; bachia (et baccea) : — primum a Bac- 
cho , quod est uinum, nominata ; postea in usus aquarios 
transiit, Isid., Or. 20, 5, 4 (le mot est considéré, sans 
raisons suffisantes, comme celtique par Sofer, p. 165, 
n. 1) ; bacriô, dans P. F. 28, 1, bacrionem dicebant genus 
uasis longioris manubrii. Hoc alii trullam appèüant. — 
Mots non attestés dans les textes, mais demeurés partiel- 
lement dans les langues romanes, cf. M. -L. 860, 862, 
863 b, 866, bacar, *bacca , *baccu, baccea, baccïnum, et 
en germ. : bas ail. bock, v. h. a. bekkin. Cf. Delgado, 
Emerita 14, 123 sqq. 

V. baca. 

bac car, -ris n. (et baccaris, -is f.) ^plante mal déter- 
minée, nard sauvage (Pline 12, 45 ; 21, 29), digitale, 
cyclamen?, employée pour conjurer le mauvais sort. 
Emprunt au gr. fJàxxap, ^dbcxapiç, attesté depuis Vg. 
Les graphies bacchar , baccharis sont tardives. M. L. 
863 a ; irl. bachar. 

bacchor, -iris, -fitus sum, -irl : fêter Bacchus ; par 
suite « être en état d’ivresse ou d’exaltation, s’agiter 
furieusement ou sans frein », etc. Dénominatif propre- 
ment latin tiré de l’emprunt ancien au gr. Bacchus , 
Baccha f. {= Bdocxoç, B&gpj) ; Bacchas m. (écrit bacas dans 
le SCB), passe én irl. bach. Peut s’employer, comme le 
gr. §axxeéco6ai, au passif, surtout en poésie : l’adjectif 
bacchâtus est fréquent dans ce sens. Le verbe est attesté 
dans tout le cours de la latinité, en prose, comme en 
poésie. Conservé dans un parler italien? M. L. 865 a. 

Dérivés : bacchâbundus, sans doute archaïsme re- 
pris à l’époque impériale ; bacchàtiô : états bachiques ; 
et Bacchânâlia n. pi. (formé sans doute d’après Vol- 
cànâlia, Sâturnâlia ; de baccha on attendrait *bacchd- 
lia) : bacchanales ; d’où le singulier bacchànal , comme 
lupanar. — A pris un sens péjoratif qui est resté dans 
l’italien baccano , cf. M. L. 865. Composé : dëbacchor 
(rare). Les autres formes, bacchicus, bacchius , sont 
grecques. 

baecibaQiiiii, -I n. : mot d’argot employé par un des 
convives du banquet de Trimalcion dans Pétr. 61. Il 
est joint l’épithète pulcherrimum , et l’expression désigne 



baccînon 


— 64 — 


65 — 


balüx 


« un beau brin de femme ». Cf. peut-être, pour la seconde 
partie, dpô&xXXoç et, pour la première, bacca. 

♦bacclnon (-nom) : bassin. Cf. Greg. Tur., HF 9, 28, 
clipeum cum duabus pateris ligneis, quas uolgo bacchinon 
uocant. Gaulois? M. L. 866 ; B. W. sous bassin. V. bacar. 

♦baeeolus, -ïm. : mot qu’ Auguste, au dire de Suétone, 
employait pour stultus. Cf. peut-être bacerus « baro foe- 
tus », CGL IV 210, 10 (mais le texte est peu sûr). Gr. (1<£- 
ocqXoçîavec même suffixe que dans corneolus ? 

*baeh : exclamation marquant la joie, d’après Explan, 
in Don. gramm. IY 562, 20. 

bacriô : v. bacar . 

*baeue«I : dans Cassian. Conl. 7, 32, 2, alios ita eorum 
corda quos ceperant inani quodam tumore uidemus infe- 
cisse, quos etiam bacuccos uulgus appcliat... Mot étran- 
ger? 

baculum, -ï n. (et à basse époque bac{u)lus, cf. Thés. 
II 1670, 65 sqq.) : bâton, canne. Ancien et usuel. M. 
L. 874 ; celt. : irl. bacc, bachaU , britt. bagl. B. W. bâcler. 

Diminutif : baciUum { baciUus ) : baguette. Les formes 
romanes remontent à baccülum , attesté à basse époque 
sous la forme bacchillum, CIL VI 18086 ; cf. M. L. 870 ; 
Thés. II 1668, 37 sqq., et dont FI géminé se retrouve 
peut-être dans imbëcillus ; v. ce mot. 

La forme box, GLK, Suppl. 71, 8 : bax, inde fit dimi- 
nituue baculus , sans autre exemple, n’est sans doute 
qu’une imagination de grammairien. 

Le nom grec fWbcrpov, {Jaxnjpla du « bâton », de la 
« canne » livre un radical *bak-, de type populaire en 
indo-européen avec son b et son a , et qui se retrouve, 
avec k géminé, dans irl. bacc « bâton recourbé ». Dans 
bacuium, il y a un suffixe de nom d’instrument comme 
en grec. La géminée attestée dans lat. baccülum rappelle 
la forme irlandaise ; mot populaire. 

♦baditîs : nymphéa. Mot gaulois d’après Marcel. Em- 
pir., Med. 33, 63. 

badins, -a, -ma : bai, brun {de equo) ; cf. Varr., Men. 
358. Terme technique. — Le gentilice Badins ne se 
trouve qu’en territoire osque ; Badusius est ombrien. 
Le correspondant de l’adjectif n’existe qu’en celtique : 
irl. buide « jaune », gaul. Bodiocasses? — M. L. 877, 
passé aussi en grec moderne pdSioç, -Se oç. Cf. basus.î 

bmdô, -are : v. bat. 

baeéê (bitô), -is, ->ere (rare et archaïque ; quelques 
exemples de Plaute, Pacuvius, Varron, celui-ci citant 
sans doute la loi des XII Tables ; il y a peut-être une 
forme déponente baetor ( bîtor ? cf. biti, proficisci , dans 
CGL III 511, 57), cf. Thés. II 1679, 41) : aller. 

Baetô a formé quelques composés, du reste aussi rares 
que le simple et dont certains sont mal attestés : c-, ad 
( ar •-?, cf. arblter ?), €-, re-, im-, per- (cf. P. F. 235, 19, 
perbito , perbüere Plautus pro perire posuti), praeter-, 
inter-, translitéré. C’est de ces composés qu’a été tiré le 
simple bitô , cf. P. F. 31, 28, bùienses dicuntur qui pere- 
grinantur assidue. Un ancien subjonctif-optatif en -s- 
est peut-être conservé dans la glose b assis : îrpooéXOflç 
CGL II 27, 55. 

Les rapprochements qui ont été tentés avec la racine 


? 


du gr. S&qv (dor. fêôcv) supposeraient une origine osco- 
ombrienne (ou latin rural; cf. bôs) du mot; du reste, 
ils sont ‘vagues. L’ombrien a une forme ebetrafe (he-j 
qu’on traduit par in exitüs (?), l’osque un nom propre 
au gén. Baiteis « Baetï ». Lette gàita « fait d’aller» ne 
fournit pas un point d’appui suffisant. 

*bafer (- fra , -frum?) : gros s us, fer inus, agrestis (Gloss.). 
Dialectal et d’origine obscure. Cf. uafer? 

*baia, -ae f. : feuille de palmier. Mot copte cité par 
S* Jérôme, adu. îou. 2, 13, cubile eis de foliis palmarum 
quas baias uocant contextum erat) cf. gr. fiàïç, (3<£ïov. 

*baia, -ae f.? : seulement dans Isid., Or. 14, 8, 40, 
[ portum ] ueteres a baiulandis mercibus uocabant baias , 
ilia declinatione a baia , baias ut a familia , familias . Cf. 
M. L. 882, qui se demande — sans raison, semble-t-il — 
si le mot est ibérique. Il se peut que ce mot soit dû à 
une erreur d’Isidore, qui a pris pour un nom commun 
le nom du port de Baiiae , d’après la glose de Servius, 
ad Ae. 9, 707, ... ueteres tamen portum Baias dixisse. 

tbaiâna (Jaba ) -ae f. : fève de Baies (Apic. 5, 210). 
M. L. 885. De Baiiae. 

bâiulus \baiiu - , bai{i)o-), -I m. : portefaix, d’où le 
dénominatif bài(i)olô ( bâi[i)u -) et ses dérivés, attestés à 
l’époque archaïque et repris pair les archaîsants de 
l’époque impériale et en bas latin ; cf. M. L. 886-888, 
bafulus , -a (b. aquae ) ; bajulâre , fr. bailler , v. B. W. ; et 
celt. : britt. baiol ; bài(i)onula : Isid., Or. 20, 11, 2, — 
est lectus qui in itinere baiulatur. 

Étymologie inconnue. 

*bala, -Suis : pie (cheval) = gr. <paXi6ç. Mot germa- 
nique, une fois dans Ennodius. 

bal&nns, -I f. et m. : 1° gland et toute espèce de fruit 
en forme de gland ; 2° balane, mollusque ; 3° supposi- 
toire. Emprunt au gr.Tpd&avoç attesté depuis Plt. De 
là : balanâtus : balano herba tinctus (époque impériale). 
M. L. 894. Pour Va intérieur, cf. alacer , alapa , etc. 

balstrô, -buis m. : sens exact inconnu. Il est possible 
que le mot ait désigné un acteur de bas étage, cf. Hor., 
S. 1 , 2, 2, mendici, mimae , balatrones , hoc genus omne, et 
Vopiscus, Car. 21, 1, ne patrimonia sua... mimis ac bala- 
tronibus deputarent. Le plus souvent employé comme 
terme injurieux, cf. histriô et le fr. cabotin. Explications 
diverses, et du resté tardives, chez les anciens : bala- 
trones a balatu et uaniloquentia, dit le scoliaste d’Ho- 
race, qui dans un autre endroit le définit : balatrones 
dicuntur rustici ho mines inepti et triuiales , et encore : 
— derisores, liberiores in loquendo , procaciores, abiecti. 
Ailleurs encore le mot est rapproché de barathrum et 
expliqué qui bona sua... in barathrum mittunt. Cf. encore 
le scol. d’Hor., Sat. 2, 3, 166 : P. Seruüius Balatro... 
fuit... tantus deuorator ut simili uitio laborantes bala- 
trones dicti sint. — Attesté depuis Lucrèce ; rare et po- 
pulaire. 

Semble correspondre à un verbe *balatrô, -as comme 
uapidô , -ônis à uapulâre (cf. blaterô), forme sans doute 
onomatopéique (cf. bâlô et lâtrô), rapprochée ensuite de 
barathrum par étymologie populaire. Si le mot appar- 
tient au théâtre, une origine étrusque n’est pas. impos- 
sible ; cf. héstrië. Cff. Sdiulze, Lat. Bigenn. 349. 


jjalbus, -a, -um : bègue. Attesté depuis Lucilius. M. 
L, 898 ; B. W. sous ébaubi ; irl. moderne balb. Fréquent 
c0Tn me cognomen, d’où Baîbius, Balbïnus, Balbiüus , etc. 

Dérivés : balbô , -as (Gloss.), V. fr. bauber\ bolbuttiô , 
balbutié , -is (cf. pour la formation caecütiô , friguUiô , 
etc.), d’où v. h. a. balbzôn. 

Terme expressif, dont d’autres langues indo-euro- 
péennes ont des parallèles : skr. barbarah « bègue » et 
balbalàkaroti « il bégaie » ; serbe blebetâti et r.îào obôliC 
« bavarder » ; lit. blebénti « bavarder ». En grec, « je bé- 
gaie » se dit (3ajj.6a[v<ù ; le mot fi&p&apoc, est du même 
groupe, varié pour la forme comme pour le sens. Voca- 
lisme a de type « populaire », cf. caluüs , etc. Forme à 
redoublement brisé. 

baleâricum (trïticum) n. : sorte de froment, originaire 
des îles Baléares (Plin. 18, 67). M. L. 902. 

balineum, balneum, -ï n. ; pi. bal{i)nea et balinea f. 
(fait sur le type epulum , epulae ?, les deux mots sont 
souvent joints, e. g. Tac., A. 15, 52, balneas et epvlas 
inibat ), d’où un singulier balnea déjà dans Varr., L. 
t,. 9, 68 : bain, bains. Ancien, usuel. Panroman, sauf 
roumain, sous la forme *baneum , M. L. 916 ; B. W. s. u. 
Emprunt ancien au gr. rà PaXaveïov, rà (UaXavcia, le 
terme latin était lauâtrïna , cf. Varr., L. L. 9, 68. La tra- 
dition se partage entre balineum (- neae ) (qui avait l’in- 
convénient d’offrir une succession de trois brèves) et 
balneum. Plt. et Térence emploient balineae ; les dacty- 
liques, balneum. Même hésitation dans les inscriptions. 
Le pluriel a désigné d’abord « les bains publics », et c’est 
la forme la plus anciennement employée ; le singulier 
n’apparaît que sous l’Empire. 

Dérivés : balnéàrius (ancien, classique) et balnedris 
(tardif) ; balneâtor (déjà dans Plt.), sur lequel semble 
avoir été fait tardivement balneô , -as, tous deux pan- 
romans, sauf roumain, M. L. 913-914; balneolum , M. 
L. 915 ; balneâtus ; balneâticus (tardifs) ; balniô , -ire 
et baniô? (cf. Thés. s. u.) ; balnitor (Gloss.), formé 
comme iânitor , olitor, etc. 

Le -ln- de la forme courante balneum était rare en 
latin, d’où ce groupe avait été éliminé anciennement 
(v. tottô) ; la langue populaire a prononcé baneum (- nium ), 
sur quoi reposent les formes romanes et l’emprunt slave 
(v. si. banja , etc.). 

ballaena, b aliéna, -ae (et b allô. Gloss., d’après leô, 
leaenal) f. : baleine. Non pas emprunt au gr. <p<£Xaivot, 
comme le dit Festus, cf. P. F. 28, 6, ballenae nomen a 
Graeco descendit. Hanc iUi «paXaivav dicunt antiqua con- 
suetudine qua Truppév burrum , mSÇov buxum dicebant ; 
mais plutôt mot de même origine (illyrienne?) ; cf. 
Brüch, Glotta 10, 198, et Kretschmer, ibid. 12, 280. 
Déjà dans Plaute. Panroman, sauf roumain. M. L. 910 ; 
irl. balain. 

L’L géminé du latin correspond au X grec; cf. corco- 
dïüus. Pour le b, cf. Brugës (Enn.) = Opuyéç. 

Dérivé : ballaenüceus. 
baUârla : v. bellâria. 

ballista, -ae f. Emprunt technique à un gr. *{ü<xXXmt- 
t<xç issu de paXXlÇeiv. Sur le changement de genre, cf. 
catapulta, coclea, etc. Le mot désigne dans Plaute le 
projectile plutôt que la machine elle-même, qui se dit 


ballistàrium, et. Poe. 201-202, de même que catapulta 
désigne un trait de catapulte. Gu. 689-690. — Forme 
tardive balliétra {et. itsl. balestra) et ballistràrius (cf. 
genesta et genestra; v. aplustra ). M. L. 911 et v. h. a. 
baîstar. 

Dérivés et composés : ballistârius ; arcu-ballista, M. 
L. 618 a, B. W. arbalète, carroballista, manuballista ; 
exballistô, -âs (création plautinienne, Ps. 585). 

ballô, -âs, -aie : danser, baller. Premier exemple dans 
S* Augustin. — Panroman, sauf roumain. M. L. 909; 
B. W. sous bal. 

Dérivés : ballâtor, b allât iô, baüëmatia , ballistia, tous 
de basse époque. — Ballô semble être un emprunt au 
gr. (SàXXco (doublet de to£XX<ù) dans le sens de « dan- 
ser », cf . fiaXXlÇûî (usité en Sicile et en Grande-Grèce) 
qu’on retrouve dans ballistia ; ballëmatia suppose 
*P<xXXi](xdtTtov, diminutif de jMXX'ïjp.a. 

balneum : v. balineum. 

bâlô, -âs, -are (il y a un doublet bëlô attesté dans 
les gloses, cf. Thés. II 1709, 1, auquel remontent les 
formes romanes, M. L. 1021 ; B. W. bêler) : bêler. Usité 
dé tout temps. Le pluriel bâlantës, qui est un substitut 
poétique de oues (Enn., Lucr., Vg.), est peut-être calqué 
sur gr. p.7]xàSeç (Théocr. 1, 87 et 5,100). 

Dérivés : bâlâtus , -üs m. ; bàlàbundus (tardif). 

Un b et un l se retrouvent, autrement disposés, dans 
gr. (üX7}x<£°^ai (avec tj aussi dorien), v. si. blëjati , etc., 
et dans v. h. a. blâzan, m. h. a. bleken (aussi avec b sans 
mutation), lat. blatiô , blaterô ; l est fréquent dans les 
verbes qui indiquent des bruits : cf. cuculâre, ëiulàre, 
gracillare, flëre, etc. Cf. aussi Etym. Magn. t 6 
nxèv tt)ç tcôv 7cpo6aT<ûv <p<ùvïjç; Varr., R. R. 2, 1, 7 : 
(oues) a sua uoce Graeci appéllarunt mêla. Nec multo 
secus nostri ab eadem uoce, sed ab alia littera ( uox earum 
non « me » sed « be » sonore uidetur) oues « ba(e)lare » 
uocem efferentes dicunt, a quo post « balare » extrita lit- 
tera ut in multis. 

balsamum, -In.: baume et « baumier ». Emprunt 
attesté depuis Virg. au gr. pdcXaajiov, lui-même d’origine 
sémitique, dont ont été formés balsamârius, balsameus. 
Passé dans les langues romanes, sans doute par la langue 
de l’Église, M. L. 918, B. W. s. u., et en got. balsan. 

Composés : corpo-, opo-, xylo- balsamum, cf. Nieder- 
mann, Mus. Helv. 1, 231 sqq. 

balteus, -I m. et balteum. n. (les dactyliques usent 
des deux formes suivant les nécessités du vers) : bau- 
drier. Mot étrusque d’après Varr. cité par Charis., GLK 
I 77, 5, balteus masculino généré semper dicitur ut cli- 
peus... Sed Varro in Scauro baltea dixit et Tuscum uoca- 
bulum esse. Cf. calceus, pluteUs, puteus, clupeus, cuneus. 
— Ancien. Panroman. M. L. 919 ; et germ., attesté par 
finn. pelttari « bourrelier », v. h. a. balz, etc. 

Dérivés : balteolus et b. lat. balteô, -âs. 

balüx, -ÜCÎ8 ( bal[l)ûca , -ae) f. :î sable d’or. Depuis 
Pline. Cf. Hesychius potXXexa' t|rôj<pov. Esp. baluz ; cf. M. 
L. 920. Mot ibérique, comme un certain nombre de 
termes relatifs à l’industrie des mines? Cf. Plin. 33, 77, 
palagas, alii palacurnas, iidem quod minutum est balu- 
cem uocant, T 


h&mhaHum 


*basofi 



bamb&Iium (bambi-, bambôrium) , -ï n. : instrument 
de musique, sans doute tambour? Cf. bombus, emprunt 
au gr. p6|x6oç et ses dérivés. Mot tardif (Anthol., Ex- 
plan. in Don.). M. L. 922. 

bainbalô, -finis m. : bègue. Bas latin. Emprunt au 
grec ; cf. pcqxpaXôç, poqi6dtX«v. Lo surnom Bambaliô , 
-ônis est déjà dans Cic., Phil. 2, 90. Cf. bcdbus et habit . 

«bambax? : uniquement sous la forme bambacis , 
glosé lanae similis flôs arboris, cf. Thés. s. u. ; v. bombyx. 

*banc3üis : stratoria sunt bancales , CGL V 624, 14. 
Germanique. M. L. 925, bancale ; B. W. banc. 

hancus, -ï m. : poisson de mer inconnu (Cael. Aur.). 
Conservé en vieux sicilien, cf. M. L. 926. Peut-être dé- 
formation du gr. pdocxoç, autre nom du poisson ôvlaxoç 
« merluche ». 

«bandas, -I m. { bandum n.) : mot de glossaire, germa- 
nique ; cf. got. bandwa « signum ». M. L. 929 ; B. W. 
bande , II. 

♦bannita (Gloss.) : syllaba i. congluttinaiio litierarum 
uel temporum , CGL V 562, 23 ; cf. Carra, de Alphab. 11, 
îittera D omnipotentis habens nomen (cum) 'us' bannita 
iuncta. 

*bannu8, -I (Greg. Tur.) : le Thés, renvoie à Du Cange, 
s. u. bannum. Sans doute celtique. Y. B. W. ban. 

baptizfi, -Us Ibaptidiô, bat(t) izô) : emprunt fait par 
la langue de l’Eglise au gr. fkordÇcj et passé dans les 
langues romanes, comme les dérivés baptismus (-mum), 
baptista, baptistërium (en partie sous des formes sa- 
vantes), M. L. 937 a, 939. Celt. : irl. baithis, bauptaist ; 
britt. bedyddjo. 

Dérivés latins : baptizâtiô , -tor. 

barba, -a© f. : barbe. D’après les grammairiens, e. g. 
Gaper, GLK VII 99, 24, barbam hominum, barbas pecu - 
dum dicimus ; distinction qui est loin d’être observée. 
Cf., toutefois, Colum. 8, 2, 9, paleae gaüinacecrum ex 
rutilo albicantes quae uelut incanae barbas dépendent. — 
Ancien, usuel. Panroman. M. L. 944 ; B. W. s. u. ; celt. : 
britt. barf. 

Dérivés et composés : barbus m. {barba), barbulus , 
-beüus : barbeau, M. L. 950-951 ; barbula : b. hircï == 
iragopôgôn ; barbiô , ~is (rare et tardif, deux exemples) ; 
barbiâ m. : sorte d’oiseau? ; barba ïouis : joubarbe, 
M. L. 4593 ; barbâtus : barbu, d’où à basse époque 
« homme » et « mari », cf. barbati , legitimi , CGL Y 492, 
36 ; panroman, M. L. 946Î; barbàtulus ; barbô , -as 
n’existe que dans le vers dépourvu de sens barbara 
barbaribus barbabant barbara bar bis, C. E. 951 (Pom- 
péi) ; barbitium (Ap. ; cf. capiüitium) : barbiche, M. 
L. 948 ; barbula : M. L. 949 ; barbâtôria : coupe de la 
première barbe (Pétr. ; cf. capillâluriae) ; barbiger ; 
barbitondium (seulement dans les scoliastes de Perse 
et Juvénal ; et barbi-tônsor , - tôn{s)trix , Gloss, du 
moyen âge) ; barbëscô , -is ; imbarbéscâ , imberbis : im- 
berbe. 

Composés littéraires : ahënobarbus ; inlûtibarbus ; 
pexibarbus. Cf. aussi barbustinus ? homo qui fert barbam 
plenam prorisinis (— pruriginis ), CGL V 592, 29. V. 
LOwc, Prodr ., p. 62. 


Mot propre à une partie seulement de l’indo-euro- 
péen ; v. si. brada (r. borodd ), lit. barsdà , v. h. a. bart. 
Le parallélisme de barbâtus avec v. si. bradatü et lit. 
barzdàtas « barbu » est à noter. Le germanique enseigne 
que le primitif était *bhardhâ ; de là devait sortir ital. 
*farfâ , qui n’est pas attesté dans ce qui reste de l’osco- 
ombrien, mais subsiste peut-être dans it. farfecchie 
« moustache ». En latin, *-rf- a passé phonétiquement 
à -rb- et /- initial ai passé à b par assimilation (pas d’as- 
similation dans filter, où le b n’est pas appuyé). 

barbares, -a, -tint : emprunt au gr. -i dice- 

baniur antiquitus omîtes gentes exceptis Graecis. Vnde 
Plauius (Mi. 211) Naeuium poetam Latinum barbarum 
dicit. Fortasse et ob hoc noster apostolus (Paul., ad Rom. 
1, 14) Graecis ac barbaris se debitorem esse fatetur , P. 
F. 32, 14. S’est d’abord dit des peuples autres que les 
Grecs, puis des peuples autres que les Romains. Chez 
les chrétiens équivaut à gentîlis , pâgânus : cf. Lact., 
mort. pers. 5, 6, in templo barbarorum deorum. — An- 
cien, usuel. M. L. 945 ; B. W. sous brave ; barbe II. Celt. : 
irl. barbdr. Barbants étant souvent substantif, la langue 
a créé un adjectif dérivé èarùaricu* .îsubstantivé tardi- 
vement dans les acceptions de barbaricum : 1° cri de 
guerre, 2° terre barbare, 3° au pluriel barbarica : bro- 
deries d’or, d’où barbaricàrius : brodeur d’or. Autres 
dérivés : barbaria (-rwfe) : barbarie ; barbaris mus : bar- 
barisme. V. bcdbus. 

barbus, barbulus : v. barba. 

barea, -a© f. : barque. Bas latin, dérivé sans doute 
de bâris , emprunt au gr. {Bîpiç, lui-même empruntél; v. 
Sofer, p. 111, n. 3, et 175, et Bücheler, Kl. Schr., 3« vol. 
p. 135. 

Dérivés : barcida , barcella (N. Tiron. 110, 14 et 17) ; 

barcàrius (époque impériale). M. L. 952, 953 ; B. W. 

s. u. ; irl. bore ; germ. barke. 

«bareala, -a©? : terme d’injure ou de mépris employé 
par Trimalcion, Pétr. 67. Apparenté à bar gus? Cf. bar- 
ginna , bargenus. Mot de type vulgaire (étrusque?) en -a. 

*b&rd&lla (bardaîa, bardaia , bardea ) : xopoSaûüAç 6p- 
veov, alouette, huppée. Mot gaulois ; cf. bardus « chan- 
teur »? Gloss. 

«bardana, -a© f. : grande bardanc (Ps. Ap. 36, 1. 23) ; 
autre nom de Yherba pcrsônâcia. Lire dardana? 

♦bardia : dans CGL III 432, 9, limât; <po pdç, equa bar- 
dia. Cf. fordus , sous ferô? 

bardoeueullu8, -I m. : manteau gaulois (Martial) ; cf. 
sans doute bardaicus... calceus a gente Bardorum , schol. 
luuen. 16, 13. 

bardus, -a, -nm : lent d’esprit, sot ; — stultus a tar- 
ditate ingenii appellatur... trahitur autem a Graeco , quod 
üli fiapîôç dicunt, P. F. 31, 10. Rare ; mot populaire, 
sans doute emprunté, comme l’indique Festus : « Les 
mots de ce sens sont souvent des emprunts ; cf. ail. stu- 
pid , idiot, kretin » (Niedermann). 

«bardus, -I m. : mot gaulois, cf. P. F. 31,13, — gaüice 
appellatur qui uirorum fortium laudes canit , auquel s’ap- 
parente barditus de Tac., Germ. 3. 

♦bargns, -a, -nin (Gloss.) : dupu-fy;, ingenio carens. Il 


— 67 

faut y joindre sans doute barginna ( barginus , bar gêna, 
bargina ) souvent glosé barbants , et les noms propres 
Bargius , Barginna, étrusques? 

♦bargus, -I m. : échafaud. Seulement dans la loi Sa- 
lique, cf. Thés. s. u. Sans doute mot germanique. 

«baria ( barria , braria) : régula , norma, rubrica , CGL V 
592, 43 ; IV 602, 10. Sans doute gr. papcîa. 

«barinulfif : Serv., G. 1, 109, nam et scrutatores uel 
receptores aquarum aquüices dicuntur , barinulas dixe- 
runt. Cf. Thés. s. u. 

baripe : nom d’une pierre précieuse, dans Pline 37, 

150, nigra sanguineis et cdbis nodis. Dite aussi Vhroptenus 
(Plin., ibid.), et baroptis ( bariptos var.), ïsid., Or. 16, 

1, 5. 

«Bamus : divinité des portes, citée par Tertullien, 
Scorp. 10, à côté de Forculus et Limentinus. Étrusque? 

bàrô : v. le suivant. 

bSrft, -ônis m. : sot, imbécile. Attesté depuis Lucilius 
(uôrê, 1121) et Cicéron; rare. L’â est attesté dans 
Perse 5, 138, où le scoliaste note barones dicuntur serui 
militum qui utique stultiseimi sunt , serui scüicet stulto- 
rum. Mais il est probable que le scoliaste confond avec 
le bàrô classique, qui n’a d’autre sens que celui qui est 
indiqué plus haut et qui rappelle bardus, etc., un bord 
d’origine germanique, auquel se réfèrent et la glose 
d’Isidore, Or. 9, 4, 31, iidem (mercennarii) et barones 
graeco nomine, quod sint fortes in laboribus ; (JaptSç enim 
dicitur grauis, quod six fortis, et celle de CGL V 592, 13, 
barones [bargines xodd.) fortes in betto. Cf. M. L. 961 et 
962 ; B. W. sous baron ; irl. barûn. Au premier se rat- 
tachent bârôsus : ao&xpôç (icoojXôç, et barunculus 

(Gloss.) ; et Bar{r)dnius : étr. paru -7 

barrus, -I m.|: éléphant; cf. Isid., Or. 12, 2, 14, ele- 
phas apud Indos... a uocé\ barrus uocatur. De là : bar- 
riô, -is ; barritus, -üs m: ; barrïnus ; et CGL V 270 bar- 
rans : elefans. Le mot est attesté à partir d’Horace et 
a dû pénétrer avec les éléphants indiens amenés pour 
les jeu x^Elephâs est un mot africain. 

basaltës}: autre forme de basanitis m.,î transcription 
du gr. paoovlTYjç, sans doute d’origine africaine (Plin., 
Isid.). 

bascauda, -a© f. : cuvette. Mot étranger, brittonique 
d’après Martial 14, 99, barbara de pictis ueni bascauda 
Britannis , ] sed me iam mauolt dicere Borna suam ; plu- 
tôt gaulois. Non attesté en dehors de Mart., Juv. et des 
gloses. Cf. M. L. 969 ; B. W. bâche. 

basëîus, -I m. : autre forme de phasëlus, dans Isid., 

Or. 19, 1, 17. 

basilieus, -a, -nm : emprunt au gr. (ktoiXtx6<; « de 
roi », spécialisé dans divers sens techniques : basilicum 
« le coup du roi » (au jeu de dés) ; basilica , terme d’ar- 
chitecture désignant un édifice public (fkxaiXod) <rcoâ, 
basilica Porcia, Iulia , etc.), et spécialement à partir du 
iv® siècle après J.-C., un édifice destiné au culte chré- 
tien. C’est avec ce sens que le mot est passé dans les 
langues romanes, cf. M. L. 972 ; B. W. s. u., et eu irl. 
baslec ; tandis que basilicum (attesté aussi sous les 


formes basilica, basiliscus) a servi à désigner la plante 
dite basilic « regia herbaram », M. L. 973, 973 a ; irl. bas- 
silic. Cf. aussi basiliscus = gr. ^occrtXloxcx; : le serpent 
basilic (Plin. 8, 78). 

Dérivés latinisés : basilicë (Plt.) ; basilLcula (Paul. 

Nol.), basilicàrius (Isid.), subbasilicànus (comme sub- 

rostrânus ), formation plaisante de Plaute. 

b&8is 9 -is f. : base (de statue, de colonne, etc.). Em- 
prunt technique au gr. pàoiç, le mot latin étant fun- 
dàmentum ; demeuré dans quelques dialectes italiens, 
M, L. 975. Peut-être faut-il y rattacher la glose bas(s)iat, 
sustinet, CGL V 492, 40 ; cf. Thés. s. u. 

b&sîum, -I n. (usité surtout au pluriel) : baiser. Em- 
ployé d’abord comme sâuium , avec un sens érotique qui 
n’est pas dans ôsculum , cf. Serv., Ae. 1, 256, sciendum 
osculum religionis esse, sauium uoluptatis, quamuis qui- 
dam osculum filiis dari , uxori basium , scorto sauium di- 
cant. Toutefois, la distinction a tendu à s’effacer, et à 
basse époque bâsium et son dérivé bàsiàre s’emploient 
pour ôsculum , ôsculàrï, cf. Fronton, p. 26, 13, basia pa- 
trem tuum, amplectere ; cf. Haupt, Opuscula II 106. At- 
testé depuis Catulle ; rare (Plt. ne connaît que ôsculâri 
et sâuium). Semble évité par la langue classique, qui 
devait, trouver le mot inconvenant. Bâsium, bâsiâre ont 
seuls survécu dans les langues romanes. M. L. 976 et 
971 ; B. W. s. u. Dim. bâsiolum (Pétr., Apul.}. 

L’apparition tardive du mot laisse supposer un em- 
prunt, celtique? Catulle, qui semble l’avoir introduit 
dans la langue écrite, était originaire de Vérone. 

bassus, -a, -nm (Gloss.) : crassus , non ait us. M. L. 
978 ; britt. bas. Adjectif bas latin, peut-être d’origine 
osque, comme les cognominà Bossus, Bossa, Bassius, 
Bassia , dont les premiers porteurs sont campaniens, 
cf. Hercnnius Bossus Nolanus , ap. T.-L. 23, 43, 9, et 
Thés. II 1781, 31 sqq. Les gloses donnent encore bas- 
sulus, CGL II 400, 12 ; bassilitâs , ibid. 14 ; et les langues 
romanes attestent un verbe *bassiâre , M. L. 977 (en 
face de *altiàre ) ; cf. aussi bassâre dans le latin médiéval ; 
v. B. W. bas, baisser. 

«bassus, -fis m. : substantif peut-être imaginé par Pro- 
bus, Inst. Gramm. IV 115, 31 ; 193, 15 ; 203, 8, pour 
établir une différence entre le nom propre Bossus, -ï et 
le « nomen appellatiuum ». 

bastaga, -a© f. : bagage. Emprunt tardif au gr. fJacr- 
rccff), M. L. 980. 

bastorna, -a© f. : litière, palanquin traîné par deux 
mulets ou par des porteurs ; cf. Isid., Or. 20, 12, 5, et 
Rich. s. u. — De là basternârius (Symm.) : porteur. Mot 
de basse époque, peut-être dérivé de bastum, comme fus- 
terna de fustis, etc.? Le grec a « porter », qui 

est, du reste, sans explication. 

bastum, -î n. : bâton (un exemple dans Lampride). 
Les formes romanes remontent à *bastô, -ônis : it. bas- 
tone, fr. bâton, prov. cat. esp. baston, port, bastào ; bas- 
tum est peut-être à l’origine de fr. bât, ital. basto, proY. 
basta. Cf. M. L. 982, 983 ; B. W. s. u. 

«basas : rufus, niger, CGL V 170, 28. Prononciation 
dialectale ou tardive de badius ? M. L., Thés. s. u., en 
dérive l’esp. bazo, mais ne le mentionne pas dans le 


— 68 — 


69 — 


•betilolen 


bai 

REW 3 . Faut-il y joindre bas us : <paXX6ç (Martyr., GLK 
VII 467, 9)? 

bat : onomatopée, imitant le bruit du bâillement, cf. 
Gharis., GLK I 239, 21, bai : sonus ex ore cornicinis 
lituum eximentis , ut Caesellius V index libro B litterae 
scribii. 

De bal est dérivé un dénominatif *batô, -âs « bâiller », 
qui figure dans les gloses sous la forme badàre , CGL V 
601, 8, ou bdttâre avec géminée expressive [bottai : gi- 
nath, CGL V 347, 50), et auquel remontent les formes 
romanes du type fr. « béer », etc. M. L. 988. Sans rap- 
port avec l’adjectif v. irl. bâùh « idiot », qu’a rapproché 
Thurneysen. 

De *batô a dû exister un nom dérivé *batâc(u)lum 
« bâillement », dont a été formé un second dénominatif 
batàc[u)làre , conservé aussi par les gloses et qui a fourni 
les verbes du type bâiller , M. L. 986; B. W. s. u. De 
batâclâre dérive batâclàtiô , Gloss. Salom. Batâre , batâ- 
culâre , formations expressives, ont éliminé ôscîtâre, qui 
est très peu représenté, et sous des formes altérées, dans 
les langues romanes. 

batia, -a© f. : nom de poisson dans Plin. (une raie?), 
dérivé dans doute de baiis , -is, emprunt au gr. pa-rCç. 

batfilum : v. uatillum . Mais les formes romanes re- 
montent à batillum , *baîîle, M. L. 992, peut-être *batu- 
lus 997. 

hatioca, -a© f. : coupe à vin. Emprunt à une forme 
dialectale (Tarente, Héraclée) correspondant à ion.-att. 
paTtdbo]. Un exemple de Plt. et un d’Arn. On trouve 
aussi baiiola , de même sens (Plt., Colax, frg. l).î 

battuô 5 -is, -ere [battô attesté à partir de Fronton) : 
battre ; quelquefois avec le sens de futuô , Cic., Fam. 9, 
22, 4. Mot rare dans les textes, mais déjà, dans Plaute, 
populaire, technique. Panroman ; gall. bathu « battre 
monnaie ». B. W. battre. 

baituâlia ( botta -) adj. n. pl. (cf. Charis., GLK I 33, 
25 : neutra semper pluralia... baitualia) devenu fémi- 
nin ; baltuàtor. Cf. aussi *battuâculum, M. L. 994-996 ; 
abbatere, Lex Salica 41 add. 1 ; M. L. 11 ; B. W. sous 
abattre ; dëbattuere (sensu obsceno, Pétr.), conbattuere , 
M. L. 2073. Irl. betlim « battàlia »? 

î Rappelle des mots celtiques de sens et de forme dif- 
férents. Pas d’origine connue ; comme dans fut(t)uâ , la 
consonne géminée est expressive. 

î*batulus, -a, -um : Gloss, et gramm., cf. Martyr., 
GLK VII 167, 10, quae nusquam nisi in diuersis cotti - 
dianis glossematibus reperri... batulus p.oyCXaXoç. Em- 
prunt au gr. pdhraXoç, P<£ttccXo<;. 

♦batus, -I : nom de mesure, emprunté à l’hébreu. 

baubor, -âris (et baubô, -âs), -âiï : aboyer. En dehors 
de Lucrèce 5, 1071, ne figure que dans les grammairiens 
et les glossateurs. Le terme Usuel est latrô , -are. M. L, 
1000 a et 1001, *baubulâre. \ 

Onomatopée ; cf. lit. baübti « mugir», baübis ale dieu 
qui mugit », gr. fiaÛÇw, etc. 

baucâlis -is, f . : = gr. pŒox<fcXu; fj. Emprunt tardif. 
Cf. M. L. 1002. 

bauôsus : v. babil. 


baxea, -ae [baxia, boxa) f. : baxias calciamenta ferni- 
narum , ut Varro , dicit , Dub. nom., GLK V 572, 21. 
Déjà dans Plt., Men. 391. Cf. sans doute 7 ràÇ- 
sûu7c687]tov, Hés. De là baxiârius , CIL VI 9604. Même 
b que dans Burrhus , buxus , etc. j 

beber : cf. fiber, M. L. 1012. 

*bebfi, -âs? : Suet. fr. p. 249,3, haedorum bebare. 
Texte très incertain. 

beecus, -ï m. : bec. Mot gaulois, attesté depuis Suét., 
Vit. 18, cui Tolosae nato cognomen in pueritia Becco fixe- 
rai : id uedet gattinacei rostrum. De là le cognomen 
Beccô. Répandu dans les langues romanes, où il a tendu 
à remplacer rôstrum , qui est moins représenté ; cf. M. 
L. 1013. 

belinuntia [bêle-], -ae f. : apoüinâris herba ; jus- 
quiame. Mot gaulois d’après Dioscoride IV 68 RV, et 
Ps. Apul. 4, 26, sans doute dérivé du nom de dieu Bele- 
nos. déformé par étynn popul. en beUinuncius. V. So- 
fer, p. 146, et André, Léx. 

*bellària, -ae [bal-] f. : lychnis ou coquelourde (Diosc.). 
De beüus? 

belliô, -finis m. : on y voit généralement le souci 
(fleur), Plin. 21, 49, mais sa description ne concorde pas 
avec, l’aspect du souci sauvage ; bellis, -idis f. : margue- 
rite (Plin.). Dérivés de bellus ? Cf. xaXXuvrpov, Arist. 

bellua (bêlua), -ae f. (les manuscrits se partagent 
entre les deux formes ; à basse époque, les graphies belaa, 
belba attestent une prononciation dissyllabique, cf. it. 
belva , v. port, belfa, M. L. 1026) : bête, animal (par op- 
position à l’homme). Souvent (mais non nécessairement) 
met en relief la grandeur et la férocité ou l’inintelli- 
gence ; de là le sens de « bête, imbécile » (cf. bëstia) en 
parlant de l’homme. Les adjectifs dérivés sont rares et 
tardifs : bëluînus , bëluîlis , bëluàtüs , bëludsus (Hor., C. 4, 
14, 47, adaptation du gr. peyoocQT7jç, Hom.). L’adjectif 
bëluus glosé OtqpicoStjç doit être refait tardivement sur 
bëlua , comme bëstius sur bëstia. On a aussi bëlütus : bes- 
tiae similis, P. F. 31, 16. Toutes ces formes semblent 
supposer un thème en -u-, dont elles seraient des déri- 
vés. — Ancien, usuel, d’emploi plus « noble » que bëstia. 
Conservé en roum., ital., v. port. 

L ’l géminé de bellua caractérise un mot expressif. 
Le rapprochement, plausible, avec bëstia n’explique rien. 

bellum, -I n. (forme ancienne dueüum dissyllabique, 
trissÿllabique dans Ennius, A. 559, encore bien attestée 
dans les inscriptions, chez les poètes et les glossateurs, 
et dans la locution allitérante domï dueUique ; mainte- 
nue sans variante dans le dérivé perduellis , cf. Thés. II 
1822, 36 sqq. ; cf. aussi duelliô, Dueüôna, etc. De là 
l’étymologie populaire de P. F. 58, 20, dueüum beüum, 
uidelicet quod duabus partibus de uictoria contendentibus 
dimicatur. Inde et perduellio , qui pertinaciter retineî bel- 
lum et l’emploi de dueüum au sens de « combat de deux, 
duel », v. Thés. s. u.) : guerre (terme plus général et plus 
compréhensif que proelium, pugna ; toutefois, les poètes 
l’emploient aussi dans ce sens restreint). Souvent au 
pluriel, la guerre étant quelque chose de complexe et 
de varié. Ancien, usuel; mais n’est pas demeuré dans 
les langues romanes, qui l’ont remplacé par un re- 


éseütant d’un mot germanique ; cf. M. L. 9554 ; B. 
guerre. 

Dérivés : beüô, -âs (et beüor, Vg., Sil.), ancien, clas- 
sique, usuel, qui a de nombreux dérivés : beUâior, 
etc., *bellâtôrium, M. L. 1023 a, et composés, dëbellô, 
rebellé, rebeÜàtor, d’où irl. reabalach ; beüicus (cf. hos- 
ticus, cïuicus), beüicôsus ; Beüôna, ancien Duelâna, SG 


17 ) = strychnon. 

premier terme de composé dans les types littéraires, 
imités des composés grecs en ttoXc|xo- : bellicrepus ; beüi- 
ger; belligerô, -âs, beüigerâtor (archaïque et postclas- 
sique) ; bellipotëns. Second terme dans : 

imbeUis : impropre à la guerre ; per-duéüis : ennemi 
(sans doute * qui per dueüum agit »), terme ancien, cf. 
Varr., L. L. 7, 49, apud Ennium (V s Sc. 336) * quin inde 
inuitis sumpserint perdueüibus ». Perdueües dicuntur 
hostes ; ut perfecii , sic perdueüum, (a per} et dueüum : id 
postea beüum; ab eadem causa facta Duett[£\ona BeUona. 
Perdueüis a été remplacé par hostis dans la langue clas- 
sique et par inimicus ; mais le dérivé perduellio s’ est main- 
tenu dans la langue du droit public pour désigner un 
« acte d’hostilité envers l’État », une « haute trahison », 
cf. Dig. 48, 4, 11 ; rebeüis (postverbal de rebeüô, comme 
trânsformis de transforma). 

Origine inconnue. 


bellus, bellulus : v. bonus. 
î*belsa : uïüa (Virg., Gramm.). Mot gaulois? V. Thés. 


bêlua : v. beüua. 

bene, bemigeus : v. bonus. 

*benna, -ae f. (Gloss.) : chariot gaulois à quatre roues. 
— M. L. 1035, 1037, *benniô\ germ. : v. ang. binn 
« crèche ». Composé : combennô : compagnon de voiture 
(cf. t'compâniô). Mot celtique : gall. benn. V. B. W. banne, 
benne. 

befi, -âs, -âuï, -âtum, -âre : combler [les vœux de] ; 
d’où « rendre heureux ; gratifier, enrichir », b. alqm alqà 
rë. Le verbe semble appartenir à la langue familière 
(archaïque et postclassique, cf. Thés. s. u.). La forme la 
plus fréquente est beâtus, que la langue a traité comme 
un adjectif, isolé du verbe, et pourvu d’un comparatif 
et d’un superlatif fréquemment employés, cf. Thés. II 
1909, 12 sqq. Le sens premier de beâtus semble avoir 
été « comblé de biens, ayant tout ce qu’il lui faut, 
n’ayant rien à désirer » ; e. g. Plt., Tru. 808, puer quidem 
beatu{s)t : maires duos habet et auias duos ; Tér., Ph. 170, 
beâtus ni unum hoc desit ; de là « riche » (se dit des 
hommes et des choses, cf. Thés. II 1917 31 sqq.) et, au 
sens moral, « heureux, bienheureux ». Pris surtout en 
cette dernière acception dans la langue de l’Église, où 
beâtus a servi à traduire poôcdpio c, comme beâtiiüdô, pa- 
xapiorpéç. Irl. biait. 

De beâtus adj. dérivent beâtitâs et beâtiiüdô (ce der- 
nier plus fréquent chez les auteurs chrétiens), qui 
semblent tous deux être des créations de Cicéron, N. 
D. 1, 95. La langue de l’Église emploie encore beâti ficus, 
beâtificô = et ses dérivés ; et Yen. Fort, a 

beâbilis. 

Sans étymologie claire ; v. bonus. 




berbaetum : v. ueruactum. 

*berber : mot du Carmen Aruâle, CIL I* 2, de sens 
incertain. Forme à redoublement, comme Marmar. 

berbex : v. ueruex. 

berula, -ae ( berla , Gloss.) f. : cardamine ; berle (Gloss., 
Marcell.). Sans doute mot gaulois : gall. èe/we.ÎM. L. 
1054. Cf. Cl. Brunei, La berle dans les noms de lieu fran- 
çais, Bibî. Éc. ch. CVII (1947-1948), 2«* livr. 

bfiryllns, bfirallus, -I m. : béryl. Emprunt au gr. (Mj- 
puXXoç. On trouve aussi dans les gloses les formes beru- 
lus , berolus, beriüus, beriüium, et les poètes le scandent 
avec ë. A passé dans les langues romanes, et c’est de là 
que provient, indirectement, le fr. briller. M. L. 1055 ; 
B. W. sous besicles. 

bfis 3 b«88is m. : cf. âs. Désigne les 8/12 (ou 2/3) d’un 
objet, par exemple cette fraction de l’as ou de la livre. 
Monnaie de compte, et non pièce ayant cours. De là, 
bës[s)âlis : laterculi bësalës, Vitr. 5,10,2, d’oùgr. {BfyjaXov 
« brique ». 

Les formes des noms des multiples de l’as ne s’ex- 
pliquent pas bien dans le détail ; v. âs. 

bëstia^ -a© (forme vulgaire besta? douteux, cf. Thés. , 
II 1935, 32 sqq.) f. : bête.Terme ancien, usuel ; synonyme 
populaire de bël[l) ua ; cf. Cic., Off. 2, 14. Sert de cogno- 
men (non bëlua). — Se dit de toute espèce d’animal, 
sauvage ou domestique, tout au moins dans la langue 
familière, quoique les grammairiens et les juristes ré- 
servent plutôt le terme aux animaux féroces terrestres ; 
cf. Ulp., Dig. 3, 1, 1, 6, bestias... accipere debemus ex 
feritate magis quam ex animalis genere. Mais on lit dans 
Caton, cité par P. F. 507, 9, ueterinam bestiam iumen- 
tum Caio appellauit a uehendo ; dans Pétr. 56, mutae bes - 
tiae laboriosissimae boues et oues ; Cic., N. D. 2, 99, quam 
uaria généra bestiarum uel cicurum uel ferarum. Cf., tou- 
tefois, ad bestiâs « aux bêtes féroces » et bëstiârius « bes- 
tiaire ». Souvent terme d’injure comme de nos jours en 
italien ; cf. Plt., Ba. 55, mala tu es bëstia (mais, au re- 
bours de bëlua , le sens de « bête, imbécile » ne semble 
pas attesté) ; de là, bëstiâlis dans la langue de l’Église et 
bas latin bëstius. Usité de tout temps. M. L. 1061-1063 ; 
B. W. s. u. Les emprunts celtiques indiquent ë : v. irl. 
piast, béist, britt. bm/st ; de même bas' ail. bëst ; et la 
transcription grecque p-rçoriou; ; fr. biche. 

Dérivés : bëstiola ( bëstula , bistula. Yen. Fort.) ; bës- 
ticula (Gloss.), bëstiôsus (<£. X. tardif), cf. bëludsus ; 
bëstiâlis , -liter. 

V. aussi bël(l)ua. Pas d’étymologie claire. 

bfifa, -a© f. : bette, poirée. Ancien. — M. L. 1064, 
qui suppose un doublet *betta ; v. h. a. bieza ; irl. bia- 
tuis, etc. 

Dérivés : bëtâceus ; bëtâculus ? ; bëiizô, -âs : Suet., 
Aug. 87, 2, ponit assidue (scil. imperator Augustus)... 
betizare pro languere , quod uolgo lachanizare dicitur. 
— Sur orcibeta, nom d’une plante (la mandragore?), 
dans Isid., Or. 17, 9, 84, v. Sofer, p. 6 (et André, Lex.). 
Peut-être celtique : herba britannica (Ps. Ap.?). Y. 
blitum. 

^betilolea : herba personacia. Mot celtique d’après 
Ps. Apuï. 36, 24. 


Itôtizô 


— 70 — 


— 71 — 


Diana us 


bètizô, -Ss, -fire : v. bëta. 

betulla, -a© f. (les langues romanes attestent betulla, 
*bettulla , *betidlea , *betulus, *betulnea et aussi *bettiu, 
-a, cf. M. L. 1067-1070 a; B. W. s. u.) : bouleau. Le 
mot est gaulois, cf. gall. bed-wen « bouleau », etc. ; l’aire 
de l’arbre (que l’indo-européen connaissait sous un autre 
nom : ail. Birke, etc.) ne s’étend pas à l’Italie, cf. Plin. 
46, 74, betulla : Gaüica haec arbcr mirabili candore atque 
te nuit aie. . . Les noms propres Betullus , Betuîo , Bitulla 
sont celtiques. On trouve aussi dans les gloses les formes 
beta , cf. GGL V 347, 15, beta , berc (= ail. Birke) dicitur ; 
et bitulus , CGL V 402, 69, bitulus, berc. V. bitümen. 

bi- (de dwi-, cf. bis, bïnï) : particule marquant la du- 
plication, servant de premier terme à des composés 
comme bîduum, biennium , bigae, bilanx, etc., cf. Serv., 
Ae. 2, 330 : bipatentibus, quia geminae sunt portae. Et 
quidam « bipatentibus » praesumptum accipiunt, quia bi 
particula non praeponitur neque uerbis neque participiis ; 
nemo enim dicit bipaleo et bipatens . Sed praeponitur ap- 
peïlationibus , ut bipennis. De ces composés, les uns sont 
anciens, ainsiî&îmzw (gr. Séaxnxo ç), bipes qu’on retrouve 
dans skr. dvipdd -, gr. S(7cooç (ombr. du- pur s us « bipe- 
dibus » a une autre forme), les autres sont des copies de 
composés grecs en Si- qu’on rencontre dans les langues 
savantes : rhétorique, poésie, etc., par exemple bige- 
ner = Si-fcWjç, bimaris — 3i6dXaacro<; (Hor., Ov.), bi- 
mâtris = Sijx^rwp (Ov.). Quelques-uns même sont des 
hybrides, e. g. biclinium , bigornas, bisômus. Quelques- 
uns de ces composés, appartenant à dés langues tech- 
niques, ont passé dans les langues romanes : M. L. 1082, 
*bichordium; 1083, bicongius; 1084, *bicornis , -nia; 
1090, biferus ; 1092, bifidus ; 1093, bifurcus ; 1103, bilan- 
cia ; 1107, bïmus; 1109, *binàti \ 1114, 1115, *bîrotium , 
bîrotus ; 1121, bisaccium , etc. 

biceps : cf. caput ; bigae , -arum f. pl. : cf . iugum ; bï- 
mus : cf. hiems. 

Cf. skr. dçi-, lit. dpi-, v. angl. twi-, gr. Si-, et v. bis 
et duo. L’italique a une autre forme sans i de premier 
terme de composé, lat. du- ( du-pîex , etc.), ombr. du- 
{ dupursus , etc.). T 

Dans le premier terme de composé *dwi- et dans l’ad- 
verbe *dwis (v. bis), l’indo-européen avait pp consonne, 
en face du nom de nombre *duwô(ü), *duwo. 

bibô, -1s, bibl (bibitum), bibere : boire. S’emploie 
absolument ou avec complément, cf. GLK Supp. 208, 
36, proprie sunt neutra quae per se plénum sensum habent 
ut uiuo, spiro , sedeo , bibo. Au sens moral : boire les pa- 
roles de ; s’imprégner de. — Ancien, usuel ; panroman. 
M. L. 1074 ; B. W. s. u. 

Bibitum , bibitürus n’apparaissent guère avant le 
m* siècle après J.-C. Dans la bonne langue, c’est pâtum , 
pôtus , pôtürus qui sont employés ; mais bibitum et ses 
dérivés devaient être largement répandus dans la langue 
parlée, comme le montrent les représentants romans ; 
cf. M. L. 1075, bibita; 1076, bibùiô; 1077, bibitor ; 1078, 
*bibitôria ; 1079, *bibitüra; 1080, *bibitus^ 

Dérivés et composés : bibô, - ônis m. : ivrogne (nom 
d’un ver) et bibiô, cf. Isid., Or. 12, 8, 16, bibiones sunt 
qui uino nascuntur , quos uolgo mustiones a musto appel- 
lent ; et Sofer, p. 164 et 175 ; M. L. 1076 a ; bibâx et 
bibâculus adj. ; bibôsus (création de Labérius d’après 


uïnôsus ) ; bibulus ; bibilis (Cael. Aurel.) = -nr<$n(jio<; • 
biber , - ris m. : boisson. Nom postverbal de biber , infi- 
nitif syncopé de bibô (cf. gr. tcîv), fréquemment attesté 
dans la langue populaire, Titin., Com. 78 ; Caton, Orig. 
121 ; Fann., Hist. 2, et condamné par Caper, GLK VII 
108, 10 (cf. agger) ; d’où biberàrius. Cf. Du Cange s. u. 
biberis. Cf. M. L., *abbiberàre « abreuver », v. B. W. 
s. u. Biberius : formation plaisante pour Tiberius (Süét., 
Tib. 42) ; Bibêsia f. : Perediarn et Bibesiam Plautus (Cu! 
444) finxit sua consuetudine , cum inteUègi uoluit cupidi - 
totem edendi et bibendi , F. 236, 24. 

Composés plautiniens : multibibus , merobibus (Cu. 77). 
Verbes à préfixes : com-, i-, im- (M. L. 4279, fr. embu) i 
per-bibô. 

Le b initial de bibô résulte d’une assimilation au b 
intérieur. La forme archaïque du présent de la racine 
i.-e. *pô- « boire » (v. sous pôtus) n’est conservée qu’aux 
extrémités du domaine indo-européen, où subsistent des 
formes particulièrement anciennes : en sanskrit : pibati 
« il boit », et en celtique : v. irl. ibid « il boit », v. gall. 
iben « nous buvons » ; elle offrait un p initial ; l’arm. 3m- 
pem « je bois » paraît offrir le même b intérieur que skr. 
pibati , etc. Le grec a des présents secondaires divers 
suivant les dialectes : ion.-att. 7ifv<a, éol. to&vcû. Le pré- 
sent à redoublement *pibe/o a été fait pour marquer 
l’aspect « déterminé » qui est naturel pour la notion de 
« boire » ; avec ticovco, le grec a marqué cette nuance 
autrement. — Le perfectum latin bibï est une création 
latine tirée de bibô. — Le falisque a pipafo et pafô 
« bibam », mais la ferme en -à- est étrange. 

biceps : v. caput. 

♦bicerres : — SlpuDAoi Sbcpocrooi, CGL II 29, 41 ; et 
aussi bicerra, uestis rufa , IV 26, 8, u. gufa [guffa) uel 
uiüata ; — bigera. Uniquement dans les gloses ; cf. Thés, 
s. u. Hispanique d’après Schuchardt, ZR. Ph. 40, 103. 

bidëns : v. dëns. 
bîduum : v. diës. 
biennium : V. annus. 

biî&riam : en deux parties, des deux côtés. Sur l’ad- 
verbe (attesté depuis Plaute, mais rare), on a reformé à 
basse époque bifârius (Tert.) et, sur cet adjectif le nou- 
vel adverbe bifârië. De même, ambifâriam (- rius ) sont 
des formations récentes, ainsi que les multiplicatifs tri- 
(T.-L.), quadri- (Vairon), septem- (Santra), multi- (Ca- 
ton), omni- (Gell.). Cf. - fàrius , et Ernout, Élim. dial. s. 
u. bifàriam. 

♦biîax : SCxpcopoç, 8i7rpôaci>7roç, Sittôç (Gloss.). — Sans 
doute formé de bi- et de fax formé sur faciès , d’après le 
rapport - spex , speciës. Cf. le composé âtribux , sous bucca. 

bifer : v. ferô. 
bigae : v. iungô. 
bignae : v. genô. 
bilanx : v. lanx. 

bflbiô, -ÏS, -ÏT© : — factum est a simüitudine sonitus qui 
fit in uase. Naeuius (Com. 124) : bilbit amphora , P. F. 
31, 3. Cf. bilbïnus : eïdoç CGL II 29, 57, 


bllis, -is f - (abl. ancien biU ; pluriel rare et tardif) : 
bilé î d’où « amertume, colère » : bilem ex citàre, conti- 
jigre’, âtra bîlis = yxkarfxpTJa. — Ancien, usuel, mais 
-planté par fel dans les langues romanes ; cf. M. L. 
1105 et 3234. 

Dérivés : bîXitàs (Gloss.) ; bïlior, -àris (Gloss.) ; bïlià- 
bundus (Itala) ; bïliôsus (Celse, médecins). 

On ne signale un correspondant qu’en brittonique : 
y com. bistel, bret. bestl. — Pour le nom indo-européen, 
y. fel. 

bïmus : v. hiems. 
bïnï : v. bis. 

birrus, -I ( byrrus ) m. (et birrum , Gloss.) : capote à 
capuchon, en tissu raide et à, poils longs, en usage dans 
toutes les classes sous les derniers empereurs. Sans doute 
mot d’emprunt ; cf. Hesych. fléppov pdpov Sokïô, 0Cp- 
poÇ* 8acru MaxeSôveç; ou plutôt irl. berr, gall. byrr 
< court », qui irait mieux avec la définition de CGL V 
410, 80, byrrus cuculla breuis , et l’épithète gaüicus 
qu’emploie le Schol. de Juv. 8, 145 ; cf. Thurneysen, 
Fetschr. Kuhn, 82. M. L. 1117 a. Sans rapport sans 
doute avec birrus « roux », doublet de burrus attesté 
par les languies romanes ; cf. M. L. 1117. Le gr. (MpP°Ç 
semble emprunté au latin. 

bis (ancienne forme duis citée par Cic., Or. 153 ; cf. 
duidëns, duicënsus , P. F. 58, 19 et 16 ; d’où düllanx. Ve- 
nant. Fort.) : deux fois. Ancien, usuel. M. L. 1119. Ad- 
verbe multiplicatif fréquent avec des noms de nombre 
cardinaux, ordinaux ou distributifs : bis sex , bis sënï , 
etc., d’où bis sextus (et bisextus) : dans le calendrier Ju- 
lien, le jour intercalaire qui tous les quatre ans s’ajoute 
six jours avant les calendes de Mars ; cf. M. L. 1131, et 
bisscxtüis , -e. 

Dérivés : bïnï, -ae, -a (de *dwis-noï). Distributif de 
duo , cf. Varr., L. L. 8, 55, analogon si essent uocabula, 
a duobus duini, non bini , dicerentur, signifiant « deux 
par deux » et « chacun d’eux * ; « paire, couple ». 
S’emploie aussi pour duo, sans valeur distributive, 

. avec les noms sans singulier, bina castra , cf. Serv., 
Ae. 8, 168, bina secundum Ciceronem non dicuntur 
nisi de his quae sunt numeri tantum pluralis, et chez 
les poètes, e. g. Vg., Ae. 1, 313, bina manu... crispons 
hastüia, où Servius note antiquus mos est... bina pro 
duobus poni. M. L. 1111. — De bini dérivent : bïnà- 
rius : double (b. lat.) d’où irl. binait ; bïniô m. : face 
du dé à, jouer où est le nombre de deux (cf. üniô) ; 
pièce d’or valant le double de l’aureus ; *bïnô, -âs : 
travailler la terre pour la seconde fois, biner. M. L. 
1108 (cf. iterâre , tertiàre). — De bïnô sont formés com- 
biné « accoupler, unir, combiner » = ouvôo iàÇu, ouv- 
8ix£Ç<ü (époque impériale), M. L. 2074, d’où combina 
(v. Thés. s. u.), *excombinâre, M. L. 2980 ; *imbïnàre , 
4280. 

Bis a servi également, à côté de bi-, de premier terme 
de composé dans des formations soit savantes et cal- 
quées sur le grec, soit populaires et dont les langues ro- 
manes ont gardé quelques-unes : bisaccia (Gl.) fr. besace ; 
*bisacütus, M. L. 1122. B. W. besaigue ; biscoctum, 1123 ; 
bislûca , 1127; bisluscus , 1128. Les langues- romanes 
attestent un adjectif dérivé *bissus, M. L. 1132 (d’où 
la fr. besson). 



Cf. skr. dvih « deux fois », gr. 8(ç, v. isl. tvis- et arm. 
erkiçs « deux fois » ; v. duo et bi-. 

Lat. bini est une formation nouvelle, faite sur bis, de 
la même manière que terni sur ter. Cette formation rem- 
place le type attesté par v. si. dvoji « bïnï » et par skr. 
dvaydh « double ». La forme à y intérieur géminé, gr. 
8oi<Sç « double », montre la tendance à, rechercher pour 
cette notion un type expressif. — Got. twcihnai, dont 
le sens est proche de celui de bïnï, a le même suffixe. 

♦bison, -ontis m. : bison. Mot germanique, non attesté 
avant Sén. et Plin. 

bitfimen, -inis (i dans Cyp. Gall., Gen. 254, 394) n. : 
bitume. Ancien (Cat.). L’app. Probi, GLK IV 199, 17, 
condamne une forme butumen non autrement attestée ; 
les gloses ont des graphies betumen et uitumen ; cette 
dernière devait correspondre à, une prononciation 
réelle ; car les grammairiens enseignent que le mot doit 
être écrit par un b. M. L. 4138 ; fr. béton, irl. bitomain. 

Dérivés : bitümineus ; bitüminôsus ; bitüminô , -âs ; 
biiüminâlis. 

Si l’on admet que le mot est emprunté à l’osco-om- 
brien, on pourrait peut-être rapprocher la consonne ini- 
tiale de skr. fétu « gomme », v. angl. cwidu « résine », 
v. h. a. quiti « glu, mastic ». Mais Vi resterait inexpliqué. 

Étant donné que, en Gaule, le goudron est retiré du 
bouleau, cf. Plin. 16, 75, bitumen ex ea (sc. arbore betulla ) 
GaUiae excoquunt , le mot semble plutôt emprunté à la 
Gaule. Bitumus, Bituno , Bitunus , -a, Bituoüus sont des 
noms celtiques. D’autre part, bitümen rappelle pour la 
forme tilumen « armoise », mot gaulois dans Pseudo- 
Apulée 10, 18. — Alümen , qui est joint à bitümen par 
Vitruve 2, 6, 1 et 8, 2, 8, a peut-être la même origine. 
V. betulla. 

blaesus, -a, -um : bègue, ou plutôt « qui confond les 
lettres ». Défini : qui alio sono corrumpit Hueras , CGL IV 
211, 27 ; et distingué de balbus dans Ulp., Dig. 21, 1, 
10, 5. Surnom fréquent, notamment chez les Sempronii 
et les Iunii ; se retrouve en osque Blaesius (Blàisiis), et 
peut-être en étrusque Plaisina , Pies nas. Emprunt sudi- 
talique au gr. pXaiaôç « aux jambes torses », puis « à la 
langue qui fourche ».ÎMot de caractère populaire, à 
diphtongue ae ; cf. aeger , car eus, etc. Cf. M. L. 1146, 
fr. blois et bléser ; britt. bloisg, de * blocs icus. 

Cf. sous balbus des mots analogues, de même sens. 

♦blandonia et bla{n)don(n)a : molène. Mot de glossaire, 
sans doute étranger. V. André, Lex. 

blandus, -a, -um : flatteur, caressant (semble peu 
s’employer des animaux et, dans ce sens, se rencontre 
seulement en poésie ; se dit aussi des objets inanimés, 
spécialement de la voix, cf. Thés. II 2038, 79 sqq.). — 
Ancien, usuel. M. L. 1151. Un diminutif blandiccüus 
est dans Fest. 32, 3 ; il suppose un intermédiaire *blan- 
dicus , peut-être issu par haplologie de blandidicus (Pli. , 
Poe. 138), dont dérive le verbe *blandicàre supposé par 
quelques formes romanes, M. L. 1148. 

Dérivés : blanditia (et blanditiës), employé surtout 
au pluriel, M. L. 1150 ; blandior, -iris (et blandiô à 
basse époque, cf. Thés. II 2034, 54 sqq. M. L. 1149 ; 
irl. blanndar < adülâtiO »? ; pour la formation, cf. 
saeuus et saeuiô), ë blandior ; blandulus, M. L. 1150 b ; ' 


7 

blasphëmus 

blandîmentum. Composés archaïques : blandidicus , 
blandiloquus , -loquëns. On peut se demander si le pre- 
mier sens de blandus n’est pas « à la voix caressante » 
et s’il n’est pas emprunté. Blandus est un cognomen 
fréquent en latin, mais surtout avec des noms gau- 
lois. Les dérivés Blandius , Blandinus sont gaulois. 

On a rapproché, d’autre part, les groupes de balbus 
et de blatiô, blaierô, etc. Il s’agirait d’un mot familier 
«t expressif désignant une parole caressante, peu arti- 
culée. 

M&spMmus, -a, -um adj. et blasphëmus , -î m. ; blas- 
phêmia et blasphëmium ; blasphémé, -âs : emprunts faits 
par la langue de l’Église, et latinisés, au grec de l’An- 
cien et du Nouveau Testament : pXdaçTjpoç, pXaaçnjixla, 
pXaoçTjpô. 

De blasphémé ont été dérivés blasphëmàtié , - tor , -trix, 
-bilis. Blasphëmâre , blasphèmia , blasphëmium sont re- 
présentés dans les langues romanes dont les formes sup- 
posent biastimâre avec dissimilation de p{h), peut-être 
sous l’influence de aestimâre. M. L. 1155-1157 ; B. W. 
sous blâmer. 

*Matea, blateia : balatrones (intrusion sans doute fau- 
tive ; ci. blatiô ) et blateas huilas luti ex iiineribus aut quod 
de caîciamentorum soleis eraditur, appellabant, P. F. 31, 

1. blateia , hlaUeia dans la Mulomedicina Chironis au sens 
de « goutte de sang » se rattache plutôt à blatte « pur- 
püra » ; v. plus bas. 

blaterô : v. blatié. 

blatiô, -Is, -Ire (et blaüié) : même sens que blaierô 
auquel le joint Non. 44, 8. De même blaté, -énis (Gloss.) : 
bavard = blaierô. 

blaierô, -às ( blatt -) : — est stulte et praecupide loqui , 
quod a Graeco pxàÇ originem ducii. Sed et camelos, cum 
uoces edunt, blatterare dicimus , P. F. 30, 27. Irl. bladaire 
« adülfitor »? De là : blaierô, -énis, etc., et déblatéré. 
Cf. M. L. 895 sub u. *balat(e)râre. Mots familiers ; sans 
doute onomatopées. V. balbus et blandus. Les gloses ont 
aussi blap[p)ô , -is, ci. ail. plappern. 

Blatiô, comme tous les verbes exprimant un cri, cré- 
ciô, glattié, glôcié, etc., appartient à la 4® conjugaison ; 
la forme blaüié a une géminée expressive; de même 
blaiterô graphie de Festus, quoique Hor., Sat. 2, 7, 35, 
scande Materas (cf. imbec Mus). 

Comme l’a noté incidemment L. Havet, MSL 6, 233, 
blaterâre , blatterare est une ancienne formation en -l- et 
repose sur *blatelàre ; cf. sibilâre, cuculàre , etc. ; v. Job, 
Le prisent, p. 334 sqq. 

blatta, -a© (graphies tardives platta, CGL III 320, 
53, cf. ital. piaitola ; blata) i. : mite, teigne ; blatte. 
Dérivés : blattârius : bon pour les blattes ; blattâria : 
nom d’une plante « phlomis ligneuse » (Pline 25, 108) ; 
*blattula. — M. L. 1158-1159. 

On rapproche lette blakts et lit. blâki « punaise » ; 
mais la forme et le sens font difficulté. 

blatta, -ae f. : purpüra ; dérivé : blatteus : pur pur eus, 
d’où blattea (blatt ia, blatteia, blateia) « goutte de sang », 
Mulom. Chiron., Gloss., cf. Thés. II 2050, 62; blatteuS, 

- âs (Mul. Chir.) ; blattosëmus — pXavrétnjpoç, sërico- 
blaita, etc. Semble, comme le gr. pXaTxrj, un emprunt 


tardif à une langue étrangère. Sur une confusion tardive 
avec braitea, v. Niedermann, Emerita XII (1944), p. 72. 

*blauus, -a, -um : bleu. Adjectif d’origine germanique ; 
premier exemple dans' Isid., Or. 19, 28, 8; v. Sofer, 
p. 108. M. L. 1153 ; B. W. s. u. Cf. flâuus. 

blendius, -I m. : nom de poisson, Plin. 32, 102, qui u 
aussi blandia , 1, 32, 32 ; cf. [ftiwoç. 

blennus, -I m. (Plt., Lucil.) : emprunt au gr. pXewéç 
« qui bave, idiot » (Sophron) ; d’où blenné , blennôsus 
(Gloss.). Le rapport entre blendius et (âXéwoç rappelle 
les doublets mandius et mannus (M. Niedermann). 

blitum, -I n. (bletum, bleta, etc.) : blète, herbe fade. 

De là : bliteus « insipide » et « niais » ; Plt., Laber., cf. 
pXnràç « vieille sotte » (Ménandre). Emprunt au gr. pxl- 
xov, passé dans les langues romanes et confondu avec 
bette ; v. B. W. s. u. ; M. L. 1173. 

♦blutthagio : plante de marais. Mot gaulois d’après 
Marcellus, Med., 9, 132. 

boa (boua, boas), -a© f. : boua serpens est aquatiUs, 
quem Graeci ÔSpov uocant, a quo icti obturgescunt. Cru- 
rum quoque tumor uiae labore collectus boita appeüatur, 

P. F. 27, 27 sqq. La glose semble confondre deux mots 
différents ; cf. Thés. s. u. Les manuscrits de Pline, 24, 

53, ont la forme boa : boa àppeüatur morbus papularum, 
cum rubent corpora. M. L. 1243. 

♦botoa ( bobba ), -a© : nom africain d’une sorte de mauve 
(Soranus 51, 9, et 52, 12). J 

bôca, -a© f. : bogue, poisson de mer, bocas genus pis- 
cis a boando, i. e. uocem amittendo uocatur , P. F. 27, 17. 

Sans doute emprunt oral aü gr. fait sur l’ac- 

cusatif (cf. harpaga). M. L. 1182. 

b5ia,-a© (= boita), usité surtout au pluriel boiae,i. \ M 
sans doute emprunt au gr. poeïou (sc. Sopat) « cour- 
roies de cuir de bœuf » ; a désigné ensuite toute espèce 
d’entraves ou de liens ; cf. P. F. 32, 6, boiae i. e. genus 
uinculorum, tam ligneae quam ferreae dicuniur . Cf. le 
jeu de mots de Plt., Cap. 888, sur Boius et boia : nunc 
Siculus non est, Boius est, boiam terit. Mot populaire 
d’après S* Jérôme, cf. Thés. II 2063, 24 sqq., passé dans 
les langues romanes, M. L. 1190. 

Composé : imboiô, âs (Gloss.). 

bôlëtus, -I m. (béli-, bûli- m. ; usité surtout au plu- ; 
riel) : champignon comestible, oronge ou bolet ; cf. Plin., 

H. N. 22, 92 sqq. 

Mot de la latinité impériale (Sén., etc.). Pline, H. 

N. 16, 31, le range parmi les nouissima gulae irriiamenta ; 
le mot gr. poiXt-ojc; est lui-même tardivement attesté 
(Gaien., Athen.) et peut provenir du latin. Le terme 
générique ancien est fungus. — M. L. 1193 ; v. h. a. bü- 
liî , ail. Pila. 

Dérivé : bélétar , -aris n. (bô-, Anthol. 153, 3) : vase 

à cuire les champignons. j 

bolôna, -a© m. : marchand de poisson (Amob., Don., i 
et Gloss.). Sans doute latinisation d’un mot grec dérivé 
de 06Xoç et de àveïoôoi. Formation populaire eh -a. 

boius, -I m. : jet ; coup de dé ; coup de filet. Par suite : 
profit, gain, etc. — Emprunt ancien, populaire et tech- 


— 73 - 


tioreâs 


• ie au gr. (ïéXoç ; différent de bôlus — pûXoç « bou- 
j”tte » (Marc., Mul. Chir.). Cf. le précédent. M. L. 1196. 

fiolutô, -S8, -St© : stercus ëgerere. Mot de la Mulom. 
Ghiron-, sans doute tiré de £6X itov. Dérivé : bolutâtiô. 

bombus, -ï m. : bourdonnement, bruit. Emprunt an- 
ien (déjà dans Ennius) au grec (36[x6oç. M. L. 1199 ; cf. 
tfombox. Onomatopée fréquente. 

Dérivés et composés : bombé, -énis m. : bourdon 
(Gloss.) ; bombisonus; bombiô, -îs ; bombîtié ; bombizé, 
-zâtiô (P. F. 27, 12) ; bombîscô, -is ; bombüo, -âs ; bom- 
bésus', bombicus ; bombicé, -âs, etc., attestés tous à 
basse époque. 

bombyx, -icis m. ( bombix , bumbix, bumbicis ; bam- 
bis) ■ ver à soie. Emprunt au gr. péjiêoÇ, rapproché par 

l’étymologie populaire ^ cf. CGL II 570, 21, 

bombix : uermis qui a sono uocis nomen accepit ; de là : 
bombulié « cocon » (Eustath.). Les formes romanes re- 
montent à bombix , bombax , attesté seulement dans la 
langue écrite comme interjection empruntée, gr. 0op- 
gdÇ L. 1202 et 1200, bombyceus, et aussi à *bambâx, 
gr. tardif pdqifiaÇ, supposé par la forme bambacis des 
gloses : lanae simües flores arborum; et. M. L. 923. 

bonus, -a, - um (de duenos, duo nus, formes encore, 
attestées à l’époque archaïque cf. Thés. II 2079, 
24 sqq.) : bon. Le comparatif et le superlatif sont em- 
pruntés à d’autres racines : melior, optimus. Le sens est 
proche de celui de « brave » comme pour gr. àyaÛàc, ; il 
y a quelques traces de cet emploi, cf. Brut. ap. Cic., 
Epist. 11, 9, 1, multae et bonae et firmae... legiones; 
Serv., Ae. 1, 195, bonum etiam pro forti dicit Saüustius. 
Souvent employé dans des formules de politesse : uir 
bonus, bone uir (= &* yaOé). Synonyme familier de ma- 
gnas, dans bona pars, senectüs bona, etc. Subst boni = 
ot àyocO 0 ! ; bonum = và àyaôév ; bona ~ xà àyaOà ; 
d’où bonuscula d’après münuscula à basse époque (Cod. 
Theod., Sid.). Bonus s’oppose à malus. Ancien, usuel, 
classique. Panroman. M. L. 1208. Irl. bon. B. W. bon 
et bien. 

Dérivés : bonitâs, M. L. 1206 ; et en lat. pop. bonâ- 
tus : bonasse (Pétr. 74). 

Adverbe : bene : bien (avec e final abrégé, dans un 
mot semi-accessoire, en vertu de la loi des mots iam- 
biques; cf. malë). Dans la langue familière, s’emploie 
avec un adjectif ou un adverbe pour en renforcer le sens 
(cf. l’emploi opposé de male). M. L. 1028. 

De bene est formé l’adjectif benignus que P. F. 30, 12, 
définit justement compositum ex bono et gignendo « d’un 
bon naturel » (cf. Isid.. Or. 10, 24), M. L. 1034.; d’où 
bénignités, défini par S* Jérôme in Gai. 5, 22, uirtus 
s ponte ad benefaciendum expos ita, et que Cic., Off. 1, 20, 
assimile à la benefleentia ou à la liberàliiâs. Benignus 
s’oppose à malignus . Dénominatif tardif : benignor = 
«ô8oxû (Vulg.). 

Les composés en bon- sont rares et tardifs, ainsi bona- 
nimis, bonememorius (tiré de bonae memoriae, cf. Thés, 
s. u., M. L. 1203), bonifaciës, bonifâtus (Gloss., de boni 
fôtï\ cf. Bonïfâtius altéré en Bonifaeius), bonüoquium 
(Cassiod.), bonispêrius (Gloss.), bonôuiràtü (Sid., cf. 
Thés. s. u.). Par contre, bene fournit des composés du 
type bene ficus, beneflcium qui sont usités et classiques, 


cf. M. L. 1032 ; en outre, bene a servi à former des juxta- 
posés, dont peu à peu les éléments se sont soudés, qui 
souvent traduisent des composés grecs en eû-, e. g. bene- 
niintiô — eûayYeX^ojjuxt, beneolentia = evcoSloc, bene- 
placeô — eùSoxcô, benesentiô — eùvoôi, beneuoléns = 
dSçpcov, divouç, benemorius doublet de bonememorius 
(époque chrétienne, avec influence de môs et de morior). 
La soudure est souvent récente et s’est faite dans la 
langue de l’Église, ainsi pour benedicé = eûXoycô (qui 
sert à traduire hébr. brk et en a pris le sens), benedic- 
tié = eôXoYta, cf. M. L. 1029, 1030, irl. bandachaim, 
bendacht ; britt. bendigo , bendith ; benefacié — cùtcoiô, 
benefactum , benefactor , cf. M. L. 1031, en face des formes 
anciennes à apophonie béni ficus, -flcium. Cf. aussi M. 
L. 1205 a, *boniflcâre , britt. benfjyg. 

De bonus existe un diminutif familier, employé à 
toutes les époques : bellus, de *dwenolos, dont la parenté 
avec bonus avait déjà été reconnue par Priscien, GLK II 
80, 7. Bellus s’est d’abord employé des femmes et des 
enfants. Dans la langue classique ne se dit des hommes 
qu’ironiquement : « bellot, joli ». Le rapport avec bonus 
apparaît encore dans certains emplois, e. g. Varr., Mén. 
541, in quo (testamenti genere) Graeci belliores quam 
Romani, où Non. 77, 23 glose belliores par meliores; 
Pétr. 42, homo bellus tam bonus Chrysanthus ; et dans 
l’expression belle habëre (fréquent, cf. Thés. II 1859, 
16 sqq.), etc. En raison de son caractère affectif, bellus 
tend, dans la langue populaire, à remplacer pulcher, 
qu’il a supplanté dans les langues romanes, concurrem- 
ment avec formésus ; cf. M. L. 1027. B. W. beau. En lit- 
térature, traduit le gr. xojjuJkSç. 

Dérivés : bellë ; bellâria, -érum n. pl. : friandises; 
bellârius ; bellidus ; beüulé ; bellitûdô (attesté par P. 
F. 32,. 5) ; bellâtulus (Plt., Cas. 254) ; cf. fr. belette, 
qui a éliminé mustéla (B. W. sous beau). Pas d’exemple 
de *bettitâs. Cf. aussi bellié, bellis. 

Les langues romanes ont isolé bonus, bene et bellus , 
qui étaient étroitement liés en latin et qui sont devenus 
trois mots distincts : fr. bon , bien , beau. 

La forme *da>enos sur laquelle repose bonus ne se re- 
trouve pas ailleurs. Tout ce que l’on peut essayer d’ex- 
pliquer, c’est un élément radical *du-. Si l’on note que 
melior (cf. gr. pdXa) et optumus (v. ops) servent de com- 
paratif et de superlatif, et si l’on tient compte du sens 
d* « utilité, valeur efficiente » qu’a bonus, on est amené 
à rapprocher got. tau j an « tcoixïv., npâaaevi », tewa 
« ordre », gr. Sêvopai, et sans doute véd. dûvah {gên. 
dûvasah ) « hommage », duoasydti « il rend hommage », 
ce dernier mot indiquant un emploi religieux ; le terme 
paraît, en effet, avoir servi dans la langue religieuse : 
dï boni (comme Iuppiter optumus). Le lien avec lat. 
beàre (de *dweyé?), qu’on a supposé, est, en tout cas, 
lâche. 

boô, -fis, -fir© ( bount d’après sonunt, Pacuv., Varr.) : 
i. e. clamare a Graeco descendit, P. F. 27, 14. Verbe ar- 
chaïque et poétique, emprunté au gr. floSv, quoique 
l’étymologie populaire l’ait fait dériver a boum mugiti- 
bus, cf. Varr., L. L. 7, 104 ; Non. 79, 5 ; et la glose boa - 
tus : uox plena siue mugitus boum, CGL IV 26, 37. Une 
forme bouantés est aussi citée, cf. boa et boua. Le com- 
posé poétique reboô est attesté à partir de Lucrèce, 
borefis, -h© m. : vent du nord et région d’où souffle 


— 74 — 


* vent nord, cf. auster. Emprunt au gr. (- lat. 

aquilô) * En dehors de la langue poétique, ou il est fré- 
quent, le mot a dû être usité dans la langue 
et il a passé dans les langues romanes M. L. i2 * 9 - 
dérivés latins sont boreôlis (formé d après australis), 
d’où irî. boreta, et boricus (Prise.). 

borné, -te, -Ire (A V Apul.) : bruire, en pelant ^dra 
fourmis. Cf. borrit : uoce douai, CGL V 563, 33 , et M. 

L. 1250. 

bég, bonis m. f. : 1» bœuf. Terme générique ; en tant 
que tel, anciennement de deux genres, comme ou», 
agnus ; Cf. Varr., L. L. 6, 15, bos lorda, quos fort m 
Centre-, R. R. 2, 117, quoi... feminis bubus (opp. à mû- 
ris) domitur, et l’expression lüca Ms ; on trouve de même 
bôl mas dans les inscriptions et dans lesScriptores rerum 
rusticarum; - 2» poisson (sorte de rate ! cornue); - 
3® b. marïnus , cétacé, autre nom du phoque, cl. de 

St ^ fori^' ^esttsolée eflatin ; aussi la déclinaison 
n’en est pas fixée d’une manière rigoureuse : le datif 
ablatif pluriel est bôbus ou bübus. En outre, un nomi- 
natif bouis recréé sur bouem a tendu de bonne heure à 
se substituer à à*, cf. Thés. II 2135, 59 sqq., pour 
normaliser la flexion ; le génitif pluriel é 

par Varron à côté de louerum , L. L. 8, 74, est dû pe - 
être à l’influence des génitifs en -ârum, -ârum. Cf., tou- 
tefois, anser. - Ancien, usuel. Panroman ML. 1225 
Les dérivés sont en bou- ou bü{b)- : fco(u)ûriu5 - de 
bœuf. Forum boârium ; boàrius : bouvier, M. L. 1180, 

-a lappa : bardane? Pim. 26, 106; bouatim adv , 
boni le n. : étable à bœufs, forme à laquée Varr pré- 
fère bubile, cf. Charis., GLK I 104 28 M. L. 1246, 
irl buaile ; bouïnus : de bœuf, M. L. 424 1 ibowUus , 
BouîUae , -ârum et Bouius , Bouiànus Bouiànum , 
osqtte Bûvaianûd « ad Bouiftnum », cf.encoreM. . 
1244, *bovacea, et bovestris, 1245 ; é^u/a5, M. L. 
1356 ; d’où bübulum « saucisse de bœuf s,bübeüa, cf. 
Soô6eXtt* xpia frkux, Hés. ; bubidinus; bübulàrius , 
Bübâna nom de déesse (cf. Bellôna), cité par S Aug., 
Ci u b. 4, 24 ; bübëtiï lüdi « boum causa celebrati » 
(Plin ) — bübuîcus (avec un ü en face de bübidus et 
des autres dérivés en bü- comme dans hucerda, cf. 
sücerda) : bouvier. D’où bubvlcitor -ans (-<*, Vmrr.). 
L’it. bifolco suppose un doublet dialectal bufvlcus, 
M. L. 1355. — bücètum : pâturage pour bœufs (cf. 
jjorculëtum) ; formation analogique d’après les déri- 
vés de noms d’arbres en -ëtum du type iuncënim (ana- 
lysé faussement iun-cêtum ), etc.; bûcvla (ôu-). gé- 
nisse (le masculin büculus est très rare et tardif), M. 
L. 1370, d’où beugler ; germ. : m. h. a. buckel ; irl. bugul. 
Composés : bouicliium (Sol.) et bMtuda bücïda bib- 
sequa m. : bouvier (tardif ; Apul., Sid.). La langue litté- 
raire a emprunté, en outre, beaucoup de composés grecs 
du type büeerus (= poéx^a;), etc. V. aussi B. W- bu. 

gr< *bostar n.? ; mot de gloss. = bouîle. Cf. esp. bostar, 
port, bottai, M. L. 1228. Le nom propre Bostar est pu- 

La comparaison avec les noms du bœuf dans Ira 
autres langues indo-européennes montre que «. repré- 
sente un ancien •g’bu», qui normalement serait devenu 
en latin de Rome •uôs (cf. uenis). La forme Me présente 


un traitement dialectal de *g«- > b-, attesté en osce- 
ombrien, et qui a dû exister aussi dans certains pariers 
ruraux du Latium ; c’est de ces parlées que le mot a été 
introduit à Rome. L’importance de l’élevage des bovins 
explique cet emprunt, dont l’extension a pu être favo- 
risée en partie parce que bouis , bouem , etc., évitaient 
la répétition de * qui aurait eu lieu dans*aou^, etc. — 

Le mot indo-européen que représente bâs désignait 1 ani- 
mal d’espèce bovine sans acception de sexe. Le nomi- 
natif bôs est fait sur un accusatif *g w ôm qui est conservé 
dans ombr. bum « bouem » et qui répond a yéd. gàm, 
dor. hom. |Jûv, v. sax. ks (cf. dUe fait sur d«m|. Les 
forme du type du génitif bouis , ablatif bous (d ou 1 accu- 
satif bouem fait en latin) répondent û gr. poà; (Pwç), 
véd gdvi (loc.). L’ancien nominatif, skr. gaûh, gr. fioù;, 
n’est pas conservé en latin. Comme le troupeau se com- 
pose essentiellement de vaches, le mot a souvent passé 
au sens de « vache »; ainsi, outre le germanique (ail. 
kuh) dans irl. M, lette gùoos, arm. koo. En latin, lîm- 
portance prise par uocca a déterminé une orientation 
différente. V. si. gooçdo a, au contraire, une valeur géné- 
rale et désigne le « bovin ». — Le bü- de bubidcus peut 
répondre à skr. gu-, par exemple dans cata-guh « qui a 
cent bœufs » ; cf. toutefois sübulcus, s. u. kfl». Le second 
élément du composé est généralement considéré comme 
correspondant au gr. «puXcocôç doublet de <poXaÇ « gar- 
dien ». V. bü-. 

*botontinL hotontonês m. pl. ; sorte do borne, faite 
d’un tas de terre ; cf. Groin. 308, 3, montuxUos plan - 
iauimus de terra , quos botentinos appdlauimus. Unique- 
ment dans les Gromatici. C’est sans i doute Jhdjectd 
substantivé Butunünus (Botontinus, Lib. col. II, p. 262, 
9), dérivé de Butuntï, Butuntum, ville dApulie (Bi- 
tonto). 

♦botrax : autre nom du lézard d’après Isid. 12, 4, 34 
et 35. Sans doute à rapprocher de doublet 

de frkxpow*- Sur les différentes formes du mot en latin 
vulgaire, v. Sofer, p. -103 et 175. 

botnts (botruus), -I m. : grappe, de raisin = ÜM. 
Emprunt augr. pérpm, <!“> » P énétré ,^ a ? s ,c ^ 
par l’intermédiaire de la langue de 1 Église, où le trot 
est fréquent dans des expressions imagées, e. g. K. 
Orig Tract. 6, 73, 15, Christus boiras uuae est «pprita- 
tus II a existé dans la langue parlée une llorme botrl 

{butrô, botrui), -Unis blâmée par l’appendix Prob^GLK 
IY 98 22, botruus non butro ; cf. aussi Cledon., GLli 
35 26*. De là : botrônàiim (Ghiron.), botrônâtué, -Os (Tert. 
Itàlai * à botrus remonte botruôsus , dont un doublet m- 
très», est dans Isidore. A côté de l’italien botro, le» 
formes sardes log. budrone, campid. P 10 ^ 

buirun représentent la forme vulgaire botrô. M. L. s. a. 

1238. 

botuiffiS, -I m. : boudin, cf. Tert., Apoi. 9, bctulos ... 
cruore distensos . Ancien, usuel. M. L. 1241. 

Dérivés : boteüus ( boiellum , buteüum), M. L. 123 , 
B. W. sous boyau ; botvlàrius. ■ 

Sans doute d’origine non romaine; cf. Ghans., 

I 94 14 ut puta Lueanicum , inteüegùur pulmentum ^ 
intestinum, et hic Lucanicus , auditur botulus ud app& 
ratas. Aulu-Gelle, 16, 7, 11, reproche 4 Labénus d avo 




— 75 — 


Ms 


emploi 


botidus au lieu du nom proprement latin far- 


Cl ^ohablement emprunté à Vos que, ce qui, pour un 
*Te «Je cuisine, n’est pas surprenant (cf popïna) ; un 
ter rochement avec got. qipus « ventre », v. h. a. quiti 
»» quod* 71 * iûterior pars coxae », n’est dès lors 

pas impossible. 


bons : v. boa. 


bonâtim : T- bôs. 


boulnor, -Sris ( bobînor ) : = conuîcior. Très rare (Lu- 
*1 gloses), populaire. Forme et sens peu sûre ; origine 
Cl connue ; bouïnàtor (Lucil. qui le joint à tricôsus , et 
Gloss.)- Cf. m&ginor, nâtïnor.] 


(usité surtout au pluriel brâcae, - ârum , avec 
u n doublet bràcës, -um sans doute plus ancien) f. : 
braies. De là : bràcârius ; bràcàtus ; bracîîe (bas latin) : 
ceinture de moine ou de femme. 

Emprunt au gaulois; cf. Diod. 5, 30, 1, dvaÇupî- 
otv dç huîvot (scil. Taûu&rat) pfxixaç îtptxwqfopcôoixjiv 
Déjà dans Lucüius. M. L. 1252, 1258; B. W. braie; 
4281, *imbràcüre. Britt. bragou . Mot celto-germanique, 
dont* il existe des formes à géminée : bracca; cf. Hes., 
ppdxxai* atysto» &<p8épaa Tcapà KéXvocK;, V. isl. brôk f . 
i genouillère », etc. 


brac(é)bium {bracio, Lex Repet. CIL I* 583, 52 ; la 
géminée est attestée par la quantité longue de la pre- 
mière syllabe et par les emprunts celtiques, cf. Thés, 
s. n.), -I n. : bras, membre de devant (patte., pince, etc.) 
d’un animal ; se dit également des branches d’un arbre 
(par rapport au tronc, cf. palma et, inversement, branca ) , 
d’un bras de mer, etc. Dans la langue de l’Église, sym- 
bole de puissance, de force (cf. manus), d’où le surnom 
du Christ bracchium dominé. — Dans la langue vulgaire, 
sur le nom pluriel s’est formé un singulier féminin bra- 
da, cf. Thés. II 2156, 53. — Ancien, usuel. Panroman. 
M. L 1256 ; irl. broc, britt. braich. 


Dérivés : bracchiolum , M. L. 1255 ; brucchiâUs m., 


bracchiàle n. : bracelet, M. L. 1254, et « poignet » ; 
bracchiâtus : branchu. Composé tardif : subbrac{c)hia, 
-tirum, synonyme de Slœ « aisselles » d’après Isid. 11, 
1, 65. M. L. 8350. 


L’emprunt au grec a été vu et expliqué par Festus, 
cf. P. F. 28, 24, brachium nos , Graeci dicunt flpae x^v, 
quod deducitur à *• e - breue, eo quod ab umeris ad 

manus breuiores s uni quam a coæis plantas. Noter le 
changement de genre (influence de fémur , crS«?). Beau- 
coup de noms de parties du corps sont neutres en latin. 

Il n’y avait pas de terme indo-européen pour « bras ». 
Cubitus , lui aussi, est sans doute emprunté. 


♦Mis (-ce»), -cm f. : orge germée, malt. Mot gaulois 
d’après Plin. 18, 62.?Cf. CGL V 616, 26, braess sunt unde 
fu ceruisia. M. L. 1253 ; et 1257, *braciâre. B. W. sous 
brasser. 

brader, -iris, -W : un seul exemple dans Fulg., Âet. 
m und., p. 162, 17, rex potando lassatur , colore torretur , 
bractatur mero. De là bractâmentum, -l du même auteur. 

Cf. imbractum. 

’bridô, -finis m. : jambon. Mot germanique : v. h. a. 


brato * mollet », brât « viande », venu peut-être par le 
gaulois; un seul exemple dans Anthim. M. L. 1259. 

branca, -a© f. : patte. Mot très rare et .tardif ; Gro- 
matici (deux exemples), Aug., Serm. (un exemple). M. 
L. 1271 (fr. branche). Passé en germ. branka « Pranke » 
et en irl. braice. Mot gaulois? 

brandium, -I n. (pran-) : voile pour couvrir les reliques 
(Greg. M.). Emprunt au gr. TupdvSiov, d’origine in- 
connue. 

*bras&s : carbônës , CGL III 598, 7. Germanique. M. 
L. 1276 ; B. W. braise. 

brasslea, -ae f. : chou. Cf. Hes., Pp&na]* xpdp6>), 
’lrocXuoTtu. C’est le terme ancien ; coulis (< cëlis ) n’a 
signifié « chou » que par métonymie. Caton n’emploie 
dans ce sens que brassica. On disait brassicae côliculus 
(Cat., Agr. 158, 1) ou brassicae cdlis (Colum. 6, 6, 1 ; 
Priap. 51, 14), d’où simplement côlis, côliculus qui ont 
fini par détrôner brassica. Ce dernier n’est attesté qu’en 
italien et en sicilien, cf. M. L. 1278, mais passé en irl. 
braissech , en gall. bresych , en serbe bréskva. Sans éty- 
mologie. 

brattea, -ae ( brattia , bractea) f. : feuille de métal, sur- 
tout d’or. Isid., Or. 16, 18, 2, bractea dicitur tenuissima 
lamina auri , dbcè tou (Jpejieroû, qui est èvopaxoTcoièv 
crepitandi, daté tou ^pdcgay lamina. Terme technique 
sans doute emprunté. Attesté depuis Lucrèce. De là : 
bratteâlis (Prud.) ; bratteàtus ; et bratteola , -olâtus ; brat- 
tiàrius : batteur d’or ; bracteoU, ornementa equorum quae 
dicuntur gageüi , CGL V 616, 30; imbraUeê, -âs (Âmm.). 
Origine inconnue ; la forme bractea est due à une fausse 
étymologie. 

♦bratus, -If. : sorte de cyprès d’Asie, décrit par Plin. 
12, 78. Mot étranger (sémitique), non entré dans la 
langue. 

*toegma ( brecma , bricma) n. : ^ oliuaey semina cassa 
et inania , quod uocant bregma , sic Indorum lingua signi- 
fiante mortuum (Plin. 12, 27). Mot étranger, comme on 
voit. Y. Ernout, éd. de Pline, s. u. 

breuis, -e adj. (déjà rapproché do gr. ppocxôç par les 
anciens, cf. P. F. 28, 18) : bref, court (dans le temps 
comme -dans l’espace), opposé à longue. En grammaire 
et en rhétorique, breuis subst. désigne < la brève » ; dans 
la langue du droit, breuis m. (sc. libellas) «liste, agenda » ; 
aussi breue n., cf. fr. « un bref » (d’où breuigerulus) ; 
cf. ail. Brief , angl. brief. 

Breuis s’emploie parfois par opposition à làtus, pro- 
fundus ; mais ces emplois sqnt rares et non classiques. 
Cf. toutefois breuia « bas-fonds », sans doute d’après 
gr. frx&xca. De même, breuis est quelquefois synonyme 
de paruus, propre et figuré. Ancien, usuel. M. L. 1291 ; 
irl. breib. 

Dérivés : breuiter, breuüâs, breuiculus ; breuis , -ds 
et abbreuid : abréger, M. L. 14; breuidrius , d’où 
brcuîdrium, sur l’origine duquel cf. Sén., Ep. 39, 1, 
ratio... quae ntmc uolgo breuiarium dicitur, olirn cum 
latine loqueremur, summarium uocabatur. M. L. 1289. 
Composés grammaticaux correspondant à des termes 
grecs : ampàt-, hi-, per-, gub-, tri- breuis ", breuiloquis 


bria 


— 76 — 


— 77 — 


bugillfi 


(-quus), - loquéns , -loquium, -loquentia — {JpaxuXôyoç, 
-XoyCa. 

L’« est conservé devant *-ghw- ancien comme dans 
îeuis. — Le rapprochement avec fJpaxéç ne va pas sans 
difficultés : (Jpaxôç est inséparable de av. msrszu - « court » 
et de got. gà-maurgjan « raccourcir » ; le (Jp- y repose 
sur *mr- ; il faudrait donc poser que *mr- passe à br- 
en latin, au moins quand une sonore intérieure conduit 
à une assimilation de sonorité, comme dans barba. 

V. brüma. 

bria, -a© f. : Charis., GLK I 83, 6, bria... uas uinarium 
dicitur , unde kebrius et hebria dicitur , hebriosusque et 
hebriosa. Un exemple dans Arnobe 7, 29. Le rapport 
imaginé entre bria et ëbrius n’est qu’une étymologie 
populaire. 

*brieumu8 (-um? ; briginus , Gl.) : armoise (Marcell.). 
Mot gaulois. 

*brldum : plat à rôtir (Anthim.). Mot germanique.! 
Cf. M. L. 1294 a, *bridüa . 

*brigantes : Marcellus, Med. 8, 127, siue uermiculos 
habeant aut brigantes, qui cilia arare et exulcerare soient. 
Gaulois? M. L. 1294 b. 

brisa, -ae f. : marc de raisin (Colum., Gl.). Sans doute 
latinisation de rà {Jpôrca, {Jpûna, thrace? Cf. dejrutum. 
M. L. 1307. Semble sans rapport avec le mot suivant. 

*brÏ8Ô, -Ss : fouler aux pieds ; Brisaeus paler Liber 
cognominatus . . . uidetur ab uua quia uuam inuenerit et 
exprès serii pedibus (bris are enim dicitur exprimere ) , 
Scol. Pcrs. 1, 76. 

Dérivé : brisilis : jragüis, Scol. Hor. Carm. 3, 23, 16. 

Mot sans doute gaulois ; cf. v. irl. brissim. Roman : 
fr. briser , M. L. 1306 et 1310 ; B. W. s. u. 

britannica, -a© f. : plante mal déterminée (Plin. 25, 
20). Féminin de l’adjectif dérivé de Britannia. V. André, 
Lex ., s. U. 

♦brittaneum ( hritaniuni ) : deambulatorium marmora- 
tum (Gloss.). Déformation de prytancum? 

*brittia (britia) : — cressa (= ail. Kressc), Xaçviaxoç 
(Gloss.). V. André, s. u. 

*brittola (- via ), -æ f. : cëpa minuta. Mot de glossaire 
auquel remontent quelques formes romanes ; cf. M. L. 
1315. Le sens de « porrum sectlvum * (ail. Schnittlauch) 
que le mot a en latin médiéval suggère un rapproche- 
ment avec v. si. briti « couper ». 

*broccis f.? : broc, sorte de vase. Transcription du 
gr. Ppoxlç, attestée sous la forme brocc sur les poteries 
de la Graufesenque, plutôt que lat. broccus substantivé. 
Voir B. W. s. u ; M. L. 1920, *brocca. 

broccus, -a, -um ( brocchus ) : Non. 25, 22, brocci 
( bronci codd.) sunt producto ore et dentibus prominenti - 
bus . Varron applique l’épithète aux dents elles-mêmes, 
dentes brocchi. De là, brocc(h) itàs. L’adjectif a fourni de 
nombreux surnoms : Broccus (cf. Labeô), Brocc(h)ius, 

- iànus , -ïna, -ilia, -ilô. f 

Adjectif de forme populaire, à gémination expressive, 
pour désigner une difformité (cf. f. accus, maccus , lip- 


pus). Sans étymologie claire. Cf. irl. brocc « blaireau »? 
Panroman, sauf roumain. M. L. 1319 ; B. W. sous broche 

brfinms, -I m. : odeur fétide ; emprunt bas latin a\j! 
gr. ppâp-oç, dont le dérivé est de forme latine : brômô - 
sus = Pp<ü(xclmÎ7)ç ; cf. aussi exbrômô (ë-) « enlever la mau- 
vaise odeur », Apic., Anthim. ; imbrômidô , -as (Philum.). 

♦brucâriufi, -I m. : Mulom. Chir. 532, spàngiammollem 
aut peneciüum super cdligato et uino bono ocularèm a ut 
brucarium equestrem imponito ne alligaîura codai. — 
Bücheler fait dériver le mot de {Jpouxoç « chenille, sau- 
terelle » (emprunté en bas latin), cf. M. L. 1332, et 
compare x<ûv<»>7«:ïov et culicàre « moustiquaire »? 

brflma, -a© f. : proprement le jour le plus court de 
l’année, dicta, bruma quod breuissimus tune dies est 
Varr., L. L. 6, 8, et P. F. 28, 22 ; solstice d’hiver, cf. 
Yàrr., ibid., a bruma ad brumam ; a bruma àd solstitium, 
D’où « époque du solstice, de l’hiver » (poétique en ce 
sens). — Ancien, usuel. Panroman. M. L. 1335; B. W. 
brume, embrun. 

Dérivés ; brümâUs ; et dans les gloses brümôsus 

brûmârius, d’ôù brûmària : leontopodion (Ps. Ap, 

Vég.) ; brûmària : résina (de rôs) pluuia (Gl.). 

Bràma est sans doute le féminin d’un ancien superla- 
tif de breuis, *breuimus, cf. pour le suffixe îmus, sum - 
mus, etc. 

brflma : emprunt tardif au gr. ppûpcc dont dérivent 
l’adjectif attesté dans les gloses imbrumati, i.-e. incibati , 
et peut-être brümâticus « fastïdiôsus cibï », imbrümâriï, 
même sens; cf. Isid. 5, 35, 6 (qui confond le mot avec 
brüma « hiver »). V; Sofer, p. 35. 

♦brunchus : — urot, CGL V 347, 54 ; vprot, 403, 71, 

« groin ». Gr. (Sôyx°Ç? Campid. brunku ; M. L. 1336. 

*bnmda : caput cerui (Isid.). Mot étranger ; illyrien ;• 
ou messapien, cf. ppévnov dans Strabon VI 282. V. So- 
fer, p. 37. î 

♦brunns rîfuruus (Gl, Reichenau), Germanique ;•» 
semble avoir pénétré en latin vulgaire avant l’an 400 ; 
cf. Brüch, D. JE influes d. germ. Spr. ouf dos Vulgârlat 
p. 87, et Sofer, p. 68. M. L. 1340 ; B. W. brun. 

♦bruscum, -1 n. ; nœud de l’érable, érable moucheté.^ 
Attesté dans Pline : les gloses ont aussi une forme brus 
tum ; cf. ruschis, ruscum et rustum . Mot étranger, peut- 
être celtique? Bruscus est un nom propre celtique. M. 
L. 1342 ; B. W. sous brosse. Le frioul. brush « furoncle » 
présente le même développement de sens que dans /fi- 
runculus. Cf. moüuscum. 

bruscus : v. ruscus. 

. *brflt©8 (I.-e. brûlis avec e pour I ; brûla,, comme nepta),^. 
-ÎS f. : bru ; cf. CGL V 314, 32, nurus, brûla. Mot germa- 
nique, qu’on trouve dans les gloses et dans les inscrip- 
tions tardives de Norique et de Mésie. M. L. 1345 ; B. 
W. sous bru. 

brfltus, -a, -um : lourd, au sens physique, encore^ 
attesté dans Lucr, 6, 105, et que connaît Festus, brutum 
antiqui grauem dicebant, P. F. 28, 23. Mais surtout em- 
ployé au sens moral « lourd d’esprit, stupide », joint sou- 
vent à anima l, d’où brûla, -ôrum. Brütus est fréquent 
comme prénom plébéien ; Brûlulus est osque. 


brûléscô et obbrütëscô, - is , cf. P. F. 201, 29, obbrutuit : 
bstupuù a bruto quod antiqui pro graui, interdum pro 
0 dixerunt. Afranius (426) : non possum uerbum 
s . V, obbrvlui. — Attesté depuis Naevius ; mais manque 
dans Plt., Tér v Catul., Cés., Vg., Ov., Mart., Tac., Suét. 
t dans les discours de Cicéron ; fréquent dans la langue 
j PÉtrlisc. — Formes savantes dans les langues ro- 
raanerM. L. 1348. 

Mot populaire, d’origine sans doute osque, avec b issu 
de g"'- 0° P eut ^ ^ ors approcher lette ë rüis * lourd » 
et le groupe de-grauis. 

bu bua, -a© : mots enfantins pour demander à boire, 
cf L. P- 30 î Non. 81, 1 ; de là uinibua (Lucil.) = 

olvoTté-nÇ- 

bübalus, -I ( büfalus et büfàlï, Ven. Fort. Carm. 7, 4. 
21) m. gazelle, buffle. M. L. 1351 ; irl. buaball , britt. 
bual. Emprunt au gr. pouôaXoç, {ioéêaXu;. 

bübTle : v. bôs. 

bflbinô, -fis, -Src : ~re menstruo midierum sanguine 
inquinare, P. F. 29, 1 ; de là Gloss. Plac. 8, 8, bübinâ- 
rium n. : sanguis qui mulieribus menstruus (-is codd.) 
uenit , composé ïnbübinô dans Lucilius. 

Si l’on admet que le b intérieur est, comme il arrive 
dans des mots ainsi attestés, une graphie de u , il est 
possible de tenir le mot pour emprunté à l’osco-ombrien 
et de rapprocher v. si. govlno « ordure », skr. güthah , 
gütham, arm. ku (même sens). 

♦hubiaî flood (= Flüt), CGL V 404, 35. Lire sans 
doute : bubla, food. Cf. bübula. 

*btt<b>leum : — est genus quoddam uini, P. F. 29, 21. 
Lire peut-être, avec Tumèbe, byblinum, cf. gr. §C6Xi- 
voç olvoç. 

bühfl, -dois (dial, bûfô, bûfus, -i) m. (etf.), hibou, chat- 
huant. Varr., L. L. 5, 75, pleraeque [ aues ]... ab suis 
uocibus... upupa... bubo. — M. L. 1352. 

Dérivé : bübilô, -às (bubuld; cf. iubild, ululô), M. 
L. 1354. Cf. gûfô et büfô. 

Onomatopée. On a de même gr. fJuaç, pî>Ça, pers. 
bûm, et, sans mutation consonan tique, arm. bu. — V. 
aussi bûteô. 

bflbfi, -finis m. : tumeur, chancre. Emprunt au gr. 
(iou&àv; de là bübônàcium (Chiron). 

bubulcus, bflbnlns : v. bôs. 

*bucar : genus est uasis, P. F. 32, 20. Emprunt au 
gr. §oéxcp<oç? Cf., pour la finale calpar. 

bucca, -ae f. : bouche ; synonyme familier de ôs. Em- 
ployé au pluriel, désigne surtout les joues, les mâchoires, 
cf- Plt.,Sti. 724, süffla. . . buccas ; c’est aussi le sens du 
diminutif bucculae , et les gloses l’expliquent correcte- 
ment par yviOoç, genae, maxUXae. 2° bouchée. — An- 
cien, usuel. Panroman. M. L. 1357 ; B. W. s. u. ; irl. 
boccoil, britt. boch, bogail, gr. mod. (Jouxta. 

Dérivés : buccula f . : î° bouchée ; joues (au plu- 
riel) ; 2° mentonnière de casque et tout objet en forme 
<îe joue : boucle, bosse de bouclier, tringle de cata- 
pulte ; tumeur (du cheval) ; (b. lat.) sorte de vase 
(== bucculàre, -is), M. L. 1364 ; buccuientus (Plt.), 


buccôsus (Gloss.) : joufflu ; buccella (b. lat.) : 1° bou- 
chée, miette ; 2° petit pain, M. L. 1359, 1360 (cf. 1358, 
*buccàta) ; bucceüàgô (Plin. Val.) ; buccellàrius (-ris) : 
synonyme tardif de satelles « a buccellis uel bucceüalo 
appeüalus » (Thés.). Cf. buccellâtum : biscuit, pain de 
munition, M. L. 1361 ; ( b)uccellalàriï , - turiï , -tôriï, 
sans doute ancien mot de Ja comédie, conservé par 
les gloses, qui le traduisent par parasitulï ; buccô , 
-ônis m. (et buccus) : grande bouché, bavard, sot ; 
de là : buccô, -às (Gloss.), bavarder, M. L. 1363. — 
*imbuccâre, M. L. 4285. 

Composés : buccifer, dûribuccius , dëbuccellàtus , tous 
rares et tardifs ; àtribux, v. ôter. 

Il se peut que bucca soit d’origine celtique et se soit 
substitué dans la langue populaire à ôs et à gêna comme 
étant plus expressif ; cf. beccus, celtique lui aussi. Buc- 
cus, Buccô, Bucciô sont des noms celtiques ; cf. aussi 
Bucciàcus (uïeus) — Boissy, et Buccelenus dux Franco- 
rum ; Buccioualdus , évêque de Verdun, cf. Greg. Tur. 9, 
23 : Buccioualdus... ferebant enim hune esse superbum, 
et oh hoc a nonnullis buccus ualidus uocitabatur . 

Sans correspondant sûr hors du latin .f 

bfleerus, bfle©rras, -a, -um : aux cornes de bœuf. 
Transcription du gr. (Joôxepoç, (Jouxépaoç, attesté de- 
puis Lucrèce. 

bfiefitum : v. bôs. 

bfleiua, -a© f. : trompette ; Vég., Mil. 3, 5, tuba quas 
directa est appeüatur, bucina quae in semet aereo circuio 
flectiiuA — Ancien, usuel. Les langues romanes attestent 
bûctna et bucina (ce dernier, sans doute, d’après les 
adjectifs en -inus, uaccinus), M. L. 1368; britt. begin, 
germ. v. h. a . buchine. — bücinus m. : joueur de trom- 
pette (forme vulgaire pour *bucen?). — bücinum : 1° son 
de trompette, trompette ; 2° coquillage, pourpre. Déno- 
minatif : bücinô, -às, M. L. 1369 (et dë-, di-bücinô), büci- 
nâtor. Cf. aussi M. L. 1365, *buccttum , v. h. a. bûhhila. 

Mot italique (gr. puxtLrjj est d’origine latine). Sans 
doute composé de bou- et -cana (Cuny, Mél. F. de Saus- 
sure, p. 109 sqq.). 

bflcula : v. bôs. 

buda, -a© f. : ulve, herbe des marais. Cf. Claud. Don. 
Ae. 2, 135, üluam... quam uolgo budam appellent. M. 
L. 1371. V. André, Lex., s. u. 

♦budaina? : i.-c. lingua bubula, CGL III 553, 59 (618, 
8, budama). Autre nom, sans doute, de la buglosse, 
plante. 

♦bnf a, bnf us? : = (Joôttptjotiç dans Diosc. 1, 50, bibi- 
lis cant(hyaridis aut bufis poto additum ( melinum suc- 
currit), où le texte grec porte, 1, 55, Avérai Si npàq 
xavOapC&xç, (Jou7rp-fyjTeiç. 

büfô, -finis m. :1rana terrestris nimiae magniludinis 
(Serv., G. I 184) ; 2° sorex siluestris, àpoupatoç pûç ; 
taupe? M. L. 1374. Irl. buaf. 

Mot dialectal, comme le montre la préservation de f 
intervocalique. Ce mot a dû désigner deux animaux 
différents. Cf. bûbô et le mot précédent. — Onomatopée. 

*bugillfi, -finis m. : bouillon blanc (Marcellus). Mot 
gaulois d’après Bertoldi, Colonie., p. 96, n. 3, 


bulbuS 


— 78 — 


bülfeus, -I m. : oignon (do plante) ; emprunt ancien 
au gr. 0oX66ç. 

Dérivés : bulbulus m. ; bulbôsus , bulbàceus. 

frnlgfl. 3 -ae I. : bulgas Galli sacculos scorteos appettant , 
P. F. 31, 25 ; puis « ventre, utérus ». Emprunt archaïque, 
et sans doute familier (Lucilius, Varron ; repris par Ter- 
tullien)!; bien représenté dans les langues romanes, fr. 
bouge , M. L. 1382 ; et 9649, *bulgtte. Cf. irl. bolg « va- 
lise », bolgain « j’enfle ». V. foîlis. 

bulgigft : v. uuluâgô. 

bftHmus, -I m. : boulimie. Emprunt fait par la langue 
médicale au gr. poéXqjLoç, dont ont été formés, à, basse 
époque, les dérivés latins : bûlïmôsus, bülimô , -às et 
Bûttmiô, -ônis. 

huila, -a© f. : bulle d’air qui se forme à la surface de 
l’eau ; puis tout objet en forme de bulle : boule, tête de 
clou, bouton ; en particulier, bulle d’or ou de cuir que 
les jeunes Romains portaient au cou et dont l’usage 
était d’origine étrusque, d’après Festus 430, 7 ; à basse 
époque, « sceau, bulle ». — Ancien, usuel. Panroman, 
sauf roumain. M. L. 1385 ; v. angl. bido^ irl. bott. 

Dérivés : buUàtus : orné de bulles, de clous, etc. ; 
bulhda (tardif) ; bidlô , -às : bouillonner, M. L. 1386 ; 
bullâtiô ; les langues romanes attestent aussi *butti- 
câre , M. L. 1388 ; B. W. bouger. Cf. peut-être aussi 
buüuca , *bullucea « prunelle », M. L. 1390-1390 a. 

A butta se rattache encore buttiô, -îs : bouillonner, 
bouillir. — Ancien, usuel. Panroman, sauf roumain. M. 

L. 1389. Buttiô est une formation en -iô, comme la plu- 
part des verbes qui désignent un bruit ou un cri : glô- 
ciô , grundiô , uissiô, etc. C’est proprement « faire bou(l), 
bou(l) ». De là : ëbuUià , laisser s’échapper en bouillon- 
nant ; buUttiô ; buttëscô , -is, êbuttiscô et même b. lat. 
buttizô (Chir.) ; subbuttîre , - ttiàre , M. L. 8351-8350 a. 

Mot expressif qui rappelle des mois indiquant une 
protubérance ronde : gr.Î0éX6oç, lit. bûlbé « pomme de 
terre », bumbidas « nœud dans le fil », skr. bulih « puden- 
dum muliebre ». 

Mmanmmg, -a, -um : hybride formé par Varron sur 
le gr. Poûjjuxotcx; (Vg., G. 2, 102), -Ooç. Cf. bûlimus. 

büra, -a© f. et bûris, -1s (acc. bûrim) f. : — dicitur 
pars aratri posterior decuruata, Non. 80, 16. Bûris est 
plus fréquent que büra, attesté seulement dans Varron. 
La coexistence du type en -à- et du type en -i- est carac- 
téristique de certains mots rustiques, cf. rüma et rûmis 
caepa et caepe , ou techniques, cf. prôra et prôris, sus- 
pects d’être empruntés ou d’origine dialectale. M. L. 
1409. Irl. bure , britt. bor. 

bflrifom : incens um, CGL V 272, 43. V. bustum. 

*burh&liaî : — intestina maiora , CGL V 173, 4 ; cf. 

M. L. 1400. 

burburismug, -I ra. : gargouillement. Très tardif ; de 
gr ^opCopuyjxéç déformé d’après les autres noms de ma- 
ladies en -ismus. 

burdit : <|nqpn<| Bücheler), yotuptq, CGL II 

31, 39. V. le suivant. 

burins, -I ; burid, -dois m. : bardot ; produit du 


croisement d’un cheval et d’une ânesse. Les deux form-, 
sont représentées dans les langues romanes, sauf en j^. I 
main ; M. L. 1403-1405. Cf. germ. : v. h. a. burdihh^ 

Dérivés : burdunculus m. : 1° petit mulet ; 2° langui \j 
de bœuf, plante (Marccll.) ; burdônàrius, burdônicut. 
muletier ; burdâtiô : sorte d’impôt ou de prestation 
(tardif ; Greg. M., Epist., cf. Thés. s. u.) ; et peut-êt^ 
*burdiô , -is, formation plaisante d’après 
« faire le fier », parlant de chevaux ; *bûrdîcàre, M. L 
1402. ' W 

S’y rattache peut-être burdubasta , qu’on trouve dans 
Petr. 45, 11, à propos d’un gladiateur décrépit : « m U ] €t 
de bât » ; cf. bastum, et gr. çopToôaorifcxTiïç? 

Le mot n’apparaît que sous l’Empire et doit être em- 
prunté ; Burdô , Burdônus , Burdôniànus semble appap. 
tenir à l’onomastique celtique ; d’autre part, la double 

flexion est aussi en faveur d’une origine celtique. 

■ 

♦burgus, -I m. : b. lat., e. g. Vég., Mil. 4, 10, castcUutn t ? ;j 
paruolum quem burgum uocani ; Oros., Hist. 7, 32, 12 1 
crebra per limiiem habitacula constituta burgos uol g 0 
uocani (scil. Burgundiones qui inde dicti putantur ). M. 

L. 1407 ; B. W. bourg. Irl. borcc, britt. bore' h, bourcK ’ù, 
etc. 

Dérivé : burgàrius. 

Mot évidemment germanique ; la glose izbçrfoq, haec 
turris, burgus , CGL II 426, 46 ; 570, 24, burgus, turria 
est un rapprochement de lettré. V. toutefois E. Pen- 
ninck, L'origine hellénique de « burgus », Latomus IV, ■* 
p. 5 sqq. 

♦bürieus (- ichus ; burricus }, -I m. : bourrique, petit 
cheval ; synonyme de mannus. Mot bas latin et vul- 
gaire, cf. Porph., Hor. C. 3, 27, 7, manni equi dicuntur . 
pusiîli quos uolgo buric{h)os uocani. On trouve aussi dams 
les gloses la graphie brunicus , d’après le germ. brun? a 
V. Sofer, p. 68. Les formes romanes remontent à *burric- } 
eus , v. M. L. 1413, et peut-être aussi à *burrus. Sans i 
doute emprunté, comme cabattus, canthirius , mannus. 

Les Bürï (poopoi) sont une peuplade de Germanie, cf. S 
Tac. , Germ. 43 ; une expeditio Burica est mentionnée 
CIL III 5937 ; Buricus flgnre comme cognomen CIL X •=$ 
8059, 36 ; XII 2525 ; VIII 11400 (et 12390?) ; et le sens 
de büricus correspond bien à la description des chevaui 
germains que donne Tacite, Germ. 6. V. B. W. sous 
bourrique. 

burra, -a© f. (b. lat.) : bourre, laine grossière. De là: ; > 
chose grossière ou sans importance. M. L. 1411 ; 1414, 
*burrio ; 1415, *burrula. Peut-être féminin substantivé 
(burra sc. làna) de l’adjectif burrus ? Cf. toutefois rebur- 
rus. Il est difficile d’y rattacher *burrâgô « bourrache », y 
cf. M. L. 1412 ; B. W. s. U., et bourgeon. 

burrus, -a, -um : roux. Emprunt populaire ancien au — r 
gr. iroppéç ; v. P. F. s. u. battaena ; et Cic., Or. 160, Bur- 
rum semper Ennius dixii , numquam Pyrrhum. Cf. aussi 
la glos 3 du Pseudo-Placide : Burrae Vatroniae : fatuae 
ac stupidae , a fabula quadam Vatroni auctoris quam 
Burra inscripsit; uel a meretrice burra (Lindsay, Class. 
Quart. 23, 31). Comme adjectif, le mot n’est plus attesté 
que dans les gloses, mais il subsistait dans la langue rus- 
tique, cf. P. F. 28, 9, burrum dicebant antiqui quod nune 
dicimus rufum, unde rus tic i burram appettani buculam 


— 79 


sirum habet rufum. Pari modo rubens cibo ac po- 
Qf* ** prandio burrus appeüaiur: — Les gloses pré- 
***? t souvent la forme birrus, qui est confirmée par 
8eI î naues romanes ; toutefois, en dehors de l’ital birro 
lfl8 l ^ün », les dérivés présentent des sens éloignés 
1 J**?’ barrette, béret), et il y a peut-être là un autre mot, 
( ^ ’ r 4117 et 1416, et B. W. s. u. ; v. encore *bürius , 

(f. 

^I>o burrus dérive un adjectif burrànicus substantivé, 
té par F * 33, 4 : burranica potio appeüaiur lacté 
sapa, a rufo colore quem burrum uocani ; et 32, 

M - burranicum genus uasis. 

Le passage de « à b (cf. buxus ) indique peut-être que 
1 mot n’aurait pas été emprunté directement au grec 
par les Latins. V. Emout, Aspects , p. 30. 

burs *9 ” ae : bourse (Gloss.). Emprunt tardif et 
populaire au gr. la graphie avec y est une gra- 

phie savante ; les formes romanes attestant bursa, M. 
I 1432 ; B. W. s. u. 

bustum, -In.: — proprie dicitur locus in quo mortuus 
est ombustus et sepultus dicüurque bustum, quasi bene 
Utium; ubi uero combustus quis taniummodo , alibi uero 
et sepultus , is locus ab urendo ustrina uocaXur, sed modo 
butta sepulcra appeüamus , P. F. 29, 7 ; ci. rogus. Fait 
reflet d’appartenir à un verbe *bûrô, tiré de amb-ûrô, 
qiui aurait été analysé en am-bürô, cf. &rô, d'où 4 combürô, 
cf. la glose buium : imbutum ab imbuendo , CGL IV 592, 
20, où imbuere a été découpé im -f- buô. 

Serrius distingue pyra, rogus, bustum, cf. Thés. II 
2256, 27 et 35. Mais bustum (bustus m. à basse époque) 
est devenu rapidement synonyme de tumulus ou de se- 
pulcrum , cf. M. L. 1422. 

Dérivés et composés : bustar, -ëris ; bustiô, -ônis; 
bustô, -às (mots de gloss.) ; bustuàrius : brûleur de 
morts, d’où rôdeur de cimetières (au lieu de Hustà- 
rius , sans doute d’après ossuàrium , cf. Stoîz-Leu- 
mann, Lat. Gr .*, p. 212) ; bustuâlis (b. lat.) ; bustira- 
pus, mot de Plt. qui traduit Tvp&apôxoç ; busticètum 
(Am., Gloss.) : endroit réservé aux bûchers (d’après 
iuncêtum, quercëium. etc.). On trouve aussi dans les 
gloses buratum : incensum, CGL V 272, 43, 444, 9* 
de là *abburàre, M. L. 15. 

bfiteô (-tiô), >51113 m. : buse, busard; butor; bütiô, 
-b : crier comme le busard ou le butor. — Ancien ; figure 


comme cognomen dans les Fast. cos. Capitol, de l’an 507 
de Rome (247 av. J.-C.). Réuni à bübô dans P. F. 29, 
12 : butteo genus auis qui ex eo se alit quod accipitri eri- 
puérit, uastitat isque esse caûsam his locis quae inirauerit, 
ut bubo, a quo etiam appeüaiur buieo. M. L. 1423 ; B. 
W. s. u. 

V. bübô. 

*bu4©0? : buteonem ( bosteonem var.), iuuenem , CGL V 
8, 13. Cf. Thés. s. u. Cf. pour le sens gr. rpiépxrjç? 

buttls, -is f. (et buttia attesté par les langues romanes, 
cf. bûris/bûra, M. L. 1427 et 1425) : petit vase. Mot de 
la basse latinité, peut-être emprunté. Ëtr. puti? Le gr. 
a mrrivT}, tarent, ^urlvrj. Xdtyuvoç I) àyiç Hes. De là : 
bûtticula , bûtticeüa « bouteille », B. W. s. u. ; M. L. 1426 ; 
germ. : v. angL bytt ; celt. : gall. both, irl. puiraic de * but- 
ter icus. 

bottubatts : Naeuius (com. 131) pro nugaioriis po- 
sait, hoc est , nullius dignationis , P. F. 32, 21. Onomato- 
pée ; cf. bvttuUi. 

♦buUim&na (butu-, bvtti-, buta-) : eliodoron, i . posa 
buttunaria , CGL III 623, 31. 

♦buttîittl : \f\luctus quidam (ueVy sçnus uocis effemi- 
natior , ut esse in sacris Anagninorum uocum ueterum 
interprétés dicunt , Charis., GLK I 242. 

iÿïUIffl, -I (buturum ; butirum ; b. lat. bûtyrum ) n. : 
beurré. Emprunt d’abord dans la langue médicale au 
gr.tpoôrupov. Les formes romanes remontent à bûtyrum 
et butürum , bütîrum. M. L. 1429 ; B. W. s. u. ; v. angl. 
bitturé ; v. h. a. butera, etc. 

buxus, -î (-üs) f. et buxum, -I n. : buis (arbre ou 
bois) ; objet de buis, toupie, flûte. M. L. 1430. De même 
origine que gr. 7nS£oç (cf., pour l’initiale, burrus). Sans 
doute venu, avec l’arbre, d’Asie Mineure. A IIu^oûç cor- 
respond Buxentum (= Volcastio) sur la côte de Lucanie. 
Dérivés latins : buxeus, buxïnus , buxôsus ; buxi- 
tum; buxifer; buxiürius ; buxâns, -antis (Apul.). De 
pyxis devenu buxis provient le v. h. a. buhsa (cf. box), 
de l’acc. buxida le fr. boîte, etc., l’irl. bugsa, à côté 
de piosa (de pyxida). 

byssug (bus-, bis-), -I f. (et m. on rencontre aussi bys- 
sum n.) : sorte de lin. Emprunt tardif au gr. pôoooç. Dé- 
rivé : by ss inus. M. L. 1432. 


c 


caballOR, -I m. : cheval, spécialement cheval de tra- 
vail, on cheval hongre, cl. Mart. 1, 41, 20, postes mncere 
Testium CobaUum... non est TesUus Me sed cabaUus 
Comporte souvent une nuance péjorative et appartient 
à la langue populaire, où il est, dès Varron, le substitut 
de equus! Cf. le vers de Perse, Prol. 1, nee fonte Utbra 
prolui cabaüino, où le scoliaste note : caba Utno autem 
dicü, non equino, quoi saliras humüiora consentant et 
l’emploi de equwt, Ov„ R. Am. 394, en face de eoiolius, 
Petr 134 2 dans une même locution proverbiale. 
Attesté depuis Lucilius, mais surtout fréquent dans la 
langue de l’Empire. Panroman, M. L. 1440, et celt. : 
iri.eapaU, britt. cafaU; également passé en si. : v. si. 
kebyta « jument >, et germ. : ail. dial, kib « bidet » 

A basse époque apparaît toute une série de dérivés . 
cabaUa (qui n’a pas supplanté entièrement equa) t, ; 
caballïnus, cahaü&ris (- rius ), cabaUiô, -ônu (— equideus), 
cabaüicô, -àsjcabcdiisia m. (hybride), etc., qui se sont 
substitués aux dérivés de equus dans les langues ro- 
manes, Cf. M. L. 1437-1439; B. W. cheval, chevaucher. 
— Origine discutée; Hesychius a ws&èXkrfi; 

Xtwoç et xa&DOuov, témoignage confirmé par une 
inscription grecque de Callatis (mer Noire) du^iii* siècle 
ayant J.-C. où on lit xaSocXXeTov, cf. Tafrah, Revue 
Arch. 1925, I, 259. Ce mot, qui n’existe ni en pec 
byzantin ni en grec moderne, doit provenir d’une 
langue non indo-européenne, balkanique?, comme mon- 
nuT ou plutôt lydienne. Cf. H. Grégoire, dans 
Études Horatienncs, Bruxelles, 1937, p. 89 sqq., 
et L. Robert, R. Phil. XIII (1939), p. 175 sqq. 
On a supposé également une origine gauloise (comme 
pour carrûs et un certain nombre de mots relatifs à la 
carrosserie) ; v. entre autres J. Roth Les noms du che- 
oal chez tes Celles, C. R. de l’Acad. des inscr., 17, 443. 
Toutefois, les noms gaulois et latins peuvent provenir 
d’une même source ; il s’agirait d’un nom ethnique (ci. 
fr. hongre) qui se serait répandu dans toute l’Europe. 

cabêns&Sj -lusn : prêtres des Fcriae Latinac sur le 
mont Albain. Dérivé de Cab{i)um. 

*cah5, -finis (cabus, cabônus, -ï) m. : cheval hongre? 
Mot de glossaire, dont la réalité a été contestée par 
Cocco, Paideia 4, 347. T 

eaeabfi (caccabë), -is 5 -&r© : crier, en parlant de la 
perdrix (Nemes.). Emprunté au gr. ; cf. Hés., xœo «46a* 
jcépStÇ et xaxxa6tÇ«>- Cf. cacillô. f 

C&eCabïlS, -ï m. : pot, chaudron (attesté dès Varron). 
Emprunt au gr. xdbcxa&oç (qui semble lui-même em- 
prunté au sémitique). 

Dérivés : caccabàceus , -bût us, - bïnus , -bâris ; cacca- 

bulus (tous tardifs). Désigne aussi une herbe glosée 
caccabeUus, -ï m. : Papyr. Marini $0, 2, 11 


(a. 564), caccdbeUo rupto ; cf. v. fr. chachevel « crâne » 
(comme testa), ital. mér. caccaveUa. 

Caccabus , caccabeüus sont surtout représentés en ita- 
lien et dans les langues hispaniques ; cf. M. L. 1444- 
1445. Un double *caccalus est supposé par l’emprunt 
v. h. a. kahhala , ail. Kachel. 

^C&CCÏtus : mot de sens inconnu, appliqué à un jeune 
garçon, Pétr. 63, 3. 

esehinnfi, -Is, -fe s’esclaffer ; éclater de rire. 

Dérivés et composés : cachinnus , - ôiio , -àbihs, - ôsus , 
cachinnô, -ônis, etc.; dicachinnô (Tcrt.). 

Quelquefois, en poésie, employé pour rïdeô, mus, à 
l’imitation du gr. xœx< iÇ«o. I«8 sens de « bruit des vagues », 
Catull. 64, 273 ; Acc. Trag. 573, de cachinnus est secon- 
daire et imité du gr. xa%k<iÇa» (Théocr. 6, 12). Les an- 
ciens y avaient déjà vu une onomatopée, cf. Porphyr., 
A. P. 113 : uerbum secundum évopaTowoitav fictum a 
sono risus. — cachinnus (-num) semble un postverbal de 
cachinnô. 

Adaptation latine, avec -nn- expressif (cf. UnUnnus, 
hinniô etc.), d’un mot expressif indo-européen attesté 
par gr’. xax<£«, xûcx X <iC<o, xoyx^co, arm. xaxanh' . rire 
bruyant » (-an- est un suffixe courant en arménien), 
russe xoxot « rire bruyant », skr. kakhaii, kakkhati « il 
rit », v. h. a. kachaszen , etc. ; le ch semble une graphie 
hellénisante au lieu du c attendu. Les formes romanes, 
sic. skakkaniari , corse kakkand , se laissent difficilement 
ramener au typé latin et, là aussi, il y a eu sans doute 
des adaptations particulières et mélange de la forme 
latine avec le gr. xaYxxXÔi, cf. M. L. 1448. 

e&eillfi, -Ss, «Ir© : caqueter (Anth., Gloss.) ; se dit de 
la poule, comme glôciô, tandis que cucurriô sc dit du 
coq. Onomatopée, cf. Hés.,xœodcC«v vàç ôpviç ràç wpi* 
t b tIxtkv ç6rffop£va«: ’AttckoI, et cacabô. 

Pour la formation, cf .faccüô, frigulâre, püpülâre ; en 
germ. : holl. kakelen, etc. 

eaefi, -5s, -âul, -Stum, -Sr© : transitif et absolu 
« chier ». Mot du langage populaire et enfantin (cf. fr. 
« faire caca »). Ancien. Panroman. M. L. 1443, 2110. 

Dérivés et composés : caeàtus ; cacàtor ; cacàturiô , 
-ïs; concacô ; ciiocacia ( cüocacium ) : carline ou sapo- 
naire, plante purgative (Isid., Diosc., Ps. Apul.) ; dé- 
formé en citococia sous l’influence de coquô « digérer » ; 
caciâtrix. , 

Cf. irl. caccaim «cacfi », id. cacc, gall. cach « merda », 
gr. xoDOüito « cacfi », xtboci] « merda », arm. k'àkor « fu- 
mier » (le k intérieur suppose k géminé), r. kakài' « ca- 
càre » (le slave élimine la gémination), ail. kakken (peut- 
être emprunté au latin). Mot de type populaire indo- 
européen, avec vocalisme a et gémination de la con- 
sonne intérieure (que toutefois le latin ne présente pas). 
Cf. gr. xaxéç? 


— 81 — 


cad fi 


eaculâ, -ae m. : valet d’armée, ordonnance (joint à 
jjiilitâris par Plaute). Mot rare, sans doute de l’argot 
militaire, qu’on trouve dans Accius, Carm. fr. 2, calones 
farnulique métallique (- tel -?) caculaeque , dans Plaute, 
Tri. 721, arguments de Ps. 1, 4 et 2, 13-14 (avec à , cf. 
bindsay, Early lai. Verse , p. 193, sans doute sous l’in- 
fluence de câlô), et qu’il faut peut-être restituer dans 
Cic., Att. 5, 21, 4. On trouve aussi dans des inscriptions 
tardives cocus avec le même sens, CIL VI 1058, 7, 15 ; 
1057, 4, 11 (anno p. C. 210). 

Dérivés : caculor , -àris (Gloss.) ; caculâlus, -ûs 

€ seruitium » ; peut-être aussi cacurius , CIL XI 1039.. 

Mot populaire d’origine obscure. L’étrusque a des 
noms propres latinisés Cac{i)us, Cac{c)a, Cacelius, etc. 
La finale en -a serait en faveur d’une origine étrusquè, 
c f. lixa, scurra, uerna, Caeçina, Mamurra,. etc. 

cacSmen, -inis n. : cime (d’un arbre ou d’un mont), 
pointe; sommet (sens propre et figuré). Mot technique 
de ïa langue rustique (Caton, Colum., Pline), emprunté 
par la langue poétique, non dans Cic., mais se trouve 
dans Cés., B. G. 7, 73. 

Dérivés : cacüminô, -âs : rendre pointu (peut-être 

création d’Ovide), d’où dêcacüminô. 

Cf. skr. kakûd- et kakûbh- « sommet », où le -d- et le 
.bh- doivent être des élargissements (et hébr. qodqôd 
«sommet »? cf. M. Cohen, BSL 85, p. 52). Mots popu- 
laires, à en juger par le vocalisme a et par le redouble- 
ment dans un substantif, et de forme singulière. Pour 
le suffixe, on peut supposer une influence de acümen, 
euhnen. 

*eada 3 -a© : CGL V 14, 34 (Plac.), cadula frusta ex 
adipe : coda enim aruina dicitur. Non autrement at- 
testé ; peut-être imaginaire. 

cadâuer, -ris n. : cadavre. Bien que le terme soit an- 
cien et usuel, il semble pourtant évité (cf. Cic., Pis. 9, 
19, 33, 82) comme trop brutal par certains auteurs, qui 
lui préfèrent corpus {= gr. criôyux), cf. Hier., in Matth. 34, 
28, p. 197, corpus , id est 7rrfi>(xa, quod significanlius latine 
dicitur cadauer ab eo quod per mortem codai. En fait, il 
n’est représenté dans les langues romanes que par des 
formes de caractère savant, cf. M. L. 1450; En latin 
môme, les adjectifs dérivés cadàuerïnus, cadduerôsus 
sont rares. 

Rattaché justement par les anciens à cadô, cf. Ttlirta) 
et 7m5jiŒ. Mais la terminaison est obscure ; v. papâuer. 
De *cadâ-a>es? Cf. Stolz-Leumann, Loi. Gr. 8 , p. 340. 

cadô, cadis, cecîdl, câsnm, coder© (les langues ro- 
manes attestent aussi *cadëre , fr. choir , peut-être sous 
l’influence de iaceô, -ère) : tomber (== gr. ttItxtco qu’il a 
servi à traduire), sens physique et moral; d’où « être 
abattu, succomber », cf. Cic., Ph. 3, 14, 35, ut cum digni - 
taie potius cadamus quant cum ignominia seruiamus ; 
défaillir. Opposé à stô, surgô r orior. A tous les sens de 
fr. « tomber * : « le vent tombe, la pièce tombe ». S’em- 
ploie avec un complément au datif, ou avec in et l’ac- 
cusatif « tomber sur » (d’où « s’appliquer à », Cic., Tu. 5, 
40, Laconis iüud dictum in hos cadere), ou « arriver à, 
échoir » ; avec sub : c. sub sensum. - — Absolument « tom- 
ber», c’est-à-dire arriver inopinément, cf. Tér., Ad. 740, 

** ülud quod maxime opus est iactu non cadit, | iüud quod 
tteidi K forte id arte ut corrigas ; et aussi « aboutir, se ter- 


miner », sens sans doute calqué sur le gr. Ttlvrcca, comme 
. câsus traduit irv&aiç, cf. Cic., Or. 57/ 194, uerba melius 
in sylldbas longiores cadunt ; et similiter cadentia tra- 
duisant ôfioi67TT<ûTa. — Usité de tout temps. Panroman, 
M. L. 1451, et 1452, cadïuus , 1454, cadûcus , mais sup- 
planté par tomber, y. B. W. s. u. 

Dérivés et composés : cadûcus : qui tombe et « en- 
clin à tomber, caduc, épileptique ». En droit « tombé 
en déshérence », d’où cadûcârius « relatif aux biens 
caducs, ou à l’épilepsie »; cadûcia (Gloss.), cadûciter 
(Varr.). Ancien, usuel. Pour la formation, cf. mandô , 
mandücus et fïdücia ] cadiuus (époque impériale) : qui 
tombe de soi-même ; épileptique. Le simple est peu 
usité, mais recidïuus est un peu plus fréquent; v. 
plus loin. Sur la formation, v. entre autres Meillet, 
Ét. sur Vétym. et le çoeab. du v. si., p. 365 ; câsus (cos- 
sus, Quint. 1, 7, 20), -ûs de *kad-tu-s (m.) : « chute, 
fait de tomber (et, par euphémisme, de mourir ) », et 
sens concret « ce qui tombe, accident, chance, occa- 
sion » (souvent avec un sens défavorable). En gram- 
maire traduit 7rrcôaiç « cas », cf. P. F. 51, 5, cas us 
dicimus non modo ea quae fortuita hominibus accidunt, 
sed etiam uocabulorum formas, quia in aliam atque 
aliam cadunt effigiem. Irl. cds. De là, câsuâlis — 7ct<oti- 
x<S<; « casuel, fortuit » et « relatif aux cas ». Il n’y a 
pas de substantif *câsiô, mais occâsiô est fréquent. 
Tardifs : cadàx (cf. catâx) , cadëscô. Pour -cidium, 
- ciduus , v. plus bas. 

accidô, -is : proprement « tomber vers » et « arriver 
par hasard » ; se dit souvent, mais non nécessairement, 
d’un événement fâcheux. Ce sens s’est développé du 
fait qu’une chose qui arrive inopinément est rarement 
agréable, e. g. Plt., Mo. 197, insperaia accidunt magis 
saepe quam quae speres. Les grammairiens codifient la 
différence, e. g. Gaper, GLK YII 98, 8, accidere aliquid 
aduersi diciio, contingere aliquid pulchri ; Agroec., ibid. 
118, 22, contingunt bona , accidunt mala , eueniunt vtraque . 
Mais accidô peut se dire d’événements, heureux (Tér., 
An. 398) ou indifférents (ad Herenn. 3, 15). Dans la 
langue philosophique, accidere traduit oviltxLktziv, ou[a- 
6a£veiv et signifie «s’ajouter à », e. g. Cic., N. D. 2, 82, 
omnium... naturam esse corpora et inane, quaeque his 
accidant. D’où accidêns = oup,6s6rjx6ç opposé à substan- 
tia =s ouata (cf. Quint. 3, 6, 36) ou à proprium, e. g. 
Charis., GLK I 373, 20, antonomasia est dictio per acci - 
dens proprium significans. Par extension il arrive à tra- 
duire ixtOcTov (Quint. 8, 3, 70) ou cnj[A7rrco{xa, Gael. Aur., 
Acut. 2, 6, 30. De là, en bas latin, accidentia , acciden - 
tâlis. Les langues romanes attestent aussi *accadere , M. 
L. 61. Gelt. : irl. aicid , accidit ; gall. achwyddo. 

Autres composés : concidô (concadô) : tomber tout 
d’un coup (noter la valeur perfective [déterminée] don- 
née parle préfixe) ; décidô, ex- (*dë-, excadëre, M. L. 2494, 
2944 (britt.. digwyàdo , fr. échoir), excidium 2968? ; sur 
les confusions qui se sont produites entre les composés 
de cadô , caedô , scindé, v. caedô, et scindé), in-, inter-cidô 
« tomber entre » et « périr, disparaître » (cf. intereô ; 
v. inter ) ; occidé, -is, - cidï , occâsum : tomber, succomber 
(cf. occumbere, etc., et accidere « tuer ») qui s’est employé 
pour désigner le coucher des astres et spécialement du 
soleil, d’où occidëns m. (scil. soi occidêns ) « occident » 
(opposé à oriëns), occdsus, -üs m. (opposé à ortus ), et à 
l’époque ancienne occâsus, -a, -um : tombé, couché; 


elüüegns 


— 82 — 


occàsiô : occasion, et, tardif, « cause, motif », M- L. 6029 
(et celt. : v. irl. accuiss , britt. achatvs), que les bons écri- 
vains distinguent de occàsus, qui, én dehors du sens de 
« coucher du soleil, occident », n’a que le sens de «chute, 
ruine mort », et ne se confond avec occàsiô qu à basse 
époque ; prae-, prë-, re-cidô (et reccidô de* red-cidô? ; tou- 
tefois recdLdô peut avoir été refait sur reccidi par les 
poètes dactyliques pour éviter des suites de trois brèves 
telles que rëcïdïmus , etc.), d’où recidïuus ; comme cadi- 
uus ce mot appartenait d’abord à la langue de 1 agricul- 
ture, où il se disait des semences qui, en tombant, pro- 
duisaient une seconde, une troisième moisson, e. g. Pom- 
pon. Mêla 3, 6, 2, aâeo agri fertiles ut cum semel sata fru- 
menta sint, subinde recidiuis seminibus segetem nouan- 
iibus, septem minimum , interdum plures etiam messes 
ferant. — Reciâiuus a pris de là le sens de « qui renaît » 
et est devenu synonyme dé rediuïuus, ainsi dans Vg., 
Ae. 4, 344, récidiva... Pergama, et 10, 58; puis « qpn 
revient, qui récidive » : r. febris , Gels. 3, 4. Cf. M. L. 
7115, recidere et * recadëre ; 7116, recidïuâre (i reca -) « faire 
une rechute » (dans une maladie) , puis « se renouveler, 
reprendre » ; 7117, recidiuum « regain » ; succidô, super- 

Il y a aussi un certain nombre d’adjectifs composés 
en -ciduus : ac-ciduus (rare et tardif) ; âéciduus « qui 
tombe »; occiduus « qui tombe, qui se couche »; succi- 
duus « qui s’affaisse », et des noms neutres en -cidium : 
geli-, stiüicidium , M. L. 8259 ; stiricidium , M. L. 8266, 
v. stïria , stüla.Y . aussi cadàuer , cassô , cassabundus. Pour 
excidium , V. scindé. 

Pas plus que le celtique, le latin n’a conservé au sens 
de a tomber » la racine *pet9- (cf. gr. wlyrtù) et *ped- 
(v Part, pessum). Il a recours à une racine Hàd- qui 
n’â pas de correspondant clair. Hom. xsxdSovro « ils ont 
cédé » et bvssrffisi- ùi Hès., sont loin pour 
le sens. Skr. çad- « tomber » est rare et semble populaire ; 
n’est pas dans le Rgveda ; figure une fois dans l’Athar- 
vaveda, çatsyanti « tomberont » (en parlant des dents) ; 
le vocalisme ne concorde pas avec celui des formes 
grecques. Il est tentant d’établir un rapport entre codé 
et caedô, cêdô (cf. laedô, lassus ?) ; mais on ne peut rien 
préciser. V. aussi cossus. 

eMteeus, -1 m. et e&Htoénm n. : caducée, baguette 
de héraut. Emprunt ancien, direct ou indirect, au gr. 
dorien xâpéxetov avec une déformation peu claire (in- 
fluence de cadûcus ?; ou intermédiaire étrusque?). La 
déformation a été favorisée par le fait qu’en latin an- 
cien, d intervocalique n’était pas loin de r ; cf. la dissi- 
milation de meriâiês et, d’autre part, le type v. latin 
aruorsum en face de aduersus. 

Dérivés : eââüceêtor : -es, legati pacem petentes , P. 
F. 41, il (déjà dans Caton); càâüceàtus (Gloss.); 
câàücifer , créé par Ovide pour traduire x7jpoxio<pé- 
poç. Le genre diffère suivant qu’on sous-entend à l’ad- 
jectif sceptrum , bâculum ou scïpiô, bàcvîus. 

eadure ton » *>I n. : matelas ; lit. Mot de l’époque impé- 
riale (Juvénal), neutre de l’adjectif caâurcus « de Ca- 
hors », cf. Cadureï, -ôrum. L’objet a pris le nom de l’en- 
droit dont il était originaire ; cf. Piin. 19, 13. La glose 
cadurdum , memhrum uirile; nam proprie cadurda dicun- 
tur summüates naturae femineae sicut uirorum praepu - 
tium, CGL V 493, 31, doit se rapporter à cadurcum mal 


compris, cf. la n. de Friedlaender dans son éd. de Juvé- 
nal 6, 537 et praef. p. ill, et Thés. Gloss, ad loc. 

e&dns -S m. et eMum n. : vase à vin de la contenance 
de trois urnes ou de dix modii. Emprunt (ancien, mais 
déjà dans Plaute) au gr. itéSoç, lui-même d’origine 
étrangère (cf. héb. kad) ; le mot latin est suida. M. L. 
1456. 

C&ecftia : v. le suivant. 

©â@©iiS 5 =S s -nm-: 1° aveugle, qui ne voit pas ; 2° sens 
objectif « invisible, où l’on ne voit pas », nox caeca , cubi- 
culum. . . caecum ; d’où « secret » et « bouché, sans issue » ; 
caecum (intestinum) = tou hrdp ou vixpXév n, Arist., 

P. A. 3, 14. S’emploie, par image en poésie, de sensa- 
tions autres que les sensations visuelles rVg., Ae. 10, 

98 caeca uolutant murmura, peut-être à l’imitation du 
gr.’ vwpXéç. — Attesté de tout temps. M. L. 1461 ; B. W. 
sous aveugle. 

Dérivés et composés : caecitàs , caeciiüdô ; caecô, -às, 

M L 1457, et ex-caecô (d’après èjmxpXS?), classique, 
usuel ; occaecô, id. ; caecutiô , -îs : devenir- aveugle, voir 
trouble (rare et non classique, formé comme balbutiô , 
cf. gr. To<pXdm;«) ; caecidtô, -às (mot comique de Plaute 
formé comme occultô) ; caecigenus ; caecilinguU 
(Gloss.). Noms propres : Caecüius , -liânus : -âna lac- 
iûca (Piin., N. H. 19, 127) et par abréviation caecüia 
(Col.) ; caecüia (et caecüia lib. Gloss., caecwla var.) : 
sorte de serpent (sans doute Y orvet, dont le nom pro- 
vient d’un diminutif de or bus, cf. ali. Blindschleiche , 
angl, blind-worm), dicta eo quod parua sit et non habeat 
oados , Isid., Or. 12, 4, 33 ; cf. gr. vwpXïvoç (tù-), Arist. 
et wçXivtëtov, Xénoer. Demeuré dans les dialectes 
italiens, M. L. 1459. Cf. encore *caeculu$, 1460 ; CGL 
II 434, 571. 

Adjectif à vocalisme radical a et à suffixe -ko-, ci. cas- 
cus , luscus, etc., désignant une infirmité. Cf., mais seu- 
lement dans les langues les plus proches : irl. caech, 
gall. coeg et got. Jwihs, mais au sens de « borgne ». Le 
nom propre Caeeina est étrusque (étr. Caicna ) : T us cm 
Caecina (Tac.). Cf. peut-être aussi gr. Kautteç «vent du 
nord-est s ; v. aquüô. 

®s®4§, -is, €®eMï, es«asm, : 1® terne rural j 

« tailler (les arbres) », « abattre en coupant » (cf. CIL I 
366, honce loucom ne-quù uiolaiod... neque cedüo, et 
Lex XII Tab. ap. Piin. 17, 7) , puis « entailler » ; 2° tailler 
en pièces (terme militaire ; se dit d’une armée) ; frapper 
avec un instrument tranchant (en parlant, par exemple, 
des victimes) et par suite « frapper à mort, tuer » (sens 
surtout attesté dans le composé d’aspect déterminé oc- 
cldere). Correspond au gr. ‘sépvaî et x&ms ; de là, dans 
la langue grammaticale, cmdsre sermônës traduit xôrr- 
mv vd *, mesum =» caes&ra = 

Gratis concisa = ; concmun dt- 

cendi genus => — Attesté de tou 

temps. , . 

Dérivés et composés : eaedës, -is î. : 1® abatis, taille 
des arbres (cf. Oeil. 19, 12, 7) ; 2® massacre, caraag®’ 
meurtre ; caeduus (ancien) : qui peut être coupé, taille, 
adjectif de la langue rustique (Caton, Varr., Phn.) . 
incaeduus, composé privatif formé par Ovide (== ftT0 ' 
uod ; caementum {caementa î. ap. Piin.) de *kaid-men- 
tom : moellon, pierre de taille, M. L. 1467 ; d’où cae- 


— 83 — 


«adUini 


jjientàrius , -ï ; caementlcius ; caementâtus ; caesa : fémi- 
n jn de caesus substantivé à basse époque dans le lan- 
gage militaire « coup d’une arme tranchante, coup 
de taille » ; caesëlis : propre à être taillé (Groin.) ; cae- 
ticius : taillé (se dit d’une étoffe), cf. emptïcius et 
gfjiptus ; caesim : en coupant, en taillant ; caesiô : 
baffle (des arbres) (un exemple de Colum.) ; 2° action 
de frapper (Tert.). Caesiô , caesor sont très rares et de 
date tardive ; par contre, les composés en -cïsiô sont 
fréquents : incisiô, etc. Il n’y a pas de substantif *cae- 
sûSi mais caesüra est attesté à l’époque impériale à 
partir de Pline. Caesô , -ônis m. : cognomen fréquent 
e t ancien, ainsi que le montre l’abréviation par un 
expliqué comme caesor, a caeso matris utero , 
Piin. 7, 47 (v. Schulze, Latein. Eigennamen , p. 136). 
D’où Caesônius, Caesôniânus; caesor : tailleur (d’ar- 
bres, de pierres) ; caesüra : 1° taille (Pline) ; 2° césure 
(= TOfrq) ; 3® partie du discours (= xéjjqiœ) ; caelum 
de *kaid-lom n. : ciseau (forme vulgaire et tardive 
caeliô, -ônis m.). D’où cadô, -às ( caüauit , CIL XIV 
4098, m® siècle av. J.-C.) : ciseler, Topeoiù ; caeiàtor, 
caelâmen , caelâtüra. N’a pas survécu en roman, sans 
doute à cause de l’homonymie de caelum. Cf. caelâta 
€ salade, sorte de casque », M. L. 1464. 

Pour caesor , v. ce mot. 

Le sens de « taille des arbres s s’est bien conservé 
dans les langues romanes, cf. M. L. eaedës , 1462 ; *cae- 
dita, 1463 ; * caesa, clsa « haie taillée », 1471 ; *caesàre 
< tailler les arbres », 1473* et les noms d’instruments 
caesàlia [ci-), 1472 ; caeseüum [ci-), 1474 ; fr. ciseau, ci- 
sailles, v. B. W. s. U. ; cf. britt. cis et ciseü ; caesôrium 
(ris-), 1475. Mais eaedô lùi-même n’a pas survécu ; v. 

ialea. 

Caedô a fourni de nombreux composés en-cl^ : abs- 
ddô , -is (souvent confondu dans les manuscrits avec 
abscindô , e. g. Vg., G. 2, 23, où les manuscrits ont abs- 
cindëns , tandis que les gloses citent le vers avec abseï- 
dëns) : détacher en coupant, ou en taillant, couper, châ- 
trer (cf. le sens spécial de notre verbe « couper ») ; puis 
« détacher, enlever » ; dbscidiô ? glosé dbrorojj.^ 5 ahscïsiô 
t. de rhétorique, cf. ad Herenn. 4, 53, 68 = interrup - 
tiS ; praecisië dbromàïCTjmç ; ou de grammaire = àno- 
xcid) ; circumcldô (ancien juxtaposé, cf. circum caedas, 
Lincr. 3, 411) : couper tout autour, topoc6tct^, et dans 
la langue dé l’Église « circoncire », d’où circumcïsiô — 
Trepvro^, circumcaesura (Lucr. = Kepoeowfj), etc. ; con- 
cïdô : couper en morceaux; concisiô — euyxoTc^ ; concï- 
tus = oùptoîrroç ; décidé : trancher, d’où au sens moral 
« décider » (souvent, dans la langue du droit, « trancher 
m différend », cf. secâre iüês, âirimere ), d’où dêcisiô 
(Gic.) ; excidô : enlever en taillant, raser, et excîsiô (pour 
excidium , v. scinâô et codé) ; souvent impossible à dis- 
cerner au parfait et au participe passé de exscindô , cf. 
Thés. s. u.) ; incïdô : inciser, et incisiô ; * incisëre , *ineï- 
iimen , incïsidâre ; M. L. 4354-4355. Cf. aussi inctiia ; 
occïdô d’aspect « déterminé » spécialisé dans le sens de 
«tuer » (terme de la langue parlée, demeuré dans les 
langues romanes, cf. M. L. 6630, occîdëre et * aucidëre ), 
d’où occidiô et occis iô : meurtre, massacre (l’opposition 
de caedô : occïdô a un parallèle exact en slave : bùi 
« battre » en face de u-béti « abattre, tuer ®) ; occïsitàre , 
fréquentatif employé par C. Gracchus, cf. Fest. 218, 32 ; 
praecîdô : couper par devant, retrancher (cf. pras- 


fringô), d’où pr occis us, terme de rhétorique « dont on a 
retranché le superflu, précis, exact », praecisiô, praecï- 
süra ; recîdô : retrancher, recisiô , M. L. 7122 et *reeisa 
7121 ; succidô : couper par dessous ; succidia, -ae f. : 
dépècement ; quartier de porc dépecé (ancien : Caton, 
Varron) ; succïsiô, succîsor sont, au contraire, récents ; 
trânscidô (Plt.). Cf. aussi les adjectifs archaïques : cir- 
cumcidàneus (CaL, Col.) ; praecidanea agna uocabatur 
qua@ ante alias caedebatur, P. F. 250, 11 ; succidanea hos- 
îia dicebatur quae secundo loco caedebatur, P. F. 393, 1 ; 
ancaesus : — - a dicta §unt ab antiquis uasa quae caelata 
appellamus, quod circumeaedendo talia fiant, P. F. 18, 
19 (cf. ancïle) ; inter-clsl : dies suni per quos mam et 
uesperi est nef as, media îempore inter hostiam caesam et 
exta porrecta fas; a que quod fas tum intercedit, aut «o[s] 
inîercisum nef as, interciai[m\, Varr., L. L. 6, 4, 31. 

Composés en -cida [-cïdas), -cidium : homiciàa , -oï- 
dium, M. L. 4168, 4169; pàricïda [-cïdas, lex Numae 
dans P. F. 247, 24), parrieïda , -cidium, etc.î 

Sans correspondant hors du latin, comme le fait pré- 
voir la diphtongue -ai- de l’élément radical. L’archaïsme 
de la conjugaison et du subst. eaedës (cf. sëâês) montre, 
cependant, que le mot est, sinon de date indo-euro- 
péenne, du moins entré de bonne heure dans la langue. 
La racine i-e. de v. irl. benim « je frappe » a été éliminée 
en latin (v. per fines). 

Sans doute forme de type populaire (v. laedô) ; on a 
d’autres formes dont le type également populaire est 
caractérisé par kh : skr. khidâti « il déchire », khedë 
s marteau », gr. oxlÇa « je fends » ; v. scindé. — Cf. peut- 
être cadô, dont caedô semble être un causatif. 

eâ©l@bs 5 -ibis c. : célibataire (se dit des hommes, des 
animaux, des plantes et, par métonymie, des choses). 
Attesté depuis Plaute ; s’oppose à uidua. 

Dérivés : caelih&ris (-bâlis) : -i hasta caput nubentis 
comebatur, P. F. 55, 3 ; caelibëtus , -As m. : célibat ; 
mot d’époque impériale, formé d’après les substan- 
tifs verbaux en -ëtus et rapproché de caelum à basse 
époque par étymologie populaire, cf. lui. Val. 3, 42, 
24 ; et Thés. Gloss., s. u. ; caelibcUus, -a, -um (Gloss.). 
Le rapprochement avec skr. kéçalah a particulier à, 
seul, entier » et avec v. si. cëglü « seul » est en l’air. Il 
n’explique pas le détail du mot. Lett. katis « nu, sans 
armes », que cite M. Endzelin, n’aurait en commun que 
l’élément. radical; le sens est éloigné. Caelebs n’a pas 
l’aspect d’un mot indo-européen (cf. plebs) ; mot de type 
populaire, en tout cas, à diphtongue en a. 

©s©liâ s -me f. : sorte de boisson fermentée, en usage 
chez les Espagnols. Cf. Oros., Hist. 5, 7, 13, [Numan- 
gin*]... usi... s uc o irüici per artem confecîo quem sucum 
a ccdefaciendo caeliam uocani... Mot étranger, qui n’a 
pas pénétré dans le vocabulaire latin. 

@S®lum, -I n. : ciseau, v. caedô. 

esielum (graphies tardives coelum, d’après xoïàov, et 
celum, d’après cêlô), -I n. (et masculin lorsqu’il est divi- 
nisé et personnifié. Le ciel est mâle, la terre est femelle, 
cf. Serv. auct. Ae. 5, 801. Ennius emploie les deux 
genres : caelus profundus , A. 546; uertitur... caelum , 
A. 211. Le pluriel est très rare jusqu’à l’époque chré- 
tienne (où il se répand pour traduire oùpovot, qui lui- 
même traduit l’hébreu), cf. Caes., Anal. ap. GelL 19, 8, 



caementum 


— 84 — 


3, caelum numquam muUüudinia numeroappeUandum 

' t L à où il est attesté, il est masculin : caeli , cf. Lucr. 2, 
1097 Huis pariter caelos omnis conuertere. Le pluriel con- 
vient, en effet, au genre animé ; cf . les emplois de ignés, 
aauae. On ne peut invoquer contre cet usage la phrase 
dl Cic Epist. 9, 26, 4, unum caelum esset an mnumera- 
büia où le masculin était impossible) : 1° ciel corres- 
pond’ à gr. oùpocvéç; quelquefois synonyme de aer , 

2 ° ciel, plafond d’un édifice ; voûte. Forme arti- 
ficiellement syncopée dans Ennius cael, cf. Hes xouX 
oûfocvéç Tojxaîoi. Désigne le « ciel », par ^PP 0Sltl « n ^ 
teterre, cf. caeîestis en face de terrestris (caelestis devant 
son -es- à terrestris et sa finale à agrestis), h. L. 

16 loca naxurae secundum aniiquam dmisionem prima 
dtlo terra et caelum ; de même que IuppUer ; s oppose à 
Telîüs Yarr., R. R. 1, 1, 5 : deos qui omnis fructus agn- 
cullurae caelo et terra continent , Io ^f?furem 
Attesté de tout temps. Panroman ; M. L. 1466. lri. cet. 

L’adjectif dérivé de caelum est caelestis, qui est aussi 
substantivé et correspond à gr. oopàvioç. M. L 1 . 

La poésie emploie aussi codes , -üis adjectif et subs- 
tantit; fréquent surtout au pluriel, caelüès = oupovlu- 
vsç Pour la formation, cf. aies, -in» de olo. Auhres 
dérivés : caelitue = oùpocvAfev; caelicus (rare et tardif 
formé sous l’influence des adjectifs grecs en -xé;, cf. au- 
Jicus) ; caelinus « bleu . (Gl. méd.), d’après marinas. 
Composés : caelicola, -fer, -fluus, -gêna, -loquax, -potens, 
-apex tous poétiques et sans doute faits sur le type grec 
oùpavotjyoç (Escb.), etc. Cf. aussi caerulus. 

Ce nom, neutre, a la forme d’un nom d mstrument, 
de sorte qu’on a pensé à le rattacher h caedô, le ciel 
étant considéré comme découpé en régions qu observe 
la science augurale ou que parcourent les astres, cf. tem- 
olum, auquel, du reste, caelum est souvent joint ; e. g. 
Lucr. 1, 1014, caeli lucida templa. Varron le rapproche, 
de caelâre L. L. 5, 18, caelum dictum scribit Aelius quod 
est caelatum... ; Men. 420, appeUaiw a eaelaXura cae- 
lum. Le rapprochement de caelum et cauus, e. g. Lucr. 4, 
171 magnas... caeli cauernas, Enn., Sc. 112, caua caeli , 
n’enseigne rien en faveur de la parenté des deux mots. 
Bref on n’a que des hypothèses incertaines J— Aucun 
nom’ pareil du « ciel » n’est connu ; sur un mot qu avait 
l’indo-européen et que le latin a conservé avec des va- 
leurs différentes et des formes renouvelées, v. aies et 
luppiter. 

ea©m©ls£lHII, “1 n. : v. caedô ; B. W. sous ciment. 

eaemus, 4 n. (pas de pluriel) : limon, boue ; d’où par- 
fois « fumier, fange » (sens physique et moral). — An- 
cien, usuel. M. L. 1468. 

Dérivés : caenôsus , caenulentus ; caenôsitàs, tous 

plus ou moins tardifs. 

La graphie par ae est celle des bons manuscrits, et 
c’est caenum qu’attestent le groupe allitérant prover- 
bial caelum et caenum , cf. Thés. III 98, 72 sqq., le jeu 
de mots sur caenum et cëra , Cic., Verr. 6, 173, cf 1 esp. 
cieno. Le rapport avec cunirt est donc invraisemblable. 
Et l’on ne voit pas non plus comment pourrait être rap- 
proché in-, con-qulnàre. Sans rapport, semble-t-il, avec 
obscënus (scae-). En tout cas, mot de type populaire, 
par sa diphtongue (cf. faeteô). 

eaepa, caep© : v. cëpa. 


ea©r©îolinm s -! n. : cerfeuil = x«P é ? u>Xov - to u , 
tefois Plin. 19, 170, caerefolium. quod paederota (sorte 
d’acanthe) Graeci uocant. On trouve dans les gloses l es 
formes cerfolium ,- cerfolius (cf. v. h. a. kervola). M. r 

Mot grec avec seconde partie adaptée. Attesté depuis 
Columelle. 

cacrimôma, -a© f. (souvent au pluriel caerimoniae ; 
autre graphie caere- ; à basse époque, caerimônium n.) ; 
culte, pratique religieuse, caractère saint ou sacré, sain- 
teté ; au pluriel : observances rituelles (cf. Gell. 10, 15, 
et P. F. 62, 19 : denariae caerimoniae dicebantur et tri - 
cenariae quibus sacra adituris decem continuis diebus , ud 
trisinia certis quibusdam rebus carendum erat) ; cérémo- 
nies du culte. — Dérivés, tous rares et de basse époque : 
caerimôniâlis, - niôsus , - nior , -âm. Vieux mot, bien qu e 
non attesté avant Gic. ; cf. Thés. III. 100, 78 sqq. Rap- 
pelle pour la forme castimônia , sanctimôma. Etymolo- 
gie inconnue. Les anciens le font dériver du . nom de la 
Tille étrusque Caere ; cf. P- F. 38, 19, caenmoniarum 
causam alii ab oppido Caere dictam existimant ; Val. 

f l 10, sacra caerimoniae uocari quia Caeretani 
ea coluerunt. Peut-être dérivé d’un *caerimô étrusque 
(cf lucumô) ; v. Emout, Philologica, I p. 43 ; de *cerinu 
l sacrum? », d’après M. Runes, Latomus, 1938, 10. Y. 
en dernier lieu K. H. Roloff, caerimonia , Gl. 32, p. 101- 
138 ; Wagenvoort, Reali. f- Ant. u. Christ., s. u. 

caerulus, -a, -m ; eaeruleus, -a, -um (forme préfé- 
rée et sans doute créée par les poètes dactyhques pour 
éviter le crétique) : -m est uiride cum mgro, ut est mare , 
Serv Ae 7, 198. Traduit le gr. xoàveoç, àépivoç, et, 
avec" une idée accessoire de « sombre, obscur », xftai- 
voc. Épithète de la langue poétique. Se dit du ciel, e. g. 
Enn A 49, caeli caerula templa ; d’où, au pl. n., cae- 
ridai les deux » ou « la mer », ainsi désignés par leur 
couleur. Le n. sg. caerulum désigne la couleur d’azur. 
Quelquefois employé de la couleur des yeux (Hor 
Epod 16 7 ; Tac., Germ. 4), comme équivalent poé- 
tique 'de caesius. — Ancien, usuel, non roman. Dénvés 
rares et tardifs : caerulàns , -lôsus, -leâtus. 

Issu sans doute de *caelo-lo-s avec dissimilation nor- 
male du premier 1 ; cf. Parïlia de Palës. Pour la forma- 
tion, cf. nübilus, aquüus . 

caesar, -ans m. : surnom d’origine contestée, ratta- 
ché par les Latins soit à caesus , « a caeso matris utero », 
Plin. 7, 4, 7, et Non. 566, 25 ; soit à caesariës, ainsi r. 
F 50 7 : caesar quod est eognomen I idiorum a caesarie 
dîctus est, quia scüicet cum caesarie natus est. Si le nom 
se rapporte $ caesus, il présente un élargissement en -or 
identique à celui de osq. pél. casnar, cf. canus ou i de 
loucar = lücus à Lucérie ; et ce serait une forme dialec- 
tale en face du latin caesô, -ônis. Mais ce sont là sm* 
doute des étymologies populaires, et caesar doit être 
étrusque comme aisar « deus » ; cf. les noms 
étrusques Caesius, Caesônius, Caesènmus , etc. (v. Tbes- 
s. u.h Le rapprochement proposé par certams avec c 
suis ne vaut pas mieux. Le nom propre devenusyn- 
nyme de « empereur # est passé en germ. : got. kaisar 
et de là en v. slave êesarï « tzar ». 

eaesariSs, -iei f. : chevelure (longue et abonda^»); 
Terme surtout poétique. Attesté depuis Plaute. P 


— 85 — 


eal&mitts 


. é de caedô par l’étymologie populaire : a caedendo 
P 1 " 0 caesaries, ergo tantum uirorum est , dit Servius, 
àlCia i 590 ce qui est faux (cf. Vg., G. 4, 337). Dérivé : 
A®* **._ * 

P eut rapprocher skr. kéçak « cheveux » et kesa- 
, tysaram « cheveux, crinière », qui supposent, d’une 
t que les mots sanskrits sont des sanskritisations 
^formes prâkrites où les sifflantes étaient confondues 
t d’autre part, que le mot latin est passé par quelque 
6 Vj er italique où il n’y avait pas de rhotacisme (à moins 
S’admettre que Ys a été maintenu par dissimilation), ni 
d’apophonie. En tout cas, il s’agit d’un terme populaire, 
y. caesar. 

caesius, “» 5 -» : gris vert ; adjectif qui s’applique 
à la couleur des yeux et correspond au gr. yXauxéç, 
XauxSmc ; cf. Gell. 2, 26, i9. Rare et technique. Sert 
lussi de cognômenjM. L. 1474 a. 

Dérivés : Caesulla, eognomen cité par Festüs 340, 
3 t j comme pendant à Rduüia (Ma?) ; toutefois, il 
s’agit peut-être d’une étymologie populaire (cf. Caesô) ; 
caesitâs (Boèce). 

L’étroite spécialisation de sens de l’adjectif rend peu 
vraisemblable le rapprochement avec caerulus . Diph- 
tongue en a, comme dans caecus ; Ys intervocaliqué 
semble indiquer une origine non latine (sud-italique?). 

caesp©S, =itis m. : — est terra in modum laieris caesa 
cum herba , siue frutex récisus et truncus , P. F. 39, 6, 
t motte de terre et de gazon » ; puis « gazon », « sol cou- 
vert de gazon, terrain ». Attesté depuis Gic. et Cés. ; 
usuel. M. L. 1476. 

Dérivés : caespiticius : fait de mottes de gazon (tar- 
dif) ; caespôsus? : &. X Col. ; caespitô , -as (rare et b. 
lat.) : buter, trébucher, tomber, M. L. 1477 ; cf. F ai- 
der, Musée belge 28, 123 ; incaespiiâtor * qui bronche » 
(Serv.). 

Sans étymologie ; le sens de l’osque kaisp a t ar « glëbfs 
tundàtur? » est très incertain. Mot à diphtongue en a. 
Pour la finale, cf. jômes, palmes , termes. 

eaestus, -üs et ©aastms, »I m. (usité surtout au plu- 
riel) : — uocantur et hi quibus pugües dimicant, et genus 
quoddam ornatus mulierum, P. F. 39, 22. Attesté depuis 
Yarr. et Cic. 

Dérivé : caesiicüîus, -î m. : — appellatur circidus 
quem superponit capiti qui aliquid est laturus in capite , 
P. F. 39, 40 ; toutefois, ce mot peut être dérivé de 
cestus f emprunté au gr. xsoréç a ceinture brodée », 
auquel se rapporte la seconde partie de la glose de 
Festus citée plus haut. 

La parenté avec caedô , adoptée par les modernes, est 
déjà marquée par les anciens, cf. Gloss., eaestus corium 
quo manus suas pugües armant et inuicem caedunt. Mais 
le ceste ne sert ni à couper ni à tailler, ce qui est le seul 
sens ancien de caedô ; et, d’autre part, la formation 
n’irait pas sans difficulté. Mot d’emprunt? 

caetrs, «a© (cêtra) S. : scutum loreum quo utuntur Afri 
iHispani , Serv., Ae. 7, 732. M. L. 1853. 

Dérivé : caetràtus adjectif et substantif (opposé par 
César à scutâius). 

Mot sans doute espagnol ou africain, non attesté avant 
César. 


eaia, -ae î. : bâton, instrument qui sert à frapper, 
« clàua. », Isid., Or. 18, 7, 7, qui l’attribue à Horace. M. 

L. 1479 (esp. cayado , port, cajado « houlette »?}. 

Dérivés : caiô , -are, caiàtiô, tous deux mal attestés, 

et non dans les textes. De *kaydiâ ; cf. caedô? 

ea<i>ï : cancelli. Mot de basse époque, peut-être gau- 
lois. Cf. M, L. 1480, caio. 

-a© f. : bois ; Lucil. 966, scinde calam ut c aléas.. 
Emprunt populaire au gr. xSXa pl. n. de xôXov, employé, 
semble-t-il, d’abord dans la langue militaire, cf. Serv* 
auct. Ae. 6, 1, calas enim dicebant maiores nostri fustes 
quos portabant serui sequentes dominos ad proelium, unde 
etiam ccdones dicebantur... uallum autem dicebant calam . 

— Cala est peut-être représenté en ital. par des dérivés. 

M. L. 1481. 

Dérivé : câlâmentum : branche sèche (Colum.). 

Pour câlô « valet » ; calô, calopus « galoche », v. plus bas. 

ealabri©a 5 -s© î. : bandage, bande (de chirurgie). Tar- 
dif, très rare et ^technique. Dérivé de Calabria. D’où 
calabricô , -are « bander », mal attesté. 

ealahrîx, 4eig f. : aubépine (Plin. 17, 75). Conservé 
en napolitain et en sarde. M. L. 1482. V. André, Lex., 
s. u. 

eal&maueug, -I m. (-cum, n.) : bonnet. On trouve aussi 
calamaîus. Très tardif (Cassiod., CGL IV 283, 28, scirpus 
iuncus unde Calamauci fiant (?). — Autre forme xap-q- 
Xeûxiov, camelaucum. Du Gange (d’après xaji-qXwT^, ca- 
mëlus?). Calamaucus est peut-être dû à un faux rappro- 
chement avec calamus. Mot étranger, sans doute oriental. 

ealamitâs 5 -üiig f. : 1° calamité, fléau, désastre, ruine, 
malheur, perdition (joint à clâdës , Plt., Cap. 911 ; û ui - 
tium , Ter., Hec. 2, etc.) ; 2° spécialement toute espèce 
de fléau qui atteint les récoltes : maladie qui frappe 
les' tiges du blé, grêle (qui les renverse), etc. — Ce second 
sens, bien qu’anciennement attesté, résulte sans doute 
d’une spécialisation secondaire, due h un rapprochement 
fait par la langue rustique entre calamus et calamités 
d’après le rapport ollua, olïuüàs ; ficus , ficitâs, etc. ; cf. 
Don., Eu. 79, calamüatem rustici grandinem dicunt, quod 
calamos comminuat , et Serv., G. 1, 151, robigo genus est 
uitii quo culmi pereunt, quod a rusticanis calamüas appel - 
latur ; de même encore Don., He. 2, uitiwn et calamitas : 
bene secundum augures. Vitium enim est , si tonet tan- 
tum; uitium et calamitas , si tonet et grandineî simul , uel 
etiam fulminet. — Calamités doit être dérivé d’un adjec- 
tif, ce qui est la formation normale des abstraits en 
-tas, cf. nouus , nouitâs , et, dans ce cas, il est à rappro- 
cher de incolumis , où le vocalisme o en syllabe inté- 
rieure est commandé par l vélaire qui suit, et par là à 
clâdës, etc., si bien que le rapprochement de clâdës cala- 
müâsque signalé plus haut d,ans Plaute serait une figura 
etymologica. V. *ceüô. 

Pour le maintien de â en syllabe intérieure, cf. alacer. 

— La prononciation et la graphie kadamitas attribuées 
à Pompée par Mar.Vict, GLK YI 8, 15, résultent d’un 
autre faux rapprochement avec codera, cf. Isid., Or. 1, 
27, 14. La glose d’Hésychius xd&xpoç* 

m ne fournit de rapprochement ni pour le sens ni 
pour la forme. 


e&ismtis 


— 86 — 


Ancien usuel et classique, mais banni de la poésie 
Hartvlioue par sa forme. Non roman. 

Dérivé : codamilôsus , ancien, classique, formé sans 
doute directement, sans qu’il soit nécessaire de sup- 
poser une haplologie de ^kalamitâl-ôsus , sur pencu- 
lôsus; uentôsw, etc. « exposé à la calamites * (dans 
les deux sens du mot). 

eatoaiis, 4 m. : i° roseau ; 2° grefîonT(Pline). Em- 
ornnt attesté depuis Plaute, au gr. Le terme 

Ltin est {h)arundô. Le mot a peut-être été emprunté 
en même temps qu’un objet fait de roseau, roseauà 
“rire ou flûte de roseau, etc «J. 

mal,). M. L. 1485 ; britt. calaf : sur colof, colo, T. J. Loin, 

ouvr. cité, p. 151. . , - . 

Dérivés : calamSriuo, v. B. W. sous calmar ; cata- 
meUus (Am.) : petit roseau, M. L. 1484; calamistrum 
UaLmUr m., calamUtra f.) : 1er à fnser ; sans doute 
formé de xoûwplç et du suffixe d’instrument -(ro-, ou 
tiré directement de *xaXVerpov non attesté (cf. er- 
zastulum) ealamistrâtus ; calamllum (tardif) , cf .du- 
mêlum ; ünicalamus. Les autres dénvés sont des tons- 
criptions du grec (comme calamaB, Ital.)- Pour 1 
intérieur, cf. (dacer. 

é*aMhii8, 4 m. : 1° corbeille, panier fait de joncs 
tressés • 2° par extension, vase, récipient, corolle. Em- 
^Hu x^Ooç, correspondant à lat. quasMus. 

Depuis ViSle; rare en prose; formes romanes dou- 
teuses. M. L. 1488. 

ealamtica, -a® î. : sorte de coiffure de femme attachée 
avec des brides; Cf. gr. xp^vov. Rare; depuis .M - 
nius. Composé et dérivé : décalauticarc (Lucil.). Sans 
doute emprunté. 

eal bs, ©albôUM : v. galb 
©&l©ax : v. cals. 

ealeatripea, -ae f. (Gloss.) : plante mconnue (centau- 
.ée o^tncE, cf. lacca?). M. L. 9650 ; fr. chaucetrappc. 

»ftle«s4a -ae (Gloss.) : trifolium album. Peut-être 
dérivé de cois, et nommé d’après sa couleur? La finale 
rappelle arista/aresta. 
ealeeus : v. cals. î 
©ateitrê : v. cals 1. 

«mSeulus, 4, ©akulô, -ire : v. cals 2. 

©sdftiida©* -tram {kalendm avec maintien de l’an- 
cie^e ^bieTZvant a) f. pL : les calendes, premier 
jour du^mois de l’année romaine. Rattaché par les Ro- 
mains à cals « appeler, proclamer », cf. Varr., L. L. 6, 
27 : kaUndae quod hi» diebu » calantur nui mcnsw Nonae 
a pontificibus quintanac an aeptimanae oint ^ ura *' 
Capitolio in curia Calabra eu dictae quuiquia . a cdo 
iZo Couclla » ; Serv. auct. Aen. 8, 654 -ideo auicm >Ca- 
labralcuria), quod, cum incertae nnmi kaUndae oui nius, 
„ Romulo comtàutum CiU ib i paire, 
rentw i. e. uocarenCur. Mais la forme fait difficulté . 
rwothèse que kaUndae serait issu phonétiquement de 
kJanda» (F. Muller) est peu vraisemblable ; la v 
kalandac n’apparalt qu’à l’époque impériale, 
suppose un doublet colore (de «M, °Vtf.UK 
die -a», cf. ombr. kafetu . calatB », Reichelt, K. 


Z 46 325 sqq. CaUndae s’est conservé avec des sens 
divers dans les langues romanes : « jour de fête, nouvel 
an », etc. M. L. 1508, et en celtique : bntt. calan, irl. ca j. 
laind, callendoir. _ 

Dérivés : kaUndôrius , -a strena, M. L. 1508 a , * a . 
lendàrium « registre de comptes » et « calendrier 
calendâris (-lis) : cüràtor calendirius. 


esté». -8s, -ul, -irtnw, -ère : être chaud (sens phj. 
sique et moral), être échauffé, être ardent etc Ancien, 
usuel. M. L. 1510. V. fr. chaloir. Inchoatif . caUscô, 

M L. 1511 (d’où conccdëscô marquant 1 êchauffement 
soudain (aspect déterminé), M. L 2110; incaüscô M. 

Ij 4339 avec le préfixe marquant le passage d un état 
à un autre ; excaUscS, M. L. 2948). Composé transitif : 
cal[e)faciS, -is, -ere et ses dérivés M L. 1507 , excall- 
faciS, M. L. 2947 ; calefactS, -às (Plt.). 

Formes nominales et dérivés : calor, -ira m. : cha- 
leur (sens physique et moral). Le neutre qu’on lit 
dans Plt Mer. 870, nec calor nec fngus metuo , semble 
amené pïr le voisinage de fripa. M. L. 1526. 
cdlidus ( caldus avec absorption de l’f intérieur) : 
chaud. Panroman. M. L. 1506, et celt : «ri. ; catlam 
(dé caldaria). Subst. caZ{i)da (sc. aqua) : eau chaude. De 
là : caldor : chaleur (familier et rare, Va^, Gell.) et 
*caldüra, attesté par les langues romanes&LL, 1503 a 
et 1505 ; cal(i)dària [ceOa] : étuve, chaudière,M. L. 1503 
d’où à basse époque caldarwla ; caJdellw ) , cal(i)dô, -ds et 
excaldi * échauder », M. L. 2946. De caUr : c^raXm et 
calôrô (tardifs)-î Aussi *calentare, M. L. 1509 , calma, 

M. L. 1517 ; *calüra, M. L. 1528. 

Ici cal- repose sur comme on le voit par le litua- 
Bien, où il y a iüù$mi . s’échauffer » à ^« delihor 
Salimà « chaleur » (lit. occ. Süimà). Une fonne klb- de 
la racine semble se trouver dans v. îsl. hlàer, v. h. a. 
làwir a tiède ».f 

eaSlanértun (ealientaun, -dritun), -î n. : coiffure de 
femme, perruque. Attesté depuis Varron, rare ; conservé 
dans le parler des Abruzzes? V. M. L. 1514 ‘ 
douteuse; on rapproche le gr, nïkxàçoq ;ou »aa»S(u, 
nom d’une sorte d’alouette (huppée?), bien comer ri 
dans les langues romanes ; ît. calandra, toul. 
etc., M. L. 1486. Cf. Porphyr. ad Hor., Sat. 1, 8 48 
calUndrum i. e. galcricum, et le nom de ^ ou ^ te h ^ 
née ealêrita en latin, v, galërum sous ga Ica. La forme 
latine ne s’explique pas exactement par le grec ma» 
des mots de ce genre sont souvent altérés. 1^ autre» 
rapprochements, xittuvrpov . balai » et < cod^* , 
femme » (Suidas), yopaSplcd « pluvier », sont à écarter. 

ealidns, -a, -um (ô?) : adjectif de la langue des éle- 
veurs « qui à une tache blanche sur le front 
vemoc. Isid., Or. 12, 1, 52, [ejui] qui frontcm aUapl** 
bertlcalidi [appeKantur]. En dehors de <x P*“®«e M 
ggnre que dans Chiron, Mul. 795, et peut-être dan. de. 

eÏ0 Z ÏÏSÏÏSÏ D’Isidore et de Chiron écrivent ^ 
aw un seul I, leçon qu’il u’y 

avec le Thés., en calhdia\ cl. ombr ( ^ 
le rouf a bouc, calidâs », et gr. xfUK . ^ 

urràWi» &r)\ixïov typoou wXociSéç, H es., h. ** 

« chien ayant une tache blanche an cou * » 

« tache ». 


— 87 — 


©a 18 


iîga f- * chaussure à lacets, sorte de brodequin, 
portée par les simples soldats. Attesté depuis 


Cicéron- 

Dérivés : caligvda ; caligâris (- rius , d’où caligürius , 
l « cordonnier, conservé dans les dialectes italiens, 
rf/M. L. 1515) ; caligàlus. 

L’explication par ccdco- (calx) et -liga, cf. ligâré (R. 
rr nt BSL 26, 110) est ingénieuse, mais ne va pas sans 
Acuités. Il peut s’agir d’un mot d’emprunt. 


c jjjg5 j -fiais f. : fumée noire ; nuage ou brouillard 
naque et noir ; de là, obscurité, ténèbres (sens physique 
t moral) ; vertige, troubles de la vue. Ancien, usuel. 
Tous les sens du latin sont représentés dans les langues 
romanes. M. L. 1516 { caligo et ccdlïgo). 

Dérivés : câlïgô , -as (presque toujours intransitif; 
l’emploi transitif n’est attesté qu’à très basse époque) : 
être obscurci ; câliginô , -ils {doublet tardif de câlïgô ) , 
M. L. 1515 a ; càlïginôsus (et bas latin câlïgôsus, attï- 
gineus ) : couvert de nuées, ténébreux, etc. 

Le rapport rôbîgô/rôbus incline à penser que câlïgô 
dérive d’un adjectif *cëlus « sombre, noir ». Mais il ne 
faut pas rapprocher skr. Jtâlah « niger, liuidus », qui n’a 
sans doute pas un ancien l, comme l’a montré M. Lu- 
ders dans FAvri&oipov dédié à M. Wackemagel. Il n’y 
a pas non plus grand fond à faire sur gr. xrjXàç * veçlX?} 
dvoSpoç xctl xeipwpivJj Ijpipa, dont on ne sait même pas 
si V-n représente ou non un ancien à (cf. xsXœtvéç). Cf. 

calidus? 


calius : cendre. Forme de glossaire, CGL II 100, 46, 
cf. Glossaria latina, II, p. 426 et 210, d’origine incon- 
nue, demeurée en provençal èt en espagnol. M. L. 1518. 


calix, -ids m. : coupe, vase à boire ; puis toute espèce 
de vase, marmite ; cf. Varr., L. L. 5, 422, calix a caldo ( J), 
quod in eo calda puis apponebalur et caldum eo bibebant. 
Spécialement ; tuyau d’aqueduc. Fréquent dans la 
langue de l’Église, au sens de < calice ». M. L. 1519. 
Germ. : v. h. a. kelih « Kelch », etc. ; celt. : irl. cailis , ca~ 
lich, britt. celeguei. 

Dérivés : caliculus, M. L. 1513 ; calicéllus ; çaliclâre 
(-rium) (Gloss.) : ubi conduntur calices. 

Les Latins voient dans calix un emprunt au gr. xôXtÇ, 
ainsi Prise., GLK II 167, 1 : calix &nb tou xèXtÇ. En 
réalité, le mot peut être d’origine indo-européenne, an- 
cien *k°lik- ; outre xuXi£ (dont Pu s’explique par l’exis- 
tence de *k°lu -) et xàXuÇ, on rapproche skr. kalâçah 
« pot, coupe » et kalikâ « bouton de fleur ». Il y a des 
formes à s- initial : gr.îcxûXXiov, mc&kr.ç, chez Hésy- 
chius et ombr. scalse-to, skalçe-ta « ex paterà ». — Le 
groupe de v. h. a. scala « enveloppe » est à séparer. 
Mais il a pu se produire une confusion entre calix et 
calyx, emprunt savant au gr. xdXuÇ « enveloppe de fleur, 
calice » et qui a pour dérivés : calyc[u)lus ; caîycia f., 
nom de plante ; c<dyc[u)lâris, -ria (herba) y calyc(u)lâta 
{herba) [ cani -, cali-) « jusquiame », dont la forme diffé- 
renciée canieidàta a été influencée par un rapprochement 
a ?ec canis , cf. Mise. Tir., p. 66, 12, iusquiamo i. e. canis- 
cuta i et prov. canelhada. M. L. 1512.Î 

ttHiOsiareus, 4 m. : tussilage. Mot gaulois, attesté 
< * ans Marcellus, Med. 16, 101 ; cf. Pedersen, Vergl. Gr. I 


69 ; Loth, Rep. Celt. 37, 25. Gf., pour la finale, ébulca- 
lium. 

e&HiSj, 4g c. (le genre est flottant, comme pour beau- 
coup de noms en -is) : piste de troupeau, sentier tracé 
par les animaux ; différent à l’origine de sêmita ; cf. Vg., 
Ae. 9, 383, Tara per occultas lucebat semàa colles ; Serv., 
Ae. 4, 405; Isid., Diff. 1, 539; Orig. 15, 16, 10. Puis 
toute espèce de sentier ou de route. — Ancien, tech- 
nique. M. L. 1520. Faussement rapproché de calium, 
caUus a S callô pedum » par les anciens. 

Dérivé : caUUânus (Inscr.). 

Il est vain de rapprocher irl. caiU a forêt », lit. këlias 
« chemin », serbe klânac «défilé », trop éloignés, les uns 
par la forme, les autres par le sens. 

eaRum (et caüus m., le pl. est toujours callï), 4 n. : 
peau épaisse et dure (des animaux ou des plantes), du- 
rillon, cal(us). — Ancien. M. L. 1521. A ce sens tech- 
nique se rattachent caUôsus (d’où gr. xcAX&oov « couenne »), 
caüôsitâs, caUii\a {-tiës) , caüëscô et ses composés. Un sens 
figuré apparaît dans le dérivé : 

caüeô , -ës, - iâ , -ëre : être endurci, collent rare manus , 
Aetna 261 ; d’où « être habile dans quelque chose, savoir 
par expérience ». Plaute joue sur le double sens du mot, 
Pe. 305, magis calleo quam aprugnum calium collet. S’em- 
ploie absolument, ou avec l’accusatif ou l’ablatif, avec 
ou sans in. De là : callidus : Cic., N. D. 3, 25, appeUo... 
callidos quorum , tamquam manus opéré , sic animus usa 
concalluit ; « habile » souvent avec une nuance péjora- 
tive, « rusé, roué » (cf. ueterâtor et uersûtus). Dans la 
Bible, traduit Ù7toxpiTfc et rroevoupy^. Non roman, mais 
conservé en celt. : gall. call. Dérivés : calliditâs ; caüi- 
dulus ; caüéscô et con-, in -, oc-, per- caüëscô. 

Sans étymologie. Mot populaire. 

eâld, -dnis m. : valet d’armée. Ancien (Acc.), mot de 
type populaire en -ô, -ônis (cî. fuüô , etc.). Rattaché à 
coda par les Latins : calones militum serai dicti qui ligneas 
douas gerebant, quos Graeci xôX a uocant, P. F. 54, 19 
(étymologie populaire?). — Autre sens, sans exemple, 
dans Isid., Or, 19, i, 15, ... calones, nauiculae quae ligna 
müitibus portant ; v. Sofer, p. 27. 

©&I5 5 “dais m. (Gloss.) : sabot de bois, chaussure mili- 
taire gauloise {?). Gf, P. F. 40, 26, calones calcei ex ligno 
facii ; CGL V 595, 18, calones gallicae militum. L’c long 
n’est pas attesté et l’explication de Festus est faite pour 
rapprocher calô de cala . Mot étranger en rapport avec 
caliga ? Ou déformation par abrègement de noCk6no\iç, 
xaXoTcèdtov, latinisés en calopus , calopodia? cf. M. L. 
1525. 

Il est impossible de décider s’il y faut rattacher un 
calonica qui figure sans explication dans Gloss. Seal. Y 
595, 29. 

èald, -is, -iï© : appeler, proclamer, convoquer. Verbe 
archaïque qui n’est plus employé que dans certaines 
expressions consacrées de la langue religieuse ou juri- 
dique, comme calâta comilia , Galàbra cüria et sans doute 
ccdendae ; v. ce mot. 

De calô viennent : kalâtor (ca-) : terme de rituel dési- 
gnant un serviteur chargé d’appeler (Serv. auct. G. 1, 
268) ; cf. nomenc(u)lâior « esclave chargé d’appeler les 


— 88 — 


cal5 

noms »; calâbra, calâtiô : Varr., L. L. 5, 12, nec curia 
Calabra sine calatione potest aperiri. — Composé (ancien 
juxtaposé) : intercalé , -âs : proclamer un jour ou un mois 
supplémentaire pour remédier aux irrégularités du ca- 
lendrier, usité surtout au passif impersonnel, e. g. Cat., 
Agr. 159, si intercalatum erit Kcdendis maiis. Par suite, 

« intercaler, insérer ». De là : intercalâris {-rius) ; inter- 
ccdàtor , -tiô. Cf. aussi les formes anciennes conservées 
par les gloses incalanto : inuocanto , P. F. 101, 25 ; inca- 
latiuae : inuocatiuae , Id. 101, 10 ; procalare : prouocare ex 
Graeco xotXeïv i. e. uocare , Id. 251, 25 ; proculato, prouo- 
cato (avec u issu de a devant l vélaire?), Id. 293, 10. Y. 
aussi concilium, de *con-kal-ium. 

Tous ces sens sont techniques et le verbe a cessé d’être 
vivant à l’époque historique ; les verbes usités sont 
clamé, de la même famille, et uocô. 

L’ombrien a, de même, karetu, kafitu, cars du « ca- 
lât ô » ; v. ccdendae. La racine estfdisyllabique. Elle se 
retrouve dans lûtt. kaleë- « appeler », gr. xa3ico, xé- 
xXtjxoc, xi xX^oxcù, ôpo-xX>j, hom. moXtjtgjp « héraut » (cette 
valeur technique rappelle celle de kcdâtor , nômenclâtor ) ; 
peut-être aussi irl. cailech, gall. ceiliog « coq » (litt. « ap- 
peleur ») et skr. uçàkalah « coq » (« qui appelle l’aurore »).| 
Le rapprochement avec v. h. a. halôn , holôn x aller cher- 
cher » est contesté. Le messapien kalatoras (génitif) est 
emprunté. 

Ces mots sont peut-être apparentés à une série de 
termes divers indiquant des « cris », des « bruits » : gr. xé- 
XaSoç « bruit », v. h. a. hellan « résonner », v. si. klakolü 
(r. kàlokol) « cloche », lit. kalbà « parole » — et peut-être 
des élargissements tels que lat. clàmô, clangô ; en somme, 
l’ensemble des mots expressifs présentant kr -, kl- à l’ini- 
tiale pour indiquer des bruits. V. aussi clârus et classis ? 

ealô (cha-), -as, -sire : terme technique « laisser tom- 
ber » ou « relâcher ». Emprunt au gr. xoeXAo, sans doute 
dans la langue nautique ; cf. Isid-, Or. 6, 14, 4, apud 
nautas « calare » ponere dicitur ; v. B. W. sous « caler » 
(les voiles). A dans la langue populaire un sens obscène : 
laxâre ( uàgïnam ), futuere. Attesté depuis Vitruve. Les 
formes romanes remontent à calàre , callâre et chalàre , 
M. L. 1487 ; bret. caladur « dévidoir », de ccdâtôrium ? 
Cf. peut-être apocalô? 

calocataisôs : pavot sauvage. Mot gaulois d’après 
Marcellus, Med. 20, 68. Cf. catanus. 

eaî©|fr®t&3 »â© m. : danseur de corde (Expos, mundi 32). 
De *xaXo7drr)ç? Cî. calôbaîârius : (Gloss.). 

©alpar : attesté seulement au nominatif et chez les 
grammairiens ou glossateurs, e. g. Non. 546, 28 sqq., 
calpar nomine antiquo dolium. Varro de Vita Populi Ro- 
mani lib. I : quoi, antequam no msn àolii prolatum , cum 
eliam id genus uasorum calpar diceretur, id uinum calpar 
appellaîum. Cf. P. F. 40, 27 ; 57, 16. Emprunt. Cf. gr. 
xœTary), xc&xtç. La finale en -«r dénote peut-être un inter- 
médiaire osque (cf. casnarl) ou étrusque ; cf. Calpurnius. 

_ -a,® f. ; eaMhnm, -S n. (calta, caltum) : vè §oû- 

fOœXpov ; fleur jaune, le souci officinal? De là : cah{h)ula, 
-ae (- um n.) f. : Non. 548, 24, ccdîulam et crocotulam (cl. 
Plt., Ep. 23i) utrumque a generibus florum translatum... 
caltulam Varro de uita P. R. I. 1 palliolum hrewe uoluit 
haberi : « caltula est palliolum praecinctui , quo nudae in- 
fra papülas praecinguntup ». 


Peut-être mot d’emprunt à une langue médite^ 
néenne ; cf., pour la finale, mentha. 

ealus, -a® f. : crâne. Mot populaire, attesté dep u j 
Pomponius, passé en irl. ccdb. 7 

Dérivés et composés : *ccduâris , adjectif non 
ployé, dont dérivent : 1° ccduàre (surtout au pluriel 
cahiâria) : sorte de poisson sans écailles ; 2° caluàri a 
(- rium n), -ae f. : tota pars capitis ab auribus incip ien* 
M. L. 1529. Dans la langue de l’Église, locus Caluàri <à 
ou Ccduàrium traduit le gr. xpavlou t6tcoç, xpàvio v 
c’est-à-dire le Golgotha. — décaluô , -âs : Ps. Buf, ^ 
Psalm. 41, 1, locus... ceduaria... quia rei solébant ifo 
decoduari et decapitari. 

calua semble d’abord avoiT signifié « cruche » (cf. g a . 
bata , testa) ; cf. Pompon., AtelJ. 179, iam istam ccduam 
colafis comminuissem testatim tibi , où le voisinage <} 6 
calua et de testatim est caractéristique, et peut-être c«. 
luâriola , Schol. Iuv. 5, 48? ; mais il a été rapproché (J e 
caluus par l’étymologie populaire (comme dans calua 
nux , Venus Calua), et Martial ne l’emploie qu’au sens 
de « crâne dénudé », e. g. 6, 57, 2, tegitur pictis sordida 
calua comis. 

calomnia : v. le suivant. 

caluor, -eris (et caluô) : chicaner, tromper. Les textes 
littéraires ne connaissent que le déponent, e. g. Lex 
XII Tab., 1, 2, citée par Fest. 408, 37, si caluitur p e ~ 
demue struit. Verbe rare et archaïque, employé dans 
langue du droit, transitif et absolu. Doublet caluiô l 
dans Servius, cité sous caluus ? 

Caluor a dû avoir un participe *calumnus d’où dérive : 
calumnia , -ae f., conservé dans la langue du droit : chi- 
cane, fausse accusation, calomnie, d’où « cabale, in- 
trigue, supercherie », ancien et usuel. M. L. 1527. De là: 
calumniôsus ; ccdumnior , -âris « fais a crimina intendere i, 
et ses nombreux dérivés. 

On rapproche gr. xtj*£<d « je charme » et got. holon 
« calomnier » ; la racine serait *kel- élargie par -u- en 
latin. Simple possibilité. Rien de clair. 

©aiiraSj -a, •« : chauve. — Ancien, usuel. Panro- 
man, sauf roumain. M. L. 1532 ; germ. : v. h. a. chalo , etc. 
Épithète d’une sorte de noix, calua nux {gr. yu^voM- 
xoç) ; de la vigne, uitis calua ; de Vénus, dite calua in 
honorem mulierum quae de capülis suis funes fecerant ; | 
cf., toutefois, Serv. auct. in Aen. 1, 726, qui l’explique : $ 
quod corda amant Lum caluiat, i. e-. j allai. Gf. aussi les j 
nomma et cognomina Caluêna, Caluisius , Caluïnus, et ^ 
l’osque Kalûvieis (génitif) ; pélign. Ccdauan. 

Dérivés et composés : calueô et ccduëscô ; caluùiês , ; 
caluitium , -lia, M. L. 1531 (pour la formation en 
- itium , cf. barbitium, lànitium, capülitium et serai- 7 
Hum) ; caluaster ; caludtus ; praecaluus , recaluus ; *cul- j 
uia. M. L. 1530. ' 

Get adjectif désignant une infirmité rappelle skr. hul- 
vah et av. kauroa- « chauve » (même suffixe que dans 
fiduus , etc.), mais aussi skr. kkalatih a chauve », avec 
kh populaire. U a latin peut reposer sur un a * pop. 11 ' 
laire » indo-européen. Gf., avec l géminé (populaire), 
v. isl. skalli a tête chauve ». V. calua. 

1. ©six, ©aids f. (le génitif pluriel serait en -hw* 
d’après les grammairiens, mais il n’yen apas d’exemples, 


— 89 — 


Csmënae 


cf . Thés. III 195, 42) : 1» talon ; 2» pied (d’un mât, d’une 
échelle» etc.). Ancien, usuel, technique. M. L 1534 • 
irl. cale , gall. calch , gr. mod. xd&moç. ’ 

Dérivés et composés : calcâ , - âs : talonner, fouler 
aux pmds, M. L. 1491 ; d’où con-, ex -, in-culcô « tasser 
avec le pied, inculquer » ; pro-cidcd ; caJcâtiô, - tôt , -trîx 
(M. L. 1493 a?), etc. ; caîcàtôrium : pressoir à raisin, 
M. b. 1493 ; calcar , -âris n. : éperon ; neutre substan- 
tivé d’un adjectif * cale âris, cf. talus /tâlâris ; calca- 
néum, -în. (-neus m., S*-Jér.) : talon, substitut tardif 
de cals, introduit par la langue de l’Église, M. L. 1490 ; 
calceus ( *calcea dans les langues romanes) (cf . M. h. 
1495) calceolus : chaussure j d’où calceô, -âs e chaus- 
ser » peut-être reformé sur calceàtus , M. L. 1497 ; C al- 
ceâmentum , M. L. 1496 ; calceàtus, -ûs, M. L. 1498* 
calceârius , calceolàrius , M, L. 1499 ; disculceiis (-cal-) 

* déchaux », M. L. 2662, B. W. déchausser; exccdceô 
-cens ; *incalcidrc, M. L. 4338 ; *reculceâre (-cal-) M* 

L. 7135 a. \ h ■ 

calciîrô, -âs : ruer, regimber (sens propre et figuré ; 
familier), M. L. 1501 a. Sans doute dénominatif d’un 
*calcitrum « coup de talon » non attesté, formé comme 
talitrum (Suét., Tib. 68). 

Dérivés : caictirô, -ônis m. ; calcitrôsus ; *excalcitrô, 

M. L. 2945 ; recalcitrô (sens propre et figuré * et. gr’ 
âvaXaxT IÇ ù>). 

Le rapport avec lit. kulnis s talon » et avec bulg. kùlka 
«hanche » serait, en tout cas, lointain. La chaussure dite 
calceus , réservée d’abord aux rois (cf. Vg., Ae. 8, 458 • 

F. 128, 3, et Ssrv. ad 1. Tyrrhena uincula... alii calceos 
senatçrios uolunt, quia hoc genus calceamenti a Tuscis 
sumptum est; Isid., Or. 19, 34, 4) et aux patriciens c 
muUeus, c. répandus , est d’origine étrusque ; et le mot 
rappelle par sa finale, comme balteus, puteus , des termes 
étrusques ; cf. Ernout, Philoldgica, I p. 43 sqq., et Rev. 
Phil., 1950, p. 7. Une origine étrusque n’est donc pas 
exclue pour calx, dont la forme est étrange, et en tout 
cas pour calceus. Calx évoque faix; ce sont les deux 
Eeuls mots à finale en -alx du latin ; cf. aussi arx , merx 
autres types rares, sans étymologie indo-européenne sûre! 

2. calx, caleis fi(l’x est purement graphique ; on pro- 
nonçait cals, et les grammairiens essaient de différen- 
cier ainsi cals « chaux » de calx « talon », auquel d’aii- 
leurs, tendait à se substituer un nominatif calcis) : 

1 chaux; 2° but blanchi à la chaux/borne, terme ; de 
] K ad calcem; 3« (archaïque) pion de jeu {= calculas)!! 
Cote qui désigne seulement la « pierre à chaux », est 
ns doute un emprunt ancien au gr.î x <fti£ a caillou 

Sch> P àT r \ à ChaUX B ’ d ° nt Vi existe dans ' ccdicàr e 

l S 0 dêcaIœdius i dealbâre), à moins 

Tune^ni, 1 Ca î*r* e SOlent deS €m P runts indépendants 
M L ^^^terranéenne inconnue. Ancien, usuel; 

kalrh l fl 1 B * S ' U ' Passé en ^rmaniqne : v. h. a! 
etc ’ ^ 1 €n Serbe klaJcî ; en celt - : n* 1 - cale , britt. calch , 

: de chaux î substantif calcària : 
cafcôrV h liX ’ , M ' L ' 1492 ; calcàrius - chaufournier ; 
cajl rr C A a jf riënsis } calcinas (tardif) et calcina = 

frasa ' * r ^ \ caL î^ ra ^ a 1 <^coXo7cévSpiov, cf. saxi- 
, a G a > *calcestns, M. L. 1500. 

? m * ( calculum Gloss., cauculus tardif) : 

ÜJ b01iIe Vont voter (blanche ou rouge) ; pieire 


Gommi » Ve f 1€; P l 0JÎ ’ j6t0n {cf * c^urn redücere) 

fanT R Tn , aV 7 C dGS Cakuil ( l^n apprenait aux en- 

cuî » m, P f’ l€ ^ 0t a Pris le sens d e « compte!"^ 
eul » qui se retrouve dans les dérivés calculer -fris (cal- 
cule etc.) ; calculâîor , gr. mod. xoeuxou^op * 

teux oui^Vn?! 11011 ^ \ S ’ apparente calculâsus : caillou- 
teux, qui traduit aussi le gr. Xi6ü>Mç « qui souffre de la 

pmrre » y Usuel et classique. Non roman 

calx 5 cf^p TJT n \ danS . calculusl * diminutif de 

J 10 x4zXl)5 * caillou de r Wêre » amène à se 

b*em?nt Ceci^ “1 T ^ P3S aUSSi un mot à 
„ C * c, I n excIn , 1 »> la rapprochement avec y«üuF 
ni même absolument l’hypothèse d’un emprunt de tout 
le groupe à une langue méditerranéenne.? 
caîyx : v. calix. 

cama, -ae f. : attesté seulement dans Isid., Or. 19 
• ! Y’ camislas lWcari Çuod in his dormimus in camis ’ 
cens elvTXZ ™ strls J ct 2 , 0 ’ 2 - Peut-être mot ibère 

So?er ^21 “i64 ? M ‘ L ' 1537 ! 

©amfoa, -se f. : V. gamba. 

‘ 5s > ■* nI » * Sre : échanger (rem pro re dore, 
Gloss.), troquer. Premier exemple dans Apulée, Apol 17 
mutuartas opéras cum uicinis tuis camhL. Les Xvés 
romans remontent à carnée, M. L. 15 40, et W 

aZ’b^itt f” 5 B ; W ' S ° US Chan ^- e” 

aussi bntt. cemma et eecemn. Composé : concambiè 
Semble sans rapport arec campsô, q. u. 

„ J" ot teehm'que du vocabulaire commercial, sans doute 
prunté au celtique,? v. Zimmer, KZ 32 234 Les 

chementT 4 ^’ ' ü> ; psi prariennent d’un faux rappro- 
(hement avec gr. xapwrrtd, xdcjjujiai. 

Ï^T ,8 l tl '■ Lyd - Mens ’ irg - inc - 12 > P- 181 W., 

l L 1^ P “ oiruptSoî, dvrl uRou -rp xc- 

êxmeejiévn, xoOeÎTod Si TOp * ’Woîç xdpOaJIç oî 
xal xapeXcuxla. Sans autre exemple. Abréviation dexa- 
pxXauxiov, xoqnjXœuxiov? V. calamaucus. 

€ ““p p supplicare nupturae solüae 

II. 55 ’ 19 * S ^ ns doute à lire camêll(i)s, datif de 
camehae , transcription ancienne de ya^Xiat. 

écuellT M 3 éd ’ JDioc1 ') f - - vase à boire, 

uelle. M. L. 1543. Esp. gamelle passé en fr. et en ital 
Diminutif de caméra? Mais Vë fait difficulté. 

eamêïus, -I : chameau. Attesté depuis Pomponius. 

1^ mof i.7 5 ' 1 ’ ’ S 7° nomine S y riac ° in Lolium uenii. 

Le mot est venu au latin par gr. xà^Xoç. A été altéré 

i sous i , ,nfluence des m ° ts en ~ euus . ci. m. 

. 1544 , irl. cantal, gall. cannai. Dérivés latins : camëll- 
n«c, cameiarius^Le latin a emprunté aussi camêloparda- 

l Zl7 ^ a été •“« ™ camëlopar- 

dalus, -pardala, -pardus, -parda. * 

Camënae, -Sram f. pï. : anciennes déesses des sources 

rn. u! aiIX ' LeS anciens poètes ]atins i Lj vius Androni- 
cus, Naevius, se sont servis du nom de Camënae pour 

s7t™e P et C Enni n0m - MUSe5: ré< I uival « ace était ^os- 
s molem üïï ’ SUm Par 588 s uccesseurs, a transcrit 
P ent le nom grec Müsae. Livius Andronicus corn- 


c&m©ï& 


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mence son poème par uirum mihi, Camena, insece uer- 
suium ; mais Ennius par Musae , quae pedibus magnum 
puîsaiis Oîumpum. — Repris ensuite par la poésie de 
l’époque impériale, lorsque M&sae se fut banalisé. Uni- 
quement poétique. D’après les grammairiens latins, la 
forme ancienne serait Casmënae ; cf. Vg., Ae. il, 543, 
qui donne à Camilla pour mère Casmüla ; mais en ce cas 
F* de Càmênae devient inexplicable. Sans rapport avec 
carmen . Macrobe donne le mot pour étrusque, Somn. 
Scip. 2, 3, 4, Etrusci Musas ... Camenas quasi canehas a 
canendo dixerunt . — Camnas ( Camna ) est un gentilice 
étrusque, cf. GIE 5470 et 5473, Pallottino, St. in on. di 
G. Funaioli. Le même radical Cam- ce retrouve dans 
Camülus et Camese , Camasene , sœur et femme de Janus. 
Le temple des Camënae se trouvait près de la porta Ca- 
pëna , étrusque. 

€smer% -s© f. ( camara , cf. Char., GLK î 58, 23, 
camara dicüur , ut Verrius Flaccus adfirmat , non caméra 
per e ; Funaioli, p. 515, 6) : toiture voûtée, voûte ; pont 
de navire, barque pontée. Non. 30, 7, càmerum : ôbtor- 
lum , unde et camerae tecta in curuitaîem formata ; P. 
F. 38, 14, caméra et càmuri boues a curuatione ex Graeco 
dicuntur. Emprunt latinisé au gr. xœpàpot. Classique, 
usuel. M. L. 15451; germ. : v. h. a. c{h)amara « Rani- 
mer »,d’où finn. kamari ; celt. : irl. camra. De là camerô , 
~às : construire en voûte ; cf. M. L. 1546, et concamerô, 
-râtiô (Vitr., Pline); camerârius ; et, dans Grégoire de 
Tours, substantivé camerârius , -ï : camérier, M. L. 1547 ; 
camerârium : courge en berceau (Plin. 19, 70). 

èan&Olôs, “I m. ; câmillAj- «ae f. : ancien terme du 
rituel désignant des enfants de naissance libre et noble 
(cf. P. F. 38, 8, camülus proprie appellatur puer inge- 
nuus) qui servaient dans les sacrifices et accompagnaient 
spécialement les flammes (Serv. auct. Ae. il, 543 ; P. 
F. 82, 18). Rapproché par Vairon, L. L. 7, 34, du grec 
xacrçnXoç (xaSpIXoç), qu’on retrouve à Samothrace ; cf. 
les références de l’éd. Goetz-Schoell ad 1. D’après Ser- 
vius, Ae. il, 588, le mot s’employait en étrusque et dési- 
gnait Mercure : ministres enim et ministras impubères 
camülos et camiUas in sacris uocabanî, unde et Mercu- 
rius Etrusca lingua Camülus dicitur , quasi minis ter deo- 
rum ; cf. Macr. 3, 8, 6. Peut-être à rapprocher de Câmë- 
nae. L’accentuation sur l’initiale (comme Céthégus ), cf. 
Quint. 1, 5, 22, et les variations de forme confirment 
l’origine étrusque du mot, cf. W. Schulze, Z. Gesch. d. 
lot. Eîgenn.i p. 322. V. cumera. 

eamÎHUg, «I m. : four, fourneau, poêle. Emprunt au 
gr. i) xàjuvoç (passé au masculin en latin), correspon- 
dant au lat. fornâx. Terme technique, ancien (Caton), 
fréquent surtout dans la langue de l’Église et dans les 
langues de métiers (potier, forgeron). De là : caminô , 
-âs, dérivé sans doute de camînâtus (Plin.). M. L. 1548- 
1549. Sans rapport avec *cammïnus « chemin », mot 
celtique demeuré dans les langues romanes, mais non 
attesté en latin. V. B. W. chemin et cheminée. M. L. 1552. 
V. h. a. cheml{n), irl. camm. 

e&mlsia, «S© ( camisà ) f. : chemise. Rare et tardif. En 
dehors des gloses, premier exemple dans saint Jérôme, 
qui le donne comme un mot étranger (gaulois ou ger- 
main?), Ep. 64, 11, soient militantes habere line as, quas 
camisias uocant , sic optas membris et adstrictas corpori- 


bus... Panroman. M. L. 1550. L’ï attesté par les lautni 
romanes semble d’origine secondaire ; les formes g efI ^ 8 
niques remontent à *kamitya : v. aiigl. cernes ; le celtw 
a : irl. caimse , gall. camps , britt. hefis (v. Loth, Les jJJ? 
latins dans les langues brittoniques , p. 178). 4 

«Bâfïïg, 4 {gam-, gabb-) m. : crustacé, écrevi Ss 
ou crevette, plutôt que homard. Emprunt au gr. ^ 0 
fiapoç, attesté depuis Vairon. Gaper, GLK VII ios j ^ 
blâme une forme cambarus , san3 doute influencée' 
camba , qui a passé dans les langues romanes, it. ^ 
bero , esp. gambaro , v. fr. f amble, M. L. 1551. Diminutif • 
gammariuncidus (Gloss.). 

♦ft fl-mmfn nfi : v. camïnus. 

eamomllla, «ffi© f. : emprunt populaireîau gr. 
poXov, doublet tardif (Plin. Valer., Gloss.) de la forme 
classique x a M Æ 4 jL ' Jf P“ ov 6 camomille ». V. Thés. s. u 
M. L. 1553. 

e&mox (sans doute 5 ; un exemple unique de Polem 
Silu., cf. Thés. s. u.) : nom d’un animal, qui est à l’ori- 
gine du fr. chamois, de l’itâl. camoscio, esp. gamuxa , alj 
Gemse. Mot alpestre qui semble avoir été ignoré des 
Latins, dont on a rapproché aussi le caucasien kamul 
[gâ~] a buffle ». Cf. M. L. 1555. Pour la forme, cf. esox. 

campsgus, -I m. : sorte de chaussure, brodequin mi. 
iitaire. Mot tardif (iv® siècle) que Lydus, de Mag. 4, 17 ) 
fait dériver de campus, sans doute par étymologie popu- 
laire, appuyée sur les nombreux termes militaires déri- 
vés ou composés de campus (v. ce mot). Peut-être à rap- 
procher de gr. xop.6œ<ov, cf. Thés. s. u. Sans doute em- 
prunté à une langue inconnue. 

©amplllffij «ôram n. pl. : uâsa aerea (scil. ex aere 
Campano facta), cf. Acta îr. Aru. a. 219, 8, mor[a]t 
pompae in telraslylum fercula cum campanis et ûrnalilus 
midsi singvlorum transierunt. De là : campâna , -ae f. : 
1° peson, romaine ; a regione Italiae nomen accepit , uli 
primum us us eius repertus est , Isid., Or. 16, 25, 6; 
2° cloche. M. L. 1556 ; B. W . comporte ; campànula . Mots 
tardifs et rares. 

©ampso, «âs 5 «ire : Prise. GLK II 541, 13, cambio... 
ponit Charisius et eius praeieriXum campsi , qued ànà tou 
xipuma IxapuJ/a Graeco esse uidetur, unde et campso, 
campsas solebant uetustissimi dicere. Ennius in X 
(A. 328) : Leucatam campsant. En dehors d’Ennius, un 
exemple dans la Peregr. Aeth. et quelques-uns dans les 
Gloses. Sans doute terme nautique, formé sur l’aoriste 
grec x<4p.4> at (cf. Hdt. IV 43, xàpuj kzç dbcptûTTjpiov, dut- 

raxô, malaxô , pausô) et conservé dans it. cansare « écar- 
ter ». M. L. 1562. 

campus, •! m. : plaine, terrain plat, gr. raSLav, par 
opnositîon à môns (cf. les dérivés bas latins campâMus , 
- nius , dans les Gromat. 331, 20, in montanioso loco , ... *« 
campaneis ; campôsus dans l’Itala en couple avec mon- 
tuôsus). D’où « terrain d’exercice ou de bataille (champ 
de) », campus Mârtius, sens auquel se rattachent l’em- 
prunt germanique kampf et le dérivé attesté par les 
gloses campiô^ -ônis m. « pugnax », cf. fr. champion , it.- 
esp. campions ; ou « carrière » (ouvrir un champ à) an 
sens physique et moral. — La culture se faisant le P^ 5 
souvent dans la plaine, campus a aussi le sens de 


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t champ déjà dans Caton, Agr. 1, 7, campus frümen- 
éfiriiii'i Ov., Am. 1, 3, 9, renouatur campus aratris. Cam- 
G# a yant tendu à se spécialiser dans ce sens, c’est plàha 
jui a pris I e s€ns de e plaine ». Campus s’oppose égale- 
ment à urfe, comme la campagne à la ville, e. g. Tac., 
jj 2, 1 7, quantum inter Padum Alpesque camporum et 
yfbiwn armis Viteîlii... ienehatur. — Ancien, usuel. Pan- 
an. M. L. 1563. Irl. cam, britt. camp. Germ. : m. h. 
a ; kamp, ail. Kampf. 

Dérivés : campestris [-ter], - e (formé d’après terres- 
tris ; cf. süuestris) a de la plaine, du champ (de Mars) », 
h. 1560 ; substantivé au n. campestre : caleçon, 
pagne (pour 1 exercice au champ de Mars), avec un 
doublet populaire campestrum ; d’où campestrâtus 
«porteur du caleçon ». Campester est l’adjectif de la 
langue littéraire ; à côté figurent : camp anus (formé 
comme urbânus, montânus, pâgânus), attesté seule- 
ment dans les inscriptions. De là : campâneus , -nius, 
cf. cqmpània, M. L. 1557 ; campân(i)ënsis (Gr. Tur.) ; 
campënsis (cf. castrënsis , pâgënsis), et au pluriel cam- 
pënsës : sorte d’hérétiques ; campôsus : cf. plus haut ; 
*campaniolus : champignon, v. B. W. s. u. 

Diminutifs de basse époque : campulus , campeüus, 
campicellus (- um ), M. L. 1561. Certaines formes romanes 
remontent à campârius , M. L. 1558. 

Composés de la langue militaire (Végèce) : campicur- 
tiô, - doctor , -genï. 

Si la glose ïiâgrmç - taoSpéjxoç, EixsXoC ne renvoie 
pas à un emprunt latin, campus serait une survivance 
d’une ancienne langue de l’Italie, comme faix. Hypo- 
thèse fragile. L’o radical indique un terme e populaire ». 

Le gr. xayfrf « courbure » est loin pour le sens.! 

canaum, «S n. ( camus m.) : xépus rb U xpiOûv ; sorte 
de bière. Mot étranger, rare et tardif (Ulpien, Édit de 
Diocl.) ; celtique ou pannonien? 

camuras et eanrar, -S, -HUI (et corneras, camer 
d’après caméra) : recourbé vers l’intérieur (en parlant 
des cornes des bœufs). Rare et technique. Attesté de- 
puis Virgile. M. L. 1564 ; fr. cambré. Peut-être emprunté 
(uocabulum peregrinum, dit Macr., Sat. 6, 4, 23), qui 
rappelle les noms propres étrusco-latins Camurius Ca- 
murënus , etc.? * 

limas, -I m. : muselière. Emprunt au gr. xâuëç (ion 

SSTïS TJ ^ dajlS ritala î ™ ital. co^,’ 

M. L. 1565. V. h. a. kâmbriuü. 

Malgré la date tardive à laquelle le mot est attesté de 
iaçon certaine (la présence dans Accius, Trag. 302 R 
f 4 ^oteuse), il appartient à une ancienne série d’em- 
prunte, de même que mâc(h)ina, comme le montre l’a 
be latin a conservé ainsi des mots techniques non attes- 
tés dans la littérature. 

{ C ^ naèa ’ cana P«)> -a® f- : tente, baraque ; 
cabaret. Rare et tardif. 

Dérivés : canabërius, canabcnsis. 

Terme de la langue militaire; peut-être emprunté à 
carc ^de bois » (à l’usage des sculpteurs), 

K fThp*? r Si f^ é 101116 €Spèce de cons truction 
cf M t ConS6rvé dans certains dialectes romans ; 
cr - M. L. 1566, canàba. V. aussi capanna. 

«anibula, «s® f. : mot rare et tardif, défini par le 


Thésaurus « canahs ad agros siccandos, quem gromatici 
inter signa termmalia référant *. Mais le sens paraît peu 
sûr. Peut-être dérivé de canna ? Cf. M. L. 1566 a et 
1600. 

esnslis : cf. canna. 

»©rf {-ceris dans Lucr. 5, 617) m. : 1® crabe 
ecrevisse ; 2° le Cancer, constellation ; 3° cancer’ 
chancre ; 4® dans les gloses, « pince, forceps ». Ancien’ 
usuel. A pris tous les sens du gr. xapxlv oç. Le nom a été 
déformé en latin vulgaire ; on trouve à basse époque 
cancrus, crancus , crancrus. Les langues romanes at- 
testent cancer, cancru, canceru , franco et le diminutif 
*cancriculus, M. L. 1574-1576. Emprunté en germ. : v. 
h. a. kankur, m. h. a. kanker. Les dérivés se rapportent 
tous au sens de e cancer, chancre » : canc[e)rôsus, can- 
cerô, -âliô, - âticius ; canceràscô ; cancerôma (déformation 
de carcmôma), cancrinôma. 

La dissimilation de *karkr- en Hankr- a été normale 
en indo-européen ; *kar~ est conservé régulièrement dans 
sfer. kakkafdh, karkatah e écrevisse » (forme pràkritique 
supposant *karhrtah). Le grec a une forme simplifiée 
ans xapxCvoç, cf. skr. karkah. On rapproche, d’une 
manière hypothétique, gr. xipxapoî • TpajpJç Hés., 
et skr. karkatah « dur »; peut-être même arm. Far 
« pierre » (?). Le vocalisme a est « populaire ». Pour le 
redoublement, cf. gingriô. Sur une extension possible 
Fi™? h0FS dn domaine indo-européen, v. M. Cohen, 
BSL 34, p. ix, et 27, p. 400, n. 1. 

eaner! 5 -ùnoa’ m. pl. : barreaux, treillis. Attesté seu- 
lement dans les gloses; e. g. P. F. 40, 8, cancri diceban- 
iur ab antiquis , qui nunc per deminutionem cancellé. Rem- 
placé, sans doute pour éviter une confusion avec cancer 
par le diminutif : ’ 

cancelli m . pl. (attesté depuis Cicéron ; le singulier ne 
se rencontre que très tardivement) : treillis, barreaux, 
balustrades ; cf. Varr., R. R. 3, 5, 4, in <is trauersis gr* 
daim modicis mteruallis pénicis adnexis ad epeciem can- 
aeUorum scenicorum ac theatri. De 14 : limite, barrière ; 

M. L. 1573 a. *îrl. caingeU, gall. cangheU, canghellawr. 
cancella, -âs : couvrir d’un treillis ; puis « barrer, bif- 

aïAu'i 1 ", 1 ?;? (lat. imp.) : huissier-gref- 

fier, M. L. 1573 ; B. W. chancelier et chanceler. 
canceru» (-tf) : en forme de treillis ; en zigzag, cf. 
o . Verg. Bem. Georg. 1, 98, bene perrumpit de obli- 
qualoratione contra sulcum, ut rustici dicunt : canceUate 
arare. Cet emploi explique le sens de « chanceler », pro- 
prement e marcher en zigzag, comme les barreaux d’un 
treillis ». 

D’après Skutsch, B. B. 22, 127, cancrî est une forme 
assimilée de carcer , mot qui semble avoir désigné à 
1 origine un objet fait de matériaux entrelacés, un treillis. 

Sur tout le groupe, v. M. Cohen, Sur le nom d'un conte- 
nant à entrelacs dans le monde méditerranéen , BSL 27 
80 sqq., et GLECS, t. III, 16. 

*eand- : de ce radical ont été formés deux verbes • 

1 un marquant l’état, candcS ; l’autre marquant l’action 
et transitif, -canâo ; cf. pendeô et pendô. 

r - 10 ° 5r ® : être enflammé, brûler. Cf. 

Uc., Uff 2, 7, 25, Dionysius candenti carbone sibi adure- 
bat capiüum ; Verr. 2, 5, 163, candentes lamminae. De 



-candô 

là « être chauffé à blanc », puis, un rapprochement po- 
pulaire avec cànus y aidant peut-être, « briller de blan- 
cheur, être d’une blancheur éclatante ». Ancien, surtout 
poétique. M. L. 1580 et 2950, excandêre. Cf. candëscô , 
incandëscô , M. L. 4940 ; excandëscô « s’échauffer, blan- 
chir » ; candêfaciô (et ex-) et candi ficô (Aug.) « chauffer » 
et « blanchir, glorifier ». 

candor , -ôris m. : blancheur éclatante ; éclat, splen- 
deur; au sens moral, « pureté, candeur »; candidus : 
d’un blanc éclatant; splendide; et « pur, candide ». Dans 
la langue de la rhétorique, traduit le gr. Xeuxôç comme 
candor , Xeux6x7)ç xal «paÔTTjç. S’oppose à niger, comme 
albus à ôter. M. L. 1582, britt. çann ; candidâtus (cf. albâ- 
tus, atrâtus) : proprement « vêtu de blanc ». Mais ne se 
rencontre dans ce sens qu’à l’époque impériale ; à 
l’époque classique, candidâtus est spécialisé comme 
substantif et désigne le « candidat », c’est-à-dire celui 
qui brigue une fonction et, pour ce, revêt la toge blanche, 
candida . Diminutif ; candidulus. Le verbe candidàre (et 
incandidâre, Firro.) * blanchir » a été reformé dans le 
latin d’ Église sur candidâtus ; de là : candidâtiô , -trïx. 

candicô, -âs (Plin. ; latin impérial, formé sur albicô) : 
blanchir, M. L. 1581 ; candëla : cierge, chandelle, M. 
L. 1578 et B. W. s. u. ; Pedërsen, F. G. d. h. S. I 193 ; 
germ. : v. h. a. kentil , britt. cannwyl, irl. candel , etc. ; can- 
délâbrum (- ber , -brus m., cdndèbrum ? trois exemples dans 
l’Itala) : chandelier. M. L. 1579 ; candëlula, candèlifer. 

2° -candô : faire brûler, enflammer ; n’est attesté que 
dans les composés, anciens et usuels : 

accendô , -is, -dï, -sum, -ere : mettre le feu à. M. L. 67. 
Dérivés : accënsus , -ûs ; accênsiô, rares et tardifs. 

incendô : incendier, enflammer. — Ancien, usuel, pan- 
roman. M. L. 4346. D’où incendium et incënsiô ; incen- 
dimenlum , M. L. 4347 ; incënsum, M. L. 4347 a ; celt. : 
irl. ingehis , britt. encois . 

Sur la confusion qui s’est produite entre Hncënsor, 
incentor , etc., v. Emout, incinô , incendô, dans Philolo- 
gica II, p. 225 'sqq. 

succendô : mettre le feu sous, enflammer. 

Tous ces verbes, et surtout leurs participes accënsus , 
incëtisus , succënsus , ont un sens moral à côté du sens 
physique i magno laudum inçensus amore, etc. 

Le mot à. redoublement cicindëla se rattache au groupe 
de cand - avec un autre vocalisme, populaire. 

La diphtongue à voyelle a, de type « populaire », 
comme dans caedô, claudô, etc., se retrouve dans gr. xoev- 
Sapoç * (êvOpaÇ, gall. cann « brillant », etc. Mais ailleurs 
on a un vocalisme normal. Le celtique a : irl. condud , 
gall. cynnud « bois à brûler » supposant cond-. Le c- 
(altemant avec ç-) de skr. candrdh « brillant » suppose 
Alb. hznz « lune », de *{s)kandnà, a. été aussi 
rapproché. — Nulle part il n’y a de formes verbales, 
sauf en latin et en skr. candati « il éclaire ». 

candetum, -! n. : mesure de longueur ou de surface 
de cent pieds. Gaulois d’après Golum. 5, 1, 6. Transcrip- 
tion fautive de *cant-edom, gall. cant « çent »? 

eandosoceiis, -I m. : sarment de vigne. Gaulois d’après 
Golum. 5, 5, 16. 

canë8 s eanfs, ««is c. : chien, chienne ; chien de mer ; la 
Canicule. — Employé aussi comme terme d’injure et, 
avec canïculà et gr. xôtov, pour désigner le « coup du 


chien » (l 'ambesas) aux dés ; cf. skr. çvaghnin « tueur <j e 
chien », désignation du joueur professionnel. Canës est 
la forme ancienne d’après Varr., L. L. 7, 32 ; c’est cell e 
d’Ennius, A 528 V*, et de Lucilius, 1221 M. Mais canè s 
et canis se sont substitués à un ancien nom racine ter, 
miné par -n- (cf. gr. xécov), qui a été éliminé en raison de 
son caractère anomal, et aussi par suite de la tendance 
du latin à substituer une .flexion parisyllabique à une 
imparisyllabique (cf. iuuenis, mënsis, etc. ; v. Emout, Phj, 
lologica I, p. 135 sqq.). Canës rappelle fëlës, uolpës, etc.; 
canis , qui doit être aussi une forme ancienne, a prévalu 
parce que les substantifs en -ës de la 3* déclinaison ap- 
paraissent comme aberrants et ont été rangés soit dans 
les thèmes en -£-, soit dans les imparisyllabiques, cf. 
trabës > trabs, etc. L’ablatif est cane, le génitif pluriel 
canurn . — Attesté de tout temps. Panroman, sauf en 
espagnol. M. L. 1592 et 1584 a, *cania. 

Dérivés : canïnus : de chien ; canin, canine ; cynique 
{= xuvixéç), M. L. 1590 ; Canïna, eognomen, Canï - 
nius, gentilice ; canïcula { ï , sans doute pour éviter 
une suite de trois brèves, cf. craticula , cutïcula i) : 
chienne, constellation du Chien ; chien de mer ; cro- 
chet (= lupus) ; coup de dés, M. L. 1586 ; fr. chenille . 
De là : canïculâris ; — canârius ; de chien, augurium 
canârium ; -a herba : chiendent, ou c. lappa , bardane 
ou argentan, M. L. 1571 ; canâtim, adverbe cité par 
Nonius à côté de bouâtim, suâtim , non attesté dans 
les textes. Composés tardifs : canicapitus — xuvoxé- 
<paXoç (loseph., Cassiod.), canif ormis (Prud.). 

Les langues romanes attestent aussi *canïle (cf. bouïlë) 

« chenil », M. L. 1588 ; canius, M. L. 1595 a ; *caniculàta 
( cali -) : jusquiame, M. L. 1512. 

L’absence d’n dans catulus exclut tout rapport avec 
canis, quoique les anciens aient lié les deux mots, comme 
on le voit dans les gloses comme : catulus, genus quod - 
dam uinculi , qui interdum canis appéUatur , P. F. 39, 21, 
et catularia porta Romae dicta est , quia non longe ab ea, 
ad placandum caniculae sidus frugibus inimicum , rufae 
canes immolabantur, ut fruges flauescentes ad maturita- 
tem perducerentur , P. F. 39, 13. 

La forme can- du latin est surprenante. Le celtique a 
la forme attendue, irl. cû (de *kwô), gén. con (de *kunos), 
gall. ci, en regard de gr. xôcov, xuv<Sç et de véd. ç{u)çâ, 
çûnah, lit. Su, Suns (de ëunes). L’arm. Sun, gén. San (dont 
le S n’est pas clair), offre un vocalisme *-°n- pareil à 
celui qu’on rencontre dans lat. can-. L’absence de trace 
de u/w dans canis provient peut-être d’un ancien nomi- 
natif *cô{n), issu de *quô (cf. cote), nominatif représen- 
tant *kwô, en face de av. spâ « chien », issu de *swà, 
cf. véd. ç[û)vâ. Trop anomal, le nominatif *cô aurait été 
remplacé par une forme tirée des cas obliques, mais non 
sans avoir transmis à celle-ci l’initiale c- au lieu de qu-. 
De là le nominatif canës , canis. Une raison pareille au- 
rait entraîné en germanique l’extension d’un type dé- 
rivé : got. hunds « chien », cf. arm. skund « petit chien » 
(de *kwon-tà-) et lett. suntana e grand chien ». Le latin 
a pu, du reste, hériter de cun- à côté de *kw°n-, et ceci 
aurait aidé à la généralisation de c- au lieu de qu- at- 
tendu. Toutes les hypothèses qu’on peut tenter pour 
rendre compte de lat. can- sont arbitraires. Mais le rap- 
prochement de canis avec le groupe sûrement indo- 
européen de gr. xôcov n’est pas rendu douteux par là. 


— 93 — 


e&nô 


taiiiça® : furfures de jarre a cibo canum uocatae, P. 
t? 40, 7- Ne se trouve que dans Lucilius et les glossa- 
tP*urs-* rattachement à canis est sans doute une éty- 
ologie populaire ; canicae doit se rattacher à un adjec- 
*kaneko- « jaune clair, écru », qui se retrouve en cel- 
Gaue et, sous des formes différentes, dans d’autres 
langues indo-européennes; v. Vendryes, R. Celt. 47, 
1930, P- 200. 

cani'cuin, °ï n. : ortie (Oribase). Inexpliqué. 

canistrum, -ï n. [canister, -trus m., tardif) : corbeille 
(de joue ou d’osier). Attesté depuis Varron. 

Dérivés : canistëllum , canistrâria « canéphore ». Ro- 
man, it. canesiro , prov. canasto, esp. canastro. M. L. 
1593-1594. Alsacien kànsterle ? 

Sans doute emprunté au gr. xivaarpov (Hes.), xa- 
vauorpov (xoevu-), de même sens que xdcveov xavouv, dont 
Varr., L. L. 5, 120, faisait déjà dériver le mot latin. Mais 
la forme îxdcviorpov (Athénée 360 c) semble être un em- 
prunt secondaire au latin. Tous ces mots semblent déri- 
vés de xdcvm ; v. le suivant. 


canna, -se î. : roseau. Emprunt au gr. xàwa, lui- 
même d’origine sémitique, e. g. hébr. qane(h) « roseau » ; 
v. Littmann, Morgendland. Wôrter im Deutsch.*, 1924. 
Attesté depuis Varron d’Atax. M. L. 1597. Passé en 
celtique : irl. cnàib. 

Nombreux dérivés purement latins et plus ou moins 
tardifs : canneus ; cannïcius {-tius), M. L. 1604 ; cannô- 
sus ; cannëtum, -ï n., M. L. 1603 ; cannida , M. L. 1607, 
et canneUa, M. L. 1602 b ; cannô, -ônis (Lex Salica) ; 
cf. aussi M, L. 1600, cannabula; M. L. 1602, *canna- 
meUis ; M. L. 1606, *cannûciae. S’y rattache : canâlis, 
-is c. (déjà dans Plaute) : fossé, canal, conduit d’eau, 
gouttière, tuyau ; ab eo quod caua sit in modüm cannas , 
Isid., Or. 15, 8, 16. Nombreux sens techniques. Le rap- 
port avec canna est visible dans Vg., G. 4, 265, mella ... 
harundineis inferre cancdibus, et Pallad-, 4, 15, 1, cana- 
libus ex canna factis mel... infundere. M. L. 1568, et 
germ. : v. h. a. ehanal{i), irl. canal , gall. cananvl. Pour la 
forme, cf. currus , curûlis . 

Dérivés : canâlicidus \ petit canal, cannelure, canon 
(de la catapulte), M. L. 1567 ; can&Uculâtus : can- 
nelé ; canMicius i en forme de tuyau ; canüliënsis ; ca- 
nâliclèrius m. 

-a© f. : sorte de vase ou de pot (inscriptions à 
partir du i s? siècle après J.-C. ; Ven. Fortun.). Mot ger- 
manique (v. h. a. channa, ail. K armé). M. L. 1598 ; irl. 
cann. 


cann&Ms, »I§ f. : chanvre. Emprunt, attesté depuis 
Varron, au gr. xÆwctêtç, lui-même sans doute emprunté 
à une langue de l’Europe orientale. A basse époque ap- 
paraissent cannabus ; cannaba î., cannabmn ; can{n) aps, 
canapa. — Panroman, M. L. 1599 ; les formes romanes 
remontent à cannabis (dialectes suditaîiques et sardes) 
et surtout à canapis (GL), can{n)apus, -a. Emprunté 
tardivement par les langues celtiques : M. cnàib , etc., 
germ. : b. ail. kennep a Hanf », etc. 

Dérivés : cannabius, -a, M. L. 1598; cannabinus ; 
cannabêtum. Exemple de mot voyageur, comme lï- 
num, uïnum , de forme mal fixée. 


*=1§ 5 eeelnl, eamiiim (mais camMürus emprunté 


à cantô et canitürus à basse époque, cf. Thés. III 264, 
17), caneré. Servius, G. 2, 384, signale un parfait canui , 
mais on ne le trouve que dans les composés (cf. Sali., 
Hist. 1, 135, occanuerunt) où le redoublement de cecini 
ne se maintient pas ; -canui, -cinuï est créé d’après 
sonuï, comme canitürus d’après sonitürus : chanter (avec 
la voix ou accompagné d’instruments) ; se dit de 
l’homme, des oiseaux (cf. luscinia), des instruments de 
musique ; cf. oscen, tibicen, tubicen , etc. 

Canô s’emploie absolument ou transitivement, ainsi 
Sali., lu. 94, 5, repente a tergo signa canere; mais Ibid. 
99, î, tubicines simul omnes signa canere. C’est un terme 
de la langue augurale et magique, dont les formules sont 
des mélopées rythmées. Se dit des poètes (cf. gr. àetSco) 
ou des devins ( uâticinium , uâticinâri). De là a pris le 
sens « chanter [les exploits de, etc.], célébrer », « chan- 
sonner » (sens réservé à cantâre), ou aussi « prédire ». 
Usité de tout temps. Non roman. 

Formes nominales et dérivés : -cen, -cinis : second 
terme de composés (nom racine sans suffixe ni dési- 
nence) dans tubi-cen, tïbi-cen , avec un féminin secon- 
daire übï-cina, etc., des abstraits en - cinium , cf. ombr. 
af- kanii *ac-cinium », et des dénominatifs en -cinor. 
Sur Ce type, voir Emout, Philologica I, p. 73 sqq. ; ca- 
nor, -ôris m. (rare, poétique et postclassique) : chant ; 
canôrus (cf. sonôrus) ; cantus, -ûs m, : chant, M. L. 
162Q; canlor , - trix ; cantiô (archaïque et postclas- 
sique), M. L. 1619 ; canticum : chant, et spécialement 
« partie chantée d’une comédie », dans la langue de 
l’Eglise « cantique » ; c. canticôrum = $apa (|ajjuiTcav, 
M. L. 1618 ; irl. càntic ; canticula, - culum , M. L. 1617 ; 
cantilëna : refrain ( uetus et uulgata cantio. Don.), 
« chanson », sur lequel a peut-être été refait cantüô , 
-as (Apui.) ; formation obscure, comme anti-, postU 
lëna ; canturiô, -is. Cf. aussi carmen. 

De canô sout formés un certain nombre de composés 
qui ont servi pour la plupart à traduire des termes 
grecs : ainsi accinô — Ttpooÿ.Sco, èret fôa ; de là accentue , 
-üs, qui a traduit 7cpoG<pSta (irl. aicend) ; *ancentus, -üs 
m., CIL X 4915, 7, contamination de as- et de *incen- 
tus? ; concinô = qui a servi à Cicéron pour 

rendre Gupupcovéta, ccncentus, -tüs — ouyL<ptùvla, guvgjS^, 
concentiô = àppovCœ ; incinô , incentiô , -tor, -trix, -îiuus ; 
l’adjectif semble avoir été rapproché de incendô ; in- 
centïuum a pris le sens de incitâmentum'; cf. incenlrlx 
(ïtal.), v. Emout, incinô, incendô, dans Philologica II, 
p. 225 sqq. ; occinô : faire entendre un chant de mauvais 
augure (le préfixe oh- marquant souvent une idée d’em- 
pêchement, d’hostilité) ; praecinô : préluder = -repo^S*), 
d’où prascentor « qui uocem praemittit in cantu » et a pré- 
dire par son chant », cf. ombr. procanurent a praecinue- 
rint ® ; succinô : accompagner [par son chant], donner 
la réplique, ; intercinô {— ?çœpc|8««>, Hor., Â. P. 194). 

A canô correspond un intensif : cantô, -âs, -âuï, - âtum , 
-are, qui, dès les plus anciens textes, concurrence canô 
sans que la nuance itérative ou intensive soit toujours 
visible, et qui s’est spécialisé dans le sens propre de 
s chanter ». Cantô substitue seulement une flexion régu- 
lière à un verbe irrégulier. Panroman. M. L. 1611 ; irl. 
eantain, etc. Cantô a, à son tour, un itératif cantitô, -âs, 
des dérivés cantâtor, cantâtrîx, canîëtiô, canîâmen, - men - 
tum, des composés excantô , incantô (tous deux dans la 
loi des XII Tables avec un sens magique : qui fruges ex- 


c&nôn 


— 94 — 


cantassit « qui aura déplacé par ses enchantements des 
récoltes », cf. Varr., Eum. 451, ubi uident se eantando ex 
ara excantare non posse, deripere incipiunt , et Thés. s. u. ; 
et qui malum carmen incantassit ) , M. L. 4341, d’où incan- 
tâtiô, incantâmentum « incantation, enchantement, sor- 
tilège » ; occenîô avec le passage attendu de a à e en syl- 
labe intérieure qu’il est le seul à présenter parmi les 
composés de cantô (concentô dans Pacuvius, Tr. 73, est 
une conjecture de Ribbeck) ; praecantô (M. L. 6709), 
recantd (=11x0^4^)’ 

Le présent *A°ne/o- se retrouve dans ombr. kanetu 
« canitô » et dans irl. canim « je chante », dont les déve- 
loppements de sens rappellent ceux des formes simples 
liées à canô , en composition. Le parfait cecinï a son cor- 
respondant dans irl. ceckan ; la concordance des deux 
langues résulte, il est vrai, d’une règle générale : emploi 
du redoublement là où le parfait n’est q> as caractérisé 
par une alternance vocalique (l’i de cecinï représente Vâ 
qui figure dans canô). Hors de l’italo-celtique, on ne 
peut citer que des formes nominales ; en germanique, le 
nom du « coq » : got. kana, etc., en gr. Iji-xœvéç « qui 
chante de bonne heure », épithète du « coq »; aussi le 
dérivé xocvàÇto, et « bruit », sans doute x<$va§oç. 

Gall. canu s’emploie pour « jouer » (d’un instrument). 

Y. carmen, où est noté un sens particulier. 

eaJtôn, -unis m. : emprunt au gr. xocvtùv « règle », qui 
a eu une grande fortuné dans diverses langues tech- 
niques, notamment dans la langue administrative de 
l’Empire, où le mot a désigné l’impôt, d’où l’irl. cdin 
«loi, taxe, droit » : e. annônârius , etc. (sens conservé en 
tare n tin, M. L. 1608), et dans la langue de PÉglise, où 
il a désigné «la règle, le canon », etc. L’adjectif canônicus 
{= xavovixéç, mais avec ô) a été également emprunté 
et sûbstantivé (d’où fr. chanoine , M. L. 1609) et a fourni 
les dérivés proprement latins canônicë adv., canônicâ- 
rius « collecteur d’impôts ». 

eant&brfea (herba) : liseron (Plin. 25, 85). De Can - 
lober. 

esntaferam, -In.: enseigne militaire de l’époque im- 
périale. Tiré du nom propre Cantaber. — cantabrdrius, 
-ï : porte-enseigne. 

eantabmm, -I n. (cantabra) : son (de grain). Mot bas 
latin, cantabriës , ëi î. = mTuptaoiç; cantabracius , tx- 
wpt-ngç (Gloss.). 

C&hf(h) êrius, -ï m. : cheval hongre (cf. Varr., R. R. II, 
7, 15 ; P. F. 40, 15 L) ; cheval de bât où de somme ; bi- 
det. Par extension désigne tout objet en forme de bât : 
étai pour la vigne, étançon, chevron ou arbalétrier dans 
la charpente d’un toit ; machine à suspendre les che- 
vaux (Vitr.). — Mot technique et populaire, comme ca- 
baüus. Demeuré dans les langues romanes avec diffé- 
rents sens techniques : fr. chantier , etc. M. L: 1615 ; et 
en germ. *kantâri. 

Dérivés : cant(h)êriâtus « échalassé » ; cant{h)ërïnus 

a de cheval », - m hordeum ; -m lapathum « patience » ; 

canî{h)ëriolus « chevalet » (Col.). 

Rappelle gr. xdcvOœv « baudet », xœvftëpaoç [8 vqç] « âne 
bâté » ; et sans doute comme lui emprunté à une langue 
étrangère (cf. cabaUus) ; Plaute applique aux cantherii 
l’épithète gallici , Au. 405. Cf. cabaUus. — V. Cecco, St. 
Etr. 16, 387 sqq. 


e&pth&ris, -Ml B î. ( cantharida , -as, tardif) : cantha- 
ride. Emprunt au gr. xavOotplç. M. L. 1613. 

csnthaniSj -ï m. : gobelet ou coupe à boire à deux 
anses ; vasque ; sorte de vaisseau ou de barque ; noua 
d’un poisson « brème de mer ». Emprunt (depuis Plt j 
au gr. xdcvôapoç, M. L. 1614, et # canthareîla , M. L. 1612, 

e&nt(h)us ? -ï m. : bande de la jante. Gr. xavôéç. Mot 
donné sans preuve comme africain ou espagnol, d’après 
Quint. 1,-5, 8 ; non attesté avant Perse. M. L. 1616; 
sans doute emprunté au celtique : gaul. cantem , etc. ; cf. 
germ. : v. h. a. katizwagen , etc. ; britt. cant ; fr. chant, 
v. B. W. s. u. 

©anus, -&e f. (Gloss.) : synonyme de canistrum, sans 
doute emprunté au gr. xavouv. Cf. cana, - ôrum , P. F. 40, 
5, et canif era, P. F. 57, 8. 

©Huns, -s, -um : blanc, et spécialement « aux che- 
veux blancs, chenu ». Pluriel sûbstantivé cânï « cheveux 
blancs ». — Ancien ; surtout poétique. Rare en prose 
jusqu’à l’époque de Trajan ; cf. Thés. III 296, 8 sqq. 
M. L. 1621. 

Dérivés et composés : càneô,-ëre (rare et poétique) ; 
cânëscô , M. L. 1584 ; *canô , -are, M. L. 1570 ; cânitiès, 

- iia , M. L. 1595 ; cânitüdô’, cànaster, - trï (Gloss.) : qui 
cânescit (cf. ccduaster ) ; cânôsus, M. L. 1610 ] cànütus 
(Gloss. ; Plaute? d’après eornütus, etc.), M. L. 1622; 
cânificô, -are ; incânëscô , - is , d’où incânus , formé sur 
incànëscô d’après le rapport cànusf cânëscô. 

Tout se.passe comme si l’on avait affaire à un adjectif 
radical, à vocalisme populaire a, de l’indo-européen oc- 
cidental, qui aurait été élargi par des suffixes variés : 
*- 7 io- dans làt. càhus (de *kasnos), pél. casnar « sènex » et 
v. h. a. hasan « brillant, joli » ; *-ko- dans lat. cas-cut 
(cf. fuscus) ; *-wo- dans v. isl. koss (plur. hosçir ), v. h. 
a. haso « gris » ; cf. Hase « lièvre ». 

©spams, -a® f. : cabane ; cf. Isid., Or. 15, 12, 2, casu- 
lam faciunt sibi custodes uinearum ad tegimen sui... hanc 
rustici capannam uocanî, quod unum tantum capiat. M. 
L. 1624. Irl. cabdn. Gî. canaba ? 

eapëië, -luis : v. capis. 

caper, -pif m. : 1° bouc et bouc châtré, d’après Vairon 
ap. Gell. 9, 9, 9, is demum latine diciiur qui excastratua 
est,î le bouc se disant hircus ; 2° espèce de poisson 
(Plin. 11, 257 = gr. xdbrpoç, xdbsp wsxoç). Si le sens ancien 
était celui que donne Varron, on pourrait songer à rap- 
procher caper de capus, capô. Mais, dans les textes ou 
le mot figure, il désigne le bouc. Il est vrai qu’il n’appa- 
raît pas dans la littérature avant Virgile. La différence 
de sens peut être d’origine dialectale. A fourni de nom- 
breux dérivés à l’onomastique ; cf . aussi caprôtïnus. Ca- 
prôtïna lünô, etc. (cf. pour la formation annôtinus , dont, 
toutefois, l’i est bref), avec un doublet caprôtïnus. A 
côté de caper s’est formé *eâprô, -ônis attesté par it. ca- 
prone , esp. cabron, port, càbrâo, M. L. 1624 a, 1656 ; et 
• les formes celtiques irl. cabdr « chevron », britt. caibr , etc. 

Dérivés : capra : chèvre. Panroman, M. L. 1647, cf. 
Hes. xdnpa* od£. Tupfnjvofc (l’adjonction dè l’épithète 
fëmina dans le capris feminis des Acta lud. saec. 
Aug. 93 est due au besoin d’éviter l’ambiguïté de la 
forme dé dat. abl. pl. capris) ; capeüa (diminutif d’af- 


fection, cf. Hor., S. I 1, 110) ; cap reus, d’où eaprea, 
-ae qui désigne un animal semblable à la chèvre, glosé 
Sop*<£ç, cf- Van*., L. L. 5, 101, eaprea à simüitudine 
auadam caprae ; et capreolus « chevreuil, chamois b ; 
puis « sorte de binette » (ainsi nommée à caiise de sa 
ressemblance avec les cornes du chevreuil) ; « çontre- 
flche » (cf. Rich, s. u. capreolus, d’où * cap reus, M. 
Jj. 1650), et enfin « vrilles de la vigne », M. L. 1649, 
d’où capreolinus (b. lat.) ; capràrius : de chèvre ; ca- 
pràrius m. : chevrier, M. L. 1648*, caprïlis ; caprïie 
n> : étable à chèvres, M. L. 1653 ; caprïnus ( caprjûnus , 
Marcell., Anthim., Orib.), cf. ombr. cabriner « ca- 
prin! .» gén. sg., M. L. 1654, 1657 ; capriô, -as (Anthi- 
mus) « sentir le bouc » ; caprïtus , -I (très bas latin, 
Lex SaL), M. L. 1655 ; caprâgô, -inis î. : laitue sau- 
vage ; caprâginus, -gineus ( capreâginus ) : de chèvre. 
Composés, dont certains à l’imitation du grec : capri- 
çornus (cdyéxeptoç) , - fïeus , figuier sauvage, M. L. 1651 : 
. f# [aïy^yçoç, de capra et férus), v. férus ; -folium « chè- 
vrefeuille », M. L. 1652 ; -genus, -mulgus (= aiYofHjAaç, 
V. Boisacq s. u. alylQaXoç), -pes — alybrouç ; rupi-capra, 
sëmicaper. 

Cf. ombr. kaprum, kabru « caprum », v. isl. hafr 
«bouc », gall. caer-iwrch « chevreuil », irl. caera (gén. cae- 
r ach) « mouton».! — Le grec Ixcpoç « bélier » a donné 
lieu de supposer que k est un préfixe (cf. costa), qui dif- 
férencierait caper de aper. Toutefois, l’existence de ce 
préfixe est contestée : v. aper. 

caperrô, -is, -lui, -Stnm, “ire : se froncer, se rider. 
N’est guère employé qu’au participe caperrâtus « froncé, 
plissé ». Se dit surtout du front. 

Les anciens le rattachent à caper « a caprae fronle », 
Varr., L. L. 7, 107 ; caperratum : rugosum a cornuum 
caprinorum simüitudine, P. F. 41, 27. Étymologie popu- 
laire? Fait penser à un substantif *caperra « ride » de 
type étrusque. 

Attesté depuis Plaute ; rare, archaïque ou repris par 
les archaïsants. 

e&pïïlns, -î m. (d’après Varron serait un mot collectif 
sans pluriel ; mais les auteurs emploient indifféremment 
le singulier et le pluriel, cf. Thés. III 314, 68 sqq.) : 
cheveu, poil de barbe, chevelure des plantes, des arbres 
(cf. la glose capiÙâmenta : summitates arborum , sens au- 
quel il faut peut-être rattacher le mot de la langue augu- 
ra]e capiUor , -ôris m. cité par Servius, Ae. 10, 423, capil- 
lor autem diciiur , cum auspicato arbor capitur, et conse- 
cratur Ioui Fidguri). Au témoignage de Noniùs, Plaute 
aurait employé un neutre capülum (Mo. 254?) ; peut- 
être y a-t-il eu une flexion capülus/capilla ? Un accusa- 
tif pluriel cap ilia figure CIL X 8249, 6. Ancien, usuel. 
M. L. 1628. Les poètes préfèrent coma ou crïnis , v. 
Thés. s. u. 

Dérivés : capülMus (cf. barbàÈus), d’où capiüàtüra 
(b. lat.), M. L. 1627 ; capülëiuriae s première coupe 
de cheveux » (Lex Salica), d’après èarbâtôria (Pétr.) ; 
*capülô emprunté par le got. kapiüôn « tondre », et 
excapülô (Lex Sal.) ; capülâtiô (rare et tardif) ; capil- 
lâscë (Gloss.) ; capiüâceus (époque impériale) ; capil- 
lâgô « chevelure » (lat. eccl.j, M. L. 1626 ; capülâris et 
c. herba « herbe capillaire » ; capiüüium (tardif ; cf. 
barbitium , caluùium) ; capiüôsus, calque tardif de Tpi- 


— espiô 

Composés (poétiques et rares) : cdbi- (— 3ueuxéÔpiÇ), 
âtri-, crispi -, uersi-capülus. 

Capiüus fait songer à caput, sans qu’on puisse expli- 
quer précisément ni la forme ni le sens. L’explication 
ingénieuse de J. Bloch par *capo-pilus suppose arbitrai- 
rement l’existence d’un composé et ne rend pas compte 
du double l (géminée expressive dans un mot de type 
« populaire »?).fll n’y a pas de nom indo-européen com- 
mun du cheveu, et ce nom diffère d’une langue à l’autre. 
Le gr. Opü; est sans étymologie ; l’autre nom latin crïnis 
est obscur. 

capid, -is, cêpl, eaptum, eapere (la langue archaïque 
connaît aussi d’anciennes formes de subjonctif en -s-, 
capsô, capsis, etc., cf. Thés. III 318, 47 sqq.) : saisir, 
prendre en main (cf. capulus, - lum , et manubrium gla- 
dii uocatur (cf. skr. kapafi duel « deux poignées ») et id 
quo mortui efferuntur, utrumque a capiendo dictum, P. 
F. 53, 26) ; avec idée accessoire de « contenir », bien 
conservée en latin, e. g. Cic., Off. 1, 17, 54, qui cum una 
domo iam capi non possunt , in alias domos exeunt ; cf. 
capâx , capis, etc. De ce sens de « contenir » sont dérivés 
celui de « concevoir dans l’e5prit », déjà dans Cic., Marc. 2 
6, quae quidem ego, nisi ita magna esse fatear ut ea uix 
cuiquam mens aut cogitatio capere possit, amens sim 
(peut-être sur le modèle de gr. XapMvw, cf. concipiô et 
cu>Aafi&£v6>), puis celui de « être capable de » (rare, 
époque impériale), « être de nature à » = gr. h&b&sxcii 
(lat. eccL). L’italo-celtique a développé, en outré, l’idée 
plus restreinte de « faire prisonnier », d’où captus , cap- 
tïuus. Le captif est celui qui est pris à la main (jerbakal, 
comme on dit en arménien). V. B. W. sous chétif. 

Comme emô a perdu le sens général de « prendre », 
capiô en a recueilli les emplois. Au contraire, les compo- 
sés de emô ayant gardé leur sens ancien, on notera que 
les composés de capiô ont souvent des sens spécialisés, 
ainsi in-cipiô, dë-cipiô, prae-cipiô, etc. Ces composés ont 
une valeur plus duratiVe que ceux de emô, qui, comme 
le verbe simple, ont un aspect nettement « déterminé ». 

Capiô est employé dans de nombreuses acceptions 
plus ou moins voisines du sens fondamental et qui se 
retrouvent tontes ou presque dans le correspondant sé- 
mantique grec Xaji6dv« : saisir, prendre par force, s’em- 
parer de (également avec un sujet abstrait cupïdô më 
cëpit , etc.), occuper, acquérir, obtenir, entreprendre {ca- 
pere cônàtum, impetum , fugam; d’où incipere e entre- 
prendre, commencer »), prendre pour soi, choisir (c’est 
capiô qu’emploie le pontifex maximus quand il choisit 
une vestale, cf. amàta), recevoir, supporter (un dom- 
mage : dëtrimentum capere, cf. Xoqi6àmy xépéoç, etc.). 
Le passif capï se dit souvent aussi de quelqu’un qui est 
atteint d’une maladie physique ou mentale, è. g. T.- 

L. 22, 2, il, ipse Hannibcd... altero oculo capitur (cf. Xcqx- 
6àv£o6ai ôuà vôoou, Hdt. I 138), et l’expression cou- 
rante mente captus, d’où menceps formé d’après manceps. 

— Ancien, usuel. Dans les langues romanes où il est 
représenté (v. fr. chapoir, v. ital., langues hispaniques), 
capere a un sens dérivé de celui de « contenir, avoir de 
la place », le sens de « prendre » étant réservé à prendere. 

M. L. 1625 ; B. W. sous prendre. 

A capiô correspondent : 

1° un duratif en -à- usité seulement dans des compo- 
sés sous la forme -eipd, - eupô , e. g. anticipô « devancer. 


capiô 


— 96 — 


prévenir » = 7rpoXop6dcvu (classique, usuel) ; occupé, -âre 
« prendre d’avance, occuper », et ses dérivés ; conservé 
en britt. achub ; et exoccupô (rare, tardif). Il ne doit pas 
être confondu avec les dénominatifs qu’on a dans aucu - 
pare (de auceps), participé (de particeps). Cf. aussi récu- 
péré ( reci '-), nuncupô (de *némi-ceps). Pour anticipé , qui 
n’apparaît pas ayant Varron, on peut se demander s’il 
n’a pas été créé sur participé. 

2° un désidératif : capessé , -is, -lui, - ïtum , -ere : « dësi- 
deré capere », dit Prise., GLK II 535, 10, « chercher à 
prendre, à saisir », d’où « entreprendre » (sens physique 
et moral) ; capessere lîaliam « chercher à, gagner l’Ita- 
lie » (Vg-, Ae. 4, 346), d’où l’emploi de capessere, së capes- 
sere avec le sens de « se diriger vers », comme facessere, 
e. g. Plt., Am. 262, Ru. 178. Dans le latin impérial se 
développe le sens de « chercher à, connaître », e. g. 
Gell. 12, 1, 11, in capessendis naturae sensibus,.., obsur- 
duit. D’autre part, Je désidératif est voisin de l’inchoa- 
tif. Aussi voit-on à basse époque s’introduire des formes 
capëscé, capiscé, que condamne le glossaire de Placide, 
GGL V 11, 8, capessitur non per sc, auxquelles se rat- 
tache sans doute le parfait capuit, Clem., ad Corinth. 47 ; 
cf. ital. capisco . Composé uniquement dans Plaute : inci - 
pissé (-pessé) : entreprendre, commencer à (cf. incepté). 

3° un itératif : capté , -as « chercher à, prendre », d’où 
« faire la chasse à », « convoiter » et « capter », cf. M. 

L. 1661 ; *accaptâre « acheter », *accapitâre, M. L. 62 
et 65 ; B. W. s. u. Dans les langues romanes, le sens 
de « chasser » est réservé à un représentant de *captiâre, 

M. L. 1662, qui n’est pas attesté dans le latin propre- 
ment dit. Capté a des dérivés : captàtiô (éliminé par cap- 
tié , il semble qu’il y ait eu une sorte d’haplologie), cap- 
iàtor , - trïx , -térius (latin juridique) ; un composé dis- 
cepté , -âs « chercher à. prendre en écartant », presque uni- 
quement employé avec des sens dérivés dans la langue 
juridique (= dïiûdicâre ), « décider de », « débattre » ; cf. 
disceptâtiô , disceptâtor. Incepté est un dénominatif de 
inceptum. 

Composés en -cipiô (-capiô) : ac-cipié , -is (= èm Xap- 
Sdcvca) : prendre à soi, d’où « recevoir, accueillir », cf. Ga- 
per, GLK VII 99, 22, sumimus ipsi, accipimus ab alio ; 
avec idée accessoire de bonne volonté, de bienveillance, 
« accueillir volontiers », M. L. 73, d’où acceptas « bien 
accueilli, agréable » (cf. gr. 8sxr6ç). Nombreux dérivés : 
acceptant s reçu, » (irl. aicecht ), accepta (sc. sors 

agrl) « lot de terrain », acceptïlâtiô (terme juridique) : 
s déclaration de quittance faite par un créancier à son 
débiteur », acceplié f. = XSj<}>tç (depuis Sali, et Cic. ; 
s’oppose à datiô, terme de droit) : acceptation ; acceptor, 
-trïx, M. L. 68 ; anîe-capië : doublet de anticipé, occupé 
(toutefois, on a anteceptus dans Cic., N. D. 1, 43) ; con- 
cipiô (= <sxSX>.a[iB<h(ù) : contenir, recueillir ; spécialement 
concipere sëmina, Cic., Dûs. 2, 10, 26, etc., d’où « conce- 
voir » (sens physique et moral, concipere animé , Cic., 
ILeg. i, 59) ; conceptio (depuis Cic., technique) = oôX- 
3cïjt|jiç, M. L. 2115 ; dëcipié : terme de chasse (cf. dëcipuïa 
s rêts, piège à oiseaux ®), e prendre en faisant tomber 
dans un piège, prendre par la rase », d’où a tromper, 
duper », M. L. 2504, B. W. décevoir ; excipié : 1° prendre, 
mettre à part, excepter, d’où exceptas, excepiié, fréquent 
dans la langue du droit ; exceptis , M. L. 2965 ; 2° accueil- 
lir, d’où exceptôrius (- ium) « réservoir » ; incipié : entre- 
prendre et « commencer b, M. L. 4353, d’où inceptum et 


incepté, -às (doublet familier de incipié, cf. - cœptô ), M. 
L. 4348 ; intercipiô : intercepter ; occipié : commencer 
(futur ancien occepsé, Plt.), surtout dans Plt. et Tér., 
non dans Cic. et César, repris à l’époque impériale (T.- 
L., Tac.) *, occepté,'-âs (Plt.) ; percipié : percevoir (propre- 
ment : prendre, saisir à travers), M. L. 6399 ; praecipis 
{praecapié dans les Gloss.) : prendre d’avance, d’où 
« prescrire, recommander » ; praecepta, -ërum « mesures 
prises d’avance, préceptes » (formes savantes en celt. : 
irl, procecht, precept, preceptoir [proi-] ; britt. pregeth 
« sermon ») ; praeceptië, 7cp6crraYjia (Gloss.) ; recipié : re- 
cueillir, retirer, L. 7120 ; receptus, -âs m. « retraite » ; 
receptâcvlum « lieu de retraite », recepticius seruus... qui 
ob uitium redhibitus est , P. F. 357, 4 ; M. L. 7112, 7113 ; 
suscipié (et adsuscipié, époque impériale = èroxvaXoqj,- 
êdcvco) : prendre par-dessous, se charger de, M. L. 8481. 

La plupart de ces verbes sont accompagnés de noms 
ou adjectifs dérivés en -tus, - tiô , -tor (-trïx), - tïcius , - tïuus , 
formés vraisemblablement sur les modèles grecs en 
-Xt$iç, -X 7]7 ct 6 ç, -X 7j7mx6ç, qui appartiennent presque 
tous à des langues techniques (droit, grammaire ou rhé- 
torique, philosophie) et n’apparaissent guère avant Ci- 
céron. De plus, ils ont reçu de bonne heure des doublets 
en - cepté , -às, -dre, appartenant à la langue familière, 
qui n’en diffèrent pas par le sens, mais qui fournissent 
dés paradigmes réguliers. Ainsi acceptâre (d’où accep- 
titë, ap. Non. 134); exceptàre ; inceptâre, M. L. 4348; 
praeceptâre, cf. ital. riceüare, de receptâre , M. L. 7111. 
Ces doublets sont, en général, bannis de la langue clas- 
sique, mais ils apparaissent dans la langue de la comédie 
et reparaissent dans la basse latinité. Ils peuvent, à leur 
tour, fournir des dérivés, par exemple àcceptâtié, -tor, 
-tàbilis, -tàculum ; acceptité, etc. 

Cf. aussi *excaptum « pelote », M. L. 2954 a ; *excap- 
târe, -tiare « gratter », M. L. 2953-2954 ; mais le rapport 
de cens n’est pas clair. 

À la racine kap- ou à capië lui-même se rattachent 
des noms et adjectifs dérivés et composés : 

g J un nom racine d’agent, usité seulement sous la 
forme avec apophonie -ceps comme second terme de 
composé : auceps , -cupis m. a oiseleur b, d’où aucupium, 
aucupârï ; müniceps , -ipis m. a qui prend part aux 
charges ®, d’où e habitant d’un municipe », münicipium ; 
particeps m. « qui prend sa part de » ; participium, tra- 
duction du terme grammatical {Aeroxfj ; manceps m. (v. 
ce mot); princeps , -ipis m., v. primas; terti-, quarti-, 
quinti-, sexti-ceps, chez Varron ; inceps , dans P. F. 95, 
10 a — deinceps » ; deinceps (v. deinde) qui s’est décliné 
d’abord, avant .de devenir adverbe invariable, cf. P. 
F. 65, 27 : deincipem anîiqui dicebanî proxime quemque 
captum , ut principem primum captum . Cette glose fait 
penser qu’à côté de -ceps, issu de *-caps actif, il y a eu 
un homonyme -ceps de *capi(o)s passif, cf. manceps et 
men-ceps a mente cap tus ®, et, pour la formation, lo- 
cuplês ; for-ceps : pinces, tenailles. 

b) -capas, -capus : ho8ticapas : hostium captor, P. F. 91, 
5, et hosti-, pisci-, urbi-capus ; cf. aussi mus-cipula « ra- 
tière, souricière » ; 

capiô, -dnis f. a prise, possession ». Terme de droit 
usité surtout dans le juxtaposé üsü-capié ; 

-capëdâ, - inis f. dans inter-capëâé : interruption, pause, 
répit » ; cf. cuppedé/cupié , torpëdô , gmuêdé , etc. ; 


— 97 — 


capulus, capulum, capula avec le suffixe en -lo- de 
noms d’instrument ; cf. excipulus ; 

-cipuus, -a, -um (cf. contiguus, etc.), cf. P. F. 70, 5, 
gxcipuum quod excipiatur, ut praecipuum quod ante capi- 

tur. Praecipuus est glosé correctement èÇatperoç ; 

capàx, -âcis adj. : « qui peut contenir, capable, spa- 
cieux » terme de droit : « habile à recueillir un héritage ». 
p’où capàciîâs sans doute créé par Cic., Tusc. I 61, et 
en latin ecclésiastique : capâbilis; incapâx, -pâcitâs, 
- pâbüis . 

c) captor, -éris m. : celui qui prend. Très rare; non 
attesté avant saint Augustin (dérivé *captéria ? cf. 
H. L. 1664) ; captas, -us m. : prise (rare) ; capa- 
cité, portée ; pouvoir de compréhension : ut est cap- 

tus, pro captü; captiô : prise, action de saisir; puis, 
par métonymie, « ce qui sert à prendre, piège, fraude, 
argument captieux » ; « tort, dommage * ; captiuncula ; 
captiésus : captieux, trompeur ; captura (postclassique) : 
prise, capture, gain (cf. iactüra), M. L. 1665 ; captïuus : 
prisonnier, captif ; substantivé captïuus , -ï ; captïua ; 
M. L. 1663 et 1662 a, captïuitâs : non attesté savant Sé- 
nèque. Auparavant; la condition du captif s’exprime 
par seruitium, seruitûs. Captïuitâs s’oppose à libertés sur 
lequel il est formé ; captïué , -âs : latin ecclésiastique, tra- 
duit le gr. alxi*aX<»TlÇ<«> (-xeuw). En celt. : v. irl. cacht 
«f servante », gall. caeth, corn, caid « captif, esclave », 
gall. ceithiwed . « captïuitâs », mot savant. 

V. aussi capis , capsa. 

Capiô a en. germanique un correspondant exact : got. 
hafjan (prêt, hof) « élever », en lace de quoi se trouve un 
verbe exprimant l’état, got. haban , v. h. a. habén « tenir, 
posséder, avoir ». Sauf l’ô du prétérit got. hof , etc., l’a 
germanique se trouve dans toutès les formes du groupe ; 
seul le mot v. isl. hàfr « hameçon » offre un -ë-, comme 
lat. cëpl, mais l’étymologie est contestée. On retrouve 
a dans got. hafts « pris », v. isl. haptr « serf », qui semblent 
répondre à lat. captus (de là got. haftjan « xoXXSoOoi, 
îrpooéxeiv *). La racine paraît être de la forme *këp -, à 
en juger par gr. x<o7nj « poignée, manche » ; dès lors, lat. 
cap- et gérai, haf- reposeraient sur *kap-, comme aussi 
xax- dans gr. xdt7rr<o « je happe avidement », xdbnj « niche, 
mangeoire », xa7rénç « mesure de capacité » et lett. kap- 
dans kàmpju « je saisis », avec nasale infixée, comme 
dans gr. Xajigdcvco. On ne peut guère faire état de skr. 
kapaiï « deux pleines mains », qui est isolé en indo-ira- 
nien. Le lituanien semble avoir ô dans kùpà a gage », et 
peut-être même . l’irlandais dans câin « tribut ». — La 
racine *këp-, *kôp-, *]&p- qu’on est ainsi amené à poser 
fournissait un présent athématique, dont alb. kam «j’ai * 
est l’unique trace, mais dont lat. capiô et got. haf fa sont 
des substituts. — Cette racine était en concurrence avec 
une autre toute voisine à gh- initial, même vocalisme et 
labiale (mal définie) finale, à savoir celle qu’on observe 
dans ombr. hahtu « capitô », dans v. irl. gaibim « je 
prends » et dans lat. habeô, qui est à irl. gaibim exacte- 
ment ce que got. haba « j’ai » est à haf fa. V. sous habeô. 
— L’osco-ombrien n’a pas de verbe correspondant à 
capiô ; pour ombr. kapiré « capidî », etc., v. le suivant. 

€spi§ 5 “Mis f. : sorte de coupe ou de vase à une seule 
anse usité à l’époque ancienne et dont l’usage s’est 
maintenu dans les sacrifices. Attesté depuis Lucilius. 
Rare. Même mot dans ombr. kap i re, kapirse a capidî », 


accusatif pluriel cap if « capidës », emprunté au latin. 
Diminutif capidula. Synonyme capëdâ, -inis (formé 
comme dulcis/dulcëdo?) et cap(p)ûdé (Cic.) ; capëduncula. 
— Les anciens le rattachent à capiô , cf. Varr., L. L..5, 
121, -es a capiendo, quod ansatae ut prendi possent, i. e. 
capi. Mais la formation est étrange ; et Priscien re- 
marque que l’accusatif est grec : capidas (à moins, tou- 
tefois, qu’il n’y ait eu un nominatif capida formé sur 
l’accusatif grec, comme cassida, crâtëra) ; on peut pen- 
ser à un emprunt ancien àu grec oxaçlç, déformé par 
l’étymologie populaire. Les mots en -is, - idis sont rares 
en latin et, généralement, sans étymologie, cf. cassis , 
cuspis , lapis. Cf. le suivant. 

©ffiplstëriiim, -Ï n. : instrument pour trier les grains, 
auget (Colum.). Emprunt oral et sans doute ancien au 
gr. oxaçtcrT^piov, avec dissimilation de sc-st > c-st, qui 
l’a rapproché de capiô. M. L. 1629. 

eapistnun, -I n. : harnais de tête, muselière ; puis 
e licol, lien, courroie ». Attesté depuis Caton. Pan rom an ; 
cf. fr. chevêtre, M. L. 1630, 1631. Irl. cabstar , gall. cebystr. 
De là : capistràrius, capistrâre,.capistellum ; incapistrâre , 
fr. enchevêtrer, M. L. 4342. Rapproché de caput ou de 
capiô. Mais aucune des deux étymologies n’est satisfai- 
sante. 

eapltlmn : v. caput. 

Capitêlinia, -I a. : le Capitole, colline de Rome sur 
laquelle se dressait le temple de Jupiter Capitôlïnus. 
Considéré comme dérivé de caput « sommet b, mais la 
dérivation est inexpliquée. Le doublet Capùôdium de 
Marius Victor, GLK VI 26, 3, est sans autorité. Con- 
servé en prov. capdokl « trône », M. L. 1639. 

capitula, -I n. (capitus, -üs m.) : fourrage. Emprunt 
bas latin au gr. xaré»]T6v„ 

eapfi : v. capus. 

cappa, -ae f. : chape. Bas-latin, Isid., Gloss., Greg. 
Tur.f Domin. : cappella , cappeüus. M. L. 1642, 1644, 
1645, 2952, * excap parc. Isid., Or. 19, 31, 3, capitulum 
est, quod uolgo capitularè dicunt, idem et cappa. Hypo- 
coristique se rattachant à cap ut, capus « tête »? — Sur 
l’évolution sémantique de cappella , v. Aebischer, Bull, 
du Gange, V (1929), 30. Germ. : ags. cœppe , etc. ; irl. 
câpa, britt. caà? Mot répandu par l’Église, 
eapra, eapreolus : v. caperU 

caprônae, «Sram : equorum iubae in frontem deuexae 
quasi a capite pronae, P. F. 42, 4. Un exemple dans Lu- 
cilius, un autre de caprôneae dans Apulée. Bans doute 
de caper ; cf. aper, aprénius. 

Caprâiïna : v. caper. 

eapsa, -a© f. : boîte ou caisse, cassette en bois, pro- 
fonde et de forme circulaire, destinée surtout à enfermer 
et transporter les livres. Non attesté avant Cicéron. M. 
L. 1658 ; B. W. châsse et caisse. V. h. a. chafsa ; gr. xi<J*x, 
wkyL^ou 

Dérivés : capsula , capsella ; capsârius : esclave 
chargé de porter la capsa de son maître ; ou de garder 
les vêtements au bain ; ouvrier qui fait les caisses ; 
sorte de fonctionnaire militaire. M. L. 1659. 

La forme de glossaire capsidila est capsa uel per a, 
CGL V 617, 48, est peut-être une déformation, par éty- 


espsiligft 

mologic populaire, de cassidîle , dérivé de cassis , cf. Thés, 
s. u. 

Il semble difficile de voir ici une formation désidéra- 
tive, en face de capiô , comparable à noxa en face de 
noceô. Étymologie obccurc. 

e&psilIgS, «lais f. : nom d’une plante ; jùsquiame? 
Cf. tussüàgô. V. André, Lex., s. u.î 

eapsas, “I m. et ©apsum n. : chariot couvert, cage. 
Depuis Yitruve. M. L. 1660. Cî. capsa ? 

e&pula, -a© f. : petite cruche ou petite coupe (Var- 
ron). De là, sans doute, capulô , -are : transvaser (un 
exemple de Plin. 15, 22) ; cap[u)lâtor. 

Y. capiô. 

eapulô, -as, -Ire : couper. Mot bas-latin (vi« siècle), 
Lcx Burg., Lcx Sal. Le doublet capellô (Anlhim.) rap- 
pelle got. kapeüôn « tondre » (emprunté au latin?) ; cf. 

- capülus. L’apparition tardive du mot rend très douteux 
le rapprochement de concipilô (- pidô ) « réduire en 
miettes » dans Plt., Tru. 621, que .Festus, du reste, 
explique autrement : concipüauisti dictum a N aeuio 
(Com. 132) pro corripuisti et inuolasti , P. F. 54, 16, et 
qui peut provenir de capidum « lasso ». 

Cf. peut-être capô, capus. 

©sputum, “I n. (Gloss.) : lasso. M. L. 1666, fr. câble. 
Cf. capulô, -âs (Colum.) : prendre au lasso ; *excapulô , 
M. L. 2955. Sans doute de capiô. 

eapulus, -I m. et capotai' n. : 1° manche, poignée 
(d’une arme, etc.) ; en celt. : gall. cabol-faen « pierre à 
aiguiser »; 2° cercueil, d’où capulàris (Plt.) « bon pour 
le cercueil ». Voir la citation de l’abrégé de Festus, s. u. 
capiô , 1. 4 du commencement. Les deux sens proviennent 
de spécialisations dans des langues techniques. Attesté 
depuis Plaute, Cas. 909 et As. 892. 

V. capiô. Capulus est à capiô comme bibulus à bibô. 

capus, -I m. (Varr., Colum.) ; et eSptt {*cappô), -ônis 
m. : chapon. La forme intensive en -ô, -ônis n’est pas 
attestée avant Martial (cf. Charis., GLK I 103, 26, capo 
dicitur nunc sed Yarro de Sermone latino (frg. 105 G. S.) 
a iterum » ait « ex gallo gallinaceo castrato fit capus »), 
mais peut être ancienne (cf. le type menta , nâsô, etc.). 
Diminutif ; capunculus (tardif). 

Martial, 3, 58, 38, scande la première syllabe longue ; 
sans doute faut-il lire cappô, avec géminée expressive, 
comme l’indiquent les dérivés romans : seul le campi- 
danien kaboni remonte à capo ; ks autres formes, it. cap- 
pone, fr. chapon , etc., supposent *cappo (cf. M. L. 1641), 
de même les emprunts germaniques v. h. a. kappo , m. 
h. a. kapûn. 

Le p géminé se retrouve peut-être dans la glose d’Hé- 
sychius : pupaoxdbnrov « coupeur dé bourse », vèv KXéwvo. 

Ce mot (ainsi que capulàre cité ci-dessus) rappelle 
gr. xé7rr<ù « je frappe, je coupe », xo7r(ç « couteau », etc., 
lit. kapôti « hacher menu », si. kopati s creuser ». Il y a 
un doublet à s- initial dans lit. skapiù e je creuse » : la 
forme lit. skabù , skabéti « couper, ébrancher » montre 
qu’il faut supposer un ancien présent athématique.ÎLe 
grec a oxéroxpvov. Le sens de îat. capus se retrouve dans 
le groupe slave : skopiti « cûvouxlÇetv », skoplcl « cv>- 
voujroç ». Le rapprochement est compliqué par le fait 


98 — 

qu’il y a des formes à *-ph- final : persan ëikâfad * [\ 
fend », k&fad « il creuse, il fend », et gr. èoxtfcç-rjv, aoriste 
passif de ox<£jrr<û « je creuse », oxœçstov « bêche », etc. 
(cf. scapulae ?) ; mais le latin ne permet pas de distin- 
guer ph de p. Tout cela caractérise des formes a popu- 
iaires ». 

e&put, -itis n. (ancienne graphie kaput; cf. aussi 
Hes. xdbrounç * xe<potX^. *P«païoi, qui provient sans 
doute d’une contamination du nominatif et du génitif ; 
à basse époque apparaît un doublet capus, -ï qui a 
passé dans les langues romanes) tête, des hommes et 
des animaux. Identique pour le sens au gr. *£90X7), 
dont il a sans doute emprunté les acceptions, comme 
capitulum a traduit xeçcXL;, capùâlis xe9aXaioç, recapi- 
tulàtiô àvaxeçaXoctcomç, capitulâtim èv xEçaXodoi. — Sou- 
vent employé dans des sens dérivés ou imagés pour 
désigner : 1° la personne tout entière, avec notion 
accessoire de vie, emploi fréquent dans les énuméra- 
tions, distributions (par tête, xarà xeyaLkip), les recen- 
sements ( capite cênsï) 2° sommet, cime, tête (d’épi), 
d’où « pointe, cap », it. capo, d’où fr. cap ; source (sens 
propre et figuré, = orïgô) ; 3° tête, en tant que consi- 
dérée comme la partie qui gouverne le reste du corps, 
chef (sens conservé en italien et en français, où on a 
eu recours à un autre mot testa, d’origine populaire, 
pour désigner la tête) ; 4° en grammaire, forme princi- 
pale d’un mot (nominatif, première personne du verbe). 
Sur la conservation de ces divers sens dans les langues 
romanes, v. M. L. s. u. et B. W. chef. — Usité de tout 
temps. Panroman, M. L. 1668 (mais v. testa) ; irl. capat, 
britt. cab. 

Dérivés : capitâlis [caputôlis Sc. Ba.) : « de la tête », 
sens propre conservé dans uéna capitâlis et dans capi- 
tal : a capite quod sacerdotulae in capite etiam nunc 
soient habere, Varr., L. L. 5, 130. Spécialisé dans Ja 
langue du droit « capital », poena capitâlis ; et capi- 
tal (e) : facinus quod capitis poena luitur. Le sens de 
« capital, essentiel » (xcçdXatoç) est à peine attesté. 
M. L. 1632; irl. codai ; capitulum ; [petite] tête. Le 
plus souvent au sens imagé de « partie supérieure », 
chapiteau ; en-tête (d’un livré, d’une loi, etc.), cha- 
pitre ; partie essentielle (sens tardif) ; prestation, rede- 
vance par tête ; d’où capitulànus, -rius « collecteur 
d’impôts », etc. ; irl. caiptel , gall. cabidwl. M. L. 1640, 
1636 ; capiteüum ; capitô, -ônis (cf. froniô, etc.) désigne 
une sorte de poisson, gr. x&paXoç (M. L. 1819, cepha- 
lus ), d’où fr. chevêne, M. L. 1638 ; B. W. s. u. ; capitd- 
tus : qui a une grosse tête ; capitâneus (b. Iat.) : prin- 
cipal, M. L. 1633, 1634 ; capitâtiô : impôt par tête ; 
capkârium : capital d’une dette ; capitium : ouverture 
pour passer la tête, capuchon, M. L. 1637 ; capitô- 
lium?, y. ce mot. Cf. aussi *accapitâre, M. L. 63; 
*discapitâre « subir une perte », M. L. 2651 ; *incapi- 
târe, M. L. 4343 ; * recap itàre, M. L. 7107. 

Composés en - ceps , -cipitis anceps ( ancipes , Plt., 
Rud. 1J58, et gramm., est refait sur le génitif) de *am- 
{ b)iceps , cî. Prise., GLK II 29, 19, anceps pro ameeps, et 
gr. dqj.çix£<poXoç ; abl. ancipitï et aheipite , n. pl. n. anci- 
pitia : à deux têtes {secüris anceps ) ; qui se tourne de 
deux côtés, « double », et aussi « douteux, incertain, 
hésitant, ambigu », souvent avec une nuance péjorative 
« trompeur » et e périlleux », cf. dubius. Influencé par 


— 99 

| e g autres adjectifs en - ceps , - cipis , a perdu rapidement 
fout rapport avec caput. 

biceps (ancien bicipes d’après Prise. II 280, 16) adj. : 

; employé presque uniquement au sens propre 
(à l’inverse de anceps). 

praeceps, -cipitis adj. (nom. praecipes dans Plt., Ru. 

671, et, par contre, abl. praecipe, Enn., A. 399, d’après 
j a fausse analogie de princeps) : qui va ou tombe la 
tête en avant (sens propre et figuré) ; d’où n. praeceps 
«précipice » et, par extension, « danger mortel »; du 
pluriel praecipüia, l’époque impériale a tiré un singu- 
lier praecipitium. — . Ancien, usuel. M. L. 6709 a. 

Dérivé : praecipào, -âs : transitif et absolu « préci- 
piter » et « se précipiter » ; dérivés (époque impériale) : 

praecipitanter , praecipitantia , praecipitâtiô, -tor. 

Composés en -ciput : occiput, et occipitium, plus fré- 
quent et ancien (cf. capitium) ; sinciput et sincipità- 
jnentum. 

Cf. encore capitilauium, d’où irl. copiât ; c&nicapitus. 

Le nom indo-européen de la a tête », dont il y a trace 
dans cerebrum, etc., a été remplacé en latin, comme 
presque partout, par un autre, qui est sans doute popu- 
laire. De même que le grec a xetpœX^, le gotique haubip , 

Je lituanien gcdvà et le v. slave glaça (cf. arm. glus). Je 
latin a caput. Ce mot n’est, du reste, pas isolé, car le 
germanique av. isl. hçfuâ, v. angl . hafud (de ^habuda) 
et le sanskrit a kapucchalam s chignon », à côté de kapà- 
lam « crâne » et « tesson », cf. v. angl. hafola a tête ». De 
ces rapprochements, il résulte que le -ut de caput , quoique 
ancien, n’est pas essentiel ; et, en effet, on ne le trouve 
pas dans les composés au nominatif : prae-ceps, bi-ceps, 
etc., ce qui ne peut s’expliquer par l’influence du type 
prïn-ceps , au-ceps, etc., faute de point de contact entre 
les deux types. 

L’adjectif praeceps a remplacé un composé où le nom 
du « visage » était le second terme : skr. nîca-, nyân, v. si. 
nicï ; lat. praeceps cecidit a une valeur pareille à celle de 
v. si. pade nicï a il est tombé ( le visage) en avant ». Le 
type latin de antïquus, qui a même origine, a perdu toute 
trace du sens de « visage » ; v. ce mot sous ante. 

eapyg, acc. pl. capyas : nom étrusque du faucon 
d’après Servius, Ae. 10, 145, qui désignerait aussi, 
comme le latin falcô, les hommes dont les doigts de pied 
sont recourbés en forme de faux. Même explication dans 
Isid., Or. 12, 7, 57, mais celui-ci attribue le nom, non 
plus aux Étrusques, mais à l’Itala lingua, sans doute 
par confusion avec capus. 

}. Capys est une hellénisation de Capus, éponyme de 
Capua comme Mantus de Mantua. 

eiffsbïis, -I m. : 1° langouste ; 2° barque en osier 
recouverte de peau. Emprunt (Pline) au gr. xapœÔoç, 
lui-même sans doute emprunté. M. L. 1671-1672. 

c&r&eêlla, -s© f. : sorte de vêtement sans manches et 
ê capuchon, originaire dè Gaulé. Surnom de l’empereur 
M. Aurel. Seuerus Antoninus C. Bas-latin. M. L. 4672 a? 

CâF&gng {-gius), »I m. : devin. Bas-latin. Représenté 
en v. français, M. L. 1673. Origine inconnue. 

esrhig m, (Vitr.), earfeasn s (Suét.) ; vent d’est. Du 
gr. xdp&xç, d’origine asianique. 

eârib@§E% *1 f. (m. Val. Max.) ; pluriel collectif eur» 


— eardô 

bâSS n. (d’où carbasum , Ov.) : genus lini est, quod abu- 
siue plerumque pro uelo ponitur ; étoffe de lin qui ser- 
vait de vêtement aux divinités fluviales ou aux riches 
(cf; Non. 541, 11) et dont on faisait aussi les voiles des 
vaisseaux ou les pare-soleil des théâtres. Depuis Ennius ; 
rare en prose. Irl. carbh. 

L’identité de sens et de forme avec gr. xdprawroç, lui- 
même d’origine égéenne, au b près, est frappante, que 
le mot vienne directement du grec ou que tous les deux 
aient été empruntés indépendamment à une même 
langue inconnue ,lcf. Emout, Aspects , p. 24 sqq. Carpa- 
geus = xapmfcmoç, carpasinus (-neus) — xapTfàortvoç; 
Caeciîius unit carpasina, molochina , ampelina; Apul., 
Met. 8, 27, crocotis et carpasinis et bombyeinis. Gf. sans 
doute car pas ia, Isid., Or. 19, 1, 11, — nauis a Carpatho 
insula nominata. K&çimaoq dans le sens de « plante véné- 
neuse » a été transcrit par carpasum ; on a aussi carpa- 
thum , de ^x^proxôov, cf. opocarpathon (Plin.). 

carbô, -ônis m. : charbon de bois, produit de la com- 
bustion, souvent joint à cinis , différent de prûna, cî. 
Serv., Ae. il, 788 , prûna quamdiu ardet dicitur ; cum 
autem exstincta fuerit , carbo nominatur , et Yarr., R. R. 
1, 7, 8. De là : carbônârius, carbônëscô (h. lat.). — - An- 
cien, usuel. Panroman. M. L. 1674-1676. Diminutif : 
carbunculus : morceau de charbon ; carboncle (sorte de 
sable) ; escarboucle ; charbon (maladie = <ëvOpot£), M. 
L. 1677, et celt. : irl. carmocol ; d’où carbunculô = dv- 
0pcDcu5 et ses dérivés. 

On rapproche got. hauri « charbon », v. isl. hyrr 
@ feu », lit. kùrti « chauffer », v. h. a. herd 0 foyer », etc., 
d’une racine *ker-, ci. cremô. Mais lé rapprochement est 
lointain, et le -b- n’est pas expliqué. Terme technique. 

earbuiilcâ, -a© f. : nom d’une vigne cultivée dans la 
Narbonnaise (Plin. 14, 43). Lire carbônica ? Cf. carbun- 
culus dans Thés. III 433, 65 sqq. 

©areer, “lis m. (carcar à l’époque impériale. Acta fr. 
Aru., Itala, et. Thés. III 434, 23 ; xdpxapov dans Sophron 
et xdtpxapoi ' ... 8ecrçi.ol; xàpxapa * ... Êvtoi -vàç yut&vSpaç, 
Hes., peuvent provenir du latin) : enclos, barrières qui 
ferment la piste des chars (pl. carcerés , Enn.), d’où l’ex- 
pression à carcere ad calcem ; prison (sens déjà attesté 
dans la Rome royale). L’it. carcere remonte à carcer , le 
v. ital. carcar , got. karkara , à carcar , peut-être par un 
intermédiaire grec, de même v. irl. carcar , britt. car- 
char. M. L„ 1679 ; B. W. chartre . 

Dérivés ; carcerârius (Plt. et b. lat.), M. L. 1680; 

et, à basse époque, carcereus ; carcerâlis ; carcer 5, -âs 

(lat. eccî,). 

Mot à redoublement, d’origine indéterminée ; la forme 
carcer subsiste normalement ; mais *karkr- se dissimile 
en *kankr- (cf. cancer et cancri) ; ce procédé est ancien 
en indo-européen. Vocalisme « populaire ». 

cgrchëgium, -In. : vase à boire ; hune d’un vaisseau, 
cf. Rich, s. u. Emprunt au gr. xotpx^uwv déjà dans Liv. 
Andron. V. B. Friedmann, Die ion. u. ait. Wôrter i. 
Aidât., p. 20. M. L. 1681. 

€arâe% -ae f. : v. le suivant. 

eardô, -lois m. (f. à la date ancienne) : 1° gond {c. mas- 
culus, c. fëmina ), charnière ; pivot ; pôle (nord et sud), 
puis « point cardinal » et, par suite, ligne transversale 


cardans 


— 100 — 


— 101 — 


eupigcaiam 


tracée du nord au sud par les agrimënsôrës , et qui s’op- 
pose au decimànus qui va de l’est à l’ouest ; 2° tournant, 
point principal (cî., pour le développement de sens, arti- 
culus,'Sery., Ae. 1, 172, (prouerbio ) dicitur « res in car- 
dine est », i. e. in articule). Ancien, Utuel. M. L. 1684. 

Dérivés : Corna, -ae et Cardea ?, cf. Aug., Ciu. 4, 8 ; 
Tert., Idol. 15, forme suspecte d’être refaite, cf. Thés. 
Nom. propr. lat. sous Corna) : déesse dont le nom a 
été rattaché à cordé peut-être par étymologie popu- 
laire ; quelques-uns le dérivent de carô , cf. Ov., F. 6, 
101 sqq.f; cardinâlis : 1° de gond, de porte ; 2° prin- 
cipal (se dit des monstres, des vertus, etc.) emploi 
rare et tardif ; usité dans la langue ecclésiastique au 
sens de « cardinal » (irl. cardinail) ; cardinàtus : muni 
de gonds (Vitr.) ; cardinô , -às (Greg. M.) « prïmô locô 
ordinàre ». Cf. encore cardineus , -ârius, -aliter, tous 
rares et tardifs. 

Sans correspondant connu. Terme technique, à voca- 
lisme a. 

earduilSj -I rn. (formes tardives cardus , -ï et cardé, 
-ônis ; cf. capus et cappô, etc.) : chardon, cardon, arti- 
chaut. — Ancien, usuel. M. L. 1685, 1687 ; B. W. s. u. 

Dérivés : carduêlis (et cardé lis déjà dans Pétr.) : 
chardonneret, gr. dxoXavfilç ; cardel{l)us (bas-lat.) : 
chardon, chardonneret, M. L. 1686 ; carduetum (Pall.) : 
lieu planté de chardons ; *cardinus, M. L. 1682. 
Rappelle carré, -is « carder », qui a été remplacé dans 
les langues romanes par un dénominatif de carduus , 
*cârdàre. Cf. aussi car ex. 

Nom de plante, à vocalisme radical a, sans correspon- 
dant connu. Pour cardopanus, Y. André, s. U. 

e&rëasis : — pistoribus a caria, quant Oscorum (Afro- 
rum R ) lingua panem esse dicimus. Gloss. Plac. Y 14, 
26 et 26, 16. Forme unique et peu sûre dont on rap- 
proche osq. karanter e uescuntur » et le nom de la 
déesse Cerës, cf. Serv., G. i, 7, Sabini Cererem panem 
appellant. V. crëscô. 

eareS, -§g 5 -aî 5 -ëre : ne pas avoir, manquer de. Cic., 
Tu. 1, 88, carere igitur hoc significai : egere eo quod habere 
udis... dicitur alio modo eîiam carere cum aliquid non 
habeas, et non habere te sentias, etiam id facile paxiare. Cf. 
Sén., Dial. 7, 7, 2, uolupiate uirtus saepe caret , numquam 
indiget. D’après Priscien, le participe serait cossus ou 
caritus : a careo uel caritum uel cassum posse dici, quia 
futuri participium cariturus , praeteriti cossus inuenitur. 
Cf. cossus. — Ancien, usuel. M. L. 1688 a. 

Dérivés : carenlia, carëscô , très rares et tardifs. 

On rapproche osq. f akiiad kas it « facial decet » ; le 
sens « il faut », de kasi t, en face de careo, cossus, rappelle 
gr. $eï « il faut » en face de 8é<ù « j’ai besoin » ; fai. carefo 
« carêbO ». — Cf. peut-être castus. — A part cela, sans 
étymologie, comme d’ordinaire pour le sens de « man- 
quer » dans les langues indo-européennes (v. egeô). 

Câïwm, -I n. : carvi (plante). Cf. gr. xdpoç, xdpov. 

eârex et eârix, -ids f. : laiche, herbe des marais, 
herba... acuta et durissima, s porto similis , Serv., B. 3, 
20; M. L. 1689. D’où cârectum ( cârictum ), M. L. 1688 ; 
*caricia, M. L. 1691. Sur la forme, v, Eraout, Philolo- 
gica, I, p. 146. 

Rappelle cârô (carré), carduus. 


elFÎCSj -ae f. (scil. ficus) : sorte de figue (5 Caria). 
M. L. 1690 ; irl. carie. V. André, s. u. 

earlës, -ei f. : « putrëdô lignôrum », puis toute espèce 
de vétusté, carie, pourriture. Ancien, usuel. Les formes 
romanes reposent sur *caria. M. L. 1692. 

Dérivés : carius (Gloss.), animal qui et tinea dicitur , 
M. L. 1697 ; *cariolus, M. L. 1694 ; cariôsus ; cariàns 
(un exemple tardif). 

Probablement élargissement par -ië- du thème sans 
suffixe de la racine qui apparaît dans irl. ar-a-chrinim 
-a je tombe en ruines », gl. dëfetiscor , ir-chre « ruine », gr. 
xepatÇcd « je dévaste, je ravage », àx^paToç « intact », 
skr. çrnati « il brise », çirnâh a brisé », av. asarota- * in- 
tact », sari- « ruine ». — La racine étant dissyllabique, 
on hésite à rapprocher gr. xtjp « mort ». 

earîns, -a© f. : demi-coquille de noix (qui se dit pu- 
tâmen), et aussi, « carène de vaisseau » (sens proba- 
blement dérivé, bien qu’attesté avant le premier) 
et a vaisseau ». Ancien, usuel. M. L. 1693 ; britt. cernvyn. 
Le pluriel Carïnae désigne un quartier de Rome, cf. 
Varr., L. L. 5, 47. 

Dérivés : carïnàtus : caréné, d’où carlné, -are 
(Plin.), carinvla ; les mots plautiniens carinus « cou- 
leur brou de noix » et carinàrius proviennent du gr. 
xopéivoç. 

Rappelle gr. xdcpuov « noix » et skr. karakah « noix de 
coco ». D’autre part, le sens du mot latin évoque un 
mot signifiant a dur » qui a été évoqué sous cancer. En 
somme, pas d’étymologie sûre. Pour le suffixe, cf. pis- 
dîna, farina, etc. 

©&rfnO (carinor?) , -Us, »Jlr© : probra obiectare , P. F. 41, 
13. Vieux mot, non attesté en dehors d’Ennius et des 
glossateurs. 

Dérivé : carinâtor. 

On rapproche irl. caire, gall. caredd « blâme », gr. 
xdtpvi] ' Cïjpia et peut-être xép - vojzoç « méprisant, rail- 
leur », oxèpowpoç* XoiSopta Hes., oxsp66Xoç * XoCSopoç Hes. ; 
v. si. u-korü « ô6pCç », serb. pà-kor « blâme ». 

Pour la dérivation, cf. muginor, coquinô. 

C&TÎSSS ( carisa ) i. : -m apud Lucilium uafrum (1. ua- 
fram?) significcU, P. F. 38, 18. Cf. Gl. Pî. Y 15, 6, uct us 
lena percaüida, unde et in rnirno foliacés ancillae catae 
carisiae appeüabantur. Vieux mot populaire, sans doute 
étranger; étrusque? Cf. pour la finale fauis(s)a, man- 
tis(s)a. 

eamdia, -ôrum n. pl. : nom d’un jour de fête (22 fé- 
vrier), cf. Ov., F. 2, 617, rapproché malgré Fd de cârus 
par étymologie populaire. — Sans doute de gr. *xocpia- 
t la, v. M. Leumann, die Spr. I 208. 

e&nnei!, °inis n. : — dici potest quicquid pedibus conti- 
netur , Serv., Ae. 3, 287. Mot ancien, qui désigne une 
formule rythmée, notamment une formule magique. 
Apparaît d’abord dans la langue religieuse et juridique : 
carmen Aruële ; Tarquiniï. .. carmina , Cic., Rab, perd. 
13 ; lex horrendi carminis erat, T.-L. 1, 26, 6 ; ou didac- 
tique : magistrï carminé , Cic.,. De Or. 1, 245. En péné- 
trant dans la langue littéraire a désigné toute espèce de 
chant, même le chant d’un instrument, comme canô, 
cf. Enn., A. 519, carmen tuba sala peregit [de tubicine 


jj^riente], et Quint. 9, 4, il, receptul carmen [comme 
r eceptui caneré], ou de poème. 

Carmenta (-îis) f. (si le nom de cette vieille divinité 
n ’a pas été dérivé de carmen par étymologie populaire) ; 
c armenîàlis ; carmentàrius ; et à basse époque carminé, 
.às, M. L. 1699. 

Les Latins ne séparaient pas carmen de cané. L’éty- 
mologie satisfaisante est celle de L. Havet, MSL 6, 31, 
quîj comparant germen de *gen-men , explique carmen 
comme issu de *canmen par dissimilation ; cf., dans cer- 
tains papiers romans, arma issu de dn(i)ma; irl. canim 
s’applique surtout au chant des incantations. — Un 
rapprochement avec skr. kârûh « chanteur, poète » et 
dor. xapuÇ, ion.-att. xr)pu£ est impossible ; il n’y a pas 
je racine de la forme indo-européenne *kàr-. 

carmen ; e&ffm!n5, -ls 5 -ir© : carder. V. le suivant. 

©arô (carré), -is 5 »©F© : carder ; carere a carendo , quod 
eam [sc. lanam ] tum purgant ac deducunt, ut careal spur- 
citia ; ex quo carminari dicitur tum lana, cum ex ea car uni 
quod in ea h(a}eret, Varr., L. L. 7, 54. Verbe rarement 
attesté par suite de son caractère technique. Carere 
est la forme du manuscrit de Varron ; carré , qui est 
donné par le Thésaurus, n’est nulle part attesté directe- 
ment : les gloses ont carié ou carriô ; les manuscrits de 
Plaute, Men. 797, ont carpere ; mais Varron cite le vers 
avec carere, que certains éditeurs corrigent en carrere. 
Si cette forme est réelle, carré peut être issu de *karsé > 
*karzé > carré (cf. ferre de *ferse). 

Dérivé : carmen « instrument qui sert à carder » at- 
testé seulement dans Glaudien et Venant. Fort., mais 
sans doute ancien, comme l’indique le dénominatif car- 
miné, -às, qui déjà au temps de Varron se substituait à 
cârô. Câr(r)é n’est pas attesté dans les langues romanes. 
Le français, qui a charmer, de car minore, dérivé de car- 
men, a un verbe carder emprunté au provençal cardar 
(cf. it. (s)cardare, cat., esp., port, cardar) ; v. B. W. carde. 
Au contraire, les langues où car minore « carder » est 
représenté ne possèdent pas de représentant direct de 
carminàre a charmer ». Les mots italiens de ce type sont 
empruntés au français. Cf. M. L. 1698-1699 ; 2956, ^ex- 
cardiàre ; 2957-2959, excarminàre, -minière, -tare. V. 
aussi eârex et cardu(u)s.\ 

Cf. lit. karsiù s je èarde » et, plus loin, skr. kasati a il 
gratte ». Mot technique, à vocalisme a. 

©suifs f. : morceau de chair, de viande ; cf. le 
pluriel carnés (= odtpxsç) ; e. g. Enn., A. 322, Cyclopis 
uenîsr . . . carnibus humanis disîenius, et l’expression an- 
cienne carnem petere, accipere a demander, recevoir sa 
part de viande dans les sacrifices », Varr., L. L. 25 ; 
T.-L. 32, 1, 9 ; le diminutif corunciâa a petit morceau 
de chair b ; le composé earnifex, carnufex défini par Do- 
nat, Hec. 441, -es dicti quod carnes ex homine facianî. 
Puis ® chair » et e pulpe ® (d’un fruit), comme le gr. 

— Ancien, usuel. Panroman. M. L. 1706 ; B. W. chair. 
Celt. : irl. corna. 

La langue ancienne et classique ne connaît guère en 
fait de dérivés et de composés que l’adjectif carnërius, 
usité surtout comme substantif, camârium, s garde- 
manger s, M. L. 1702 ; v. h. a. charnêri, et earnifex 
« bourreau ». On trouve dans Varr., Men. 484, cité par 
Non. 86, 19, c&rnâlis avec un sens obscur ; Pline emploie 


carniuorus pour traduire c<xpxo66poç ( carniuoràx , Fug.). 
A basse époque dans la langue médicale et surtout dans 
la langue de l’Église apparaissent de nombreux dérivés : 
camàlis, avec le sens de « charnel » (= otlpxivoç), M. 
L. 1701 a; carnâliter , carnâlitâs ; carnàtiô (Cael. Aur.) 
et con-, in-carnàtié , -tus, d’où incarné ; carnàîus et excar- 
nâtus (d’où excarné, M. L. 2960, cf. aussi fr. décharné) ; 
carneus (opposé à spïrituâlis) et incarneus ; cqrnifer 
(= ootpxoçépoç), -ger (Cassiod.), -sümus (Eusth.) ; *car- 
ninus supposé par un adverbe carnihë glosé oapxiv&ç, 
CGL II 429, 56 ; carnôsus (déjà dans Pline), M. L. 1704, 
d’où carnésiîàs ; carnéîina (Pol. Silv.) ; carnulentus; cf. 
encore M. L. 1701, carnâcius ; 4705, carnûtus, et 1707, 
*carônia « charogne ». — De earnifex : carnificius ; car- 
nificïna (Plt.), -ficus ; ficô, -às, -ficàtor, -trix et excar- 
nificô. 

Sur Corna , déesse d’origine obscure, peut-être 
étrusque, v. cardé et Thés. s. u. 

Plus encore qu’en latin, le sens de « part » de ce mot, 
dont la flexion indique le caractère ancien, est visible 
en osco-ombrien : osq. carneis « partis », ombr. karu 
«pars », abl. karnus «partibus », à côté de ombr. kartu 
« distribnitô » (osq. karanter « uescuntur » est dou- 
teux ; v. sous crescé) ; pour la forme, cf. v. isl. horundr 
« peau ». Le sens s’explique par la façon dont on parta- 
geait la viande des bêtes dans des sacrifices ou dans les 
repas en commun faits par les guerriers : il faut penser 
au a morceau du héros » dans l’épopée irlandaise. Une 
expression pareille se trouve dans sogdien y’t (v. BSL 23, 
p. 107). — Le mot italique est rélargissement en -n- 
d’un thème racine ; la racine est celle de xeCpco « je 
coupe », xopîjvoa; et par suite de lat. corium, curtus, 
cortex ,?v. ces mots. Elle à un doublet à s- initial : irl. sca- 
raim « je sépare », v. h. a. sceran « couper », lit. skiriù « je 
sépare » ; cf. lat. scortum. 

©ffiFÔts, =â0 f. : panais, carotte. Emprunt tardif et 
populaire (Apicius) au gr. xapoxév. Roman ; cî. B. W. 
s. u. 

eaip®, f. : carpe. Un seul exemple dans Gassio- 
dore. M. L. 1708. Mot germanique, v. h. a . karpfo, karpo . 

e&Fp-dEltMiiij °f n. : voiture à deux roues,- couverte, -à 
l’usage des femmes. Emprunt ancien (Liv. Andr.) au 
gaulois; cf. T.-L. 4î, 21, 17, carpentis Gallicis; Flor., 
Epit. 1, 18, 27, carpenîa GaÜorum, M. L. 1710. Réem- 
prunté en irl. car pat et carpîeoir. 

Dérivé : carpentërius, -a, -um et b. lat. carpentë- 
rim, -ï, M. L. 1709 ; d’où carrocarpeniërius. C’est un 
des nombreux noms de véhicules empruntés avec 
l’objet lui-même au gaulois par le latin ; v. carras, 
cisium, etc. 

©miflMiiSj, =ï f. : charme (arbre). Déjà dans Caton, 
Agr. Si, 2; d’après Pline 17, 201, serait originaire de 
l’Italie transpadane. Pan roman. M. L. 1715. 

Dérivé ; earpimus „ 

Cî. sappïm&s, fraxinus. On rapproche lit. sJtirpsîos, v. 
pr. skerpîm ® orme »? 

©Sî^f§©lllllM s °f n. (-lus? carpuscidum) : 1° sorte de 
chaussure (un exemple dans Vopiscus) ; 2° antéfixe qui 
ornait les faîtages. Mot tardif, sans doute emprunté ; 
cf. carpatinus (Catulle 98, 4) = xæpSdmvoç ; v. irl. cai- 


— i02 — 


— 103 — 


esssus 


earp® 

rem « cordonnier » ; v. pr. kurpe « soulier », gr. xpijwlç, 
etc. 

°i® s -psS 3 -ptuîEj -©F® : verbe de sens technique, 
employé dans diverses acceptions concrètes et dans des 
sens figurés. Dans la langue rustique, il signifie « cueil- 
lir, arracher (l’herbe), brouter » ; dans la langue du tis- 
sage, « détirer, démêler brin à brin (la laine, le lin) ». 
De là, par extension, « mettre en charpie » et, plus lar- 
gement, « déchirer » (sens physique et moral déjà dans 
la loi des XII Tables) et « découper ». Dans la langue 
commune, il signifie « choisir » et aussi « goûter, jouir 
de ». Dans l’expression c, uiam, iter , il indique la « pro- 
gression de la marche par laquelle on accomplit la route 
pour ainsi dire pas à pas » (Lejay). — Ancien, usuel et 
classique. M. L. 1711. 

Dérivés et composés : carpiës, jSurorrùç tc6xoç, GGL 
II 96, 39, cf. Du Gange carpia, et M. L. 1712 ; v. B. 
W. charpie , écharper ; carptim : par morceaux ; carp- 
îor : découpeur; carptus , -üs m., ccrplûra (rares). 
cou-, dé- (cf. dêcermina , dicuniur quae decerpuntur 
purgandi causa , P. F. 63, 19, « épluchures ») ; M. L. 
2500 a, dis -, ex- ( excerpta « extraits »), * excar per e ; 
M. L. 2966 a, inter -, prae-cerpere. Gf. aussi M. L. 2961, 
2962, * excar ps us, * excarptiàre . 

Les formes de glossaires scarpô « Sligû », scarpinat ne 
représentent pas une ancienne alternance sc-/c- à l’ini- 
tiale, mais sont des « hyperurbanismes » de excar pô, 
excarpinô prononcés escarpé , -pinô. Gf. coruscus . 

Le rapprochement avec gr. xocpr « fruit » et avec v. 
angl. haerfest , v. h. a. herbist « récolte d’automne, au- 
tomne » s’impose. Le vocalisme a est « populaire » en 
face des formes à vocalisme e comme lit. kerpà, kir pii 
a couper avec des ciseaux » ; cf. le cas de caedô , etc. 

€MFÔ : v. carô. 

©ârrSea, : v. le suivant. 

e&rras, -I m. et c&rram, -I n. : chariot à quatre roues ; 
petorritum genus uehicidi quod uolgo carrum dicitur , 
Porph., Hor., S. 1, 6, 104. Mot gaulois, déjà dans Si- 
senna. Panroman. M. L. 1721. V. h. a. karro , -a. 

Dérivés : carrâgô , -inis f. : retranchement fait de 
chariots, fourgons (b. lat.) ; carracutium (Gloss.) : voi- 
ture à deux roues ; carrârius (lat. impérial) ; cf. car- 
râria , panroman, M. L; 1718 ; car(ri)cô, -âs (b. lat.) : 
charger ; panroman, M. L. 1719, et discarricô, M. L. 
2652 (Gloss., Lex Sal.) : de *carrica « charge » provient 
le britt; car g ; carrüca : voiture d’origine gauloise ; et 
dans la Lex Sal. « sorte de charrue », M. L. 1720, v. h. 
a. karrüh ; v. B. W. s. u. ; carrücàrius ; carrücudus ; 
carré, - âs (Lex Sal. 27, il) : carrocarpentârius (Gloss.). 
Les Romains, peuple sédentaire de propriétaires cul- 
tivant leur terre i n’avaient pas les grands chars à quatre 
roues où les groupes de conquérants gaulois transpor- 
taient leurs bagages et qui, la nuit, leur servaient à en- 
tourer leur camp. Ils en ont emprunté le nom aux Gau- 
lois, dont l’action en Italie a contribué à les délivrer de 
l’emprise étrusque. Currus, nom de l’ancien char de 
guerre, a subsisté en latin dans l’usage officiel. Mais les 
noms latins de Véhicules de transport sont, en général, 
empruntés au gaulois. Gf. sarpenium. 

e&fft&mifi : i. e. agrione, GGL III 537, 70. On lit aussi 


cartamo, V, 354, 4. Nom d’une plante inconnue. Cf. car- 
damum ? 

Css’thftgôg “inis [Kar- dans Pit.) f. : Carthage. 
forme latine ne se laisse ramener ni à la forme grecque 
Kecpxïîâàv, ni à la forme punique qrt hdSt « Nouvelle 
Ville » (transcrite tardivement par Carthada chez Soliu 
et Isid.j. Gf. J. Friedrich, I. F. 39, 102, qui explique le 
nom par une dissimüation de *Karthâdon, et Benveniste 
Studi etr., 7, p. 245 sqq., qui suppose que le latin a usé 
de -g- pour rendre h de kart{a)ha{d), avec suppression 
de la finale -£t. Étr. Karîhazie = ®Carthadius. 

L’adjectif dérivé est Carthàginiënsis (la forme Car - 
thâginënsis qu’on trouve dans les manuscrits de Plaute 
est sans autorité) : cf. Athëniënsis, de Athénae. Sans 
doute influence du type Sicüiënsis. 

esrtihnliiMj «I {cariipulum Gloss.) n. : table de pierre 
carrée à un pied, qui était placée dans l’atrium, cf. 
Varr., L. L. 5, 125. — Rare et technique. V. Müller- 
Graupa, Ph. W., 1932, 1073. 

eartieiila : — Seïwvov, GGL III 441, 30. Sans exemple 
dans les textes et sans explication. Peut-être à rappro- 
cher du mot précédent. Le double sens de a table * et 
de a mets » se retrouve dans mênsa. 

©SftîgSj »Is : noter (Aug., Psaï. 38, il). De c{h)artal 

e&rtillgôj -inis f. : i° cartilage ; 2° pulpe de certains 
fruits. Gf. Pline 19, 61, cucumis carlüagine et carne cons- 
tat , cucurbita cortice et cartüagine. — Attesté depuis 
Celse. Technique. M. L. 1723. 

Dérivés : cartilüginus, - neus , -nos us. 

Dérivé de *cartila ? Cf. cunüa/cunïlàgé ; simila/simi- 
làgô , etc. 

Sans correspondant clair. Pour la finale, v. Emout, 
Philologica I, 167 sqq. 

eimgj -um : cher (qu’on chérit) ; et a cher, de 
haut prix, à qui l’on attribue une grande valeur » ; 
cârum habëre alqm « tenir quelqu’un comme étant de 
grand prix ». Plaute joue sur lè double sens, Ba. 309- 
310, ... in Ephesost Ephesiis carissimus. j — ne ille 
hercle mihi sit multo tanto carior , | si me illoc aura tanto 
circumduxerit . Ancien, usuel. M. L. 1725. 

Dérivés : câritàs : tendresse, affection, amour (amor 
ivâdoç, caritas fjÔoç, dit Quint. 6, 2, 12) et « cherté ». 
Dans la langue de l’Église a servi à traduire le gr. 
dydbrs] désignant la e charité », troisième vertu cardi- 
nale, et a été pris quelquefois, comme amor, düectié , 
pour désigner une « personne chère », M. L. 1695 ; irl. 
cartôit , gall. cardawd . V. H. Pétré, câritàs. Étude sur 
le vocabulaire de la charité chrétienne, Louvain, 1948. 
Adverbes : cârë, càrô. Pas de verbe. Malgré la diffé- 
rence de quantité, les anciens le rapprochent de câreô 
par étymologie populaire; cf. Trag. inc. 194, quam 
cara sint quae post carendo intsüeguni . 

L’adjectif càrus a un covrespo&dant dans got. hors 
« rcépvoç, poî.x6ç », v. h. a. huorà a fille publique », et 
dans l’adjectif lette hors « friand, plein de désirs ». Le 
celtique a, en regard, des dérivés à vocalisme zéro : irl. 
carae e t gall. car « ami », irl. caraim e j’aime ». — L’élé- 
ment *-ro- après à doit être suffixal ; la racine se retrouve 
peut-être dans v. si. koxati « aimer » avec vocalisme 
radical zéro comme en celtique. — En revanche, le c- 


de skr. cêrufy, avec son & reposant sur S « aimable, bien- 
venu », empêcherait de rapprocher le groupe de skr. 
tfyamânah « désirant », etc. 

esryOBj «=1 n. : noix. Transcription du gr. xdpuov 
(Pline), dont il a existé un doublet vulgaire féminin 
cary a et peut-être un diminutif cariola, cf. Thés. s. u. 
le mot a de nombreux représentants dans les langues 
romanes, M. L. 1726. 

esryopliylloiig »! n. : giroflier, girofle. Emprunt au 
gr. xapwSçoXXov (Pline), déformé par l’étymologie po- 
pulaire en cariophalum (cf. ital. garofano), cariofolium, 
etc. Cf- Thés. s. u. ; M. L. 1727 ; B. W., André s. u. 

cass 5 -S© f . : hutte ; cabane (de pâtre) ; — est agreste 
Jiabitaculum palU atqiie uirgultis harundinibus contex- 
tum, Isid., Or. 15, 12, 1, puis « petite ferme », a tente », 
etc. Dans les gloses apparaît une forme cas us (d’après 
go mus?). — Ancien, usuel. Panroman. M. L. 1728. Sur 
fr. chez, y. B. W. ; germ. : westph. kàse? ; celt. : irl. cas . 
Dérivés : casuüa , caseila (b. lat.), M. L. 1736 ; casel - 
lida (b. lat.) ; cas élis (b. lat.), M. L. 1729 ; cas&nicus , 
épithète de Siluânus, GIL IX 2100 ; casârius s colon » 
M. L. 4730. 

De casula pris à basse époque dans le sens de vête- 
ment, uesîis cucuUata, dicta per deminu&ionem a casa, 
Isid., Or. 19, 24, 17, dérive çasub[u)la, -ae I. (fr. cha- 
suble). M. L. 1752 ; irl. casai, gall. casid. 

Mot populaire (cf. l’emploi proverbial dans. Tér., 
Ph. 788, ùafugias ne praeter casam) qui a fait une grande 
fortune dans les langues romanes. Origine inconnue. 
L’s intervocaliquc dénonce un emprunt ou un mot pré- 
indo-européen. 

easamo : in oratione Labieni — siue iüa Corneli Gaüi 
est — in Pcttionem casamo « assectaior » e GaXLia ductum 
est, Quint. I 5, 8 (passage de sens incertain). Figure 
comme nom propre, CIL III 10348. 

cageairag : caccabus grandis, GGL II 571, 34. Un di- 
minutif cascabellus est supposé par le catal. prov. cas- 
cavd, M. L. 1731. Gf. caccabus. 

€âS6ULS 9 -nia : — significat net us, secundo eius origo 

sabina quae us que radices in oscam linguam egit. Caséum 
uetus esse significat Ennius (A. 24 V 8 ) quod ait : « quant 
prisci casci populi tenuere Latini »... Idem os tendit quod - 
oppidum uocatur Casinum (hoc etiam ab Sabinis orti 
Samnites tenuerunt) et [ nunc ] nostri etiam nunc Forum 
Vêtus a ppeUant. Item significaln]t in Atelîanis aliquot 
Pappum senem quod Osci casnar appeüant, Varr., L. 

L. 7, 29. Archaïque, poétique et rare; représenté en 
italien, cf. M. L. 1734. Apparenté à cànus (v. ce mot), 
dont il diffère seulement par le suffixe, qui est le même 
que dans pris eus, et qui est fréquent dans les adjectifs 
désignant une infirmité : cf. caecus. Sans dérivés. Co- 
gnomen : Casca ? 

elësm, -I m. et eisaimi n. : fromage, -rupéç. Ancien, 
usuel. M. L. 1738 (non français, v. B. W. sous fromage). 
Germ. et celt. : v. h. a. eh&si , britt. caçps, irl. edise. 
Dérivés : càseolus (un exemple dans Copa), M. L. 
1737 ; cëseàriwr (tardif), cf. câsedria , M. L. 1735 ; câ- 
seàtus (tardif). 

Sur la différence de genre, v. H. Zimmermann, Glotta, 


13, 234, qui voit dans câseum un collectif; interpréta- 
tion contestable, le pluriel attesté étant toujours càseï. 
La variation de genre apparaît dans tout un groupe d© 
mots suspects d’être empruntés (cf. halteus, pluteus , pu- 
teus) ; Vs intervocalique n’est pas conforme à la phoné- 
tique latine. Faut-îl partir de *càsseus ? 

Le rapport avec v. si. kvasü e levain », kysnpti s aigrir » 
ne peut se justifier phonétiquement et ne s’impose pas 
pour le sens. 

eas(g)fs, -s© f. : plante aromatique mal définie (can- 
nelier, cinname, laurus cassia?) ; v. André s. u. Emprunt 
ancien (Plt.) au gr. xszxAa, lui-même provenant de l’hé- 
breu qePlot (pl.). 

Dérivés : casium (oleum) ; casita (résina). Gloss. 

essik : .v. cassis. 

€&8it08, “S 5 -ma : v. cas La. 1 

©âssêfij, -imn m. pl. : 1° rets, filets (pour la chasse, 
rarement pour la pêche) ; 2° toile d’araignée. Diminu- 
nutil : cassiculus [-lum) , rare et tardif. — Mot technique, 
non attesté avant Vg., non roman. Sans doute em- 
prunté. 

. ©âggfs 5 -Mis (et cassida, -ae à partir de Vg., Ae. il, 
775 ; casila dans P. F. 41, 21 : -m antiqui pro casside 
ponebant) f. : casque de métal; cf. Isid., Or. 18, 14, 1 : 
cassis de lamina est, gcdea de corio, qui ajoute plus loin : 
cassidam autem a Tuscis nominatam ; iüi enim galeam 
cassim nominant , credo a capite. — Le mot serait donc 
étrusque, comme un certain nombre de noms d’armes, 
cf. halteus. Même flexion que cuspis, sans étymologie 
sûre, et qui est peut-être de même origine (v. la re- 
marque faite sous capis). Attesté depuis Plaute. La va- 
riante casila de l’abrégé de Festus est ancienne, comme 
le montre la graphie avec s simple, et sans doute dia- 
lectale {l au lieu de d). 

Dérivés : cassidàrius ; cassidâtus ; cassidile n. {-lis 
m.)?, cf. capsa ; cassita : alouette huppée, cf. galërïta , 
gr. xbpuêoç. 

On a souvent rapproché les mots germaniques ser- 
vant à désigner ce qui concerne la tête, bonnet, chapeau, 
casque : v. angl. haett et hod, etc. Mais, en tout cas, 
même si l’on préfère ce rapprochement à l’hypothèse 
d’un emprunt, le rapport est lointain. 

©SSSit©? Sim, -S n. : emprunt (Pline) au gr. xaoalxspoç 
a étain » (d’origine élamite), avec passage au genre 
neutre, qui est celui des noms de métaux en latin. 

©assfig -is s “Ir® : = labàre. Mot plautinien (deux 
exemples. Mi. 851, 856). Gf. cassàbundus , a cadendo. 
Apud Naeuium (fr. Com. 120 R a ) : risi egomet mecum 
cassabundum ire ebrium, Varr., L. L. 7, 53. A basse 
époque apparaît un fréquentatif cassité (deux exemples 
de Paul dans le Digeste, e. g. ubi cassitare cœpisset sti l- 
licidium, 8, 2, 20, 3). Gf. M. L. 1739, *casiedre. 
Fréquentatif de codé. 

©êssisgg «ffij -u® : vide (de), vain. Ancien et usuel, 
mais rare dans la prose classique ; fréquent dans la locu- 
tion adverbiale in cassum a en vain b. Conservé en v. 
ital., prov. M. L. 1741. 

Dérivés : casse, cassé adv. (tardifs) ; cassé, -âs 
(iv« siècle ap. J.-C.) : rendre vain, priver (de), dé- 




castsnes 


— 104 — 


traire, d’où cassâtus « effectü prïuàtus », cassâtim ; 
cassëscô ( cassïscô ) « exinànlre » (Sol., Amm.), d’où 
cassîta. 

La synonymie d’expressions comme sënsü cossus 
(Lucr. 4, 128) et sënsü carëns (Cic., Tu. 1, 25, etc.) 
incline à rapprocher careô, castus et peut-être necesse. 
— Il ne s'agirait pas d’un participe en mais d’un 
adjectif à gémination expressive ou d’une forme de type 
cënsus. On a rapproché aussi cadô. caedô , comme lassus 
de laedô ; le sens s’y prête moins. 

eastasiea, -a© f . (quelques formes de castania , castanum , 
castina) : châtaigne. Ancien adjectif suhstantivé nux cas - 
îanea, emprunté au grec xàpuoc xœoràv«ta ou xacrravata, 
adjectif dérivé de xdcrravov, lui-même d’origine étrangère 
(asianique?, cf. Pline, H. N. 15, 93, et André s. u.) ; 
Isid., Or. 17, 7, -24, castaneam Latini a graeco appelions 
uocabulo. Hanc enim xàorcxvov uocant eo quod fructus 
gemini in modum testiculorum infra follicidum rêcondùi 
sunt , qui* durai eiciuntur , quasi castrantur. Cf. arânea. 
Attesté depuis Virgile. Panroman. M. L. 1742, 1743. 
Passé en germanique : v. h. a. chestinna , etc., et eh celt. : 
irl. cas tan, britt. cesten. De là castanëtum. 

Le vocalisme avec & intérieur maintenu semble mon- 
trer que l’emprunt ne remonte pas à la période la plus 
ancienne. Sur un doublet tardif castinea , caslenea (at- 
testé dans l’Oribase latin), v. Ernout, Aspects, p. 32 sqqf 

e&stfgô, -la : cf. castus, 

castor, -©ris m. : castor. Emprunt (depuis Cic.) au 
gr. xdcortùp expliqué par l’étymologie populaire à cas - 
irandô , cf. Serv., G. 1, 58 ; le mot latin est fiber. De là : 
castoreum \ castorïnus, -a, -um. M. L. 1747, 1748.. 

Sur xdorcop, v. Boisacq, Rev. de l’Instr. publ. en Bel- 
gique, t. 53 (1910), p. 101 sqq.î; Pline, H. N. 8, 109, et 
la note d’ Ernout, ad 1. ; B. W. s. u. 

eastrù, -âs, -Un!, -Hum, -Sre : couper, émonder, et 
« châtrer », d’où « amputer » (sens physique et moral) ; 
castrâtus : eunuque. 

Dérivés et composés : castrâtiô, - tor , - tôrius , -türa, 
excastrô (Vàrr., Ital.). Ancien, usuel. M. L. 1749 et 
4344, *incastrâre; B. W. encastrer . 

Ce n’est que tardivement que s’établit un rapport 
entre castus. et castrô, e. g. Isid., Or.’ 10, 33, castus pri- 
mum a castrations nuncupatus ; postea plaçait ueteribus 
etiam eos sic nominare qui perpetuàm libidinis abstinen- 
îiam poüicebantur , Thés. III 547, 41 sqq. Castro est le 
dénominatif de *kas-tro-m « ce qui sert à couper », dis- 
paru en latin parce que castrum avait pris le sens.de 
« retranchement, emplacement fortifié », mais dont le 
dérivé a survécu. 

Au vocalisme près, castrum est à rapprocher de skr. 
çastrâm « instrument tranchant », à côté de çdsati « il 
coupe » et, sans doute, de hom. xstcav « fendant », gr. 
xsdÇa « je fends ». 

esstam, -I n. : retranchement, lieu fortifié. Le sin- 
gulier n’est guère employé que dans les noms de lieux 
Castrum nouum, Laurëns Castrum , Castrum mutilum, etc. 
Il semble avoir désigné d’abord une propriété gardée ou 
retranchée, cf. Coin. Nep., Aie. 9, 3, ... ei âederat Gry - 
nium in Pkrygia castrum, ex quo quinquagena talenta 
uectigalis capiebat , ce qui correspond, semble-t-il, au 


sens de l’osq. castrons , ombr. kastruvu, kastruv^f 
castruo «t fundus »? Le sens ancien est peut-être « séparé 
tion, ce qui sert à séparer », et il y aurait parenté avec 
castrô, -are. Employé surtout dans la langue militai^ 
au pluriel : 

castra , -ôrum n. jdéjà castra, -ae dans Accius, féminj^ 
qui reparaît à basse époque) : camp, campement (so^. 
vent opposé à urbs et, plus tard, à pâgus, d’où pâgënsia 
formé sur castrënsis). Il y a prise de possession quand 
le général établit son camp sur un terrain, cf. Varr. fg^ 
dans Serv. auct., Ae. 9, 52, duces... hastam in... agru, m 
mittebant, ut castris locum caperent. M. L. 1750. V. angl, 
ceaster (Chester-) ; irl. caihir, gall. caer « ville ». 

Dérivés : castrënsis (cf. forënsis), d’où castrënsiànus 
-àrius, et, tardifs, castriânus , castriciânus (de castré 
dus). Noter de juxtaposé castra mëtor : metari castra 
quod métis deriguntur , P. F. 110, 18 (usité depuis saint 
Jérôme), d’où castra metâtië. 

Diminutif : castelîum : 1° forteresse, camp fortifié; 
2° château d’eau. M. L. 1745 ; germ. kastel; celt. : irl] 
caisél, castel , britt. casteü ; de castrënsis , irl. casrienda . 
De là : casteüànus , -a, -um; et substantif casteUânus 
M. L. 1744 ; castellârius « chargé de la garde des châ- 
teaux d’eau » ; castellâtim ; castellâmentum : sorte de bou- 
din ou de plat en forme de castelîum? (un exemple dans 
Amobe). 

V. castrô. 

e&stuSs -a, -um : terme de la langue religieuse, « qui 
se conforme aux règles ou aux rites » (se dit des hommes 
et des choses) ; Vg., Ae. 3, 409, hoc casti marnant in rd- 
ligione nepûtes ; 6, 61, sacerdotès casti; 7, 71, castis ado- 
let... altaria taedis ; cf. caste , Cic., Dom. 134, nihil rite , 
nihil caste , nihil more institutoque perfecü. 

Dans ce sens, castus semble bien correspondre au skr, 
çigfdh a instruit, éduqué, bien dressé », cf. Vendryes, 
MSL 20, 272 ; et la différence de sens peut s’expliquer 
par urfe spécialisation qu’aurait reçue le mot dans la 
langue religieuse. Mais ce castus a dû rencontrer un autre 
adjectif castus (de careô) avec lequel il s’est confondu 
et dont il a pris une partie des sens. Au sens correspon- 
dant à careô , il s’est fixé une forme cossus. Ainsi s’ex- 
plique castus « exempt de, pur de » : Plt., Poen. 1186, 
ut deceat nos esse a culpa casias ; Cic., Phil. 13, 8, res 
famüiaris cum ampla, tum casta a cruore ciuüi , et abso- 
lument « exempt de faute et, spécialement, d’impureté 
(sur cet emploi, v. W. Schulze, Gesch. d. lot. Eigenn ,, 
p. 474, n. 2, qui cite Tite-Live 39, 9, où castimônia et 
concubitü carêre sont joints) ; vertueux ; chaste, pur ». 
M. L. 1751 ; irl. caith ? Cf. le substantif castus, -ûs m. 
« rite » et « abstinence » ; et castimônia , -nium (cf. sanc - 
timônium, caerimônia ) ; castitâs class. (irl. castoit), cas - 
titüdô (Acc.). Le contraire de castus est incestus : impur, 
souillé, d’où « incestueux, coupable, criminel », et ses 
dérivés, dont incestus, -üs m. : inceste, incesîô, -as, etc. 

Du premier sens de castus dérive sans doute : castlgô, 
-âs (cf. faiïgô), dont le sens ancien, du reste non attesté, 
a dû être « instruire », d’où « réprimander [dietîs casü - 
gare), corriger, châtier », M. L. 1746; castîgâtus se dit 
du style. 

Dérivés : castlgàbüis (un exemple dans Plt.) ; cas- 
tlgàtiô : 1° réprimande, châtiment; 2° abstinence 
(langue de l’Église). 


— 105 — 


catlnus 


cat& = 8 r * X0CT< k- Emprunt dans la basse latinité chré- 

n ne, avec un sens local, penes, apud , ou distributif 
Æftf ntane mane « chaque matin », Ezech. 46, 14, 15; 
c , a singulos ymnos, Peregr. Aeth. 24, 1, ou avec le sens 
c . secundum. Gî. it. cad{a) uno, M. L. 1755 ; fr. chacun , 
d jj, W. A servi également à former des composés : 
^aiafalcum, M. L. 1757 ; * catalectus , M. L. 1759; cata- 
. ÿ.frg, catamodice {-eus?), catacumba , catamontem. V. 
aussi catasta. 

çatachsniiâ, «a© f. : chose risible, parodie. Mot tardif 
fronton, Spart.), adaptation du gr. xaTox^vrj, influen- 
cée p 41 " cachinnus. 

cataeumbae, -Iram f. : catacombes. Bas-latin ; hy- 
bride de xarà et cumbô (avec influence de tumba) ? 

catamStuSj -I m. : ganymède, mignon, cf. Serv., B. 8, 
30. Emprunté par l’intermédiaire de l’étrusque catmite 
au gr- ravo|x^Sîjç, devenu nom commun. 

catampo : est genus lus us, P. F. 38, 17. Sans doute 
de xaT &pcp<ù (Scaliger). 

Cfti&nus, -I : cade, genévrier oxycèdre. M. L. 1760, 
cf. Brüch, IF 40, 196 sqq. Ne figure pas dans le Thésau- 
rus. Sans doute mot gaulois ; cf. calocatanos, et André. 


cat&phraeiës \catafr-), -phmeta, «a© f. : cuirasse. Em- 
prunt technique, comme caiaphractus, au gr. xarœ<ppdx- 
trjç, -toç ; dérivés latins : catafractârius, - tâtus . Depuis 
Siseuna. 

cataplasma, -atis n. : emprunt savant au gr. xaxà- 
lOjxoyjx (Caton). Forme vulgaire tardive : cataplasma , 
-aet., d’où cataplasmô, -âs (Chir., Vég., etc.). 

cataplôctltiùj »5nis f. : hybride formé sur le modèle 
gr. xaToavX7jY(i<Sç, de xaxtt7tki)aaoi (Ital. Sirach 21, 6 ; cod. 
Tolet.). La Yulgate a obiurgâtiô. 

catspsù, -Ss|(Chir.} : transcription de « ca- 

resser ». M. L. 1760 a. Composé : percatapsô. 

catapulta, -a© f. : = ô xœvowréXvïjç (-tôç). Terme tech- 
nique. L’ancienneté de l’emprunt est attestée par le pas- 
sage de e à u devant l vélaire ; le caraotère populaire 
par le changement de genre et de déclinaison (cf. bal- 
lista, artopia) . Attesté dès Plaute, avec le dérivé cata- 
pult àrius. Passé en germ. : v. h. a. bals, etc. 

cataraeta, -a© f. : emprunt féminisé au gr. xaT<xp(p)dx- 
■njç, cf. Prise., GLK II 143, 14. Usité dans les langues 
techniques, demeuré dans les langues romanes au sens 
de « chute d’eau » ou d’ « oiseau aquatique (plongeon) ». 
M. L. 1761. 

catasta, -a© f. et catasta, -ùram n. pl. (b. lat.) : 
estrade, échafaud. De xœx&azaoiç ou hybride gréco-la- 
tin de xaxà et - sta de store , cf. catacumba. M. L. 1762. 

Catix [cadax. Gloss., d’après cadô) : claudus, P. F. 39, 
10 ; — ... quem nunc coxonem uocant. Non. 25, 13. Un 
exemple de Lucilius; les gloses ont aussi catàc[u)lus. 
Pour le suffixe, cf. uatâx. 

Cf. irl. scathaim « je boite ». 

eatëfa, -a© f. : Serv. auct., Ae. 7, 741, — &m quidam 
useront teli genus esse taie, q noies aelydes sunt, ex mate- 


ria quant maxime lenta, cubitus longitudine, iota fere 
clauis ferreis ■ üligata, quas in hostem iaculantes lineis , 
quibus eas adnexuerant , reciprocas faciebant. Depuis Vir- 
gile. Arme gauloise, semble-t-il (cf. gaesum, lancea, ma - 
taris), quoiqu’on l’attribue aussi aux Perses et aux Teu- 
tons. Cf. Thés. s. U. Britt. cotai? 

catëna, -ae (usité surtout au pluriel caiënac ; le sin- 
gulier est rare et secondaire, semble-t-il) f. : chaine(s) 
(sens propre et figuré). Ancien, usuel et classique. Pan- 
roman. M. L. 1764 ; germ. : m. b. ail. këtene, et celt. : 
britt. cadvryn. 

Dérivés : catënàtus : enchaîné (d’où, à basse époque, 
catenâre) ; catënâtum * cadenas », Isid. .10, 13, 5 ; B. 
W. s. U. ; calënàtiô ; catënâtim ; catënârius (- canis) ; ca- 
tênàceum : dXoofôiov (Gloss.), it. caienaccio ; catgnôsus 
(Aie.) ; caiëUa (catênula) et catëüus : chaînette, gour- 
mette ; et tardif concatënô, -âtiô. Cf. M. L. 1765, *ca- 
tënio ; B. W. sous chignon. 

Rappelle, pour la finale, sacëna. 

Sans étymologie. 

eaterua, -a© f. : troupe, bande (se dit souvent de 
bandes armées, mais en désordre, et des troupes bar- 
bares, par opposition à la légion romaine, e. g. Vég. 2, 
1, 2, Galli atque Celtiberi pluresque barbarae nationes 
cateruis utebantur in proelio... Romani le g io nés habe- 
bant ; de là, sans doute, la glose eaterua Gcdlorum lingua 
dicitur quod apud nos legio uocatur , CGL V 214, 217, et 
Isid., Or. 9, 3, 46, Gaüorum eaterua, nostra legio). 

Dérivés : cateruâtus, - tim , - rius ; concateruâtus. Cf., 
pour la forme, aceruus. — Ancien, usuel. M. L. 1765 a. 
Cf. ombr. kateramu, caterahamo « cateruâminï, con- 
gregàminï » ; peut-être v. si. ëeta « troupe », mais l’irl. 
cethern « troupe » doit se rattacher à cath « combat », 
cf. J. Loth, R. Celt. 42, 84. Le dérivé italique reposerait 
sur une forme radicafe à vocalisme *k°t-. 

cathedra, -a© f. : = gr. xœôéS p«, chaise. Attesté de- 
puis Horace. Désigne souvent le siège du professeur ou 
du prêtre, la « chaire », v. B. W. s. u. 

Dérivés rares : cathedrâlis, - licius , -rius, -tiens. M. 
L. 1768. Irl. cadeir, britt. cathair. 

eatînus, -I m. (-num n., cf. Gat., Agr. 84) : uasa in 
mensa escaria ubi pidtem oui iurulenti quid ponebant , a 
capiendo catinum no minorant, nisi quod Siculè dicunt 
xdravov ubi assa ponebant, Varr., L. L. 5, 120. — An- 
cien, usuel. M. L. 1769. Plus fréquent sous la forme de 
diminutif caiîllus {-lum ; catlnulus) t petit plat », ou 
objet de forme semblable, qui a fourni d’assez nom- 
breux dérivés : catïUô, -âs (rare) : lécher les plats ; catll- 
lâmen (Am.) : sorte de saucisson; catellulus (Diom. I 
326, 7) ; lire catïl -?) ; catillô, -ônis : -nés appeüabant 
antiqui guiosos ; catîüâtiô , graue opprobrium hominibus 
generosis obiciebatur, si qui prouincias arnicas populi 
Romani expoliassent , P. F. 39, 1 et 2. 

Sans étymologie ; le sicilien xdmvoç semble emprunté 
au latin. Le rapprochement avec le mot grec, également 
isolé, xotûXtj « cavité, écuelie » est trop peu complet 
pour avoir une autorité. Le lat. catinus , catülus est l’an- 
cêtre de l’emprunt germanique *katilus, v. h. a. chexxil, 
ags. cytd, etc., qui a lui-même passé en slave et en bal- 
tique : lit. kâtilas, etc., du basqueîgelufu « écüelle » et 


cstômMiH 


— m — 


— 107 — 


©auras 


de Firl. cuidint ; v. J. Brüch, Festschr. Kretschmer, 
6 sqq. 

eut5mldiS 9 -Sa : v. le suivant. 

©stômilM : peut-être transcription du gr. xotr’ d>ps,6v, 
« de homins uapulanie supra mnerum élaio » (Thés.). Le 
mot ne s© trouve que dans Laberius, Mim. 87, tollei bon® 
fiée uos Orcus nudas in catomum, et dans Cie., Ep. 7, 
25, i, magister adest ciîius qumm putaramus ; uereor ne 
in catomum C&toninos (dans les deux exemples, il est 
précédé de in, et l’expression, qu’Aulu-Gelle 16, 7, 4, 
condamne comme vulgaire et obsolète, semble corres- 
pondre à notre ■ dans le trente-sixième dessous »). La 
langue de l’Église emploie eatômüs = «or* éktooç, cat&- 
mis . Cf. aussi le verbe tardif (Pétr. 132?,f Spartian. 
Hadr. 81, 9) eatômidiëre {= 

©attife, •&© (Gloss.) f. : = îridla, cocMmr. Gf. M. L., 
Wien. St. 25, 96, et Etym . Wërt. 2434. 

©fe&itts, -ï m., et e&ttfe, -m f. (doublet gaUus, gatta) î: 
chat (sauvage, puis domestique), chatte. Attesté avec 
ce sens depuis Palladius (le terme ancien est fêlës , cf. 
Cic., Nat. deor. 1, 36) ; bien représenté dans les langues 
romanes, M. L. 1770 ; B. W. s. u. Sur caMus... quod cas- 
sai, i. ®. vidât, dans Isid. 12, 2, 38, v. Bofer, p. 62. — 
Bans Martial, 13, 69, i, Pannonicas nobis numquam 
âedû. Vmbria codas, le mot semble désigner un oiseau, 
peut-être le hoche-queue, œfXoupoç; cf. gaUida e &%- 
b, Orib. la substitution de cattus à fêlés doit cor- 
respondre à l’introduction à Rome du chat domestique. 

Dérivés : caUin{e)us, tardif (== fëllnus) ; caUë, -âs. 
Cf. sans doute esp. catar. 

Le chat domestique ' semble avoir été importé tardi- 
vement en Italie, peut-être d’Égypte, d’après Feisi, 
Eulturd. I. G ., p. 161. L’origine du nom est incertaine, 
comme celle de l’animal. Le nom propre gaulois Cados 
semble sans rapport arec les noms celtiques du chat : 
M. saU, gaîl. cash, qui peuvent provenir du latin, cf. 
Pedersen, F. Gr. d. kéU. Spr., ï, 234, de même que les 
formes germaniques, v. h. a. kamza « katze », kotoro 
a kater ». Les noms slaves, v. si. kot&ka, lit. kcdê, d’où 
finnois kaui, etc., peuvent provenir de- la même source 
que le mot latin. 

eaftohiSj -f m. : petit (d’un animal) ; puis rattaché, 
comme on l’a vu, à amis, e. g. Varr., L. L. 9, 74, canis , 
adulas, catdlus ; a désigné spécialement le «petit chien ». 
Ancien, usuel. 

Dérivés : eotuliô, -i re : avoir envie de faire des pe- 
tits, cf. equîre, surlre, etîc® Üitiâ c le fécondant », nom 
rustique du Favonius,cf. Pline, NH 16, 94 ; catullnm 
{caSulîna c@rë a viande de chien ») ; catulaster m. : 
terme d’amitié ou de tendresse. Cotidm, catelhm sont 
demeurés dans les langues romanes, en des acceptions 
diverses, cf. M. L. 1771 et 1763. Cf. aussi le nom 
propre Catullm et sans doute Catilina (Niedermann, 
Mnemosyne, 3® sér., 3 (1936)* p, 276), qui serait la 
forme phonétique de catuUnm. 

Omhr. h&tel (accusatif singulier katlu) « catulus ». 
Seul rapprochement net. En dehors de cela, on peut 
penser à des mots qui évoquent l’idée d© Jeunes ani- 
maux : serbe ko&ùi a faire des petits s, à cotim, etc. ; 
cf. Osthoff, Et. Parsrga, I, p. 250 ; tout ceci en l’air. 


eêtiii, -a, -M : aigu, pointu ; se dit aussi des son 8 
Enn., A. 459, iam cota signa jere sonitum dore uoce 
bant; d’où, au sens moral, « fin, pénétrant, subtil , 
D’origine dialectale, d’après Varr., L. L. 7, 46, C oi^ 
acuta : hoc enim uerbo âicunt Sabini, n’apparalt guère 
que chez les archaïques et les archaïsants de l’épom^ 
impériale. Cjcéron ne l’emploie qu’avec ut üa di cam 
De leg. i, 16, 45, ou dans une formule familière, uidi 
quam sù catus, Acad. 2, 97. la langue y substitue ocg. 
tus. Dans le même rapport avec cës que ddtus avec dôj 
et notés avec vtôvov. — - Cognomen : Caiô. 

Y. cës ; cf. irî. cash « sage, habile ». 

©sraanims, -I m. ; eauaana, -m L : chouette.- Mot 
gaulois introduit tardivement (Jtala, Eucher.) ; c j 
Schol. Yerg. Bern., B. 8, 55, ululas aues... quam auern 
Gcdli cauannum uocant. M. L. 1787, « chouan », et 1785 
eaua « choue » ; B. W. chat-huant. Onomatopée. Cf. aussi 
v. h. a. hüwo, etc. 


©âffiOTM, 4 n. (et caucm?) : coupe, vase b boire. Bas 
latia et rare ; mot sans doute emprunté, cf. gr. xoefooj 
xtsimtov, xæuadkiov. M. L. 1773, caucm; 1772, cauccüut [ 
Passé en celtique : gaîl. cawg, irl. cuach, et en germa- 
nique : v. angl. céac. 


esui&j «a© {coda, les deux graphies sont dans les 
manuscrits ; cf. Diom., GLK I 383, 3, dicimm ... caudatn 
et codam) f. : queue ; et par analogie (Cic., Ep. 9, 22, 2, 
codam ontiqui penem uoedbant) — pénis, pënicuius. — 
Ancien, usuel. Panroman. Les formes remontent à eôda 
M..L. 1774. 

Dérivés : caudsus, cf. P. F. 40, 19, caûâeac cîstellae 
eæ iunco , e simüüudine equinae cauâm fadas (cf. Plt. 
Ru. 1109) ; côâëSum, ci. P. F. 50, 25, eodeta appellaîur 
ager irons Tiberim , quod in eo uirguUa nmcunîur ad 
caudarum equmarum simüituâinsm (cf. 34, 19), pas- 
sages qui supposent que couda, céda, a dû désigner 
une plante, couda cabaM , cf. angl. cafs i&ü « mas- 
sette » (typha), ail. dial. Kc&semchwans « prêle » (equl- 
situm), et peut-être cèdes $êeauâis, - e : adjectif formé 
par les métriclens pour traduire le gr. pefoopoi. 

Mot populaire d’origine inconnue. Le rapport avec 
e&dê qu’on a supposé est injustiâable. 

e&aiez : v. cèdes. 


♦s ont pu être unis dans le sentiment populaire. Il 
s’agh* d’un emprunt (cf. fouea). — Ancien, usuel. 

0 présenté dans les langues romanes, de même que le 
rminutif caueola (Gloss.) cf. fr. geôle, M. L. 1789 et 
?790* et en germ. : b. ail. houe, etc., de *caueüa, irl. 

1 bhid, britt. cawell ; de caueola, irl. gola. Autre dérivé : 
aucâtùs. «. caulae. 

eaued 9 •=§§<, ©lui (i. e. *cau-ui comme môuï), ©sutmii 
. t cauitum, d’où *cauitâre, M. L. 1793), ëf©“> : prendre 
arde (emploi absolu et transitif), se garantir de ou 
Contre; d’où « veiller à, sur ». Constructions diverses : 
cauire, c. sibi, c. à medô ou nuüô, cauëre scaèiem pecorl, 
Caton, Agr. 5, 7 ; cauëre suivi du subjonctif seul : caue 
iaxis, proprement ® prends garde, tu pourrais faire... », 
ou précédé de ut në, në : caue ne faxis, fadas « prends 
garde, ne va pas faire », ou de ut quand le sens de la 
complétive n’est pas négatif, cauëre ut a veiller k ce 
que » ; c. et l’infinitif : c. facere. Dans la langue Juridique : 
* veiller à, l’intérêt des parties, fournir une garantie, 
garantir » ( edicuï , en faveur de quelqu’un). — Ancien, 
usuel. Non roman. 

Dérivés et composés : cautus : qui est sur ses gardes ; 
d’où « avisé, prudent » ; subst. cai&tum n., M. L. 1784 ; 
et son contraire incautus ; adv. eautë, incautë; eau - 
tëla (arcii. et b. lat.) f., M. L. 1782 a?, 1783 ; cauiiô 
(ancien cauùiô, P. F. 53, 14) : précaution et, avec lé 
sens concret, « garantie, caution » ; cautor (Plt. et 
Cic.) ; cauenlia (?), Gloss. Composés : discaueë (un 
exemple de Plt.), recaueô (latin juridique, rare) et 
surtout praec&ueô , qui est le seul fréquent et classique, 
d’où à basse époque praecautiô (Cael. Auf.) ; càuefa - 
ciô (Ven. Fort.). 

On rapproche gr. nota* « je remarque, je comprends » 
(chez Épicharme) et Ooooxoéç a qui observe le sacri- 
fice », v. sax. skawôn et v. h. a. scouwdn a observer », 
v. si. ëufp « je sens » (de ^kéu^yô?), skr. â-kuoaîe a il a 
l’intention de », à-kû-tih a intention », kaoih s sage, 
voyant ». On ne peut pas ne pas penser à la formule 
arménienne de déprécation k*av? liçi a que ce ne soit 
pas ! ». Caueô serait Issu de *■ coueô , comme faueô de 
*foueô ; cf. Stolz-Leumann, Lat. Gr. ê , p. 61 d. Y. cohum. 

eauensa : v. cauus. 


©sues [cauia), -g® f. : cage lait© d© barreaux de bois 
©u de fer servant à transporter les oiseaux ou les ani- 
maux féroces; ruche (faite de branches d’osier tres- 
sées) ; châssis de teinturier ou de foulon, fait de lattes 
ou de branches d’osier disposées en forme de cône ; pa- 
lissade circulaire qu’on mettait autour des arbres pour 
les protéger contre le bétail. 

Tous ces sens se ramènent â celui d’ « objet fait de 
branches entrelacées ou tressées », cf. Rich s. u. Par 
extension, le mot a désigné la partie d’un théâtre où 
d’un amphithéâtre oir s’asseyaient les spectateurs, peut- 
être par rapprochement de caumm medium, emmedium . 
C© n’est qu’à l’époque impériale, et peut-être sous Fin- 
ISuence de cauus, que causa apparaît employé pour 
commet, cf. Thés. III 630, 8 sqq. Le sens originel de 
causa rend suspecte Pétymologie de Varron, S cauS 
causa, L. L. 5, 20, qui est généralement admise, causa 
désignant tout autre chose qu’une cavité, mais les deux 


eauia© $ e&uiirës : cauiares hosiim dicehantur , quod 
cauiae, [i. e .] pars hostiae cauda tenus dicitur, et poneba - 
tur in saerificio pro colle gio pontifîeum quinto quoque 
anno , P. F. 50, 16. Le rattachement à cauda est sans 
valeur. Étymologie et sens inconnus. 

©âuMIrius (cabi-), -I m. : lapidaire. Très basse lati- 
nité ; sans doute emprunté à une langue étrangère. Ou 
peut-être fait sur cauus, d’après l&pidàrius e celui qui 
creuse les intailles ». Le grec tardif Ma£zMç»ioç est sans 
doute une transcription da mot latin. 

Câufc s f. ( cauiüum n., -m m.) : plaisanterie, mo- 
querie. Archaïque et postclassique. Dénominatif : eauü- 
lor, -âris ; cauiüëtiô, -tor. .Rattaché à etduor par Gains, 
Dig. 50,16, 233 pr., ... ccduitur... inds et c&lumniatores... 
inde et cauülatio... ; britt. *cablu. 

Si l’on adopte l’étymologie de Gains, il faut supposer 
que cauiMo serait issu par dissimilation do * ctduiüa , 


forme à géminée expressive, ou diminutif comme 
fouilla? 

caul(])&®j 4rom f. pl. : 1° barrières fermant un parc 
à moutons ; d’où « barrières d’une enceinte » en général, 
d’un temple, etc. ; barreau, barre dû tribunal ; 2° pores 
de la peau, ouvertures (seulement dans Lucr.). De là, 
gaîl. caü. — Mot technique, attesté depuis la Lex. Corn, 
de XX quaest. (81 av. J.-C.). Sans rapport avec cauus, 
malgré la glosé de P. F. 40, 21, -ae a cauo dictas. Anti- 
quitus enim. % tie usum tectorum oues in antris claudeban- 
tur (cî. Varr., L. L. 5, 20), qui n’est qu’une étymologie 
populaire. Le second sens a pu se développer du fait 
que les barrières en usage étaient à claire-voie et que les 
plis de la peau forment un dessin semblable. 

Cf. causa. 

©&hlHs 9 “is m. ( colis dialectal?; à basse époque, caidits , 
côlus, côlës ; caula L, cî. Thés. III 652, 20 sqq.) : 1° tige 
des plantes, puis, par métonymie, la plante elle-même 
et particulièrement le « chou » ; 2° tout objet ressem- 
blant à la tige d’une plante, spécialement la « verge », 
comme gr. îtauXéç. 

Dérivés et composés : cauliculus { côl -) ; caudicidâ- 

tus ; muhicaidis. 

Ancien, usuel. M. L. 1777-1778. Germ. : v. h. a. chël, 
irl. céf, britt. cawl. 

Gf. irl. cuaiüe z pieu », gr. xœuXéç e tige, hampe, tuyau 
de plume », lette hauts e tige, os », v. pruss. kaulan et 
lit. kâidas « os ».ÎUn emprunt au grec (Varr., L. L. 5, 
103) est peu vraisemblable. 

©amas, -atis n. : forte chaleur. Emprunt fait par la 
langue de l’Église au gr. xoûpa. M. L. 1779. Fr. calme 
et chômer. 

Dérivés : caumcditer, caumatizô. 

©appû, -tels m. (et côpô\ le féminin cëpa est toujours 
écrit sans diphtongue) : cabaretier, aubergiste, et bou- 
tiquier, marchand ; côpa : servante d’auberge (App. 
Verg.). — Ancien, usuel. Même groupe que dans lênô : 
lëna, q. u. 

Dérivés : caupôna (cd-) f. : 1° auberge, boutique ; 

2° cabaretière ; cf. Priscien, GLK lï 146; 12, eaupë... 

caupôna facit quod est iam taberna qirnm midier ; eau- 

pônor , -êris (depuis Enn.) ; caupônius , -m, -um, etc. 

Mot populaire d’origine obscure, qui rappelle de loin 
le gr. xdbnjXoç a revendeur » ; comme lênô, sans doute 
emprunté à un© langue méditerranéenne. Non roman, 
mais passé dans les langues germaniques sous la forma 
b diphtongue : got. kaupôn « faire du commerce », v. h. 
a. coufo « commerçant », ail. kaufen et de là, en finnois, 
kauppa, etc. Type dè mot voyageur, de forme mal fixée. 

e&uputa, -I; -! m. : petite barque. Tar- 

dif; non attesté avant Aulu-Gelle. Conservé en espa- 
gnol et en provençal. M. L. 1780. 

eauriëj, °ISj -Sre : crier (du cri de la panthère ; Suét., 
Ânth.). 

Fait partie d’une série de mots imitatifs, expressifs, 
tels que skr. kâuti « il crie », gr. xœûcd* a sorte de mouette », 
etc. Même diphtongue que dans baubor , glauciô. 

©auras {cô-), -I m. : vent du nord-ouést ; quelquefois 
vent du sud-ouest. Correspond souvent au gr. dp-ffeyvqç. 



causa 


Attesté depuis Lucr. , d’où caurinus (Gratt.), cauricrepus 
(Avien.). 

Cf. v. si. sëçerü « poppôç », lit. ëiaurÿs (ace. ëidurî) 
« vent du nord » (de ^k'eur -iyo-) sans doute, avec sk-, 
got. skura w indis « XalXa^ àvéjioi) », v. h. a. scür « tem- 
pête ». Cf., avec un autre suffixe, m. irl. cüa, gén. cüad 
« mauvais temps ». 

causa ( caussa , haussa, c{. Thés. III 659, 70 sqq.), -â© 

I. : 1° cause, cf. Cic., Part. 110, causant appeüo raiionem 
efficiendi, euentum id quod est effectum ; 2° cause d’une 
partie dans un procès, procès. L’étymologie étant in- 
connue, le sens originel n’est pas déterminable. Les 
composés causidicus « celui qui expose la cause, avo- 
cat », ac-cüsô, -are « accuser », ex-cüsô « mettre hors de 
cause, excuser », in-cüsô « mettre en cause, incriminer », 
re-cüsô « récuser » (puis « décliner, refuser ») semblent 
attester l’antiquité du second sens. Mais, pour les La- 
tins, le sens de « cause, motif » est le plus ancien, et l’em- 
ploi, fréquent et ancien, de causà « à cause de » (cf. 
ÇIL I® 366, rei dinai causa , loi de Spolète où l’a n’est 
pas encore redoublé) s’expliquerait mal en partant du 
sens de « procès ». C’est sans doute en pénétrant dans 
ia langue du droit que causa s’est spécialisé dans le sens 
de « procès », causatïuom luis, sur le modèle du gr. aMa 
qu’il recouvre exactement, cf. Cic., InU. I 27, narratio- 
num généra tria sunt : unum genus in quo ipsa causa et 
omnis ratio controuersiae continentur. . . C’est de la même 
façon que causa a traduit aWa, œWov dans la langue 
médicale [cî. causârius) et dans la langue grammaticale ; 
cf. acçüsâiïuus, transposition mécanique de alruxTudj 
TtrSmç, causâlis et al-noXoYucéç, etc. Du reste, l’emploi 
de causa dans le sens médical a pu être favorisé par le 
sens spécial de causa « cas de réforme » dans la langue 
militaire, d’où caus&ria missiô « renvoi pour cause de 
réforme », causàriï « les réformés » (cî. en français le 
sens spécial de « motif, avoir un motif » dans la langue 
militaire). Le passage du sens de « cas de réforme » au 
sens de « maladie, infirmité » s’explique de lui-même. 
Causa est souvent joint à ratio, dont il diffère cepen- 
dant : in rations souper causa est , in causa uero non 
semper ratio... in rations semper consilium continetur, in 
causa uero non semper, Sacerdos, GLK VI 446, 13. 

De même, causa « cause » est fréquemment accompa- 
gné de rës « affaire, faits de la cause » (cf. reus, autre 
terme technique de droit), Cic., Clu. 139, quae ex re ipsa 
causaque ducuntur ; 141, oratio ex re causaque habita ; 
Cafcil., 4, 10, quid de tota re et causa iudicarit ; pro Caec. 

II, Mil. 15, etc. ; cf. encore Cael. 22, res cum re, causa 
cum causa, ratio cum ratione pugnabit. Le mot a pris 
insensiblement le sens de « affaire » en général, comme 
rës , negôtium, ainsi qu’en témoignent des emplois 
comme Com. Nep., Paus. 4, 1, qui super tali causa eodem 
missi er&nt, cf. Thcs. III 685, 67 sqq., et la synonymie 
des locutions quam ob rem, quam ob causant , et, par un 
affaiblissement continu, en est arrivé à se substituer à 
rës « chose », sens qu’il a gardé en français et en italien, 
par exemple Arn. 7, 34, quia gaudere laeta re maestosque 
fieri tristioribus conspiciunt cousis ; cf. Thés. III 700, 
62 sqq. ; un emploi par litote curieux est dans la glose : 
haemorruidas : eruptio sanguinis circa anum , similiter 
circa mulierum causas (cf. « le chose » en français) eue- 
nirc solet, CGL III 600, 4. — Usité de tout temps, M. 


108 — 

L. 1781. Germ. : v. h. a. chosa , v. angl. ceas ; v. h. * 
chôsôn « causàrï » ; cclt. : irl. céis, de *concausa, britt 
cynghaws. 

Dérivés et composés : caus[s)or, -àris ( causa ) ; ip 
léguer, donner pour cause ; 2° plaider, M. L. 1782 . 
causidicus : avocat, et cçtusidicor , -àris (tardif) ; Cau ’ 
sificor, -àris (Plt.) ; causâlis : terme de grammaire 
coniunctiô c. — alnoXoyixàç, cf. causàtïuus ; causà- 
rius (v. plus haut) ; causàtiô (époque impériale, fait 
sur causor d’après accûsâtiô / accüsô) ; irl. cosait ; eau- 
sâtluus et subst. causâtluum n., Fortunat rhet, 2 
p. 82, 6, quid est action (= aïnov) ? causatiuom lifo ’ 
propter quod res in iudicium deuocatur. 

Les dénominatifs composés ac-, ex-, in-, re-cüsô (f r< 
ruser) ont fourni à leur tour de nombreux dérivés en 
-tor, - tiô , en -bilis, etc. : cf. accüsàtor, accûsâtiô, excusa, 
liô (britt. escusawd), excüsàbilis (Ov.) et inexcüsâbilis 
(Hor., Ov. et Dig.), sans doute adaptation du gr. <Lto. 
et dcva7coX6yTQTOç. 

Peut-être mot emprunté, comme lis , ou prélatin? 

eautës {cô-) } -is f. (le singulier est rare et poétique; 
le nom ne s’emploie guère qu’au pluriel cautës, -ium) : 
pointe de rocher, écueil, cf. Isid., Or. 16, 3, .3, -es aspera 
sunt saxa in mari. Le sens de « pointe » laisse à penser 
que cautës serait simplement le pluriel de côs, côtis (sur 
lequel on aurait refait secondairement, une fois cautës 
spécialisé dans son sens, un nominatif singulier cautës 
ou cautis, d’après rüpës), et que la graphie avec diph- 
tongue cautës serait peut-être un « hyperurbanisme ». 
Du reste, de bons manuscrits ont souvent la graphie 
cotes, cf. Cés., B. G. 3, 13, 9 ; Vg., B. 8, 44, et Thés. III 
711, 84 sqq. ; Jacobson, KZ 46, 58. Ce semble avoir 
été la graphie ancienne, cf. Prise., GLK II 39, 9, au 
[diphtongus] transit in o productam more an ti quo- ut 
cotes pro cautës. Attesté depuis Ennius, surtout poé- 
tique. Non roman. Sur *excautâre , v. M. L. 2963. 
eantos : v. caucô. 

eautts, -a 5 -mn ( *couus , cf. cohum) : creux. Usité de 
tout temps. M. L. 1796. 

Dérivés : cauitâs (bas-latin ; britt. caoued, ceudod) ; 
cauô , -as : creuser, M. L. 1788, et ses nombreux déri- 
vés et composés : cauâtiô , -tor, - tôrium , -türa, cauà- 
men (= xotXoïjxa), rare et tardif; cauaedium, -i (de 
cauum aedium « cour intérieure d’une maison ») ; con-, 
«c-, M. L. 2111, 2964 ; prae-, sub- cauâre, M. L. 8352, 
8352 a ; muîticauâtUs. 

Cf. aussi M. L. 1792, *cauitâre ; 1794, *cauô, -ônis; 
1795, *cauula. 

cauerna ( cauernum tardif) : Serv., Àe. 2, 19, quod- 
cumque in arcum format um est , quod flexum et in altitu- 
dine curuatum ad sedem âeducitur cauernam dici ; et 8, 
242, ueteres omnia loca concaua , uel si quid incuruum 
fuies cl, cauernas appeUahant : cavité; cadi cauernae 
(Yarr., Lucr., Cic.) : caverne, tanière, terrier, etc. Dans 
la langue nautique : cale d’un vaisseau ; dans la langue 
médicale : creux, orifice (du ne*, des oreilles, etc.). 

Dérivés : cauernàre, M. L. 1791 ; cauernôsus, cauer- 
nula, - icula ; cauernâtim. 

Cf. gr. x<Soi * xoiXdipuxTa, xêot * rà. xàoyuctvx. 'trfi Vfit 
Hés. ; éol. xoôeXa* xoîXoç, et, avec vocalisme zéro, xéap 
« trou, chas d’une aiguille »; avec vocalisme ô, x«oç 


— 109 

verne, tanière » ; irl. càa * creux », bret. kéo « grotte », 

. v. Vendryes, MSL 13, 406. 
et Cauerna semble renfermer un double suffixe *-er-no ; 

internus, infernus, etc., Meillet, Étym. et voc. v. si., 

° 167, et être issu de *cau-ero-nâ, à, moins qu’il ne soit 
Sérivé d’un thème en -r- alternant avec - n -, cf. gr. xuoep, 

ôatoç ( et v * Benveniste, Origines , p. .17; 

fhantraï ne * Formation des noms en grec ancien , p. 218). 
D’ailleurs, il ne faut pas oublier les mots empruntés 
tels que cisterna, taberna, lanterna qui ont fourni des 
modèles. 

y, cohum. 

-ce : particule démonstrative, commune aux langues 
italique 8 » e * qui s’ajoute surtout aux pronoms démons- 
tratifs hi-c[e ), illi-c(é) et aux adverbes tirés des thèmes 
de démonstratifs : sic { sïcine ), tune, nunc, etc. Les formes 
munies de cette particule avaient l’accent sur la syllabe 
qui lu précédait ; cf. Serv., GLK IV 427, 8, quattuor 
sunt particulae quae corrumpunt in pronuntiando régu- 
las accentuum hae : ue, ne, que , ce; nam quotiescumque 
istae particulae sequuntur , faciunt accentue in ultimis syl- 
labis superiorum esse sermonum, ut... üliusce , huiusce. 

Cf. ceu, ecce, cedo. 

La particule *ke, enclitique sur les démonstratifs, a le 
môme emploi général en latin, en osque et en ombrien. 

Mais le détail de l’emploi varie d’une langue à l’autre. 

Par exemple, le latin n’a que is, ea, id, tandis que l’osque 
q ûic, iük, Idlk et l’ombrien erek (masculin), efek 
(neutre). En latin même, hic, hocc (de *hod-ce , noté hoc, 
mais la géminée est attestée par la quantité longue) sont 
constants, mais isiic, illic ne sont pas les formes clas- 
siques ; c’est isie. Me qu’on rencontre ordinairement. On 
trouve à la fois tum et tune , etc. — L’emploi de -ke 
pour renforcer les démonstratifs semble une particula- 
rité de l’italique ; c’est à peine si l’on peut citer en regard 
irl. coi-ch « cuius ». Le sens n’indique un rapprochement 
ni avec le groupe de lat. cis (auquel peut appartenir ce 
de cedo), ni avec gr. dor., éol. xe{v), xs. Il convient, 
toutefois, de citer tokh. A et B -k, dont la gutturale est 
d’ailleurs indéterminable, puisqu’elle peut reposer sur 
n’importe quelle gutturale indo-européenne. Pour l’em- 
ploi, v. Sehulze-Sieg-Siegling, Tochar. Gramm. (1931), 
p. 306. 

cectôris, f. ( cectürium n.) : ligne ou limite qui en- 
toure une propriété. Terme de la langue des Gromatici, 
sans doute emprunté au celtique, cf. Vendryes, G. R. 

Acad. Inscr., 1933, p. 376-377. 

cedo 3 cett© : « donne, donnez ; apporte, amène ; dis »«, 

Glosé 86ç, da, et drcé, die, Diom., GLK I 346, 16, cedo 
non habet nisi secundam personam praesentis temporis , 
et est imperatiuus modus. Souvent renforcé de dum, e. 

8* Plt., Men. 265, cedodum hue mihi marsuppium. — 
Appartient à la langue parlée. Étymologie douteuse ; 
certains voient dans do un ancien impératif de dore, 
comparable à gr. précédé de la particule - ce (ainsi 
J. Wackemagel, Vorles., I, 211). D’après Niedermann, 

I. A. 18, 75 sqq., ce serait une ancienne particule de sens 
local analogue à $eûpo et qui, comme 8sûpo, au- 
rait reçu une flexion. Cf. J.-B. Hofmann, Lat. Um - 
mngsspr., § 41. 

-is, e«ggl, cesgïïm, eM©r© : aller, marcher, arri- 


— Mè 

ver; e. g. Plt., Au. 526, ibi ad postremum cedit miles , 
aes petit ; sens physique et moral, cëdere male, optimë , 
prospéré [succéder e) ; et avec un complément au datif 
« arriver, échoir à », T.-L. 31, 46, 16, captiua corpora 
Romanis cessere; et, finalement, dans ce sens, cëdere , 
comme abïre, arrive à signifier dans la langue impériale 
e passer A l’état de, se transformer en » : c. in prouer- 
biüm. 

Toutefois, le plus souvent, à l’idée de « marcher » 
s’ajoute la nuance accessoire de « se retirer » : ego cedam 
atque abibo , Cic., Mil. 34, 93 ; c. iiità, ë ultâ (cf. dëcëdere). 
Il y a peut-être dans cet emploi une litote de la langue 
militaire qui a employé cëdere (comme gr. x«péo) par 
opposition à store ( locô ) « demeurer de pied ferme ». 
D’où avec le datif cëdere alicuï « se retirer pour quel : 
qu’un, céder le pas à quelqu’un, le céder A, être infé- 
rieur à ». Par suite, « faire une concession » ; Cic., Mil. 75, 
utrique mortem est minitatus nisi sibi hortorum posses- 
sions cessisseni. Le verbe s’est même employé transiti- 
vement avec un complément direct à l’accusatif, dans 
le sens de « céder, concéder »; toutefois, le composé 
d’aspect « déterminé » concëdô est plus fréquent dans 
ce sens. 

Du sens de « se retirer, s’en aller », le passage au sens 
de « cesser » est facile ; cessere irae , dit Vg. C’est de 
cette acception que dérive le sens du fréquentatif cessé, 
-às. Cëdô est mal attesté dans les langues romanes sous 
des formes populaires, cf. M. L. 1798. Mais le mot a été 
repris par la langue savante, avec ses dérivés et com- 
posés. 

Dérivés et composés : cessiô, terme de droit c con- 
cession, cession »; cessiô, en dehors de l’expression 
technique in iüre cessiô , n’est employé que tardive- 
ment ; il n’y â pas de nom d’agent ^cesser (mais ante- 
cessor existe et a passé dans les langues romanes). 
Concessiô est, au contraire, usuel ; cessicius e cul cëdi- 
tur tülëla » ; cessim « gradâtim » ; cessiôsus (Gloss.) 
« qui saepe cedit » ; cessôrius « qui cède » (Gl.) ; cessas, 
-üs m. (= recessus) rare et tardif. 

cessé, -às : s’arrêter, rester inactif ; cesser ; s’abste- 
nir de ; faire défaut; M. L. 1851 ; cessâtiô : relâche, 
retard ; cessâtor : nonchalant. 

abscëdô : = dbtoxopô, àçbr»j(i.t : s’en aller, s’éloi- 
gner, quitter (sens physique et moral) ; d’où absces- 
sus , -üs « départ, sortie » ; en médecine, traduit è.rc6- 
«mjpŒ ; abscessiô : semble formé par Cic. , Tim. 44, pour 
traduire le grec : cum ad corpora tum accessio fier et, 
tum abscessiô = Plat., Tim. 42 a, rà jièv wpocKtx, 

S 1 dcrdoi tou o&fjuivoç œôt&v. Dans la langue de l’Église 
traduit ànoaraala. 

accédé : marcher vers, s’approcher de ; et « venir 
en outre, par surcroit, s’ajouter à (cf. addere) ; venir, 
s’adjoindre à, arriver à ( adueniô ), survenir » : febris 
accedit. Et aussi, par opposition à âiscêdô , « se ranger 
A î’avis de », 7cpoox<ap&, Cic. Cael. 10, ad quem si acces- 
sit, &ut si a me dis ces s it umqudm. De là : accès s us, -üs : 
approche, arrivée ; accès, entrée, adjonction, M. L. 
71 ; accès s iô : arrivée, accès (de fièvre ; accessus dans 
ce sens est très rare) ; accroissement, progrès ; apport, 
M. L. 70. Dans la langue du droit, « accessoire » (par 
rapport A la principolis rës) ; b. lat. accessibüis. Tar- 
dif : aceessa : marée haute. 

antecëdô : marcher en avant ; précéder (sens local et 


cedras 


— ÜO — 


temporel) ; dépasser (sens physique et moral, comme 
anleeô, anteceüô, j>raecëdô) ; antecessiô f. (opposé par 
Cicéron à consequentia) ; antecessor : 1° avant-garde 
(terme militaire); 2° prédécesseur (terme de droit), 
M. L. 496 ; B. W. ancêtre ; antecessus a en avant », 
participe passé fixé comme adverbe en bas latin 
(Mul. Chir.). M. L. 496 a. 

concêdô : se mettre en marche, se retirer, disparaître, 
céder la place à ; concéder à = mrfx<op& ï céder, con- 
céder (transitif) ; concessiô et concessus — ouyx&P 7 )* 
tnç : concession, consentement ; conccssïuus. 

décëdô : s’en aller ; se retirer [de] ; et, par litote, 
a s’en aller de la vie, décéder », M. L. 2496 a ; discëdô : 
se séparer, s’éloigner, M. L. 2653 ; excëdô : sortir de, 
dépasser ; excessus, -üs : départ, sortie ; en terme de 
rhétorique, « digression », Quint. 3, 9, 4, e grès sic uel 
(quod usitatim esse cœpit) excessus , siue est extra cau- 
sant ; dans la langue de la Bible, traduit focotamç; 
incëdô qui s’est substitué h cëdô dans le sens de 
« s’avancer, marcher » ; incessus : marche ; incessô, 
-is : attaquer, assaillir, inmiîtere ac iactu uel uerbis 
petere, P. F. 95, 21. Cf. faciô/facessô, laciô/lacessô, 
petô/petessô, ihîercêdô : intervenir, intercéder; inter- 
cessus ; et intercessiô , qui dans la langue politique a 
eu une fortune considérable ; occêdô (archaïque) : aller 
en avant ou au devant ; praecëdô : marcher en tête, 
précéder; prôcëdô : s’avancer, progresser, M. L. 6765 a; 
recédé : marcher en arrière, battre en retraite, se reti- 
rer ; recessus, M. L. 7114 et recessa 7113 a ; sëcëdô : se 
retirer, se séparer de; sëcessiô (cf. sëditiô) ; sëcessus 
(époque impériale) ; succédé : venir sous ou de des- 
sous ; venir à la place de, succéder ; aboutir, et spécia- 
lement « réussir » ; cf. Plt., Mil. 873, lepide hoc succe- 
dü suè manus negotium {sans doute ancien terme 
technique du potier qui travaille au tour), M. L. 
8411 a. Tous ces verbes ont h, côté d’eux des abstraits 
en -us et en -iô, et souvent des noms d’agent en -or. 
Moins encore que codé, qui peut être apparenté, cëdô 
n’a d’étymologie claire. Uë de cëdô en face de Vë de 
cessî , cessum éveille l’idée qu’on serait en face d’un an- 
cien présent athématique ; alors codé représenterait 
Pour le sens, cf. gr. wbrre» et lat. petô. 

eedrus, -I f. : cèdre. Emprunt (depuis Sali.) au gr. xé- 
Spoç ; cf. eitrus. La plupart des dérivés sont des trans- 
criptions du grec, sauf cedriô, -às, -àre (= xsâp&o) et 
cedr&tus, ce dernier du reste peu sûr. Y. Thés. s. u. 

-ênis m. : variante de thieldô , dans Pline 8, 
166. Mot étranger, ibère? de forme incertaine. 

ed«b®ï { bris), «bris, «fer© : fréquenté, e. g. Gat., 
Agr. 1, 3, uia celehris ; Cic., Part. 19, loci plani an mon- 
tuosi , célébrés an deserti ; souvent joint à frequëns, dont 
il est synonyme, Cic., Cael. 47, frequentissima celebri- 
tate ; Best. 121, spectaculi genus quod omni frequentia 
nique omni généré hominum celebratur ; T.-L. 38, 18, 11, 
célébré ae frequens emporium ; d’où secondairement cele- 
brl gradü dans Accius, Tr. 23, « d’un pas fréquent », 
i.-e. « à pas précipités ». S’est employé notamment à 
propos des jours de fête religieuse, e; g. Plt., Poe. 758, 
die jesto , celebri, nobüiqm Aphrodisiis ; Cic., Ver r. 6, 
151, cum àiem luâorum de fastis suis sustuUssent eéleber- 
rimum sanetissimum. 


De là : celebràre diem , puis par extension ccfej.. 
sacra , et finalement celebràre cdiquid , aliquem. L’adj^ 
tif a pris, lui aussi, le sens de « célèbre », surtout att«t 
en poésie et peu fréquent avant l’époque impérial^ 
Concelebrô, dans Lucrèce, a encore le sens de « pe^D] 6 
en masse ». De célébré dérive cdebrâtiô ; de celeber ■ cjî 
britês. — Ancien, usuel ; formes romanes douteuses v 
L. 1800 a, b. 4 ** 


Celeber {-bris) rappelle, pour la formation, funebri t 
peut représenter *keles-ri-s , dérivé d’un thème neutL 
en -o/e *kelo/e-s ; cf., toutefois, scdüber, avec suffis 
d’instrumental. € 


Le rapprochement avec gr. xéXopuxi a je pousse, j’ e ^ 
cite », xéXX<ù « j’aborde » est vague. 


cel©f s ederig* esi©F@ : vite, rapide, prompt, hâtif 
La répartition des formes celer et céleris au masculin et 
au féminin est secondaire : d’après Priscien, QLK 
254, 13, céleris aurait été employé au masculin par les 
a uetustissimi » ; et il y a des exemples de celer féminin 
cf. Thés. III 749, 13 sqq. L’ablatif singulier est en -i 
l’accusatif pluriel est, au dire de Priscien, plus souvent 
en -is qu’en -ês ; mais le génitif est en -um, ce qui indique 
peut-être un ancien thème consonantique * cèles, -cris 
ou un thème en -o- * celer {us) (mais ce peut être une 
forme prosodique pour éviter une suite de trois brèves). 
Superlatif célerrimus , mais celerissimus dans Ennius 
A. 460, 592. — Ancien, usuel ; mais plus rare en bas 
latin (deux exemples dans la Yulgate contre trente de 
uëlôx) ; non roman. 

Dérivés : céleritâs ; celer ô, -às (transitif et absolu) : 
[se] hâter, accélérer, et son composé accéléré avec les 
dérivés ordinaires. Adverbes : celer e, celeràtim, cèlt- 
ranter (tous archaïques) et celeriter . 

Gr. xéXïjç « cheval de course, bateau de course » a un 
sens voisin.! 


©©leris, -um : ceUres antiquidixerunt, quod nunc équité» 
dicimus , a Celere interfectore Remi , qui initia a Romulo 
kis praepositus fuit; qui primüus electi fuerunt et singu - 
lis curiis déni, ideoque omnino treeenti fuere , P. F. 48, 2. 
Un emprunt au gr. xéXvjç, déjà indiqué par Servius, 
Ae. il, 603, est peu vraisemblable, à moins d’admettre 
une déformation populaire. L’explication par le pluriel 
de l’adjectif celer n’est qu’une étymologie populaire. 
Est-ce un terme étrusque, cf. Lûcerês, flexuntés et trot- 
eulï ? Y. Emout, Philologica I, 37. 


©dis, -ëÜ8 m. : transcription du gr. xéXrjç : 1° cheval 
de course (ou cavalier?, Plin. 34, 19) ; 2° navire rapide 
(cf. célôx) ; 3® jeux équestres : Serv. auct., Ae. 8, 635, 
RomulUs celeSes Neptuno equestri deo. . . ediîurum propo- 
sait ; ad quos céletès cum de uicinis eiuitatibus maxime 
muUitudo... conuenisset. Ce dernier sens peut-être issu 
d’une confusion avec cderês ? 


eclls, «&© f. : petite chambre (avec idée accessoire de 
cachette, colla a & cëlandô », Yarr., L. L. 5, 162) ; cha- 
pelle d’un temple ; cellier, cave : c. oleària , uïnària ; cel- 
lule. — Roman. M. L. 1802 ; passé en v. h. a. këüe ; celt. : 
irl. eeïï, etc. 


Dérivés : cdlula ; cdlàris ; cellàrius , -a, -um et cel- 
lârius m. : sommelier, économe ; ceüàrium n. : garde- 
manger, cellier, office. — Panroman, M. L. 1804; 
passé en germ. : v. h. a. keüari « Keller » et de là en 


— 111 — 


eëlô 


ois ; en cello ^ r » en & r * xe ^«pcç et de là en 
j kelarï ; *cellâriârius, M. L. 1803. Panroman, sauf 
r0 uinain- 

posés tardifs : circumcelliô , -ônis m. : nom d’une 
féorie'de moines errants et mendiants « qui circum 
° ibant », cf . circelliô s. U. circus ; excellé , -âs (Gldss.) : 
-, hors de cellule. 

Pour l’étymologie, v. cëlô. Mais la gémination de l 
t difficulté. Forme dialectale issue de *kelyaX cf. osq. 

de *alyà ? Ou gémination expressive?! 
a *-cellô, -is, -ere, celsus. Le simple n’existe pas. 

TI nV a T 1 e 1,ad i ectif verbal : 

1 -a, -um : élevé, haut. Ancien ; assez fréquent, 

rtout en poésie, dont, à base époque, on a dérivé cel- 
$ itâs et celsitüdô (d’après altitüdô). Cf. aussi culmen : 
faîte, somme, cime (v. columen ), que l’étymologie popu- 
. irg’a rattaché à culmus , ideo... quia ueteres de culmo 
aedificia contegebant, Serv., Ae. 2, 290. 

*CeÜô figure dans lés composés : ante^cellô , -ere : s’éle- 
ver en avant des autres, dépasser ; excellô , -uî 1 excelsùm 
Ion trouve aussi quelques formes de exceüeô sans doute 
d’après ëminëô) : dépasser, exceller. D’où excellentia = 

sens abstrait et, à basse époque, titre de dignité 
4 excellence », comme ëminentia , avec le sens de uir 
excellentissimus ; excélsus , excelsitâs ; praecellô ; procellô 
(procellunt se, Plt., Mil. 76, 2) ; cf. les gloses procellunt , 
procumbunt , P. F. 251, 13 ; recellere : reclïhâre , et excél- 
lere : in altum extollere , F. 342, 19. 

A procellô on rattache parfois procélla, -ae f. : tem- 
pête (de vent), ouragan; dans la langue militaire, 

« charge (de cavalerie) ». De là procellôsus. Mais procélla 
et procellô peuvent dépendre de -cellô « frapper ». 

L’adjectif en -to- celsus montre que -cellô représente 
*keldô, avec le suffixe *-de/o- fréquent dans les forma- 
tions latines. Cf. lit. keliù , kélti « élev.er » et les mots 
cités sous collis (v. ce mot). V., de plus, columen . — Le 
slave a celo « front » et le vieil islandais hjallr « bâti 
élevé » (pour sécher du poisson, par exemple), qu’on a 
souvent rapprochés. 

2. *-cellô, -ds, -ere : frapper. Figure seulement dans 
le composé : percellô , -is, - cvli , -culsum, -cellere : frap- 
per violemment ; renverser, bouleverser (sens physique 
et moral), d’où « ruiner, détruire ». Ancien, classique. 
Rare à l’époque impériale. Non roman. Sur perculsus a 
été refait tardivement un parfait perculsï ; perculsus lui- 
même est constamment confondu avec percussus. Le 
substantif perculsus , -üs «c choc » ne semble pas attesté 
avant Tertullien. Cf. clàdës, calamités ; et peut-être pro- 
céda. 

Seule la forme avec per- a survécu, à cause de sa va- 
leur « déterminée » ; perculî sert aussi de perfectum à 
jeriô. 

On voit par perculsus que -II- de percellô repose sur 
-W- et par perculî que *-de- est ici un suffixe. On est 
donc amené à rapprocher les mots signifiant a frapper, 
briser »^ c’est-à-dire gr. xXàco « je brise » (de xXaa-?), 
dor. xXâpoç, ion.-att. xXîjpoç « morceau de bois (dont 
°n se sert pour tirer au sort) », qui répond à irl. clâr , 

I * c *’ appr € planche », x6Xa<poç « coup sur la joue » (mais 
e a après o ne peut représenter s), xéXoç et xoXoêoç 
* tronqué », xoXerpav « fouler aux pieds » (qui fait pen- 
er a lat. calx), et, avec élargissement -d- :fxXa8écrai 1 


oeïaat Hes., xXaSapoç « fragile ». — Y. si. koljo, klati 
« abattre » à côté de lit. kalù, kdlti-e. frapper (avec un 
marteau, une hache) », kuliù, kùlti u battre » (notam- 
ment « battre le blé »). 

V. clàdës , calamilàs et incolumis. 

cëlô, -âs, -âuï, -àtum, -âre : cacher ( aliquid aliquem). 
Ancien, usuel. Bien représenté en roman ; M. L. 1800. 
Cëlâre alterne avec une forme thématique à vocalisme 
ë, conservée dans occulô, -is, -lui, - cultum , -ere, de 
*ob-kelô, rare, bien qu’ancien et classique, usité surtout 
au participe occultus et qui tend à être remplacé par une 
forme d’itératif-intensif occultô, -âs (déjà dans Plt.), 
d’où occultâtiô , -tor. La racine est *kel- ; la graphie 
oquoltod = occultô du SC Ba. CIL I 2 , 581, 15, provient 
d’une époque où l’on avait le sentiment qu’à un groupe 
-eu- contemporain correspondait un plus ancien -quo- et 
où l’on faisait la transformation mécaniquement, même 
dans des formes où il n’y avait jamais eu de labio- 
vélaire (cf. colô, quolundam ; quom (préposition), CIL I 2 
583, 50), pour donner au texte un aspect archaïque. 

Cëlô, -âre est un présent duratif en à (cf. - ducô , -âs 
et dücô, -is) ; pour la longue, cf. uënor , lëgô , etc. Cëlâtor 
n’est attesté que par deux exemples, un de Lucain, 
l’autre de Cassiodore ; cëlâtiô que par une glose ; cëlâ- 
türa ne figure que dans la loi Salique. Cicéron et César 
disent occultâtiô ; cëlâtim est dans Sisenna. 

Composés : con -, oc-, sub-, subtercëlô ; incëlâtus ; M. 
L. 4345, *incelâre. 

S’y apparentent : 
cella , -ae f. : v. ce mot. 

clam : « en cachette [de] », adverbe et préposition. 
S’oppose à palam. Comme préposition, est accompagné 
d abord de l’accusatif (comme cëlâre aliquem ), puis de 
1 ablatif, sans doute, d’après côram (ainsi dam uobis , 
Cés., B. C. 2, 32, 8). De clam dérivent : 

clanculum {clanculë, -lô), archaïque : sans doute dimi- 
nutif familier de même formation que plüsculum. De 
clanculum a. été tiré secondairement un adjectif clancu- 
lus (Gloss.). Cf. aussi clanculârius (Martial) ; 

clandestïnus : adjectif ancien (loi des XII Tables; 
Plt., etc.). Formé sur le modèle de intestïnus , dont il est 
voisin par le sens (cf. Cic., Sulî. 33, et ad Fam. 5, 2, 1), 
peut-être par un intermédiaire *clam-de, *clande, cf! 
quamde. 

Le thème de {oc-)culô se retrouve exactement en cel- 
tique : v. irl. celim « je cache », et en germanique occi- 
dental : v. h. a. helan « cacher », etc., mais non ailleurs. 
Les formes de cëlô et de clam n’ont pas de correspondants 
hors du latin. 

D’autre part, le germanique a un présent en *-ye- : 
got. huljan « 7cepixaÀÔ7tTEiv », etc. Le vocalisme ë de lat. 
cëlâre se retrouve dans v. h. a. hâli « dissimulé », v. isl. 
hall « rusé ». Le grec a une forme élargie xocAutctco « je 
couvre, je cache », cf. xéXüçoç « écorce, pelure », etc. ; 
la forme rappelle xpÛ7rr<o (xpû<pa) en face de v. si. kryti 
« cacher ». 

Si cella est isolé pour la forme, le sens rappelle celui 
de irl. cuile « cave », v. h. a. halla « salle », gr. xotXIS 
« hutte, nid ». On hésite plus à rapprocher skr. çàlâ 
e hutte, demeure », qui est isolé parmi les langues orien- 
tales ; tous les autres témoignages pour *kel- « cacher » 
sont occidentaux. 


celôx 


— 112 — 


— 113 — 


eentum 


Les faits ne permettent pas de décider s’il convient 
de rapprocher got. us-hulon « XaTojxeîv », hulundi « ca- 
verne » et les divers mots germaniques se rapportant à 
l’idée de « creuser ». 

Y. aussi cilium et color. 

celôx, -Ôcis f. : hrigantin, navire léger. Emprunt an- 
cien au gr.îxéXrjç (dial. xéToqJ;), influencé dans sa finale 
par uëlôx\ cf. l’emploi adjectif dans Plt., Poe. 543, en 
jeu de mots avec corbita. 

Cf. celer. 

celsus : V. -cellô 1. 

celt(h)is, -is f. : nom d’arhre africain, probablement 
le « micocoulier », Pline 13, 104. Mot étranger, non em- 
prunté. 

celtis, -is f. : ciseau de sculpteur (S‘-Jér., Vulg., 
Job. 19, 24 et c. Ioh. 30). Mot douteux. Dans la Mulom. 
Chironïs 26 et 693, où celtis avait été rétabli par conjec- 
ture, le manuscrit portant securi ceüe (26) et securi cella 
(693), W. Heraeus, ALLG 14, 119 sqq., a montré qu’il 
faut sans doute lire securicella (diminutif au second de- 
gré de securis). Dans c. Ioh. 30, on a la variante certe, 
et Lindsay, Introd. à la crit. des textes , p. 23, a proposé 
de lire certe dans la Yulgate. — Du reste, celtis peut être 
un emprunt tardif au celtique, cf. m. irl. celtair « épieu » ; 
Havet, Man. de critique verbale, § 898. En tout cas, 
même si celtis est un « mot fantôme », du à une faute de 
lecture, il a passé de la Yulgate dans les glossaires du 
Moyen Age, cf. le Lexique de Du Gange, s. v., et même 
dans les textes : il figure dans la Chronique de Geoffroy 
de Monmouth, cf. Faral, Légende d'Arthur, t. III, 
p. 246, 1. 49. Sur toute la question, v. M. Niedermann, 
Mus. Helv., 2 (1945), p. 123-138. Gf. culter. 

celtis : — pivot, l^Ouoc; eISoç, GGL II 99, 14. Pas 
d’exemple dans les textes, ni d’indication d’origine. 
Identique au précédent? Cf. les noms de poisson du 
type (üeXôvr), îr. brochet. 

celtium, -In.: écaille de tortue (Pline). Le mot et la 
chose sont étrangers. 

celundria, eelindria (Gloss.) : nauis , quae uelociter 
currit. Lire celandria ? Emprunt déformé au gr. yeXàv- 
Siov (xeXàvao v) *, sans doute de très basse époque ; cf. 
Du Gange. 

cëna, -ae f. (ancien cesna gardé par Festus 222, 26) : 
apud antiquos dicebatur quod nunc est prandium ; ues- 
perna quam nunc cenam appellamus, P. F. 47, 8, « dîner » 
et « souper ». — Ancien, usuel. Panroman. M. L. 1806. 
Celt. : irl. cenn , britt. coyn. 

Dérivés : cënô , -âs, panroman, M. L. 1808 ; cënâcu- 
lum : ubi cenabant , cenaculum uocitabant, ut etiam nunc 
Lanuui apud aedem lunonis et in cetero Latio ac Fale- 
riis et Cordubae dicuntur. Postquam in superiore parte 
cenitare coeperunt, superioris domus uniuersa cena- 
cula dicta , Yarr., L. L. 5, 162, cf. M. L. 1807 ; irl. cen- 
nacul. Cënàcula ayant désigné «les étages supérieurs », 
le sens de « salle à manger » a été réservé à cënâtiô 
(ancien abstrait devenu concret) et à cënâtôrium (à 
côté de triclinium ) ; cënàtiuncula ; cënàticus : du repas ; 
cënàticum : prix d’un repas (cf. uidticum ) ; cënitô , -âs. 
Composés : antecënium , bas latin, Isid., Or. 20, 2, 


15, merenda... proxima cenae ; unde et antecenia a qu' 
busdam appellatur ; incënis , incënâtus (archaïque et ta*' 
dif ; = âSeiTrvoç, cf. imprànsus) : qui n’a pas dîné ; re ~ 
cënô, -âs (tardif) ; *recinium , M. L. 7119 ; subcë hë* 

L. 8353. ’ * 

V. lat. cesna repose sur *kersnâ, à en juger par 0s 
kersnu, kerssnais, ombr. sesna à côté du verbe dé- 
rivé çersnatur « cënâtî ». Gomme -rsn- paraît avoij 
abouti à - rn -, on admet que le mot repose sur *kert-snà 
en partant d’une racine *kert- (v. sous cortex) et en snp! 
posant un développement de sens pareil à celui observé 
dans carô (v. ce mot) et dans gr. Satç « festin » en face 
de ScdÇoo « je partage ». 

cennô : v. cinnus. 

cënseô, -ës, -uï, cënsum, -ère (à basse époque, C ën - 
siô , cënsitum, - ëtûm , v. Thés. III 786, 56 sqq.) : déclarer 
d’une façon formelle ou solennelle ; exprimer un avis 
dans les formes prescrites. — Ce sens ancien est cou- 
servé dans la formule par laquelle on interrogeait l e 
Sénat, e. g. T.-L. 1, 32, 11 sqq., rex his ferme uerbù 
patres consulebat... Die, inquit ei, quid censes? p urn 
ille : « Puro pioque duello quaerendas (scil. res) censeo ». 
Gf . l’emploi de cënsuëre , cënsuerunt dans les sénatus-con- 
sultes. Le verbe, dans cette acception, a pour correspon- 
dant un substantif appartenant à un autre groupe : sen- 
tentia; cf. le jeu de cënseô et de sententia dans le SC 
Bac. ; il n’y a pas de substantif *censentia, et cënsus 
s’est spécialisé dans un sens technique. Dans la langue 
du droit public, le sens de cënseô s’est restreint ; il dé- 
signe l’activité des magistrats chargés de se prononcer 
sur la personne et les biens de chaque citoyen, d’où 
cënseô « je déclare la fortune et le rang de chacun, je 
fais le recensement », et cënsor m., nom du magistrat 
chargé de cette opération, cënsus, -üs ( cënsiô ), l’opéra- 
tion elle-même du « cens », cënsüra « exercice de la cen-, 
sure », cënsôrius « qui se rapporte au censeur », cênsuà- 
lis « ad censum pertinens », cënsôrïnus (cognomen ; osq. 
Kenssurineis, gén. « Censôrinï ». La langue a diffé- 
rencié dans l’emploi cënsus et cënsiô. Cënsus « cens * a 
désigné le « rôle ou registre des censeurs », puis la place 
occupée dans cette liste, le rang, la fortune de chacun. 
Le mot a survécu en allemand sous la forme Zins (et 
en gr. xîjvcroç) ; le maintien de l’n désigne un emprunt 
livresque ou une prononciation savante d’un terme 
d’administration, la prononciation populaire étant cësus. 
Le vieil irlandais a aussi cis. V. aussi M. L. 1808 a, 1809. 
— Cënsiô a désigné 1’ « évaluation du censeur », et aussi 
la « punition infligée par le censeur », cf. P. F. 47,10, 
censionem facere dicebatur censor , cum multam equiii in- 
rogabaX, et censio hastaria , 47, 21, sens que cënsüra a 
pris également à la longue. 

Dans la langue commune, cënseô a pris le sens plus 
large et moins technique de « estimer, juger, être d’avis «, 
comme arbitror , aesiimô, etc. ; cf. Varr. ap. Non. 519, 
23, uerbum censeo et arbitror idem poteiat ac ualebat , 
cënsor a désigné le « critique », cënsüra la « critique ». 

A cënsitum se rattachent cënsitor « celui qui fixe les 
impôts » et cënsitiô. . 

Composés : accënseô : compter en outre, ajouter, ri es 
guère usité qu’au participe accënsus, qui a pris diffé- 
rents sens dans la langue du droit public ; Y accënsus dé* 
signe un licteur ou un appariteur « surnuméraire » des 


ffistrats à faisceaux ; à l’armée, les accënsi sont des 
1,1 Suaires ou recrues non armées, « quod ad legionum 
sl) 1 üTrl essent adscripti », P. F. 13, 24, cf. index de Bou- 
lié -Leclercq, Manuel des Inst. rom. 
ch erC ênseô : passer une revue complète de (classique) ; 
Icénsiô (Fronton) ; 

f reC énseô : recenser, énumérer ; passer en revue ; revi- 
rec ënsiô (Cic.) ; recënsitiô (Dig.) ; recënsus (Suét.). 

SC s'uccënseô, -ës (et suscënseô) : blâmer, soumettre à la 
nsure, d’où « s’irriter contre ». Ce sens a pu se déve- 
înper par suite d’un faux rapprochement avec succën- 
Jg participe de succendô ; succënsiô (Symmaque). 

5 (^mme un certain nombre de mots de caractère reli- 
. uX ou juridique, se retrouve en indo-iranien. Le pré- 
fent thématique sla*, çdmsati « il récite » (se dit de la 
récitation du Véda), gâth. songhaitî, v. perse Qatiy 
/terme dont se sert Darius pour dire qu’il « proclame » 
iuelqu e chose) ne se retrouve pas en italique : le latin 
a le type dérivé cënseô , et l’osque un type également 
dérivé, mais autre : censaum « censëre » (thème en â). 
Ceci s’explique sans doute par le fait qu’il y a eu un 
type athématique dont alb. Qom « je dis » et v. si. setü 
t dit-il » — qui ne gardent rien du sens religieux de la 
r a C me — porteraient peut-être la trace. Osq. censtom-en 
(in censum » et keenzstur, censtur « censor », ancensto 
«non cënsa » fém. sg., représentent les formes attendues, 
tandis que lat. cënsus , cënsor résultent d’un arrange- 
ment analogique, de même que cursus (v. currô). L’<? de 
cënseô doit s’expliquer comme l’î de înfàns, cônserô , 
inséré, etc. (cf. M. Leumann, dans la Lat. Gramm. de 
Stolz-Schmalz, 5 e éd., p. 104), par un amuïssement de 
l’n devant 5, / ayant provoqué une nasal'sation et, par 
suite, un allongement de la voyelle. 

eentô, -ônis m. : couverture ou vêtement fait de dif- 
férentes pièces cousues ensemble (servant, entre autres, 
é combattre les incendies) ; d’où à basse époque « cen- 
ton ». Mot technique et populaire, attesté depuis Caton 
et Plaute. M. L. 1814. 

Dérivés : centônârius : 1° fabricant de couvertures 
faites de vieux morceaux d’étoffe qu’on employait 
imbibées d’eau et de vinaigre pour éteindre le feu ; 
2° pompier, colle gia centonariorum « corps de pom- 
piers », v. Kubitschek, dans Pauly-Wissowa, R. E. III 
1933 sqq. ; centunculus : vêtement d’arlequin : housse 
de cheval ; et aussi « cotonnière », M. L. 1816 a, et An- 
dré, Lex. s. U. ; centônizô (Gloss.) ; Homeroçentô, Ver - 
giliocentô. 

La ressemblance avec skr. class. kanthà « vêtement' 
rapiécé » pourrait être fortuite .ÎLe sens de « vêtement 
rapiécé » de xévxpoov est tardif en grec et peut-être cal- 
qué sur le latin. Sur xévxptov ont été formés centrô , cen- 
irônàrius (Gloss.). 

centrum, -ï n. : centre ; emprunt au gr. xévxpov (de- 
puis Yitruve), dont proviennent les dérivés latins tech- 
niques centrâlis , centrâtus , centrôsus. M. L. 1815 ; irl. 
ùnteir, gall. cethr. 

eentum (indéclinable) : cent. Ancien substantif neutre 
devenu invariable, comme mille. Par suite, le nom qui 
accompagne eentum est traité comme avec les noms de 
nombre précédents, en apposition, non au génitif. Les 
composés multiplicatifs de eentum sont, comme en grec, 
des adjectifs déclinables : ducentî , quingentî, etc. (sur la 


phonétique de ccs formes, voir Sommer, Hdb , 2 , p. 470) ; 
le pluriel neutre ducentum dans eentum ac ducentum... 
milia, Lucil. 1051, est peut-être le correspondant du 
collectif skr. dvi-çatam, mais plus probablement une 
création analogique d’après eentum. Attesté de tout 
temps. Panroman, sauf roumain. M. L. 1816. 

Dérivés :î centënï , -ae, -a, distributif, d’où centënum : 
seigle, « qui rend cent pour un », M. L. 1811, et André 
s. u.; centësimus, centième, d’où ducentësimus, etc., 
d’après uïcësimus, etc., comme ducënï d’après uicënï ; 
de ducënï dérive ducënârius a qui vaut 200 sesterces » et 
qui, sous l’Empire, a désigné des catégories spéciales 
de soldats et de fonctionnaires (aux appointements 
de 200.000 sesterces) ; cf. aussi ducëna , -nâria ; cen- 
tië(n)s : cent fois ; centënàrius : « qui eentum (centë- 
nâs) partës habet » ; d’où à basse époque « cente- 
naire », èxaTovTaérqç, et synonyme de centuriô (cf. 
centena : centenarii dignitas ), M. L. 1810 a ; centussis 
m. : « eentum assës » (cf. decussis). 

La forme, fléchie dans les neutres skr. çatâm , v. si. 
süto et dans lit. siihtas, est devenue invariable en latin 
comme dans irl. cét (cf. gall. cant), got. hund, gr. ê-xaxov, 
d’après le modèle des noms de nombre de « cinq » à 
« dix ». A en juger par le caractère continu de l’aire du 
type invariable, le fait doit être ancien en Occident ; 
l’ancien duel uïgintï et les anciens « pluriels neutres » 
tels que trïgintâ , etc., sont aussi fixés sous la forme de 
nominatif-accusatif, de même que les correspondants 
grecs. 

centuria f. (cf. decuria) : Yarr., L. L. 5, 88, centùria, 
qui sub uno centurione sunt, quorum centenarius iustus 
numerus. Désigne d’abord un groupe de cent cavaliers 
d’après T.-L. 1, 13, 8, eodem tempore [a Romulo j et cen - 
turiae très equitum conscriptae sunt, Ramnenses ab Ro- 
mulo, ab T. Tatio Titienses appellati , Lucerum nominis 
et originis causa incerta est ; puis une division de citoyens 
qu’on attribue à Servius Tullius, cf. T.-L. 4, 4, 2, cënsus 
in ciuitate et discriptio centuriarum classiumque non erat , 
a Ser. Tullio facta est. Gette division est peut-être d’ori- 
gine étrusque d’après Festus 358, 21, rituales nominan- 
tur Etruscorum libri in quibus perscriptum est . . . quomodo 
tribus, curiae , centuriae distribuante. Gf. centuria prae- 
rogàtïua, etc. La centurie comprend théoriquement cent 
hommes, et peut-être ce chiffre était-il fixe à l’origine ; 
mais il a varié, tant à l’armée qu’à la ville, et centuria 
n’a plus. ou avec eentum qu’un rapport étymologique, e. 
g. Caes., B. G. 3, 91, 3, eum elecii milites circiter CXX uo- 
luntarii eiusdem centuriae prosecuti sunt. La centurie, 
qui désignait d’abord, semble-t-il, une division de cava- 
lerie, a désigné ensuite une division de fantassins, tan- 
dis que turma était réservé à la cavalerie (Végèce, Mil. 2, 
14 ; v. Thés. III 831, 48) ; cf. l’évolution de sens de clas- 
sis. Un autre sens de centuria est : surface de 200 ar- 
pents. Explication peu vraisemblable dans Varr., L. 
L. 5, 35, centuria primum a cenium iugeribus dicta est, 
post duplicata retinuit nomen, la centurie valant 200 ar- 
pents au minimum. Étymologie plus plausible dans Sic. 
Flacc., Grom., p. 153, 26, centuriis... uocabulum datum 
ex eo : cum antiqui Romanorum agrum ex hoste caplum 
uictori populo per bina iugera partiti sunt, centenis homi- 
nibus ducentena iugera dederunt , et ex hoc facto centuria 
iusie appellata est ; cf. P. F. 47, 1, centuriatus ager in 
ducena iugera definitus, quia Romulus centenis ciuibus 


cëpa 


— 114 — 


Amena iugera tribuit. Du reste, la surface de la centurie 

est variable, cf. Sic. Flacc., Grom. 159, 9. 

Dérivés : centuriô ; doublet populaire ancien (fa.it 
sur patrônus?) centuriônus, d’après P- F. 43, 10, qui 
cite aussi cüriônus et decuriônus , epolônus (irl. cetur)\ 
centuriâlis ; centuriâtus (d’où centuriô , -as) ; centuriônà- 
tus, -üs (et. centuriâtus) ; centuriônicus ; succenturw , -âs. 
La formation de centuria et de decuria (v. ce mot) est 
peu claire. 

Une formation ancienne est indiquée par v. si. suto- 
ricejo « cent fois », lit. simteriôpas « centuple », v. isl. hun- 
dari ,* v. h. a. huntari « centaine ». 

Le thème cento- sert de premier terme à des composés, 
dont beaucoup ont été fabriqués sur des modèles grecs : 
cenlarchus , M. L. 1810; centi-ceps (Hor. = èxocTOvxa- 
pavoç, -xéçaXoç) ; centimanus (= éxaToyyeip, Hor., Ov.) ; 
centi-folia (-lium ) , - grânium , -morbia, centuneruia , V. An- 
dré s . u. ; centinôdia (Marcell.) « herbe nouée », M. L. 
1811 a ; centipes, M. L. 1813 ; centipeda , -pedium ; centipel- 
liô, M.K 1812 ; centuplex , centuplicô , -ôs, et centuplusj 
cf.’ aussi les juxtaposés centu{m) pondium , centum uirï, 
d’où centumuir; centum capita. Pour ce thème, cf. skr. 
çata-, v. si. süto, got. kunda-, tandis que le grec a gé- 
néralisé èxfXTov- au premier terme des composés. 

cëpa (cœ-), -ae f., cëpe n. (usité seulement au nomi- 
natif-accusatif et à l’ablatif singulier) : oignon. Sur la 
différence avec üniô, v. Daremberg-Saglio I 2, 1149 , 
Isid. Or. 17, 10, 12 : caepa uocatur quia non aliud est 
n isi caput. — Ancien, usuel. M. L. 1817 ; B. W. civet. 
Passé en germ., ags. cipe, et en celt. : irl. cep, ciap, et 
v. h. a. zwibollo, britt. cibellyn. 

Dérivés : cëpàrius, M. L. 1818, d’où cëpària « tu- 
meur à l’aine » ; cëpïcius ; cëpïna : semence d oignon , 
cëpütius « cèpe longum » (Marc. Emp.) ; cëpïtis, -idis, 
et cêpolatïtis, nom d’une pierre précieuse ; cëpula, ce- 
puila ( cepolla , cipulla , cebulla cibula dans les Gloses, 
peut-être d’après cibus ), M. L. 1820 ; d’où cëpulânus ; 
caepëtum ; Caepiô. 

Sans doute emprunt, d’origine inconnue. Cf. xdma' 
crxopoSa, KepuvTjToci, Hcs. 

cëra, -ae f. : cire, objet de cire ; cërae, -arum (collec- 
tif) : tablettes de cire. Ancien, usuel. Panroman, M. L. 
1821. Celt. : irl. cèir , britt. cwyr ; ciric (de *cëriacum). 
Déjà rapproché du grec par Prise., GLK II 156, 6, in 
multis enim uidemus commutation terminationis généra 
quoque conuersa, ut... 6 xtj poç, haec cera. 

Dérivés : cëreus , M. L. 1829 ; cëreolus '. couleur de 
cire (cf. cëreola , , M. L. 1828, nom d’une prune) ; cërâ- 
tus, cërâtum ; d’où cërô , -âs ; cërârius , -a, -um et cërâ- 
rius , -ï ; cërôsus ; cërâmentum, -ï (?) ; cërôtüra. 

A côté de ces dérivés latins, nombreux emprunts 
grecs : cërinus , cëritis, cërôma, cërôtica , cërâtum, cërôtâ- 
rium, cërium. Composés, la plupart tardifs et apparte- 
nant à la langue de l’Église, souvent hybrides gréco- 
latins, ou grecs : cërejerâle, cëreofalum, -ï (Greg. T.) ; 
cërificô, - âs (Pline) ; cëriforus, cërofârium , cëroferârius , 
cërostatum’, cf. M. L. 1834-1835 ; cerôtum , M. L. 1835 a. 
Cf. aussi, dans la chancellerie du Bas -Empire, prîmicë- 
rius m. « officier dont le nom se trouvait le premier sur 
les tablettes de cire, chancelier, chambellan »; prïmi- 
cëriâtus (et prïmiscrinius). 


Cf. gr. x 7 ]poç « cire », d’or'gine inconnue. Si dor. xà P 6 ç 
était bien établi, cëra serait un emprunt à l’ionien-at- 
tique ; mais le passage au type en -a resterait à expü_ 
quer ; du reste la forme dorienne est douteuse. On ^ 
rapproché lit. korÿs « gâteau de miel » ; mais l’indo-euro- 
péen n’admet pas de formes radicales du type *kàr- ou 
kôr-. Le gr. xfjptvQoç « gâteau de miel » est de type 
« égéen ». Emprunt indépendant en grec et en latin? 

cerasus, -ï f. i cerisier, M. L. 1824; çerasium, -ï ^ 
(= xepàcriov, Marc. Emp. ; ceresium, Anthimus) : ce- 
rise ; cf. cerasea , ceresea, M. L. 1823. Panroman. Passé 
en germ. : v. h. a. kersa (ail. Kirsche) et en finnois. Celt. . 
gall. ceiros. Sur cerasum, v. Svennung, Unters. zu Pall M 
132 sqq. 

Dérivés : cerasârius (rare et tardif) ; cerasârium 
Gloss. : « cerisia », cf. GGL III 601, 34 : gumen : résina 
de cer(a)sario aut prunario ; cerasinus : couleur de ce- 
rise (Pétr.). 

Le cerisier, d’après Pline 15, 102, aurait été introduit 
en Italie par Lucullus : — i ante uictoriam Mühridati - 
cam L. Luculli non fuere in Italia, ad urbis annum 
DCLXXX. Is primum (in)uexit e Ppnto... mais il s’agit 
sans doute du cerisier cultivé, le cerisier sauvage (cf. 
cornus) existait déjà en Italie. Le mot est déjà dans 
Varr., R. R. 1, 39, 3. Gr. xépatjoç (xepaaoç) semblé lui- 
même emprunté à une langue asianique (v. André s. u.), 
mais est peut-être apparenté à cornus (v. ce mot). Les 
formes à e médian, attestées dans Anthimus et dans les 
Gloses et confirmées par les langues romanes et par les 
emprunts du slave et du germanique, montrent que cet 
emprunt tardif au grec a subi la même apophonie que 
castanea > castinea. Cf. M. L., EinfP, 153. 

cercëdula : v.querquëtula. 

cercëris : nom d’oiseau emprunté au gr. xepxrjpiç. 
Voir L. S. s. u., et Varr., L. L. 5, 79. 

cercolôpis : nom d’un singe qui a le bout de la queue 
poilu, P. F. 47, 23. Sans doute de *xepxoX<o7dç (cf. Xcoto)). 

-cerda, -ae : excrément, crotte. Figure comme second 
élément de composé dans muscerda, sucerda. M. L. 1825. 
Cf. sans doute gr. oxd>p, oxoctôç « excréments » avec le 
dér. ox copia et v. isl. skarn « fumier ». Influencé dans la 
forme par merda. 

cerdô, -ônis m. : ouvrier gagne-petit. Nom d’agent 
emprunté au gr. xépScov (attesté comme nom propre 
dans Hérondas), cf. Schol. Pers. 4, 51, per cerdonem pie - 
beiam turbam signifient. Ita populus dictas ànb toû xép- 
Souç, £. e. a lucro. Mot populaire (Novius ; Pétr., Sat. 
60, 8). 

cerea [céria), -ae f. : boisson espagnole d’après Pline 
22, 164, ex iisdem \leguminibus\ fiunt èt potus zythum 
in Aegypto, caelia et cerea in Hispania , ceruesia et plura 
généra in Gallia aliisque prouinciis. 

cerebrum, -ï n. : cerveau en tant qu’organe, pu que 
siège de l’intelligence ou de la colère. Ancien, usuel. M. 
L. 1827. 

Dérivés : cerebrôsus (familier) : -i dicuntur ad insa- 

niam faciles, quibus fréquenter cerebrum moueatur , 

Non. 22, 7 ; cerebeüum, fréquent dans la langue de la 

cuisine, et au pluriel ; 'cf. « une cervelle de mouton, 


— 115 — 


cernô 


de veau » et non « un cerveau ». Cerebrum ne s’em- 
ploie pas dans ce sens. Inversement, c’est dans la 
langue vulgaire (Pétr. 76) que cerebellum s’emploie 
pour cerebrum. M. L. 1826; B. W. s. u. De là, cere- 
lellâre coiffe. 

Composés : excêrebrô , -âs : décerveler (Vulg., Tert.) ; 
c cildicerebrius (Pétr.) « à la tête chaude » : cf. ôridürius 
(Gloss.). 

La racine, dissyllabique, est attestée dans skr. çirah 
« tête », génitif-ablatif çïrsnâh ; la forme cerebrum est 
dérivée d’une forme à -r- attendue en face de la flexion 
en -n- du génitif-ablatif sanskrit cité plus haut ; en ger- 
manique, il y a un dérivé en -n- avec le même sens et le 
même vocalisme que lat. cerebrum : v. isl. hiarni, v. h. 
a . hirni « cerveau » (de *keros-n-iyo-). On ne peut déci- 
der si lat. cerebrum repose sur *keres-ro- ou sur *keros-ro-. 
Le grec aîatt. xàpa « tête » ; hom. xàp>pa « têtes, som- 
mets, citadelles », de *xapaova, comme on le voit par 
éol. xàpavvoç' xexpu<paXoç et par att. xapâvoüv « ache- 
v er »; et avec le dérivé en -r- : xapapôc’ xEçaX?), Hes. 
(de *xapa<jpâ) ; il y a partout le même vocalisme que 
dans skr. çirah parce que le vocalisme e a été réservé 
au groupe de xépaç (v. sous cornu ) ; autre vocalisme 
dans le dérivé ion. xopeng de *kor[9)-sâ (avec amuisse- 
ment de a normal après o). 

Pour d’autres mots, v. cernuus, ceruïx et cornu, ceruus. 

Cerës, -eris f. : y. cerus et creô, crëscô: 

cernô, -is, crêuï, crëtum (le parfait est rare et presque 
uniquement technique, avec le seul sens de « décider » ; 
le participe crëtus, rare aussi, n’a que le sens de «criblé »), 
cernere : 1° sens le plus concret « trier, passe* au crible » 
(et. crlbrum de même racine, excrëmentum « criblure », 
d’où « excréments ») ; Cat., Agr. 107, 1 , contundas quam 
minutissime, per cribrum cernas ; Pline 18, 115, con- 
servé encore en roman, cf. M. L. 1832, cernere, et 1833, 
cerniculum, et en celt. : bret. cern « trémie » ; cf. gr. xpi- 
veiv xàpuov te xal a^vaç II. E. 101, xpqivov « farine 
d’orge grossière » ; et d’une manière générale : 1° « dis- 
tinguer [par les sens ou par l’esprit] entre différents 
objets, discerner » et, par affaiblissement, « voir », Cic., 
Fam. 6, 3 , quem ego tam uideo animo quam ea quae oculis 
cernimus. Fournit dans ce sens à la poésie dactyiique 
un substitut commode de uidëre, mais seulement aux 
temps de l’infectum ; 2° choisir entre différentes solu- 
tions ou différents projets, d’où « décider », e. g. Vg., 
Ae. 12, 709, inter se coiisse uiros et cernere ferro (imita- 
tion d’Ennius), cf. Sén., Ep. 58, 3, cernere ferro, quod 
nunc decernere dicimus : simplicis illius uei bi usus amis- 
sus est. Sens archaïque conservé dans la langue, du droit, 
Varr., L. L. 7, 98, creui ualet constitui : itaque heres cum 
constituit se heredem esse, dicitur cernere , et cum id fecit, 
creuisse’, Cic., Leg. 3, 6, quodeumque senatus creuerit 
agunîo; 3, 8, quotcumque creuerit populusue iusserit tôt 
sunto. Cf. hereditatem cernere et crëtiô, -ônis (usité seule- 
ment dans la langue du droit. * Crëtus , - üs et *crëtôr 
n’existent pas). La langue classique, dans ce cas, dira 
plutôt dëcernô , d’aspect « déterminé ». 

Dérivés en cern- : cerniculum (Gloss.), -cülàtor (id.), 
cf. incerniculum ', cernentia, -ae f. (Mart. Cap ). 
Composés de cernô : 

dëcernô : décider de, décréter, voter ; dëcrëtum : déci- 
sion, décret, M. L. 2507 a ; irl. decredach ; en philosophie. 


traduit le gr. Soypa, cf. Cic., Ac. 2, 27 ; et dëcrëtâlis, dë- 
crëtôrius ; 

dis-cernô (= Siaxplvoi) '.séparer [en triant], discerner ; 
discrïmen : 1° — est proprie quod separat aliquas res , 
asse (= axe) in medio posita, Schol. Gron. B., p. 327, 
14 St. ; désigne ainsi la « raie » dans la chevelure (cf. dis- 
criminôlis, -le) ; le « diaphragme » (= 8ià<ppayjjt.a, Cael. 
Aur.) et toute espèce d’intervalle ou de séparation ; de 
là, « signe distinctif, différence » et « dissentiment »; 
2° « fait de trancher un différend, jugement décisif » ; et 
« moment décisif et périlleux », cf. Cic., Phil. 7, 1, adducta 
est res in maximum periculum, et extremum paene discri- 
men. M. L. 2661. 

Dérivés : discrïminâlis, discrïminô avec toute sa 
famille ; discrïminôsus (rare et tardif) ; 
discerniculum : 1° épingle à cheveux des matrones 
romaines ; 2° distinction ; discrëtiô : séparation, distinc- 
tion et, à basse époque, « discrétion, discernement » 
(langue de l’Église, cf. discrëtus « qui sait discerner, dis- 
cret » dans Grég. le Gr.), M. L. 2660, et irl. deiscreide ; 
discrëtôrium = Siàqjpaypa (Cael. Aurel.) ; discrëtiuus 
(gramm.) : servant à distinguer, etc. ; indiscrëtus : non 
séparé, non distingué; indiscernable (Apulée dit aussi 
incrëtus) ; indiscrëtiô ( S*-Jér.) : manque de discernement ; 

excemô : 1° faire sortir en triant, cribler, vanner; 
2° évacuer (terme technique de la langue médicale, cf. 
Celse 5, 26, 17, inferiores partes uel semen uel urinam 
uel etiam stercus excernunt ; id. 4, 1, quae excreturi su - 
mus) ; d’où excrëmentum , M. L. 2966, 2989. 

incernô : passer au crible (Caton, Col., Vitr.), M. L. 
4349 ; incerniculum. 

sëcernô : mettre de côté ; d’où sëcrëtus : mis à l’écart, 
secret, et sëcrëtum. Irl. secreit. M. L. 718, *assëcrëtdre. 

A un composé non attesté *recernô se rapporte recrë- 
mentum : scorie, déchet, excrément. 

Concernô, qui apparaît à basse époque chez les écri- 
vains ecclésiastiques, semble formé sur concrëtus , ratta- 
ché faussement à cernô, parce qu’il semblait l’antithèse 
de discrëtus. Il a dû y avoir influence du gr. ouyxpivw, 
qui s’oppose à Siaxplvoi sur lequel il a été formé. 

A la racine de cernô se rattachent un certain nombre 
de formes en cer- ou en crï- : certus certô, cribrum , cri - 
men ; v. ccs mots. 

Une racine de forme *krei - « séparer », inconnue à 
l’indo-européen oriental, se trouve en grec, italique, cel- 
tique et germanique. 

Elle sert à indiquer l’idée de « cribler ». Toutefois, ce 
sens n’existe pas dans les formes verbales grecques, en 
grande partie influencées par le présent *xpiyycû (ion.- 
att. xpïvco, lesb. xplwûj), et n’apparaît guère dans les 
formes verbales latines : présent cernô de *crinô ; mais 
le celtique a gall. go-grynu « cribler », de *upo-kri-nô. 
Le sens de « cribler » a été réservé en latin au dénomi- 
natif de cribrum (v. ce mot). 

L’ancienne forme d’adjectif en *-to~ est celle que con- 
servent gr. xpiTtSç (avec xptmç) et lat. certus. La forme 
*krë-, qui est dans le perfectum crëui, a été transportée 
aussi dans crëtus ; elle figure également dans excrëmen- 
tum. Elle est d’origine obscure. Le mot grec, non ana- 
lysable, xp-qaepâ « bluteau » (avec la forme dialectale 
xpaapa* xéaxivov, Hes., où l’a de xpa- est sans doute un 
à issu de 7j) , ne l’éclaire pas. 


cernuus 


— 116 — 


Le sens juridique pris par la racine dans crîmen se 
retrouve en grec dans xpï{i.a, surtout fréquent dans la 
langue biblique, et xpfaiç. Le grec a, de plus, xprrijpiov 
« moyen de juger, tribunal » et xptrfjç « juge ». 

Sur le contact avec crëscô , v. Ernout, Philologica 
I, 83 sqq. 

cernuus, -a, -uni * qui penche la tete, in caput [ capite ] 
ruens disent les gloses. Semble s’être dit surtout du che- 
val cf. Serv., Ae. 10, 892, cernuus equus dicitur qui cadit 
in faciem , quasi in eam partent qua cernimus (étymologie 
populaire). Substantivé : cernuus , -ï m. : qui marche la 
tête en bas, équilibriste = gr. xuSum^p, qui J'appelle 
la glose d’Hés. xepavt^ai* xoXi>p.67jcrai, xu6urn)croa.T Cf. 
Thurneysen, Gôtt. Gel. Anz., 1907, p. 804. 

Dérivés : cernuô, âs ; cernulus , -a, -um (Aetna) ; cer- 
nulô , -âs (Sén.). 

Rare; archaïque, poétique et bas -latin. La langue 
classique dit prônus. Non roman. 

Dérivé du mot dont cerebrum est tiré. Si l’on part de 
*cers-n, il faut admettre qu’il y a eu un thème *ker-es-, 
comme on l’entrevoit à travers skr. cirah et av. sarô . 
Cf. aussi ceruix. 

cemuus, -ï m. : calciamenti genus, P. F. 48, 8; -i 
socci sunt sine solo, Isid., Or. 19, 34, 13. Un exemple 
douteux de Luciliüs 129. 

cerrïtus, -a, -um : furiôsus, laruâXus . Les Latins le font 
dériver de Cerës, e. g. Schol. Hor., S. 2, 3, 278, -i dicun - 
tur quasi a Cerere icti , qui Cereris ira percutiuntur. On 
trouve, du reste, dans les gloses cererôsus ; cf. gr. 
tp 6 Xtj 7 ttoç. Rare et familier, semble-t-il. Pour la forma- 
tion, cf. Prise., GLK II 139, 14, anitus , maritus , cerritus 
ab ano , mare , Cerere ; pour le sens, lymphâtus , laruâtus. 
Dialectal? Cf. osq. kerri « Cererï ». 

cerrus, -I f. : cerre, sorte de chêne. Rare et technique. 
Sans doute mot étranger. ÎM. L. 1838. 

Dérivés : cerreus, cerrïnus. 

certô, -âs, -âuî, -àtum, -âr© : itératif à valeur inten- 
sive de cernô , comme captô de capiô, et non dénominatif 
de certus , comme le disent les dictionnaires. Terme de 
droit : « chercher à obtenir une décision, débattre » ; cf. 
T.-L. 1, 2, 6, duumuiri perduellionem iudicent; si a 
duumuiris prouocarit, prouocatione certato; et l’expres- 
sion c. muliam « débattre une amende ». En passant dans 
la langue commune, a pris le sens plus général de « lut- 
ter pour obtenir une décision » et simplement « rivaliser, 
lutter, combattre », sens le plus fréquent, dans lequel le 
rapport avec cernô n’est plus sensible. Peu représenté 
dans les langues romanes. M. L. 1840. Celt. : gall. certhu. 
Dérivés : certâmen « débat, lutte au sujet de quelque 
chose » ; c. glôriae, uirtütis « combat, rivalité ». En- 
core en figura etymologica dans Plt., Ba. 399, nunc... 
specimen specitur , nunc certâmen cernitur | sisne neene 
ut esse oportet. Sur ce mot, v. M. Leumann, Gnomon 
13, 31 ; ceriâXiô (ancien, classique), certàtor, certâtus, 
-ûs m. (rares, latin impérial), certàtim (ancien, usuel), 
certâbundus (Apul.). 

Composés : con-, dë- certô et leurs dérivés ; tous deux 
usuels et classiques; supercertô {- certor ), Vulg. tradui- 
sant è7corfCùvtÇop.ai. 

Y. cernô. 


certus, -a, -um : décidé, fixé ; e. g. certumst mihi e t 
au sens actif, « qui a décidé de, décidé à » ; cf. Vg. } J 
563, dirumque nef as in pectore uersat , | certa mori ; 
nov. 1, 291, certus eras numquam, nisi uictor, Drus e 
reuerti ; d’où « déterminé, certain, non douteux » ( Cef / 
tum habëre , et par là, appliqué aux hommes, « sûr, Sü J, 
qui l’on peut compter, fidèle » ; enfin, seul ou avec ali. 
quis, « certain » (dans le sens indéterminé que nous d 0n . 
nons à l’adjectif) : certus numerus « un certain nombre» 
c’est-à-dire un nombre fixe, mais non autrement précisé’ 
.Dérivés et composés : certô, certë adv.,.ce dernier 
avec un sens restrictif, comme le français « sûrement » • 
certitâs (Gl.) ; certitüdô (tardif et rare) ; certificô , 
(latin chrétien). 

incertus , -a, -um « incertain » ; incertô, -âs (archaïque) • 
incertitude (Greg. M.). 

Certus s’emploie au comparatif dans certiôrem facert 
« informer quelqu’un » ; de là le latin juridique a tiré 
certwrô , -âs. 

Ancien, usité de tout temps ; panroman. M. L. 1841 
et 1840 *certânus ; B. W. certain. Celt. : irl. cert « droit », 
britt. certh, bret. cerz ; de incertus , irl. ingeert (mot sa’ 
vant). 

Certus est proprement l’ancien adjectif en -to- de cernô 
(v. ce mot) ; mais il s’est détaché du verbe au cours de 
l’évolution du latin et forme un groupe à part, comme 
certô. 

eeruësia ( ceruisia , cereuisia , ceruësa , ceruisa dans Àn- 
thimus, 15), -ae f. : cervoise. Mot gaulois, attesté depuis 
Pline. M. L. 1830. 

ceruisca, -ae f. : nom d’une poire (Cloatius ap. Macr., 
Sat. 3, 19, 6). De ceruus? Cf. asinusca, marisca , etc. 

ceruix, -îcis f. (commun d’après Prise., GLK II, 169, 
9, uetustissimi in multis... inueniuntur confudisse gé- 
néra... ut hic et haec ceruix). Les grammairiens enseignent 
que le mot doit s’employer au pluriel ceruïcës (cf. c. se- 
curi subicere ) ; toutefois, le singulier est fréquent et se 
trouve déjà dans Enn., A. 472, oscitat in campis capul 
a ceruice reuolsum, et Pacuvius, Trag. 3, quadrupes... 
ceruice anguina : nuque, posteriôra collï ; cf. CGL V 177, 
27, uocata , quod per eam partem cerebrum ad medullam 
spinae derigatur, quasi cerebri uia. Puis « cou ». Par mé- 
tonymie, la nuque étant la partie du corps sur laquelle 
on porte les fardeaux, le mot, dans la langue de l’Église, 
traduit TpàxijXoç ; durae ceruicis, axXï]poTpàxT]Xoç, avec le 
sens de « confiance en sa force, audace, orgueil » ; de là, 
ceruiùôsus, - côsiiâs , ceruïcâtus. — Ancien, usuel. M. L. 
1848. 

Autres dérivés et composés : ceruîcula , M. L. 1846; 
ceruicâle [ceruîcal) n. : oreiller, coussin, M. L. 1845 ; irl. 
cérchaill ; incuruiceruicus (Pac.) ; excerulcô, M. L. 2967; 
-câtiô (tardifs). 

L’étymologie de Bréal *cer{s) -uic- « qui lie la tête », 
cf . uinciô , est plus ingénieuse que vraisemblable. Ceruix 
rentre dans la catégorie des noms de parties du corps 
en -îx (coxendïx, etc.), v. Ernout, Philologica I, p- 153, 
et présente un élargissement en u (p) du thème de cere- 
brum; cf. ceruus : *keru-ïk-s. Cf. fornus et fornîx. 

Ceras ; in Carminé Saliari Cerus manus intéllegitar 
creator bonus , P. F. 109, 7 ; cf. Yarr., L. L. 7, 26, C. duo- 
nus. Apparenté vraisemblablement à Cerës , - ëris , sans 


J 


117 — 


chaos 


te ancien neutre, personnifié et divinisé, comme Ve- 
t *° U aU i désigne proprement « la Croissance », puis « la 
nV,s ' e qui fait naître les moissons ». Probus, Vg. G. 1, 7, 
j rerrl a creando dictam. A Cerus compagnon mâle de 
p~s comme Tellürus de Tellüs, correspond oir.br. 
r fi serfe « Cerrô » dat., de *Keres-o ; à Cerës, . osq. 

rr i’ « Cererï », de *Ker[e)s-ë- ; et Cerus doit être une 
^ uûie ancienne pour Cerrus, de *Kerso-s ; cf. Buck, 
ni] Gr., § 115, 2. L’os que et l’ombrien ont aussi un 
j. dérivé *kerrios « cerrius, cereâlis ». V. creô, crëscô , 
^Jrénsis ; peut-être procërus. 


cërussa ( cërusa ), -a© f. : céruse ; fard. Attesté depuis 
Plaute. M. L- 1942. Dérivé : cërussâtus. 

L’explication par un grec hypothétique *ya]p6eaaa. (de 
ooç « cire ») est sans fondement. Le grec dit ^Lp.ûÔtov 
dans ce sens. Sans doute mot d’emprunt. 


ceruus, -î m. : cerf. Ancien, usuel. Panroman. M. L. 
1850. Sur ceruus a été fait cerua : biche. — Le pluriel 
ceruï, dans la langue militaire, désigne, en outre, des 
branches d’arbre, ressemblant à des cornes de cerf, qu’on 
plantait en terre pour arrêter la marche des cavaliers. 

Dérivés : ceruia (b. lat.) synonyme de cerua (cf. auus 
et auia) ; M. L. 1844 : v. fr. cierge, it. cerbia ; ceruulus ; 
ceruâlis,- e; ceruârius ( lupus ceruàrius , Pline), M. L. 
1843; ceruâius; ceruînus , M. L. 1847 ; ceruünus 
(Gloss.), M. L. 1849. 

Le nom indo-européen du « cerf » était *elen- (v. si. 
jelenï, arm. eln, gr. ëXocçoç, gall. elain{t) « biche »). Mais 
le nom de la bête de chasse est souvent frappé d’inter- 
dit, d’où la substitution d’une épithète telle que 
« cornu » ; cf., en grec, ëXaq>ov xepaév P 24. Le vieux prus- 
sien a ragingis « cerf », de ragis « corne ». Le procédé date 
de l’indo-européen ; car on retrouve, en celtique, gall. 
carw ; en germanique, v. isL hiortr, v. angl. heorot , v. h. 
a. hiruz au sens de ceruus ; en baltique, v. pruss. sirwis 
« chevreuil ». La forme élargie par - u -, à côté du groupe 
de cerebrum , se retrouve dans gr. xopu-97] et, au sens de 
* corne », dans hitt, karawar , av. sr[u)ça, irl. crû « sabot » 
(d’animal) ; cf. aussi coruus. 

V. cornu, cerebrum, ceruix. 


cessé, -âs, -are : cf. cëdô. 


-cessé, =is, -lui, -ïtnm, -er© : n’existe qu’en compo- 
sition dans ar-cessô (?}, in-cessô. Désidératif, qu’il faut 
sans doute rattacher à cëdô «. s’avancer ». 


cëteras, -a, -um : qui reste, restant ; au pluriel, cëteri, 
-ae, -a « tous les autres, ceux qui restent ». Diffère peu 
dans l’usage de reliquus, e. g. Cic., Rep. 6, 17, qui globus 
reliquos omnis complectitur , summus ipse deus arcens et 
continens ceîeros; toutefois semble plus compréhensif, 
cf. Cic., Verr. 5, 87, erant perpauci rèliqui , ceteri dimissi. 
— Cëteri désigne un ensemble, par opposition à aliï : 
Sali., lu. 74, 1 , ceteri formidine, pars ad Romanos , alii 
ad regem Bocchum profugerant ; aussi est-il souvent joint 
à omnës, cunctî. Le neutre s’emploie adverbialement : 
cëterum, cetera « du reste » et, depuis Salluste, surtout 
dans Tite-Live, «.mais » (cf., pour le sens, gr. dcXXà, vaXXa, 
fà Xoimx), (dë)cëterô, cêterôqui(n). — Ancien, usuel et 
classique. Non roman. 

Comprend, évidemment, le mot qui se retrouve en 
ombrien, avèc le sens de « aller » : etru « alterô », etram 


« alteram », etraf « altéras », etc., en face de lat. alter 
et de osq. ait tram, etc. ; c’est le dérivé en *-tero-, *-tro- 
des thèmes du démonstratif indo-européen *e- et *i- ; 
il se retrouve dans v. si. jeterü « quelqu’un » (où le sens 
propre du suffixe marquant opposition de deux est 
perdu) et av. atâra-. 

D’autre part, il existait de ce même démonstratif à 
deux thèmes un dérivé *itero-, que le latin conserve 
dans iterum (v. ce mot). Il se trouve ainsi que cëterum 
et iterum appartiennent à lin même groupe de mots 
indo-européen. Le sens de « opposition de deux » est net 
dans cëterum , cëteri , qui marque opposition d’un groupe 
à un autre. — Sur la particule qui en latin précède 
*etero-, on ne peut faire que des hypothèses inconsis- 
tantes ; cf. ceu. 

cëtus, -ï m. : 1° cétacé, thon ; 2° la Baleine (constel- 
lation) . Emprunt latinisé au gr. to x^toç ; assimilé aux 
thèmes en - 0 -, il a pris le genre masculin ou animé (cf. 
fücus = to cpüxoç) . Ancien (Plt.). Vg. transcrit la forme 
grecque, Ae. 5, 822, immânia cëtë. 

Dérivés latins : cëtârius , -a, -um et cëtàrius m., cëtà- 

rium n. ; cf. cëtàriae tabernae : tavernes de pêcheurs 

de thons, déformé par l’étymologie populaire en crë- 

tàriae tabernae; cëtôsus (Avien.). 

©eu : particule marquant la comparaison, qui s’em- 
ploie seule ou en corrélation avec ita, sic, etc. Archaïque ; 
attestée en poésie depuis Ennius, n’apparaît dans la 
prose qu’à partir de Sénèque, et, du reste, rarement. 
Synonymes : quâliter, quasi, ut, sïeut. 

Ainsi que l’a vu L. Havet, Mél. Renier (1866), p. 370 
et suiv., semble fait sur ce- (cf. cëteri?), comme skr. iva 
« de même » l’est sur i- (v. is, ita). Le *we qui est ici 
peut être le même que celui qu’on retrouve dans ue 
« ou » (v. ce mot). Pour la forme, cf. neu, seu de *nei-ue, 
nëue , sïue. 

©eua 3 -a© f. : mot étranger (vénète?) désignant la 
vache. Certains lisent ceuanas dans le seul passage de 
Columelle (6, 24, 5) où le mot figure ; cf. Thés. s. u. 

cëueô, -ës 5 eëuîj eëuëre {cëuô, -is attesté par Probus, 
GLK IV 37, 8 ; cf. fulgeô/fulgô, etc.) : -re est clunes 
mouere, ut in canibus uidere est , qui clunes agitando blan- 
diuntur. Vulgaire, et souvent employé dans un sens 
obscène, à côté de cris[s)ô ; cf. Mussehl, Hermes 54 (1919) 
387 sqq. — - De là cëuentinàbiliter , CIL IV 4126 et 5406, 
et sans doute cëuulus (Gloss.). — Mot ancien, quoique 
attesté seulement à l’époque impériale (Inscr., Sati- 
riques). 

L’absence de i rend invraisemblable un rapport avec 
le groupe de cieô. Ce qui se combine le mieux avec le 
causatif çëueô, c’est le groupe de v. si. po-kyvati « xiveïv, 
aaXeôeiv » et, de plus loin, got. skewjan « se mettre en 
mouvement » (racine *skeu-, qui comporte des élargis- 
sements divers ; v. Torp., Wortschalz d. germ. Sprachein- 
heit, p. 466 sqq.). 

chalô 3 -âa : v. calô. 

chaîna m. indécl. : loup cervier ; Pline 8, 70, Pompei 
Magni primum ludi ostenderunt chama, quem Galli ru- 
fium uocabant, effigie lupi, pardorum maculis. Mot étran- 
ger, africain? 

chaos, -I n. : chaos. Emprunt au gr. t b x^oç, gén. 



chara 


— 118 — 


yccouç ■ usité seulement au nominatif accusatif et à 
T ablatif. Depuis Varron ; poétique et langue de l’Eglise. 

chara n.? : plante étrangère mentionnée par César, B. 

C 3 48, 1, est etiam genus radicis inuentum , ... quod 
appellatur chara, quod admixtum lacté muUum leuabat 
inopiam. Ce serait la plante dite crambeîatarica. V. An- 
dré, Lex., s. u. 

characâtus, -a, -um : échalassé (Colum.). Emprunt 
latinisé au gr. x<*P a ^ X^P 0000 ^ * c ^- characias , transcrip- 
tion de x a P oaçiocç. M. L. 1862. 

c(h)aractër, -ëris m. : fer à marquer les bestiaux, 
d’où « empreinte, marque distinctive, caractère », etc. 
Emprunt au gr. yjxpoocxifp. Attesté depuis Varron, R. 
R. 3, 2, 17 ; répandu et latinisé sous l’Empire. Cf. le sui- 
vant. 

charaxô (ca-), -âs, -are (b. lat.) : 1° couper, inciser; 
2° graver, inscrire. Emprunté {tardivement, Prud., Ps.- 
Aug., Greg. M.) et dérivé de l’aor. gr.îxâpaÇou, cf. camp- 
sârejmalaxâre. M. L. 1863 b, charassâre . De là, caraxâ- 
iüra ; caraxâtiô (Orib.) ; incharaxâre (Apic.). Les verbes 
que le slave a empruntés au grec l’ont été, de même, 
pour la plupart, sous la forme de l’aoriste, thème qui, 
en effet, indique la notion verbale pure 'et simple. V. 
B. W. gercer. 

eharmidâtus et recharmidô : dénominatifs plaisants 
tirés par Plaute, Tri. 977, du nom propre Charmidës. 

c(h)arta, -ae f. : feuille de papier; et par suite 
feuille écrite, lettre, livre, registres publics, documents 
écrits », etc. Emprunt ancien et latinisé du gr. x<*p *njç 
(-tccç) ; devenu féminin, sous l’influence des autres 
thèmes en -a féminins; cf. coc[h)lea , etc. Le cartus de 
Lucilius 709 est une tentative isolée faite pour conser- 
ver le genre du nom grec. Cf. Charisius, GLK I 104, 
Varro ait uocabula ex Graeco sumpta , si suum genus non 
retineant , ex masculino. in femineum transire , et « a » lit- 
tera terminari , uelut... xdpvrçç charta . — Panroman. M. 
L. 1866. Irl. cairt ; germ. : v. h. a. kerz « mèche », kerze. 
« bougie ». 

Dérivés : chartâceus ; chartârius, - a , -um et chartà- 
rius , -ï m. = xapTOTcd>X7jç •« marchand de papier » et 
« archiviste » ; chartula : 1° petit papier ; 2° pièce offi- 
cielle, acte public; chartulârius , -a, -um, d’où chartu- 
lârius m., -ium n. 

chelïdonius, -a, -um : adjectif transcrit du gr. x^t- 
Sévioç : au féminin, -a désigne une pierre précieuse ou 
une plante, la chélidoine {lat. hirundinlna) ; au n. -um, 
un collyre. Depuis Pline. M. L. 1870. 

chllô, -(mis m. : aux grosses lèvres ; surnom en -ô, 
-ônis emprunté au gr. x e &<ov, cf. xépScav. Les grammai- 
riens le différencient de cïlô, cf. P. F. 38, 4, et Vel. 
Long., GLK YII 74, 14, àlium esse cilonem, alium chi- 
lonem... chïlones uero improbioribus labris homines, a 
Graeco -rrapà và x etXT l* Désignerait aussi un poisson 
d’après Char., GLK I 102, 1. 

Dérivé : chîlôsusA 

chïrurgia, -ae f. : emprunt au gr. xeipoupyta, comme 
chïrurgus, chirurgiens = x ei P 0U P Y^j xetpoupYixéç. 
Cic., Att. 4, 3, 3, qui l’oppose à diaeta. Usité surtout 
sous l’Empire. M. L. 1874 et 1875. 


choiera, -ae f. : bile et maladie provenant de l a bi] e 
choléra. Emprunt de la langue médicale au gr. 
d'abord savant (Celse, Pline, etc.) et passé dans 1^ 
langùe populaire sous la forme c[h)olera, -um, d’où c(h)o. 
lus, d’après ulcéra, uolnera ? M. L. 1879. 

chorda [corda), -ae f. : boyau, corde. Emprunt au 
gr. xop&6 ï usité d’abord dans le sens technique de « corde 
d’un instrument de musique » {Cic., Yarr., Lucr.), a été 
employé à basse époque comme synonyme de fùnis et 
est demeuré dans les langues romanes, M. L. 1881 ; et 
en celt. : irl. corda. Cf. aussi M. L. 71 a, *acc(h)ordâre', 
71 b, *acc[h)ordium ; 2656-2657, *disc(h)ordium, -diàre. 

Dérivés et composés tardifs : c(h)ordula, c(h)ordifez. 
V. Ernout, Philologica II, p. 179-184, cor et c[h)orda 

chordus : v. cor dus. 

chorus, -î m. : chœur. Emprunt au gr. yoçbq, ancien 
(Naevius), latinisé. M. L. 1884, *choreola ; et v. fr. cuer ; 
irl. cor. 

chrïsma, -atis n. {et chrîsma, -ae f.) : onction. Em- 
prunt fait par la langue de l’Église au gr. xp^a ; d’où 
chrismô, -âs i chrismâlis, etc., tous tardifs. M. L. 1887, 
chrïsma. 

ehristiânus, -a, -um : adjectif latinisé dérivé de 
Christus (= XpiaToç) « chrétien »,î demeuré dans les 
langues romanes, cf . M. L. 1888 ; et en celt. : britt. 
Christ , cristawn. De là, christiânüâs . De Christus ont 
été formés des composés : christicola, - colus , -fer, -ficus, 
etc.î 

chronicus, -a, -um : chronique. Adjectif emprunté 
par les langues techniques au gr. xpovixéç {cf. Gell. 17, 
21) ; substantivé : chronica, -ôrum n. pl. et chronica, 
- ae f. « chronique(s) », d’où chronicâlis (Greg. Tur.). 
Passé en irl. cronic ; formes romanes savantes. 

ciborium, -î n. : emprunt au gr. xi6«piov,fqui dési- 
gnait la gousse de la colocase ou fève d’Egypte et par 
extension un vase en forme de cette fleur, et plus tard, 
dans la langue de l’Église, une partie de l’autel sem- 
blable au tholos. Cf. Pline, HN 21, 87 ; Porphyr. Hor. 
Carm. 2, 7, 22, etc. — Sans rapport avec cibus. 

cibus, -ï m. : appellatur ex Graeco, quod illi peram, 
in qua ùibum recondunt, cibis < ’irri > {= xîonnv) appel 
lant, P. F. 37, 10. Si l’on admettait cette étymologie, le 
sens premier serait « sac à provisions », « provisions » 
{cf. Plt., Cas. 524, cum cibo suo quique facito ut ueniant; 
Cu. 319, ita cibi uaciuitate uenio lassis lactibus ?), et par 
suite « nourriture » ; au pluriel, cibï, -ôrum « vivres, ali- 
ments ». Mais la similitude entre cibus et xC6oç {Suidas 
xfooç ■ x(6dmov) peut être fortuite et x£6oç peut être la 
transcription du mot latin. Se dit de la nourriture des 
hommes et des bêtes. — Ancien, usuel. M. L. 1896. 

Dérivés : cibârius, -a, - um et sübst. n. ; ciborium , 
usité surtout au pluriel ; cibària , cf. M. L. 1895 ; cibo, 
-âs : nourrir, et cibor : se nourrir {langue impériale), 
M. L. 1894 et B. W. sous avoine ; cibàtus, -ûs ; cibâiiô. 
Sur *cibària « civière », v. Nencioni, Arch. Glott. ItaL, 
1941, p. 125-127. 

Il est difficile de rien fonder sur ombr. kebu « cibo? » 
T. E. IV, 23, où manque la palatalisation de k- initial 
et dont le sens est douteux. 


— 119 — 


cieô 


cicâda [cicâla Gloss.), -ae f. : cigale.. Attesté depuis 
jj oV ius. M. L. 1897. 

jfot expressif, comme grec téttiÇ, de la région médi- 
terranéenne ; cf. Çeiyocpcc * ô rém^ xapà 2t.87]Tociç, Hés.î 
Ç[ t cicüta. 

cicarô, -ônis m. : mot d’affection familier, pour dési- 
ne r un enfant ou un mignon (Pétr.). Formation popu- 
j a j r e en -ô, -ônis peut-être étrusque ; v. Ernout, Philo- 
îogica I, P- 42. Cf. Cicarus. 

cîeâtrïx, -îcis f. {gén. pl. en -um) : cicatrice {sens phy- 
s ique et moral). Attesté depuis Plaute. 

Dérivés : cicâtrlcâre, cicatricem inducere, P. F. 57, 
19 (latin impérial) ; cicâtrîcôsus, cicâtrïcula. 
étymologie inconnue. 

ciccum, -I n. : dicebant membranam tenuem quae est 
ÿ In malo Punico discrimen ; a quo etiam Plautus dicit 
(inc. fab. 2) : quod uolt densum , ciccum non interduo, 
Varr., L. L. 7, 91. L’abrégé de Festus explique le mot 
d’après Varron, membrana tenuis malorum punicorum , 
37, 12 ; le gloss, de Placide, GLK V 13, 23, par granum 
mali punici aut umbilicus lupini. S’emploie comme hï- 
lum, naucum. M. L. 1899. Origine inconnue. Le gr. xix- 
x6ç' 8iaxd>p7jCTiç d’Hésychius semble provenir du latin; 
y. Pisani, Paideia, 1951, p. 292. 

cicer, -eris n. {sans pluriel) : pois chiche. Attesté de- 
puis Plaute. M. L. 1900 ; B. W. sous chiche. 

Dérivés : cicera f. (Colum.) : gesse (plante), M. L. 

1901 ; cicerula (- cula , -culum) : gesse cultivée, M. L. 

1902 ; cicerârius (Gloss.) = êpe6iv0oxwX7]ç ; Cicerô, -ônis 
m., comme Caepiô, Fabius, Lentulus (toutefois peut 
être étrusque), M. L. 1903. Passé en germ. : v. h. a. 
kichurra , ail. Ficher . 

Le mot latin rappelle, d’une part, v. pruss. keckers 
t pois », de l’autre arm. sisern « pois chiche », dont les 
gutturales ne concordent pas entre elles. Il peut s’agir 
d’emprunts ; le mot a voyagé comme le légume lui-même 
dont l’origine est inconnue. 

cicilindram (coci-), cicimalindrum, -I n. : noms de 
condiments imaginaires, dans Plt., Ps. 831 et 835. Cf. 
gr. xbu > lat. cici (Pline). 

cicindëla ( cicendula , - dëlum , - dïle ), -a© f. : 1° ver lui- 
sant ; genus muscarum quod noctu lucet, uidelicet a can - 
delà..., P. F. 37, 17. Forme à redoublement en i, an- 
cienne, bien qu’attestée seulement dans les textes de- 
puis Pline, qui attribue le mot aux rustici, 18, 250; 
2° cierge, chandelle (langue de l’Église), comme candëla. 
M. L. 1904. 

V. cand-. Terme de type « populaire » ; cf. scintilla. 

cicirbita, -ae f. : nom de plante dans Dioscoride, cor- 
respondant à aôyxoç « laiteron » ou à oipiç « sorte de 
chicorée ». Pour le redoublement et la forme, cf. cucur- 
bùa, etc. Ital. cicerbita, v. André s. u. 

cîcirrus, -î m. : coq. Cognomen ou nom commun? 
Mot osque ; v. Hor., Sat. 1, 5, 52, et P. Lejay, ad 1. Cf. 
wcurru. 

CÎCÔnia ( cicônea ; cônea prénestin, cf. Plt., Tru. 691), 
*ae f. : cigogne. Ancien. M. L. 1906 et 1907, *cicôniola. 
Dérivés : cicônïnus ; subst. : cicônîna (Mul. Chir.). 


Peut-être faut-il y rattacher cicônium : ferola (= fe- 
rüla), nom de plante qu’on lit dans- les Gloses. 

Mot à redoublement de même formation que cicâda ; 
le cônea de Préneste est à cicônia comme curbita , ail. 
Kürbis, à cucurbita ; cf. M. Niedermann, Festg. Kaegi, 
p. 80. On a rapproché le groupe de canô, cf. v. h. a. huon 
« coq » pour l’ô, mais la cigogne ne peut guère être « l’oi- 
seau qui chante ». L’origine étrusque proposée par Thur- 
neysen (Thés.) et reprise par M. Runes, Latomus, IV, 
1940-1945, p. 23, n’est pas démontrée. Mot « méditer- 
ranéen » à redoublement comme cicâda (Niedermann)? 

eicuma : auis noctua , P. F. 35, 3. Non autrement at- 
testé ; à rapprocher peut-être de gr. xixutdç et x£xup.oç... 
yXocuxéç, Hésychius. Même redoublement que dans cicô- 
nia, cicâda , cicindëla. La forme caecuma (Gloss.) a été 
influencée par caecus. Cf. cucubiô. 

cicur, -mis adj. : apprivoisé. Varr., L. L. 7, 91, quod 
enim a fero discretum, id dicitur cicur, et ideo dictum 
« cicur ingenium optineo », mansuetum. A quo Veturii 
quoque nobiles cognominati Cicurini. Substantif, désigne 
le porc domestique et, d’après l’abrégé de Festus, le 
produit du sanglier et de la truie : cicur ex apro et scrofa 
domestica, P. F. 30, 22. L’adjectif est classique, mais 
rare, sans doute archaïque. Aussi n’est-il plus attesté 
après Cicéron. 

Dérivé : cicurâre, qui a survécu dans le sud de l’Ita- 
lie, M. L. 1908; composé incicur; cf. P. F. 95, 23, 
incicor (1. -cur) : immansuetus et férus. Interdum cicur 
pro sapiente ponitur, ut idem Pacuuius (387) : consi- 
lium cicur. Cf. cicâtrix ? 

On rapproche skr. çakurah « apprivoisé » ; mais ce 
rapprochement, limité à deux langues, est peu probant. 
Le rapprochement du nom propre Cîcurïnus (Cicurinus, 
Kix<ûpîvoç) proposé par Varr., L. L. 7, 91, cognomen de 
la gens Veturia, se heurte à la différence de quantité des 
voyelles. 

cicüta, -a© f. : ciguë, xwvetov. Ancien, usuel?; sert 
aussi de cognomen. M. L. 1909 (ci- et cucûta) ; britt. 
cegid. Cf. cicâda, cicônia, cucumis , cicer ; en gr. xixopoc 
{-xépeta, etc.), l’égyptien xCxi, cici , etc. ; et aussi siser , 
etc. Pour la finale, cf. alüta ? Dérivés : cicûtâria, cicüti- 
cen (Sid.). 

cieô, -ës, eitum, ciër© ; ciô, cîs, cluï, cltum (dans 
accîtum), cire (pour la double forme, cf. tuor et tueor ; 
les formes de cieô sont évitées quand une voyelle suit 
l’e du thème : on ne rencontre pas cieô, cieam) : mettre 
en mouvement ; par suite : 1° faire venir à soi, appeler, 
invoquer ; ciere, nominare, P. F. 58, 11 ; terme de droit, 
T.-L. 10, 8, 10, qui patrem ciere posseni « citer en jus- 
tice » ; 2° exciter, provoquer, erctum cidre « provoquer à 
un partage de biens » ; cf. ercîscô , expression qui, n’étant 
plus comprise, a donné lieu à la fausse interprétation 
de Servius, Ae. 8, 642, « ercto non cito » i. e. patrimonio 
uel hereditate non diuisa ; nam citus diuisus signifient ; 
« pousser » ( gemitüs , uôcës, fiëtûs). Se dit généralement 
de tout ce qui entre en mouvement et en action, par 
rapport à ce qui est immobile et au repos. Ni citus, -üs, 
ni citiô, ni citor n’existent (mais imbricitor). 

Composés : accieô, -ës { acciô , -îs) : faire venir, appeler, 
cf. arcessô ; accïtus, -ûs : appel; accîta, M. L. 76. 

concieô : 1° faire venir ensemble, rassembler ; 2° agir 


cignus 


— 120 — 


violemment {ou tout d’un coup), exciter, soulever, pro- 
voquer ; concïtus : poussé ensemble ou avec force ; con- 
citor : excitateur. — Ne semble plus attesté après Tac. ; 
doublé et suppléé par concitô. 

excieô {-cio) : faire sortir, appeler hors de, exciter; 
cf. P. F. 70, 7, exciet, excutiet (antéclassique, et quelque- 
fois à l’époque impériale, sans doute par affectation d’ar- 
chaïsme) ; excïtus : agité. 

percieô (- ciô ), rare et archaïque : mettre en mouve- 
ment, ébranler, agiter fortement ; percïtus : poussé avec 
force. 

prôcieô : cf. P. F. 251, 22, procitant : prouocitant. Ci- 
tare enim ut uocitare , unde procet (1. procit) et prociet. 

Ciô , cïeô et leurs composés, rares à l’époque républi- 
caine et presque uniquement poétiques (Cicéron évite le 
mot dans ses discours et n’en a que de rares exemples 
dans ses traités), sont usités comme des archaïsmes et 
disparaissent assez vite de la latinité impériale. Dès le 
second siècle, ils ne sont plus que rarement attestés, et 
dans des emplois techniques. De bonne heure, ils ont 
tendu à être remplacés par le fréquentatif-intensif : 

cité , -âs et ses composés (voir le tableau comparatif 
des emplois de cieô/cilô , Thés. III 1199, 65 sqq.). A 
l’époque républicaine, usité dans la langue juridique et 
politique au sens de « convoquer (le Sénat), citer (en 
justice) » ; d’où « invoquer le témoignage de », et de là 
« citer, mentionner ». C’est surtout à l’époque impériale 
que le verbe a le sens étymologique de « mettre en mou- 
vement, exciter, provoquer » et, dans la langue rustique, 
« produire, pousser » (Colum., Pall.). Citatus est traité 
tantôt comme participe, e. g. Enn., A. 461, rex deinde 
citatus conuellit sese; Sén., Méd. 853, uoltus citatus ira 
riget ; tantôt comme adjectif, avec comparatif et super- 
latif, avec le sens de « rapide, vif » : T.-L. 27, 50, 1, 
citaliore quarn inde uenerat agmine. Dérivé : citâtiô (bas 
latin juridique et militaire) : proclamation, commande- 
ment. 

concitô : mouvoir ou exciter violemment ou rapide- 
ment (aspect déterminé) ; excitô : éveiller, appeler hors 
de, exciter, provoquer. Dans la langue de l’architecture, 
« élever » (faire sortir de terre) : turrîs , tumulum. S’em- 
ploie au sens physique comme au sens moral. M. L. 2970 
et 2515, *deexcitô; incitô : lancer en avant, M. L. 4356, 
4355 a ; percitô : exciter violemment (rare et archaïque) ; 
recitô : refaire l’appel des noms cités devant le tribunal, 
e. g. Cic., Verr. 5, 10, da , quaeso, scribae, recitet ex codice ; 
puis « lire à haute voix, réciter », M. L. 7123 ; suscitô , de 
*subs-citô : faire lever, élever, soulever, M. L. 8482. Se 
dit du malade, e. g. Hor., S. I 1, 83, medicum roget ut 
te | suscitet, et, par suite, des morts, dans la langue de 
l’Église : suscitâre mortuos , suscitâtus (S 4 Aug.) ; d’où 
resuscitô « redresser, faire revivre » (déjà dans Ovide au 
sens moral, comme recreô). Tous ces verbes ont des déri- 
vés en -tor et en -tiô. Le rapport étymologique avec 
cieô n’est plus sensible dans la plupart. 

De cieô le participe est citus « mis en mouvement », 
avec son contraire incitas « immobile, bloqué » conservé 
dans l’expression technique du jeu de dames ad incitas 
(scil. calcës , cf. Plt., Poe. 908, quin prius disperibit faxo 
quam unam calcem ciuerit) redigere « réduire à l’immobi- 
lité » (sens propre et figuré, cf. Isid., Or. 18, 67). Citus 
figure comme participe dans tous les composés de cieô 
(à côté de citas , dans incitas , avec in - marquant le 


mouvement) ; il est second terme de composé dans s ir 
citus (v. ce mot). Mais il est, comme altus , le pl Us l ' 
vent considéré comme adjectif au sens de « vif, rapîa 
et muni d’un comparatif et d’un superlatif. Cf. l’adverb* 
citô « vite » et, généralement accompagné d’une né 6 
tion, « facilement » (comme gr. Taxa) ; de là, citius , coin 
paratif équivalent à potius. M. L. 1954 (cito, citto , citiu 
Citus est classique, mais surtout usité en poésie. L’aJ 
verbe est, au contraire, fréquent dans la prose. 

La racine i.-e. *kei-/ki- fournissait sans doute p 
aoriste athématique dont le grec a une trace indirect 
dans l’aoriste thématique Ixiov. Les présents, faits se 
condairement, varient d’une langue à l’autre, ainsi grec 
xïvécû ; c’est ce qui fait que le latin a ciô et cieô côte à 
côte. Une forme à élargissement -u- joue un grand rôle ■ 
hom. ectouto « il s’est mis en mouvement » et creuto, ou 
avec infixé nasal, xïvup.at (xïvéco serait-il xïveFûj?) ; arrtl ’ 
eu « départ » et çogay « je suis allé » ; skr. çyâoate « y S q 
met en mouvement », vieux perse asiyavam « je me suis 
mis en marche », etc. 

cignus, -î m. : cigne, mesure valant huit scrupul es> 
Rare et très tardif. Emprunt? 

cilihantuin, -ï, et cilliba, -a© f. : table ronde ou qua- 
drangulaire; cf. Varr., L. L. 5, 121 et 118. Du gr. xiXXb 
ëaç, -àvToç. Mot populaire, qui semble appartenir à la 
langue des soldats (in castris dit Varr.). 

cilicium, -ï n. : étoffe grossière en poil de chèvre; 
cilice. Ainsi nommée parce qu’elle est originaire de Cüi- 
cie. Depuis Sisenna; usuel. M. L. 1912. 

Dérivés : cilicïnus, ciliciolum , ciliciàrius. 

CÏliô, -ônis m. (cf. caeliô) et cilium, -in.: touret ou 
burin. Doublet de caelum, attesté dans Isid., avec ï (?) t 
sans doute d’après incïlô , -are. 

©ilium, »ï n. rîpaupière (inférieure) ; cf. la distinction 
de MarcelL, Med. 8, 126, sub cilio et palpe brio, i. e. infra 
oculos ; le pluriel cilia est glosé ùtcô ma ; toutefois, on 
rencontre cilia avec le sens de « paupières » ; le sens de 
« cil » apparaît, par exemple, dans Chiron. 64, quodeunque 
iumentum in oculis trichiasim patietur , i. e., ut palpebra 
eius superiora ulterius cilia infestent. — Attesté depuis 
Pline. M. L. 1913. Rapproché de cëlâre par Isid., Or. 11, 
1, 42, -a sunt tegmina quibus cooperiuntur oculi , et dicta 
cilia quod celent oculos. 

Dérivés et composés : ciliâtus (Gloss.) = euoçpuç; 
inter cilium : entre-deux des sourcils (= gr. jxeuo- 
<ppuov) ; supercilium : sourcil (déjà dans Plt., usuel et 
classique, sens propre et figuré, comme ôtppuç, M. L. 
8459 ; superciliôsus (époque impériale) ; ciliumbris 
(= ôçpuooxioç, Boèce). 

De *k°liyo- ; pour la forme, cf. v. h. a. huila « enve- 
loppe » et gr. xoXTa ; pour la phonétique, cf. le type de 
milium , sine, similis. Y. la racine sous cëlô ; il est pos- 
sible que cilium soit tiré secondairement de supercilium. 
— En grec, on a xuXa * và Û7roxaT<ù tôov pXecpàpcov xoiXw- 
p.aTa, Hés. (confirmé par d’autres glossateurs), qui 
semble plus ancien, avec -uX- que justifie la parenté 
avec xaXuTCTGo. 

*eillô ( cilleô ?), -ere : le verbe ne figure que dans les 
grammairiens et les glossateurs ; cillere : mouere, pour 
expliquer oscillum , q. u. Gomme le même verbe est invo- 


— 121 — 


eirmabar 


a ué pour expliquer les diminutifs furcilta, axilla, on peut 
? e demander si ce n’est pas une création faite de toutes 
pièces. Cf. Funck, ALLG 4, 244, et Thés. s. u. L’exis- 
tence de *cillicâre, M. L. 1914, est des plus douteuses. 

cïlô, -ônis m, : cui frons est eminentior ac dextra sinis- 
tr aque uelut recisd uidetur , P. F. 38, 4. Diminutif : cïlun- 
. u lus, dans Ara. 3, 14. Surnom romain en ô, -ônis; cf. 
'Xîlô, capitô , etc., peut-être d’origine étrusque ; cf. Er- 
nout, Philologica I, p. 42. 

cïlôter, -trî m. : bourse, sac, musette. Emprunt au 
gr. xiYdTTjp, -Tjpoç avec changement de déclinaison ; d’ori- 
gine populaire (Novius, Itala). 

cïmex, -ieis m. : punaise. Déjà dans Liv. Andr. M. L. 
1915- 

Dérivés : cïmicia f. : coris (plante), cf. gr. xopiç 
x 6piov; cimicô, xopiÇco (Gloss.). Gf. M. L. 1916, cïmi- 

cetta. 

Mot populaire. Même suffixe que dans ôulex, pùlex ; 
Ernout, Philologica I, p. 141 sqq. 

Sans étymologie, comme la plupart des mots de ce 
genre. 

cîmussa (si-), -ae f. (Gloss.) : corde. M. L. 1917. 

Dérivés : cïmussô , âs (si-) : ceindre d’une corde, et 
ses dérivés ; cïmussâtor (si-) « aEipcoiTjç oivou r\ aXXou 
tcvôç ôypou », GGL II 431, 54 ; cimussâtiô. Mot non 
latin, d’origine inconnue. Les gloses ont, en outre, 
cimussâtor : <J>i[xt>6i<ro)ç, qui, si la leçon est correcte" 
est à rapprocher de (jxpéOiov, <jx(Au0icrd3ç. Mais peut- 
être faut-il lire cerussâtor , cf. Thés. s. u. 

cincinnus, -I m. : boucle de cheveux; vrille; cha- 
ton de noisetier. Sans doute emprunt au gr. xfxiwoç 
(avec anticipation de la nasale), qui lui- même doit être 
emprunté. Déjà dans Plaute. Rare, mais a subsisté dans 
la langue de l’Église. 

Dérivés : cincinnâtus : EU7rXôxap.oç (surnom ancien) ; 
cincinnàlis, -is f. : polytric (plante capillaire) et « che- 
veux de Vénus ». 

cingô, -is, cinxl, cinctum, cingere : ceindre ; d’où 
cingî « se ceindre » ; et, sens élargi, « entourer, envelop- 
per », etc. Sens technique « écorcer ». Ancien, usuel Pan- 
roman, M. L. 1924 et 1921, cinctum. 

Dérivés et composés : cingulum (et cingulus, cin- 
gula); cingillum ( cingellum ?, cf. cingella dans les 
gloses) : ceinture, ceinturon et « sangle », M. L. 1925 
1926, 1928; irl. cingall, britt. cengl; d’où *cingulâre, 

M. L. 1927, B. W. sangle et cingler II ; cinctus, -ûs 
m. : manière de se ceindre, cf. le cinctus Gabïnus (dé- 
fini par Serv., Ae. 7, 612) ; classis in procinctü « armée 
en tenue de combat ») ; puis « ceinture » (concret). 

D après Varron, cinctus est réservé aux hommes, cin- 
gulum aux femmes : cinctus et cingillum... alterum 
uim alterum mulieribus aUributum, L. L. 5, 114; et 
. F ‘ 55 > 13 > cingillo noua nupla praecingebatur, quod 
air in lecto soluebai, factum ex lana ouis... ; cinctüius ; 
cmctio (bas latin) ; cinctium (Gloss.) : mitre (et sëmi- 
cmctium ) ; cinctôrium (bas latin), M. L. 1920 ; cinctüra 
(rare, epoque impériale), M. L. 1922; B. W. cintrer. 
cmxiu s (cf. angô/anxius) : Cinxiae lunonis nomen 
erai Um < *. atur 171 uupliis, quod initio coniugii solutio 
CLn Suli, quo noua nupta era cincta , P. F. 55, 20. 


accmgô : attacher par une ceinture, d’où « armer 
equiper » ; accingor : se ceindre (de ses armes), s’armer’ 
se préparer à combattre. M; L. 724. 

circumcmgô; concingô : ceindre tout autour- dis- 
cingô : détacher la ceinture, relâcher, désarmer, et 
meme, à l’époque impériale, « réduire à néant ». Con- 
fondu avec distinguo. 

uicingo (surtout poétique et prose impériale) : ceindre, 
entourer. Tend à remplacer cingere; de là, incingulum ■ 
memeta « enceinte », qui a remplacé inciëns, grauida 
etc., M. L. 4351, 4352, B. W. s. u., est dû sans doute à 
une étymologie populaire ; cf. aussi Pline, 28 42 

praecingô : entourer, ceinturer; et praecinctils, -ûs m 
.. Vjocingô : archaïque et non attesté en dehors du par- 
ticipe ; de là, prôcinctus, -fis m. 

, recin Sô (poétique) : se ceindre (par derrière), opposé 
a praecingô. 

succmgô : attacher par dessous ; retrousser, relever ; 
ceindre, armer ( succingulum : balteum, P. F. 391, 3) • 
succmctus : retroussé, d’où « court- vêtu » et, par image’ 

« succinct, bref, court » (latin impérial). 

Aussi ombr. sihitu « cinctôs » et ansihitu « incinctôs ». 

On rapproche skr. kaheate « il lie » (mot de glossaire) 
kaneukah « cuirasse, camisole », kâneï « ceinture » lit’ 
kinkyti a atteler (une bête) », gr. 7roSo-xdx(x)7} « entrave 
de bois pour les pieds », le tout assez différent et suppo- 
sant une alternance k/g en fin de racine.ÎTerme tech- 
nique comportant des flottements. 

CÎûiflô : v. cinis . 

cinis (et accessoirement, à date tardive, ciner), -cris 
m. (et quelquefois féminin chez les poètes peut-être 
d apres xôviç, cf. Thés. III 1070, 8 sqq.) ; à basse époque 
apparaît un neutre cinus, -eris (d’après fünus?) d’où 
proviennent sans doute les formes de glossaires cendra, 
cmdra (cf. catâl. cendra, cf. Thés. III 1061, 56) : cendre 
en particulier « cendre des morts brûlés sur le bûcher »’ 
CL fauilla. Ancien, usuel. M. L. 1929. Pour la forme] 
cf. puluis , de sens voisin. Les formes romanes supposent 
1930 Un dérivé * cinisla ( cf - bas-latin cinissa), M. L. 

Dérivés et composés : cinisculus (un exemple de 
Prud.). Tous les autres dérivés sont en ciner- : cine - 
raceus : semblable à de la cendre; cinerârius : de 
cendre, subst. cinerârius m. : coiffeur (qui fait chauf- 
der son fer dans la cendre) et cinerâria ; cineràrium - 
caveau où l’on recueille les cendres; incinerârium • 
ciner escô, -is (bas latin) ; cinereus : cendré ; cinerîcius ■ 
réduit en cendres, M. L. 1923; cinerôsus; cinerulen- 
ius. Composes : cinefacius (d’après calefactus , etc.) et 
incmefactus ; ciniflô, -ônis m., même sens que cinerâ- 
rius Un exemple dans Hor., S. 1, 2, 98, où le scho- 
haste note : ciniflones ab eo quod in ciner em fiant ad 
calefaciendum ferrum , quos cinerarios appellant. 

. seu * ra PProchement connu est avec gr. xôviç « pous- 
sière », et encore le vocalisme ne concorde- t-il pas mieux 
que le sens;? on peut expliquer lat. cinis par *k°nis ■ 
pour le traitement i, cf. sine, cilium, etc. Les traces de 
ineme en -5- qu’on a cru trouver dans le groupe de gr 
xoviç ne prouvent rien. 

cmnabar (var. cinnibar) n. : sorte de coiffure des • 

/ e î‘r mariiqile; V - Isid * 19 ’ 23 ’ 7 ’ et Sofer, p. 19 et 
170, de ’ r Iannu-bar(d)s « barbe au menton ». 


cinuaharis 


122 - 


cinuaharis, -is f. [-ri n. Sol.) : cinabre. Transcription 
du gr. xivvàêapt, d’origine orientale, sans rapport visible 
avec le précédent. M. h. a. zinober. 

cinnamum, -ï n. (et cinnamus m., cinnama f.) : can- 
nelle. Emprunt au gr. xtvvapov (lui-même emprunté au 
sémitique), conservé dans certaines formes italiennes, 
M. L. 1931. 

cinilUS, “ï m. : apud ueteres cinnus potionis genus ex 
multis liquoribus confection dici solet , Non. 43, 17 ; Id. 
59, 29, cinnus est commixtio plurimorum ; unde et concin- 
nare dicitur. Malgré l’attribution du mot aux ueteres 
par Nonius, un seul exemple, du reste conjectural, dans 
Arnobe V, 25, où il est donné comme synonyme de 
xuxecov ; dans l’exemple de Cic., Or. 21, allégué par No- 
nius, les manuscrits de Cicéron ont uicinus et non ut cin- 
nus. Mot peut-être inventé pour expliquer concinnàre. 

cinnus, -ï m. [cinna, cinnis ) : clin d’œil ; Fulg., Serm. 
ant. 46, nictare dicimus cinnum facere. En dehors de cet 
exemple, ne figure que dans les gloses. Cinna usité 
comme cognômen ; dénominatif cinnô , -are, CGL V 277, 
24, cynnauil , innuit promisit , et 621, 39, nicto est quod 
rustice dicitur cenno. M. L. 1932, 1933. 

ciô : v. cieô. 

cippus, -ï m. : poteau, borne, et spécialement borne 
d’un tombeau, pierre funéraire. — Dans la langue mili- 
taire : pieu aiguisé enfoncé dans le sol destiné à arrêter 
la marche de l’ennemi. 

Dérivé : incippat : includit (Gl.)? 

Semble appartenir à la langue populaire ; Aulu-Gelle 
16, 7, 4 et 9, en reproche l’emploi à Labérius ; et César 
l’attribue à ses soldats, BG 7, 73, 4, quini erant ordines... 
quo qui intrauerant se ipsi acutissimis uallis induebant. 
Hos cippos appellabant . Par la. gémination du p, rentre- 
rait dans la catégorie des mots expressifs. Panroman. 
M. L. 1935; et germ. : v. h. a. chipfa ; celt. : irl. cepp, 
britt. cyff (fr. cèpe). 

Cf. scipiô? Mot. de type « populaire », technique, sus- 
pect d’être emprunté. 

CÎprus : Varr., L. L. 5, 159, Vicus Ciprius a cipro, 
quod ibi Sabini dues ad&ti consederunt , qui a bono omine 
id.appellarunt : nam ciprum Sabine bonum. Sans exemple 
dans les textes. Ombr. Cubrar , gén. sg. « Bonae »?iLe 
rattachement à cupiô ne s’impose pas. Cf. Yendryes, 
MSL 20, 271. 

cireius (cer-) ; circum, circâ, circô : v. le suivant. 

circus, -ï m. : sens premier « cercle », mais a été rem- 
placé dans cette acception par le diminutif circuius et a 
tendu à ne plus désigner que le « cirque » ; cf. Dub. 
Nom. V 573, 4, circos antiqui , nunc circulos dicendum ; 
le nom est resté attaché, aux bâtiments du cirque, même 
quand ceux-ci cessaient d’avoir la forme circulaire. A 
ce sens se rattache le dérivé drcënsis. M. L. 1948 ; B. W. 
cercle ; v. h. a. chirch , britt. cyrch. 

De circus « cercle » la langue a tiré divers adverbes 
et prépositions ; circum , circô (dans idcircô , d’après ideô), 
circâ, cir citer ; circumcircâ. Circum , accusatif de circus 
(cf. gr. xûxXw), est sans doute la forme la plus ancienne 
et s’emploie seulement au sens propre « en cercle, au- 
tour, autour de » ; circâ est formé sur le modèle des autres 


adverbes de lieu en -à : extra , intrâ , infra, suprâ. Ci r 
est la seule forme que connaissent Ennius, Plaute r? 1 
ton, Térence ; circâ n’apparaît qu’à partir de laLexjf' 
petund. (122 av. J.-C-), et l’usage ne s’en répand 
l’époque de Cicéron (4 exemples de circâ contre 33 / 
circum dans Cic. ; 1 exemple de circâ contre 20 de Cl > c 6 
dans César ; 6 exemples de circâ contre 97 de Cl > c ^ 
dans Vg.). Par contre, dans T.-L., les proportions sm 
renversées : 411 exemples de circâ contre 8 de cir CU} n . 
et. à l’époque impériale circâ prend l’avantage sur c £r’ 
cum ; cf. Thés. III 1079, 6 sqq. Circâ a développé le Sen 
figuré « autour de », c’est-à-dire « à propos de, relative 
ment à », comme gr. xepî, sens qui n’apparaît pas dan 
circum ; cf. quôcircâ et, en osque, amnud « circuitü » e j- 
« causa ». Circô n’existe que dans idcircô (déjà dans 
Plaute) ; circiter est formé sur le modèle de propter, obi 
ter. La forme à répétition circumcircâ appartient sur 
tout à la langue populaire, qui recherche les formes ex- 
pressives. De là, à basse époque, circumcircàre. Il y a 
aussi un adjectif circâneus : -a dicitur auis quae uolit ans 
circum facit, P. F. 37, 22, et circitôrius dans l’Itala 
Circâ a survécu dans les langues ibériques. M. L. 1937 
Circum sert de premier terme à de nombreux juxta- 
posés verbaux : circumagô, -dô, -dücô, -eô, - ferô , -scrîbô 
etc., dans lesquels il correspond au gr. xepi-. Beaucoup 
de ces juxtaposés ou de noms dérivés sont des calques 
du grec, par exemple circumcaesüra (Lcr.) = 7reptxo7t^ 
circumdücô = izepiâ. yca, circumferentia == xepKpepria, cir- 
cumflexus — 7repia7ccop.evoç, circu{m)itus = xeploSoç, Cic. 
Or. 204, xsplçpaaiç, Quint; 12, 10, 16 (cf. circumitiô), cir - 
cumlocütiô = Treptcppaaiç (cf. Quint. 8, 6, 61), circum- 
stantia = xeplcjTacHÇ, et aussi xepioxTl ; circumuagus, Hor. 
Epod. 16, 4L = Trepippooç, etc. Quelques-uns de ces 
verbes expriment une idée de ruse, d’hostilité, par 
exemple circumdücô, où le sens général « mener autour 1 
a amené à celui de « duper, tromper » (cf. circum -m 
-uenire, inter uortere) ; cf. Plt., Asin. 97, qua me, qua uxo- 
rem... potes, circumduce, aufer , et avec un complément 
à l’ablatif, Ba. 311, si me illo auro tanto circumduxerii] 
de là, circumductiô, Gap. 1031. L’image vient sans doute 
de la langue militaire « cerner, investir », cf. gr. 7ceptâyo). 
Dans circumscrïbô (uni à dëcipiô dans Oie., Acad. 2, 46), 
le sens premier est sans doute « enfermer dans les termes 
d’un contrat ou d’un raisonnement captieux », d’où cir- 
cumscriptiô ; cf. Sénèque le Père, Contr. exc. 6, 3, cir- 
cumscriptio semper crimensub specie legis inuoluit. Quod 
apparet in Ma legitimum est ; quod latet, insidiosum. Sem- 
per cir cumscriptio per ius ad iniuriam peruenit. 

A circus se rattachent encore circuius ( circlus ) : cercle 
et objet en forme de cercle (gâteau, plat) ; orbe d’un 
astre; réunion, assemblée (cf. corôna ), M. L. 1947 ; irl. 
cercol, siorcall, britt. cylch ; circellus : cerceau, M. L. 
1939 ; sorte de saucisse : c. îsiciâtus (Apicius 2, 60). 

Dérivés : circelliô : sorte de moine mendiant, mot de 
formation populaire, abréviation de circumcelliôï ; cir- 
culor, -âris (et circulô) : circuler, M. L. 1946; circula- 
tor, qui circumeundo artem exercet, uel qui homines cir- 
cum se colligil, « jongleur ambulant, charlatan » ; cir- 
culâris, bas latin ; circes, -itis m. (fait comme pedes, 
-itis) : Varr., L. L. 6, 8, magni dicebantur droites ani\ 
P. F. 37, 23, droites circuli ex acre facti. — - M. L. 1940. 
De circes dérivé sans doute circitô, -as « perturbé » 
(Sén., Epist. ad Luc. 90, 19), glosé xuxXeôoù, d’où cir- 


— 123 — 


citrus 


cüâtor (Gloss.). Conservé en roumain, M. L. 1943. De 
circâ - dreânea... auis, quae uolans circuitum facit , P. 
F. 37, 22. 

c l rc 5 } -âs (bas latin), dénominatif attesté à basse 
pnoque de circus, circum, doublet de circumeô, îet dé- 
féré dans toutes les langues romanes ; cf. M. L. 1938, 
g yF. sous chercher , où il a éliminé quaerere, et en gall. 


3 circitor « celui qui fait des rondes, veilleur de nuit » 
/nom donné aux esclaves chargés de la surveillance des 
aqueducs et à certains gradés de l’armée impériale) 
semble dérivé directement de circus (cf. portus ( portitor) 
plutôt qu’un doublet de circu(m)itor abrégé sous l’in- 
fluence de circus, malgré Vég., Mil. 3, 8, p. 85, 8, ido- 
n eos tribuni et probatissimos eligunt, qui circumeant uigi- 
lias et renuntient, si qua emerserit culpa, quos circumitores 
av j)eïlant, nunc militiae factus est gradus et circitores uo - 
Jnlur. M. L. 1944. 

circinus m. : compas, cercle. Attesté depuis César; 
circinô, -âs : former un cercle autour de, arrondir, M. 
L. 1942 et 1941 ; circinâtiô ( mot de Vitr.) et peut-être 
circen, -inis (lecture douteuse ; cf. Thés. s. u.), cf. « cerne » 
et « cerner ». It. cercine , irl. cercenn, gall. cyrchin. 

cireius m. : 1° vent du nord-ouest, mistral. Cf. Gelî. 2, 
22, 20, Galli... circium appellant a turbine, opinor, eius 
et uerligine. Désigne surtout un vent qui souffle dans la 
Gaule méridionale. Est-ce un terme des Grecs de cette 
région? Un doublet cercius est attribué à Caton par 
Aulu-Gelle 2,. 22, 23. 2° vertige, tournis (Gl.). Le mot 
est resté dans le domaine où il était employé en latin * 
cf. M. L, 1945. 

Le grec a à la fois xpixoç et xtpxoç « anneau ». Comme 
circus, ce sont des formes « populaires » à redoublement 
brisé et vocalisme i du groupe attesté par curuus et, 
avec élargissement, par v. si. krivü (v. sous curuus ). Il 
est toutefois probable que circus, comme gÿrus et tor nus, 
est un terme technique, emprunté du grec, plutôt qu’ap- 
parenté à xîpxoç, xpixoç. 

cîris, -is f. : oiseau de mer (attesté depuis le poème 
de ce nom). Du gr. xeîpiç ' Ôpveov iépaZ,, oi Sè àAxuova, 
Hes. Cf. le suivant. 

cirris, -idis f. : poisson de mer (dorade), de xipptç, 
cf. xtppoç <r jaune ». 

cirrus, -ï m. : touffe de cheveux ou de poils ; puis tout 
objet analogue : huppe, franges, etc. Depuis Varron. 

M. L. 1949. De là cirrâtus et cirrïtus ; cirritüdô (Gloss.)? 

Mot « populaire » sans étymologie. Le rapprochement 
du gr. xtxivvoç (v. M. Niedermann, Symbolae gr. Roz- 
wadowski, I, p. 109) est peu vraisemblable. 

cis : en deçà, en deçà de (s’oppose à uls , uliis et aussi 
à tràns). Rare (comme son opposé uls), tend à être rem- 
placé par l’ablatif de l’adjectif dérivé citer, citrâ, sur le 
modèle de ultra, intrâ ; est à peu près absent de la lati- 
nité impériale et ne subsiste que chez les historiens et 
les juristes, e. g. Pompon., Dig. 1, 2, 2, 31, Luiri cis 
Tiberim constituti sunt et uüis Tiberim , et dans quelques 
composés tels que cisalpinus et cistiber (reformé sur cis 
Tiberim). 

Dérivés du radical ci- : citer , -a, -um : qui est en 
deçà de ; rare et archaïque, remplacé par son compa- 
ratif citerior ; se dit surtout des lieux, quelquefois du 


temps. Superlatif citimus (cf. ultimus et v. h. a. hilu- 
mum, hitamun « premier »}, rare ; citrâ « en deçà de, 
sans aller jusqu’à, sans atteindre », d’où, à l’époque 
impériale, « en outre » et « sans » (cf. Wackernagel, 
Vorl. ü. Synt., II, 234 sqq.,îsur un développement de 
sens analogue dans irl. cen). Attesté depuis Cicéron. 
De là citrâ quam ; citrô : adverbe toujours joint à 
ultrô dans ultrô citrôque. 

5 Appartient au groupe de démonstratifs indiquant 
l’objet rapproché qui est représenté par ombr. çiue 
« citrâ », éimo, çimu « retrô »; got. hi- (par exemple 
himma daga « aujourd’hui »), gr. *ky- dans ion. crrjpu-- 
pov = att. TTQpepov « aujourd’hui » et ion. oTjxoç = att. 
xtjtoç « cette année-ci », lit. sis, v. si. sï, arm. s (radical 
du démonstratif de 1™ personne) ; got. hidre«&$e, hüc » 
rappelle citrâ pour la forme (cf. sous contra) ; hitt. kàs 
« hic ». 

V. cëdô et ceu. 

cisium, -ï [cissium) n. : chaise à deux roues, cabriolet 
gaulois. Depuis Cicéron. De là ; cisiàrius : voiturier ; 
cisiânusA Gaulois ; cf. Vendryes, MSL 19; 60. 

cîsôrium, -ï n. : instrument tranchant. Tardif (Vé- 
gèce). Doublet de *caesôrium d’après abs-cïdô, etc. 

cistâ, -ae f. : panier d’osier (-a üiminea) profond et 
cylindrique avec couvercle; cassette, coffre; corbeille 
mystique. M. L. 1950; germ. : v. isl. kista , etc., et de 
là finn. kistu « caisse » ; celt. : irl. ciste (et cess?), gall. 
cist, cest. Emprunté au gr. xfcrrq, mais a fourni dés déri- 
vés et des composés latins : cistàrius ; cistula (déjà dans 
Plt.) ; cistella, M. L. 1950 a, et cistellârius , cf. la pièce 
de Plaute Cistellària ; cistellâlrix ; cistellula, m. h. a. zis- 
terel « casque » ; cistifer. 

cisterna (cf., pour le suffixe, cauerna, taberna, nassi- 
terna) : citerne. M. L. 1951 ; cisternïnus. 

Il se peut que le mot soit venu à Rome par l’Étrurie. 
La ciste est un objet très fréquent chez les Étrusques ; 
le mot cisterna, par sa terminaison, rappelle les mots 
étrusques en -erna\ v. Ernout, Philologica I, p. 29 sqq. 
L’ombr. cisterno semble emprunté au latin. 

CÎteria, -ae f. : appellabatur effigies quaedam arguta et 
loquax ridiculi gratia, quae in pompa uehi solita sit, P. 

F. 52, 17, qui cite un exemple de Caton. Peut-être 
étrusque, comme petreià, de sens voisin, et Dossennus. 

Ce seraient des personnages figurant dans les proces- 
sions et les jeux venus d’Étrurie. 

eithara, -ae f. ; cithare. Emprunt savant au gr. xi- 
Oàpa. Une forme populaire ayant subi le traitement latin 
de la voyelle médiane est attestée dans l’App. Probi, 

23 : eithara non citera. Les représentants romans re- 
montent soit à la forme savante eithara : esp. guitarra 
« guitare », soit à citera : ital. cetera « lyre » ; M. L. 1953. 
C’est aussi citera que représente l’emprunt v. h. a. zitera, 
ail. mod. Zither. Cf. le cas de elephas (fr. olifant ), de 
adamas, castanca, etc. 

Dérivé : citharistria (cf. psaltria), dans Térence 
« joueuse de cithare ». 

Citô, citus, etc. : v. cieô. 
citocacia : v. cacô. 

Citrus, -ï f. : thuya, cédratier. M. L. 1957. 


citus 


— 124 — 


Dérivés : citrum n. : bois de thuya (déjà dans Ca- 
ton) ; citrium n. : 1° cédrat; 2° sorte de citrouille; 
*cüriolum , M. L. 1956. Cf. encore citreus ; ciirëtum ; 
citrôsus ; citrâgô , citreâgô : citronelle, mélisse. M. L. 
1955. 

Le même mot citrus a servi pour désigner deux arbres 
tout à fait différents : le « thuya » (qui se dit en gr. xé- 
Spoç aussi bien que Oufa) et le « cédratier » (cf. Pline 13, 
103). Citrus n’est pas emprunté directement au gr. xé- 
Spoç ; mais tous deux peuvent être des emprunts indé- 
pendants à une langue indo-européenne; et l’on peut 
penser aussi, à un intermédiaire étrusque. Les noms du 
cédrat et du cédratier en grec (xlvpov, xh-piov, xirpéa) 
semblent être, au contraire, des emprunts au latin ; cf. 
Fohalle, Mél. Yendryes, 166 sqq. 

citus : v. cieÔ, ciô . 

CÏuis, -is c. (ancien ceiuis ; abl. clul et due , acc. pl. 
cïuïs , ceiueis , cf. Thés. III 1220, 35 sqq., 45 sqq.) : 
membre libre d’une cité, à laquelle il appartient par 
son origine ou par adoption ; citoyen [citoyenne] libre, 
concitoyen [-ne]; cf. Plt,, Pe. 749, qui... commercaris 
ciuis homines liberos ; s’oppose à hostis , e. g. Plt., Tri. 
102, hostisne an ciuis comedis parui pendere, à socius, à 
peregrïnus. Ainsi le ciuis Rômânus s’oppose au socius 
Latinus. Ancien (Loi des XII Table!), usuel. 

Dérivé abstrait : cïuitâs : 1° condition de citoyen 
(cf. llbertâs , societâs ), e. g. Cic., P. red. in sen. 2, a 
parentibus nobis uita, patrimonium, libertas , ciuiias 
tradita est ; droit de cité; 2° ensemble des citoyens, 
Cic., Sext. 42, tum conuenticula hominum , quae postea 
ciuitates nominatae sunt ; tum domicilia coniuncta, quas 
urbes dicimus ; et, par suite, « siège d’un gouverne- 
-ment, cité, État », Cic., Off. 1, 25, administrare ciui- 
tatem ; et de là, avec passage au sens concret, syno- 
nyme de urbs par opposition à ager , Cic., Verr. 2, 121, 
non solum ex agris , uerum ex ciuitaiibus suis profugisse. 
Traduit ainsi 7roXtç et tcoXiteioc- Cïuitâs , dans le latin 
tardif, s’est ainsi substitué à urbs et à oppidum ; v. 
Lofstedt, Phil. Komm., p. 174. — Ancien, usuel; de- 
meuré avec le sens de «ville » dans les langues romanes. 
M. L. 1959 ; gall. ciwed, ciwdôd. 

Adjectifs : cïuicus (cf. hosîicus) : de citoyen, civique, 
civil ; M. L. 1958. Tend à être remplacé par cïuîlis (cf. 
hostllis) : même sens. Dans la langue du droit, s’oppose 
à mïlitàris ; en philosophie, traduit le gr. tcoXitlxoç, e. 
g. Cic., Fin. 4, 5, eum locum in philosophia , quem ciuilem 
recte appellaturi uidemur , Graeci 7 coXltix 6 v ; « social », 
et aussi « sociable », Cic., Fin. 5, 66, ut (hominis naturel 
habeat quiddam ingenitum quasi ciuile atque populare , 
quod Graeci 7 toXitix 6 v uocant. Joint à hümânus , iüstus , 
etc. De là : cluîliter et cïuïlitâs = t\ tcoXitixt) et, à basse 
époque, « affabilité, civilité » (joint à kümânitâs , comme 
cïuîlis à hümânus ) , avec les contraires incïuïlis, -litâs, 
- liter tous tardifs. 

Sans correspondant sûr en osco-ombrien, car ceus de 
3a table de Bantïa peut être emprunté au latin. Mais an- 
cien dans le vocabulaire du Nord-Ouest : cf. got. heiwa- 
frauja « oixoSecrcTOTqç », v. h. a. hlwo « mari », hïwa 
« épouse », pl. hi(w)un, hîwiski « familia » ; le germanique 
a, suivant son usage, un élargissement *-en~, et le latin 
un élargissement *-£-, peut-être d’après hostis , d’une ra- 
cine *kei- ; toutefois, l’anglo-saxon hïd, hïzid « famille » 


remonte peut-être à un ancien *kciwità- d’après Wa. 
kernagel, Gôtt. Nachr. 1914 (Akzentstudien II), 35 g 
bal tique et en slave, il y a une formation à -m- : v. p rilSs Q 
seimïns « familia », lit. seimà et seimyna « familia », y s j* 
sëmïja « familia ». Le rapport avec skr. çévah « aimab] 6 
est en l’air. — En latin, où le vocabulaire famili er * 
pris en partie un caractère officiel, cïuis a servi à désigné 
le « membre de la cité », comme hostis « étranger, hôte 
a désigné l’ennemi, et le dérivé cïuitâs a remplacé l 5 an 
cien nom du « peuple », du groupe formant unité p 0 jj' 
tique ; osq. touto , ombr. totam (acc. sg.), irl. tûath, g ot 
piuda , lit. tautà ; ce mot a disparu du latin (v. cep en * 
dant lotus). Cïuis faisait couple avec hostis. 

clacendix { claxendix ), -icis m. : genus conchae , p 
F. 40, 26 (lire calcendir?) . Origine, formation et sens 
obscurs. Attesté dans un fragment de Plaute (Vidul. î-n 
et dans les gloses. Cf. coxendix. 

clâdês, -is f. : destruction, désastre (généralement au 
sens passif, tandis que caedês a le sens actif ; toutefois 
quelques exceptions, surtout poétiques, cf. Thés. îlf 
1241, 53 sqq.). Pour la formation, cf. caedës , lâbês. An- 
cien ; fréquent dans la langue militaire ; dans la langue 
commune, synonyme énergique de calamitâs « fléau » 
Ni dérivés, ni composés. Non roman. 

Sans doute apparenté à -cellô 2 ; le sens premier serait 
« fait d’être abattu ». Sur un rapport possible avec 
clâuos , v. Cuny, MSL, 18, 430. 

clam, clanculum, clandestmus : cf. cëlô, -âs. 

clan lô, -âs, -âuï, -âtum, -are : pousser des cris ; crier 
(transitif et absolu) ; crier après, proclamer. Ancien, 
usuel. Panroman. M. L. 1961. 

Dérivés et composés : clàmor (arch. clâmôs d’après 
Quint. 1, 4, 14), ~ôris m. : cri, clameur, acclamation. 
A souvent un sens collectif. M. L. 1961 a ; et irl. clam- 
par, glam ; clâmôsus (postclassique, cf. fragôsus) : plein 
de cris ; clàmàtor : criard; clàmàtôrius ; clâmitô , -âs. 
Acclama = èm- ou rrpocffioôi : crier vers, pousser des 
cris en faveur de ou contre quelqu’un, acclamer; con- 
clâmô : crier ensemble, ou de toutes ses forces, se mettre 
à crier, en particulier c. mortuum « appeler une dernière 
fois le mort », d’où l’expression proverbiale iam concla- 
matum est « tout est fini » ; dëclâmô : crier bruyamment 
et « déclamer, s’exercer à parler à haute voix », d’où, 
dans la langue de la rhétorique, le sens spécial de dëclà- 
mâliô : exercice de la parole, sujet de déclamation et, 
par suite, « discours banal et vide, décramation » ; dëclâ- 
mâtor : qui s’exerce ou qui exerce à la parole (opposé à 
ôràtor) ; exclàmô : s’écrier, s’exclamer, M. L. 2971 ; exclà- 
mâtiô , terme de rhétorique = èxtpœvqcnç ; ineldmô : crier 
après, crier sur, crier contre (cf. increpô) ; prôclàmô : 
crier ouvertement, plaider bruyamment terme de 
droit, « p. in ou ad lïbertâtem »; reclâmô : se récrier 
contre, réclamer; et aussi : répéter, renvoyer les cris; 
succlâmô : répondre par des cris, souvent avec nuance 
péjorative, d’où succlâmâius (époque impériale) « dé- 
crié ». Presque tous les composés de clâmô ont des dou- 
blets en -clâmitô. II est à noter que clàmàtor semble une 
création de Cicéron ; le mot n’est pas attesté avant lui 
et le Pseudo-Asconius, Diu. in Caec., p. 119, note, non 
declamatores , sed clamatores... Tullius uocat. — Glà- 
mâtiô, clâmâtus , -üs n’apparaissent qu’à très basse 


— 125 — 


clan 


époque; il y a un exemple de eldmitâtiô (Plt., Most. 6). 

Clâmô a la forme d’un dérivé d’un nom, formé comme 
fâjjia et qui aurait disparu au profit de clàmor formé 
g U r jclatnô, comme amor sur amô. Même racine que dans 
calô, q- Y, clârus, 

clangô, -is, -ere (parfait clanguï non attesté en dehors 
de la Vulgate) : crier (de certains oiseaux, aigle, corbeau, 
oie, paon, etc.) ; retentir, résonner (se dit de la voix ou 
d’un instrument). Ancien (Accius), mais peu usité. 

Dérivés et composés : clan go r (poétique, époque 
impériale) ; in-, re-clangô. 

Élargissement d’une forme expressive à *kl- initial, 
gr. xXàÇû>, xXayY^Jetc. ; cf. plangô. V. la remarque sous 

calô- 

clarnus, -I m. : se trouve seulement dans le schol. 
de Perse, in prol., satira est genus clarni uel lancis multis 
ac uariis frugum generibus plena. Clarnus potest appellari 
disons uel mensa quae referta sacriftciis Veneri consueuit 
offerri. Étrusque? 

clârus, -a, -mn : clair. Apparenté à clâmô et calô, clâ- 
rus a dû s’appliquer à la voix et aux sons, clâra uôx, 
etc. (cf. dëclârô ; clârisonus , traduction du gr. Xiyu<p0oy- 
Y°ç) î P uis a s ’ est étendu aux sensations de la vue, clâra 
lûx, clârum caelum « clair, brillant », puis aux choses 
de l’esprit, clara cônsilia , exempla, etc., et même aux 
individus et aux choses : « illustre, brillant, glorieux » 
{par opposition à obscürus), d’où la formule uir clârissi - 
mus. Ancien, usuel. Panroman. M. L. 1963. 

Ges divers sens se retrouvent dans les dérivés : clâri- 
iâs et clâritüdo ; clârô, -are (ni clàràtus , -üs, ni clârâtor , 
-tiô, mais dëclàrâtiô ; clârô est rare, la forme à préverbe 
d’aspect « déterminé » dëclârô est la seule fréquente); 
dâreô et clârëscô, -ere. Un terme de la langue ritue.'îe est 
clàrigô, -as « réclamer à haute voix de l’ennemi ce qu’il 
a pris » (se dit des Fétiaux) ; clârigàtiô, même formation 
que dans lïtigô, pür{i)gô, etc. ; d’où peut-être clârigitô 
dans Lucr. 5, 947. A basse époque apparaissent clâri- 
fieus (d après magnificus ) et clârificô surtout dans la 
langue de l’Église; clâricâns (Apul., d’après albicâns) 

Pas de clàror. 

Composés : dëclârô , r ôs : manifester, annoncer à voix 
haute, déclarer; avec les dérivés ordinaires; exclârô • 
eclairer, illuminer (Vitruve), M. L. 2972, et 2973 *exclâ- 
riâre, v. B. W. éclairer et éclaircir ; inclàrëscô. 

V. calô. Pour la forme, cf. gnârus. 

classicus, - lira : y. clos sis. 

classis, -is f. : le sens premier est sans doute « appel » 
classis lümôrum « appel des jeunes gens », par opposition 
A classis semôrum. Désigne ensuite les diverses sortes 
de « classes » de citoyens susceptibles d’être appelés sous 
les armes : parles populi classes uocamus quae quinaue 
fuerunt, Serv., Ae. 7, 716, et, d’autre part, la « troupe » 
convoquée sous les armes dans classis clipeâîa, classis 
proemeta ; cf. P. F. 48, 22, classes clipeatas antiqui dixe- 
™nt, quos nunc exercitus uocamus ; et 49, 10, classis pro- 
jeta: exercitus instructus (cf. 294, 3 ; 295, 2). Vetustius 
wdMuàinem hominum quam nauium classem 
7£f \ P - F - 251 - 20 - Puis . exercitus ayant servi à 

S T T ? mee de terre - classis s ’ est spécialisé dans le 
ns ne « flotte » et classiârius a signifié « de la flotte, 


marm ». Denomïnatif : conclassàre : classem iungere 
(Gloss.). M. L. 2115 a? Irl, class. Mais classicus a gerdé 
le sens ancien, cf. Varr., L. L. 5, 91, classicos a classe 
qui. item cornu canunt, ut tum, cum classes comitiis ad 
comitiatum uocant. De là, classicum (sc. cornu) : trom- 
pette, clairon qui sert à appeler les classes. M. L. 1964 * 
B W. glas. Le pluriel class ici (sc. dues) désigne aussi les 
citoyens appartenant à la première des classes créées 
par Servais Tullius; de là le sens de scrïptôrës dassicï 
«écrivains de premier ordre », d’où « classiques ». Cf 
Gell. 6 (7), 13, 1 et 19, 8, 15. 

Les anciens rattachent classis à calâre, cf. Quint. 1, 
6, 33, sit et classis a calando ; mais la dérivation ne s’ex- 
plique pas. Les mots en -ssis sont rares en latin, et par- 
tout l’origine du groupe -ss- est reconnaissable, cassis, 
messis, tussis. L’emprunt à un imaginaire gr. xXôcoiç 
(= ion.-att. xXijaiç), qu’indique Denys, Ant. 4, 18, xXà- 
aeiç, xccra raç ÈXXqvixàç « xXtqcteiç » TrocpovofxàaavTeç. . . xal 
tocç xXàaeiç àp^aiov èxdcAouv « xaXéaeiç » n’est qu’une 
étymologie populaire. Terme technique qui peut être 
emprunté à l’étrusque. 

V. calô. 

clâtrï m. et clâtra, -ôrum n. (forme populaire crâclï , 
issue de clâtrï par métathèse réciproque (clâtrï >■ 
crâilï> crâclï) dans l’App. Probi 209) : barreaux, treil- 
lis de bois ^ou de métal destiné à fermer une ouverture 
(porte, fenêtre) ou à déterminer un enclos. M. L. 1966 ; 
gai], cledr. De là : clâtràtus et clâtrà, -are. Sans doute 
emprunt ancien (Caton) au dor. ♦xXôfffipa, att. xXpOpa. 
Pour l’absence d’aspirée, cf. tüs ; et pour l’â, cràpula. 

clâua 3 -ae f. : bâton (noueux?), massue. Attesté de- 
puis Plaute. M. L. 1975, 

Dérivés et composés : clâuula : scion, M. L. 1983 ; 
clàuulâris (clabu-), -rius (cursus ; tardif); clàuicula 
(Apul., Sol.) ; dâuiger (poétique, épithète d’Hercule) * 
clauàtor (rare) = xopuvtjttjç. 

D’après Cuny, MSL 18, 426 sqq., dàua serait, à l’ori- 
gme, le collectif de clâuos, clàuus , qui désigne souvent 
« un nœud du bois ». 

V. cellô , dâdës. Ombr. klavlaf « dàuulâs , clünîs »? 

clan- ; dâuis 3 clâims (clâuos), claudô : 

1° clâuis, -is f. : clé, loquet, barre. Ancien, usuel. Pan- 
roman, M. L. 1981. Il est difficile de décider si le mot 
est apparenté ou emprunté au gr. dor. x*âfç (ion. xXVjtç, 
acc. att. xXeTv de *xXt ]C v) issu de *xÀ5FIç. Mais la déri- 
vation en est purement latine : clâuïcula (doublet vul- 
gaire cabieola, fr. cheville, B. W. s. u.) : petite clé ; vrille 
de la vigne, M. L. 1979 ; dâuïculârius ; dâuiger : porte- 
clef Janus) ; conclâuis : d’où conclàue n. Condauia dicun- 
tur loca quae una claue clauduntur , P. F. 34 8 ' con- 
clâuatus, id. 50, 21. 1 " ' 

Du reste, clâuis et clâuos désignent le même objet ; à 
1 origine, la serrure primitive se composait d’un clou ou 
d une cheville passée dans un anneau. A mesure que les 
choses se sont compliquées, la langue a différencié dans 
1 emploi clâuis et clâuos. 

, 2° clàuus (clâuos), -ï m. : cheville (sans doute de bois 
a l origine, puis de fer), clou (clàuus annàlis, P. F. 49, 

) — ?jXoç ; dans la langue nautique : cheville tenant la 
barre du gouvernail, puis le gouvernail lui-même (cf. 
Enn., A. 483) ; dans la langue médicale : clou, bouton, 


claudus 


— 126 — 


cor au pied ; nœud de pourpre ou d’or qui se trouve 
eri bordure de la toge des sénateurs ou des chevaliers ; 
Varr., L. L. 9,. 4, 7, tunicam ita consuere ut altéra plagula 
sit angustis clauis, altéra latis , et, par extension, la bande 
de pourpre, large ou étroite selon le rang, qui borde là 
toge (de là : angusticlàuius, lâticlàuus , lâticlâuius , 

-uium). Ancien, usuel; les formes romanes remontent 
la plupart à claus . M. L. 1984. Irl. clô, gall.’ clau. 

Dérivés et composés : clâuulus : petit clou ; clâuel- 
lus, M. L. 1977 ; dàuiculus ; clâuàtus : -a dicuntur aut 
uestimenta clauis intertexta , aut calciamenta clauis con- 
fixa , P. F. 49, 5, d’où à basse époque clâuô , -as et 
*conclâuô , M. L. 2116 a; *inclâuô, M. L. 4358 ; clâuà- 
riurn : indemnité de clous donnée aux soldats pour 
leurs chaussures (cf. salârium, calceârium ) ; clâuifixus 
(Ignat.), -fixor. (Gl.) = 7 )Xox6tcoç. 

3° claudô, -is, -sï, -sum, -ere {et clüdô doublet tiré des 
composés en ex -, in-clûdô, etc.) : fermer, clore; enfer- 
mer, enclore. Ancien et usuel. Panroman. M. L. 1967 ; 
clausum n., terme rustique « clos, enclos », M. L. 1973 ; 
et même clausa f. extrait du n. pl. clausa, -ôrurn ; clau - 
süra ( clü -), -ae f. : clôture, enclos, M. L. 1974. 

Dérivés et composés : claustra n. pl. (le singulier 
claustrum n’est pas attesté avant l’époque impériale) : 
tout ce qui sert à fermer, barrières, verrous, etc., en 
particulier « gâche ou anneau fixé sur le montant 
d’une porte, dans lequel entre le pêne d’une serrure », 
M. L. 1972 ; germu Kloster ; cf. aussi v. angl. clüstor. 
etc., irl. clabkstur ; et de clausula : clausul , clusenair. 
De là claustellum (écrit clôstellum ), M. L. 1971 ; claus- 
trârius (clos-) ; claustritumus (Laevius d’après aeditu- 
mus) ; clausüra f. (bas-latin), M. L. 1974 ; clausula , at- 
testé depuis Yarron et Cicéron dans le sens technique 
de « fin, conclusion » d’un ouvrage, ou d’une partie 
d’ouvrage, lettre, narration, etc., et spécialement « fin 
de phrase, chute rythmique d’une période ». Dans la 
langue du droit, « article ajouté en fiü de loi, clause ». 
Ce n’est qu’à très basse époque que le mot a désigné 
un « lieu clos » (fr. cloître). — Technique : poignée d’une 
strigile ou de tout autre instrument, qui, lorsqu’on 
y introduisait la main, formait autour un anneau ou 
une garde ; cf. Rich., s. u. 

Cf. encore M. L. 1970, *clausiô, demeuré en gallo- 
roman, fr. cloison , et M. L. 1997 a, *clüdicâre. 

con - (M. L. 2116, *conclausùm .), dis-, ex - (M. L. 2974, 
*exclaudere , fr. éclore ; M. L. 2975, exclûsa ; M. L. 2976, 
exdüsôrium, cf. Thés. s. u. ; ail. Schleuse ), in- ( *inclaus - 
trum , M. L. 4357), inter -, oc-clûdô , dans lesquels le pré- 
fixe ajoute à l’idée de « fermer » les nuances attendues. 
A noter seulement reclûdô « ouvrir » (comme reserô , -âs) 
opposé à occlüdô , dans lequel le préfixe marque que l’on 
accomplit l’action en sens inverse du sens exprimé par 
le verbe simple (cf. reprobô , rétracté , reuëlô). Les langues 
romanes ont conservé, au contraire, le sens de « renfer- 
mer » ; cf. M. L. 7124, rëdüdëre , *reclaudere , reclausum , 
qui était usité dans la langue populaire, cf. Vulg. Num. 
15, 34, reclûdere alqm in carcerem (le préfixe marquant 
en ce cas l’action de tirer la porte en arrière pour la fer- 
mer) ; de même irl. recles. La langue classique ne connaît 
ni clausus , -ûs, ni claus iô, ni clausor , mais conclûsiô est 
usuel. Clûsiô figure dans les gloses, CGL Y 487, 25, ainsi 
que prae -, proclûsiô ; clûsor apparaît dans la Vulgate. 


Les adjectifs clüsâris , clûsilis n’apparaissent nas a 
Pline et Hygin. Va « 

On est tenté de rapprocher clâuus de -cellô (p er ~ c n. 
clâdës, etc., et, sans écarter le rapprochement avec ’ 
*xXôfiç, de supposer qu’il y a eu entre clauis e t ce nP‘ 


rr -a * . . 

grec emprunté une contamination d’où serait s . 
clauis. D’autre part, il y a claudô , qui semble indio°^ 
une idée de fermeture et qui est un présent fait f 


clau- ; le perfectum est secondaire : clausl. Le groupe a 
lit. kliuvu , kljüti « rester accroché quelque part » e t 
serbetkflüka « crochet, clé », v. si. kljuci « clé «rappel 6 
claudô , clâuus , et gr. *xXôLF£ç est malaisé à relier p 6 
somme, ensemble obscur, ce qui ne surprend pas p 0 11 
des mots techniques. 

claudus ( clôdus et clüdus ), -a, -lira : boiteux. Ancie 
usuel. ’ 

Dérivés : claudeô , -ës, - sürus , -ère : boiter. Rare- 
n’est plus employé après Cicéron que par les archaï' 
sants. Remplacé par claudicô (clô-), -are. Pour la f 0r ' 
mation, cf. medeor , medicus , medicô. Toutefois, clau 
dicus n’apparaît que dans la Mulom. Ghironis et peut 
être tiré secondairement de claudicô , qui serait à ran- 
ger parmi les verbes de type populaire en -icô ; C f 
fodicô , fricô (en face de fodiô, friô), morsicô, etc. L’abs- 
trait courant est claudicâtiô ; clauditâs n’est que dans 
Pline et Apulée ; claudïgô , çlôdïgô, clôdîmen , dans 
Mulom. Ghironis. On trouve aussi dans les gloses clau - 
daster ; cf . caluaster. Gf . sans doute Claudius , Clôdius, 
Aucun rapprochement exact, comme pour la plupart 
des noms d’infirmités. On remarquera le vocalisme radi- 
cal a et le même suffixe que dans surdus , tardus, etc. 
Le rapport imaginé par Donat, Eu. 164 et Ad. 607, entre 
claudus et claudô repose sur un contresens. Gf. Thés, s, 
u. claudô , III 1311, 10 sqq. Pour le groupe initial, cf. 
cloppus et v. irl. cloén sous dïnô. 

clauis, clàvus : v. clau-. 

clëmëns, -mentis adj. : deux sens, physique et mo- 
ral ; 1° en pente douce, qui s’infléchit doucement; rare 
et seulement dans la latinité impériale, sans doute par 
image, Apul., Met. 4, 5, 1, clementi... transmisso cliuulo ; 
Claud. 15, 511, [pars insulae ] ratibus clemens ; par suite 
« qui coule doucement » ( dë uentô , fluuiîs , poétique et 
rare, cf. Thés. III 1333, 26 sqq.) ; 2° facile, qui se laisse 
fléchir, clément; sens usuel et attesté depuis Plaute; 
de là : clëmenter , clëmentia, avec les contraires inclëmëns , 
in clëmentia ; et les noms propres Clémentius , - tînus , -tiâ- 
n us, -tiïla. M. L. 1984 a. 

Les anciens établissaient un rapport entre clëmëns et 
clînô, cf. Sén., Clem. 2, 3, 1, clementia... inclinaiio animi 
ad lenitatem in poena exigenda ; Difïer, 46, 28, clemens 
est inclinatus ad bonitatem et pietaiem mentis , et la cons- 
truction clemens ad ignoscendum, Çarm. Epigr. 795, 7. 

La formation du mot est obscure. La rareté et l’appa- 
rition relativement tardive du sens physique laissent 
supposer que c’est un développement secondaire, d’ori- 
gine savante, dû au rapprochement avec clînô. Il semble 
que pour lès Latins le mot contenait mens, comme on 
le voit par la définition des Difïer. La flexion de clê- 
mëns est identique à celle de uehemëns, uëmëns, qui 
forme avec lui un couple antithétique ; elle semble sup- 
poser au moins une influence de niëns, sinon la présence 
réelle de ce mot comme second terme. 


— 127 — 


clî 


elep s • / ur ’ ^ 349, 51. N’est conservé que dans 

texte ; a été éliminé par für, mot emprunté : clepta 
fus Plaute, Tru. 102, est un emprunt au gr. xXértrqç. 
f 3 verbe clepô, -is, -psï, -ptum est glosé füràrï. Non. 20, 
r! voler, dérober ; Ciç. l’oppose à rapiô, Leg. 2, 22, sa - 
' ’ qui clepsit rapsitue. Rare et archaïque : a été 
fr plaeé par le dénominatif fürârî et, dans la langue 
fe nulaire* par inuolâre, *uolâre.\ Fréquentatif : cleptô, 

Cypr -)- 

Qf got. hlifan « voler (par ruse) » et, avec une autre 
formation gr. xXétttcù « je vole ». Le nom d’agent eleps 
«des correspondants dans gr. xXcîhJj (et flou-xXe^) et, avec 
pissement -t- suivi d’arrangement, dans gr. xXéTrojç 
et got- kliftus « voleur ». L’irlandais a cluain « trompe- 
rie », P eu ^ re P oser sur *klop-ni-. Terme propre à 
j, indo-européen occidental. — Le vol par ruse s’exprime 
D ar l’idée de « cacher » dans irl. tàid « voleur », gr. Trjraco 
j je vole », v. si. tati «t voleur », hitt. tày- « voler », en face 
de skr- tâyüh « voleur », et si. tajiti « cacher », dor. râo- 
mo ç, hom. -npcrioç « trompeur, vain ». Ceci permettrait 
peut-être de rapprocher v. si. za-klepe « xa-nbcXeicje » 
(cf. toutefois Berneker, Slav. etym. Wôrt., p. 513), 
Y . pruss. au-klipts « caché » ; mais ce rapprochement a 
peu de portée. 

clëricuSj -a, "Um ; clëricus , -ï m. : clerc, v. B. W. s. u. 
Comme clërus, emprunté par la langue de l’Église au 
gr. xXîjpoç, xX7)ptxôç, M. L. 1987, a fourni des dérivés 
latins : clëricàlis ; clëricâtus, -üs m., M. L. 1986. Cf. aussi 
M. L. 1985, clërica « tonsure ». Irl. cléir, clerech. 

clibamiSj -ï_m. : four de campagne, tourtière. Em- 
prunt au gr. xXtêocvoç (Gelse). 

Dérivé : clibanârius.f 

L’i devait être long en latin comme en grec. Mais 
Claudius Marius Yictor. (v e siècle après J.-G.) scande 
dlbanus, que confirme l’emprunt ags. cleofa <c chambre 
(chauffable) ». 

cliendiô, -ônis m. : nom d’un ver, dans la Mulom. Chi- 


cliëns, -entis m. (et f. d’après Charisius, GLK I 28, 
19 ; toutefois, clienta est attesté depuis Plaute, cf. Thés, 
s. u.) : « client » dans la loi romaine, par opposition au 
patrônus, e. g. Lex XII Tab. 8, 21, patronus si clienti 
jraudem fecerit , saper esto ; Paul Dig. 47, 2, 90, si liber - 
lus patrono uel cliens... furtum fecerit, furti actio non 
nascitur. Ancien, usuel, technique. 

Dérivés : clientëla (cf. tütëla) ; clientülus. 

Une graphie cluentibus se trouve dans l’Ambrosianus 
de Plaute, Tri. 471 ( clientibus dans P). Les anciens éta- 
blissaient un rapport entre cliëns, cluêns et clueô, cf. 
Plt., Men. 575, res | magis quaeritur quam clientum 
Mes ] quoiusmodi clueat (Plaute a-t-il écrit cluentum?). 
Comme on ne voit pas le moyen de passer de cluëns à 
clûns, on a supposé que cliëns serait le participe d’un 
thème racine du groupe de dïnô (Wackernagel, Sitzber. 
,, Akad., II, p. 1216) et que cluêns résulterait 
d une étymologie populaire. — Un emprunt (à l’étrus- 
que? cf. Veiens, -entis) est d’ailleurs possible pour ce 
wnne technique, désignant une institution particulière 
* Rome. La variation cluëns/diëns, différente du cas de 
«upeus, dipeus, peut n’avoir pas d’origine phonétique. 


dingo, -er© : — cingere a Graeco xuxXoûv dici manifes- 
tum est, P. F. 49, 11 ; clingô : cludô (Gl.). Mot de glos- 
saire, non autrement attesté. V. îsl. klekkr a anneau »? 

Clî- : forme prise en latin par la racine *klei- « incli- 
ner, pencher » et élargie à l’aide de suffixes en -no-, -nâ-, 
-ni- ou en -uo-, -ui-; de là : *clïiras ? clînô, ac-clï- 
nis; clluis, clluus (clïuos). 

1° *clinus : « pente », non attesté (le clïnus auquel 
remontent certaines formes des langues romanes peut 
avoir été tardivement refait sur clïnâre, cf. M. L. 1992), 
a dû exister à côté de clïuos ; acclïnis est à * clïnus 
comme acclïuis à, clïuos. Seulement, tandis que la langue 
pouvait différencier acclïnis et acclïuis, le premier ayant 
pris le sens de « qui se penche sur, appuyé à, adossé à, 
enclin à », acclïuis, au contraire, celui de « qui va en 
montant », une distinction analogue était impossible 
entre *clïnus et clïuos. Le premier a donc succombé, 
tandis que clïuos subsistait. 

2° clînô, -âs : qui a passé dans les langues romanes, 
cf. M. h. 1990, n’est pour ainsi dire pas attesté à l’état 
de simple dans les textes, cf. Thés. III 1349, 59 sqq., et 
a peut-être été tiré à basse époque des verbes composés ; 
mais Cicéron a clïnâtus adj. (dans sa traduction d’Ara- 
tus) et Lucrèce, clïnâmen (= gr. TcapÉYxXtcriç), c’est-à-dire 
dans des imitations du grec ; -clïnâtïô n’existe pas ; dans 
les tüuli du De Rer. Nat. de Lucr. 2, 222, il faut lire sans 
doute de <de)clinatione motus ; un seul exemple de clï- 
nâtus, -ûs dans un grammairien de très basse époque. 
Les composés sont, au contraire, usuels : acclïnô (poé- 
tique et prose impériale), M. L. 77 ; dëclïnô , transitif et 
absolu : (se) détourner, (s’)éloigner, (s’)écarter (avec 
idée accessoire de chute, d’où « décliner »), dévier; et 
aussi « éviter, parer ». M. L. 2505. Dans la langue gram- 
maticale, « dériver » et « conjuguer », puis spécialement 
« décliner » = xXlv<o, IxxXtvco, 7rapaxXlv<o, comme dëclïnd- 
tiô sert à rendre xXïjxa « inclinaison du ciel » (à côté de la 
transcription du mot grec clïma) et xXfcnç « déclinaison, 
dérivation, flexion, conjugaison », à côté de son sens 
latin « écart, déviation ». 

dïuersidïnia n. pl. (Prise., GLK III 145, 3), adapta- 
tion latine de éTEpôxXiToe. 

inclïnô : incliner, infléchir, fléchir (transitif et absolu ; 
sens physique et moral ; sens grammatical = bpCklvc o) ; 
dévier, changer, décliner. M. L. 4359, et inclïnis, 4359 a. 
Même variété d’emplois dans inclïnâtiô : inclination, 
inflexion (sens physique et moral); climat, latitude 
(= yckïpcc) ; dérivation, formation des mots (Varron) ; 
altération. 

reclïnô : pencher en arrière, appuyer. Quelquefois sy- 
nonyme de remoueô. M. L. 7123 a. De là reclïnâtôrium : 
dossier, reposoir (Yulg.). 
succlïnô (Venant. Fortun.). 

A ces verbes correspondent des adjectifs en -clïnis : 
acclïnis (poétique et prose impériale), M. L. 78 ; dëclï- 
nis (rare) ; inclïnis (très rare, époque impériale) ; reclïnis 
(poétique et prose impériale). Le composé triclinium 
« lit de table à deux, à trois places » est sans doute em- 
prunté au grec TpixXiviov, rptxXivoç (-vov) ; de là biclï- 
nium, comme bisellium. 

3° clïuus (- uos ), -ï m. (p. collectif n. clïua dans Caton* 
et dans Memmius ap. Non. 194, 29, cf. Thés. III 1356, 
60) : « pente », souvent avec le sens de « montée », d’où 


l’épithète arduus , le proverbe cliuo sudamus in imo ; et 
le sens de « collis » que le mot a pris en bas latin, Thés. 
1357, 63 sqq., et qui est conservé dans certains parlers ita- 
liens, cf. M. L. 1993. 

Dérivé : cliuôsus : montagneux, accidenté. 

• clluis , -e = proclîuis. Rare et technique (Frontin, 
Gromat.) ; dans la langue augurale, cliuia auspicia dice- 
bant quae aliquid fieri prohibebant ; omnïa enim difficilia 
cliuia uocabant , unde et cliui {-nia?) loca ardua , P. F. 56, 
10 ; cliuia f., nom d’oiseau (de mauvais augure). 

Composés : accliuis (- uus dans Festus, s. u. clïtellae) 
« oblique êrectus » ; dëclïuis ; prôclïuis (-uus) : penchant 
en avant ; d’où « enclin à » et « facile » ; prôclluium 
« pente ». Abstraits en -tas correspondants : as-, dè-, 
prôcliuitâs. 

4° clïtellae, - arum (crïtéllae dans Mulom. Chironis ; sur 
la dissimilation, v. Meillet, BSL 30, 126) : bât. Ancien, 
usuel. Le pluriel sé justifie parce que l’objet est double. 
A été rapproché de cliuus , clînis , cf. P. F.Î52, 9, dicun- 
tur non tantum eae quibus sarcinae conligatae mulis por- 
tantur, sed etiam locus Romae propter similitudinem , et 
in uia Flaminia loca quaedam deuexa subinde et adcliua. 
Est etiam tormenti genus eodem nomine appellatum. 

Dérivé : clîtellàrius , -a, -um. 

L’ombrien a un accusatif kl e tram « lecticam » de 
*klei-tra-m , auquel correspondrait en latin un substan- 
tif *clîtra (ou *clîtrum) dont clïtellae est le diminutif. 

La dissimilation de l-l en r-l, normale en italique 
commun et encore à date ancienne en latin, fait attendre 
*crïtellae; en fait, il y a trace d’une forme dialectale 
non romaine cretellae dans des gloses (v. les faits dans 
1 3 Thésaurus) ; la conservation de clïtellae suppose que 
*cleilrae a existé encore en latin ancien. Le correspon- 
dant le plus proche de v. lat. *cleitrœ , ombr. kletram, 
est pour la forme got. hleipra « oxtjvt), axyjvoç », apparenté 
à gr. xXimtx, xàioxov « cabane, tente », et, avec un autre 
vocalisme radical et un autre sens, à v. angl. hlœder, 
v. h. a. leitara « échelle ». Le sens initial est indiqué par 
irl. cliath « crâtis », gall. clwyd « claie » (v. Pedersen, V. 
Gr. d. k. Spr ., I, p. 121). Il s’agit d’objets en bois ap- 
puyés obliquement les uns aux autres, de manière quel- 
conque. 

La racine *klei- est attestée dans tout l’ensemble de 
l’indo-européen. Mais il n’y a aucun présent qui ait 
subsisté dans deux langues. La forme du présent diffère 
d’une langue à l’autre : skr. çrâyati « il appuie », lit. slsjù 
e j’appuie », v. sax. Minôn et v. h. a. hlinën « appuyer », 
ali. lehnen , gr. xXïvoj (deî*xxfvy(ù), à côté du parfait 
xéxliTou. En latin, tout se passe comme si un présent 
à suffixe nasal *clïnô , non attesté, avait fourni un fré- 
quentatif de type ancien à voyelle longue comme cëlàre, 
d’où in-clïnâre , dê-clïnâre ; le simple clïnâre semble se- 
condaire, on l’a vu (cf. le cas de oc-cupô en face de capiô , 
etc.). Un ancien *kleinâ- ou *klïnâ- est invraisemblable. 
— L’ï de acclïnis , reclïnis et de triclinium engage à 
grouper ces mots particulièrement avec -■ clïnô . 

Le suffixe *-wo- observé dans clïuus se retrouve dans 
le groupe des mots germaniques qui indiquent un « tu- 
mulus funéraire », une « tombe » ; got. hlaiw, v. norv. 
run. hlaiw a , etc. Lit. sleïvas « aux jambes torses » est 
loin pour le sens ; cf. irl, cloen « qui est de travers » (cf. 
claudus ?). Le sens de « endroit en pente, colline, mon- 


tagne » se retrouve dans got. Main, gr. xXcroç et 
lit. slaitas , peut-être arm. learn « montagne ». ' ^ 

Quant à ombr. kletrametlat. clïtellae , cf . irl r 
« haie », gall. cledren « clôture », got. Meipra « oxtjv* 
voç », v. h. a. (h)leitara « échelle » et, pour le sens^ 
xXiata, xXlcnov, let. slita « clôture en bois » (v. Meri * 
IF., 16, 117), irl. cliath « crâtis » ; d’après M. Yendr^ 
Rev. Celt., 46, cf. gall. clud « charge », de *kloità- 
Le sens de « néfaste » attaché à clïuius rappelle irl 
v. gall. cledd et got. hleiduma « gauche » ; cf. lat. sc \ 
sinistra auis. Ua > 

elipeus ( clupeus ), -ï m. et clipeum (d’après scutum?] 
n. : bouclier rond et creux, 1 allant du cou jusqu’au m i 
let, d’où l’étymologie populaire quod clepet i. e c j 
Isid., Or. 18, 12, 1. Ancien (PÏt.) ; technique. Passé 6 
irl. : clipio. eQ 

Dérivés : clipeâtus , d’où clipeô , -are ; Clipeârîus n 0rn 
propre ; clipeolum (Hyg.) ; clipellârius, -rium (N ot 
Tir.) ; clipeocentrus , hybride de elipeus , et xévTpov, tar 
dif. 1 

Les manuscrits ont indifféremment elipeus ou clu 
peus ; dans les inscriptions, clupeus est plus fréquent 
Il est impossible de déterminer quelle est la forme là 
plus ancienne et les grammairiens donnent une étymo- 
logie de l’une et de l’autre, expliquant elipeus « ànb T0 û 
xXéxeiv », clupeus « a cluendo » ( 1). L’incertitude du vo- 
calisme et du genre indique un emprunt, vraisemblable 
pour ce terme technique (cf. cassis, cuspis , galea , parma 
gladius , lôrïca , lancea, etc.). Cf. subina et sibina ; lumpà 
et limpa. 

La finale rappelle d’autres mots en -eus : balteus , cal- 
ceus , culleus, puteus , etc., sans doute de provenance 
étrusque. 

cïltella©., clïuius, clïuus : y. clï-. 

cloâca, °ae f. ( clouâca , Yarr. et inscriptions ; cluâca, 
Yarr., Sali., blâmé par l’app. Probi, GLK IV 198, 12* 
cloaca non cluaca; formes tardives clôca , clâca , co(u)â- 
cla) : égout, cloaque. Ancien, usuel. M. L. 1994. 

Dérivés : cloâcàlis ; cloâcô, -are « inquinâre », P. 
F. 58, 1 (cloeare L) ; cloâcârius', cloâcïnus conservé 
dans l’épithète Venus Cloàcïna , Cluâcïna. 

Rattaché par les Latins à un verbe * cluere ( *cloàre ) 

« purgâre »; cf. Pline 15, 119, myrtea uerbena Romanos 
Sabinosque ... purgatos in eo loco , qui nunc signa Veneris 
Cluacinae habet. Cluere enim antiqui purgare dicebant ; 
cf. Serv. auçt., Ae. 1, 720, Cloacina , quia ueieres cloare 
purgare dixerunt. Mais ce verbe * cio are, * cluere, sans 
exemple, est peut-être une invention de grammairien 
pour expliquer clôaca, Cloàcïna ( Clu -), dont la forma- 
tion est obscure. 

Tout ceci est douteux. Mais il y a une racine *kleu-, 
à laquelle cloàca peut appartenir. 

Le présent gr. xXuÇto « je lave, je nettoie » est de type 
dérivé. Le germanique a le groupe de got. Mütrs, v. h. 
a. (h)lütar « pur, propre », le celtique, gall. clir « propre », 
et le lituanien slûoju (prêt, slaoiaü) « je nettoie » et, dia- 
lectalement, slavù (même sens), qui sont plus éloignés. 

cloe(c)a 5 f. : synonyme de campâna « cloche », 
attesté seulement à très basse époque (vu® siècle). Ori- 
gine incertaine. Passé dans les langues romanes, M. L. 
1945, B. W. s. u. ; le celtique a : irl. cloc, gall. cloch ; 


129 — 


coccum 


cans doute, le germanique : ags. clugge , v. h. a. 

deM a 

* lg „ a -um (Gloss.) : boiteux; lordus (lur- 

^ (indus. M- L. 1997, et 1996 *cloppicâre, fr. clocher 
pa „i c iopant. La gémination expressive de la con- 
et c intérieure caractérise des adjectifs marquant une 
Ermite cf. lippus (pour le -pp-, cf. stloppus) ; pour 
cf. claudus et gr. x«Xoç. Demeuré en gallois : cloff. 

C clucidâtus : v. glu-. 

♦cludô ou cluden, -luis? : épée de théâtre. Ne se 
trouve qu’à l’ablatif cludine dans Apul., Apol. 78 ; et le 
texte est contesté. 

clueô, -ës, -ère; cluô, -is, -ëre ( clueô est la forme 
• auement employée par les anciens auteurs ; cluô 
u f e g t attesté sûrement qu’à partir de Sénèque, Thés. III 
" sqq., et semble fait sur xXuto) : s’entendre dire 

nommer, avoir la réputation de ; souvent en bonne 
° U r t e . g. Plt., Ps. 591, quas ( facinora ) post mihi clara 
et diu clueant, par suite c avoir de la réputation, être 
célébré », cf. inclutus , inclitus (O. Prinz, Glotta 29, 138) ; 
« glorieux, illustre » (sur lequel les grammairiens ont 
neut-ètre refait dutus, cf. clutum dans le Thés.). Les 
gloses ont conservé la trace d’un substantif cluor : S6^a 
(cf. décor, honor) ; et d’un adjectif cluuior , nobilior, 
CGL II 516, 5 et V 627, 10 ; cf. aussi praecluis (Mart. 
Cap.), praecluëns « ualde clarus et inclitus ». Par exten- 
sion, cluëre a pris le sens de « avoir un nom », par suite 
« exister », et, ce sens s’étant affaibli, est devenu syno- 
nyme de esse dans Lucr., e. g. 2, 525, primordia rerum 
infinita cluere: Comme clueô avait un sens voisin du pas- 
sif, il en a parfois reçu les désinences, peut-être par ana- 
logie avec uideor, e. g. Plt., Ps. 918, stratioticus homo 
qui cluear ; Pacuvius, Trag. 194; Yarr., Men. 356. Mot 
archaïque, qui appartient surtout à la langue héroïque 
ou épique, repris à basse époque. Pas de perfectum at- 
testé. Cf. peut-être les noms propres : osq. Kluvatiis 
« Clouatius », lat. Cluentius, Clouentius, volsq. Cloil 


€ Cloelius », ombr. Kluviier, gén. « Chmfi », etc. 

La racine *kleu- était celle qui, en indo-européen, 
signifiait « entendre », cf. tokh.f klautso « oreille ». La 
forme verbale principale qu’elle fournissait était un 
aoriste radical athématique qui a subsilté, notam- 
ment, dans véd. çrudhi , gr. xXü0l « écoute » et arm. luay 
« j’ai entendu ». Les langues qui ont conservé la racine 
ont recouru à des présents nouveaux : skr. çrnôti « il en- 
tend », de *klneu- ; irl. -cluinethar « il entend », Meillet, 
MSL 15, 337. Lat. clueô et cluô résultent d’adaptations 
proprement latines, de même que le gr. xXé(f)op.ai « je 
suis connu ». Dans plusieurs langues, ce verbe a été 
remplacé par d’autres, en latin par audiô (v. ce mot). 
— Le -clutus qui est dans in-clutus répond à skr. çrutâh, 
gr. xXutôç, qui ont le même sens ; ci. aussi irl. - cloth , qui 
sert de prétérit à cluinethar. Si le latin n’a que inclitus , 
c’est que, originairement, l’adjectif en -to- figurait d’or- 
dinaire au deuxième terme de composés. Il n’y a pas 
de raison de croire que cluor réponde à skr. çrdvah , gr. 
xXé(f) oç « gloire » ; ce peut être une formation propre- 
ment latine ou une imitation du grec. — Les formes 
slaves et baltiques, v. si. slovo « je m’appelle », etc., 
n’enseignent rien pour le latin. 


Clüma© : folliculi hordei, P. F. 48, 15. Y. glüma. 


clünis, -is et clünës, -ium (usité surtout au pluriel, 
comme natis\ cf., toutefois, Hor., S. 2, 8, 91) m. et f., 
cf. Charisius, GLK I 101, 4, clunes feminino généré dixit 
Melissus... sed Verrius Flacçus masculino genere dici 
probat , quoniam -nis syllaba terminala anima carentia 
nominatiuo singulafi masculina sunt, ut panis cinis cri - 
nis et similia : fesses, croupe. Ancien, populaire ou tech- 
nique. Le plus souvent synonyme de natës, quoique 
Martial 3, 53, 2 emploie les deux mots en les différen- 
ciant ; se dit des animaux comme de l’homme. Le singu- 
lier est sans doute secondaire. 

Dérivés : clünâclum (et clünàbulum) : cultrum san- 
guinarium dictum , uél quia ad clunes dependet, uel 
quia clunes hostiarum diuidit, P. F. 43, 2; clünâlis 
(rare et tardif) ; clüniculus (-la?). 

Cf., avec le même sens, irl. cluain, gall. clun f., skr. 
çrônih c., av. sraonis f., lit. slaunis f. et v. pruss. slaunis, 
v. isl. hlaun « fesse » n. Le rapport avec gr. xXoviç « os 
sacrum », xXôvtov * ioxlov, pàx i Ç 5 ôcrtpûç n’est pas détermi- 
nable. 

Cluô : V. cloàca. 

clupea ( clipea ), -ae f. (Gloss.) : lamprillon. M. L. 1998. 
Mot tardif. Origine inconnue. 

dura (clüna), -ae f. : nom d’un singe (Gloss.) ; clürï- 
nus (Plt.). Peut-être de xôXoupoç, avec une finale refaite 
sur simia ; clüna « à clünibus trïtïs », P. F. 48, 11, est 
une déformation populaire. 

clustrïgô : quod super lacté nat quasi oleum, CGL lïl 
599, 20 ; 604, 40. En rapport avec colostra? 

enasonas : acus quibus mulieres caput scalpunt, P. F. 
46, 1. Sans doute accusatif pluriel d’un gr. *xvâ 0 oiv, de 
xvccca. 

CO- : v. cum. 

coâctuSj coâetilis, coâgmentum, eoâgulum : v. côgô 
sous agô. 

coacula, -ae f. : caille. Onomatopée. Mot mal attesté 
en latin ; ne figure que dans une glose : larix, coacula, 
CGL III 567, 60, où larix doit être une graphie fausse- 
ment savante de gr. Xaptç « mouette » (cf. milex pour 
miles , etc.). On trouve, toutefois, dans les gloses de 
Reichenau, éd. Labhardt, n° 2975 : coturnix : quaccola. 
Le mot est sans doute d’origine germanique ; cf. v. h. a. 
quahtala, wahtoda , holl. kwakkel « caille » ; v. Kurt Het- 
zer, Die Reichenauer Glossen (Halle, 1906), p. 46 sqq. 
C’est avec le sens de « caille » qu’il a passé dans les 
langues romanes, où il a concurrencé coturnix. M. L. 
2004 ; B. W. s. u.îCf. aussi quarquara. 

coax : onomatopée du cri de la grenouille (gr. xoàÇ) ; 
coaxô, -as. M. L. 2007. î 

coc(c)olobis 5 -is f. : sorte de vigne espagnole (Colum., 
Pline). Mot donné comme espagnol et non latin. 

coccum, -I n. (coccus m. tardif) : kermès, graine ser- 
vant à teindre en écarlate ; par suite, « écarlate » et 
« vêtement d’écarlate ». Emprunt au gr. xôxxoç, attesté 
depuis Horace. M. L. 2009 ; B. W. sous coque. Irl. coig , 
gall. coch « rouge ». 

Dérivés : cocceus , coccinus (= xoxxivoç), M. L. 2008 ; 
coccineus. 



eocens 


— 130 — 


CO cens s -ï m. : coq. Attesté seulement dans la Loi 
Salique. Onomatopée ; cf. coco , cucurru ; gr. xoxxéÇco, y. 
isl. kokkr , et cucidus. M. L. 4732 ; B. W. s. u. 

COCëtum 5 -ï (coccëtum) n. : genus edulii ex mette et 
papauere factum, P. F. 35, 6. Sans doute emprunt au 
gr. *xuxt]t6v influencé par coquô, ou à xuxewv avec chan- 
gement de suffixe, d’après morëtum, fïcëtum. 

coc(h)lea 3 -ae f. {coclia blâmé par l’App. Probi, GLK 
IY 198, 6 ; coculea (d’après coculum?),. cuchlia) : coli- 
maçon, escargot. Puis tout objet ayant cette forme. 
Emprunt au gr. xoxXtocç masculin ; pour le changement 
de genre, cf. catapulta,, charia. Attesté, depuis Caton. 
Roman, avec toutes sortes de déformations, cf. cloclea 
(mss. TL de Palladius), clocea, claucula, CGL V 278, 11 ; 
M. L. 2011. 

Dérivés : coc[h)leàre et coc(h)leârium n. : cuiller, 
cuillerée; cf. Mart. 14, 121, sum cochleis habilis sed 
nec minus utüis ouïs . j Numquid .scis potius cur 
cochleare uocer? M. L. 2012 ; v. angl. cuchlere , gall. 
cogloa. 

cociô, -ônis (coccio, P. F. 19, 1) et coctiô, -finis m. : 
courtier ; synonyme de arillâtor . Rare et sans doute vul- 
gaire; cf. Gell. 16, 7, 12, et agasô. La forme coctiô a 
donné ital. seozzone, v. fr. cosson, cf. M. L. 2017. 

Dérivés : cociônor, -âris ; cocistriô (?) : tabernarius 
(Gloss.), cf. fr. cuistre, M. L. 2215, mais se rattache 
peut-être à coquô . Étymologie populaire dans P. F. 44, 
15, coctione s dicti uidentur a cunctatione, quod in emen- 
dis uendendisue mercibus tarde perueniant ad iusti pre- 
tii finem. Peut-être étrusque ; cf. Ernout, Philologica 
I, p. 42. 

coclâca, -ae f. : -e dicuntur lapides ex flumine, rotundi 
ad coclearum similitudinem , P. F. 35, 4. Rare et tardif ; 
emprunt sans doute à l’accusatif du gr. xoxXaÇ, venu 
par la langue médicale. 

COCleS, -itis (gr. KoxXtqç) : luscos coclites dixerunt anti- 
qui, unde et Cyclopas coclites legimus dictos , quod unum 
oculum habuisse perhibenlur, Serv., Ae. 8, 649. Usité 
comme nom propre, soit pour traduire le gr. xûxXtixJj, soit 
comme surnom. Peut-être emprunté par la voie de 
l’étrusque, v. E. Fiesel, N amen d. griech. Mylhos imEtr. r 
p. 35. Pour la finale, .cf. termes. 

coco, coco : onomatopée imitant le cri du coq (Pétr., 
Sat. 59,' 2). Cf. coccus, cucurru. 

cocturnîx, -ïcis (et côturnîx) f. : caille. — appellatur 
a sono uocis, P. F. 33, 8. Pour le suffixe, cf. cornîx , spin- 
turnîx « sorte de hibou ». On n’est pas au clair sur le rap- 
port de cocturnîx et de côturnîx ; l’abrègement, non at- 
testé avant Ovide, de l’o dans côturnîx est sans doute 
dû à l’influence de cothurnus. — Attesté depuis Plaute. 
M. L. 2289. 

Les mots germaniques comme Kwakkel ou Wachtel 
sont d’un autre type ; cf. coacula. 

codex ( caudex ), -icis m. La confusion est constante 
entre cô- et eau- pour ce mot. Les inscriptions ont codex ; 
les manuscrits semblent avoir réparti les formes : caudex 
est plutôt réservé au sens d’ « arbre », codex au sens de 
« livre ». D’après le scholiaste de Térence (Eugraph. 
Hau. 877 rec. a), caudex serait une fausse graphie urba- 


nisante comme cautës : caudex est truncus 
conuersa o in au, fit pro codex caudex, sicut pro cote*^ 
tis. Sens premier « tronc d’arbre », cf. caudica ; « v Cau 
creusée dans un tronc d’arbre », Isid., Or. ^ 
cocca, fr. coche, M. L. 1775 ; B. W. sous coche Iff) . 

« tablettes à écrire », cf. Varr. ap. Non. 535, li î ’ 
plures tabulas coniunctas codices dicebant ; et, paî- evf 1 
sion, « livre ». A l’époque impériale, le rapport ave T 
sens initial est si bien effacé qu’Ulpien parle de co <r 6 
membranei uel chartacei, Dig. 32, 52 pr. (comme ri 
parlons de « plumes d’acier »). Spécialisé dans l e S g Us 
de « livre de comptes » et, dans la langue du droit da^ 
celui de « recueil de lois, code », M. L. 2022. De ce se^ 
dérive côdicillus : 1° tablette à écrire, d’où « lettre ^ 
moire, petit livre », et spécialement « rescrit du prince b- 
2° écrit qui complète un testament, codicille. ’ 


Au premier sens de codex, caudex se rattachent côdi 
cârius (eau-) : -a nàuis : sorte de bateau de bois usité sur 
le Tibre ; côdicâriî : bateliers du Tibre, cf. de Saint-De- 
nis, Ét. class., XIV, 1946, p. 59; v. ratis ; excôdicàre 
(-cau-), synonyme de extirpâre ou de ablaqueàre , cf 
Pall., Ian. 1, ablaqueandae s uni uites, quod Itali excodï- 
care appellant. 


Sans étymologie connue. Peut- être faut-il songer à un 
rapport avec coda, cauda. Le suffixe de codex, caudex 
est le même que celui de uertex « cime d’un arbre » 


apex « sommet, pointe ». 


coemëtërium, -ï n. : cimetière. Emprunté par la 
langue de l’Église au gr. xotp.7]T7)piov. A côté de cette 
transcription livresque existent des formes de la langue 
parlée, comme le montrent les graphies avec iotacisme 
cimiterium, cimeterium, cymi- , coemi- (sans compter coe- 
menterium, cae- d’après caemenla , dont le rapprochait 
l’étymologie populaire) ; ces formes ont passé dans les 
langues romanes ; cf. M. L. 2023 ; B. W. s. u. et Thés. 


coemô : v. emô. 

coeô : v. eu. 

COëpî (et coepî), -istï, coeptus : j’ai commencé. Coëpï 
est le parfait à sens absolu d’un composé *co-apîsco(r) 
ou *coapiô, cf. ap.iô, et signifie proprement « je me suis 
mis à »- Encore trisyllabe chez les archaïques comme 
coëgî ; mais lé rapport avec apiô n’apparaissant plus, le 
groupe oe a été traité comme une diphtongue (e. g. Tér., 
Ad. 190), qui s’est ensuite réduite à ë; d’où des confu- 
sions fréquentes entre coepî et cëpî, cf. Thés. III 1422, 
13 sqq., et la glose de .Festus, P. F. 62, 7, deinceps qui 
deinde coepit, ut princeps qui primum coepit. Étant donné 
la confusion qui s’est établie en latin entre le parfait 
proprement dit et le passé historique, coëpï a pris le 
sens de « je commençai », à côté de celui de « j’ai com- 
mencé ». Aussi, pour remédier à cette ambiguïté, dès les 
plus anciens textes, la langue a créé un présent coepiô. 
(Plaute, Caton, Cécilius) et un dénominatif tiré de coep- 
tum , côeptô , -as, -are (Tér., Lucr., Cic. Arat. 131, Fin. 5, 9, 
24, où Cicéron emploie coeptat , présent (et aussi incipit), 
par opposition à coepî, passé) dont l’emploi se développe 
dans la prose impériale, notamment dans Tacite (cf. 
inceptô , à côté de incipiô ; il est possible que inceptô ait 
contribué à la création de coeptô) , ou d’autres verbes : 
occipiô (archaïque), incipiô. Sur coeptus a été bâti le 


— 131 — 


eolliciae 


. futur coeptürus. Coepî n’a pas passé dans les 
Pyromanes 


\sfl8 ü ' pgjuploi du passif coeptus sum avec ùn infinitif 
comme potestur, quïtur, v. Ernout-Thomas, Syn- 

V lat-, 26 éd ’’ P * 208 ' 

l<& e ’-j g U r lé sens « il commence » de hitt. epzi , de 
la particule réflexive -za, v., en dernier lieu, 
* e P ^ c i 1} Staatsvertràge, II, p. 154. 

coerceô, -5s : v. «rceô. 


fia (eu fia), -ae f. : coiffe. Bas latin; un exemple 
C ° Ven. Fort. Cf. Gloses de Reichenau, n° 321, éd. 
^Labhardt : teristrum genus ornamentum (sic) mulieris, 
. , dicunt quod sit eufia uel uitta. Mot étranger? M. 
f, 2024 ; B. W. sous coiffe. 

CÔgitÔ, eôgô : v. agô, agité. 


cognâtus : v. nâscor. 


co gnômen * v. némen. 

COgüÔSCÔ : v. nôscô. 

cohors (chôrs, cors ; curs, curtis tardif), -tis f. Dissyl- 
labe souvent chez les poètes et dans les transcriptions 
grecques anciennes (xoopTtç, Polyb.), cf. Diom., GLK I 
431, 22, omnis uox disyllaba priorem syllabam... acuit... 
c um alterutra positione longa est... ut cohors. Mais dans 
les inscriptions de l’époque impériale, très souvent mo- 
nosyllabe et transcrit en grec parx<6pT7j ou x^pç, xcopTTjç ; 
la scansion cors est fréquente, cf. Thés. III 1549, 81 sqq. 
Abl. sg. co(h)ortï, g. pl. co(h)ortium. Terme de la langue 
rurale « enclos, parc à bétail ou à instruments agricoles, 
basse-cour » ; cohortes sunt uillarum intra maceriam spa- 
tia, Non. 83, 11 ; sens conservé dans les langues romanes, 
ef. M. L. 2032, cohors, -ôrte; 2033, cohôrtîle. Dans la 
langue militaire, s’est spécialisé dans le sens de « divi- 
sion du camp » et « troupes cantonnées dans cette divi- 
sion » et est ainsi arrivé à désigner une subdivision de 
la légion, cf. Cincius ap. Gell. 16, 4, 16, in legione sunt 
centuriae LX, manipuli XXX, cohortes X, et la « suite » 
d’un chef. — Ancien, usuel. Panroman (v. B. W. cour) 
et celtique : irl. cuairt, cuirt. 

Dérivés : cohortâlis ( chor -, cor) ; cohortâlïnus ; cohor- 
ticula (cur-). 

De *co-grhtis. V. hortus. 


cohum (coum), -î n. : sub iugo medio cauum, quod bura 
extrema addita oppilatur, uocatur coum a cauo, Varr., L. 
L.Î5, 235. Désignerait donc une cavité du joug dans 
laquelle viendrait s’encastrer l’extrémité du timon de 
la charrue. Toutefois, pour Festus, cohum désigne la 
courroie qui sert à attacher le timon au joug : cohum 
lorum, quo temo buris cum iugo conligatur, a cohibendo 
dictum, P. F. 34, 26. Si le sens premier est bien celui de 
« cavité », il faut sans doute y rattacher la glose : 
cohum, poetae caelum dixerunt , a chao ex quo putabant 
caelum esse formatum, P. F. 34, 28 ; cf. Diom., GLK I 
365, 18, Verrius et Flaccus in postrema syllaba adspiran- 
dum probauerunt : cohum enim apud ueteres mundum 
significat, unde subtractum incohare. 

L’histoire du mot est obscure, parce qu’il n’est pas 
attesté en dehors des grammairiens et que ceux-ci ont 
été préoccupés d’identifier cohum dans le sens de « ciel » 
au gr. xâoç. Mais il est possible que l’explication de Var- 
ron soit la bonne et que coum, dans les deux sens, soit 


un doublet, sans doute dialectal, de cauum. On sait, en 
effet, que cauus représente un- ancien couos, qui s’est, 
du reste, maintenu dans certaines formes romanes (cf. 
cous,, dans M. L. 1796 et Einf . 3 , § 143, p. 160 ; Juret, 
Phonétique, p. 342). L’A de cohum serait purement gra- 
phique et destinée, comme dans ahënus, à marquer une 
prononciation dissyllabique, en évitant le groupe -uu- 
(= -çu-) ; la graphie choum serait influencée par xàoç. 
L’explication par une racine *qagh - n’est pas plus sûre. 
Y. incohare. 

coinquô ( coinquiô ), -is, -ere : verbe conservé par le 
rituel des frères Arvales, dans l’expression luci coin- 
quendi, et que l’abrégé de Festus glose par dëputâre, P. 
F. 56, 10, et aussi par coercëre, P. F. 57, 23 (sens non 
attesté). De là, le nom de la déesse Coinquenda-, pour 
la formation, cf. Commolenda. Étymologie incertaine. 

CÔlaepium, -ï n. : boulette de viande. Doublet popu- 
laire (Pétr. 70, 2) de côlÿphium (Plt.), emprunt au gr. 
xcoXéçiov, diminutif de xcoXrjv « cuisse ».î 

colaphus, -ï m. : taloche, coup de poing. Transcrip- 
tion « savante » du gr. x6Xa<poç déjà dans Plaute, comme 
colaphizô (Ital. ; colapizat, CGL IV 220, 19) de xoXaçlÇco. 
A côté de ces formes de la langue écrite ont existé des 
doublets populaires colpus (Lex Sal.) avec syncope de 
l’a intérieur (cf. caldus, etc.), auquel remontent les 
formes romanes du type français coup, cf. M. L. 2034, 
B. W. s. u., et gallois cwlff, clwff ; et *colopus (cf. colo- 
phus dans les manuscrits de Quintilien 6, 3, 83), dont 
dérivent le percolopâre de Pétrone, 44, 5, et le colopi- 
diârî (= colopizârï avec -di- issu de z) du Pseudo-Sora- 
nus, Epit. 69. Colopus, issu de colpus, est une forme dia- 
lectale qui présente un phénomène d’ « anaptyxe » 
osque ; cf. Buck, Osc.-Umbr. Gramm., § 79 et 1 ; Ernout, 
Philologica II, p. 151. 

côleus, -ï m. (usité surtout au pluriel) : opxiç, tes tis, 
testiculus; semble, toutefois, désigner un autre objet 
dans Cic., Fam. 9, 22, 4, « Testes » uerbum honeslissimum 
in iudicio , alio loco non nimis ; et honesti « colei Lanu- 
uini », « Cliternini » non honesti. 

Dérivés et composés : côleâtus et excôliâtus : excas - 
tràlus (Gloss.) ; culié (lat. côleô), -ônis m. (Gloss.) : fa- 
mex, spado contusis culionibus. Mot populaire (Labé- 
rius, Priap., Mart., Pétr.), sans étymologie claire, 
passé dans les langues romanes, cf. M. L. 2038, cô- 
leus ; 2036, côleô. Gf. culleus? 

colisatum, -î n. : mot gaulois cité par Pline 34, 163 
et désignant une sorte de chariot. 

collëga, collëgium : v. lex. 

eolliciae (colliquiae), -ârum f. pl. : tegulae, per quas 
aqua in uas defiuere potest, P. F. 101, 13, gouttières 
faites de tuiles concaves ; et rigoles chargées de séparer 
des terres les eaux pluviales et de les mener dans les 
fossés. Cf. P. F. 64, 8, délicia (deliquia, Vitr.) : est tignum 
quod a culmine ad tegulas angulares infimas uersus fas- 
tigatum collocatur : unde tectum delicicUum et tegulae deli- 
ciares. 

Dérivé : collicidris (tëgula) ; cf. aussi colliquiâria 
(Vitr.). 

Peut-être à rapprocher de ëlicës , cf. ap. Colum. 2, 8, 


collis 


— 132 — 


3, ut patentes liras crebrosque sulcos aquarios, quos nun- 
nulli elicès uocant , faciamus , et omnem umorem in colli- 
quias atque inde extra segetes deriuemus ; et dans P. F. 
101, 11, inliciuum dicilur , cum populus ad contionem 
dicitur , i. e. euocatur. Vndç et coïliciae tegulae e. q. s. 
Sans doute apparenté à liquor, lixa; les graphies colli- 
ciae , dêliciae seraient dues à un rapprochement avec les 
adjectifs du type êlicius, dérivé de laciô ; elles peuvent 
aussi être dérivées du pluriel ëlicês. V. lax et liqueô. 

collis, -is m. (et î. d’après Priscien, GLK II 169 10 
conformément à la tendance générale des thèmes en 
mais sans exemples sûrs) : colline, cf. Ov., Ars 2 71 
monte minor collis, campis erat altior aequis, et « col »’ 
B. Afric. 37, 5, m hoc lugo colles sunt pauci. — Ancien’ 
usuel. M. L. 2051- ’ 

Dérivés : colllnus , substantivé à basse époque col- 
lïna f. .(Grom., p. 314, 12 et 13) : colline, M. L. 2049 - 
colhculus , colhceïlus ; collicôsus ; *colliânus ( fundus) 
forme douteuse; coüifana f., tous rares et tardifs- coni 
pose collamontium? dans uneTab. Deuot., cf. Thés s u 
RappeUe lit. kdlnas « colline », got. halliis (sans doute 

? LLTh" rocber ” et > avec vocalisme radical zéro, 

. angl hyll « colline », gr. xoXwvéç, xoXtivi) « colline ». 
JUt. kalnas qui s accorde pour l’intonation avec kélti 
”’ fait supposer *kohn-, b, quoi lat. coUis ne con- 
tredit pas si, comme en grec, i.-e. a s’est amui après syl- 

moli ?j m « e ? ant 0 ’ J 3101,5 16 ra PP° rt uvec columen (y ce 
mot), de kehmen-, deviendrait clair. V. sax. holm « col- 
ime » (et, avec un sens dérivé, v. isl. holmr « île »] est 
aussi parent. Cf. celle , celsus. 1 

eolMcô : v. lücus. 

Ulfux’iï mJf° ll r ”• Che J Z Jes archaï ^“. cf. Thés. 

. . 58 ’ 73 i- le su cces de collum a pu être déter 
mine en partie par le collectif pluriel colla, qui est fré- 
quent, et en partie par lé fait que beaucoup de noms de 

ets&ns f U COrpS -^ nt neutres en ^tin) : cou (sens propre 
Gt derives )-— Ancien, usuel. M. L .2053 ; 

7 - D J ri J es et com POsés : collâris adj., et subst. n col- 
lare {seûferrum ou uinculum) et collàrium (ye siècle) - 
collier, M. L. 2042, B. W. s. u. v h a chollfZ J- 
collô , -ôs, M. L. 2506. ; de ~ 

Collas est issu de *kol-so-s (comme uelle de *uel-se) 

Cf got. hais « COU » m. On s’est demandé si ce mit 

ou a celui de k n el- « tourner », v. colô. En faveur de ln 

ZrTÎ ' 8 hyp ? hèse * on P eut mentionner gr. r P i X nX oç en 
face de v P o X o Ç qui est contesté, et lit. kàkl^fZ u? 
dont la ressemblance avec gr. xôxXoç « cercle» etc est 

œ ; TLL 1 — * - * - * ace « 

eolîÿra (colllra), -se f. : sorte de pain ou de galette 
emprunt popula.re (Plaute, puis langue de l’Sghse) au 
f- ; conservé dans quelques parlera romans ? 

ïamment de l’Italie du Sud. M. L. 2055. ’ 

CÔld 5 -3s : v. côlum. 

,; is ’ ® 0,uî l, wlere : cols est issu de 

???’ ia labl “;velaire existe encore dans inquilinus 

i?te . est devenu Phonétiquement *k»ols 

pu-s la labio-velaire a perdu son appendice vélaire de- 


vant ç : quolundam qu’on lit CIL F 364 est une f 
graphie archaïsante, cf. cèle. Alors que dans les la aUsse 
congénères la racine a le sens de « se mouvoir » « 
ver habituellement dans », en latin cols s’est ’snét- r ? U ' 
dans le sens de <r habiter » et « cultiver » • les denv* 11 ^ 
apparaissent également attestés dès l’époaue i a XSeas 
ancienne, les deux idées étant connexes pour un ? 1 " 5 
lat, on rurale, cf. agricole. Dans le sens de « hab» Pu ' 
cola* ete concurrencé par le composé incole (“??’’ 
éd Beck p. 47, 2 cohmus dcum uel agrum, incoU^' 
solummodo agrum) et surtout par le fréquenta»? 
habeo, habüo. Des expressions comme colere uii„L de 
scruitmem (cf. Thés. III 1678, 39 sqq.) gardent ? c ‘ 

Svr "• '* • - — S, S: 

r c =‘:,t 

e sens de « se plaire à, habiter dans, avec », pute ! „ ^ 
teger, chérir » ; cf. Vg., Ae. 1 16 ouam l- k pr °- 

Iun° fertur terris magis omnibus unam | poZhabüT ^ 
luisse Samo , où Servius note : « iLl dirham 
etiam cum maior mmorern diligeret. Puis le sens l 
étendu, et colô désignant vice versa le culte et Ip* ^ 6St 
neurs que les hommes rendent aux dieux a signifié « h”' 
norer, rendre un culte à » : superior cola J, nll c 2 
infenorem, a pu écrire le même Servius, B 3 61 ‘ 

Colô a cultiver » a pris également le sens’moral „„ 
e verbe a en français : colere uinüiem, artês etc ?, 

1 adjectif verbal cultus signifie le plus souvent « cultiv- 
moralement, élégant, orné », cf. Lui, us et le privah 
meultus (avec l’abstrait i ncultus, - ûs ) Usité ? ?? 
temps. M. L. 2037. h e tout 

A colô se rattache un substantif en -a, -cola seulemen, 
dans les composés (cf. -uena dans aduena) - accola ■ T 
cola : agricola sduicola, caelicola (= oôpLû X oç Esch ) ■ 

égafement? d ° miClhum ’ dérivé de *domicola? En dérivé 

colônus m. : celui qui tient lieu du propriétaire mri 

eUélVd S ° n l l GU et Place ’ (< fermier B ^ sens technique 
et legal du mot (pour la valeur du suffixe cf natr£, 

« celui qui fait fonction de père », en face de 
puis par extension « cultivateur » (par opposition? ni' 
tor) : habitant d’une colonie (= gr. XoixÔ oni ?! 

r?Æ fi- ablir tV a i ,iace de " 

un femimn colona et des dérivés : colônia « ferme » et 

?t S? (Se ?,- bStrait et , C0ncret )’ d ’ od germ Kôln, 

vis^ùné^r'’ ius - coisndtus • - 5s ™- 

Dérivés en cuit- : cultis : culture (sens physiaue et 
qt°I i, "f? 6 ’ mais rare (Cicéron et, après lui 

-alfil LLLo'. CUi T a : C ? tUre (S6nS P h y si 9 ue rt®»’ 
dans Cic et T T’ ffi - 5 culture (sens propre 

uans ^ic. et T.-L.) ; mais beaucoup plus emulové a., 

:r fl m ° r l; édUCati011 ’ culture ’ cMîsatio ^» y d’où 

maniéré d etre ou de se vêtir, mode » ; dans la langue 
religieuse, « culte » ; cultor, cultrïx : habitant cultiva 

-? r cGL a n 2? m ? a !’ * ? 1 cuUive ’ ^ honoT ’ e » ; «*0. 

2?80 GL 11 ’ S> 6 CUÜaior ’ Ibid -> IV 203, 8. M. L. 

Composés : accolô : habiter auprès de - accola m fnn 
pose a incola), M. L. 81 ; excolô : cultiver Il 

hLLLLdrrilT d . anS t ; J ncola m - ■■ habitant; dans 
-a langue du droit, traduit le gr. xâpcxoç ou \uio Moq , 


I 


— 133 — 


colubra 


rjaT opposition à cïuis, cf. Dig. 50, 16, 239, incola est 
Lj in aliquam regionem domicilium suum contulit , quem 
Qraeci 7 ràpoixov appellant ; Ibid. 50, 1, 29, incola et his 
jjiagistratibus parère debet apud quos incola est , et illis, 
a pud quos ciuis est ; de là, incolâtus , -üs (tardif) ; per- 
c olô • honorer grandement (archaïque et postclassique) 
gt en bas latin « habiter, cultiver » ; recolô : cultiver à 
nouveau (sens propre et figuré). Ancien, usuel et clas- 


| sifi 116 - 

A la racine de colô se rattachent aussi : Exquiliae [Es-) 
l pl. : nom d’un quartier situé primitivement hors de 
Rome et incorporé à la ville par Servius Tullius. Esqui- 
liae est à colô comme relliquiae à linquô. De là : Esqui - 
llnus; inquilinus : habitant et spécialement « loca- 
taire » ; inquilina. 

La racine *k w el- indiquait l’idée de « circuler autour » 
(v. collum ). La forme du présent qui est conservée dans 
co lô se retrouve dans skr. cârati (à côté de quoi existe 
une forme dialectale câlati) « il circule, il se meut » ; av. 
caraiti (même sens) ; hom. néXopoa (forme éolienne) « je 
me meus, je deviens » (avec aor.î e7rXop.7]v) et crét. teXo- 
p,oci « je serai », cypr. rev-rat « il sera ». A la différence de 
Pindo-iranien et du grec, le latin a développé un em- 
ploi avec valeur transitive. Le grec et l’indo-iranien in- 
diquent que la racine ne fournissait pas de parfait; 
c’est pour cela que le perfectum latin est coluï, forme 
nouvelle dans une racine monosyllabique (cf. cultus). 
Pour le sens général de la racine, il faut tenir compte 
du gr. 7c<ù}iop.ai « je vais et viens, je fréquente », sens 
qui se retrouve aussi dans -nroXeuco. — Les autres langues 
ont des formes nominales do la racine, notamment des 


formes signifiant « cercle, roue », sans redoublement dans 
la forme de type archaïque (nom thématique du genre 
neutre à vocalisme radical e) , v. pruss. kelan, v. isl. huel 
(et avec vocalisme altéré dans v. si. kolo ), avec redou- 
blement (naturel dans un terme technique), v. collum, 
dans skr. cakrâh, cakrâm , aves. caxrom , tokh. A kukàl, 
B kôkale ; v. angl. hweohl et hwéol (indiquant deux places 
du ton différentes), gr. xuxXoç, v.xoëXa. — Le sens de la 
racine ressort bien du second terme de composés tels 
que gr. [3ou-x6Xoç, al-xôXoç, ap.<piTroXoç, indiquant le per- 
sonnage qui circule autour du bœuf, de la chèvre, (du 
maître) et s’occupe d’eux ; le sanskrit a, de même, pari- 
car ah (c- d’après cârati) ; l’italique a connu le mot, 
comme on le voit par lat. anculus (v. ce mot). Cf. skr. 
dioâ-kardk « soleil » (qui circule le jour). Le sens de 
« s’occuper de », qui apparaît clairement ici, explique 
une partie des sens latins de colô. — Lat. colus « que- 
nouille » rappelle gr. néXoç « pivot, pôle » et aussi « terre 
retournée » ; cf. rtoXzïv et noXzùziv a retourner la terre ». 
Ce dernier sens est à rapprocher du sens agricole pris 
par colô en latin; ce sens s’explique par le caractère 
rural de la classe qui dominait à Rome durant la période 
ancienne.? 


color (ancien colôs, cf. Thés. III 1713, 9 sqq.), =ôrls 
m. : couleur, teint. La couleur servant souvent de carac- 
tère distinctif, ou étant ajoutée à un objet pour en dis- 
simuler l’aspect réel (cf. l’opposition de color et de cor- 
pus, Cic., Àc. 2, 34), color a pris des acceptions spéciales, 
notamment dans la langue de la rhétorique : 1° aspect, 
caractère particulier du style {color tragicus, poëticus , 
peut-être à l’imitation du gr. xP&fi- 1 *) î 2 ° aspect feint 


(« sous couleur de ; conter des couleurs ») ; par suite, 
« droit de colorer la vérité, prétexte, raison spécieuse » ; 
Don., Ph. 282, haec apud iudices pemOecn-ç oclrCaç dici- 
tur, h. e. translatif causae facti quem uolgo colorem no- 
mmant. Ancien, usuel. Panroman, sauf roumain. M. L. 
2056. 

Dérivés et composés : colôrô , -às, usuel et ancien, 
M. L. 2057 ; d’où colôràbilis (rare), colôrâlio, -tor, -tus, 
-ûs : xgolcrtç, -tûra : X poïop6ç, tous rares et techniques ; 
concolôrâns ; dêcolôrô; colôrârius (Gloss., Schol. de 
Perse = chrômatârius) ; colôrïnus (Gloss.), colôrius 
(tardif), peut-être reformé sur discolôrius (Pétr. 97 ; 
pour la formation, cf. in-iürius, nëfârïus) ; -colôrizô 
(hybride à suffixe grec qu’on trouve dans Diosc. 2, 63, 
formé d’après xpoi^co) ; colôrificus. Nombreux adjectifs 
composés dont le second terme est color : con-, dë-, 
dis-, bi-, multi-, albi-, auri -, uersi-color, etc., la plu- 
part rares et poétiques, faits sans doute sur le type 
grec 81 xp 00 Ç 3 SÊxp^poç, Xeoxéxpooç, etc. 

La comparaison avec le développement du sens de 
skr. vârnah « ce qui recouvre », d’où « couleur », montre 
que le mot est à grouper avec celô. Cf. aussi gr. xp“Ç et 
Xpcopa. Le germanique a, avec un vocalisme radical zéro, 
qui s’applique dans des dérivés, des thèmes secondaires 
tirés du thème en *es - attesté par lat. colôs : v. h. a. 
hulsa « gousse », hulst « couverture », got. hulistr « cou- 
verture ». — Le vocalisme radical o de color rappelle 
Celui de honôs. 

colostra (colustra), -ae f. ; colostrum, =î n. (on trouve 
plus souvent, semble-t-il, dans les auteurs, le féminin 
colostra, mais les grammairiens enseignent que le nom 
est neutre. Le féminin est peut-être tiré du pluriel neutre 
colostra , - ôrum , le nom étant assez souvent attesté au 
pluriel) : premier lait. Appartient surtout à la langue 
pastorale ; terme de tendresse dans Plaute. M. L. 2058. 

Dérivés : colostrâtus ; colostrâiiô ; colostreus « déli- 
cieux » (Cassiod.). 

Terme rural, d’origine obscure. Le rapprochement 
avec color et skr. çarah a peau du lait », got. hulistr 
« xàXuppa » se heurte au sens, colostra désignant seule- 
ment le premier lait : aut statim mulctum aut post feium , 
cf’ Serv., Ae. 5, 78, à moins d’admettre une spécialisa- 
tion secondaire de sens, invérifiable. Y. clusirïgô ? 

1. colpus : v. colaphus. 

2. coipns, -I m. : 1° golfe ; 2° vulve ; 3° ulcère. Em- 
prunt au gr. xéXxoç attesté depuis S t Jérôme et passé 
avec des déformations diverses [col jus, golfus, v. Thés, 
s. u.) dans les langues romanes. M. L. 2059 ; B, W. 
gouffre. 

colubra, -a© î. et eoluber, -brl et -bris m. {colubra 
est la forme la plus ancienne (Plaute) ; coluber n’appa- 
raît qu’à partir de Virgile : Serv,, Ae. 2, 47 i, colubram 
nonnulli promis cuum nomen tradunt, quod ut sonantius 
fierei finxit masculinum , ut diceretur coluber (Ovide a six 
fois colubra contre un exemple de coluber ) et est rare 
avant Apulée et Tertullien ; la flexion coluber, -bris est 
tardive et rare ; l’App. Probi blâme colober, GLK IV, 199, 
2 ; les formes romanes remontent à colobra, M. L. 2060, 
B. W. s. u : serpent (venimeux), uenenatis... colubris , 
déjà Lucr. 5, 27 et passim ; cf. à basse époque uipereus 
coluber , Victorin. leg. dom. 20. 


comminus 


— 136 — 


— 137 


cônlueo 


R. R. 3 5, 16, pisciculi vitro ac ciXro commetant. Rare, 
archaïque et familier, 
comminus : v. manus. 
commoetâculum : v. mütô. 
commuais, communie© : v. munis. 

CÔmÔ : v. emô. 

eomoedia, -a© f. : comédie ; cômoedus , -ï m. : comé- 
dien ; côrnicus : comique. Emprunts au gr. x<ùp.cû8Ca, -8oç, 
-ix6ç ; anciens (Plt.), usuels, mais toujours sentis comme 
étrangers ; les dérivés et composés sont de type grec, 
comme ceux de tragoedia . Formes savantes en roman. 

©ompâgës, compacta : v. pangô . 
eompedës : v. pës. 
compendium : v. pendô . 
compensé : v. pendô. 
compercô, compescô : v. parcô. 
comperiô : v. pariô. 
compîlô : v. plia. 

©ompitum : v. petô. 
compos : v. potis. 

coucha { conca ) , -a© f . : coquille, coquillage ; conque ; 
par suite tout objet fait de coquillage ou ressemblant à 
un coquillage : vase fait avec un coquillage ; sorte de 
mesure ; concavité, voûte du palais. Emprunt au gr. 
ycàyxn déjà dans Plaute (avec conchita, xoyxMç) et Ca- 
ton, demeuré avec des sens divers dans les langues 
romanes. M. L. 2112 ; en germanique : ags. cocc, et en 
celtique : irl. coca. 

Dérivés : conchâtus , concheus; conchvla { conc(u)la ), 
M. L. 2113. A la même famille appartient conchulium 
( conchi -, conci -, conquilium , Gloss.) : coquillage, 
pourpre = xoyxuXiov. M. L. 2114. V.ÎAndré c . u. 

conclus, -is f. ( cunchis forme ancienne, cf. Prise., 
GLK H 26, 26) : fève avec sa robe. Cf. gr. xéyxoç. De 
là, conc(h)ic(ü)la et conciclâtus (Apic.). 

conciens : V. inciëns. 

concilium, -I n. : convocation, a concalando, i.-e. uo- 
cando , P. F. 33, 27 ; d’où « assemblée, réunion » (dans 
les villes d’Italie), en particulier « assemblée delà plèbe » 
(par opposition aux comiiia), puis « réunion, ensemble » 
en général. Correspond à gr. auyxX^Toç (sc. boOx]ala) ; 
trad. cruYxptotç chez Lucrèce. Ancien, usuel. M. L. 2114 a. 
Le lieu où se tenaient des assemblées s’appelait conci- 
liàbulum, mot qui a fini par désigner l’assemblée elle- 
même (cf. côns ilium). Comme c’était dans ces assem- 
blées qu’on se réunissait pour conclure des affaires, trai-* 
ter des marchés, terminer des différends, former des 
alliances, etc., le verbe conciliô , -as, qui signifiait tout 
d’abord « assembler,, réunir », a pris des sens divers cor- 
respondant à cette activité des concilia , conciliâbula : 
concilier, se concilier (par opposition à abaliênàre) ; pro- 
curer, acheter, acquérir, cf. Plt., Tri. 856, eo conductor 
melius de me nu gas conciliauerit ; et aussi P. F. 54, 26, 
concüiatrix diciiur queue uiris conciliât uxores, et uxoribus 


uiros. C’est du sens de « acheter » que dérive celui de 
inconciliâre , verbe plautinien (Ba. 550-551 ; Mo. 6I3. 
Pe. 883-884, cf. incomitiàre , Cu. 400) qui veut dire 
« tromper (dans une vente), mettre dedans », cf. P . F. 9^ 
7, inconciliasii : comparasti , commendasti , uel, ut antiqu i, 
per dolum decepisti , et dans lequel in a un sens péj oral 
tif comme dans irdiciô (cf., au contraire, alliciô), m a , 
queô, inescô , indücô. 

Autre composé : réconcilia : rassembler, réconcilier; 
ramener ; restaurer, recouvrer, avec les dérivés ordi- 
naires. 

V. calô, -às. 

conciimô, -âs, -âuï, -âtiim, -are (et concinnor ?) ; 
arranger ; nettoyer, préparer. Terme technique, ancien, 
de sens concret, dont le sens varie avec les objets aux- 
quels il est joint : c. âream , trapëtum , lucernam , etc. 
Emploi obscur dans Naev., B. P. 38, insulam... | urit , 
populatur , uastat , rem hostium concinnat, où le verbe 
semble synonyme de corripiô , confundô. Au sens figuré * 
composer soigneusement (son style, etc.) , concinnare est 
apte componere , P. F. 33, 25, « soigner, inventer ». Dans 
la langue familière, construit avec deux accusatifs, s’em- 
ploie comme substitut expressif de facere, reddere ; de là 
Non. 43, 17 : concinnare est facere, ut Flavius Amphi- 
tryone (529) : lacrimantem concinnas lu tuam uxorem... 
Sed proprietas uerbi haec , quod apud ueteres cinnus po- 
tionis genus ex multis liquoribus confeclum dici solet. 
Sans doute étymologie populaire ; peut-être faut-il son- 
ger à une parenté avec cincinnus, cf. concinnâtor dans 
Colum., 1, préf. 5, capitum et capiüorum concinnatores 
et la traduction par aujzxXéxoj des gloses. Le développe- 
ment de sens serait le même que dans cômere, comptus . 

Formes nominales et dérivées : concinnus : bien ar- 
rangé, harmonieux, bien fait. Se dit de toute espèce 
d’objet, du corps, du visage, du discours (= xop^ôç). 
Synonyme familier de comme dus. — De là concinnitüdô 
formé par Cic., Inu. I 25, qui l’abandonne ensuite po.ur 
concinnitâs (= xop-^oTrjç, xojx^eta) ; inconcinnus (Gell. 7, 
12, 4), -itàs (id. 2, 26, 4), disconcinnus ; concinnis, -e; 
concinniter ; concinnâtor , -tiô (Caton), -türa (Gloss.), 
-menium, -ticius (rares et tardifs) ; ex-, re-concinnô. 

COUClpîl© : P. F. 54, 16, concipilauisti, dicium a 
Naeuio (com. 132) pro corripuisti et inuolasti. Repris 
dans ce sens par Apul., Apoi. 96 : c. bona. — Semble 
supposer un substantif *concipulum « fourre-tout »? Cf. 
capidum, -lus; dëcipula « piège à oiseau », muscipula 
{- lum ). Mais comme tous les autres exemples de conci- 
pilô se rapportent à un composé de capulô « couper », 
il se peut que la glose de Festus soit due à un faux rap- 
port avec capulum, de capiô.l 

conelâue : v. clau-. 

concors, -dis adj. ( concordis , Caec. ; -dius, CIL VIII 
8530) : de même, cœur, uni de cœur; ôp.ovooç. Ancien, 
classique, usuel. 

Dérivés : concordia f. : concorde (divinisée), accord 
(avec influence de chorda, cf. Quint., I. O. 5, 10, 124, 
etc.) ; concorditâs (Pac.) ; concorditer , -dë ; concordô , 
-âs et ses dérivés. Contraire : discors {discordis. Pom- 
pon.) ; discordia, -ae ( Discordia , Enn. ; - diurn , Calp.) \ 
discordé , etc. V= cor ; c{k)orda. 

eondalium : v. condulus. 


condemnô : v. damnô. 

condiô, -ÎS, -lui, -ïtum, -Ire : assaisonner, relever, 

. j cer (sens propre et figuré) ; spécialement « embau- 
mer ». Ancien, technique, usuel. M. L. 2123. 

Dérivés : condïmentum ( *condimen , M. L. 2122) ; 
condltiô (Yarr., Colum.) ; condltor (tardif), condltus , 
-iis (Col.), condïtâneus, condïtârius, condltüra (Col.). 
Terme technique. Sans étymologie sûre. Le rappro- 
chement de condô offre des difficultés de forme et de 
sens (cf. , toutefois, la spécialisation de conficiô ). 

condô : v. dô. 

condoma ( conduma , Grég. Tur.), -a© f. : ensemble de 
la maison. Bas latin, peut-être adaptation de ouvotxla = 
condominium. Les notes tironiennes ont aussi condo- 
jnina, cf. Du Gange, s. u. condamina. M. L. 2124. 

condulus : anulus, P. F. 34, 16. Cf. eondalium : simi- 
liter anuli genus , P. F. 34, 17. Condalium est dans 
Plaute ; condulus n’est connu que par la glose de Festus.' 

Emprunt à nne langue orientale, cf. skr. kûndalâm 
« boucle d’oreille, bague », comme le suppose Thurney- 
sen, ou au gr. xovSùXoç, xovSéXiov « articulation (parti- 
culièrement des doigts) ». Pour la façon dont se portait 
cet anneau, cf. Rich, s. u. 

condurdum, -I n. : nom d’une plante inconnue dans 
Pline. 26, 26. 

eondus : v. condô, sous dô. 

CÔnea : V. cicônia. 
confarreâtlô : v. far. 
conîeraa, conferueô : v. ferrümen. 
confestim : v. festïnus, -nô. 

COUfllgêS : loca dicuntur in quae undique confluunt 
uenti, P. F. 35, 21. Douteux. Si la glosé est exacte, peut- 
être apparenté à conflâre (cf. flâre } et influencé dans sa 
finale par conflugës, que cite Nonius 62, 15 : loca in 
quae riui diuersi confluant, et par confragës, glosé par 
Isid., Or. 14, 8, 27, loca in quae undique uenti currunt 
as sese frangunt. 

Un exemple de conflugës dans Livius Andronicus ; pas 
d’exemples des deux autres. Traduisent peut-être des 
adjectifs grecs comme aufXTrvooç, crüppooç, crûpp-qxToç. 

♦confirma (com-?) : mot de forme et de sens obscurs 
qu’on lit dans une scolie de Térence, An. 88 : symbola... 
est conferentia quam rustice uocamus confriuam (— pique- 
nique?). Sans autre exemple, et sans doute corrompu. 
La conjecture confrusa de F. Muller, cena ex uariis f rus- 
iis siue sportvlis composita, est sans valeur ; il n’y a pas 
en latin de verbe correspondant â frustum. 

♦conînit, ©onfutfiram, eonfore : formes d’un com- 
posé de sum, *cônsum, employé en sens de ëuenire , fieri, 
simvl esse. Verbe très rare, qu’on rëncontre chez Plaute, 
Mil. 941 ; Térence, Andr. 167, et chez quelques auteurs 
de basse époque. Y. Thés., sous confuit. 

confütô, -âs, -ârn, -àtum, -are : 1° abattre, faire 
tomber (sens physique) ; 2° réfuter, convaincre d’erreur, 
confondre (sens figuré, souvent joint à confundere, op- 
posé à confirmâre). Ancien (Plt., Gat.), classique, mais 


assez rare ; désuet dans la langue impériale. Non roman. 
Lès deux sens sont égaRment attestés à date ancienne ; le 
sens de commiscëre indiqué par Non. 87 à propos de Ti- 
tin., Com. 128, cocus magnum ahenum , quanda feruit, 
pâula confutat trua, semble issu d’une confusion avec 
confundô. 

Dérivés : confütâliô ( Rh. Her.), -tor (tardif). 
refütô , -âs : 1° refouler, repousser (sens physique) ; 
2° réfuter (sens moral, Cic;, etc.). 

Dérivés : refütâtiô (Cic.), -tor, -tôrius, -tàbilis (et 
irrefütâtus, -tàbilis), tardifs. 

Comme confütô est devenu synonyme de coar'guô, con- 
fundô, refütô l’est de redarguô, refellô. Classique, fré- 
quent dans Cicéron, rare à l’époque impériale. M. L. 
7165. Pour refüsàre, v. M. L. 7164. 

Composés d’un verbe *fülô qui n’est pas usité comme 
verbe simple, dont l’étymologie est incertaine. Le sens 
matériel, sans doute le plus ancien, inclinerait à rappro- 
cher les mots signifiant « battre ». Y. fütô et fut(t)uô. 

conger, -grï m. ( gonger , mss. ; congrus. Gloss. ; gun- 
grus. Prise., GLK II 26, 26 ; gongrus, Charis., GLK I 84, 
23) : congre. Ancien, usuel; M. L. 2144 (les formes re- 
montent en partie à grongus). Emprunt au gr. y6yyp°C 
ou mot « méditerranéen » de même origine. Sur la cor- 
respondance y = c, voir Fohalle, dans Mél. Vendryes, 
165 sqq., et Ernout, Aspects, p. 24 sqq. Le développe- 
ment de conger a dû être favorisé par l’existence des 
autres mots en con-. 

congeries : v. gerô. 

COngerrÔ : v. gerrae. 

congius, -ï m. : conge, mesure romaine, valant le hui- 
tième d’une amphore, ou six setiers. Attesté depuis 
Caton ; technique. M. L. 2146. 

Dérivés : congiâlis; congiârius : qui contient un 
conge ; et congiàrium : vase d’un conge ; distribution 
faite au peuple d’une de ces mesures de vivres ; par 
extension, « gratification, pot-de-vin ». 

Emprunt au gr. xoyxiov.(Antiph.) diminutif de xo yxr\, 
x6yx°Ç 5 qui, outre le coquillage, désigne aussi une mesure 
pour les liquides (Hippocr., etc.). Cet emprunt, direct 
ou indirect, a pu subir l’influence de modius. 

congruô : v. *gruô. 

cônmeô, -es, -M, -ère et eonluô, -is, -xî, -©re (cf. 
Prise., GLK II 478, 11 ; 479, 5 ; Thés. IV 320, 44 sqq. 
Les inscriptions et les bons manuscrits s’accordent à 
écrire coniueo ; la graphie conn- ne se trouve que dans 
les manuscrits inférieurs, cf. Thés. IV 320, 41 sqq.) : 
fermer (transitif et absolu, cf. Plt., Mo. 830), se fermer ; 
et plus spécialement « fermer les paupières, fermer les 
yeux ». Sens dérivé : 1° fermer les yeux sur, être indul- 
gent pour ; 2° être d’accord (surtout à l’époque impé- 
riale). 

Dérivés : cônluum « xâXu£ p68ou (xejxuxcùç » (Gloss.) et 
incônïuus (Apul., Amm.), incônïuëns (Apul.) « qüi ne 
ferme pas les yeux » ; cônluentia : 1° sens propre dans 
Chalc. Transi., p. 45 e , [palpebris] obductis uis ilia 
ignis intimi coniuentia tegminis (ôtocv tocutoc £up.(zéerfl) 
ccercetur; 2° indulgence, connivence; cônluolus : cq - 


côlum — 

Dérivés et composés : colubrïnus ; d’où colubrina 
f. = Spaxovvtç [xeydcXTj, couleuvrée ; colubrârius (épi- 
thète de noms de lieux) ; colubrifer (Ovide, Lucain 
d’après ôtpioûxoç, cf. anguifer ) ; colubrimodus (Coripp.). 
Sans étymologie claire. Peut-être emprunt au gr. x&~ 
XuSpoç (Havet, ALLG 4, 142) .T 

CÔlum, -ï n. ( côlus , CGL III 324, 54, 5) : passoire, 
filtre à vin (iunceum uel sparteum , Col. 12, 16, u.) ; ta- 
mis, nasse. Attesté depuis Caton; roman. M* L. 2062. 

Dénominatif : côlô, -às : filtrer [couler] ; d’où en bas 
latin côlàtüra, côlâtôrium. Côlô s’est substitué à fluô dans 
les langues romanes, où il est partout attesté ; cf. M. 

L. 2035 et 2035 a. Composés : dë -, ex- (M. L. 2978), in-, 
per-, re -, trâns-côlâre. 

Terme technique de la langue rustique, sans doute 
non romain. Joint à quallus ( quàlus ), qui désigne un 
objet de même nature et de même forme, dans Vg., G. 2, 
241-242, tu spisso uimine quallos | colaque prelorum fu- 
mosis deripe teclis. Toutefois quâlum est de sens plus 
général et désigne toute espèce de panier d’osier, cf. 
quâsillus , -làrius. 

ÎSans étymologie claire. 

columba, -ae f. et columbus, -ï m. : colombe, pi- 
geon. Correspondant à l’oiseau sauvage palumbës , cf. 
Serv., Ae. 5, 213, de his domesticis columba V. dicit... 
nam agrestes palumbës uocantur . Sur le genre, cf. Yarr., 
L- L. 9, 56, tum omnes mares etfeminae dicebantur colum- 
bae, quod non erant in eo usu domestico quo nunc ; (jiunc) 
contra , propter domesticos usus quod iniernouimus , appel- 
laiur mas columbus, femina columba. Toutefois columbus 
se lit déjà dans Plaute, Ru. 887, à côté de columba , 
Mi. 162. Les deux formes sont représentées en roman, 

M. L. 2066. Passé en germanique : ags. cul(u)fre, et en 
celtique : irl. côlum,- gail. colomen. 

Dérivés : columbâre (columbar) n. (d’un adjectif co- 
lumbâris) ; columbarium : 1° colombier, pigeonnier ; 
2° niche pour les urnes funéraires, M. L. 2063 a ; co- 
lumbinus, M. L. 2064 ; columbîna « verveine »? ; co - 
lumbula, M. L. 2065 ; columbor, -âris «c se becque- 
ter » ; etc. 

La comparaison de lat. palumbës (v. ce mot) et de v. 
si. golqbï « pigeon » (cf. r. golubôj « bleu ») engage à voir 
dans col- la désignation d’une couleur ; le grec a, en effet, 
x6Xup.6oç « petit grèbe », à côté de xeXaivéç « noir, 
sombre ». 

columbârês ( olïuae ) : olives confites. Déformation po- 
pulaire (Pallad.) de colymbades (olïuae) = xoXup.6à8eç 
èXàai qu’on lit dans Colum. ; v. Niedermann,. B. Ph. 
Woch., 1911, 1433. 

columen, -inis n. : faîte, partie supérieure ; en archi- 
tecture « poutre faîtière » ; « sommet ». Semble identique 
à cvlmen (plus récemment attesté, seulement depuis 
Yarron, semble-t-il ; sur Plaute, Tri. 85, v. Léo, ALLG 
10, 278), avec lequel il est souvent confondu dans les 
manuscrits et dont il serait un doublet, comme tegumen 
double tegmen; cf. Donat, Ph. 287, columen , culmen. 
An columen, columna , unde columellae apud ueteres dicti 
serui maiores domus? Les Acta fratrum Arualium em- 
ploient indifféremment sub diuo culmime et sub diuo 
columine. Les dérivés sont du type culm- : culmineus , 
-âlis, -âris, culminàre (Mart. Cap.). La différence de 


134 


forme provient peut-être d’une flexion columen , _ 
nis de *col(u)men-es sur laquelle on aurait reconst^. 1 ' 
deux séries : columen, columinis et culmen, culminé 

ien 



Mais columen s’emploie aussi avec le sens de « souti ( 


appui », comme columna, ainsi Pît., Cas. 536 


senau 


columen , praesidium popli ; Tér., Ph. 287, columen u 
familiae, où Donat note : sustentatio uel decus, ün ? 
columnae dictas. L’homonymie de columna a dû jouer 
rôle dans ce changement de sens ; à l’époque impérial ° 
columen n’est plus guère employé que dans un sens 
taphorique, voisin de columna, tandis qu’à culmen es { 
réservé le sens de « sommet », etc. Y. B. W. comble. 

V. collis, mais aussi cellô, celsus. 

*eolumis : saluus? L’authenticité de la forme est 
douteuse. Un accusatif columen est donné une fois dans 
Plaute, Tri. 743, par les manuscrits palatins, tandis q Ue 
l’Ambrosianus a correctement incolumem; columis au 
sens de « saluus, sain et sauf » est dû au fait que Ton 
croyait, à basse époque, reconnaître dans incolumis un 
in- augmentatif : cf. impinguis « ualdë pinguis », inopi. 
mus « ualdë opïmus », permane inquiétas , Didasc., Apost 
21, 27, éd. Hauler, où l’original grec porte pive ^ou^oç 
Columis « saluus » est exactement comparable à becilli • 
aegroti , infirmi, insani, CGL V 563, où bëcillus apparaît 
avec le même sens que imbëcillus. V., à ce sujet, M. Nie- 
dermann, IF 26, 52 sqq. La création de columis a pu 
être favorisée par un rapprochement avec columna, dû 
à l’étymologie populaire; cf. Isid., Or. 10, 55. 

columna., -ae f. (une forme columa est attestée par 
Quint. 1, 7, 29 et signalée comme barbarisme par Pom- 
peius, GLK V 283, 11 ; elle est sans doute refaite sur 
columella ) : colonne ; et au sens imagé « pilier, soutien », 
déjà dans Enn., A. 348, regni columnam; emploi rare 
et surtout attesté dans la langue de l’Église, où columna 
traduit <m5Xoç ; le latin classique dit plutôt columen dans 
ce sens. Les Latins établissent un rapport entre columna 
et culmen , columen, cf. P. F. 48, 7, columnae dictae quod 
culmina sustineant’, Serv., Ae. 8, 664, columnae mortuis 
nobilibus superponuntur ad ostendendum eorum columen , 
M. L. 2069. Celt. : irl. coloma, gall. colof. 

Dérivés et composés : columnâtus : qui s’appuie sur 
des colonnes ; de là columnâtum, -nàta n. : colon- 
nade (s) ; columnâtiô = 7repC<xTuXov ; columnâris et co- 
lumnar n. « carrière de marbre » ; -rius ; columella : 
colonnette ; colonne (d’un livre) ; soutien, pied de 
table. Surnom. M. L. 2067 ; columellàris m. ; columel- 
lus (bas latin) : dent angulaire ou canine de la mâ- 
choire supérieure ; dent de l’œil. M. L. 2068 ; inter- 
columnium (Rhet. ad Herenn.). 

Un rapport avec columen et cellô est probable. Le rap- 
prochement avec si. kolo « roue » (v. sous colô) ne trouve 
en latin aucun appui. 


colürinm, -ï n. : sorte de colonne brute. Mot de très 
basse époque (Sidoine), à rapprocher sans doute de la 
glose d’Hésychius xoXoupla* aTroTopio. ; cf. colürus = x<5- 
Xoupoç, mutüâtus (terme métrique) et colürï, -ôrum m. 
pl. : cercles qui divisent la sphère. 

colurnus : v. corulus. 

coins, -ï et coins, -üs m. et f. (confusion constante 
entre les deux formes et les genres ; toutefois, le féminin 


— 135 

. D j uS fréquent avec les formes de la 4 e déclinaison, 
sert® £ sa ns doute les plus anciennes, comme le prouve 
^rminutif coluc(u)la; cf. acus / acuc(u)la. Il se peut, 

J fl d . 1 . urs que, comme pour domus, un thème en -o- ait 
^ côté du thème en -u-) : quenouille. Sur la forme 
^remploi de l’instrument, voir Rich s. u. colus, fûsus, 

- Attesté depuis Plaute. Les gloses ont conservé les 
‘nutifs coluc(u)la, colucella et, avec dissimilation du 
^ lD rnier ^ CO nuc(u)la, auquel remontent le fr. quenouille 
P è . v jj’ a. cunch(a)la « Kunkel », chonachla ; conucella ; 
f dans Diosc. 3, 93 W dcTpaxTuXiç (sorte de chardon dont 
f îse servait à fabriquer des fuseaux) . . . ‘Pûjpuxïot 7rpe- 
1 ' ouu ol ^ 9 °n^°oç dypécraç, oi 8è xouvooxXa poécraxa. 
yl L 2061, colucula et conucla ; incolicâre. M. L. 4360. 
fri. cuigel- 
V. colô . 

com - v - cum - 

coma, -ae 1- : emprunt au gr. xo(xt) « chevelure », de 
caractère surtout poétique.! Le mot a été latinisé assez 
vite pour fournir des dérivés proprement latins : comâns 
/attesté à partir de Yirgile, tandis que le verbe comô, 

.âs et comor est beaucoup plus tardif [Tert., S* Aug.] et 
refait sur comâns, comâtus : non est enim uerbum coma, 
dit Servius, Ae. 3, 468) ; comâtus (cf. Gallia comàta ) ; 
comula’, les noms Comâtius , - tullus , -tilla; les composés 
H- horri-comis et les hybrides acersocomis, eryihrocomis, 
leucocomis. Ancien, usuel, panroman (sauf français). M. 

L. 2071. 

combennônës : v. benna. 

combrëtum, -î n. : plante ressemblant au bàccar?, 
cf. Pline 21, 30 et 133, et André, Lex., s. u. Il s’agit sans 
doute d’un ancien collectif en -ëtum, cf. dümëtum, etc., 
qui a servi ensuite à désigner la plante elle-même (cf. 
bolëtum). Mot gaulois selon Bertoldi? 

Le rapprochement souvent indiqué avec le mot isolé 
lit. svendrai, qui désigne une sorte de roseau, est en l’air. 
L’indo-européen n’admet pas, en général, k... dh... 

combürô : v. bustum et ürô. 

comes 5 -itls c. : qui va avec, compagnon [de marche]. 

On l’explique généralement par *com-it-s (v. eô), cf. 
pedes. L’e du nominatif au lieu de i attendu ( *eomis ) 
s’expliquerait par l’influence de eques, miles. Pour la 
forme et le sens, cf. cnivoSoç. Mais cornes peut avoir été 
fait sur le modèle de eques, qui a entraîné pedes. Ancien, 
usuel. — La notion de marche est bien sentie des an- 
ciens ; mais, dans l’usage, cornes a le sens large de « com- 
pagnon », êTaîpoç. Le cornes accompagne souvent un 
supérieur; cf. Ulp., Dig. 47, 10, 15, 16, comitem accipere 
debemus eum qui comitetur et sequatur et, ut ait Labeo , 
siue liberum, siue seruum, siue masculum , siue feminam; 
et ita comitem Labeo définit « qui frequentandi cuïusque 
causa, ut sequeretur destinatus in publico priuatoue abduc- 
tus fuerit ». Il accompagne notamment. les magistrats 
en fonction, les proconsuls, par exemple, et, à l’époque 
impériale, des comités sont attachés officiellement aux 
empereurs ( comités ordinis prïmï, secundï , tertiï) et char- 
gés de différentes fonctions ( comitïua , cf. comitiânus), 
d’où fr. comte (v. fr. cuens ), it. conte, esp. conde, cf. M. 

L. 2078, 2081, *comitissa, cornes stabuli, M. L. 2078 a; 
b* W. connétable. Irl. coem. 


— commëtô 

Dénominatif : comité, -âs (et comitor ) avec ses compo- 
sés ; d’où concomitô. 

. côinis 5 -e adj. (la forme ancienne est peut-être cosmis, 
qu’on lit dans l’inscription de Buenos , CIL I 2 3 ; toute- 
fois, le sens du mot y est incertain) : bienveillant, affable, 
indulgent, aimable, opposé par Cic. à asper , Rep. 1, 50, 
comme comités à seuëritàs , Or. 34, Bru. 148 ; cf. Thés. 
III 1791, 6 sqq. 

Emploi assez rare ; à partir de l’époque impériale ne 
se rencontre plus que dans Horace, Ovide, Tite-Live, 
Tacite, Fronton, Apulée et Ausone. La langue de l’Église 
et les écrivains vulgaires l’ignorent. Ni comparatif, ni 
superlatif. Non roman. 

Dérivés : cômiter, comités . 

Si cosmis est la forme ancienne, on pourrait songer à 
voir dans cômis un composé de la racine *smei- a rire, 
sourire »,îet le sens premier serait « qui sourit avec », 
cf. cômis frôns, cômës oculï, T.-L. 1, 22, 5 ; Ov., Ars 5, 
510, et le gr. (piXop-p-etSi^ç. 

cômissor, -âris, -àrï (cômessor, graphie récente qui a 
subi l’influence de comësse , comësus, cf. cômëssâtiô, 
Thés. III 1789 sqq. ; et CGL IV 41 et 408) : faire bom- 
bance. Emprunt ancien (Plaute) et populaire au gr. 
x<t>p.àÇ<o (pour l’£, cf. moechissô), qui a fourni des dérivés 
proprement latins : cômissàbundus , côpiissâtor, cômissâ- 
tiô. La forme est influencée par le type en -£Ço, qui a 
fourni le gros des verbes empruntés par le latin au grec. 
Passé au déponent comme opsônor , peut-être d’après 
epulor et parce que le verbe désigne une activité à la- 
quelle le sujet est particulièrement intéressé. 

comitîum, -ï n. : désigne non pas le fait d’accompa- 
gner, mais le lieu de réunion, comitium qui locus a 
coeundo, i. e. insimul ueniendo est dictas, P. F. 34, 13, 
puis « l’assemblée ». Souvent joint et opposé à forum. Il 
doit s’agir d’une formation indépendante, du même type 
que [sôljstitium ; *com-, servant de premier terme de 
composé nominal, a été traité autrement que dans co-eô , 
où il est préverbe, cf. sVi. sdm-üih f. Le pluriel comitia 
désigne les assemblées légales et convoquées par le ma- 
gistrat (par opposition à contiô « réunion- publique ») : 
comitia calâta, cüriàta, centuriâta. 

Dérivés : comitiâlis : diës c., morbus c. « le haut mal, 
l’épilepsie » : prohibere comitia dicitur uitiare diem 
morbo qui uolgo quidem maior , ceterum ob id ipsum 
comitiâlis appellatur , F. 268, 13 ; comitiô, -âs « aller 
aux comices, désigner dans les comices » ; incomitiô 
« insulter en public » (mot plautinien). Pour la forme 
et l’emploi, cf. concilium. V. eô, ïre. 

commeâtus, -ûs m. : v. meô. 
commendô, -âs : v. mandé. 

commentum, -I n. ; commenter : v. mëns, minïscor. 
eommercium : v. merx. 

commëtô, -âs, -âr© : fréquenter, aller sans cesse vers, 
e. g. Plt., Cap. 185, meus scruposam uictus commetat 
uiam; Tér., Haut. 444, paterere filium | commetare (ex 
schol. ; commeare codd.) ad mulierculam. 

Semble un fréquentatif de com-meô, cf. Sisenna, frg. 
inc. 2, in eam paludem multi piscium commeant, et Varr., 


coniux 


— 138 — 


niuoli oculi sunt in angustum coacti coniuentibus palpe- 

bris P. F- 36, 20 ; coniuola, occulta , id. 53, 21. 

Cf. nictus , nictâre. Cônixï est sans doute la forme an- 
cienne (Turpilius ; conïuï , Ninnius, de date incertaine, 
mais sans doute de l’époque impériale) ; la racine com- 
porte, en effet, une gutturale et se présente sous la 
forme *kneig w h- à en juger par got. hneiwan, v. h. a. 
hnlgan « sich neigen », etc. Le sens premier est sans 
doute « s’appuyer », qu’on trouve du reste attesté pour 
nictâre . Il y a parenté possible, mais plus lointaine, avec 
nïtor, nïxus, cf. nïxârl. Mais cette racine *kneig w h- 
serait contraire au principe suivant lequel une racine 
finissant par sonore aspirée ne peut commencer par une 
sourde. Les formes germaniques concordent mal entre 
elles. Ombr. conegos, kunikaz« genü nixus » est énig- 
matique. 

comux : v. iungô. 

cônôpium (-pëiun), -In.: emprunt au gr. xcovcoueTov 
« moustiquaire », a ensuite désigné le lit de repos recou- 
vert par la moustiquaire ; cf. Juv. 6, 80 ; Vulg., Judith 
10, 19, Holofernem sedentem in conopio. M. L. 2153 ; B. 
W. canapé. 

eonor, -âris, -âtns suin, -ârî (quelques traces de cônô 
actif dans la langue vulgaire, cf. Thés. IV 346, 44 sqq.) : 
le sens premier semble avoir été « se mettre en marche », 
cf. T.-L. 45, 23, 15, Atheniensium populum fama est cele- 
rem et supra uires audacem esse ad conandum, Lace- 
daemoniorum cunctatorem et uix in ea, quibus fidit, in- 
grédient em m , P. F. 131, 17, muginari est nugari et 
quasi tarde conari ; Enn., Scen. 336, itiner... conatum 
(cf. Pac., Trag. 45 ; Vg., Ae. 10, 684) ; Tér., Ph. 52, at 
ego obuiam conabar tibi ; Pac., Trag. 227, si ire conor\ 
Afran., Com. 47, qui conere noctu clancülum rus ire. De 
là « entreprendre, essayer », souvent, mais non néces- 
sairement, avec une idée d’effort, due peut-être à l’in- 
fluence de cônïtor, avec lequel il est parfois confondu, 
cf. Thés. IV 349, 58 sqq. — Ancien et usité à toutes les 
époques, mais non conservé dans les langues romanes, 
sauf peut-être dans un dérivé logoud. M. L. 2109 a. 

Dérivés : cônâmen (poétique) ; cônâmentum ; cônâ- 

tus , -üs m. ; cônâtiô (Sén.). 

L’explication par *co-uënor , avec la racine qui est 
dans Venus , uënor , est peu vraisemblable. Peut-être ité- 
ratif-intensif, apparenté au gr. xoveïv ènelyeaftcu, èvep- 
yeîv, uniquement dans Hes. et sans étymologie : ce rap- 
prochement limité à deux langues est peu probant. 

conquimscô, -is, -quëxï, -ïscere : -o caput inclino , 
Prise., GLK II 508, 28 ; -ere inclinari , Non. 84, 14. Rare 
et archaïque, deux exemples de Plaute, un de Pompo- 
n:us. Avec un autre préverbe ocquinîscô : - ere est proprie 
inclinari , dit Non. 146, 22, citant deux exemples de 
Pomponius. Mots sans doute populaires. Pas de déri- 
vés. 

Le présent conquiniscô comporte une double caracté- 
ristique, un suffixe nasal qui se retrouve dans le v. si. 
isteznoti « disparaître » (de *is-cezntdi) en face de kaziti 
« détruire » et le suffixe complexe -ïscô, courant en latin. 
Le perfectum conquexï et l’adverbe coxim (v. ce mot) 
montrent la forme simple *k w eg-. L’e de conquexï doit 
être long, sinon l’on attendrait *-coxï. La racine se re- 
trouve dans v. isl. hvika, « branler, fléchir » (prêt, hvak ), 


hvikull « branlant, peu solide ». — Dans coxus , Co . *3 

incoxâre, il y a l’s du désidératif (avec influencé’ 1 
coxa ?) ; cf. le type noxa. ■■ 

conscius, -a, -um adj. : qui partage avec queW 
la connaissance de quelque chose, confident, comp^' 
conscient. Ancien, usuel. ^ 

Dérivé : conscientia , calque du gr. ouveCS^triç (m. 

Her., Cic., langue de l’Église). V. sciô. e - 

consens, consentes : uniquement attesté dans \\ * 

pression Dï Consentes , qui désigne le conseil des dem 
grands dieux, dont l’origine est étrusque ; cf. Varr. ? 

R. 1, 1, 4. Ordinairement expliqué comme le particic 
d’un composé de sum, cônsum, très peu usité. Mais rat 
taché par les Latins à cônsentiô (Arn., Nat. 3, 4o, en 
fait le synonyme de complicës) ; cf. P. F. 57, 14, cojis en , 
tia sacra , quae ex multorum consensu sunt statuta • e t 
CIL III, 1935, consentio deorum Marcana Sozomene'i m- 
perio fecit, comme si l’adjectif était issu par haplologi e 
de *cônsent{i) entés (cf. sententia). Cf. le suivant. 

cônsentàneus, -a, -nm : v. sentiô. Une dérivation de 
consens est moins vraisemblable, étant donné dissentà - 
neus (Cic., Part. 7) et assentâneus (Gloss.) ; toutefois 
cf. praesentâneus. Croisement? 

considéré, -as : v. sïdus. 

cônsilïgô, -inis f. : espèce d’hellébore (vert?), plante 
médicinale et magique. Même suffixe -ïgô que dans 
silïgô, autre nom de plante, d’origine également incon- 
nue. V. Ernout, Philologica I, p. 177 ; André s. u. 

cônsilium : v. cônsulô. 

Cônsïua ; Cônsïuius : v. Cônsus et serô « semer ». 

cônsobrïnus : v. soror. 

CÔnsol(i)da, -ae f. : consoude, plante. Semble fait sur 
gr. oup.<puTov. M. L. 2168 ; m. h. a. cunsele « Gunsel ». De 
cônsolidâre ; cf. solidus. Cf. peruinca. 

cônsôlor : v. sôlor. 

cônsors : v. sors, serô. 

consterné, -as, -àuï, -âtnm, -are : abattre. Ne doit 
pas être séparé de sternô , -is ; cf. prôflïgâre à .côté de 
fiïgere. V. sternô. 

consul, -is m. (ancienne forme consol, cosol , CIL I 2 7, 

8 ; cf. Thés. III 562, 27 sqq.) : consul, nom donné aux 
deux premiers magistrats de la république romaine. 
Origine obscure. Pour les anciens, c’est, semble-t-il, un 
post- verbal de cônsulô , cf. Acc., Praet. 39, qui recte con- 
sulat, consul cluat ; Varr., L. L. 5, 80, consul nominatus 
qui consuleret populum et senaXum ; Cic., Leg. 3, 8, regio 
imperio duo sunto , iique a praeeundo iudicando consu- 
lendo praetores indices consules appellamino ; Den. Haï, 
Ant. 4, 76, 2, traduit cônsulês par oo(j.6oûXouç n 7rpo6oô- 
Xooç, etc. ; cf. les témoignages dans le Thés. IV 252, 

8 sqq. Mais cônsulô lui-même se laisse difficilement ex- 
pliquer. Si le sens de « consulter, mettre en délibération 
dans une assemblée » incline à voir dans le mot le pré- 
verbe con- (com-), le second élément ne se laisse pas 
déterminer, faute de pouvoir retracer avec exactitude 
l’origine et les fonctions des magistrats dits cônsulês et 
le sens premier de cônsulô. La ressemblance entre consul 


— 139 


contaminé 


ni est troublante, mais peut être fortuite ; et, du 
et P raeS ~ nSU lô, -is ne peut guère être un dénominatif de 
re s * ,e, /? on attendrait plutôt *cônsulô, -as. MM. Peder- 
^ f Muller Izn. ont supposé une parenté avec cënseô , 
se ° et lisme o provenant d’un causatif, le consul étant 
le énoncer un avis (cënseô), mais ni le sens, 

forme ne s’expliquent bien. M. Thurneysen, com- 
ni ^ t osq- kûmparakiners a cônsiliï », comparascus - 
P aran côn sulta erit », qu’on rapproche de lat. compëscô 
wr * eS t loin par le sens), a imaginé de rapprocher 
(^keîv « prendre » de la racine *sel- (v. Boisacq s. u.) ; 
8 r \ ce tt e racine n’est pas représentée en latin (sur 
majS . v ce mot). Les autres tentatives d’explication 
5 t moins plausibles encore (par exemple, cônsilium , 
S ?\on-sidium ; cf. sedeô, avec l « sabin »). Reste l’hypo- 
hèse d’un emprunt, qui n’est pas impossible, mais qui 
te indémontrable ; v. Leifer, St. z. antiken Aemterwe - 
rG 1 296, n. 2. Demeuré dans quelques dialectes romans. 
yf fj. 217? ; et en irl. consal. 

Dérivés et composés : cônsulâris ; cônsulâtus, -üs 
m . proconsul : nominatif tiré de l’expression Jega- 
ms] P r0 consuïe « délégué tenant lieu du consul », 
comme duumuir a été tiré du génitif pluriel duumui- 
rum, etc. De là prôcônsulâris, etc. 

cônsulô, »is, -uï, -tmn, -ere (graphies anciennes 
co[ n )solo, cf. Thés. IV 576, 40 sqq. ; l’existence d’un 
simple solinô qui, d’après Messalla cité par Festus 476, 
24 aurait le sens de cônsulô est problématique, car le 
même Festus, p. 160, 3, glose solinunt par soient : la 
forme tardive cônsuleô est refaite sur cônsuluï) : 1° réu- 
nir pour une délibération ; consulter (une assemblée, en 
particulier le Sénat ; se dit des consuls e. g. Q. M ardus 
L, f . S. Postumius L. f. cos. senatum consoluerunt apud 
adem Duelonai , SG Ba. ; T.-L. 2, 29, 5, senatus tumul- 
iuose uocatus tumulluosius consulitur ; 24, 22, 6, nulla 
de re neque conuocati neque consulti fuerant ; cf. Thés. IV 
581, 22 sqq. ; d’où Plt., Men. 700, consulam hanc rem 
amicos) ; 2° délibérer (emploi absolu) et « mettre en déli-‘ 
bération » (emploi transitif) ; cf. au passif SG Ba., quom 
ea res cosoleretur. D’où senâtûs cônsultum : délibération 
du Sénat, sénatus-consulte ; iüriscônsultus : qui est con- 
sulté sur le droit, jurisconsulte. 

Dans la langue commune, cônsulere construit avec le 
datif a aussi le sens de « veiller aux intérêts de, pour- 
voir à » ; il est synonyme de aestimâre, facere dans l’ex- 
pression boni cônsulere. 

Adj. cônsultus, sens actif et. passif : qui a délibéré, 
sage, .réfléchi ; qui a été délibéré : cônsultum cônsilium , 
Plt., Mi. 602, Gell. 2, 19, 4 ; subst. cônsultus ; cônsultum ; 
adv. consulté, consulté. Dénominatif consulté, -âs de 
même sens que cônsulô. Contraire : incônsultus. De con- 
sultas : cônsulentia (très tardif). 

A cônsulô se rattache : cônsilium (cf. exulô/exilium ; 
*concalô, *conculô / concilium) : 1° endroit où l’on déli- 
bère; conseil, assemblée délibérante, cf. Plt., Mi. 197, 
dum ego mïhi consilia in animum conuoco et dum con- 
sulo j quid agam ; Cic., Phi. 4, 6, 14, senatum, i&e. qrbis 
terrae cônsilium , delere gestit. et l’expression fréquente 
consilii sententia , cf. Thés. IV 459, 49 sqq. ; 2° consulta- 
tion, délibération, résolution prise (capere, inïre cônsi- 
lium) : est aliquid faciendi aut non faciendi excogitata 
ratio, Cic. Delà, dans la langue commune, « projet, des- 


sein », et, avec mise en relief, « dessein mûri et réfléchi », 
d’où « bon conseil, sagesse, prévoyance ». M. L. 2164. 
Irl. coisil, britt. cusyl. 

Dérivés : cônsilior, -âris (et cônsüiô, M. L. 2163) : 
délibérer = (3ouXeôop.oci ; cônsiliârius : (louXeu-uxôç et 
cnjptSouXoç ; cônsiliâtor, -trïx ; cônsiliôsus (rare et ar- 
chaïque) « cônsiliï plënus ». 

Cônsus, -I m. (le dérivé Cônsuâlia suppose une an- 
cienne flexion cônsus, -üs d’un thème en -u-, sans doute 
ancien nom abstrait personnifié et divinisé? Cf. Iânus, 
Jànuâlia et Sancus, Sanqualis) : ancien dieu chthonien 
dont le temple ou l’autel était situé sous terre ; cf. Serv., 
Ae. 8, 636, Cônsus autem deus est consiliorum (étymolo- 
gie populaire, cf. P. F. 36, 19), qui ideo templum sub 
circô habet (cf. Tert., Spect. 5, et nunc ara Conso illi in 
circo demersa est ad primas metas sub terra) ut osten - 
datur esse cônsilium. Il est identifié avec le Nep- 
tünus equestris ; cf. Serv. auct. Ae. 8, 635, JRomulus 
celetes se Neptuno, equestri deo, qui et Cônsus dicitur , edi- 
turum proposuit. . . Iste Cônsus et eques Neptunus dicitur, 
unde etiam in honorem eius circenses celebrantur. Aux 
Cônsuâlia, chevaux et mulets étaient couronnés de fleurs 
et exempts de travail. Semble sans rapport avec condô 
ni avec Cônsïuus ; abscônsus est une forme récente. 
Peut-être d’origine étrusque. Gf. Ernout, Philologica II, 
p. 173 sqq. 

contàminô, -âs, -are : proprement « entrer en con- 
tact avec » : contaminare contingere est (Donat, Gloss.), 
sens rare, le verbe ayant pris un sens péjoratif « souiller 
par contact », cf. Don., An. 16, -re proprie est manibus 
luto plenis aliquid attingere et polluere , puis plus géné- 
ralement « souiller, contaminer, salir » (sens physique 
et moral). Dans la langue littéraire (Térence), a le sens 
spécial de « rendre méconnaissable en mélangeant ». 

Formes nominales : contâmen (attesté seulement à 
très basse époque : Carm. adu. Marc., Mart. Gap., Cod. 
Iust.) ; contâminâtiô , -tor, -bilis, tous trois tardifs et ap- 
partenant presque exclusivement à la langue de 
l’Église; incontâminâtus (déjà dans Varr., R. R. 3, 9, 
16) ; incontâminâbilis (latin d’Église). 

A contàminô s’apparentent : attâminô, synonyme de 
attingô, attesté à basse époque, surtout dans la langue 
de l’Église, e. g. Ambros., in Psalm. 118, 14, noli... 
altaminare luxuriam et ilia te contaminare non poterit', 
intâminâtus : non souillé (trad. de àpCocvxoç, Hor., G. 3, 
2, 18 ; Tert., fait d’après intâclus) ; intâminâbilis (latin 
d’Église) ; un verbe intâminâre est également supposé 
par une série de dérivés romans, M. L. 4478. 

Ccntâminâtus s’oppose à integer (cf. Cic., Top. 69, ut 
anteponantur... integra contaminatis) et l’adjectif a été 
rapproché de contâgiô, contingere, e. g. Cic., Dom. 108, 
qui cliqua se contagicne praedae... contaminauerunt. 

Un rapport avec tango a été établi par les Latins. 
Intâminâtus supposerait donc un verbe *lâminô (réta- 
bli conjecturalement et à tort par quelques critiques 
dans Fest. 500, 7 et P. F. 501, 4, où les manuscrits 
portent : temerare, uiolare sacra et contaminare), lequel 
à son tour supposerait *-tâmen, de *-tag-s-men (cf. exa- 
men, de *ex-ag-s-men, en face de agmen) « fait de tou- 
cher, contact (impur) ». Ce *-tâmen pourrait être un 
ancien terme du vocabulaire religieux; cf. l’emploi de 
tango dans la loi de Numa, P. F. 248, 5, pelex (pae-) 


contemplô 

aram Iunonis ne tangito : si tanget (lire tagit ?), Junoni 
crinibus demissis agnum feminam caedito ; et le fameux : 
mulier, noli me tangere . — Mais on ne trouve à date 
ancienne que conlâminô et contâgiô { contâgium , con- 
tages) ; quant à contâmen, étant donné la date tardive 
à laquelle il apparaît, il semble bien, non pas le primitif 
de contaminé, mais un dérivé post-verbal de ce verbe, 
bâti sur le type examen , examiné, et intâminâtus est une 
création analogique récente. — Attâminô semble, de 
même, refait sur contaminé, d’après le rapport contin- 
gere/atlingere.Yoir J. B. Hofmann, IF 53, p. 187 sqq. ; 
Pisani, Ibid., p. 27. Groupe obscur. 

contemplô, -plor : v. templum. 
contentas, -a, -lim : v. teneé , contineô. 

continor (-nuor), -àris, -âtus sum, -ârï : rencontrer. 
Verbe rare, archaïque (Sisenna) et repris par les archaï- 
sants de l’époque impériale (Apul., Panég., etc.). Sou- 
vent écrit continuor par rapprochement avec continuus ; 
mais ce n’est peut-être qu’une étymologie populaire ; le 
rapprochement avec contié n’est pas plus assuré. Non 
roman. 

continuas : v. teneé , contineé. 

contiô, -Ônis f. : — significat conuentum , non tamen 
alium quam eum qui <V> magistratu uel a sacerdote publicô 
per praeconem conuocatur , P. F. 34, 1. Du sens de « assem- 
blée, réunion publique », on passe à celui de « discours 
prononcé devant le peuple assemblé » ; de là contiénor, 
-àris et ses dérivés; pour le sens, cf. gr. àyopào^ai et 
àyopeutù, de àyopà. — Ancien, usuel, classique. Rare 
après Hadrien. 

L’ablatif couentionid du SG Ba. indique le sentiment 
qu’on avait de l’étymologie *co-uentié (les graphies de 
l’inscription sont étymologiques plus que phonétiques). 

contra (et contra ? Les exemples de la brève sont 
rares, Enn., A. 563 ; Inc. 30 ; cf. Thés. IV 738, 13 sqq. ; 
Lindsay, Early Lat. verse, p. 116. Un doublet eontrô- 
figure dans contréuersia, contréuersus, cf. ultré/ ultra ; 
citré fcitrà). Préverbe, adverbe et préposition (suivie de 
l’accusatif) : contre, en face de, au contraire ; correspond 
à gr. àvxi, avTTjv, ê£ èvavrlaç. Ancien (surtout dans l’em- 
ploi adverbial, dominant chez Plt. et Enn., seul attesté 
chez Térence), usuel. Panroman. M. L. 2187, et *con- 
trâta, 2191. B. W. contre. 

Dérivé : conlrârius — èvocvrCoç, M. L. 2190, irl. con- 
trarda, cotarsna ; dérivé tardif contrariétés — htocv- 
Tto-njç, et même. quelquefois « contrariété ». Contra 
sert de premier terme à des composés verbaux qui 
sont d’anciens juxtaposes, type contrâdïcô (ce dernier 
conservé dans les langues romanes, M. L. 2189). — 
Formes renforcées de basse époque : ë contra (Ital.) ; 
incontrâ, M. L. 4361 ; trânscontrà (Vitr.j. 

V. cum. 

L’osque a contrud, qui répond à lat. contré-. Le type 
contra est parallèle à celui de osq. ehtrad, etc. — Le 
gotique a un type parallèle en -pro à la question unde : 
aljapro « ocXXayôOev », hwapro « xoôev », etc. ; de même, 
aftaro « for.cOev », à côté de aftra « slç tô ôuhrcù, n&Xiv ». 
Le gotique a hwadre « ttou », à côté de hwapro « tcoOev », 
hidre « », etc. ; le sens y concorde, mieux qu’en latin, 

avec 3’origine de l’adverbe qui repose sur d’anciens abla- 


tifs. — Il est probable que ces formations adverh’ 
présentent le suffixe marquant opposition de deu* 8 
tions ; lat. extra rappelle exter(us), etc. Mais l’empl -* 10 ' 
formes de ce genre pour des adverbes indiquant l e \ 
n’est pas particulier à l’italique et au germaniq Ue . Üeu 
joue un grand rôle en indo-iranien, ainsi skr. dtra « ; 
tdtra « là », etc. Cls « 

contropô, -âs : V. tropus. 

contubernàlis : v. taberna. 

contumâx, -âcis adj. : sans doute ancien terme a 
la langue rurale, où il s’applique à un animal rétif f 
Thés. IV 798, 39 sqq. ; 797, 30 sqq., « désobéissant' ^ 
calcitrant », d’où « arrogant, entêté », dans la langue d 
l’Église sert à traduire à-rreiGci. Spécialisé dans la lan». 6 
du droit avec le sens de « réfractaire, contumace » ^ 
Hermog., Dig. 42, 1, 53, 1, contumax est qui , tribus ^ 
tis propositis uel uno pro tribus , quod uolgo peremptori Uln 
appellatur, litteris euocatus praesentiam sui facere con 
temnit. — Contumâcia est souvent joint à superbia (Çj c 
Verr. 2, 4, 41, 89; 2, 3, 2, 5, etc.), opposé à obsequi u 2 
(Tac., A. 4, 20). 

Composé : percontumâx (Tér.), -âcia. 

Les anciens le rattachent soit à contemnô , soit à tu 
meé ; cf. Vel., GLK VII 76, 7, in contumacia melius 
puto « i » seruari : uenit enim a contemnendo , tametsi 
Nisus et contumacem per « u » putat posse dici a tumore 
Mais le rattachement à contemné est plus fréquemment 
suggéré, sans qu’on puisse dire qu’il soit plus vraisem- 
blable, la dérivation, le sens premier de l’adjectif res- 
tant obscurs ; un rapport avec contumëlia n’est pas plus 
démontrable. V. le suivant. 

contumëlia., -ae f. : affront, marque de mépris, ou- 
trage, injure. Différent de iniüria, cf. Pac., Trag. 279 
patior facile iniuriam , si est uacua a contumëlia ; Caec. 
Gom. 4, facile aerumnam ferre possum, si inde abestiniu- 
ria : j etiam iniuriam , nisi contra constat contumëlia. 
Ancien et usuel ; fréquent dans contumëliam facere, cf. 
Thés. IV 802, 73 sqq. 

Les Latins le rattachent à contemnô , cf. Sén., Const. 
11, 2, contumëlia a contemptu... quia nemo nisi quem 
contempsit tali iniuria notât. Formation étrange : cf. 
fidëlis , crüdëlis? M. Benveniste, Formation des noms en 
i.-e., p. 42, la rattache à un substantif *con-tum-ël « gon- 
flement, insolence, provocation » (cf. tutneé?). A basse 
époque est attesté contumia { contimia ). 

Dérivés : contumëliôsus , -së ; contumëliô , -âs (rare et 

tardif). 

contus, -I m. : emprunt (attesté depuis Varron) au 
gr. xovtoç « perche, gaffe ». Conservé en espagnol, M. 
L. 2191 a. 

Dérivés : contârius; contàtus, -ï (= xovroçépoç). 

Dénominatif composé : percontor , -àris {peroontô , ar- 
chaïque) : sonder (au sens moral), cf. Cie., Fin. 2, 1, 2, 
percontando atque interrogando elicere aliis opinionem. 
La graphie percontor ( percuntor ?) est la seule correcte; 
percunctor est dû à un faux rapprochement avec cuncta 
ou cunctor, comme l’indique Festus, 236, 4, qui, tout en 
signalant la bonne étymologie, se prononce pour la 
mauvaise : percunctatio { percontatio dans l’abrégé) pro 
interrogations dicta uidetur ex nautico usu, quia conta 


— 141 — 


coqnô 


l cognoscuntque nauigantes aquae altitudinem. 
per ieTlta ^ l ’causam etiam ait Verrius secundam syllabam 
Qb ^ a o i er e scribi. Mihi id falsum uidetur ; nam est ilia 
per 0 S ° tai i 0j quod is, qui curiose quid interrogat , percunc- 
per cUn< jy ]Ve p er cuncias res it, ou percunctari solet) ut recte 
tflÀ** litteram scribatur. — Ancien (Naevius, Plt.), usuel 
p# u i(Tue mais presque uniquement de la prose. Con- 
et vfeïi W oud *’ espagnol et portugais; cf. M. L. 6400, 

^^^Dérivés : percôntâtiô, -tor, -tâtîuus (tardif). 
c 5 nübium : v. nübé. 

Tiuexus, -lim : conuexum est ex omni parte decli- 
e ° aualis est natura caeli , quod ex omni parte ad ter - 
nùt itersus declinatum est, P.. F. 51, 17. Non attesté 
r ^ n t Cicéron, souvent appliqué au ciel : conuexa caell. 

£f. concauus. . • 

Dérivés tardifs : conuexitâs et conuexié. 

Autres composés : dëuexus : incliné, qui descend (cf. 
j'rlînus) ; ëuexus (rare et tardif) : convexe ; subuexus : 

• Y a en montant (opposé à dëuexus , T.-L. 25-36). 
%’un adjectif *uexus qui est formé comme coxus , 
xus ; cf. peut-être uexâre et le groupe de mots auquel 
appartient uexâre. Mais les sens sont très différents. 

conuïcium, -ï n. : ensemble de cris, charivari, clameur 
(souvent de réprobation, alicuï conuïcium facere). 

Dérivés : conuïcior, -àris : reprocher à grands cris ; 
conuîciâtor (Gic.) ; et, rares et tardifs : conuîciésus ; 
conuîciolum ; conuïciâria. 

Conuïcium est un collectif qui désigne le « fait de 
pousser des cris ensemble », à la poursuite ou devant la 
maison de quelqu’un pour lui reprocher une faute ; cf. 
Ov. Rem. 507, nec die blanditias nec foc conuicia posti. 
Cf. flâgitium , pipulum et occentâtié, uagulâtié. Double 
étymologie dans Festus, - a uicis , in quibus prius habi- 
talum est, uidetur dictum, uel immutata liitera quasi 
conuocium , P. F. 36, 28, dont la première, reprise par 
Usener, R. M. 56, 19, Wackernagel, Festschr. Kretsch- 
mer 293, semble n’être qu’une étymologie populaire ; 
pour la formation, cf . concüium. 

On peut d’autant moins séparer le groupe de uéx, 
uocâre que le sens de « cri » s’y rencontre : v. pruss. 
waekis « cris », arm. gocem « je crie ». Mais l’ï n’est pas 
expliqué, pas plus, du reste, que celui de suspïcié en 
face de suspïcor. Croisement avec uïeus ? 

conuïua : v. üïué. 

conuoluulus, -I m. : 1° ver-coquin, chenille de vigne, 
îiji ; 2° liseron. De conuolué ; cf. inuoluulus. 

CÔpa, côpô : y. caupé. 

COphillUS, =1 m. : uas ex uirgulis aptum mundare ster- 
cora et terram portare , Isid., Or. 20, 9, 9. Emprunt au 
gr. xéçivoç ; passé dans les langues romanes, M. L. 2207 ; 
et en germanique : angl. coffin, v. h. a. koffer, kuffer. 
Depuis Labérius et Colum. ; fréquent à basse époque. 

coprea (- ia ), -a© f. : synonyme de scurra, emprunté 
au gr. xoTrpCaç. Depuis Suétone. 

Dérivé : incoprié, -âs (Commod.). 

côps, copia : v. ops. 

côpula {copia, Sofer, p. 166), =ae f. : lien (cf. M. L. 


2209 et 2211, cépulum, *clôppâ, *clôpum) ; et, au sens 
figuré, « liaison, enchaînement de mots ». De *co-apula , 
dérivé de apiô. Ancien, usuel. Dénôminatif : cépulé, 
-âs (et cépulor) : lier, réunir, assembler, associer = au p- 
TcXéxo, M. L. 2210 ; d’où cépulâtum a mot composé », 
trad. du gr. <mpTcexXeyp.évov, cépulâtïuus = cropTrXexTi- 
x6ç ; cépulâtié, terme de grammaire, etc. 

coqnô, -is, coxï, coctum, coquere : cuire (sens phy- 
sique et moral, e. g. Plt., Tri. 225, egomet me coquo et 
macero et defetigo ; de même concoquô). A aussi le sens 
de « mûrir » (transitif, en parlant du soleil), d’où prae- 
cox, -cis et les formes plus récentes praecoquis, praeco - 
quus « xpôcopoç », et de « digérer ». S’emploie dans ces 
acceptions également au sens moral « mûrir (un projet), 
mijoter ». Usité de tout temps. Panroman, M. L. 2212 
(*cocere) et germanique : kochen, etc. Sur les graphies 
quoquo et coco, v. Thés. IV 925, 28 sqq. 

Nombreux dérivés en coqu -, coc- formés sur le thème 
du présent et en coct- sur le thème du supin : coquus 
[coquos, cocus ; n. pl. ququci, CIL I a 364), -ï m. : cuisi- 
nier (élargissement d’un nom racine avec vocalisme o 
ancien? cf. gr. dpTo-xé7coç avec dissimilation pour *tc6- 
ttoç) ; coquïnus ( cocï -) ; d’où coquïna { cocï -) : cuisine ; 
coquïné, -âre : faire la cuisine ; cocibilis {-qui-) ; coquester 
(Gloss.), qui ont tous survécu dans les langues romanes ; 
cf. M. L. 2213, coquïna , *cocïna ; 2214, coquïnàre, *cocï- 
nâre; 2215, coquistro ; 2216, coquus ; 2014, cocibilis. Sur 
le groupe, v. M. Niedermann, Mus. Helv. 2, 2, p. 125 
(1945). ÎLe germanique a v. h. a. chohhén, chuhhina, choh ; 
le celtique : gall. cegin « cuisine », coaza, coeth de coclé, 
coctus ; irl. coca, coic, cucann. a coquus, coquïna »* cui- 
lenn « culïna ». 

cocula : uasa aenea coctionibus apta. Alii cocula dicunt 
ligna minuta quibus facile decoquantur obsonia, P. F. 34, 
24. Fréquentatifs : coquité (attribué à Plaute par P. 
F. 54, 6) et coctité (P. F., ibid.). 

coctié , M. L. 2018; coctor ; coctüra , M. L. 2020, tous 
trois de l’époque impériale, tandis que dëcoctor est dans 
Cicéron ; coctilis ; cociïuus « qui mûrit vite » (Pline) ; coc- 
térium (Dioscor., cf. M. L. 2019) ; coctârius , coctiliârius 
(Gloss.) ; cf. encore M. L. 2016, *coctiâre. 

Composés : concoquô : cuire ensemble ou entièrement 
et « digérer » (= ao\xné<sacù) ; concoctié , M. L. 2116 b, c ; 
dëcoqué : réduire par la cuisson (transitif et absolu) ; 
faire banqueroute (manger tout son bien) ; dëcoctiô , -tor ; 
excoqué : achever de cuire ou chasser (extraire) par la 
cuisson, M. L. 2985, ; excoctié, excocta, M. L. 2977 ; ger- 
manique : v. h. a. scotto ; percoquô ; recoquô : recuire, re- 
tremper (des épées), M. L. 7128 a; 7125, recoctus. — - Se- 
cond élément de composé dans aulicoctus et ollicoquus (ou 
*ollicox comme praecox?) ; praecox conservé partiellement 
dans les langues romanes, avec des altérations, cf. M. 
L. 6712, praecoquus ; B. W. s. u. abricot. Le rapport de 
culïna avec coquô est douteux. V. aussi popa, popïna. 

L’indo-européen commun *pek w é a passé à *k w ek w ô 
en italo-celtique : cf. gall. pobi « cuire », v. quinque et 
quercus. Ce présent se retrouve dans v. si. peko « je cuis » 
(forme altérée kepii en lituanien), alb. pfek, skr. pâcàmi 
(même sens), tandis que le grec a un présent dérivé 
Ttéaaaj, att. irérrcù. — Tokh. B papaksu « cuit ». Lat. po- 
pïna est emprunté à l’osque. — La notion de « maturité » 
est liée à la racine depuis l’indo-européen, cf. gr. nénoiv, 


cor 


— 142 — 


— 143 — 


cornus 


îréxeipa et skr. pakvâh « mûr » ; maïs le latin ne l’a qne 
dans coctïuus et dans le composé praecox ; cf . mâtürus ; 
pour le contraire, crüdus. 

cor, cordis n. (encore scandé côr, c’est-a-dire *corr, 
de *cord dans Plt., Pe. 802, Poe. 390 a. Mi. 1058? : déjà 
abrégé dans Lucilius) : 1° cœur ; 2° cœur en tant que 
siège de l’âme, Cic., Tusc. 1, 18, aliis cor ipsum animus 
uidetur , ex quo excordes , uecordes , concordesque dicuntur ; 
1, 41, ne tam uegeta mens aut in corde cerebroue aut in 
Empedocleo sanguine iaceat ; siège de l’intelligence et de 
la sensibüité : Isid., Or. 11, 1, 118, in corde omnis solli - 
citudo et scientiae causa manet ; Varr., L. L. 6, 46, cura 
quod cor urcU; Lact., Opif. 10, 11, cor quod sapientiae 
domicilium uidetur ; Schol. Pers. 1, 12, [physici dicunt ] 
homines corde sapere. Usité de tout temps. M. L. 2217 ; 
B. W. cœur. 

Dérivés et composés : cordâtus : avisé, sage ; mot 
d’Ennius repris par les archaïsants, M. L. 2228 ; recor- 
dor , -âris : se remettre dans l’esprit, M. L. 7129 ; 
excors (ancien, classique) et excordor (Comm.) ; uëcors, 
uëcordia ; socors , socordia , qui se rattachent plutôt à 
la notion d’intelligence; concors (v. ce mot), discors 
et leurs dérivés, à la notion de sensibilité (cf. toutefois 
ô[iovoia) ; *concordium, M. L. 2117. Sur le croisement 
de sens entre ces composés et c(h)orda, v. ce dernier. 
misericors, misericordia , termes de l’époque républi- 
caine, spécialement affectionnés par Cicéron, qui dispa- 
raissent de la latinité d’argent pour reparaître à basse 
époque (v. miser) ; mundicors ; praecordia , -ium n. pl. ; 
enveloppe du cœur, cœur (dérivé en -i-), M. L. 6713 ; 
prâui-, torticordius (Aug. in Psalm. 146, 7, cf; crassiuë- 
nius , etc.) ; Verticordia , surnom de Vénus ; corculum : 
petit cœur (terme de tendresse ; surnom de Scipio Na- 
sica ; attesté chez Plaute et repris par les archaïsants), 
M. L». 2227 ; corcillum (Pétr.) ; cordolium : peine de cœur, 
mot plautinien ; cf. xocpSiaXyfoc (Gai.), M. L. 2229 ; cor- 
dicitus adv. (Sid.) d’après râdîcitus. En outre, la langue 
populaire a tendu à remplacer la forme monosyllabique 
par une forme plus pleine, corâtum , attestée par une 
tabella deuotionis , peut-être analogique de fïcàtum 
« foie » ; v. M. Niedermann, Glotta 2, 52, et Neue Jahrb. 
f. klass. Altertum 29, 315 et M. L. 2220. Delà *corâti- 
cum, auquel remontent fr. courage , prov. coratge , etc. 
Pour coriumio , v. ce mot. 

Le nom du « cœur », qui est presque partout neutre, 
est au fond le même dans toutes les langues indo-euro- 
péennes. Il est probable que le nominatif-accusatif était 
de la forme *kerd, conservée dans hitt. ker jkardi -, gr. xîjp, 
v. pruss. seyr (Voc. ; de là sïran , Ench.), et que les autres 
cas reposaient sur krd , conservé dans lat. cordis, cordï, 
corde sur quoi a été refait un nominatif accusatif *kord 
italique ou latin. Le nominatif-accusatif pouvait être 
élargi par -i, d’où arm. sirt, de *kerdi, instr. srtiw. Le 
lituanien a, lituanien oriental serdis (aec. sérdi , donc sup- 
posant *k’ërd-) au sens de « moelle d’arbre », et, dans 
l’ensemble du domaine, sirdis (acc. sirdi , d’après le type 
sérdi) « cœur ». L’i de serdis , sirdis est sans doute an- 
cien ; mais le lituanien garde des formes de *k’ërd- et 
*k'rd- dans lit. or. serdu (gén. pl.) et dans v. lit. sir des 
(gén. sg.), sir du (gén. pl.). Sur *kërd-, le germanique a 
bâti un thème en -n-, neutre : got. hairto (gén. hairtins). 
Le nom du « cœur » est obtenu souvent au moyen de 


suffixes de dérivation comprenant -i- : v. irl. crid e 
craidd ; hom. xpaSfo], att. xapSCcc ; v. si. srûdïce (£ 
du dérivé srëda , de *kerdà « milieu »). Le hittite a 1 ^ 
dis « cœur ». — L’indo-iranien a un mot parallèle J**' 
commençant par une sonore aspirée : véd. hrdâbi (g? 8 
abl.), gâth. zorodâ (instr.), pers. dil (de *drd~) ; y-J!' 
hrdayam , av. zoroSaëm. — Pour le rapport qu’on a en ' 
sagé, sans raison, avec crëdô, v. ce mot. 

corallium ( cüralium ; côralium ; corallum) , -ï n . ■ 

rail. Emprunt au gr. xoupàXtov, xcopà^Xiov, xopoXXiov. L e ' 

puis Lucrèce. Les formes romanes remontent à corallum 
et, isolément, à corallium , M. L. 2219 ; l’irl. curel à cura 
lium. 

côram : adverbe (uniquement dans cet emploi chez 
Plaute) et préposition avec ablatif « face à face, en face 
[de] », xonrà xpécrcoxov, èvcî>7uov. Le rapport avec ôs est 
peut-être encore senti dans Tér., Ad. 269, uereor côram 
in os te laudare amplius. Souvent joint à praesëns , ad- 
sum ; de là le sens de « en personne ». Attesté dans toute 
la latinité. Non roman. 

Composé : incôram. Rappelle par sa finale clam , p a . 
lam , mais la façon dont côram est formé n’est pas claire. 
Aucune préposition latine n’en rend compte. 

corbis, -is m. et f. (le féminin semble plus ancien et 
plus classique, cf. Thés. IV 948, 3 ; on â un doublet 
corbës dans Char., GLK I 40, 2, corbs dans Fgm. Bob., 
GLK V 561, 35 ; abl. corbl dans Caton, Agr. 136, mais 
corbe , Cic., Sest. 82 ; Ov., M. 14, 644 ; Pétr. 33) : panier 
en osier, en forme de pyramide ou de cône, usité surtout 
dans l’agriculture : c. messôria , c. pàbulàtôria ; corbeille 
M. L. 2224. Irl. corb « chariot »; v. h. a. churb , chorp 
(passé en slave). 

Dérivés : corbula , M. L. 2226 ; et tardif corbicula , 
M. L. 2222; cf. *corbicus , M. L. 2223, et les noms 
propres Corbiô (attesté aussi dans les gloses comme 
nom commun, cf. piscis fpisciô), Corbulô ; corbitor , 
Fest. 452, 28 (?) ; corblta (sans doute féminin d’un 
adjectif corbïtus) :-ae dicuntur naues onerariae, quod 
in malo earum summo. pro signo corbes solerent sus- 
pendi, P. F. 33, 13, cf. Rich, s. u. ; M. 2225 (?). 
Fait partie d’une série de mots (sans doute venus 
d’une langue méditerranéenne) qui désignent des objets 
tressés ; v. M. Cohen, BSL 27, p. 81 sqq., notamment 
p. 99. 

corblta : v. corbis. 

corcus, -ï m. : mal de ventre ou de poitrine. Mot rare 
et tardif de la langue médicale; cf. gr. xopxopirp). En 
dérive peut-être : corcinor , -âris ( cro -) (un exemple tar- 
dif) "ital. côrcoro « grouillement dans le ventre », de cor- 
culus ? 

corda : v. chorda. 

cordus {i chor -), -a, -um : né ou récolté à l’arrière-sai- 
son ; Varr., R. R. 2, 1,19, dicuntur agni çordi qui post 
tempus nascuntur, ac remanserunt in uoluis intimis ***uo- 
cant chorion (= x4p tov ) « <fuo cordi appeUati ; P. F. 57, 
13, corda frumenta quae sero maturescunt, ut fenum cor- 
dum. Terme de la langue rurale, attesté depuis Caton ; 
cognomen Cordus. Çhordus est représenté par des déri- 
vés en provençal, catalan, espagnol, portugais, sicilien, 


jj 1883, et en britt. cordd-lan « parc à moutons »; 
'dum (sc. fënum) a regain » dans certains dialectes 
■liens (et *recordum , M, L. 7130) ; cf. aussi *c(h)ordis- 
^ M- L. 1882 î a ^ 3 * kerdi- « petit enfant », de *cor- 

^^graphie chordus a été influencée par chorion. Sans 
étymologie 

c Ofgô : apud antiquos pro aduerbio quod est profecto 
jiebatur, P- F. 33, 11. Pas d’exemple dans les textes. 
j3st peut-être un composé de érgô, *co-ergô. 

coriandrum, -ï n. ( coriandrus m., Caton ; forme dis- 
*milé e coliandrum) : coriandre, plante. Emprunt au 
S1 X oplœv&pov, M. L. 2232. V. h. a. cullintar , ags. cel - 
l^dre. V. André, Lex., s. u. 

corium, "ï n. ( corius m., Plt., Varr.): cuir, peau travail- 
le d’un' animal, cf. Serv., Ae. 1, 211, quidam mox de- 
tracte coria pelles dici, subacta autem et iam medicata 
coriu appellanda tradunt ; et, d’une manière générale : 
eau, écorce, peau d’un fruit (cf. mâlicorium dans Pline), 
peau qui recouvre un liquide (= crusta ), revêtement de 
maçonnerie. Le sens de « arrière-faix » qu’on trouve dans 
Soranus, cf. Thés. IV 953, 75, n’est sans doute qu’une 
latinisation de gr. yopiov. Varr., R. R. 2, 1, 19 (v. cor- 
dus), transcrit le mot grec chorion dans ce sens, et le 
pseudo-Soranus a corion . — Ancien, usuel. M. L. 2233. 

Dérivés et composés : coriàrius, -a, -um et coriârius 
m. ; coriâceus (d’où l’italien corazza qui a fourni le 
français cuirassé) ; côriâgô : coriage, affection cutanée 
des animaux; coriâginôsus ; cf. aussi *coriàmen, M. 
L. 2231 ; coriolum ap. Fest. 222, 15, d’où sans doute 
Coriolânus; excorié, -as (rare et tardif); düricorius 
(Gloat. ap. Macr.) ; mâlicorium : écorce de la grenade. 
La racine *sker- de irL scaraim , etc., qui a été signa- 
lée sous carô, apparaît souvent sans s- initial, ainsi gr. 
xelpcû « je coupe, je tonds ». Elle se prête alors à indiquer 
un objet qu’on détache, et notamment la « peau, 
l’écorce » ; on à ainsi, en indo-iranien, skr. cdrma « peau » 
(et av. caroman-) , en slave kora « écorce » (en face de 
skora # peau ») , v. isl. horundr « peau »• Lat. corium est 
une forme dérivée peut-être d’un thème racine *ker- qui 
figure avec élargissement *-en- dans carô , et ici avec 
*-iyo- ; skr. cdrma et v. si. (s) kora sont d’autres dérivés 
du même thème non attesté. En lituanien, karnd signi- 
fie « tille » (écorce fine de tilleul). — Cf., d’autre part, 
lat. cortex et scortum. — Pour le sens, cf. gr. Séppoc en 
face de Si p<a. 

eornïx, -ïcis f. : corneille, oiseau prophétique, cf. Plt., 
As. 260 ; Isid., Or. 12, 7, 44. Ancien, usuel. 

Dérivés : cornïcula (et *cornïcula) : même sens, M. 
L. 2238 ; britt. cornigl ; cornîcor , -âris : verbe créé par 
Perse, au témoignage du scoliaste 5, 12, « crier comme 
la corneille » ; Corniscae [deae] : cf. P. F. 56, 14, Cor- 
niscarum diuarum locus erat trans Tiberim cornicibus 
dicatus quod (iny Iunonis tutela esse putabantur. Éty- 
mologie populaire? T 

L’ombrien a une forme en a, curnaco acc. sg., curnase 
abl. sg., cfjfornïx et fornâx ; c ? est peut-être à *cornacula 
Çue remontent it. cornacchia et les formes romanes que 
M- L. suppose dues à un croisement. Pour la finale, cf. 
côturnîx. 

Le mot appartient, avec coruus , à un groupe de mots 


expressifs, variables d’une langue à l’autre : cf. gr. x6pa£ 
« corbeau » et xopc ôvtq « corneille » ; v. h. a. hraban <r cor- 
beau » et hruoh « corneille » (et autres mots germa- 
niques) ; irl. crû « corbeau ». Dans les langues orientales, 
il y a des formes à k- : skr. kâravah « corneille », propre- 
ment « qui fait le cri de (raea) ‘kâ’ », cf. kaka (mot de 
glossaires), pol. kruk « corbeau » à côté de lit. kraükia , 
a il croasse » (cf. v. isl. hraukr « cormoran », skr. krôçati 
« il crie », gr. xpauy h « cri », etc.), et des formes à k- : lit. 
sârka et russe sorôka , serb. sràka (à côté de surâka, etc.), 
alb. sôre « corneille ». — Tandis que le latin a clangô, 
etc., les mots expressifs à kr- initial, fréquents ailleurs, 
y sont rares : v. crepô et surtout crôciô. 

cornu (sur la quantité de Vu, long chez les poètes, 
cf. Thés. IV 962, 41 sqq. ; même quantité pour gelü, 
genü ; l’allongement semble secondaire), -üs n. ( cornus , 
Varr., Men. 131 ; cornum assez fréquent. Thés. IV 962, 
77) : 1° corne et « substance dont est faite la corne, 
matière cornée »; puis tout objet fait en corne ou en 
forme de corne, cor : cornua qucd ea quae nunc sunt ex 
aere tune fiebant bubido e cornu , Varr., L. L. 5, 117 ; 
d’où cornicen, - inis , M. L. 2236, cornuârius ; arc, enton- 
noir, lanterne; 2° extrémité, pointe, aile d’une armée, 
bras d’un fleuve, bec, défense (d’éléphant), corne de la 
lune, aigrette de casque, extrémité des vergues, etc. 
Mêmes sens dans le gr. xépoeç, qui a dû souvent servir 
de modèle aux emplois de cornu. Usité de tout temps. 
Panroman. M. L. 2240; B. W. cor et corne. Irl. corn , 
gall. corn, etc. 

Dérivés : corneus : de corne, corné ; cornëscô, - is ; 
cornicidum ( cornuc[u)lum , cf. M. L. 2239) : petite 
corne, croissant, et « aigrette de métal », récompense 
militaire, d’où cornicülârius , nom donné sous l’Em- 
pire à un officier subalterne ou à un secrétaire civil ; 
cornütus, M. L. 2242 ; cornülum (rare et tardif) ; *cor- 
neola ? M. L. 2235 a. 

Composés : cornicen , v. plus. haut; corniger (xeparo- 
çépoç), -fer, -pes, cornupeta (tardif); excornis (Tert.) ; 
ünicornis = ptov oxépcoç (Pline), M. L. 9072 ; capricornus 
= alyoxépüiç. 

Cf. xàpvov * tt]v aàXTuyya FaXavai Hes., et l’hybride 
gaulois-latin carnuâtus « cornütus », gall. carn « sabot 
de cheval », got. haurn « corne », etc. D’un peu plus loin, 
le mot est apparenté à gr. xépocç (dont l’a est ambigu, 
pouvant représenter n ou s) et à skr. çrhgam « corne », 
où il n’y a pas trace du dissyllabisme de la racine, mani- 
feste dans le groupe de cerebrum (v. ce mot), quand le 
sens est « corne ». La forme cornu résulte peut être d’une 
ancienne métathèse de *krw-n- ou d’une contamination 
de *kr-n- et de *kr-u-. Mais l’élargissement - u - se re- 
trouve dans le dérivé ceruus et les formes correspon- 
dantes (v. ce mot), xépoç (xépoGoç) « casque », xopu<p 7 j 
« sommet ». 

cornus, -i f. (cornus, -üs, Stace) : cornouiller et ceri- 
sier sauvage. Ancien (arbre du Palatin dédié à Mars). 
M. L. 2241. Germanique : v. h. a. kornulboum , ags. 
corntréo. 

Dérivés : cornum : cornouille; cornëtum ; corneus , 
cf. cornea, M. L. 2235 ; corneolus, douteux, peut se 
rattacher à cornu, corneus de cornu ; cornülia (Orib.). 
Pour colurna, hustilia ex corno arbore facta, P. F. 33, 
15, cf. corulus. Hybride : cornocerasium. 


à 


— 144 — 


145 


cossus 


eorocottas 

Cornus ne peut être séparé du gr. xpàvoç « cornouiller » 
et du lit. Kirnis « dieu protecteur des cerisiers » ; 1 arbre 
étaU connu à date ancienne en Italie et on en a trouve 
de dans les palafittes de Suisse. Cf. ™ Sans 
doute de la racine *ker/kor-, qui désigne un objet dur . 
cornu, etc. Y. André, Lex ., sous cornum et cornus. 

eorocottas ( cro -, corocattas), -a© m. : nomà'un ani- 
mal d’Éthiopie, la hyène? Attesté depuis Pline ^em- 
prunté au gr. xo P ox6t(t}ocç, lui-meme provenant dune 
langue africaine. 

eorôna, -ae f. (chorôna d’après xopèç? V. Thés. s. u.) : 
couronne. De là tout objet en forme de couronne 
cercle et cercle d’auditeurs, corniche, etc. Mot sans 
doute' emprunté au gr. xopiivr), comme coronis axopuvtç, 

M L 2247, mais ancien et complètement latinise. Sert 
aussi de cognomen (étrusque?). Panroman M. L 2245 ; 
passé en germanique : m. h. a. Kron[e) et en alb *«- 
norz ; en celüque : irl. corann, corom, gall. coijn. Dans 
le latin médiéval, corôna signifie souvent « candelabrum 
nênsile » (par exemple, Poet. Lat. med. aeui II 552, 
567), ce qui explique! le terme allemand KronUucUer 
(M. Niedermann). Dénominatif : corono-as, M.L:2246, 
diminutif corôlla, M. Ii. 2243 et 2244, d’ou a du etre tire 
un adjectif *corôllârius, substantivé dans corollarium : 
petite couronne (qu’on donnait à titre de gratification 
supplémentaire aux auteurs), par suite, dans la langue 
des mathématiciens, « corollaire », conséquence supplé- 
mentaire d’une démonstration (Boèce, pour traduire le 

gr. 7c6picrp.a). 

corpus, -©ris m : corps (par opposition à l’âme, cf. 
Thés IY 1001 57 sqq.) ; d’où « corps inanimé, cadavre » 
(peut être à l’imitation du grec, qui opposera* corps 
du mort » à Sépaç « corps vivant »), cf. Thés. IV 1018, 

3 sqq- Cette opposition entre corpus et anima a eu pour 
conséquence que corpus a désigné, en outre, tout obje 
matériel (par opposition à ce qui est insaisissable, cf. 
Serv Ae 6, 303 ; omne quod potest uideri corpus dicUur ), 

« substance, matière » (tronc d’un arbre, etc., cf. Thés. 
IV 1019 sqq.). Comme le corps se compose un en- 
semble de parties (tête, membres, tronc), corpus s’em- 
ploie pour désigner des choses formées d’une reunion 
« corps, ensemble, corporation » (Thés. IV 1020, 62 sqq.). 
Tous ces sens correspondent à ceux du gr. aâpa, qui a 
dû influer sur le développement sémantique de corpus. 
— Attesté de tout temps. Panroman, M. L. 2248, et 
celtique : irl. corp , gall. corff. 

Dérivés : corpusculum : petit corps, corpuscule; 
corpulente : -is Ennius (inc. 34) pro magnts ta; 
nos corpulenium dicimus co rporis obesi hominem, P. r . 
54 24 ; corpulenlia : corpulence et « corporalité » (latin 
ecclésiastique) ; corporeus : corporel, charnel ; corpo- 
ràlis (latin impérial), attesté pour la première fois 
dans Sénèque pour traduire auiicmxéç, comme incor- 
porâlis pour traduire àcràpavoç ; toutefois, corpomliter 
est dans Pétrone, Sat. 91, cf. animâlis ; corporâhtas 
(langue de l’Église) ; corporô , -âs : tuer, faire un ca- 
davre (sons ancien), « fournir un corps » et au passif 
« prendre corps » (latin impérial) ; cor porâtus (cf. ani- 
màtus) ; corporâscô , -ü : s’incarner ; corporâtw : incar- 
nation (latin ecclésiastique), réfection des parties du 
corps (cf. recorporô - àtiô ) ; corporation (= collëgium ), 


Novell. Sev. 2, 1; corporâtïuus (langue médic^ • 

recorporàtïuus ; corporàtüra = crtopacloc (langue ' \ 

riale) : corpulence, corps ; incorporeus (latin impéiS' 
cf. Gell. 5, 15, 1, corpusne sit uox an incorp 0r€u ^ 
hoc enim uocabülum quidam finxerunt, pro Info ‘ 
Graece dicitur àa<o ptarov) ; concorporô ; incorporé . j 
corporer, incarner (tous deux du latin impérial, 
tout ecclésiastique), et cxcor.porô [&. X. tardif). 

Le mot latin pourrait être un élargissement en . a : 
d’un thème *krp- attesté en indo-iranien : véd. * rp i 
(instr.) « forme, beauté », av. tersfs, kshrpsm « f 0r ^ ■ 
corps ». Le vieux prussien a peut-être un autre élargi 
sement dans kërmens « corps » ; on peut aussi^rappro^ 
v. si. crëvo , r. cérevo « corps, ventre », où l’absence 
. p - s’expliquerait phonétiquement. Le grec irpairlç * dia- 
phragme, esprit, intelligence » peut aussi être rapproc^ 

L’i de v. angl. hrif « ventre » ne va pas sans difficulté’ 
de sorte que le rapprochement du mot germanique n’est 
pas sûr ; il exclurait, du reste, celui de v. si. crëvo et y 
pruss. kërmens . En somme, groupe obscur. Gf. Vendryej, 
Rev. celt., 44, 315. 

eorrâgô ( corâ -), -inis f.? : langue de bœuf, plante 
(Pseud. Apul., Gloss.) . — Attribué aux Lucani par l e p s . 
Ap., 41. & I 

corrigia, -a© (- gium n.) f. : lacet de soulier {Varr.] ; 
puis courroie, lanière, fouet. Ancien (Varr., Cic.), tech- 
nique. M. L. 2253; gall. carrai ; *excorrigiâta , M. L. 
2987. Étymologie populaire dans Isid., Or. 19, 34, 13, 
-ae e coriis... uel a colligatione. 

Sans doute mot du vocabulaire italo-celtique ; cf. y. 
irl. conriug « j’attache ensemble », cuimrech de *kom- 
rig-om « lien ». Gf . peut-être aussi m. h. a. rie , gén. ricka 
« lien ». Étant donné le. sens technique, un emprunt au 
gaulois n’est pas invraisemblable ; cf. Henry, Lex. brt- 
ton, p. 236. 

corroco? : nom d’un poisson de mer dans Ausone. 
Forme et sens incertains. Cf. corrococo « petite dorade 
blanche » à Hossegor (Landes)? 

eorrüda, -ae f . : asperge sauvage. Attesté depuis Ca- 
ton. Mot rustique selon Columelle. Inexpliqué. 

eorrugus, -ï m. : galerie de mine (Pline) . M. L. 2260b. 
Gf. peut-être arrugia. Y. runcô 1. 

cortex, -ieis m. et f . (mais le féminin est surtout poé- 
tique) : écorce (spécialement de liège) ; différent de Mer, 
cf Cic N D 2, 47, 120, obducunlur libro aut cortiu 
iruncC— Ancien, usnel. M. L. 2263. Irl. coin. V. André, 
Lex., s. u. 

Dérivés : corticidûs (Colum.), M. L. 2265 a; corl i- 
ceus, d’où *cortïcea î. représenté en ital. et dans 10 
langues hispaniques, M. L. 2265 ; corticàtus , M. 
2264 ; corticosus. 

Composés : dë-, ex-corticô, - âs , M. L. 2988 (pour «■ 
corlicem, v. B. W. écorce) ; scorticâtûra (Onb.) contrêpei 
« savant » de exscor-. 

Appartient au groupe de lit. kertù « je coupe J aba , 
v. si. crüto, crësti « couper », kratükü « court » (t ,< 
que lit. kartùs a pris le sens de « amer »), skr. *F\v 
av. J&rdntaiti « il coupe », skr. krtih « couteau » eiW, 
« peau ». Le sens de « écorce » s’explique par c . 

« chose séparée » ; c’est ainsi que, de la racine ( ) 


• e par -t-, le slave a kora « écorce » en face de 
jion ® g aU » ; v. sous corium. Le germanique a de même 
sk ora 6 ^fardo « uellus » (v. pour le sens l’étymologie de 
v- k a ‘ fore de uellô). Pour le suffixe, v. Ernout, Phi- 

I P* 

lolog-’g aU tre trace, hypothétique, de *kert- en latin, 
Y céfl a ' 

rtïna, -a© f* (la variante tardive curtlna que con- 
1* ^pauteur du de dub. nom., GLK V 575, 7, ne sup- 
d âIIine nécessairement un 5 ancien, cf. furnus/fornâx) : 
p oS ® P dron (qui servait soit à cuire, soit aux foulons) ; 


1° cfl ve _ ue portait le trépied d’Apollon et couvercle de 
f cuve S ur lequel s’asseyait la Pythie pour rendre 
06 racles (poétique dans ce sens ; cf. cortînipoiëns , Lu- 
< l eS 0 ar analogie, plafond en forme de voûte ou autel 
Cil-J i r , - r,f. Rîch.'s. n. Ancien et, usuel. 


forme de trépied; cf. Rich, s. u. Ancien et usuel. 

611 Dérivés : cortinula (Amm. Marc.) ; cortïnâlé : cave 
0 Ù l’on faisait bouillir le vin. 

Le groupe de irl. coire, gall. pair « chaudron », v. isl. 

r « écuelle », skr. carûh « chaudron » est assez éloi- 
ê • plus encore r. câra « coupe » avec ë radical. Terme 
Unique. Sans étymologie. 

2 cortfna, -ae f. : rideau. Mot tardif (Ambr., Vulg., 
„ xgj Hor-, Isid.), dérivé de co(h)ors > cors, calqué sur 
le g r . oLlcda, qu’on dérivait de ocuXt) et que la langue 
classique s’était contentée de transcrire par aulaeum, 
aulaen, e. g. Hor., A. P. 155. Sans rapport avec le pré- 
cédent. Passé dans les langues romanes : it. cortina, fr. 
courtine, etc., M. L. 2266, et en germanique : ail. Gar- 
dine. 

eortumiô, -ônis f. : contemplation intérieure. Mot de 
la langue augurale cité par Varron, qui le rattache à 
cor : quod, cum dicunt conspicionem, addunt cortumio - 
nem, dicitur a cordis uisu; cor enim cortumionis origo 
(L. L. 7, 9).ÎÉtymologie populaire? 

corulus, -I f. : noisetier, coudrier. Déjà dans Caton. 

Dérivé : colurnus, issu par métathèse de *corulnus 
(cf. ficul-nus, popul-nus), peut-être sous l’influence de 
quernus, acernus, eburnus, ou du gaulois *coüo-, de 
*coslo- ; Festus semble avoir confondu cornus et coru- 
lus dans la glose colurna : hastilia ex corno arbore facta, 
P. F. 33, 15 ; corulëtum : coudraie. Les formes romanes 
remontent à colurus, cf. M. L. 2271, 2270 ; B. W. cou- 
drier. 

Issu de *koselos ; cf. irl. coll, gall. coll, v. h. a. hasal, 
y. isl. hasî, qui ont le sens du mot latin, et sans doute 
lit. kasulas « pique de chasseur ». Mot du vocabulaire 
du Nord-Ouest. 

eorus 3 -ï m. : cor, mesure de capacité. Mot hébreu 
venu par la Bible. 

coruscus 5 -a 5 ?um (on trouve dans les gloses une forme 
corisc-, représentée dans le port, corisco ; un doublet 
tcoruscus est dans lTtala,îet l’App. Probi enseigne corus - 
cus ; non scoriscus. On y voit la même alternance sc-, c- 
à l’initiale que dans corium , scortum, etc. La forme avec 
«aurait dû son triomphe à une dissimilation, cf. siscidï 
tisistô. Toutefois, scoriscus est bien tardif et peut s’ex- 
Puquer comme scrapula (— crapula), screpas, scussores, 
‘Mit, scarpinet qu’on trouve dans les Gloses, cf. Thean- 
® er i ExAa Gloss, interpretamentis collectanea, Eranos 23, 


1, 53, n. 2) : qui s’entrechoque (se dit de la cime des 
arbres), qui grelote. Plt., Ru. 526, nam omnia corusca 
prae tremore fabulor. Appliqué aux astres, à l’éclair, 
« scintillant, étincelant », d’où substantivé à basse époque 
coruscus m. « éclair », cf. M. L. 2268 et 2267. 

A coruscus correspond la forme verbale coruscô, - âs : 
1° cosser (se dit des animaux qui se heurtent de la tête, 
comme gr. xeparlÇco), s’entrechoquer; 2° étinceler, bril- 
ler (développement de sens comparable dans micô , -âs) ; 
3° brandir (transitif). 

Tardifs : coruscâtiô, - câmen , - colis , -câbilis ; coruscifer. 
Le type de coruscô rappelle celui de aeruscô (v. ce mot). 
Pour la racine, cf. gr. oxodpco « je bondis ». Dès lors, on 
partirait de la forme verbale pour expliquer coruscus, 
cf. BSL 26 (79), p. 22. Le gr. axopÛ7n:<û et xuptcrtKù, que 
Thurneysen a rapprochés de coruscô (GGA 1907, p. 206). 

cornus, -ï m. : 1° corbeau (prophétique comme la 
corneille) ; 2° poisson de mer, coracin vulgaire, ou petit 
castagneau, ainsi appelé à cause de sa couleur noire 
(= xopocxtvoç) ; 3° machine de guerre (sorte de grappin?), 
cf. Vitr. 10, 13, 3, coruum demolitorem , quem nonnulli 
gruem appellant ; joint à ferreae manüs par Q. Curce 4, 

2, 12 et 4, 3, 26 ; 4° scalpel ; 5° nom d’une constellation. 
Ancien; panroman, M. L. 2269, et pour les formes 
grecques corax, coracïnus , M. L. 2221, 2218. 

Dérivé : coruinus (cognomen, cf. Gell. 9, 11), M. 
L. 2268 a. 

V. cornïx. Pour le suffixe, cf. m. irl. crû « corbeau », 
de *krowos, et, dans un autre groupe, ceruus. 

corydalus, -î m. : alouette huppée. Emprunt au gr. 
xopéSoeXoç, déformé en coredallus (Grëg. Tur.), corëdulus, 
cordolus par l’étymologie populaire. 

CÔS, CÔtis f. : pierre à aiguiser, queux. Ancien, bien 
que, par hasard, non attesté aVant Cicéron. M. L. 2275. 
Cf. cautës. 

Dérivés : côticula : pierre de touche ; petit mortier. 
Conservé en sicilien et en calabrais, M. L. 2284 ; côtià- 
rius : rémouleur (Gloss.), cf. côtiàrium, M. L. 2283 ; 
côtula ou côtulus (l’ablatif pluriel est seul attesté), M. 
L. 2288 ; côtôria {côtâria?) : carrière de pierres à aigui- 
ser. Cf. encore M. L. 2286, *côtius ; peut-être aussi la 
glose de P. F. 63, 10, décotes, togae detritae ; dëcôtô, 
-âs : dépouiller {= excoriô ), dans la Loi Salique. 

Nom d’action